Margaux Motin, la vulgarité classe

Les filles, ça aime la mode, le rose et les licornes, et c’est classe en toute circonstances. Ou presque. Car si Margaux Motin aime en effet dessiner les fringues et les poupées grandeur nature, en général, quand ses personnages ouvrent la bouche, c’est un flot d’injure qui en sort.

C’est peut être pour ça qu’elle est surtout connue comme illustratrice de magazines ou de pubs: au moins, entre les pages de papier glacé ou sur les affiches du métro, ses personnages savent se tenir (le plus souvent).

Mais sur son blog (malheureusement laissé à l’abandon depuis quelques mois), c’est une autre ambiance: l’auteur se met en scène dans sa vie quotidienne de quadra parisienne bobo, et ça change des blogs de mamans plutôt gnangnan.

Grand écart entre mode et grossièretés

Ici, les filles ont des seins, des fesses, et pas mal de couilles. Elles boivent du vin rouge au goulot (ou alors dans les verres prévues à cet effet) et élèvent leurs enfants sans trop se prendre la tête.

Au final, le blog fait en permanence le grand écart entre l’univers ultra-normé de la mode et des magazines féminins, et l’identité très affirmée et pas du tout autocensurée de sa propriétaire. Et il est donc assez fun, même pour qui se contrefout de la mode.

Et puis il y a le dessin, aussi. Fin, élancé et très expressif, il se situe quelque part entre les Parisiennes ultrasophistiquées de Kiraz et les filles plus décontractées de Pénélope Bagieu. Un dessin ultra-bankable pour le monde de la pub, certes, mais qui vaut vraiment le coup d’œil, et qui contribue à cet effet de décalage entre le fond et la forme.

Illustratrice de best-sellers?

Margaux Motin a sorti plusieurs albums dans la même veine que son blog, et a également dessiné, avec Pacco, son alter égo masculin, une BD plus allégorique et défouloir, Very Bad Twinz. Mais le gros de son travail reste l’illustration.

Et son style franc et diablement sexy continue de séduire: il y a quelques jours, au salon du livre de Paris, il a été annoncé qu’elle illustrerait la prochaine édition du best-seller La femme parfaite est une connasse !. Maintenant que c’est dit, ça parait tellement évident qu’on se demande pourquoi cela n’avait pas été fait avant.

Article posté le lundi 23 mars 2015 par Thierry Soulard

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À propos de l'auteur de cet article

Thierry Soulard

Thierry Soulard

Thierry Soulard est journaliste indépendant, et passionné par les relations entre l’art et les nouvelles technologies.
Il a travaillé notamment pour Ouest-France et pour La Nouvelle République du Centre-Ouest, et à vécu en Chine et en Malaisie.
De temps en temps il écrit aussi des fictions (et il arrive même qu’elles soient publiés dans Lanfeust Mag, ou dans des anthologies comme « Tombé les voiles », éditions Le Grimoire).

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