L’Atelier Mastodonte, volume 4

Bienvenue dans L’Atelier Mastodonte, un lieu qui réunit dix auteurs de bandes dessinées connus : Lewis Trondheim, Alfred, Guillaume Bianco, Mathilde Domecq, Benoît Feroumont, Pascal Jousselin, Jérôme Jouvray, Nob, Obion et Tebo. Cet endroit fictif permet à ces auteurs de discuter de leurs travaux respectifs, mais pas que…

L’ATELIER MASTODONTE : LES PREMIERS PAS

L’Atelier Mastodonte fut créé en 2011 dans le Journal Spirou (n°3825, daté du 3 août) sur une idée de Lewis Trondheim. Quant au nom de ce lieu fictif, il est sorti de l’imagination débordante de Yoann.

Lors d’une séance de dédicace dans un festival, l’auteur de Donjon propose à l’auteur de Toto l’ornithorynque de le rejoindre dans son futur atelier. Le dessinateur de Spirou suggère à alors à Alfred de venir les rejoindre. Dans le même temps, le dessinateur de Coquelicots d’Irak soumet son idée à Guillaume Bianco et Julien Neel qui acceptent la proposition. Puis, Cyril Pedrosa est accueilli dans les locaux. Enfin, alors qu’ils sont bien installés, les 6 auteurs voient débarquer Fred Tébo. Dans un premier temps, ils sont réticent mais une somme énorme donnée par l’auteur de Capitaine Biceps, finie par les convaincre.

L’ATELIER : UN LIEU VIREVOLTANT

Pourtant, tout n’est pas simple dans L’Atelier Mastodonte ! Il faut tout gérer : les déplacements pour les festivals, le grand week-end à Angoulême, le loyer, le rangement ou le papier toilette. Et que penser des nouveaux auteurs qui s’installent ! Il y a Mathilde Domecq – la première et seule femme de l’atelier – qui « ne dessine pas si mal que ça pour une fille ».

Il y a aussi Lewis Trondheim véritable petit caporal dictateur, les obsessions scatologiques de Tébo – qui avait quitté les lieux quelques temps et qui fait son grand retour dans ce quatrième volume – Nob, à la mèche rebelle et roi de la tablette numérique, Alfred – qui ne sait pas qui il est, qui pense qu’il n’a pas de personnalité, Obion qui passe son temps sur les réseaux sociaux et qui est en retard pour boucler son album, Jérôme Jouvray – l’orthodoxe du dessin, féru des proportions et du fameux 180° – Pascal Jousselin, maladroit et qui aime rendre hommages aux anciens auteurs, Guillaume Bianco, sa casquette et son dessin tout tremblé et enfin Benoît Feroumont qui invite son oncle Freddy, proche de la nature.

UN PING-PONG PERMANENT

L’album, publié sous un format à l’italienne, est construit comme un véritable ping-pong, sorte de cadavre-exquis, où un auteur répond à un autre par un gag en une demi-planche. Les private joke et les runing gags rythment parfaitement le récit. C’est un joyeux bazar amusant !

Ainsi la fille de l’auteur de Come Prima qui veut aider les auteurs avec ses crayons à paillette et qui parle fort, Mathilde Domecq (Paola Crusoé) aime parler moto et vient même la bricoler à l’atelier, Frédéric Niffle – éditeur et rédacteur de Spirou – qui attend patiemment les travaux des auteurs et parfois les harcèle, Obion qui rêve de reprendre Blueberry, l’indécision de Alfred et ses questionnements sur sa personnalité, les auteurs qui aiment se réunir pour jouer au Jeu du post-it (sorte de Qui est-ce ?), la rivalité des Anciens et des Modernes – des Papiers contre les Ordinateurs – les cafards qui envahissent l’Atelier ou encore le retour de Julien Neel (Lou) et Romuald sa marionnette flippante.

L’ATELIER MASTODONTE : AMBIANCE SYMPA ET AUTO-DÉRISION

L’Atelier Mastodonte est jubilatoire. Les auteurs font preuve de beaucoup d’auto-dérision, égratignent les petites manies de chacun, ne s’interdisent rien et glissent quelques tacles au petit monde de la bande dessinée, sans aucune méchanceté.

L’ambiance sympathique et bon enfant de cet atelier fictif est réjouissant. C’est d’ailleurs assez improbable parce que les auteurs ne sont pas ensemble mais bossent chacun de leur côté dans la vraie vie. A noter que l’album accueille aussi des invités prestigieux dans ses pages : Mazan, l’auteur de Mimo, rend visite à ses amis de l’Atelier et leur apporte même un beau cadeau. Avec Trondheim, il visite même le chantier de fouilles d’Angeac (notre documentaire, ici).

Il y a aussi Bouzard, qui lui aussi avait fait partie de l’aventure, et qui semble revenir tout droit du Brésil. Quant à la couverture magnifique, elle est signée par Zep.

*Pour découvrir le quotidien des « Mastodonte », parcourez leur blog, ici.

Article posté le vendredi 02 septembre 2016 par Damien Canteau

L'Atelier Mastodonte est un joyeux album symathique édité par Dupuis, décrypté par Comixtrip le site BD de référence
  • L’Atelier Mastodonte, volume 4
  • Auteurs : Alfred, Bianco, Domecq, Feroumont, Jousselin, Jouvray, Nob, Obion, Tebo et Trondheim
  • Éditeur : Dupuis
  • Prix : 14.50€
  • Parution : 02 septembre 2016

Résumé de l’éditeur : Ça ne chôme pas dans l’atelier Mastodonte, le plus fameux vrai/faux atelier d’auteurs de bande dessinée ! Il faut dire que la pression se fait sentir, et pas uniquement à cause de l’étonnante productivité de Lewis Trondheim. Au sein même des pages du Journal de Spirou, d’étranges gags mal dessinés sont peu à peu apparus, et pour les dessinateurs, il va falloir réagir très vite ! Rejoints depuis peu par Mathilde Domecq, auteure de Paola Crusoé, les membres de la joyeuse bande (Tebo, Nob, Alfred, Obion, Trondheim, Feroumont, Bouzard…) préparent leur vengeance… tout en continuant à travailler sur leurs albums, car le rédac’ chef veille au grain ! Plébiscitée par les lecteurs du Journal de Spirou, cette série jubilatoire, qui révèle les coulisses véritablement vraies d’un atelier de bande dessinée, revient en album pour un quatrième tome sous une couverture de Zep. Exercice de style plein d’autodérision, une série à vingt-deux mains toujours aussi jouissive !

À propos de l'auteur de cet article

Damien Canteau

Damien Canteau

Damien Canteau est passionné par la bande dessinée depuis une vingtaine d’années. Après avoir organisé des festivals, fondé des fanzines, écrit de nombreux articles, il est toujours à la recherche de petites merveilles qu’il prend plaisir à vous faire découvrir. Il est aussi membre de l’ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée).

En savoir