Mon coeur pédale

Après L’oiseau de Colette, les éditions La Pastèque publient un nouvel album merveilleux, Mon coeur pédale de Simon Boulerice et Emilie Leduc.

Québec, 1988. Simon, 11 ans, est le fils unique d’un couple aimant. La vie est paisible dans leur foyer. Sa mère travaille chez un concessionnaire voitures tandis que son père est ouvrier dans une usine de plastique. Depuis quelques temps, Chantal la sœur de sa mère et elle ne s’entendent plus. Pourtant « matante Chantal » comme il l’appelle, il l’adore, elle est jeune et fun. Il faut dire qu’elle a acheté une voiture d’une autre marque que celle où travaille sa mère, voilà pour l’affront.

Le couple décide de partir en voyage à Paris et Simon ne peut pas rester seul pendant un mois. Il est décidé que matante Chantal viendra le garder à la maison. Le petit garçon est en joie… Ils vont se confier, regarder des films et chanter Touch me de Samantha Fox à tue-tête.

Matante Chantal
Ma beauté fatale
Quand je te vois
Mon cœur pédale

Le récit tout en délicatesse de Simon Boulecrice est savoureux, tout en douceur. Il sublime les années 80, mais aussi les relations enfants-adultes. Il faut dire que Simon est fils unique, très protégé et sensible. Le lecteur découvre ainsi le passage dans l’adolescence. Avec Mon coeur pédale, le scénariste parle des premiers émois amoureux. Grâce à Matante Chantal, le petit garçon s’affirme et gagne en confiance.

Pourtant cette attirance – qui n’est pas nommée – sera rompue par l’arrivée d’un grand gaillard, ressemblant comme deux gouttes d’eau au personnage de David Hasseloff dans Alerte à Malibu.

Malgré les tournures de phrases très québécoises, le lecteur français n’est pas perdu dans les dialogues; mieux il est attiré par cette langue si imagée.

L’album très positif malgré des thématiques plutôt lourdes (la recherche de son identité) est mis en image par Emilie Leduc d’une fort belle manière. Son dessin est aérien presque évanescent par un trait frotté et des couleurs pastel bien senties.

Mon coeur pédale : une petite pépite comme on aimerait en lire plus sur l’enfance et l’adolescence !

  • Mon coeur pédale
  • Scénariste : Simon Boulerice
  • Dessinatrice : Emilie Leduc
  • Editeur : La Pastèque
  • Parution : 27 avril 2017
  • Prix : 21€
  • ISBN : 978-2897770136

Résumé de l’éditeur : Aujourd’hui, je capote. C’est la première fois que la voiture sport turquoise de matante Chantal vient effleurer l’asphalte de ma cour. Matante sort de son char mode dans son aura flamboyante de peroxyde et de spray-net. Elle fait claquer la porte avec un fracas de star et vient sonner à notre porte avec son Cutex pastel…

Mazzeru

Jules Stromboni dévoile Mazzeru, une superbe histoire d’amour au dessin magnifique, éditée par Casterman !

Corse, au début du 20e siècle. Césario est un jeune garçon qui vit dans la ferme familiale. Sa vie est rythmée par la garde de son troupeau de moutons dans les hauts pâturages corses. Son père est très dur avec lui, le corrigeant fortement s’il commet des fautes, tandis que sa mère – femme au foyer – est aimante.

Lorsque les fromages fabriqués par sa mère sont prêts, il descend au village avec son âne pour les vendre. En revenant du marché, il observe – tapi dans l’ombre – Chilina, une superbe adolescente dont il tombe éperdument amoureux au premier regard…

Entre réalité et songes, entre vie à la ferme et fantastique, Mazzeru hypnotise le lecteur par une partie graphique de haut vol ! Jules Stromboni réalise des planches en noir et blanc (parfois agrémentées de couleurs dans les rêves de Césario) d’une immense force graphique. Comme montré dans la vidéo France Inter ci-contre, il gratte le papier avec un clou, éponge l’encre et l’estompe ensuite : un sublime effet pour un rendu magnifique ! Cela permet au jeune dessinateur de pouvoir jouer avec les ombres et les lumières, ainsi qu’avec la matière.

