Chroniques de Tindharia #2

Notre avis : Habituée aux publications familiales pour les plus jeunes, la maison d’édition française Nobi Nobi ! a fait le choix de faire découvrir des artistes japonais; comme le soulignent les créateurs Pierre-Alain Dufour et Olivier Pacciani « Apporter de réelles émotions esthétiques à chaque enfant et contribuer à leur patrimoine culturel grâce à la générosité des œuvres japonaises ». Depuis 2010, elle a mis en lumière le travail de Sato Horakura avec Pan’Pan Panda, de Mariko Shinju avec Mamie faut pas gâcher ou encore Shiitake avec Yôsei le cadeau des fées.

Avec le deuxième volume de Chroniques de Tindharia, elle fait le grand saut vers le shônen pur (pour les adolescent). Dans ce manga signé Ayumi Fujimura, le jeune lecteur suit les aventures de Leyle et Citra, deux jeunes adolescents vivant dans un petit village qui vient d’être attaqué par des Chevaliers noirs accompagnés de Nerls, créatures fabuleuses.

Prévu en trois volumes, Chroniques de Tindharia est un joli jôsei édité en 2011 au Japon et prépublié par la revue Comic Zero Sum. Le récit de Ayumi Fujimura utilise habilement les codes des histoires de type shônen pour son histoire. Afin d’accrocher son lectorat féminin adolescent, elle met en scène Layle et Citra, deux personnages auxquels les lectrices se reconnaîtront.

Dans le premier volume : Layle est un jeune garçon orphelin de père et qui vit avec sa maman dans une petite maison dans le village de Rhubarb. Vaillant, il manie les épées comme personne. Son amie, Citra possède un don exceptionnel : elle utilise sa voix pour interpréter des chansons ayant des effets magiques. Pourtant, elle n’arrive toujours pas à atteindre son but, car elle est timide et peu sûre d’elle. Sa sœur Rosa possède ce don unique mais elle n’habite plus dans le village. Le dernier du trio d’amis est Elfyn, qui adore défier Layle, possède un œuf de Nerl et rêve de quitter le village, trop petit pour lui.

Alors que Rhubarb est protégée par des enchantements, un jour, des Chevaliers noirs se rendent chez la Matriarche, la shamane du village. Cette dernière est la préceptrice de Citra pour lui apprendre l’art du chant magique. Accompagnés de nerls, les individus malmènent les villageois. Elfyn est alors tué et Layle décide de partir à la recherche des assassins de son ami.

Tous les ingrédients sont réunis pour accrocher la lectrice : magie, quête initiatique, jeune héros vaillant, vengeance personnelle, épopée et ennemis sanguinaires. La partie graphique est très classique mais soignée. Connue des joueurs de jeu vidéo, Ayumi Fujimura ayant imaginé en 2006 les personnages de Tales of legendia (Playstation 2), propose des planches d’une belle lisibilité.

  • Chroniques de Tindharia, volume 2
  • Auteur : Ayumi Fujimura, d’après Haruka Shimotsuki et Nao Hiyama
  • Editeur : nobi nobi !
  • Prix : 7.65€
  • Parution : décembre 2015

Résumé de l’éditeur : Dans l’univers médiéval fantastique de Tindharia, le petit village de Rhubarb est le dernier endroit où naissent les Mesyaria, jeunes magiciennes qui tirent leur pouvoir de chansons ancestrales. Cherchant à vivre en paix, les habitants de Rhubarb se sont retranchés depuis de nombreuses années loin des guerres de territoires en jeu à la Capitale mais surtout loin des dangers des attaques de Nerls, bêtes mystiques avides de sang.

Vivant à Rhubarb depuis leur naissance, Layle, fils d’un héros mort à la guerre et Citra, apprentie Mesyaria, ne connaissent rien du monde extérieur. Pourtant suite à l’arrivée de mystérieux chevaliers noirs, une terrible tragédie vient frapper le village : le destin de nos deux enfants en est alors bouleversé à jamais, et c’est un voyage épique qui commence pour eux !

Le journal d’une soubrette (album pour adulte)

Notre avis : Les éditions Tabou BD dévoile la nouvelle version de Le journal d’une soubrette, un album pour adulte signé Xavier Duvet. Pour ce bel album érotique-porno, l’auteur français met en scène une femme immigrée dans les Etats-Unis des années 50, qui joue les soubrettes pour gagner un peu d’argent.

