Matthieu Bonhomme: « Je suis un dingue de Morris »

Lors du 44e Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême, Matthieu Bonhomme a accepté de répondre aux questions de Comixtrip. L’auteur de L’homme qui tua Lucky Luke revient sur le succès qu’a connu son adaptation du célèbre cowboy de Morris, et sur son rapport avec le personnage.

UNE VISION TRÈS PERSONNELLE DU PERSONNAGE

C’est en 2015 que les éditions Dargaud donnent le feu vert à Matthieu Bonhomme pour coucher sur papier sa vision de Lucky Luke. Une opportunité qui tombe à pic puisque le célèbre cowboy de Morris fête son 70e anniversaire l’année suivante. Plutôt qu’ajouter un nouvel album à la série principale, Matthieu Bonhomme veut revisiter le personnage dans un véritable « western franco-belge », en références aux mythes de l’ouest que sont John Wayne ou Billy The Kid.

Au final, c’est un album intitulé L’homme qui tua Lucky Luke que Matthieu Bonhomme nous livre en avril 2016. « Un jeu de provocation pure » à en croire l’auteur qui se défend de « toutes tendances violentes envers le personnage ». Son objectif principal: montrer l’humanité que l’on peut percevoir chez Lucky Luke, mais qui n’est presque jamais mise en avant dans la série principale.

RACONTER CE QUE MORRIS N’A JAMAIS RACONTÉ

Plutôt que d’ajouter un nouvel album à la série principale, Matthieu Bonhomme souhaite explorer « un trou de scénario ». L’homme qui tua Lucky Luke dépeint le personnage éponyme sous toutes ses facettes, et explique pourquoi le cowboy arrête soudainement de fumer.

UN SEUL ET UNIQUE ONE-SHOT HOMMAGE

N’écoutant que son cœur, Matthieu Bonhomme donne naissance à un album bien plus sombre que ceux à quoi sont habitués les fans. Pour les puristes, Lucky Luke ne ressemble plus au héros de leur enfance. L’auteur lui, affirme vouloir montrer à quel point le cowboy « est beau, juste et respectable ».

Qu’on ait adoré ou détesté ce hors-série, Matthieu Bonhomme l’assure: « il y aura pas de deuxième album ». Selon lui, L’homme qui tua Lucky Luke est une bande dessinée-hommage unique, proposée par un fan, pour les fans.

UN SUCCÈS RETENTISSANT

« Il faut que l’auteur se fasse plaisir dans la conception de l’album, afin que le lecteur puisse lui aussi éprouver du plaisir une fois l’album entre les mains » affirme Matthieu Bonhomme. Toutefois, l’auteur peine à trouver une explication à l’engouement que connait sa BD.

Matthieu Bonhomme savait depuis le début qu’il s’attaquait à un personnage mythique du 9e art. Un challenge qu’il a relevé avec beaucoup d’enthousiasme, et qui lui a servis de tremplin pour se révéler aux yeux du grand public.

Le succès de L’homme qui tua Lucky Luke est tel, que Matthieu Bonhomme a été très agréablement surpris de recevoir le « Prix du public Cultura » et le « Prix des Lycéens » lors de la 44e édition du FIBD d’Angoulême. Deux récompenses inattendues qu’il accueille avec beaucoup de joie.

DU WESTERN AUX HISTOIRES DE PRINCESSES

Si sa reprise du héros de Morris rencontre le succès auprès des bédéphiles, Matthieu Bonhomme ne souhaite pas tenter l’aventure avec un autre personnage franco-belge célèbre. Sa démarche ne tenait qu’en une seule et unique motivation: Lucky Luke.

Le quadragénaire souhaite désormais se tourner vers de nouveaux défis. Toutefois, difficile de changer de registre aussi brusquement. Après le western, Matthieu Bonhomme se penche sur les histoires de princesse.

Article posté le mercredi 22 février 2017 par Hugo Noirtault

Relisez notre chronique de L’homme qui tua Lucky Luke.

Remarquable hommage à Morris et Lucky Luke, L'homme qui tua Lucky luke est signé Matthieu Bonhomme, un album décrypté par Comixtrip le site BD de référence
  • L’homme qui tua Lucky Luke
  • Auteur : Matthieu Bonhomme
  • Editeur : Lucky Comics
  • Prix : 14.99€
  • Parution : 01 avril 2016

Résumé de l’éditeur : Par une nuit orageuse, Lucky Luke arrive dans la bourgade boueuse de Froggy Town. Comme dans de nombreuses villes de l’Ouest, une poignée d’hommes y poursuit le rêve fou de trouver de l’or. Luke souhaite y faire une halte rapide. Mais il ne peut refuser l’aide qui lui est demandée : retrouver l’or dérobé aux pauvres mineurs du coin la semaine précédente. Avec l’aide de Doc Wesnedsay, Lucky Luke mène une enquête dangereuse, car il est confronté à une fratrie impitoyable qui fait sa loi à Froggy Town, les Bone…

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Hugo Noirtault

Hugo Noirtault

Intro: "C'est pas moi qu'explique mal, c'est les autres qui sont cons !" - Perceval de GallesRien ne me prédestinait à tomber amoureux du 9e art... C'était sans compter sur le génie d'Hiromu Arakawa. Les aventures des frères Elric dans Full Metal Alchemist m'ont tenu en haleine dix ans durant, avant de laisser place aux comics américains. Une passion inaliénable malgré les années, et qui m'a poussé à imaginer un avenir en tant que journaliste. Etudiant à l'Ecole Publique de Journalisme de Tours (EPJT), je me suis lancé comme défi de rendre cet art accessible à tous, n'en déplaise aux fanatiques. Ecrit, radio, web, tv/vidéo... j'aspire à devenir polyvalent afin de réaliser les plus beaux sujets possible pour Comixtrip !Conclusion: "La canne (à pêche) ? ça sert à rien… Du coup ça nous renvoie à notre propre utilité : l’Homme face à l’Absurde !" - Perceval de Galles

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