En Corse, le Mazzeru est un don divin très apprécié. Il permet à son possédant de rêver aux personnes de son entourage qui vont mourir. Césario le possède et plonge ainsi dans les affres de la mort, ce qui le bouleverse au plus haut point.

Jules Stromboni dévoile un récit aux accents fantastiques mais avant tout une sublime romance entre deux adolescents qui se transformera en drame au fil des pages. Pour frapper encore plus son lectorat, il imagine une légende à l’ancienne (dans les pas des romans de Jean Giono) avec très peu de textes, laissant la part belle aux images. Il construit les chapitres de Mazzeru toujours de la même manière : une ouverture sur une plante corse, puis le récit et une fin avec un rêve de Césario.

Mazzeru : un récit âpre entre l’amour et la mort, la force et la faiblesse, la rudesse de la Corse et la beauté de ses paysages. Une bande dessinée majuscule !

  • Mazzeru
  • Auteur : Jules Stromboni
  • Editeur : Casterman
  • Parution : 29 mars 2017
  • Prix : 29€
  • ISBN : 9782203084414

Résumé de l’éditeur : En Corse, on nomme MAZZERU l’homme ou la femme qui part chasser dans son sommeil, l’arme à la main. De ses songes, il rapporte une prédiction. Dans la gueule de la bête q’uil a tuée ou blessée, la mazzera ou le mazzeru reconnaît une personne de son entourage qui subira le même sort dans l’année. Victimes de leur don, les mazzeri annoncent malgré eux un événement funeste contre lequel il est déconseillé d’agir…

Opération Copperhead

Les deux grands acteurs britanniques David Niven et Peter Ustinov se sont retrouvés au cœur d’un étonnant projet : un film de propagande lors de la Seconde Guerre Mondiale. Jean Harambat raconte leurs souvenirs de tournage dans Opération Copperhead, un album où tout n’est pas entièrement vrai, mais tout n’est pas entièrement faux. Réjouissant !

1977, Le Caire, sur le tournage du film Mort sur le Nil, adaptation du roman d’Agatha Christie. David Niven et Peter Ustinov se retrouvent pour quelques scènes en commun. Entre les prises, ils se souviennent d’un étonnant projet : Copperhead, un long métrage de propagande commandé par le gouvernement de Churchill. Sous le patronage du Chef de la désinformation, en 1943 à Londres, ils débutent leurs répétitions. Un scénario du jeune Ustinov et le personnage principal Niven. Reste à trouver un sosie de Montgomery, général des forces alliés. En effet, en choisissant ce haut militaire cela donne plus de poids à leur film. Or il ne peut se rendre disponible pour cela – on le comprend ! – il lui faut donc une doublure. Ce sera Clifton James, un obscur acteur…

Après le sublime Ulysse les chants du retour, Jean Harambat est de retour avec Opération Copperhead et le lecteur sent qu’il s’est beaucoup amusé avec cet album. Folie douce, situations cocasses et loufoques, on ne sait pas vraiment démêler le vrai du faux. En jouant avec les autobiographies de David Niven (Décrocher la lune), de Peter Ustinov (Cher moi) et de Clifton James (I was Monty’s double) – l’on retrouve leurs textes parsemés çà et là dans le récit – l’auteur met en scène un récit réjouissant. Le duo Niven/Ustinov fonctionne à merveille, tel Blake & Mortimer (très so british), la loufoquerie en plus (un peu dans les pas de Philip et Francis de Veys et Barral). De plus, les scènes avec James – cornaqué pour ressembler à Monty – sont aussi très drôles.

Cette petite histoire qui raconte la grande Histoire plaît de suite par les personnages décalés, parfois naïfs, parfois maladroits mais très attachants. Le lecteur croise aussi Churchill et ses phrases de génie ou le vrai Montgomery. L’ambiance pesante de la période (Londres est bombardée) semble pourtant douce dans l’album par un humour joyeux. La guerre est donc présente mais aussi l’industrie du cinéma qui se range du côté des gouvernants (cf Leni Riefensthal en Allemagne, Donald aux USA) prêt à tout pour aider à l’effort de guerre par une propagande grossière. En effet, il fallait détourner le regards des Nazis vers l’Afrique du Nord alors que le Débarquement en Normandie allait se dérouler (faire croire que Montgomery y était encore).

