Alain Dodier : et si Jérôme K. Jérôme Bloche c’était lui ?

Comixtrip est allé à la rencontre de Alain Dodier, le créateur de Jérôme K. Jérôme Bloche. Avec lui nous avons parlé de sa série qui parait dans le journal de Spirou, de ses débuts dans la profession, de billes et de progrès technologique. Plongée dans l’univers polar de cet auteur passionnant, avenant et très drôle.

« J’ai fait de la bande dessinée parce que j’étais très fort aux billes »

Alain Dodier, plus jeune, étiez-vous baigné dans le monde de la bande dessinée ?

Non pas du tout. Chez mes parents, il n’y en n’avait pas. Je me souviens lorsque j’avais dix ans, mon oncle arriva chez mes parents, avec un grand cabas de petits formats qu’il retourna sur la table. Il était en effet, très lecteur, de Akim, Blek le roc, Tex Tone ou Battler Britton. C’est à ce moment-là, que j’ai plongé dans ce genre de bande dessinée. Cela a duré pendant des années.

J’ai fait de la bande dessinée parce que j’étais très fort aux billes (rires). Pendant mes années de primaire, je me vois dans ma petite cité de Saint-Paul-sur-Mer près de Dunkerque allant à l’école à pied. Il n’y avait pas beaucoup de voitures stationnées près des trottoirs. Aux beaux jours, nous remontions la route en jouant aux billes dans les caniveaux. Je gagnais tout le temps ! Toutes ces billes que je gagnais, je les troquais contre des petits formats. A l’époque, c’était 30 centimes le numéro donc je donnais 30 billes à celui contre qui je jouais et je les regagnais le lendemain ! (rires). Je me suis constitué comme cela une petite collection. En fait, je jetais tout cela en vrac dans la cabane de mon jardin. En arrivant pour l’heure du goûter, j’en prenais 3-4 que je lisais.

Et puis, il y avait aussi les Mickey en grand format hebdomadaire. J’en raffolais.

A la fin de la primaire, j’ai découvert une bande dessinée un peu plus exigeante dans Spirou ou Tintin. Dans les années 60, dans la cité Jubineau, à côté de la nôtre, il y avait une bibliothèque dans un comité d’entreprise. Elle était d’ailleurs pionnière dans le genre parce qu’elle possédait des bandes dessinées. Lors de mon jour de repos, le jeudi, j’arrivais le matin à l’ouverture, la dame me mettait dehors à midi et je revenais à 13h30 jusqu’à 19h. C’était merveilleux, la Caverne d’Ali Baba ! J’ai fait cela pendant des années et j’y ai forgé mon œil.

« J’avais à peine quitté le lycée que ma première carte blanche fut publiée. Imaginez-vous le succès que j’aurais pu avoir auprès des filles »

Vous venez de dire qu’enfant, vous lisiez Spirou. Qu’est-ce que vous avez ressenti quelques années plus tard, lorsque vous avez découvert une de vos histoires publiées dans le journal ?

Ce n’était pas vraiment le fruit du hasard. A l’âge de 12 ans, lorsque l’on m’a demandé ce que je voulais faire plus tard en passant de la primaire au collège, je me vois répondre : « dessinateur de bandes dessinées ». D’ailleurs à l’époque, je crois que l’on disait : dessinateur de comiques. Mes copains disaient : «Comme dans Blek le roc ?» et moi je répondais : «non, comme dans Spirou !». Finalement, il ne m’aura fallu que huit ans pour apparaître pour la première fois dans la revue, à travers une carte blanche. C’était la concrétisation d’un rêve !

Il y eut une deuxième carte blanche, puis une incursion avec Pijannot et à l’âge de 26 ans, j’ai réussi à entrer par la grande porte avec Jérôme.

J’avais à peine quitté le lycée que ma première carte blanche fut publiée. Imaginez-vous le succès que j’aurais pu avoir auprès des filles (rires). Mais c’était trop tard, d’un rien, à 6 mois près !

« En fait, Jérôme, j’y mets vraiment beaucoup de moi ! »

Est-ce que l’on peut dire qu’il y a un peu de vous dans Jérôme ?