Pour pimenter les parties fines, il distille une intrigue policière : un procureur est retrouvé mort en lingerie chez une tenancière d’un bar à prostituées. N’ayant pas le choix, elle doit aider la police et mener sa propre enquête en soumettant de belles jeunes femmes qui seraient mêlées de près ou de loin à l’affaire.

De la scène soft à la scène plus hard, Xavier Duvet réussit plutôt son entreprise. Mettre en scène le fantasme de quelques hommes – la soubrette française – fonctionne bien. Docile, serviable, elle est prête à tout pour engranger quelques dollars. Le côté polar noir américain comme toile de fond lui permet de jouer sur les décors et les sous-vêtements de l’époque.

Le trait en noir et blanc au fusain est idéal pour l’ambiance d’après Seconde Guerre Mondiale. Si les postures et les trois-quarts sont abouties, la mise en scène dans les vignettes est très classique et peu originale.

  • Le journal d’une soubrette
  • Auteur : Xavier Duvet
  • Editeur : Tabou BD
  • Prix : 15€
  • Parution : 27 novembre 2015

Résumé de l’éditeur : Ah, le fantasme de la soubrette française, docile, serviable, à la pudeur légère… Notre soubrette nationale a fait le tour du monde et aujourd’hui encore la French maid est un classique érotique outre-Atlantique.

Avec le style old fashion de la BD noire des annés 50, Xavier Duvet nous narre l’histoire de cette petite française partie aux Amériques pour y faire fortune. Mais l’affaire tourne mal et, prenant exemple sur Philip Marlowe, elle devra mener l’enquête pour se tirer de ce mauvais pas…

Le jour où ça bascule

Notre avis : Pour célébrer les 40 ans d’existence des Humanoïdes Associés, la maison d’édition a proposé à 14 auteurs, une variation sur le thème : Le jour où ça bascule. Avec : Boulet, Eddie Campbell, John Cassaday, Bob Fingerman, Atsushi Kaneko, Keiichi Koike, Emmanuel Lepage, Taiyô Matsumoto, Frederik Peeters, Paul Pope, Katsuya Terada, Naoki Urasawa, Bastien Vives, et Enki Bilal qui signe la couverture.

Pour chacune des 13 histoires, le dessinateur a imaginé ce moment crucial, nœud obligatoire et indispensable d’un récit. Seul dans son coin, il a mis en image comme il le souhaitait et l’entendait, ce temps ô combien important. Toutes ces fictions font alors resurgir des émotions au lecteur : la biographie fictionnelle de Emmanuel Lepage ou Eddie Campbell, de la chronique intimiste au récit d’anticipation, du rire à la mélancolie.

Pour ce recueil, nous retiendrons particulièrement : Le pet de Hanako par Taiyô Matsumoto, L’éveil d’Emmanuel Lepage, Screwed ! de Atsushi Kaneko, I want to believe de Boulet, La femme du prédateur de Paul Pope, L’enfant de Bastien Vivès ou Laïka de Frédérik Peeters.

  • Le jour où ça bascule
  • Auteurs : Collectif
  • Editeur : Les Humanoïdes Associés
  • Prix : 21.99€
  • Parution : 02 décembre 2015

Résumé de l’éditeur : « Le jour où ça bascule  » : ces quelques mots ont inspiré quatorze auteurs internationaux, tous reconnus, et tous différents. Le résultat est drôle, dramatique, terrifiant ou mystérieux. Mais il est surtout une ode à la création qui exprime la richesse inépuisable du neuvième Art. Répondant à l’exigence d’innovation graphique défendue depuis 40 ans par Les Humanoïdes Associés, cette anthologie anniversaire est le fruit du développement international de la maison d’édition, la seule française présente directement sur les territoires américain et japonais.

Sword art online, phantom bullet #1

Notre avis : L’univers de Reki Kawahara, Sword Art Online est riche. Tout d’abord proposé en nouvelles, il est ensuite décliné en manga (le design est signé Abec) : le premier arc narratif Aincraid est illustré par Tamako Nakamura (paru entre 2010 et 2012), puis Fairy Dance mis en image par Hazuki Tsubasa (entre avril 2012 et avril 2014), Phantom Bullet dessiné par Kōtarō Yamada (depuis avril 2014) et enfin Calibur dessinée par Shii Kiya (depuis 2014).

