Poum a une idée

Changer d’école pour une petite fille très libre n’est jamais simple. Devant se plier aux règles, elle commence à discuter avec ses nouveaux camarades et tentent de leur faire prendre conscience que sans règles on peut bien vivre ensemble. Richard Marazano, Angélique Cesano et Benjamin Basso dévoilent Poum a une idée, un livre jeunesse autour du thème de l’anarchie.

A peine arrivée dans sa nouvelle école, Poum est accostée par trois enfants qui lui disent que si elle veut être acceptée – sous entendu devenir leur amie – elle devra se plier aux règles, obéir à l’autorité du chef de bande, celui qui est le plus fort. Mais, Poum ne veut pas de ce système, elle préfère être libre. Elle tente alors de les faire changer d’avis…

Notion abstraite pour les plus jeunes, l’anarchie – l’absence de règles, d’autorité – est parfaitement abordée dans Poum a une idée. En partant d’une situation simple (la cour de récréation dans une école) à laquelle les enfants pourront s’identifier, Richard Marazano arrive assez bien à appréhender ce concept.

« Tous égaux mais tous différents… Tous libres en participant… quand même il fallait oser », dira l’ancien chef de bande. Parce que oui, il faut oser pour changer y compris les mentalités. Des règles dans nos sociétés, il y en a partout, toujours, tout le temps et ce dès le plus jeune âge, dès la crèche. Alors un album qui parle de les casser, ce n’est pas si souvent !

L’auteur de Yin et le dragon (avec Xu Yao) et Les trois fantômes de Tesla (avec Guilhem Bec) a été séduit par le projet de Angélique Césano pour le mettre en forme. Accompagnée au dessin par Benjamin Basso, l’autrice dévoile de très belles planches avec de grandes vignettes sans cadre, idéales pour les plus jeunes.

Poum a une idée : une belle initiative sur un thème pas évident à aborder avec les plus petits. Cet album aurait pu entrer dans notre Top 10 des BD sur l’anarchisme.

  • Poum a une idée
  • Scénariste : Richard Marazano
  • Dessinateurs : Angélique Césano et Benjamin Basso
  • Editeur : Eidola
  • Prix : 10€
  • Parution : juin 2017
  • IBAN : 9791090093188

Résumé de l’éditeur : Poum a changé d’école et doit se faire de nouveaux amis ; mais des groupes sont déjà constitués et des rapports de force se sont établis qui, dans la cour d’école comme partout ailleurs, se transforment parfois en rapports asymétriques de soumission au groupe ou au plus fort. Mais Poum a toujours des idées… Car Poum est une petite anarchiste qui espère des relations de camaraderie égalitaires.

Le jour où elle a pris son envol

Après un premier volume (Le jour où le bus est reparti sans elle) qui nous avait laissé un goût très agréable à la lecture, les Beka et Marko proposent la suite du cheminement de Clémentine dans Le jour où elle a pris son envol.

Clémentine est heureuse dans sa vie, enfin elle a trouvé un semblant de sérénité depuis sa rencontre avec Antoine. Elle prend enfin du temps pour elle, pour vivre et goûte à tous les petits plaisirs de la vie. En deux ans, elle a effectué un cheminement très important. Elle stresse moins dans son travail et dans sa vie en général, elle relativise.

Alors que son couple avec Damien semblait être sur de bons rails, elle décide de le mettre dehors. Aurait-elle enfin trouvé l’apaisement ?

Comme pour le précédent ouvrage, les Beka imaginent une histoire positive, très optimiste et d’une grande douceur. Malgré encore quelques obstacles dans sa vie, Clémentine va de mieux en mieux, elle revit, comme le lecteur lorsqu’il referme l’album ; il se sent apaisé. Parce que oui, Le jour où elle a pris son envol, est une très belle parenthèse dans toutes les lectures que l’on a effectué ces derniers temps. Le duo de scénariste semblent avoir trouvé la bonne formule pour faire passer un bon moment à ses lecteurs.

Fondée sur des anecdotes, des lectures, des rencontres, ou des situations rencontrés par eux-même ou des proches, l’histoire est simple dans sa narration mais complexe dans son propos et ses thématiques.

Pour les accompagner, Marko livre des planches tout en rondeur, très agréables à l’oeil, agrémentées par la belle mise en couleur de Maëla Cosson.

