Coyotes #2

Après un premier tome prometteur qui posait les jalons d’un univers particulièrement original, peuplé de loups maléfiques et d’hommes damnés à cause de leurs pulsions, Hi Comics nous propose la suite et fin de Coyotes. Les crocs sont sortis !

DES LOUPS ET DES FEMMES.

Au Sud des Etats Unis, se trouve la Cité des Filles Perdues, une ville frontière qui sert de refuge à des femmes que la vie n’a pas épargnées. En effet, depuis quelques temps, les disparitions et des meurtres se multiplient.

Pour résoudre ces affaires, un policier, sanctionné pour n’avoir commis qu’un crime : celui d’être trop intègre, se retrouve affecté dans cette contrée désolée.

Bien vite, il fait la connaissance de femmes hautes en couleur : Abuela, Duchesse ou encore la jeune Analia, qui désormais se fait appeler Rouge.

Mais surtout, il découvre que les meurtres sont l’œuvre d’hommes qui, revêtant des peaux de loups légendaires, deviennent des loups-garous assoiffés de sang et de stupre : des coyotes.

CONTES ET LÉGENDES.

En réalisant un comic book ayant pour thème les loups-garous, Sean Lewis et Caitlin Yarsky auraient pu tomber dans une sorte de déjà-vu à la mode tant la lycanthropie a le vent en poupe ces dernières années dans la bande dessinée ou le cinéma.

Pourtant, il n’en est rien car le scénariste et la dessinatrice développent un univers composite dans lequel coexistent folklores, contes, légendes, mythologies et même religions.

UNE FORÊT DE SYMBOLES.

Dans Coyotes, les loups gigantesques, allégories de la bestialité masculine portent les noms de Seff, l’incarnation du loup hébraïque, Fenris, tout droit issu de la mythologie nordique, Lyulph, le loup de feu, ou encore Bardolph, le loup à la hache si on en croit leurs étymologies germaniques.

Ces quatre loups de l’apocalypse cherchent à détruire Gaïa, Terre-mère nourricière dans la mythologue grecque.

Pour les en empêcher, Rouge, qui a délaissé son petit chaperon, sa galette et son petit pot de beurre au profit d’un katana, pourra compter sur de nombreuses alliées.

En premier lieu, les quatre groupes d’Aïeules de la Terre, les prêtresses de Gaïa qui haïssent les hommes. Mais aussi les Victorias et leur cheffe Duchesse, prêtes à tout pour parvenir à la victoire. Ou encore les adeptes d’Éléos, la déesse grecque de la miséricorde, seules capables d’accorder leur pardon aux hommes, pour peu qu’ils se plient au statut d’esclave…

Coyotes, UNE FABLE SOCIALE.

On l’aura compris, dans Coyotes, sur un fond d’engagement social prônant l’émancipation des femmes, les grandes mythologies s’affrontent, celle du Nord, la violence masculine, face à celle de l’antiquité gréco-latine, plus féminine mais tout aussi dangereuse.

Et c’est là un élément important dans Coyotes : même si les symboles sont clairs, point de manichéisme.

C’est d’ailleurs le personnage masculin de Frank Coffey qui le symbolise le mieux. Ce policier qui a tout sacrifié, sa famille, sa carrière, au profit de valeurs auxquelles plus personne ne croit : l’intégrité, l’honnêteté et la loyauté.

DES DESSINS DANTESQUES.

Pour parvenir à mêler et à donner vie à tous ces enjeux, à tous ces personnages, à toutes ces idées, il fallait trouver un dessinateur de très grande qualité.

C’est chose faite en la personne de Caitlin Yarsky qui réalise avec Coyotes sa première série en bande dessinée.

Son style remarquable, tout en nuances colle parfaitement à l’univers et à l’ambiance créés.

Les personnages sont parfaitement représentés, tantôt beaux et émouvants, tantôt horribles et effrayants.

En outre, nous le disions plus haut, Coyotes est aussi une histoire mettant en jeu des loups monstrueux qui devaient être clairement identifiés. Caitlin Yarsky relève parfaitement le défi puisque chaque loup possède une identité graphique qui le distingue parfaitement de ses congénères.

Les combats, et ils sont nombreux, sont eux aussi parfaitement illustrés et mis en scène. Ils retranscrivent avec beaucoup de qualités le dynamisme attendu, mais aussi la violence très présente.

Car c’est un point qu’il convient de préciser, Coyotes est une série dont la violence glisse parfois dans l’horreur ; mais après tout, c’est souvent le cas dans les bonnes histoires de loups-garous.

Initialement publié chez Image Comics, Coyotes voit le jour en France en deux tomes parus chez Hi Comics. Les lecteurs français ont ainsi la chance de découvrir une série de qualité, originale, parfaitement maîtrisée, portée par des dessins remarquables.

Article posté le mardi 08 septembre 2020 par Victor Benelbaz

Coyotes 2 de Sean Lewis et Caitlin Yarsky (Hi Comics)
  • Coyotes, volume 2/2
  • Scénariste : Sean Lewis
  • Dessinatrice : Caitlin Yarsky
  • Editeur : Hi Comics
  • Parution : 17 juin 2020
  • Prix : 17.90 €
  • ISBN : 9782378871109

Résumé de l’éditeur : La Cité des Filles Perdues est désormais celle des Filles Retrouvées. Mais dans sa qûete pour rassembler et mettre à l’abri les femmes du pays, Rouge sera amenée à remettre en question ses idéaux suite à la rencontre d’une communauté possédant une manière toute particulière de combattre les coyotes. Dans ce second et dernier tome de la série acclamée par la critique, Sean Lewis (The Few, Thumbs) et Caitlin Yarsky portent un regard fascinant et sans concession sur la guerre, la misogynie et le pardon.

À propos de l'auteur de cet article

Victor Benelbaz

Victor Benelbaz

Tombé dans la marmite de la bande dessinée depuis tout petit, Victor est un vrai amateur éclairé. Comics ou récits jeunesse sont les deux genres préférés de ce professeur de français.

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