Entretien avec Anne-Laure et Naomi Reboul

Le 3 mars Comixtrip a reçu en live l’autrice Anne-Laure Reboul et sa sœur Naomi dans le cadre de ses entretiens . Elles nous ont parlé de Iris Deux fois publié chez Sarbacane, mais pas seulement.

Est-ce que vous pouvez vous présenter ?

Anne-Laure : Naomi, ma sœur est graphiste et autrice de bande dessinée. Elle a eu une première parution dans le projet Bermuda. Elle a fait plein de petits boulots mais elle a toujours dessiné. On a fait Iris deux fois ensemble. C’est un petit génie et on vit dans la Drôme.

Naomi : Anne-Laure est libraire et scénariste, elle a coscénarisé La marche et La tomate avec Régis Penet.

Couverture La marche

Anne-Laure, qu’est-ce qui t’a poussé à ouvrir cette librairie à Dieulefit ?

J’ai fait des études pour être libraire. Mais je me suis retrouvée « credit manager », responsable facturation et recouvrement. J’aime bien les chiffres mais au bout d’un moment je me suis ennuyée à mourir. J’ai appris qu’il n’y avait plus de librairie dans la ville dont j’étais originaire. Donc j’ai tout plaqué pour en ouvrir une et maintenant je fais salon de thé.

Pourquoi avoir choisi ce nom ?

ALR : La librairie s’appelle Sauts et Gambades en référence à Montaigne et ses essais. Quand il dit qu’il aime aller à sauts et à gambades, comme dans ses idées finalement. C’est une petite librairie, on peut aller, à sauts et à gambades, d’un rayon à l’autre.

Essais (extraits)

Vous êtes originaires de la Drôme, êtes-vous toujours restées ici ?

NR : Je suis partie une dizaine d’années sur Lyon et je suis revenue. On est assez attachées à ce lieu.

Anne-Laure peux-tu nous dire qui tu as accueilli en décembre dans ta librairie ?

J’ai reçu Hervé Le Tellier à la sortie de L’anomalie, avant qu’il reçoive le Prix Goncourt. Il a eu la gentillesse et l’amitié de revenir une deuxième fois après l’obtention de ce prix..

L'anomalie

Naomi peux-tu nous dire ce que tu as fait avant d’être dessinatrice pour « Iris, deux fois » ?

J’ai fait plein de boulots alimentaires, quelques expériences dans le graphisme. J’ai entrepris des études dans le graphisme et le dessin mais j’ai arrêté assez vite. Je n’aimais pas trop l’école, ça ne marchait pas.

Anne-Laure, tu as fait deux albums en 2018 et 2019, peux-tu nous en dire un plus à ce sujet ?

À la base, je n’étais pas du tout prévue pour travailler sur La tomate. Mais Régis Penet, qui se trouve être mon mari, essayait de trouver son personnage principal Anne. Je n’arrêtais pas de mettre mon grain de sel. Je lui ai dit de me laisser faire et j’ai écrit les dialogues. Je me suis investie et cela m’a beaucoup plu, mais vraiment. C’était la première fois que je le faisais. D’ailleurs, c’est Naomi qui a fait la colorisation de La tomate.

Couverture La tomate

Anne-Laure, peux-tu nous dire si tu es libraire et scénariste ou scénariste et libraire ?

Je suis avant tout libraire puisque c’est avec ça que je gagne ma vie. Scénariste, je n’arrive pas encore à dire que c’est un métier, je n’ai pas écrit grand-chose, je suis inconnue. Ce serait présomptueux de me présenter comme scénariste. Mais ça me plait beaucoup.

Comment se passe pour vous cette période covid-19 ?

Pour le premier confinement, ça a été un arrêt total de la chaîne du livre. La sidération prenait le pas sur l’angoisse ou l’inquiétude. On se demandait si on va pouvoir survivre pendant ces deux mois.

Le deuxième confinement, on a pu faire du « click and collect ». C’est l’enfer, on était juste des préparateurs de commandes. Ce n’était pas intéressant, la partie conseil n’était plus là. Et au niveau financier on ne faisait pas les mêmes chiffres.

Depuis la réouverture, ça va. Il y a beaucoup de gens parce qu’il n’y a plus de culture nulle part sauf en librairie. Maintenant on est passés en commerces essentiels, alors en cas de nouveau confinement, on sera là !

Que penses-tu du fait que les librairies soient considérées comme commerces essentiels ?

J’ai une certaine fierté que mon pays dise que le livre est essentiel, il y a quelque chose de grand et noble là-dedans.

Quelle est la genèse de « Iris deux fois »,  ce projet en commun ?

NR : Anne-Laure m’a proposé ce projet au printemps 2019, elle avait tout écrit d’un coup.

ALR : Pour résumer, il y a un personnage Iris qui se révèle être deux personnages. On la suit dans une version qui a réussi et dans une version perdue. Cela est dû à un choix qu’elle a fait des années auparavant, partir ou rester avec le mec avec qui elle est. On suit alors les deux hypothèses.

Dans le titre il est indiqué « Iris deux fois », mais dans l’album il y a également Osiris, pourquoi ?

Osiris est le nom qui est donné à la Iris qui n’a pas réussi, par son mec pour montrer qu’ils ont eu une complicité, à un moment où ils étaient plus fringants. Là, il emploie ce surnom pour la manipuler, pour rappeler ce temps d’avant, pour l’apitoyer.

Comment as-tu travaillé la scénarisation et comment as-tu présenté le projet à Noami ?

ALR : Tout était déjà écrit sauf la scène où elle « pète les plombs» à la télévision. Je lui ai fait lire et je lui ai demandé si ça lui plairait de faire quelques planches. De trouver le visage d’Iris avec les différences entre les deux.

