Dernière heure, volume 1

Notre avis : Le Japon est en guerre contre des ennemis inconnus. Tous les vendredis, deux lycéens d’une île isolée doivent partir combattre. Les éditions Akata dévoilent le premier volume de Dernière heure – signé –  qui met en scène le quotidien de ses adolescents ayant cette épée de Damoclès au-dessus de leur tête.

Depuis 5 ans, le Japon est en guerre. Une guerre très lointaine pour l’île isolée où vit Saku Futami, Aoshima. Comme tous les matins d’école, il se lève, mange la même chose, part sur le même sentier pour rejoindre le collège. Aujourd’hui, ce grand sportif entre en troisième année.

Dans le hall, il découvre les disciplines (mathématiques, sport, histoire-géo) mais une nouvelle est apparue : guerre ! Pourquoi cela ? Il ne saisit pas trop cette notification. Il croise alors Reina Shinokawa, une nouvelle élève qui arrive de Tokyo pour fuir les combats. Dans cet établissement, elle dépareille : blessée au visage, elle ose dire qu’elle n’aime pas ce collège.

Dans le cours de Monsieur Kuma, l’ambiance est lourde. Il leur apprend une mauvaise nouvelle : chaque vendredi, pendant la cinquième heure de cours, deux élèves seront envoyés à la guerre ! C’est à ce moment-là qu’une bombe pourtant lointaine tombe sur Tokyo et fait voler les vitres de la classe. Le professeur indique Reina comme combattante. Saku n’est pas d’accord et se désigne à sa place. Etonnament, Kuma explique que Miyako et lui sont épargnés par les désignations. Pourquoi ? Personne ne le sait…

Prépublié dans la revue Young Ace des éditions Kadokawa Shoten au Japon depuis 2014, Dernière heure est un excellent manga mêlant le fantastique et le drame. Le récit de est fort et accrocheur. Il faut peu de temps à la mangaka pour faire basculer son histoire dans l’irréel et la guerre. Dès les premières pages, l’auteur de Les Enfants Loups  – qui sera adapté en film d’animation par Mamoru Hosoda – imprime du mystère autour de l’ennemi du Japon mais aussi autour des deux élèves qui sont épargnés par cette épée de Damoclès. Les questions se posent mais pour l’instant dans ce premier volume, les réponses sont en suspend.

En choisissant ce ressort narratif (la désignation de futurs guerriers), elle revisite le mythe de la Grèce Antique : Thésée et le minotaure. Le Roi Midas sacrifiait 7 jeunes femmes et 7 jeunes hommes tous les ans pour expier le crime de son fils en les envoyant dans le fameux labyrinthe de Dédale où se cachait la bête fabuleuse. Dans Dernière heure, pas de Minotaure mais la Guerre contre un ennemi invisible et des désignations iniques. Comme Thésée, Saku tentera de prendre la place de Reina, en vain.

Le rythme est lent et permet de faire monter la tension au maximum avant le départ pour Tokyo. Les relations entre les élèves apportent aussi une dose de suspense. Prévue en 4 volumes, la série bénéficie de tout le talent de dessinatrice de . Son trait est aéré et d’une belle sensibilité, ce qui tranche avec la propos du récit.

Article posté le samedi 08 juillet 2017 par Damien Canteau

Dernière heure 1 de Yû (Akata) décrypté par Comixtrip le site BD de référence
  • Dernière heure, volume 1/4
  • Auteure :
  • Editeur : Akata, collection L
  • Prix : 7.95€
  • Parution : 22 juin 2017
  • ISBN : 9782369742050

Résumé de l’éditeur : Cela fait cinq années que le Japon est en guerre. Mais Saku, jeune collégien, ne le réalise pas vraiment. Vivant sur une petite île isolée, son quotidien n’est synonyme que d’ennui, entre les cours et la frustration de repas trop sommaires. Pourtant, tandis que les affrontements semblent s’intensifier, une terrible nouvelle vient bouleverser sa vie et celle de ses camarades : désormais, chaque vendredi, certains d’entre eux seront appelés à aller se battre sur le front. Tous, sauf Saku et Miyako, son amie d’enfance, exemptés sans savoir pourquoi de partir à la guerre…

À propos de l'auteur de cet article

Damien Canteau

Damien Canteau

Damien Canteau est passionné par la bande dessinée depuis une vingtaine d’années. Après avoir organisé des festivals, fondé des fanzines, écrit de nombreux articles, il est toujours à la recherche de petites merveilles qu’il prend plaisir à vous faire découvrir. Il est aussi membre de l’ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée).

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