En ce qui concerne le spin-off qui nous concerne, Phantom Bullet, le lecteur retrouve Kirito, le personnage principal de Sword Art Online peu de temps après les soucis qu’il a eu avec le célèbre jeu de rôle en ligne massivement multijoueur en réalité virtuelle (VRMMORPG). Il est sommé de travailler, non sans réticence, avec le Ministère des Affaires Internes et de la Communication et plus particulièrement Kikuoka. Il doit mettre tout en œuvre pour enquêter sur le mystérieux et inquiétant Death Gun, un personnage trouble du jeu Gun Gale Online. Il se connecte alors à cet univers et s’inscrit au tournoi Bullets of the bullets et ainsi éveille l’intérêt de Death Gun. Il sera aidé par Sinon, une joueuse professionnelle très habile.

Alors que Aincraid et Fairy Dance se déroulaient dans un univers très fantasy, celui-ci a pour toile de fond une époque qui voue un culte aux armes à feu. L’histoire repose sur des ressorts très (trop ?) classiques mais elle est plutôt réussie et assez accrocheuse. La partie graphique de Kōtarō Yamada est le gros point fort de cet premier opus. Les décors sont détaillés et les personnages fidèles au design de Abec.

  • Sword art online, Phantom Bullet, volume 1
  • Scénariste : Reki kawahara
  • Dessinateur : Kotaro Yamada
  • Editeur : Ototo
  • Prix : 6.99€
  • Parution : 29 octobre 2015

Résumé de l’éditeur : Vous êtes ici dans un jeu vidéo, mais vous n’êtes plus là pour jouer. » Un an après son retour dans le monde réel, Kirito se voit confier une mission dans le nouveau VRMMO à la mode, Gun Gale Online, pour enquêter sur la mort mystérieuse de joueurs décédés après avoir été tués à
l’intérieur du jeu…

Pendant ce temps, une mystérieuse joueuse du nom de Shinon semble à la recherche permanente d’un adversaire capable de lui procurer des sensations de jeu intenses… sans que personne ne sache rien de son véritable objectif…

Séki, mon voisin de classe #2

Notre avis : Les éditions Akata dévoilent le deuxième volet de Séki mon voisin de classe, un manga léger et un peu amusant signé Takuma Morishige.

Alors que le succès de L’élève Ducobu (Zidrou et Godi, Le Lombard) est un mystère de l’édition pour moi, au même titre que Les Profs (Pica et Erroc, Bamboo), Akata a acquis la licence de Séki mon voisin de classe, sorte de version plus intelligente et plus amusante que le héros des deux premiers auteurs. Succès public au Japon avec plus de 3 millions d’exemplaires vendus (en 6 tomes), Tonari no seki-kun, plonge le lecteur dans le quotidien de deux lycéens : Séki, inventeur fou, maniaque du bricolage et des matériaux en tout genre ; et Rumi, sa voisine de classe, bonne élève. Intelligent, le jeune adolescent n’écoute jamais aucun cours au grand dam de sa camarade qui ne comprend pas pourquoi il passe son temps à imaginer des trucs plus fous les uns que les autres. Fulminant, contenant sa colère, elle est toujours étonnée qu’aucun professeur ne le voit, ne lui dise, ne le sanctionne ou ne le renvoie.

Le manga est donc un enchaînement de mini-récits concernant une invention de Séki. Parfois bien amené, les gags sont assez inégaux, ne faisant pas réellement rire à chaque fois. Le pari risqué de Takuma Morishige est donc de trouver une multitude d’inventions pour alimenter son histoire. Il faut souligner que la partie narrative est assez astucieuse puisque c’est par la narratrice Rumi, que l’on découvre les objets imaginés par Séki, par ses pensées et ses dialogues ; l’adolescent ne parlant quasiment jamais. Le lecteur ressent donc toutes les émotions qui traversent l’esprit de sa camarade mais de lui on ne sait rien, on devine et encore ! C’est donc là que se trouve la limite de l’exercice : Qui est-il ? Pourquoi ne parle-t-il pas ? Que ressent-il ? Pourquoi se comporte-t-il ainsi ? Pourquoi imagine-t-il ? Pourquoi personne ne lui dit rien ?