Jean Harambat fascine aussi son lectorat par une partie graphique d’une redoutable efficacité. L’auteur de Les invisibles (Futuropolis) réalise de très belles planches grâce à un dessin d’un simple trait à la plume ligne-claire, dans la lignée de Ronald Searle qu’il apprécie.

Opération Copperhead : Une belle histoire de cinéma, de théâtre et d’espionnage. Intelligent, drôle et réjouissant !

  • Opération Copperhead
  • Auteur : Jean Harambat
  • Editeur : Dargaud
  • Parution : 29 septembre 2017
  • Prix : 19.99€
  • ISBN : 9782205074840

Résumé de l’éditeur : Londres, fin 1943. Les comédiens David Niven et Peter Ustinov – alors militaires – participent à l’opération de diversion Copperhead, destinée à tromper les services du contre-espionnage allemand. Il s’agit, selon une idée de Winston Churchill, de recruter et de former un sosie (Meyrick Edward Clifton James) pour jouer le rôle du maréchal Montgomery – le général des forces alliées, alors surveillé par les nazis – et ainsi induire en erreur l’ennemi quant au lieu réel du Débarquement. Dans le même temps, alors que la capitale anglaise subit le Blitz, la vie se déploie dans les cabarets où officie une vénéneuse – et néanmoins charmante – espionne, Vera.

L’incroyable histoire des objets de tous les jours

Les objets de notre quotidien ont tous une histoire, sont issus de cerveaux en ébullition ou d’idées inopinées. Andy Warner raconte la naissance de plus d’une quarantaine d’entre eux dans L’incroyable histoire des objets de tous les jours.

Très documenté, les mini-récits de Andy Warner courent chacun sur quatre pages, contant l’histoire des inventions les plus utiles dans notre vie.

Pour cela, l’auteur américain a divisé son album en neuf chapitres composés de 4 à 6 objets. Ainsi, dans La salle de bain, le lecteur découvre que la brosse à dents fut inventée par William Addis alors emprisonné qui perça des trous dans un os avant d’y glisser des poil d’animal ; que le rasoir fut un long cheminement dans l’esprit de Gillette.

Dans La penderie, le velcro fut le fruit d’une observation de bardannes (fleurs) qui s’accrochèrent dans le pelage d’un chien ou que M. Hunt inventa l’épingle à nourrice alors qu’il était stressé.

Que le Monopoly fut détourné de son idée première (un jeu contre les banques et le capitalisme) et que le yo-yo fut importé des Philippines vers la Californie.

Dans La cuisine, le micro-ondes résulta d’une barre chocolatée fondue dans la poche d’un pantalon et que le couple Gilbreth – inventeur de la poubelle à pédale – testait ses inventions sur leurs enfants… Et ainsi de suite.

A l’image de Culottées (deux volumes de Pénélope Bagieu), Andy Warner a réalisé un livre passionnant et très drôle. Ses anecdotes sur les inventeurs et les processus de création sont amusantes. D’ailleurs souvent, les créateurs furent destitués de leur inventions et d’autres gagnèrent beaucoup d’argent à leur place. Construits toujours de manière identique, les histoires sont efficaces, très pédagogiques sans être rébarbatives, donc très accessibles.

  • L’incroyable histoire des objets de tous les jours
  • Auteur : Andy Warner
  • Editeur : La Librairie Vuibert
  • Parution : 16 octobre 2017
  • Prix : 14.90€
  • ISBN : 978-2311102239

Résumé de l’éditeur : Ils font partie de notre quotidien, nous rendent bien des services, mais nous ne savons rien d’eux. Pour réparer cette injustice, Andy Warner leur donne vie dans cette bande dessinée dont ils sont les héros.
Comment sont nés la brosse à dents, l’aspirateur, le stylo bille ? Qui a créé les chips, les feux de circulation ou encore les glaçons ? D’où viennent les toilettes, le cure dents ou bien le cerf-volant ? Quelle est l’histoire des barbelés et du shampoing ? Des récits hilarants qui racontent la grande Histoire de l’humanité.

En scène, coffret volumes 1, 2 et 3

Kanade rêve d’entrer dans une école de danse après avoir vu Lisa se produire sur scène. Son histoire est contée dans En scène, la série manga de Cuvie.

