Maladroit de naissance

L’auteur de La cantine de minuit, Yarô Abe, raconte son enfance dans Maladroit de naissance, un manga très drôle aux éditions Le lézard noir. Entre son envie de dessiner, ses inaptitudes physiques et un père facétieux, plongez dans un univers tendre et amusant.

Makoto, petit, chétif, enrhumé et maladroit

Shimanto, sur l’île de Shikoku, 1965. Makoto est tout petit. Il vit dans une des dépendances de la maison de ses grands-parents avec Akira, son père et Masami, sa mère. Le petit garçon passe toutes ses journées à dessiner.

De nature fragile, toujours enrhumé, chétif et maladroit, il fait pourtant le bonheur de son père, un homme facétieux et drôle.

La famille s’agrandit deux ans plus tard avec l’arrivée d’Izumi, la petite sœur de Makoto. Si lui tombe malade et est de faible stature, la petite fille est toujours en forme et vrai garçon manqué. Par la suite, les deux enfants passeront leur temps à se chamailler.

Akira, un homme en slip

Responsable de chantier pour le ministère de la construction , Akira aime faire des farces, apprendre des chansons grivoises à son fils et attraper ses pets pour les faire sentir à Makoto. A plus de 200 m de la maison, il porte une chemise, des knickerbockers (pantalon court) et des bottes aux pieds. Comme il est gros et ne trouve pas de vêtements à sa taille, c’est Masami, sa femme, qui lui en confectionne. Le reste du temps, chez eux, le père se balade en slip, sans grande pudeur.

N’aimant plus vraiment son travail, Akira prendra même la décision de démission en 1968. Il devient entrepreneur de travaux publics mais ne peut rentrer chez lui que les week-ends. Ainsi, Masami doit élever seule Izumi et Makoto

Maladroit de naissance, un regard tendre sur l’enfance de Yarô Abe

Avec Maladroit de naissance, Yarô Abe nous invite à découvrir son enfance. Une enfance très douce et tendre. S’il est maladroit comme l’indique le titre, sa famille est toujours bienveillante avec lui. Le mangaka raconte ainsi sa vie jusqu’au décès de son père en 1980. Alors connu grâce à sa série La cantine de minuit, il décide de conter cette tranche de vie allant de sa petite enfance à la terminale.

Yarô Abe ne dresse pas un portrait très flatteur de lui-même et ne se donne jamais le beau rôle. Ce sont ce recul et cette autodérision qui plaisent aussi dans ce one-shot. Il se décrit comme maladroit, petit, pas costaud, pas sportif, toujours malade, invisible aux autres, pas très bon à l’école et timide.

L’école, un lieu de sociabilisation et de découverte

Au fil des pages de Maladroit de naissance, les lecteurs peuvent néanmoins suivre la progression de Makoto. S’il n’est pas fait pour le sport, il tente et s’entraîne mais souvent en vain. Il est plus doué dans le dessin. On le voit souvent un crayon à la main.

L’école est souvent le décor du manga. Makoto fait ainsi son entrée en maternelle et les lecteurs le suivent dans les classes supérieures. Plus il grandit, moins il est réservé et plus il a d’amis. Les séquences scolaires sont d’ailleurs très drôles.

Oui, Maladroit de naissance est très drôle. Cet humour très présent dans quasiment chaque page n’est en revanche jamais noir ni méchant. Positif, il l’est par les situations cocasses mais surtout par la galerie de personnages plus drôles les uns que les autres. Et en premier lieu, Akira, le père. Toujours joyeux, aimant l’alcool et la nourriture, les lecteurs se prennent d’affection pour cet homme au grand cœur. S’il est parfois dur avec son fils, il est toujours très juste.

Maladroit de naissance est avant tout un sublime message d’amour d’un fils à son père. C’est agréable, c’est tendre, c’est positif et drôle.

Article posté le dimanche 10 mai 2020 par Damien Canteau

Maladroit de naissance de Yarô Abe (Le lézard noir)
  • Maladroit de naissance
  • Auteur : Yarô Abe
  • Traductrice : Miyako Slocombe
  • Éditeur : Le lézard noir
  • Prix : 18 €
  • Parution : mars 2020
  • ISBN : 9782353481811

Résumé de l’éditeur : Makoto est maladroit depuis la naissance, et n’a jamais été capable de mener autre chose qu’une vie médiocre. Cette vie, c’était la même que celle de son père. De petites anecdotes insignifiantes au premier abord mais pleines de finesse et d’acuité, et surtout remplies d’une douceur qui vous fait chaud au coeur, inspirées de la vraie vie de Yarô Abe, l’auteur de La Cantine de minuit, qui a grandi à Shimanto, dans le département de Kôchi, au sud de l’île de Shikoku.

À propos de l'auteur de cet article

Damien Canteau

Damien Canteau

Damien Canteau est passionné par la bande dessinée depuis une vingtaine d’années. Après avoir organisé des festivals, fondé des fanzines, écrit de nombreux articles, il est toujours à la recherche de petites merveilles qu’il prend plaisir à vous faire découvrir. Il est aussi membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée).

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