En tout cas, c’est ce que l’on me dit souvent. Beaucoup de gens qui me rencontrent pour la première fois, trouvent qu’il y a quelque chose dans les expressions et la personnalité. En tout cas, une chose très simple : je n’aurais pas fait un personnage de composition.

Plus petit lorsque je dessinais, je faisais du Comique, marchant dans les pas de Franquin ou Uderzo. Or, quand j’ai décidé de composer des albums réalistes, il suffisait que je me regarde dans la glace. Je suis assez grand et mince mais je n’avais pas de lunettes à l’époque et j’avais déjà une moustache. Je l’ai enlevée, ajouté des lunettes et j’avais le personnage. Du point de vue de la personnalité, autant faire des choses que je connaissais. Avant tout, je donne à Jérôme mes réactions et mes opinions. Pourquoi se compliquer la vie ?  En fait, Jérôme, j’y mets vraiment beaucoup de moi !

Jérôme a un imperméable, un chapeau et un Solex. Il aime le passé alors qu’il est jeune et que les intrigues se déroulent aujourd’hui. Pourtant, il n’est pas nostalgique. Pourquoi lui avoir donné ce côté old school ?

Oui, c’est exact. C’est très intéressant ce que vous dites ; il n’est en effet pas du tout nostalgique. Encore une fois, je me demande si ce n’est pas un peu moi. Par exemple, à 18-19 ans qu’est-ce qu’on aime comme musique ? Le rock. Alors que moi, à cette période, j’aimais la musique classique. Je l’avais découverte sur France Musique parce qu’il n’existait pas encore la FM. J’étais issu d’un milieu ouvrier donc nous n’avions pas les moyens d’acheter de disques. J’ai appris l’existence des Beatles alors qu’ils venaient de se séparer (rires).

Autre situation : Un jour, mon banquier m’offre un téléphone portable. Je lui dis que je n’en avais pas besoin. Il a insisté pour me le donner. D’ailleurs, je ne l’ai utilisé pour la première fois à la naissance de ma fille, pas avant. Je suis toujours un peu en retard de tout ! Jérôme, il est comme moi, face aux téléphones ou aux ordinateurs, il ne comprend rien. Par exemple, lorsque j’ai trouvé l’utilité de l’ordinateur dans une histoire, alors j’en ai acheté un pour moi (rires).

Je pense que dans la prochaine histoire, je vais lui mettre dans les mains un… je sais plus comment ça s’appelle… les téléphones qui font tout, sauf le café…

Un smartphone ?

Oui, voilà ! Vous voyez, j’ai déjà du mal avec le mot. Babeth va lui en offrir un pour son Noël; mais cela va surtout lui servir à prendre des photos.

« Il n’est même pas marrant, il est un petit peu à côté, et je pense que je ne dois pas être étranger à cela »

Jérôme a ce côté naïf, parfois immature, toujours en décalage et tête en l’air. Pourquoi est-ce là un des ressorts comiques des albums qui parfois peuvent être sombres dans leurs thématiques ?

C’est Jérôme qui apporte un peu de fantaisie par son décalage. Ce n’est pas volontaire, il n’y a rien de cynique. Il n’est même pas marrant, il est un petit peu à côté, et je pense que je ne dois pas être étranger à cela (rires).

Votre héros aime les détectives forts des années 40-50, lui est pourtant tout fluet, pas bagarreur pour un sou. Pourquoi cette volonté, ce paradoxe ?

Jérôme pourrait être bagarreur pour défendre quelqu’un qu’il aime mais sinon, il n’est pas bagarreur en effet. Il aimerait bien ressembler à ces figures mythiques mais il en est loin. Il est néanmoins volontaire, opiniâtre et finalement très futé.

J’ai remarqué que je ne le faisais pas tellement réfléchir. Les choses se passent dans sa tête, sans que le lecteur ne le voit, un peu à son insu. Il fait, il agit et il est souvent pris par le mouvement.

