Être une femme et vivre dans notre société actuelle relève du défi : entre les injonctions quotidiennes, les luttes féministes, les “blagues” qui ne font rire que les hommes… Naviguer dans cette société est de plus en plus difficile. Mia et ses amies l’expérimentent au quotidien. Dans Après l’éclipse, Eve Cambreleng évoque le burn out militant, l’amitié, la sororité, aux éditions La ville Brûle.

Dysfonctionnements et injustices
Après l’éclipse porte bien son nom. A travers ces pages, on y retrouve l’éclat lumineux de l’amitié et de la sororité. Mais souvent, les injonctions quotidiennes, le burn out militant, la réalité d’une société patriarcale vient l’éclipser. Loin d’éloigner Mia et ses amies, cela les rapproche. Le récit se déploie à travers de nombreux chapitres, chacun centré sur une scène, une micro-agression, une lutte militante. L’accumulation nous fait ressentir la lassitude et la fatigue de Mia.

La force de ce titre réside d’ailleurs dans sa narration. L’intrigue se déroule sur un an, mais cela pourrait être sur une semaine ou un mois. Le sexisme ordinaire s’y déploie, insidieux, omniprésent, faisant peser sur les épaules des personnages (et de toutes les femmes) un poids énorme. L’histoire prend place en pleine période #MeToo. Un contexte important, témoignant de la libération de la parole des femmes, du ras-le-bol de devoir subir constamment ces micro-agressions sexistes constantes.

Un titre lumineux et actuel

Eve Cambreleng signe un album d’actualité teinté d’humour. On se retrouve dans les regards complices et atterrés des amies. Mais on frissonne aussi face au danger que représentent certains individus. Le dessin simple et efficace de l’autrice met très bien en valeur les situations quotidiennes. Ses couleurs donnent une atmosphère chaleureuse ou inquiétante, selon les situations.

Elles sont colleuses, féministes, militantes, femmes et toutes sont unies par le même regard sur la société. Après l’éclipse fait partie de ces titres nécessaires, à mettre entre toutes les mains, hommes, femmes ou non-binaire. Parce qu’à travers ces pages, on comprend mieux, mais on se sent aussi moins seule. Et c’est précieux.

Après l’éclipse, d’Eve Cambreleng, est à découvrir aux éditions La ville brûle.

- Après l’éclipse
- Autrice : Eve Cambreleng
- Dessinatrice : Eve Cambreleng
- Editeur : La ville brûle
- Prix : 23 €
- Parution : 23 janvier 2026
- Nombre de pages : 224 pages
- ISBN : 9782360122349
Résumé de l’éditeur : À travers l’histoire de Mia, jeune femme militante féministe dont nous partageons les combats et les doutes au fil d’une année, cette BD met en lumière le burn out militant, la fatigue causée par le fait d’être quotidiennement confronté·es aux dysfonctionnements et aux injustices de notre société, la colère et le découragement qui peuvent en naître. Mais aussi et surtout, ce récit met en avant la sororité, l’importance d’être bien entouré·e, et le fait que l’on peut trouver dans ses amitiés de la joie, du soutien, et la force de continuer à se battre, ensemble. Une histoire forte, intime, drôle et émouvante, portée par le style graphique pop et coloré d’Eve Cambreleng (@aboutevie).
À propos de l'auteur de cet article
Bénédicte Coudière
Journaliste spécialisée en bande dessinée mais aussi en jeux vidéo depuis près de 15 ans, conférencière, autrice et plein d'autre chose encore ! Membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée), elle est passionnée d'art et de narration, d'exploration de papier et de pleins d'autres choses encore.
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