 

  • Le jour où elle a pris son envol
  • Scénaristes : Beka
  • Dessinateur : Marko
  • Coloriste : Maëla Cosson
  • Editeur : Bamboo
  • Prix : 15.90€
  • Parution : 23 août 2017
  • IBAN : 9782818941638

Résumé de l’éditeur :  Depuis sa rencontre avec Antoine, le sage-épicier, Clémentine a changé pas mal de choses dans sa vie. Mais elle n’a toujours pas trouvé ce qu’elle cherchait : le bonheur et l’apaisement. Quand elle retourne à l’épicerie, Antoine n’est plus là. Simon, un physicien apiculteur a pris sa place. Grâce à lui, Clémentine va entrevoir tous les chemins de vie possibles qui s’offrent à elle. Mais comment faire pour trouver le bon ? Pour le savoir une seule solution… Essayer !

Paroles d’honneur

L’autrice Leïla Slimani rencontre Nour au Maroc. La jeune femme lui raconte sa vie de célibataire dans une société encore très patriarcale et qui se ferme de plus en plus aux libertés individuelles. Adaptée de Sexe et mensonge, Paroles d’honneur est mis en image par Laetitia Coryn.

Au printemps 2015, Leïla Slimani se rend au Maroc, son pays natal, pour un cycle de conférences autour de son best seller Dans le jardin de l’ogre, un roman cru qui abordait la thématique de l’addiction sexuelle. Entre enthousiasme et rejet, l’autrice ne baisse pourtant pas les bras et continue son combat incessant pour la reconnaissance des droits des femmes au royaume chérifien.

Alors qu’elle attend sa prochaine rencontre avec le public, Leïla Slimani se prélasse dans le hall de l’hôtel où se tient les conférences. Elle est abordée par Nour, une marocaine célibataire et très libre. Une conversation s’engage entre les deux femmes sur les conditions de vie des habitantes du pays à travers l’histoire de Nour…

Multi-récompensé, Dans le jardin de l’ogre permit au grand public de faire connaître Leïla Slimani, une très grande autrice franco-marocaine. Elle poursuit sa carrière par la publication de Sexe et mensonges puis Chanson douce (Prix Goncourt en 2016), ce qui lui vaut la reconnaissance des lecteurs mais aussi de la critique tant ses romans sont d’une excellente qualité narrative.

Avec Sexe et mensonges, son nouveau récit, elle a décidé de franchir le pas de la bande dessinée. Pour construire son projet Paroles d’honneur, elle a fait appel à Leatitia Coryn, autrice de Sex Story (avec Philippe Brenot). Pour cela, elle décide de raconter sa rencontre avec Nour, jeune marocaine qui tente de s’extraire des diktats de la morale de son pays, de celui de son père et parfois de sa famille. Encore célibataire à son âge – cela est mal vu au Maroc – elle a du mal avec la notion de mariage et plus particulièrement de «vierge avant le mariage». En effet, les hommes font l’amour avec des femmes, préfèrent encore ne pas se marier avec elle mais plutôt avec une jeune fille vierge. Paradoxal !

Si les thématiques sont très actuelles, très fortes – un vrai combat de toutes les femmes du monde pour plus de libertés – le récit repose sur des ressorts très classiques (aller-retour entre le dialogue et le passé de Nour). Dommage, on aurait aimé un peu d’originalité. Il faut souligner que c’est la première incursion de Leïla Slimani dans le monde du 9e art et qu’elle n’en possède pas encore tous les codes. Cela reste néanmoins un bel album qui permet de passer un moment de lecture agréable qui permet de l’empathie et du soutien pour ces femmes. Leatitia Coryn livre de belles planches, sobres et équilibrées ; là encore sans grande révolution graphique.

  • Paroles d’honneur
  • Scénariste : Leïla Slimani
  • Dessinatrice : Laetitia Coryn
  • Editeur : Les Arènes
  • Prix : 20€
  • Parution : 06 septembre 2017
  • IBAN : 9782352046547

Résumé de l’éditeur : Suite à la parution de son livre Dans le jardin de l’ogre, un roman cru et audacieux qui aborde la thématique de l’addiction sexuelle, Leila Slimani part à la rencontre de ses lectrices marocaines. Face à cette écrivaine franco maghrébine décomplexée qui aborde la sexualité sans tabou, la parole se libère. À travers cette BD, il s’agit de faire entendre la réalité complexe d’un pays où l’islam est religion d’État. Et où le droit des femmes passera, avant tout, par la défense de leurs droits sexuels.

 

J’veux pas vieillir

Après Je veux le prince charmant et Je veux encore le prince charmant, Hélène Bruller est de retour avec J’veux pas vieillir, un bel album humoristique aux éditions Hugo Desinge.