Prépublié dans la revue Champion Red des éditions Akita au Japon depuis 2014, En scène fut édité une première fois en 2016 par Kurokawa. Pour les fêtes de fin d’année, elles publient de nouveau les trois premiers volumes de la série en coffret (un de One punch man est aussi disponible).

Ce récit n’est pourtant pas qu’un simple shôjo, une romance à l’eau de rose, il va bien au-delà. Cuvie met en scène, Kanade, petite fille de 6/7 ans qui – éblouit par la prestation de Lisa – veut absolument devenir danseuse et se produire aux côtés de son idole.

Etonnés, ses parents lui expliquent qu’elle devra beaucoup travailler et que son corps souffrira. Son entrée dans la compagnie Nobuko Takimoto coïncide avec le concours de Lisa pour un grand ballet.

Souffrances corporelles et psychologiques, discipline de fer, rivalités et entraide jalonnent ce premier volume. De plus, alors qu’il n’est jamais très simple de restituer le mouvement de la danse dans des planches, la mangaka réussit ce tour de force assez aisément.

En scène : un manga familial dans l’univers de la danse à conseiller aux amateurs de cette discipline sportive, aux pratiquants et aux amoureux de shôjo avec un vrai fond dans la narration.

  • En scène, coffret volumes 1, 2 et 3
  • Autrice : Cuvie
  • Editeur : Kurokawa
  • Parution : 12 octobre 2017
  • Prix : 22.95€
  • ISBN : 9782368525470

Résumé de l’éditeur : La vie de Kanade bascule le jour où elle assiste au spectacle de danse de sa voisine. Fascinée par la grâce de la jeune fille, Kanade n’a plus qu’un rêve en tête : devenir ballerine ! Mais la danse est une école difficile, surtout si l’on n’a pas de prédispositions particulières. Cependant, malgré les obstacles et les déceptions, Kanade s’accroche. Et elle découvre vite que même les plus douées sont confrontées à l’échec…

Imbattable, tome 1

Jouer avec les cases, avec la configuration de la planche et la narration, tel est le cœur de Imbattable, un album Jeunesse de Pascal Jousselin.

Super-héros du quotidien, Imbattable s’occupe des causes désespérées même les plus anodines. Comme ses illustres prédécesseurs, il porte une cape, un masque mais aussi un costume barré d’un énorme I sur le torse. Il est capable de tout grâce à un don de l’anticipation de tous les instants. Il répare les méfaits avant que les malfrats les aient tentés…

Prépubliées dans le Journal Spirou, les histoires d’Imbattables se veulent inventives. L’auteur qui appartient au célèbre Atelier Mostodonte case, déstructure et joue avec ses vignettes à l’intérieur même de ses planches. Difficile de résumer, il vaut mieux regarder les pages pour se faire une idée et comprendre.

Pascal Jousselin s’amuse avec intelligence des codes de la bande dessinée, ouvrant des portes de lectures multiples. Se voulant très drôles, mes gags en une planche n’atteignent que rarement leur but. Loin des albums de Fred (Philémon), de ceux de l’OUPABO, de Marc-Antoine Mathieu ou même du merveilleux La casa de Victor Hussenot, Pascal Jousselin n’est pas allé assez loin pour nous convaincre complètement. Reste son dessin efficace, l’idée de départ novatrice et l’intelligence des jeux avec la narration.

  • Imbattable, tome 1 : Justice et légumes frais
  • Auteur : Pascal Jousselin
  • Editeur : Dupuis
  • Parution : 07 avril 2017
  • Prix : 10.95€
  • ISBN : 9782800170640

Résumé de l’éditeur : Tremblez, malfrats, voici Imbattable ! Ce nouveau protagoniste porte secours à la veuve et à l’orphelin comme tout héros qui se respecte, mais il sauve aussi les chiens, les chats des grands-mères, les terrains de pétanque, le fils du maire, et la ville tout entière. Masqué, comme tout justicier, capé, comme tout justicier, il mène la vie dure aux savants fous et aux mauvais plaisantins, sans jamais oublier de ramener le pain. Non seulement Imbattable est imbattable, mais son super-pouvoir fait de lui le seul véritable super-héros de bande dessinée ! De la structure quadrillée des planches de BD, Pascal Jousselin a fait un champ d’exploration narrative, un espace ludique où déplacer ses personnages en toute liberté. Son super-héros bondit d’une case à l’autre et joue des décalages et des transferts, Imbattable est non seulement un véritable hommage à la BD classique franco-belge, mais aussi une formidable expérience de lecture, dynamique et inventive.