Nous refermons le manga, un peu déçu puisqu’il n’est pas toujours amusant et qu’il nous laisse trop sur notre faim. Trop sévère dans notre jugement ? Un peu puisque jusqu’à présent les éditions Akata nous avaient habitué à l’excellence…

A noter qu’un anime est disponible sur le service simulcast Crunchyroll.

  • Séki, mon voisin de classe, volume 2
  • Auteur : Takuma Morishige
  • Editeur : Akata
  • Prix : 7.95€
  • Parution : 08 octobre 2015

Résumé de l’éditeur : L’enfant terrible Séki est de retour, pour un second volume encore plus délirant ! L’auteur, tout comme Séki, va redouble d’ingéniosité pour mettre en scène des personnages de plus en plus attachants… Mais combien de temps encore, la pauvre Rumi pourra-t-elle supporter les pitreries de son voisin de classe ?

Altaïr #8

Notre avis : Kotono Kato publie chez Glénat le huitième tome de la série manga Altaïr, un shônen teinté de fantastique aux confins des rives de la Méditerranée dans une région fictive.

Le récit de Kotono Kato repose sur une histoire très solide, teintée de fantastique. Ce shônen original est fondé sur des luttes géo-politiques, les stratégies guerrières, le pouvoir des pachas dans leur région et sur des combats entre la Türkiye et le Baltrhain. Les scènes de bagarres, parfois meurtrières, rythment agréablement l’histoire.

Mais surtout, la vraie réussite se situe dans les personnages et notamment le héros Mahmud, le plus jeune pacha du pays, intelligent et pacifiste. Accompagné d’Iskandar, son fidèle aigle royal, ce grand diplomate se rend sur les lieux de conflits afin d’éviter les guerres. Tel Sherlock Holmes, il enquête au plus près des protagonistes afin de découvrir les auteurs de complots et les arrêter avant que cela ne prenne un tour sanglant.

Le trait du mangaka, dont c’est la première série, est influencé par de nombreuses cultures méditerranéennes et par un bel orientalisme. Ce beau mélange offre de magnifiques planches et notamment des illustrations pleine page très abouties.

  • Altaïr, volume 8
  • Auteur : Kotono Kato
  • Editeur: Glénat Manga
  • Prix: 7.60€
  • Parution : 02 décembre 2015

Résumé de l’éditeur : Suite à la rébellion des quatre sultanats, la Türkiye a perdu une grande partie de ses soldats. L’Empire en profite pour passer à l’attaque, forçant le gouvernement türk à se réunir pour tenter de contrer l’invasion… C’est alors que Mahmud propose de se battre sur le plan économique. Il se rend donc à Argyros, première ville marchande du continent. Là-bas, il rencontre Niki, une jeune fille qui tente de conserver le commerce familial, malgré la mort de son père. Quel plan Mahmud mettra-t-il au point pour faire valoir la suprématie de la Türkiye sans recourir à la force militaire ?!

Fortress of apocalypse #1-2

Notre avis : Publié par Kôdansha au Japon à partir de 2011, Fortress of apocalypse (Apocalypse No Toride) est un très bon shônen fantastique signé Yû Kuraishi et Kazu Inabe. Comptant déjà 9 volumes sur 10 dans son pays d’origine, les éditions Pika sortent en même temps les deux premiers opus.

Yû Kuraishi fonde son récit sur Maeda, un jeune adolescent de 16 ans, peu sur de lui et qui se retrouve malgré lui jeté en prison. Alors qu’il assiste à une scène d’une rare violence (un homme dévore un autre), il est pris sur le fait et désigné coupable. Il est condamné à perpétuité et enfermé dans la prison de la ville de K, dans la préfecture de Chiba (baie de Tokyo). Dans cette bâtisse très ancienne, il doit partager sa cellule avec trois autres hommes au passé trouble : Yoshioka 18 ans, Iwakura 17 ans et Yamanoi. Il découvre alors un lieu fort, oppressant et des prisonniers qui passent leur temps à s’invectiver et se battre. Clamant à qui veut l’entendre son innocence, il ne convainc personne.

En parallèle, la vie du pays bascule : des hommes dévorent des passants par milliers ! Des zombies hantent alors les rues et rapidement, la prison est elle aussi touchée.

Dans les pas de Walking dead, Cruelar than dead, I am a hero ou Ajin, Fortress of apocalypse accroche le lecteur dès les premières pages. Cette toile de fond, fin du monde, est habilement amenée. Si les personnages et l’intrigue semblent classiques, la violence des planches d’une grande vivacité atteignent leur but : faire frissonner. La partie graphique de Kazu Inabe est elle aussi très réussie.

