Entretien avec Sess, dessinateur de Tess

Sess, créateur de Tess aux éditions Jungle, nous a accordé un entretien pour nous dévoiler les coulisses de sa nouvelle série, son travail avec Christine Naumann-Villemin, ses études et ses futurs projets. Plongée dans l’univers de ce jeune auteur sympathique.

SESS, Le public vous a découvert avec Papa pas prêt. Comment est né ce projet ?

J’ai commencé un blog après la naissance de ma fille que j’ai animé pendant 3 ans. Tous les 3-4 jours, je publiais une planche de notre quotidien avec ma compagne.

Wandrille (éditeur chez Warum/ Vraoum) avait repéré mon blog pour le concours Révélation Blog d’Angoulême. Il m’a alors proposé de publier mes strips en album en 2015. C’était ma première incursion en bande dessinée, mon tout premier album.

Comment avez-vous rencontré Christine Naumann-Villemin, LA SCENARISTE DE TESS ?

Lorsque Papa pas prêt est sorti, je suis allé au Festival de Saint-Malo pour le présenter et faire des dédicaces. Là-bas, j’ai rencontré l’éditrice responsable de Jungle Jeunesse. Je lui ai dit que j’avais un concept mais que j’avais besoin d’un scénariste pour le développer. Elle m’a alors mis en contact avec Christine dont c’était aussi la première bande dessinée.

« Je voulais faire de Tess une super-héroïne, un Marvel »

Comment est né Tess ?

C’est moi qui ait eu l’idée de départ. Ma fille s’appelle Tess et avec ma compagne, nous ne lui avions jamais coupé les cheveux jusqu’à l’âge de six ans. Elle avait encore ses cheveux de bébé qui s’emmêlaient. J’ai réfléchi a une chevelure magique qu’elle aurait pu avoir après avoir mis dessus des produits et lotions.

Je voulais un mélange de Raiponce pour la longue chevelure blonde et la queue du Marsupilami qu’il utilise et qu’il contrôle. Je voulais faire de Tess une super-héroïne, un Marvel.

Dans le premier tome, nous posons tout, nous connaissons son environnement, ses parents, son frère, sa maison et surtout son pouvoir; ce qui peut déboucher sur un deuxième volume où nous pouvons nous demander à quoi peut servir son don à l’école par exemple ou pour défendre une amie. Ainsi la voir se comporter en super-héros.

« Ce fut très délicat pour moi car j’ai mené de front deux projets : Tess et Clara & Fulguralex »

Combien de temps vous a-t-il fallu pour réaliser Tess ?

Je m’y suis mis vraiment en février pour une sortie le 24 mai. Ce fut très délicat pour moi car j’ai mené de front deux projets : Tess et Clara & Fulguralex, qui est une création des éditions belges Hemma en partenariat avec Planeta (un grand groupe espagnol). Ce sont deux super-héros pour les 9/10 ans ; Clara a des cheveux magiques en feu et Fulguralex est une sorte de Superman/Clark Kent qui a une double vie et possède tous les pouvoirs.

Le plus dur, c’est que je dois illustrer quatre albums pour une sortie simultanée le 14 septembre de cette année. J’avais donc 5 livres en même temps à réaliser. Actuellement, je termine les couleurs sur le quatrième Clara & Fulguralex.

Quelles sont les techniques que vous avez utilisé sur l’album ?

Tout est «en traditionnel», à la main. La base est à l’aquarelle, aux feutres pour encrer et la finition aux crayons de couleurs.

« les enfants ont trouvé cela drôle, agréable et frais »

Avez-vous déjà eu des retours du public ?

Lors d’une séance de dédicaces dans un salon jeunesse, les enfants ont trouvé cela drôle, agréable et frais. Ça motive tous ces échanges et ces compliments !

Pourquoi publier des albums Jeunesse ? Est-ce important pour vous de parler aux enfants ?

Tout d’abord parce que mon dessin se rapproche de la Jeunesse. Avec Tess, nous pouvons faire passer des messages – de respect, d’écologie – pour les plus jeunes.

Vous avez pris la suite de Thomas Priou sur la série Lionnel qui paraît dans le magazine Olalar. Pourquoi avoir accepté ?

Lionnel (un petit lion qui travaille dans un musée) paraît tous les mois dans le magazine, à raison d’une planche. C’est la première fois que je travaille pour la presse et j’aime cela. C’est aussi la première fois que je collabore avec Olivier Pog.

Pourquoi êtes-vous attiré par la travail dans le presse jeunesse ?

En mensuel ou en hebdomadaire, c’est plaisant. Ça tourne, ça change de sujet. On ne s’attarde pas, c’est très varié.

Quels sont vos futurs projets ?

Je vais mettre en image une histoire scénarisée par Loïc Dauvillier pour les éditions Frimousse. L’album sortira en mars 2018.

Revenons un peu dans le passé. Lisiez-vous des bandes dessinées plus jeune ?

Mon père avait une belle collection composée de nombreux albums : les Gaston Lagaffe de Franquin, les Morris, les Roba, Natacha, Ric Hochet, les Schtroumpfs, Astérix, Fluide Glacial, Peyo, Cubitus, Gotlib, Rahan, Disney… J’ai donc évolué au milieu des bandes dessinées.

J’ai grandi à Bamako au Mali que j’ai quitté à l’âge de 20 ans. Toutes les semaines je recevais le Journal de Mickey, Picsou Magazine et par la suite, je me suis abonné à Tchô.

« Ce que j’aime dessiner c’est le quotidien de gens ordinaires comme Larcenet ou Trondheim avec en plus, un peu de fantastique »

Quels auteurs avez-vous apprécié par la suite ?

Plus tard, j’ai découvert Régis Loisel, Sky Doll, Retour à la Terre de Larcenet ou Les petits riens de Lewis Trondheim.

Ce que j’aime dessiner c’est le quotidien de gens ordinaires comme Marc Boutavant, Larcenet ou Trondheim avec en plus, un peu de fantastique, ce que j’essaie de faire avec Tess.

Entretien réalisé le dimanche 28 mai 2017
Article posté le vendredi 02 juin 2017 par Damien Canteau

©Sess - Christine Neumann Villemin / Jungle - couverture définitive
  • Tess, tome 1
  • Scénariste : Christine Neuman-Villemin
  • Dessinateur : Sess
  • Editeur : Jungle, collection Jungle Jeunesse
  • Prix : 9.95€
  • Parution : 24 mai 2017
  • EAN : 978-2-822-22039-2

Notre chronique de l’album Tess, à découvrir ici.

À propos de l'auteur de cet article

Damien Canteau

Damien Canteau

Damien Canteau est passionné par la bande dessinée depuis une vingtaine d’années. Après avoir organisé des festivals, fondé des fanzines, écrit de nombreux articles, il est toujours à la recherche de petites merveilles qu’il prend plaisir à vous faire découvrir. Il est aussi membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée).

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