Watch Dogs : seconde chance

Notre avis : Le second tome de Watch Dogs nous propose une suite des aventures de Sauda, prise dans la tourmente du ctOS, des manigances de politiques et autres guerres de gangs haletante et pleine de surprises.

Watch Dogs est une bande dessinée basée sur le jeu vidéo d’Ubisoft. Dans ces jeux, vous incarnez un hacker qui doit déjouer les plans de Blume (une société) et de leur système de surveillance généralisée, le ctOS. Grâce au ctOS, tout est contrôlable. Aussi bien les feux de signalisations que vos données privées. Aidé par un groupe de hackers baptisé DedSec, vous faites partie des résistants. Vous devez combattre ce système qui, en faisant croire qu’il protège la vie privée des autres, viole les libertés des gens qui leur font confiance.

Dans la bande dessinée, on retrouve Sauda dans les favelas du Brésil (voir la chronique sur le tome 1). Elle sort tout juste de 4 ans de prison, pour un crime qu’elle n’a pas commis. Enfin sortir est un bien grand mot, puisqu’en vérité c’est son frère, Sebastião, qui l’a fait évader. Cependant il n’agit pas seul, car le groupe DedSec l’aide dans la préparation de son évasion, car ils ont besoin que Sauda reprenne son combat contre le ctOS, surtout depuis que le fameux système, censé protéger les gens, sert plus à favoriser la corruption et les trafics. Sauda va donc pouvoir reprendre son combat, au péril de sa vie.

Watch Dogs est dessinée par Horne Perreard (Le Quatrième mur), en compagnie de Simon Kansara (Morgane) au scénario, et publié par les éditions les Deux Royaumes.

  • Watch Dogs: Seconde Chance
  • Dessinateur : Horne
  • Scénariste : Simon Kansara
  • Editeur : Les Deux Royaumes
  • Parution : le 6 octobre 2017
  • Prix : 13.50€
  • ISBN : 9782918771586

Résumé de l’éditeur :
Découvrez la fin du combat de Sauda, jeune hackeuse issue des favelas de Rio, contre ctOS, un système de surveillance généralisée favorisant la corruption et les trafics. Intrigues politiques et trame policière sur fond d’infiltration et de guerre des gangs composent la toile de fond de ce diptyque haletant dans l’univers du jeu vidéo Watch_Dogs !

Le Petit Nicolas : la bande dessinée originale

Pour la première fois en version album, 28 planches inédites de la série Le Petit Nicolas de René Goscinny et Jean-Jacques Sempé sont réunies dans ce très beau recueil.

Quelle excellente initiative qu’ont eu les éditions IMAV de publier en album les toutes premières planches du Petit Nicolas, le chef-d’œuvre de Sempé et Goscinny.

Inédites, ces 28 pages avaient seulement fait l’objet d’une édition papier dans Le moustique, un magazine de programme télé en Belgique. Sous le pseudonyme Agostini, René Goscinny avait imaginé les premiers pas de son héros de papier. La première histoire date du 25 septembre 1955 et la dernière du 20 mai 1956. En neuf mois, les deux auteurs de génie avaient posé les bases de ce qui allait devenir un énorme succès éditorial et encore aujourd’hui (deux longs métrages et des livres qui sortent fréquemment). Ils abandonnèrent ensuite la version bande dessinée pour les textes illustrés que nous connaissons.

Avant ses séries phénomènes (Astérix, Iznogoud ou la reprise de Lucky Luke), René Goscinny pu ainsi tâtonner et inventer pour ses 28 planches. Grand auteur, adepte des gags visuels et des jeux de mots bien sentis, il les place ici et là dans ses mini-récits de grande qualité. Tous les personnages récurrents de la série sont déjà présents (les parents, Alceste, Agnan ou Blédur).

