Les âges perdus T1 – Le fort des landes

En l’an Mille, l’apocalypse s’est abattu sur la terre. Bien des siècles plus tard, Primus, chef d’une petite tribu, tente de redonner un espoirs au delà de la simple survie à l’espèce humaine, au péril de sa vie et à contrario des lois…

Le temps de l’obscure

Armen de Cilicie, moine copiste et enlumineur, s’est réfugié dans la puissante abbaye de Cluny, au cœur du royaume de France. Comme redouté dans les saintes écritures, il assiste, impuissant, à l’embrasement du ciel qui fait sombrer l’humanité toute entière en quelques battements de cils. Ainsi commence le “Temps de l’Obscure.”

Les rares survivants se cachent dans les profondeurs, laissant pendant des siècles la terre aux hordes de bêtes sauvages. Quand les nuages s’ouvrirent enfin, les survivants sortirent de leur cachette pour reconstruire une nouvelle humanité, mais en ayant oublié les techniques de leurs ancêtres… Ils entrèrent ainsi dans les “Âges perdus”.

Au Sud D’Anglia, le clan de Moor arrive au pied du fort des Landes, mais le petit groupe n’est pas censé s’y rendre, laissant la priorité au clan de la lune, comme leur lois l’exigent. Pourtant Primus, leur chef, est décidé. Sans explication, il emmène sa fille Elaine et ses meilleurs guerriers dans le fort. Une mauvaise nouvelle tombe, car Faucon le guetteur vient de repérer les traces des trois grands mâles Écorcheurs, des sortes de Grizzli géants… et qu’ils sont déjà sur leurs traces..

Une grande saga fantasy

J’avais beaucoup apprécié Horacio d’Alba, la précédente série fantastique de Jérome Le Gris, avec Nicolas Siner au dessin. Le scénariste y développait une intrigue d’action sous couvert de réflexions autour des lois et de la république, dans un univers Renaissance-fantastique particulièrement cohérent.

Pour Les âges perdus, Jérome Le Gris semble parti pour utiliser le même procédé. Il construit un univers dystopique (le monde a été presque totalement détruit par un millénaire apocalyptique). L’humanité n’est ressortie des cavernes où elle s’était réfugiée que bien des siècles plus tard, en ayant oublié la base des sciences humaines.

C’est donc dans ce monde dangereux, sans pitié (qui n’est pas sans rappeler l’âge de fer) que nous allons suivre le clan de Moor qui est obligé, comme tous les autres clans à migrer sans cesse de forts en forts, en suivant les grands troupeaux d’herbivores. Mais leur chef Primus en a décidé autrement. Il est persuadé qu’il est possible de cultiver des céréales. Cela peut paraître anodin, mais ce changement a le pouvoir de transformer radicalement le destin de ces derniers nomades humains… Malheureusement, pour cela, Primus doit revenir dans le fort des Landes et s’opposer aux lois de son monde qui imposent une occupation par roulement des différents forts…

Un univers dense et complexe…

Pour nous immerger dans son récit prévu en quatre tomes, Jérome Le Gris doit nous passer un grand nombre d’informations. L’histoire dystopique (l’apocalypse), les changements qui l’accompagnent, sans oublier de faire connaissance avec une petite troupe de personnages.
Cette longue exposition, racontée au passé, ralentit un peu le début de la saga.

Heureusement, quand le décorum (somptueux et complexe) est enfin posé, il nous entraîne vers un monde d’aventure aux enjeux humains mais aussi sociétaux. Primus et sa troupe doivent-ils suivre aveuglément les lois “survivalistes” édictées ou les remettre en question, pour un plus grand idéal ? La problématique ne risque de trouver des réponses que dans le sang…

Les âges perdus : Le dessin au top

Pour mettre en image cet univers fantasy aux accents écologiques, Jérôme Le Gris s’est associé à Didier Poli. Ce dessinateur (et coloriste) au style réaliste s’était illustré dans la belle série L’Enfant de l’Orage et de nombreuses autres “petites” participations. Pour Les âges perdus, il compose une mise-en-scène très cinématographique qui fait la place belle à l’action. Grands paysages dévastés, Character Design soigné (chaque clan a ses attributs) et scènes d’actions dynamiques, il assure l’immersion, complétée par la mise-en-couleur de Bruno Tatti.

Pour résumer, Jérome Le Gris et Didier Poli nous proposent un premier tome ambitieux, qui ravira les amateurs d’aventures sans oublier un peu de fond, vivement la suite !

Article posté le dimanche 21 mars 2021 par jacques

Les âges perdus de Jerôme Le Gris et Didier Poli
  • Les âges perdus, tome 1 : Le fort des landes
  • Scénariste : Jérôme Le Gris
  • Dessinateur : Didier Poli
  • Coloriste : Bruno Tatti
  • Editeur : Dargaud
  • Prix : 14,95 €
  • Parution : 26 mars 2021
  • ISBN : 9782505073222

Résumé de l’éditeur :À la veille de l’An Mil, le feu du ciel se déchaîne sur la Terre et la plonge dans une nuit éternelle. Les villes sont rayées de la carte. Les humains se réfugient dans des grottes. Le temps de l’Obscure est venu… Quelques milliers d’années plus tard, tandis que le soleil est réapparu, la vie reprend enfin ses droits. Mais les savoirs anciens ont disparu. Pour survivre, des clans nomades se forment et se partagent les territoires et les ressources selon des règles établies. Un homme, Primus, a trouvé le moyen de faire pousser une plante, l’engrain. Sa découverte permettrait aux siens de ne plus jamais connaître la faim. Mais elle remet en cause la coutume et le pouvoir des autres clans… À la mort de Primus, il appartient à sa fille, Elaìne de Moòr, de prendre en main le destin de son peuple et de le préserver de la destruction.

À propos de l'auteur de cet article

jacques

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Designer Digital, je lis et collectionne les BD depuis belle lurette. Ex Rédacteur en chef d’Un Amour de BD, j’aime partager ma passion pour ce média, et faire découvrir les pépites que je croise. Passionné par la narration sous toutes ses formes, je suis persuadé qu’une bonne BD a autant de qualités qu’un autre produit culturel (film, livre, disque…) et me fais fort de vous l’expliquer.

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