Li Chi Tak, un sorcier à Hong Kong

Habituée du Festival d’Angoulême, la bande dessinée de Hong Kong revient à l’avant scène avec une exposition monographique consacrée à l’un de ses artistes les plus talentueux, le prolifique Li Chi Tak qui se tient au Quartier Asie du Festival d’Angoulême.

NAISSANCE D’UN ARTISTE HONG-KONGAIS

Né en 1965 à Hong-Kong, Li Chi Tak n’était pas fait pour travailler dans le manga. Juste après ses études secondaires, il travaille dans les revues de FTK. Etonné et attiré par cet univers jusqu’alors inconnu, il décide de se former seul. Autodidacte, il commence alors à publier dans son pays natal, puis en Chine et enfin au Japon.

CHINE ANCIENNE, POÉSIE ET CONTE FANTASTIQUES

Très influencé par les maîtres mangakas japonais, Li Chi tak possède néanmoins une vision très personnelle de ce genre littéraire. Emprunts de poésie, de légendes dans la Chine ancienne, il met en scène des récits ancrés dans l’époque actuelle ou dans un futur fantasmé.

En France, deux manhuas ont été publiés : Spirit – Le rocher de dieu (Dargaud, série arrêtée) et The Beast (Kana, 2015).

 

Article posté le vendredi 29 janvier 2016 par Damien Canteau

L'exposition

Coïncidence heureuse, c’est précisément l’année où le Japonais Katsuhiro Otomo honore le Festival de sa présence, auréolé de son Grand Prix, que Li Chi Tak prend lui aussi le chemin d’Angoulême pour y être témoin de la première exposition monographique jamais consacrée à un créateur de Hong Kong. Car si l’on peut créditer un seul artiste d’une influence décisive sur les goûts et les choix de Li, c’est bien l’auteur d’Akira. Mais au fond, les coïncidences, surtout heureuses, existent-elles vraiment dans le 9e art ?

Quoi qu’il en soit, lorsque le jeune dessinateur chinois prend professionnellement les pinceaux à partir du milieu des années 80, c’est clairement parce qu’Otomo, et Moebius avant lui, ont montré le chemin. C’est dit, lui aussi se consacrera par images interposées à l’édification inlassable d’univers fantastiques d’où la double exigence de la rigueur et du spectacle n’est jamais absente. Également inspiré par le cinéma de genre et d’action qui a fait les beaux jours du cinéma et de la télévision de Hong Kong dès les années 70, Li Chi Tak, dont les éditeurs locaux décèlent très vite la virtuosité graphique, multipliera les publications au fil des années, soit sous forme d’albums soit par l’entremise de périodiques de bande dessinée – y compris au Japon où il collabore notamment aux magazines de manga Young et Ikki. Il ne dédaigne pas non plus s’adonner à l’illustration, dont témoignent de nombreuses parutions dans les journaux et magazines à Hong Kong. Aujourd’hui, riche d’un parcours de plusieurs dizaines de titres publiés, Li savoure une réputation légitime de godfather de la bande dessinée indépendante hongkongaise, sans pour autant avoir cessé de produire, bien au contraire. Il vient même de renouer avec son éditeur historique en langue française (Dargaud avait traduit dès 1998 son one shot The Spirit) puisque Kana, l’une des enseignes du groupe Medias Participation, publiera en janvier 2016 The Beast, récit inédit dessiné par Li Chi Tak sur un scénario de Jean Dufaux.

C’est à l’ensemble de cette prolifique carrière que le Festival s’efforcera de rendre un hommage mérité, à travers une rétrospective monographique d’environ 80 œuvres, des années 80 à aujourd’hui. Parallèlement à l’exposition qui lui est consacrée, Li participera également au programme des Rencontres internationales du Festival.

Renseignements pratiques

  • Quartier Asie
  • Commissariat : Nicolas Finet et Connie Lam (Hong Kong Arts Centre)
  • Scénographie : Bruno Pujat
  • Production : 9eArt+ , Hong Kong Arts Centre
  • Partenaires: Kana, Hong Kong Arts Centre, Mr Nelson Leong, Create Hong Kong, Hong Kong Comics & Animation Federation

À propos de l'auteur de cet article

Damien Canteau

Damien Canteau

Damien Canteau est passionné par la bande dessinée depuis une vingtaine d’années. Après avoir organisé des festivals, fondé des fanzines, écrit de nombreux articles, il est toujours à la recherche de petites merveilles qu’il prend plaisir à vous faire découvrir. Il est aussi membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée).

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