Mon père était boxeur

Avec Mon père était boxeur, la photographe, enseignante et documentariste Barbara Pellerin signe chez Futuropolis un récit émouvant sur la relation entre une fille et son père.

L’ESPOIR AU BOUT DES POINGS

A 18 ans, dans les années soixante, Hubert Pellerin, cadet d’une famille de 14 enfants, a la boxe chevillée au corps. Au bout de ces deux boules de cuir qui entourent ses poings, le jeune ouvrier tient peut-être cette liberté et ces rêves de gloire qui vont lui permettre d’échapper à la vie morne de la filature où il travaille. Nous sommes à Barentin ( Seine-Maritime) .

C’est là, dans la cour de l’usine qu’il va rencontrer et demander en mariage celle qui partagera sa vie pendant dix-sept ans et accompagnera ses victoires et ses défaites. Bien des années plus tard, la fille du couple, Barbara Pellerin, raconte leur histoire à travers une BD et un film documentaire particulièrement attachants.

CETTE VIOLENCE QUI LE DÉPASSAIT

Avec Mon père était boxeur, Barbara Pellerin signe un récit plein de bruit, d’amour et de fureur. Elle décrit sans concessions la violence de ce père un peu « taiseux » parfois en proie à des accès de violence.  En 1983, il raccroche les gants pour entamer une  » carrière  » de représentants en spiritueux pour le groupe Berger.

Sa rage, ses colères autrefois contenues sur le ring débordent parfois au delà des cordes.  » Fou d’amour, fou de jalousie, fou d’une violence qui le dépassait », le père de famille aimant peut aussi se faire monstre aux yeux d’une petite fille qui ne le comprend pas :  » J’ai baigné dans la crainte d’un débordement… explique Barbara Pellerin, « d’un coup de folie, du meurtre. Imprévisible, il se transformait brusquement en en un volcan de fureur que rien ne semblait arrêter, même pas moi « .

UNE LONGUE SOMME DE NON-DITS

Fin des années 2000. Barbara a grandi. La trentenaire n’a pas revu son père depuis quelques années. « Etrangers l’un à l’autre , s’effrayant et se cherchant parfois  » ajoute-t-elle. C’est encore la boxe qui va lui servir de prétexte pour renouer des liens avec cet homme qui est devenu entraîneur et président du boxing club de Rouen. Et c’est avec une caméra, un peu son outil de travail,  qu’elle va l’apprivoiser à nouveau.

Un DVD Mon père était boxeur de 33 minutes accompagne l’album et le complète agréablement, donnant à son propos encore plus de force. Comme dans les planches pleines pages croquées par Vincent Bailly (Un sac de billes, Coupures irlandaises) avec ses rouges sang comme celui des coups donnés et reçus, elle laisse avec ses plans larges ou ses gros plans parler le silence du père. « J’ai jamais été démonstratif «  lâche d’ailleurs le champion fatigué devant l’objectif.

En novembre 2012, quelques semaines après le tournage de ce film, Hubert Pellerin meurt subitement à l’hôpital de Sotteville-les-Rouen, une photo de sa fille dans son portefeuille… Restent des coupures de presse, et surtout ce très beau témoignage d’amour d’une fille pour son père.

Article posté le mercredi 01 juin 2016 par Jean-Michel Gouin

Mon père était boxeur est un beau message d'amour d'une fille à son papa de Barbara Pellerin, Kris et Vincent Bailly aux éditions Futuropolis, décrypté par Comixtrip le site Bd de référence
  • Mon père était boxeur
  • Récit : Barbara Pellerin
  • Scénario et dialogues : Kris et Barbara Pellerin
  • Dessin et couleurs : Vincent Bailly
  • Editeur : Futuropolis
  • Parution : 26 mai 2016
  • Prix : 20 €

 Résumé de l’éditeur. Hubert était champion de boxe. Sa fille, Barbara, est aujourd’hui photographe et cinéaste. Un récit autobiographique poignant.
L’album est accompagné du DVD du film écrit et réalisé par Barbara Pellerin. Ce que le film ne dit pas, le livre le montre. Deux récits complémentaires qui révèlent le portrait unique d’une relation d’un père à sa fille.

À propos de l'auteur de cet article

Jean-Michel Gouin

Jean-Michel Gouin

Passionné par l'écrit, notamment l'histoire, la littérature policière et la bande dessinée, Jean-Michel Gouin est journaliste à Poitiers.

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