Proche de la cinquantaine, Hélène ouvre enfin les yeux : sa jeunesse est derrière elle. Tout la renvoie à cet état de fait : ses enfants, ses amis, ses parents et même sa mémoire. Finis les rencards et les sorties tardives, la célibataire ne tient plus le choc. Même son corps la trahit, le haut comme le bas. Se sentir vieillir ne fait jamais plaisir mais c’est le lot de tous les humains. Cela est encore plus prégnant pour une femme. Notre société contemporaine la renvoie toujours à cela (produits cosmétiques, véhicules, produits alimentaires, coachs sportifs…). L’on accepte plus facilement la calvitie, le ventre ou les cheveux blancs d’une homme que le physique vieillissant d’une femme (comme le démontre le livre de Sophie Fontanel, Une apparition) ; à tord !

Diplômée des Arts Déco à Paris, Hélène Bruller (Le guide du zizi sexuel avec Zep) fait rire par ses gags sur quelques planches et non pas uniquement les lecteurs qui seraient dans sa tranche d’âge. Dans les pas de Claire Bretécher, elle livre des petites séquences (qui lui sont arrivées ou non) avec beaucoup d’humour et une dose d’auto-dérision – et il faut en avoir énormément pour livrer un tel album – et c’est ce qui plait.

  • J’veux pas vieillir
  • Autrice : Hélène Bruller
  • Editeur : Hugo Desinge
  • Prix : 15€
  • Parution : 07 septembre 2017
  • IBAN : 9782755633788

Résumé de l’éditeur : Hélène Bruller parle avec grand talent du monde dans lequel elle vit, comme l’avait fait avant elle Claire Brétécher. Avec Je veux le Prince Charmant, Hélène cherchait l’homme parfait, évidemment introuvable. Avec Hélène Bruller est une vraie salope, elle se posait de sérieuse questions sur la sexualité et la fidélité des filles. Et avec Larguées, elle ricanait avec deux autres copines des affres de la séparation, du divorce et de la lâcheté des mecs. Aujourd’hui, c’est J’veux pas vieillir. Hélène a 47 ans, c’est la fin des illusions, de la jeunesse qu’on croit éternelle, le début d’un autre monde qu’on soupçonne terrible à vivre. Comment vivre ce passage vers l’inconnu, l’âge mur ? En petites séquences de 1 à 4 pages, Hélène nous donne le meilleur de son humour et nous fait rire des petits et des gros tracas du quotidien quand on sent le poids du temps nous grignoter inéluctablement…

Emilie voit quelqu’un, tome 2

Après un premier volume qui nous avait beaucoup plu, Théa Rojzman et Anne Rouquette dévoilent Psy à psy l’oiseau fait son nid, le tome 2 de Emilie voit quelqu’un.

Dans le précédent volume, la vie d’Emilie n’était pas simple : jeune femme proche de la trentaine, professeur des écoles et au look étrange de Mary Poppins (son surnom qu’elle déteste). Son travail lui pèse et ses élèves, elle les supporte de moins en moins. A la maison, ce n’est pas mieux, Romain, son ami, est un éternel adolescent, qui passe son temps devant la télé ou les jeux vidéos. Leur couple bat de l’aile car ils n’arrivent plus à communiquer. Ajouter à cela, Thérèse, sa grande sœur, pharmacien et à qui tout réussi ; des parents qui lui en font la remarque tout le temps. C’est l’escalade vers la grosse déprime. Son collègue, accro aux nouvelles technologies et aux applications médicales lui suggère de se faire suivre par un psy. Il en connaît une : Madame Soulac, une psychanalyste de 80 ans aux méthodes singulières.

Dans le tome 2, le lecteur retrouve Emilie. Finie la tenue de Mary Poppins, elle semblerait aller mieux. Toujours en analyse psychologique chez Madame Soulac, elle a décidé de sourire à la vie. L’heure de la rentrée a sonné, elle est plus zen, plus ouverte avec ses élèves. Elle prône plus de liberté dans sa classe, plus de dialogue.

Chez elle aussi, il y a du changement : nouvelle déco et plus de folie avec ses deux amies. Elle s’inscrit même sur un site de rencontre…

Et si la thérapie sur Emilie fonctionnait ? C’est le cœur de ce nouvel opus de Emilie voit quelqu’un, un album rafraichissant et drôle. Cette belle suite signée Théa Rojzman est toujours aussi sympathique, accrocheuse et attendrissante. Le lecteur s’identifie facilement à la jeune héroïne (femme ou non) tant les questions, les doutes et les névroses peuvent ressembler à celles que nous pouvons avoir. Formée à la thérapie sociale, la scénariste sait de quoi elle parle. Comme pour le premier volume, elle met en scène la vie d’Emilie, véritable tourbillon d’énergie. Pour accompagner son histoire, elle fait des focus sur les grands concepts psychanalytiques à travers le personnage de Mickaël, le collègue hyper connecté de la jeune femme (sur des doubles pages).