« Oui, c’est un détective privé de proximité, de quartier, comme un médecin »

Il est simple, il nous ressemble, c’est un héros du quotidien…

Oui, c’est un détective privé de proximité, de quartier, comme un médecin (rires).

Comme la série s’inscrit dans le réel, quelles sont vos sources de documentations ? Faites-vous des repérages ? Partez-vous comme lui à l’aventure ?

Par exemple, pour Le couteau dans l’arbre – un beau titre au passage (rires) – comme cela se passe près de chez moi, j’ai commencé à faire pleins de repérages. Je voulais absolument trouver une histoire qui se déroule à cet endroit. Finalement, je n’ai pas réussi à la situer où je voulais – le port, le côté maritime qui est visuellement intéressant à dessiner – mais plutôt à Bergues.

D’une manière général, j’attends que le scénario soit fini pour faire mes repérages. En plus, je prends de plus en plus de plaisir avec mon nouvel appareil photos.

Donc vous ne faites pas de croquis mais plutôt des photos ?

Vous savez le mythe du dessinateur qui fait des croquis, me fait un peu rigoler. Aller dessiner des croquis à Paris pour 52 pages d’une histoire, 8 cases par page, cela fait 400 dessins ! Alors que vous faites «clic» et vous prenez une photo, c’est plus rapide. En plus, je n’en prends pas qu’une mais 1000 !

« Elle peut même parfois jaillir d’un petit rien, un détail, un changement de point de vue, de personnage qui n’avait pas le bon rôle »

Pour Le couteau dans l’arbre, comment avez-vous trouvé l’idée de départ ? Comment a-t-elle jailli ?

L’idée c’est difficile à dire. Elle jaillit… à la fin. Je pars sur des petites idées, des intentions. Quelque chose alors se précise. Alors évidemment, l’être humain a une faculté, de trouver bon un truc qui s’avérera mauvais. Mais cela donne l’envie de travailler, de creuser, d’écrire. L’histoire avance cahin-caha, je me rends compte que je m’ennuie et je cherche donc dans une autre direction. Et là encore je m’ennuie. J’ouvre donc une troisième voie.

Pour le tome 26, cela s’est passé assez vite pour une fois, en un mois, un mois et demi. L’idée a surgit; c’est le résultat de ces errances. Elle peut même parfois jaillir d’un petit rien, un détail, un changement de point de vue, de personnage qui n’avait pas le bon rôle.

Pour le tome suivant, j’avais les 3/4 de l’histoire, mais il me manquait un petit truc et je crois que je l’ai trouvé dans le train en venant ici.

Sans trop en dévoiler, Jérôme est de retour chez sa grand-mère comme dans A la vie, à la mort. Est-ce important l’ancrage familial dans la série ?

De manière générale, je trouvais important qu’il ait une existence, une réalité physique,  qu’il ne soit pas un personnage sans métier comme dans la bande dessinée des années 40-50 où les personnages partaient à l’aventure comme ça. Il a donc une profession, il gagne pas très bien sa vie et il a une fiancée – Babette – qui n’est pas abstraite, on voit qu’ils dorment ensemble et il a une famille. Même s’il n’a plus de parents, il a un oncle, une tante et une grand-mère.

Le faire retourner là-bas, c’est essentiellement pour les besoins de l’histoire. J’avais une bonne raison de le faire aller chez eux parce que son oncle a besoin de lui pour une affaire personnelle. Le déclencheur de cette histoire, c’est cette trouvaille sur deux pages, Jérôme se laisse convaincre au téléphone par son oncle qu’il doit absolument venir le jour-même parce qu’il y a une petite fille qui est en fugue et peut être en danger.

Jérôme se laisse convaincre alors qu’il a des projets de voyage avec Babette. Son oncle ayant toujours eu une ascendance sur lui, il accepte malgré lui. Il va alors devoir l’annoncer à sa fiancée. Il lui dit qu’il a une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne c’est qu’il a réussi à se faire rembourser la réservation pour Venise et la mauvaise c’est qu’il faut partir pour Bergues.

Oui, c’est la scène de la planche 5. Le lecteur a l’impression qu’il parle seul dans le couloir. On ne sait pas s’il répète ce qu’il va dire à Babette ou si cela est vrai. C’est très très drôle et fort narrativement.