  • Fortress of apocalypse, volumes 1 & 2
  • Scénariste : Yû Kuraishi
  • Dessinateur : Kazu Inabe
  • Editeur : Pika
  • Prix : 7.50€
  • Parution : 07 octobre 2015

Résumé de l’éditeur : Condamné à tort, Yoshiaki intègre le Centre de redressement pour mineurs où sont rassemblés tous les délinquants du Kantô. Avec appréhension, il fait petit à
petit connaissance de ces compagnons de cellule. Quand soudain, son monde bascule ! Une épidémie d’attaques sanglantes se répand sur le pays. Livrés à eux-mêmes, les détenus vont tout faire pour échapper aux zombies et à leur leader énigmatique… Une lutte pour la survie s’engage !

Wunderwaffen #8

Notre avis : La foudre de Thor est le huitième tome de la série Wunderwaffen, scénarisée par Richard D. Nolane et dessinée par Maza. Cette série est une uchronie de la Seconde Guerre Mondiale ; les deux auteurs imaginent que les Alliés ont échoué lors du Débarquement et que les Nazis ont réussi à fabriquer des avions révolutionnaires.

Le 6 juin 1944, les Alliés (Etats-Unis, Angleterre et France) débarquent en Normandie mais essuient un échec retentissant. Battus, ils doivent continuer la guerre et l’Allemagne Nazie poursuit son expansion. Et en été 1946, les Japonais sont battus et la seconde guerre mondiale continue. En parallèle, les Nazis développent la fabrication d’étranges avions à réaction totalement révolutionnaires, surnommés Wunderwaffen, «armes miracles». Ces avions défendent efficacement l’Allemagne.

Dans le premier volume, le lecteur fait la connaissance du major Walter Murnau, tête brûlée, un pilote émérite de cette section aérienne. Pour ses faits d’armes, il est décoré par Adolf Hitler et obtient le surnom de Pilote du Diable. Pourtant il déteste ce régime dictatorial alors qu’il devient paradoxalement l’icône de celui-ci. Suspicieux à cause de cette nouvelle image, Hitler décide alors de le faire éliminer pour de mystérieuses raisons.

Le huitième opus se déroule en février 1947 en Antarctique. Murnau et son équipe ont pris quartier en Nouvelle-Souabe dans une base secrète allemande. Ils sont ici pour commencer le forage de ce sol riche. Ils découvrent alors l’origine de la Foudre de Thor. C’est à ce moment-là que le récit glisse vers le fantastique.

Le scénario fantastique de Nolane se fonde sur de véritables prototypes d’avions du IIIe Reich qui n’ont jamais dépassés le stade de projets et maquettes. Ce qui confère au récit une grande crédibilité. D’ailleurs, certaines nations ont organisé, après la chute du régime nazi, des missions pour récupérer les plans et les informations sur ces armes révolutionnaires. Le dessin de Maza met en images des très beaux combats aériens grâce à de grandes cases qui permettent de rendre au mieux la force de ces oppositions.

  • Wunderwaffen, tome 8 : La foudre de Thor
  • Scénariste : Richard D. Nolan
  • Dessinateur : Maza
  • Editeur : Soleil, collection Aventure
  • Prix : 14.50€
  • Parution : 22 novembre 2015

Résumé de l’éditeur : Pendant que les tous premiers U-boot apportent discrètement dArgentine de quoi reconstruire la base de Nouvelle-Souabe, Murnau et ses compagnons découvrent, à mille mètres sous la glace, lorigine réelle de la Foudre de Thor. À l’autre bout du monde, au cœur du Reich, Himmler commence alors à se dire que son heure a cette fois sonnée pour de bon.

Bosch

Notre avis : Auteur multi-facettes reconnu (Giacomo C., SOS Bonheur, Monsieur Noir ou Vlad), Griffo surprend encore son lectorat en s’aventurant dans les pas de Hieronymus Bosch, le célèbre peintre flamand du 15e siècle.