Le trait d’Anne Rouquette est très coloré, d’une belle lisibilité, qui apporte lui aussi sont lot d’humour. Un petit album frais et rigolo pour déconstruire les mythes de la psychanalyse et la dédramatiser. Une belle réussite !

  • Emilie voit quelqu’un, volume 2 : Psy à psy, l’oiseau fait son nid
  • Scénariste : Théa Rojzman
  • Dessinatrice : Anne Rouquette
  • Editeur : Fluide Glacial
  • Prix : 16€
  • Parution : 23 août 2017
  • IBAN : 9782352077794

Résumé de l’éditeur : Après un tome 1 plébiscité par la presse, Émilie s’est reprise en main ! Elle est enfin prête à aller de l’avant et décide de mettre un terme à sa thérapie. Pourquoi en aurait-elle encore besoin, vu que tout va si bien ? Enfin, c’est ce qu’elle croit ! Elle apprendra dans ce second volet, grâce à la thérapie, à se poser les bonnes questions et peut-être trouver ce bonheur qu’elle désire tant !

Primo Levi

Auteur du bouleversant Si c’était un homme décrivant avec minutie le système concentrationnaire pendant la Seconde Guerre Mondiale, Primo Levi fait l’objet d’une biographie dessinée de Matteo Mastragostino et Alessandro Ranghisci.

Dans une école de sa ville natale, Primo Levi intervient pour parler aux jeunes élèves de sa vie, de son internement dans un camp de concentration et de son combat pour la paix. Un sept quatre cinq un sept (174 517) voilà la première chose qu’il écrit au tableau à la craie. Ce nombre c’est celui que les officiers nazis lui ont tatoué sur l’avant bras, une marque indélébile, à vie, qui lorsqu’il la regarde le renvoie automatiquement à son passé.

Son passé, il a décidé de venir le partager à ses enfants : la guerre en Italie, sa judéité, Vanda sa femme et sa rafle en août 1943. L’entassement dans un train à bestiaux en direction de Auschwitz (la chaleur, les morts, les odeurs pendant des jours), l’arrivée sur le quai de la gare et la séparation femmes/ hommes/ enfants, la douleur, les cris, le travail harassant et les petites riens qui font les grandes victoires : ses amis rencontrés dans cet enfer, les quelques vivres glanées çà et là, son travail dans l’unité de chimie… la délivrance et le retour chez lui.

Comme le racontait Une étoile tranquille de Pietro Scarnera (Rackham), Primo Levi est un survivant qui a décidé de témoigner la vérité au monde entier. Malgré les difficultés de publier ses livres, la réticences de certains qui préféraient oublier ou l’horreur tellement indicible que certains n’y croyaient pas (les révisionnistes), il écrira beaucoup d’ouvrages sur ces moments douloureux. Moins sentimentale, la biographie de Matteo Mastragostino et Alessandro Ranghisci est simple, prenante et d’une belle lisibilité ; elle pourra convenir aisément à des lycéens.

Pour raconter la vie de ce grand homme, ils ont choisi de le mettre en scène face à de jeunes élèves de primaire. Ainsi, ses mots simples permettent une belle compréhension. Le trait en noir et blanc agrémenté de gris apporte de la sobriété au récit déjà fort de Primo Levi.

Pour prolonger cette thématique, vous pouvez relire nos chroniques :

  • Primo Levi
  • Scénariste : Matteo Mastragostino
  • Dessinateur : Alessandro Ranghiasci
  • Editeur : Steinkis
  • Prix : 16€
  • Parution : 06 septembre 2017
  • IBAN : 9782368461457

Résumé de l’éditeur : « Vous savez, les enfants, quand j’avais votre âge, j’aimais beaucoup les chiffres… Mais je ne pouvais pas imaginer que j’allais en porter six sur le bras pendant toute ma vie. » Quelques mois avant sa mort, Primo Levi rencontre les élèves d’une école primaire de Turin, celle-là même qu’il a fréquentée enfant. Comme il l’a fait sa vie durant, il témoigne auprès d’eux de ce qu’il a vécu. Avec une douce fermeté, il leur parle de l’Holocauste, leur raconte comment il a réussi à survivre à l’enfer d’Auschwitz. Question après question, les élèves ouvrent les yeux sur cette terrible page de l’histoire du XXe siècle.