L’album, qui possède ce charme désuet, plait pourtant énormément, et pas uniquement aux plus anciens. Le style Agostini est là et la partie graphique de Sempé aussi. Il préférera néanmoins l’illustration que la bande dessinée. Le dessinateur représente le Petit Nicolas avec une tête ronde. Il explique ainsi : « Le Petit Nicolas n’avait rien de très caractéristique, je le dessinais comme les autres enfants, sauf que je lui mettais un maillot rayé ».

  • Le Petit Nicolas : la bande dessinée originale
  • Scénariste : René Goscinny
  • Dessinateur : Jean-Jacques Sempé
  • Editeur : IMAV
  • Parution : 12 octobre 2017
  • Prix : 12.90€
  • ISBN : 9782365901369

Résumé de l’éditeur : Savez-vous que le Petit Nicolas est né sous la forme d’une bande dessinée en couleur ? IMAV éditions publie pour la première fois en album bd l’intégralité des planches écrites par René Goscinny et dessinées par Sempé. Ces planches sont parues entre 1955 et 1956 dans un magazine belge, Le Moustique, auquel collaboraient Sempé et Goscinny. Puis ils quittent Le Moustique et, trois ans plus tard, en 1959, ils reprennent Le Petit Nicolas, cette fois-ci sous la forme de récits illustrés. Les histoires paraîssent alors dans Sud-Ouest Dimanche, puis sont éditées en livres et remportent un immense succès. Les planches inédites qui sont aujourd’hui publiées dans cet album contiennent tous les ingrédients qui feront le succès du Petit Nicolas. Elles se présentent sous la forme de gags en une planche. Dans ses scénarios Goscinny a déjà mis en place les ressorts de la saga et campe les principaux personnages. Sempé représente déjà un Nicolas immédiatement identifiable. Cette bande dessinée a déjà la saveur de ce qui fera le succès du personnage, humour et poésie. La parution de l’album Le Petit Nicolas, la bande dessinée originale complète cette série imaginée par René Goscinny et Jean-Jacques Sempé. Ce trésor retrouvé permet de découvrir la genèse de l’une des oeuvres les plus célèbre de la littérature jeunesse.

Gaspard et le phylactère magique

Après une première version éditée en 2012 par EP et BDBoum, Gaspard et le phylactère magique connaît une deuxième vie grâce aux éditions Mosquito. Cet album de Alain Dary, Mickaël Roux et Dawid permet de découvrir le métier de dessinateur de bande dessinée et les différentes étapes pour en réaliser une.

Gaspard s’ennuie ferme ! Les vacances chez sa grand-mère lui paraissent longues. Alors qu’il souhaite explorer le grenier de la maison, la vieille femme lui interdit. Il passe alors outres ses recommandations et découvre une table à dessin, du matériel et une planche inachevée de bande dessinée. En effet, tout cela appartenait à feu son grand-père, dessinateur. Ce dernier lui apparaît alors sous la forme de son fantôme…

Sympathique petit album pour les jeunes lecteurs, il permet d’appréhender les différentes notions, les différentes techniques et le métier de dessinateur de bande dessinée. En choisissant de l’incarner par un jeune garçon, cela permet aux lecteurs de s’identifier à lui. En y glissant une belle dose de fantastique (le fantôme du grand-père, un phylactère…), Alain Dary – le scénariste – ajoute ce petit plus qui attirera les plus jeunes. Situations folles et cocasses apportent aussi de la bonne humeur et de l’humour à Gaspard et le phylactère magique.

Accompagné aux couleurs par Dawid (Supers, Dessus-Dessous ou Passe-Passe), Mickaël Roux dévoile des planches enjouées et sympathiques. Son trait convient idéalement à ce style de récit joyeux et humoristique.

Pour tout connaître de la Bande Dessinée de façon ludique et pas rébarbative, offrez ou achetez Gaspard et le phylactère magique à vos enfants, nièces, neveux, cousines, cousins… !