Pour brosser le portrait de cet être au parcours singulier et que d’aucun traitait de dément, l’auteur de Sherman met en scène Mathilde, une spécialiste d’art de l’Université de Gand qui a pour mission de restaurer une toile du maître. Le lecteur découvre le jeune Bosch alors adolescent qui commence à dessiner dans les années 1460. S’inspirant de la nature et des créatures fantastiques des légendes, il développe un sens artistique hors du commun.

On découvre ainsi un peintre obsédé par des pulsions démoniaques et ce dès l’enfance. Griffo fait même sortir ces créatures des Enfers de ses toiles et de ses croquis de recherche. Son récit est d’ailleurs plutôt agréable à la lecture, fluide et efficace. Son trait semi-réaliste convient parfaitement pour le propos de son histoire. A noter qu’un dossier de huit pages est adossé à l’album. Signé Dimitri Joannidès, il retrace les moments importants de la vie de Bosch, ses inspirations et des textes explicatifs sur ses œuvres majeures.

  • Bosch, le jugement dernier
  • Auteur : Griffo
  • Editeur : Glénat
  • Prix : 14.50€
  • Parution : 12 novembre 2015

Résumé de l’éditeur : Dans la Flandre du XVe siècle, il est un peintre qui surprend par l’originalité et l’ampleur de ses tableaux. Son nom : Hieronymus Bosch. On le dit fou. Car d’où peuvent bien provenir les formes étranges et hallucinatoires, les créatures, les monstres hideux et fascinants qui parcourent ses œuvres, si ce n’est de l’esprit d’un dément ?

De nos jours, Mathilde de Vlaeminck, une jeune et brillante spécialiste de l’université de Gand, entreprend justement la restauration d’un tableau du maître. À mesure que son travail avance, elle va plonger malgré elle dans son œuvre, naviguant entre un univers fantastique, hallucinant, et la réalité.

Mais la frontière entre ces deux mondes, opposés en apparence, est-elle aussi tranchée qu’elle n’y paraît ?

Pico Bogue #8

Notre avis : Agé de 6/7 ans, Pico Bogue réagit comme les grands. Avec sa soeur Ana-Ana, ils posent un regard franc, intelligent, parfois naïvement sur la vie et les personnes qui les entourent.

Pour ce huitième opus, L’original, Dominique Roques propose avec une infinie tendresse des mini-récits mettant en scène les deux enfants, leurs parents, la maîtresse d’école, le professeur de sport et les camarades de Pico et de Ana-Ana. Parmi eux, il y a toujours le copain aux cheveux bruns en brosse qui essaie de se faire des amis mais qui par son manque de tact, les fait fuir. Il veut aider mais réussit surtout à faire peur.

La scénariste dévoile aussi de nombreuses pages sur la fête de l’école. Coincée par son petit garçon, la mère de Pico doit tenir un stand de frites, elle qui déteste la friture. Course en sac, cornet de glaces, pêche aux canards, tout est prétexte à la rigolade avec le jeune héros.

Accompagnée au dessin par Alexis Dormal, son fils, elle plonge aussi son personnage principal dans un état fiévreux qui le cloue au lit. Entre crise, état aux bord de la mort et sa sœur qui en rajoute, le jeune lecteur s’amuse de ces situations cocasses.

Comme pour les précédents volumes, le dessinateur démontre tout son talent par ses très belles planches à l’aquarelle et son trait d’une belle rondeur qui imprime à la série sa douceur de vivre et son grand charme.

  • Pico Bogue, tome 8 : L’original
  • Scénariste : Dominique Roques
  • Dessinateur : Alexis Dormal
  • Editeur : Dargaud
  • Prix : 11.99€
  • Parution : 06 novembre 2015

Résumé de l’éditeur : Dans ce huitième tome de Pico Bogue, nous retrouvons l’enfant terrible de la bande dessinée dans ses petites et grandes aventures du quotidien.

Entre deux gags où Pico fait montre de toute sa malice et de sa gentille impertinence se déroule un grand événement : la fête de l’école ! Pico a inscrit sa mère sans la prévenir pour tenir un stand, et c’est une avalanche de gags, bien entendu. Mais Pico tombe malade…

L’enfant terrible de la bande dessinée récidive ! Toujours avide de connaissance, Pico a le don de nous charmer et de nous exaspérer en même temps ! Un huitième tome à l’humour tendre sur les petites aventures du quotidien.