Re: Zero Deuxième arc: Une semaine au manoir

Notre avis : La suite de la saga Re:Zero reste sur sa pente fantastique tout en alliant un côté thriller-enquête déconcertant mais passionnant.

Nous retrouvons notre héros Subaru dans ce nouvel arc de Re:Zero dont on vous a présenté la saga précédemment. Subaru se réveille, après avoir réussi sa mission auprès de la belle Emilia, dans une chambre somptueuse d’un manoir prestigieux. A son chevet, deux jolies servantes sont là pour l’accueillir, même si l’accueil n’est pas vraiment à la hauteur de ses espérances.

Subaru rencontre ensuite le maître des lieux, un être des plus énigmatiques et extravagants, et apprend enfin qu’Emilia, la jeune demi-elfe qu’il a aidé, est en fait l’héritière du trône du royaume où ils sont actuellement. Pour toute récompense d’avoir sauver la future Reine, Subaru demande…à être embauché comme domestique dans le manoir. Tout cela pour être encore plus proche d’Emilia. Mais seulement, à la fin de cette semaine des plus enrichissantes, il va être assassiné, et va devoir découvrir l’identité de son ravisseur, après avoir effectué le fameux retour en arrière grâce à son pouvoir, la mort réversible.

Découvrez ces personnages tous aussi étranges que mystérieux qui vivent dans ce manoir, et vivez l’enquête de Subaru, qui joue avec sa propre vie. Ototo nous gâte encore avec l’histoire tiré du roman de Tappei Nagatsuki et réalisé par Makoto Fugetsu.

  • Re:Zero deuxième arc: une semaine au manoir
  • Auteurs : Tappei Nagatsuki et Makoto Fugetsu
  • Éditeur : Ototo
  • Prix : 6,99€
  • Parution : 7 juillet 2017
  • ISBN : 9782377170357

Résumé de l’éditeur :
Invoqué dans un autre monde, Subaru a à peine le temps de s’y habituer qu’il tombe nez à nez avec des bandits qui lui donnent du fil à retordre. Heureusement, une mystérieuse jeune fille s’interpose et les met en déroute. Soulagé, Subaru se promet d’aider sa sauveuse à retrouver un objet qu’on lui a dérobé. Malheureusement, cette résolution lui fait vivre une aventure bien plus périlleuse que prévu. Ces péripéties lui révèlent alors un pouvoir inattendu : sa mort enclenche un retour dans le temps lui permettant ainsi de changer la situation à son avantage. Seulement, au fur et à mesure des boucles, il va se rendre compte que ce pouvoir est en réalité bien plus contraignant que ce qu’il pensait…

Outcast #4

Notre avis : Le dernier épisode d’Outcast avait laissé le héros principal, Kyle, dans une une bien mauvaise posture. Détenu par celui qu’il considère comme le Diable incarné, le premier chapitre de ce nouvel opus va être l’occasion de savourer un échange d’une grande tension entre le « banni » et son geôlier. Ce qui permettra d’en savoir sur ce qui habite Sidney. Lui qui assure ne pas être le gardien de l’Enfer, se veut plutôt être un allié pour Kyle. Le kidnappeur et ses acolytes ont besoin de lui et de sa faculté à attirer toute cette communauté qui possède ce « compagnon » en elle. En voulant rallier Kyle à sa cause, Sidney dévoile un peu plus ses intentions et apporte quelques éléments qui, à défaut d’être rationnels, justifient son attitude démoniaque.

Même si la vie de Kyle n’a pas l’air directement menacée par Sidney, il n’en reste pas moins prisonnier et inévitablement en grand danger. Son seul espoir est que son ami, le Révérend Anderson, le retrouve. Lequel s’est ressaisi depuis les précédentes aventures. Il aura d’ailleurs lui aussi droit à une ultime confrontation face à Sidney. La première avait nettement tourné en la faveur de l’homme possédé. Celle-ci aura le mérite d’être plus équilibrée.

Ces deux affrontement presque simultanés entre nos deux héros et Sidney témoignent de l’ambiance anxiogène qui règne sur cette série. Sans oublier l’évolution des personnages tels qu’ Allison et sa fille Amber qui, pour la première, cautionne de plus en plus ce que Kyle tentait de lui faire comprendre. Une aubaine pour qu’elle soit réactive face à des intentions pernicieuses envers la petite fille.