  • Gaspard et la phylactère magique
  • Scénariste : Alain Dary
  • Dessinateur : Mickaël Roux
  • Coloriste : Dawid
  • Editeur : Mosquito, collection Lily Mosquito
  • Parution : 06 octobre 2017
  • Prix : 13€
  • ISBN : 9782352834502

Résumé de l’éditeur : Gaspard découvre une vieille malle mystérieuse en fouillant le grenier de sa grand-mère. Il ne peut s’empêcher de l’ouvrir et c’est alors qu’apparaît le fantôme de son grand-père, qui était jadis dessinateur de bandes dessinées

American monster

Que vient faire une homme dont le visage n’a plus de peau dans une petite bourgade du centre des Etats-Unis ? Revient-il sur les traces de son passé ? Se venger ? Brian Azzarello et Juan Doe dévoilent son histoire dans American Monster.

Dans un petit snack d’une ville du Midwest, une fourgonnette s’arrête. En descend alors un homme effrayant et mystérieux. Complètement défiguré, il n’a plus de peau sur son visage. Alors que son véhicule est en panne, il tente de trouver un mécanicien. Il décide même de passer la nuit dans un motel de la ville.

Cet homme dont l’aspect fait peur à tout le monde, serait un vétéran. Etonnament, il sort même une grosse liasse de billet pour payer sa tournée…

Récit à l’intrigue très simple, American monster est néanmoins d’une redoutable efficacité. Il faut souligner que son auteur – Brian Azzarello – est un formidable conteur rompu aux joutes des comics américains, comme Wonder Woman, Luke Cage ou Spider-Man. Jouant avec l’aspect effrayant et le mystère qui entoure son personnage principal, il happe le lecteur par une histoire qui s’intensifie au fil des pages. Par des flash-back, son existence et son passé sont dévoilés aux lecteurs (petit caïd de quartier, trafiquant d’armes puis vétéran américain). Pourtant, le scénariste laisse en suspend quelques unes de ses facettes pour les volumes suivants.

Considérés comme des véritables héros de la nation, ces soldats sont la fierté de tous les américains. Ce premier album pose aussi la question de leur réinsertion dans la société après avoir vécu l’enfer. Pourtant celui de American Monster ne semble pas entrer dans les codes de la bonne conduite.

Le scénariste chevronné est accompagné par Juan Doe au dessin. Illustrateur bien installé dans l’univers des comics (Joker’s asylum : l’épouvantail  ou encore Fantastic Four in Puerto Rico), il réalise des planches qui restituent parfaitement l’ambiance pesante du récit. Auteur complet (crayonnés, encrage et couleurs, rare dans le monde des auteurs américains), il a consenti à sortir de sa semi-retraite pour mettre en image American Monster. Une très bonne initiative de sa part tant le tome 1 est très bon.

  • American Monster, volume 1 : Sweetland
  • Scénariste : Brian Azzarello
  • Dessinateur : Juan Doe
  • Editeur : Snorgleux
  • Parution : 22 septembre 2017
  • Prix : 16.50€
  • ISBN : 9782360140589

Résumé de l’éditeur : Dans une petite ville du Midwest, un homme imposant et défiguré descend du Bus et s’installe au motel. Son apparence effraie les habitants – personne ne le connaît – à moins que ? Impossible à dire, car il semble ne pas avoir de visage. Ses intentions sont inconnues, jusqu’à ce qu’il s’occupe d’un shérif corrompu qui deal avec le gang local de marchands d’armes racistes. Il passe alors du statut de monstre à celui de héros… jusqu’à ce que ses vraies intentions remontent à la surface. Il n’est pas là pour en finir avec le gang, mais pour en prendre les rennes. Et ça ne fait que commencer…

The Rolling Stones en BD

Après Les chansons de Barbara en BD, les éditions Petit à Petit publient The Rolling Stones en BD, un album qui fait revivre l’épopée du groupe mythique.

21 chapitres composent ce recueil sous la houlette de Ceka, le scénariste de toutes les histoires. Ainsi, le lecteur découvre les anecdotes et les histoires qui jalonnèrent l’existence du groupe :

Bénis soient les vinyles (Martin Trystam) qui raconte la rencontre dans le train de Keith et Mick…

Rollin’Stones Blues (Patrick Lacan) qui raconte d’où vient le nom du groupe…

I wanna be your man (Domas) qui revient sur la rencontre de Stones et des Beatles…

Le sixième Stone (Clément Baloup) qui revient sur l’embauche et l’éviction rapide de Ian Stewart, le pianiste…

Les Glimmer Twins (Dominique Hennebaut) qui raconte l’envie du groupe de composer des chansons originales…