Oui, c’est une évocation lorsqu’il est dans le train. Il fallait que je justifie le fait que Babette accepte de le suivre. Elle va être de très mauvaise humeur durant tout le récit. Mais pourquoi le suivre dans ce cas là ?

Jérôme la convainc en lui disant que c’est une affaire très importante, que l’on compte sur lui. Et malgré tout, Babette sera contente de retrouver la grand-mère de Jérôme avec qui elle s’entend très bien.

« [Jérôme] n’a pas l’air facile à vivre ! »

Jérôme est un homme qui ne fait pas de vagues, malgré les heurts qu’il peut avoir avec sa famille. Lorsqu’il est énervé par une situation, il préfère partir à l’aventure pour son enquête. Pourquoi ce trait de caractère ?

Oui, il déteste par dessus tout les conflits.

Même avec Babette d’ailleurs…

Oui, il évite tout cela. Elle est très compréhensive, surtout qu’il lui en a fait voir de toutes les couleurs. Il n’a pas l’air facile à vivre ! (rires).

Dans l’album, Jérôme se heurte à l’étiquette sociale, à la position dans la famille et aux non-dits. Cela revient souvent dans vos albums, pourquoi ?

Oui, Jérôme a toujours un pied dans l’enfance. Mes histoires tournent toujours autour de cela. Je me demande s’il ne fait pas un peu la transition entre le monde des enfants et le monde des adultes. Il a un pied dans chaque. Il permet donc de passer de l’un à l’autre. En tout cas, que les générations puissent se retrouver à travers lui.

Je me demande si là encore, il n’y a pas une part d’autobiographie dans cela : j’ai encore un pied dans l’enfance. Je peux comprendre et être indulgent avec certaines attitudes des adolescents, parce qu’il n’y a finalement pas si longtemps, j’étais comme eux encore dans ma tête : un adolescent ! (sourire).

Ici, nous sommes à Saint-Malo. Quel rapport vous entretenez avec la mer ? Elle est parfois présente dans la série comme dans Le gabion ou Le vagabond des dunes.

J’habite en face de la mer à Malo-les-Bains. A marée haute, elle est à 50 m de mes fenêtres et à marée basse à 250 m. Je l’ai donc sous mon nez toute la journée. Je ne m’imagine pas un seul instant habiter 50m derrière. La mer fait partie intégrante de moi !

Pourtant dès que je mets le pied sur un bateau, je suis malade; comme Jérôme dans cet album (rires). Je ne pratique pas la pêche, je ne vais pas nager dedans, je ne fais que la regarder.

Ce rapport, il est donc contemplatif ?

Oui, c’est exactement cela, contemplatif. Il y a aussi le bruit des vagues et des mouettes. Le soir, je fais ma petite promenade sur le sable à marée basse.

  • La technique

Nous n’avons pas parler de l’aspect technique. Comment réalisez-vous vos planches ?

Par ordinateur, j’en serais bien incapable (rires). Je n’ai d’ailleurs jamais vu une palette graphique, je ne sais pas à quoi cela ressemble ! C’est donc sur des feuilles. L’essentiel, avant tout, c’est le résultat, quelque soit la technique que l’on utilise.

Donc moi, c’est la page blanche, divisée en 4 bandes horizontales et coupée par le milieu, cela donc fait huit cases. Un crayon puis de l’encre de Chine, plumes et pinceaux.

« Pour les couleurs c’est pareil, pourquoi utiliser 50 couleurs alors que l’on peut en utiliser que 4 ! »

Pourquoi ne colorisez-vous pas vos albums ?

Je ne m’en sentais pas le talent au début. Pourtant, à un moment donné quand j’ai vu le résultat des premiers albums par une coloriste – qui n’est pas celle d’aujourd’hui – je me suis dit que ce que j’allais faire, même sans rien n’y connaître en couleur, allait être certainement mieux. J’ai donc fait les tome 5 et 6. C’étaient des couleurs narratives, donc c’était – sans me vanter – largement mieux.