Ce quatrième épisode d’Outcast garde un rythme effréné. De cette solidarité intouchable entre le Révérend et Kyle, découle de véritables combats contre cette puissance néfaste. Au début de ce récit, on aurait presque la sensation que l’auteur, Robert Kirkman, lève le pied sur le contenu de l’histoire. Mais c’est sans compter sur sa force narrative. Car la fin de Sous l’aile du Diable apporte son lot de nouvelles interrogations alors que d’autres on trouvé leurs réponses.

Difficile d’oublier le talentueux Paul Azaceta qui ne cesse d’illustrer de superbes cases au fil des chapitres. Les conditions climatiques étant particulièrement rugueuses dans ce quatrième opus, Azaceta en profite  pour montrer son aisance à sortir des caves, sous-sols ou autres endroits ténébreux qui sont légion pour ce genre de comics. La neige et le feu sont ainsi de nouveaux éléments de décor qu’il intègre idéalement dans la noirceur de l’intrigue. À la couleur, Elizabeth Breitweiser, habille les planches de façon toujours aussi harmonieuse.

Voilà ce qu’on attend d’une série. Qu’elle s’installe, tome après tome, sans que l’on ressente le moindre essoufflement. L’étau se resserre pour les protagonistes. Peut-on en déduire une fin imminente d’Outcast ? Nul doute que le scénariste nous réserve encore quelques surprises. La seule certitude étant qu’il a déjà la fin en tête contrairement à son autre création, Walking Dead.

En attendant, ne boudons pas le plaisir de ces quatre premiers tomes. Et vivement le prochain !

  • Outcast 4 : Sous l’aile du diable
  • Auteur : Robert Kirkman
  • Dessinateur : Paul Azaceta
  • Couleur : Elizabeth Breitweiser
  • Editeur : Delcourt
  • Prix : 16,50 €
  • Parution : juin 2017

Résumé de l’éditeur : Kyle Barnes subit les contrecoups des secrets le concernant lui, ses proches, et son passé… En revanche, Kyle et Sydney ont une conversation décisive où des réponses sont apportées… Une conversation qui va TOUT changer. Et en réalité, Kyle n’a jamais été autant en danger que maintenant… Parviendra t- il à échapper à ce qu’il vit comme une malédiction depuis des années ?

Hanada le garnement, volume 1

Série en 5 tomes, Hanada le garnement est une histoire drôle, décalée et politiquement incorrecte. Les éditions Ki oon ont donc eu la très bonne idée de la publier. Premier volume prometteur d’un sacré sacripant !

Véritable terreur en culotte courte, Ichirô commet les pires bêtises dans son village. Tout y passe : ses voisins, les animaux ou ses camarades de classe jusqu’à sa mère qui traite de tous les noms et qu’il fait tourner en bourrique. Tout est bon pour rigoler !

Un jour, il est renversé par une moto à trois roues. Il s’en tire sans trop de dégâts, restant quelques jours à l’hôpital. Mais rapidement, il se rend compte qu’il peut voir des fantômes et parler avec eux. Le premier est une femme qui lui demande de l’aide. Il refuse et n’en fait qu’à sa tête. c’était sans compter sur la revenante qui va hanter ses jours et ses nuits…

Drôle et subversif, Hanada le garnement ravira les amateurs de manga un peu border-line. Tout au long de l’album, la bonne humeur, la folie et les bêtises de Ichirô feront fondre le lecteur. Prépublié dans Mister Magazine des éditions Kodansha au Japon depuis 2015, ce titre de la nouvelle collection kizuna (grand public) plaît d’entrée par la très forte personnalité du héros. Sans gêne, sans scrupules et prêt à tout pour rire, il va est destabilisé par les spectres venus d’outre-tombe.

Adaptées en série d’animation et en film, les péripéties de Ichirô rendent heureuses ! Déjà que ses énormes bêtises font rire, ses relations avec les fantômes le font changer, le font basculer dans plus de maturité.

L’ambiance rétro de Hanada apporte un peu de nostalgie (l’histoire semblerait dater des années 70/80) qui convient parfaitement au récit. Le trait de Makoto Isshiki participe aussi à l’humour de l’histoire. Les trognes et leurs expressions sont idéalement restituées.