Le Bus 2

Notre avis : Les éditions Tanibis proposent le deuxième opus de Le bus, un recueil de mini-histoires muettes signé Paul Kirchner. L’auteur imagine un univers autour de la télé très singulier. Après la fermeture des studios qui produisaient Le bus en pleine crise économique en 1985, en 2012 des amateurs plus jeunes de la série font le forcing pour son retour. Le fils du héros principal Harvey P. Farquhar reprit alors son rôle.

Toutes les scènes de ce recueil au format à l’italienne ont pour décor un bus de ville de type américain. A l’intérieur, le nouveau héros (quasiment chauve, lunettes, embonpoint et gabardine) se confronte avec les autres passagers. Pour chaque planche, l’auteur utilise habilement le découpage en gaufrier (de 6 à 8 vignettes) pour délivrer un message proche de l’absurde, du non-sense et de l’extravagance. Entre onirisme, Paul Kirchner fait voyager son lectorat dans des recoins insoupçonnés. Son trait en noir et blanc renforce une ambiance entre admiration et parfois répulsion.

  • Le bus
  • Auteur : Paul Kirchner
  • Editeur : Tanibis
  • Prix : 12€
  • Parution : 14 novembre 2015

Résumé de l’éditeur : Les strips de the bus furent initialement publiés entre 1979 et 1985, oubliés, puis réédités en album par Tanibis en 2012. 30 ans après sa mise au dépôt, alors que le tour semblait bouclé, le bus reprend du service. Dépoussiéré, huilé, le véhicule sort du garage, l’homme à l’imperméable se poste à l’arrêt. C’est reparti pour un tour ! Les failles spatio-temporelles et les incursions incongrues du fantastique parasitent de nouveau avec brio et inventivité ce trajet routinier vers l’inconnu. Le bus 2 est plus que jamais une porte vers tous les possibles : à son approche la réalité vacille, les dimensions s’entremêlent, les rôles s’inversent… Si le bus en lui-même est toujours le même, quelques détails, comme les téléphones « intelligents » et le look des passagers, ancrent ces histoires dans le XXIe siècle. Mais on saisit surtout que l’humour absurde de Paul Kirchner est d’une vitalité indémodable. L’artiste se joue des époques, ajoutant à ses strips une pointe de mélancolie qui les rend encore plus percutants. Son univers, sous l’incidence croisée des tableaux de Magritte, de la série télévisée La Quatrième Dimension ou encore des pastiches de Mad Magazine, n’a pas pris une ride. Le bus avait été retenu dans la sélection Patrimoine du festival d’Angoulême en 2013. Ces nouveaux strips ont été partiellement prépubliés dans divers magazines : Aaarg! en France, Le Vif en Belgique et Tin House Magazine aux États-Unis.

L’île Louvre

Notre avis : Après Moderne Olympia (Catherine Meurisse), L’art du chevalement (Philippe Dupuy & Loo Hui Phang), Le chien qui louche (Etienne Davodeau) ou Les gardiens du Louvre (Jiro Taniguchi), les éditions Futuropolis poursuivent leur travail avec les musées nationaux de France avec L’île Louvre, un roman graphique de Florent Chavouet.

Comme les précédentes publications, l’auteur a carte blanche pour dévoiler les trésors du lieu. Le dessinateur de Petites coupures à Shioguni (éditions Philippe Picquier) propose un voyage original entre réalité et onirisme. Il fait du Louvre, un île entourée de canaux et ainsi un lieu hors du temps. Il suit alors différents visiteurs qui se trouvent devant les œuvres célèbres : Le sacre de Napoléon de David, La présentation au temple de Simon Vouet mais aussi la Vénus de Milo ou La victoire de Samothrace.

Cet album original pourra dérouter certains lecteurs et certains même ne continueront pas sa lecteur au-delà des premières pages.

  • L’île Louvre
  • Auteur : Florent Chavouet
  • Editeur : Futuropolis et Louvre éditions
  • Prix : 20€
  • Parution : 05 novembre 2015

Résumé de l’éditeur : Chacun d’entre eux devient, le temps d’un livre, un visiteur aux yeux grands ouverts, parcourant l’immense palais qui abrite les collections inouïes du grand musée. Regards toujours inattendus, libres et pétillants. Une visite personnelle et inédite d’un des lieux les plus fréquentés du monde. Chavouet, passionné de géographie et collectionneur de cartes, dessine ici le Louvre comme jamais et donne au musée une autre mémoire en ouvrant les canaux de l’imagination