L’Art de Jean-Claude Mézières

Avec L’Art de Jean-Claude Mézières, les éditions Dargaud consacrent au dessinateur génial de Valérian et Laureline une biographie complète et très documentée qui retrace l’ensemble de sa carrière.

Une biographie, pourquoi faire ?

Un des plaisirs quand on aime (et quand on lit) de la bande dessinée, c’est de découvrir les auteurs « derrière les œuvres« . Pour cela, rien de mieux que de se plonger dans des biographies documentées de nos artistes préférés. Bien entendu, les livres de ce genre pullulent sur les artistes patrimoniaux, avec la collection de livres dédiés à Hergé, Franquin, Peyo ou Jacobs. Dans les artistes plus contemporains, les éditions Maghen ont édité de très belles réalisations dédiées à André JuiIllard, Vicomte, Cosey.

S’il y a un artiste qui m’a donné envie depuis ma jeunesse de lire de la bande dessinée et m’a plongé dans son univers graphique fantastique, c’est bien Jean-Claude Mézières et sa fabuleuse série Valérian et Laureline, scénarisée par Pierre Christin. Ces deux auteurs m’ont profondément marqué et ce n’est que justice que de découvrir (enfin !) la biographie de ce dessinateur de génie.

Rome ne s’est pas fait en un jour

Pour commencer, L’Art de Jean-Claude Mézières nous plonge dans la jeunesse du dessinateur. Son apprentissage graphique aux Arts décoratifs (les Zarto), son amitié naissante avec Pierre Christin et Giraud, puis ses années de jeune adulte en Amérique sont autant d’occasions de découvrir ses premiers travaux rémunérés. Inspiré par le maître Franquin, on suit la maturation de son trait petit à petit.

En 1966, la planche de La Conscience, dans laquelle Mézières met en scène littéralement un texte de Victor Hugo (technique vu, dans MAD)  démontre toute évolution.

A partir de 1967 (et le retour au pays), Jean-Claude Mézières abandonne son pseudo J.C Mézi en entamant la première aventure de Valérian et Laureline, Les mauvais rêves.

Le chapitre consacré à cette aventure humaine et graphique est émaillée de nombreuses cases en gros plan (certaines devenues iconiques de la série), qui mettent en avant son sens du mouvement autant dans le trait que dans la composition.

Les cases qui « condensent en une seule place de multiples moments” permettent d’apprécier sa recherche incessante de narration graphique, une grande qualité de J.C. Mézières qui m’a toujours fasciné en tant que lecteur (même si je n’en avais pas vraiment conscience à 10 ans…). Admirer son travail de près avec les repentirs encore présents, en découvrant en sus les commentaires de son auteur, apporte l’éclairage qui manquait aux amateurs de son œuvre. 

Mézières et le Cinéma

Après une chronologie rapide de Valérian et Laureline, L’Art de Jean-Claude Mézières s’attache à la relation du dessinateur au cinéma. Les emprunts non officiels (certains univers visuels de Stars Wars sont très proches de la vision de Galaxity et ses “mondes flottants”), et les commandes officielles. Entre gouaches d’ambiances et personnages, on peut y admirer les concept art des Limouzingues, (taxis volants), de La Diva ou encore de la Machine régénératrice de Leloo du film  Le 5e élément de Luc Besson.

On y découvre aussi l’adaptation d’un roman de science-fiction russe, intitulé Un Dieu Rebelle, qui ne verra jamais le jour.

L’art de Mézières – Les bonus

Le dernier chapitre de L’Art de Jean-Claude Mézières recense plein de petites perles beaucoup moins diffusées. Un mini récit avec Goscinny, Quand j’avais ton âge, un autre publié dans Métal Hurlant en 76 Les Baroudeurs de l’Espace, ou celui diffusé dans le magazine A suivre : Tant qu’il y aura du monde.
Sans oublier quelques pages dédiées au très beau
Lady Polaris, publiée dans les années 80, une vraie -fausse enquête sur les traces d’un cargo disparu et de sa belle belle passagère.

Pour faire pétiller vos yeux, la biographie se termine sur quelles illustrations coquines diverses, avec ou sans Laureline.

Vous l’aurez compris, j’ai adoré L’Art de Mézières. J’y ai découvert de  nombreuses pépites que je ne connaissais pas (planches et illustrations), tout en appréciant la qualité graphique des cases en gros plan. Un must, quoi !

Article posté le mercredi 29 septembre 2021 par jacques

L'Art de Jean-Claude Mézières (Dargaud)
  • L’Art de Jean-Claude Mézières
  • Scénario et dessin : Jean-Claude Mézières
  • Editeur : Dargaud
  • Prix : 39 €
  • Parution : 24 septembre 2021
  • ISBN : 9782205078008

Résumé de l’éditeur : Des centaines de milliers de lecteurs ont depuis plus de vingt ans plébiscité Jean-Claude Mézières pour les inventions et la maîtrise graphique des aventures de Valérian agent spatio-temporel. Hors de ces albums, cet ouvrage recense les multiples collaborations qu’il a effectuées dans les domaines de la presse, de la publicité du cinéma ou du dessin animé au travers de documents inédits et époustouflants. Un véritable « livre-document » qui dévoile les différentes facettes d’un auteur prolifique et sincère.

À propos de l'auteur de cet article

jacques

jacques

Designer Digital, je lis et collectionne les BD depuis belle lurette. Ex Rédacteur en chef d’Un Amour de BD, j’aime partager ma passion pour ce média, et faire découvrir les pépites que je croise. Passionné par la narration sous toutes ses formes, je suis persuadé qu’une bonne BD a autant de qualités qu’un autre produit culturel (film, livre, disque…) et me fais fort de vous l’expliquer.

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