  • Hanada le garnement, volume 1/5
  • Autrice : Makoto Isshiki
  • Editeur : Ki oon, collection Kizuna
  • Prix : 7.90€
  • Parution : 24 août 2017
  • IBAN : 9782369742197

Résumé de l’éditeur : Ichiro est le pire garnement du village. Turbulent mais pas méchant, il fait tourner en bourrique ses parents, sa sœur, son grand-père et tous ses voisins ! Qu’on découvre un chien couvert de graffiti ou une grenouille morte coincée dans la machine à repasser le linge, on peut être sûr qu’Ichiro n’est pas loin… Il ne craint rien ni personne, sauf une chose : les fantômes, dont il a peur au point de ne pas oser aller aux toilettes au fond du jardin la nuit ! Le jeune garçon vit dans l’insouciance la plus totale, jusqu’au jour où, poursuivi par sa mère en furie, il est renversé par un camion ! Par miracle, il s’en sort… mais avec un pouvoir dont il se serait bien passé : en revenant d’entre les morts, il est devenu capable de voir les esprits ! Et ils sont bien contents de pouvoir enfin demander de l’aide à un vivant pour accomplir leurs dernières volontés avant de rejoindre définitivement l’autre monde. Bien malgré lui, Ichiro devient le messager de ces âmes errantes : de gaffes en bêtises, saura-t-il remplir sa nouvelle mission ?! Faites le plein d’énergie avec ce manga rempli de bonne humeur ! Hanada le garnement nous plonge dans l’ambiance nostalgique et chaleureuse de la campagne japonaise. Adaptées en série animée, puis en film, les péripéties d’Ichiro n’ont pas fini de séduire les lecteurs de toutes les générations !

Jumping, volume 1

Alors qu’en France, il existe un nombre important de bandes dessinées sur le cheval il n’y avait jusque là aucun manga sur l’équitation. C’est chose faite avec Jumping, une série de Asahi Tsutsui.

Jeune adolescente, Ran a de nouveau raté son examen d’entrée à l’université à cause surtout de son écriture. Déprimée, elle est secouée par son amie Sayuri qui l’emmène dans un centre équestre de la région reculée de Aomori. Là, c’est le coup de foudre, elle va se prendre de passions pour les chevaux. La relation qu’elle aura avec Tsugaru – le cheval revêche – va même attiser des jalousies chez les cavaliers.

Prépublié au Japon depuis 2015 dans la revue Cocohana des éditions Shueisha, Jumping est un petit shôjo plus intelligent qu’il n’y paraît. Comme à son habitude, Akata édite des histoires moins légères que ne laisseraient paraître le résumé de l’histoire. Parce que oui : une adolescente et les chevaux cela aurait pu être mièvre mais pas Jumping !

Asahi Tsutsui apporte un grand soin à la psychologie de ses personnages, plus complexes et plus torturés qu’un simple shôjo. Cette belle romance – car oui, les filles se rapprochent des garçons, les aiment en secret – est portée par des personnalités fortes. Déboussolée, Ran reprend goût à la vie par une réinsertion auprès des chevaux. Les difficultés scolaires sont effacées par le contact des animaux. Ce premier volume est donc sympathique, plein de vie, de fraîcheur et donne le sourire. Un bon point !

  • Jumping, volume 1
  • Auteur : Asahi Tsutsui
  • Editeur : Akata, collection M
  • Prix : 6.95€
  • Parution : 08 juin 2017
  • IBAN : 9782369742197

Résumé de l’éditeur : Depuis qu’elle a raté ses examens d’entrée à l’université, Ran vit enfermée chez elle, ne sachant plus quoi faire de sa vie. Heureusement, Sayuri, sa seule véritable amie, décide de l’embarquer de force à Aomori, région plus reculée du Japon, où elle fait ses études. Elle y fréquente notamment le club équestre, en parallèle de ses études. Au contact des membres du club d’équitation, mais aussi des chevaux, Ran va, malgré son manque d’assurance, retrouver goût à la vie !

Euterpe, tome 1

Tout juste décédé, le Maestro a légué sa belle maison à Jon son petit-fils. Art-of-K dévoile le premier volume de Euterpe, un manga sur la filiation et la musique aux éditions H2T.

Le Maestro était connu de tous, virtuose du piano, il passait sa vie à composer et donner de grands récitals. Agé, il est décédé il y a peu, laissant à Jon son petit-fils, son œuvre mais aussi sa superbe villa située sur une île isolée.

A peine arrivé, le jeune homme doit se faire à l’idée qu’il n’entendra plus les douces mélodies de son grand-père. Lui même grand pianiste, il a hérité du don du Maestro. Jon retrouve avec grand plaisir Nenna qui l’éleva à la mort de sa mère, véritable âme du lieu…

Euterpe est un très bon global manga de Art-of-K. Le lecteur prend du plaisir à suivre les tourments de Jon, un très jeune majeur qui ne sait plus trop où il en est et qui doute de ses propres capacités de pianiste. Car oui, ce premier volume (sur 2) fait la part belle à la personnalité de cet héritier, sublimé par d’autres personnages secondaires comme Nenna mais aussi le fantôme de son grand-père.

