Outcast #2

Quelques mois après la découverte du 1er tome d’Outcast, les Éditions Delcourt rassemblent avec ce deuxième volume, six chapitres supplémentaires sortis il y a déjà plusieurs semaines aux États-Unis. Loin de passer inaperçue dans l’hexagone (le premier recueil fait partie de la sélection officielle du festival BD d’Angoulême 2016), cette série créée par le duo R. Kirkman/P. Azaceta demandait confirmation tant elle avait affiché des débuts prometteurs. Détail important avant de se lancer dans ce nouvel épisode intitulé Souffrance, il est essentiel de relire les événements relatés dans Possession. L’immersion dans cette suite dévoilée la rendra plus facile.

Entre les sombres souvenirs d’enfance de Kyles Barnes avec sa mère et la rencontre démoniaque subie par le Révérend Anderson, nous avions quitté les deux personnages principaux en bien fâcheuse posture.

UN HÉROS KO PENDANT QUE L’AUTRE SE RELÈVE

La transition limpide entre le 1er opus et Souffrance permet de retrouver le prêtre dans un légitime état de choc. Il est évident que cette altercation tout juste encaissée va justifier une sérieuse remise en question pour un homme qui puisait sa force dans la foi.

A l’opposé, l’évolution de K. Barnes semble lui permettre d’être moins plaintif. En essayant en premier lieu de comprendre l’efficacité de son pouvoir auprès des personnes sur lesquelles il était intervenu auparavant. Son analyse lui apporte quelques explications qui, sans donner toutes les réponses, ont le mérite de l’aider à apprivoiser ce don jusqu’alors refoulé. Prenant ainsi plus d’assurance, une seule faiblesse sera constatée lors de ses retrouvailles avec son ex-compagne mais surtout avec sa fille. Passage poignant grâce notamment à une émotion graphique superbement rendue par Paul Azaceta. Mais Kyle puise en Amber une force supplémentaire lorsqu’elle lui dévoile quelques mots rassurants sur leur passé commun.

Les rôles sont donc complètement inversés : voici la différence notable de ce nouvel acte. C’est Kyle qui mène la danse. De ce fait, on entre un peu plus dans sa vie, une étude psychologique en quelque sorte. Les scènes violentes qui illustraient la « libération » des victimes précédemment, sont plus rares ici. Ce qui évite un découpage scénaristique redondant. La seule véritable action salvatrice de Kyle aura ainsi un impact conséquent. Une autre dont la réussite paraît cruciale dans l’équilibre gagnée par celui surnommé « le banni » nous laissera sur notre faim…

UNE AVENTURE PALPITANTE GRÂCE A UNE BELLE COMPLÉMENTARITÉ

Les talents d’auteur de Robert Kirkman sont connus et reconnus. Ce passionné de l’univers comics imagine des histoires qui peuvent s’inspirer d’intrigues déjà lues ou vues. À la différence près qu’il donne beaucoup d’épaisseur à ses personnages. En prenant pour décor un monde au bord de l’apocalypse, par des événements fantastiques, il fait oublier ces extravagances grâce à la mise en avant méthodique de ses protagonistes.

S’associer avec Paul Azaceta au dessin bonifie ostensiblement l’intérêt de cette série. Moins de phylactères lui permettent de s’exprimer sur des grandes cases où seule l’illustration parle. Grâce à des gros plans de visages aux expressions très détaillées, se dégage une certaine affection (ou au contraire de l’hostilité) envers ces différents héros.

LE RENDEZ-VOUS EST PRIS

Beaucoup d’enthousiasme donc, après lecture de ce nouveau numéro d’Outcast. Avec une fin qui augure de nouveaux rebondissements, ce duo d’auteurs n’en a certainement pas terminé avec les démons. Reste à savoir s’il a l’intention d’en faire une aussi longue série que R. Kirkman peut le faire avec son célèbre Walking Dead. Dans tous les cas, l’édition américaine, Image Comics, a d’ores et déjà sorti les 13 et 14e chapitres. Amusons-nous à présager une sortie du tome 3 en France avant l’été 2016.

Article posté le samedi 23 janvier 2016 par Mikey Martin

  • Outcast 2 : Souffrance
  • Auteur : Robert Kirkman
  • Dessinateur : Paul Azaceta
  • Editeur : Delcourt
  • Prix : 16,50 €
  • Parution : janvier 2016

Résumé de l’éditeur : Kyle Barnes est tourmenté par des possessions démoniaques depuis son plus jeune âge. À la lumière de récentes découvertes et en dépit de terribles cauchemars, il semble commencer à comprendre la nature du mal qui le touche, et à entrevoir les réponses qu’il a cherchées toute sa vie. En revanche, la vie du Révérend Anderson, celui qui le soutient depuis toujours, semble sur le point de s’écrouler.

 

À propos de l'auteur de cet article

Mikey Martin

Mikey Martin

Originaire de Charente-Maritime, il débarque sur Poitiers il y a 17 ans et s'installe avec sa compagne juste en face d'une librairie spécialisée en bande dessinée. Une aubaine pour s'y remettre. Sa passion sans cesse grandissante pour le Neuvième Art se doit d'être partagée par de petites chroniques.

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