Jim Hawkins

De nombreux auteurs, romanciers ou cinéastes se sont essayés à l’adaptation plus ou moins fidèle de L’île au trésor de Robert Louis Stevenson. L’une des plus réussies est celle de Xavier Dorison et Matthieu Lauffray, Long John Silver (Dargaud). Découvrons un nouvelle version animalière, Jim Hawkins de Sébastien Vastra, aux éditions Ankama.

RÉSUMÉ DE L’ÉDITEUR

Un avenir de commis de cuisine et l’auberge familiale en héritage, Jim Hawkins sait qu’il ne restera pas longtemps sur la terre ferme. Son regard est ailleurs, tourné vers cette ligne de mer posée sur l’horizon, promesse d’inconnu et de mystères. Il suffirait juste d’un pas vers l’océan pour embrasser cette vie et devenir un autre.
Il suffirait d’un coup de pouce du destin ou de Bill Bones, ce vieux loup de mer fraîchement débarqué avec sa précieuse carte, pour que Jim bascule dans le tourbillon de l’aventure. Mais s’il y a une chose dangereuse en ce bas monde, c’est bien de posséder une fortune sur un morceau de papier…

UNE ADAPTATION INGÉNIEUSE

Jim Hawkins est une version du mythe de L’île au trésor extrêmement aboutie, tant scénaristiquement que graphiquement. Pour mener à bien son projet, Sébastien Vastra a décidé de transposer l’œuvre de Stevenson dans le monde animal. Ses personnages anthropomorphes à mi-chemin entre Blacksad et De cape et de crocs, donnent une nouvelle dimension au roman. Il faut dire que pour se démarquer des nombreuses adaptations et captiver encore le lectorat, il faut faire preuve d’ingéniosité ; et c’est le cas pour ce premier tome, Le testament de Flint.

 L’APPEL DU LARGE

Le récit d’une belle fluidité (le narrateur est Jim) et le texte sont particulièrement soignés. L’histoire débute alors que son héros Jim a 15 ans. Fils modèle, attentif aux autres et dévoué, il aide ses parents tenanciers d’une auberge au bord d’une falaise. Peu fréquentée, c’est essentiellement la mère et son fils qui la gère ; le père étant atteint d’une grave maladie. L’appel du large, l’adolescent le vit à travers les récits de marins faisant escale dans leur établissement. Ce rêve est amplifié avec l’arrivée du Capitaine Bill Bones, gros morse à qui il ne reste qu’une défense. Au fil des jours, ses ennemis vont venir le pourchasser jusque dans l’auberge, afin d’y dérober son précieux coffre mystérieux.

UN DESSIN FORMIDABLE

Cette belle galerie de portraits (Jim, sa mère, Bones, le docteur Livesay ou Trelawney) est fabuleuse. Il faut ajouter des méchants, affreux comme on les aime (Pew l’ignoble volatile aveugle ou Chien Noir) et l’on obtient une belle fable d’aventure emplie d’actions, de combats, d’intrigues et de mystères. D’ailleurs, comme le souligne Sébastien Vastra : « [les fables] ont eu et ont une grande influence sur mon travail ».

Le trait du jeune auteur (Mâchefer avec Duval, Spyder 3) est très réussi. Proposant des planches très équilibrées et aux cadrages (en plongée ou contre-plongée) intéressants. Influencé par Ayroles (De cape et de crocs), Otomo (Akira), les dessins animés des années 80 ou par le réalisateur Miyazaki, Sébastien Vastra est un jeune dessinateur à suivre.

 

Jim Hawkins : c’est LA série jeunesse de ce début d’année 2015 ! En avant, moussaillons, l’aventure nous appelle !!!

Article posté le vendredi 20 février 2015 par Damien Canteau

Jim Hawkins fait partie des 30 meilleures BD jeunesse parues en 2015 pour Comixtrip, le site spécialisé en bande dessinée
  • Jim Hawkins, tome 1 : Le testament de Flint
  • Auteur : Sébastien Vastra, d’après l’œuvre de Robert Louis Stevenson
  • Editeur : Ankama
  • Prix : 14.90€
  • Sortie : 23 janvier 2015

À propos de l'auteur de cet article

Damien Canteau

Damien Canteau

Damien Canteau est passionné par la bande dessinée depuis une vingtaine d’années. Après avoir organisé des festivals, fondé des fanzines, écrit de nombreux articles, il est toujours à la recherche de petites merveilles qu’il prend plaisir à vous faire découvrir. Il est aussi membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée).

En savoir