L’ange déchu (Blast) qui revient sur la noyade de Brian Jones…

Altamont morne plaine (Filippo Néri) qui marqua les Stones puisqu’un jeune homme trouva la mort dans ce concert…

Eté 73 (Aurélie Neyret) qui parle de Angie, le meilleur slow de tous les temps…

Keith et ses guitares éclectiques (Bruno Loth) raconte la passion immense du guitariste pour ses instruments…

Voici quelques récits qui se trouvent dans ce très bel album, entrecoupé de textes de Ceka pour donner des explications sur le groupe. A la fin, le scénariste dresse un bibliographie sélective. Enfin, The Rolling Stones en BD bénéficie d’un partenariat avec Deezer : il suffit de flasher les QRCode dans l’album pour pouvoir écouter sa bande son.

  • The Rolling Stones en BD
  • Auteurs : Collectif
  • Editeur : Petit à Petit
  • Parution : 17 novembre 2017
  • Prix : 19.90€
  • ISBN : 9791095670384

Résumé de l’éditeur : Quand les Rolling Stones débarquent dans les années 60, c’est pour jouer du Rythm & Blues, rien de plus. Il sont loin d’imaginer qu’ils ne vont pas simplement changer la musique: ils deviennent aussi les porte-voix d’un monde en pleine mutation. A coup de fulgurances musicales et de textes sans détour, ils tirent la langue au conformisme ambiant tout en collectionnant les succès planétaires. Mick Jagger et Keith Richards en tête, ces rebelles incarnent depuis prés de cinquante ans plus qu’une musique, une façon d’être ! A travers vingt-cinq histoires en BD accompagnées de textes biographiques, ce livre vous fait revivre d’un façon totalement nouvelle l’incroyable épopée des Rolling Stones… Sans doute le plus grand groupe de rock !

U-B-R, le nouveau voisin

Après Tine & Junior, Ultraviolette et Petit Robot, les éditions Frimousse poursuivent leur incursion dans le monde de la bande dessinée avec U-B-R le nouveau voisin de Ferdinand Lutz.

U-B-R est un étrange petit garçon ! Arrivé sur Terre pour observer les habitants, cet alien a donc pris l’apparence d’un être humain afin de se fondre dans la masse. Accompagné de Globy, une immense œil, il emménage dans un immeuble. Il prend la place d’un autre extra-terrestre qui s’était transformé en un sympathique quinquagénaire.

Alors que Globy a pris l’apparence d’une jeune adolescente, U-B-R commence ses investigations au zoo, en jouant au football, au musée ou en discutants avec ses voisins…

Sympathique petit album – de 144 pages tout de même!  – U-B-R ravira les jeunes lecteurs à partir de 7/8 ans. Un alien qui ressemble à un garçon, un animal de compagnie qui peut prendre n’importe quelle forme et des situations cocasses, voilà tous les ingrédients réunis pour passer un bon moment de lecture. Ferdinand Lutz est un auteur allemand né en 1987 qui a déjà réalisé des BD (Capitaine Ours bleu), scénarios et dessins animés. Ce qui se ressent dans son album U-B-R qui ressemble à un petit film d’animation dans son découpage et dans le rythme. Grandes vignettes et un dessin simple à la palette graphique lui permettent de réaliser des planches très efficaces.

  • U-B-R, le nouveau voisin
  • Auteur : Ferdinand Lutz
  • Editeur : Frimousse, collection BD’Mousse
  • Parution : 12 octobre 2017
  • Prix : 16€
  • ISBN : 9782352413356

Résumé de l’éditeur : Que faire si votre voisin est un enfant de 122 ans qui vient d’une autre planète ? S’il a un animal de compagnie qui peut prendre toutes les formes ? Et qui passe son temps à nous étudier ? Eh bien, c’est l’histoire de Lara, son voisin U-B-R et sa boule de caoutchouc animal. Car U-B-R a enfin atterri sur la bonne planète. La Terre. Et ses aventures parmi nous commencent. Au zoo, au musée, dans la rue, ou avec ses voisins, U-B-R se rend compte que nos réactions sur terre sont étonnantes. Il a une voisine bien curieuse, Lara, qui mène l’enquête de son côté, persuadée que ce nouveau voisin cache quelque chose.