La mangaka française met aussi l’accent sur l’art et plus particulièrement sur la musique comme le suggère le nom de la série (Euterpe, muse qui présidait la musique) ainsi que le partage, la transmission et la virtuosité. Ce manga que l’on pourrait rapprocher par certains aspects de Your lie in April (de Naoshi Arakawa chez Ki oon) plaira d’emblée aux amateurs de musique.

  • Euterpe, volume 1/2
  • Autrice : Art of K
  • Editeur : Hydre à deux têtes
  • Prix : 7.95€
  • Parution : 2 juillet 2017
  • IBAN : 9782377770007

Résumé de l’éditeur :  A la mort de son grand-père, Jon, jeune pianiste de génie en pleine dépression retourne dans la maison de son enfance pour se reposer et s’éloigner du monde du spectacle. A peine est-il arrivé qu’une série d’étranges événements vient troubler le calme de la vieille maison: le soir il entend quelqu’un jouer du piano mais ne voit personne. Croyant reconnaître la manière de jouer de son grand-père décédé, Jon se lance à la poursuite de ce fantôme qui ne cesse de le hanter. Il tombe alors nez à nez avec Kal, une adolescente se proclamant la dernière élève de son grand-père disparu, et qui ne supportera pas la présence du jeune prodige.

Appartement 44, intégrale

Quatre jeunes adultes emménagent dans l’Appartement 44 à Paris sans se connaître. A peine arrivés, des phénomènes paranormaux se déclenchent. Parmi eux qui en est à leur origine ? Ankama réédite en intégrale Appartement 44, la série signée Dara.

Gigi, 20 ans et étudiante aux Beaux-Arts, Mick grand séducteur de 20 ans et employé chez Copytou, Jon 21 ans étudiant étranger en lettres et Coco dingue de fringues de 22 ans, emménagent ensemble dans le même appartement parisien. Le grand blond possède Lulu, petite chatte toute mignonne tandis que Jon possède Zozo, une chatte très hargneuse.

L’installation se fait sans heurts malgré des personnalités si différentes, parfois fortes et les quatre commencent même à devenir amis.

Quelques jours plus tard, en pleine nuit, Coco surprend Mick l’aspirateur en main et le regard vide. C’est le début de phénomènes étranges et inexpliqués dans l’appartement. Madame Popault, la voisine du dessous, en est certaine : c’est l’un d’entre eux qui commet cela ; un alien venu d’ailleurs. Mais qui ?

Après quatre volumes édités entre 2010 et 2013 les éditions Ankama proposent de nouveau Appartement 44 mais cette fois-ci en intégrale : bonne idée ! 608 pages de bonheur ! En effet, alors que la thématique de colocataires aurait pu tourner court, Dara l’épaissit avec du mystère – léger et gentil, sans artifice – et un peu de tensions entre les protagonistes. Au fil des saisons, Mick, Jon, Coco et Gigi se rapprochent ou s’éloignent au fur et à mesure de leurs investigations.

Plutôt enlevé et charmant, ce manga, très classique dans sa narration, accroche néanmoins le lecteur par les relations entre les jeunes majeurs, leurs déboires, les quiproquos et leurs maladresses qui apportent de l’humour au récit.

Le trait est léger et très lisible. Français, le dessinateur de Angélique (avec Olivier Milhaud et Anne Golon, Casterman) réalise des planches d’une belle tenue, équilibrée et aux influences d’animés japonais.

  • Appartement 44, intégrale
  • Auteur : Dara
  • Editeur : Ankama
  • Prix : 14.90€
  • Parution : 30 juin 2017
  • IBAN : 9791033504528

Résumé de l’éditeur : Quatre jeunes d’horizons différents emménagent en colocation à Paris. Coco, parfaite serial shoppeuse, Gigi, la rebelle, Mick, le bon pote playboy et Jon, l’intello du groupe. Comme si ça ne suffisait pas, Jon et Mick ont chacun leur chat : Lulu, la mignonne, et Zozo, la hargneuse. Le moral est au beau fixe mais il se passe des choses étranges… Chats marchant au plafond, somnambulisme ou autres apparitions de gâteaux. Mais qui est l’intrus venu semer le trouble dans la colocation ?