J’ai ensuite fait la connaissance de Cynthia du Studio Cerise, en charge des couleurs. Comme j’avais fait deux albums, je pouvais lui donner plus facilement des indications parce que j’avais compris l’importance de la couleur. Depuis qu’elle fait cela sur ordinateur, c’est encore plus facile puisque je peux avoir le visuel immédiatement et lui demander des changements si besoin. C’est surtout vrai pour lui faire enlever de la couleur parce que j’aime la sobriété. Lorsque l’on commence par chercher des idées, on en a dix fois trop, donc on en enlève. C’est pareil pour le dessin, dans les premières planches, j’ai tendance à en mettre beaucoup trop et donc je simplifie en retirant. Pour les couleurs c’est pareil, pourquoi utiliser 50 couleurs alors que l’on peut en utiliser que 4 !

« Le pire qu’il puisse lui arriver, c’est de se marier ! »

Jérôme a beaucoup vieillit. Même s’il a un côté immature, il a évolué et progressé. Est-ce qu’un jour il mourra ?

Ah non ! Le pire qu’il puisse lui arriver, c’est de se marier ! (rires). Je pense depuis quelques années au mariage mais sans succès pour l’instant. A chaque nouveau scénario, je me dis : « Et s’ils se mariaient ? » Mais il faut que je trouve quelque chose d’intéressant à raconter autour de cela.

Pour conclure, est-ce que l’on peut dire que Jérôme c’est votre Gil Jourdan ?

Gil Jourdan, ah oui, oui oui ! Je viens de relire les intégrales de Gil Jourdan encore récemment; je le fais régulièrement et je redécouvre de nouvelles choses à la lecture. Il y a une subtilité, une maturité étonnante dans les récits de Maurice Tillieux. C’est une bande dessinée très intelligente, très adulte.

L’aviez-vous rencontré ?

Non, jamais et c’est un grand regret. Tillieux est décédé en 1978 et moi j’ai commencé cette année-là mais en France et pas en Belgique où il vivait. Encore une fois, d’un rien ! Mais, je me rattrape avec Walthéry, avec lequel je parle de lui.

Entretien réalisé le samedi 28 octobre 2017 à Saint-Malo
Article posté le samedi 04 novembre 2017 par Damien Canteau

Jérôme K Jérôme Bloche - Alain Dodier (Dupuis)
  • Jérôme K. Jérôme Bloche, tome 26 : Le couteau dans l’arbre
  • Auteur : Alain Dodier
  •  Éditeur : Dupuis
  • Prix : 12€
  • Parution : 27 octobre 2017
  • ISBN : 9782800170435

Résumé de l’éditeur : Collège Saint-Winoc, un soir de pluie. La petite Charlotte Demeester n’est pas rentrée chez elle. Son père, qui est aussi le patron de l’oncle de Jérôme Bloche, est à fleur de peau : alors que l’enfant avait été déposée par sa mère à l’école, elle ne s’est pas présentée aux cours. Fugue ? Enlèvement ? Les gendarmes restent bredouilles. Dépêché par son oncle la veille de ses vacances, Jérôme Bloche ne peut pourtant pas refuser cette nouvelle enquête. En compagnie de Babette, il se rend sur les lieux de la disparition afin d’y mener ses investigations, quitte à lever certains lièvres savamment dissimulés. « Famille, je vous aime », dit-on… Courageux quoique prudent, perspicace et malin, mais surtout d’une profonde humanité, Jérôme Bloche a toujours su garder son authenticité au fil de ses péripéties. Alain Dodier possède un talent inégalé pour transformer une enquête policière en aventure humaine. À travers les récits de son détective privé, il en fait une nouvelle fois la démonstration, en toute sincérité.

À propos de l'auteur de cet article

Damien Canteau

Damien Canteau

Damien Canteau est passionné par la bande dessinée depuis une vingtaine d’années. Après avoir organisé des festivals, fondé des fanzines, écrit de nombreux articles, il est toujours à la recherche de petites merveilles qu’il prend plaisir à vous faire découvrir. Il est aussi membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée).

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