L’Iris perdue n’a pas évolué de la même façon que l’Iris qui a réussi. Il fallait un même personnage mais un peu différent. Naomi a fait quelques planches et quelques recherches pour la première scène et on a envoyé ça aux éditeurs.

À combien d’éditeurs avez-vous envoyé votre projet ?

Plein, au moins une quinzaine. On n’a eu qu’une seule réponse positive et c’était vraiment une bonne nouvelle. On n’arrivait pas à y croire, on relisait le mail, on avait envie de faire la fête.

Pourquoi cette fascination pour ce double personnage ?

ALR : Apparemment il y a des univers multiples qui existeraient et on vivrait dedans. Le moindre choix qu’on fait, on est une personne différente. C’est hallucinant, ça donne le vertige. Je suis partie là-dessus, sur un personnage qui a fait un choix, quitter quelqu’un, et cette Iris est complètement différente. Comme j’aime bien explorer les états d’âme, cela s’y prêtait bien.

Qu’est-ce qui t’a inspiré pour cet album, des romans, des films ?

ALR : Non j’étais vraiment concentrée à fond sur Iris. J’ai appris après qu’il y avait un film  « Pile et face »  avec Gwyneth Paltrow, je l’ai vu et j’étais rassurée que ce ne soit pas un bon film, donc ça allait.

Pile et face

Pourquoi ce choix de première scène assez trash ?

ALR : la première scène est prenante, il faut que le lecteur sache tout de suite où il met les pieds. Mon but était que quand Iris qui a réussi se réveille, elle ait un sentiment de rejet total. Là, elle ne peut pas faire autrement, ce n’est pas anodin. Cette scène doit la marquer et marquer le lecteur par empathie.

Comment se fait-il que les lecteurs parlent en premier de l’Iris qui a réussi ?

ALR : L’histoire est racontée autour d’Iris qui a réussi, mais au final on suit leurs deux trajectoires.

Une seule personne est stable dans l’histoire, Camille la sœur, pourquoi ?

ALR : Naomi m’a traversé l’esprit quand j’ai construit le personnage de Camille

NR : Oui c’est cool, je ne savais pas.

ALR : il y a un rapport assez fort entre les deux. Camille reste la même dans les deux mondes, c’est un repère. Elle a un regard compatissant et encourageant avec Iris perdue et rentre dedans avec Iris qui a réussi. Elle ne la prend pas trop au sérieux. Elle s’adapte quand-même.

Est-ce que la scène du restaurant est un clin d’œil à Drouant ?

Pas spécialement, je voulais du luxe, de la classe, un endroit très chic qui parait tout à fait normal à Iris qui a réussi. Pas une cafétéria dans un centre commercial comme celle où mange Iris perdue.

Pourquoi est-ce qu’Iris perdue est libraire ? Est-ce pour rappeler ta profession ou juste pour la notion de livre ?

ALR : Je voulais un attachement au livre parce qu’à la base c’est la même personne. Je voulais vraiment qu’elle ait un lien avec le livre, même dans un espace culturel. C’est quelque chose qu’elles ont en commun toutes les deux, même si Iris perdue est en bout de chaîne. Elle aime le livre, on la voit beaucoup lire

Parlez-nous de votre façon de travailler ?

NR : On se réunissait très régulièrement. Anne-Laure m’a confié le scénario, j’ai fait le découpage, le storyboard Comme on habite à côté, c’est pratique, on se retrouvait une fois par semaine pour valider, si l’intention était respectée.

ALR : C’était sympa, pour Régis (Penet) aussi.

NR : Régis nous a donné des conseils qui nous ont vraiment aidé. On a bien travaillé ensemble. J’ai ressenti qu’on avait le même regard sur le scénario, c’était fluide. On a les mêmes goûts, on est assez complices et cela facilite le travail. On voit facilement ce que l’une a dans la tête. On a un cerveau à deux !

Anne-Laure a écrit un scénario bien détaillé avec les dialogues. C’était bien écrit donc j’ai vite cerné la psychologie des personnages. J’ai travaillé le découpage scène après scène, je n’ai rien modifié.

ALR : J’ai écrit le scénario mais j’ai rarement indiqué les plans. Quand Naomi a fait le storyboard, j’ai réalisé que c’était exactement ce que j’avais en tête.

Est-ce que cette proximité familiale vous a permis de mieux avancer ?

ALR : Parfois ce que Naomi avait dessiné, était mieux que ce que j’avais pensé. Notre complicité nous a permis de travailler comme ça. C’était bien quand-même ?

Comment s’est passé la collaboration avec votre éditeur ?

NR : On a envoyé le storyboard une fois terminé, pour voir si tout était ok. Il y a eu deux, trois ajustements.

ALR : Comme c’était notre première bande dessinée, il y avait besoin de valider le storyboard.

NR : Après j’ai fait mon travail de réalisation de planches, que j’ai livré en trois fois.

Combien de temps est-ce que cela vous a pris entre l’accord avec Sarbacane et le rendu pour la relecture et l’impression ?

NR : J’ai commencé à l’été 2019 et terminé en novembre 2020, donc un an et demi.

ALR : Pour moi qui avais tout écrit, ça me semblait un temps infini. Je voulais la lire, j’étais très impatiente. Je lui ai quand-même mis la pression.

NR : C’est une passion, un plaisir, mais franchement il y a des moments difficiles.

Comment as-tu géré ton temps Anne-Laure entre ton métier de libraire et celui de scénariste pour accompagner ta sœur ?

J’ai toujours pris du temps pour regarder ses planches, c’est un projet très important. Comme je fermais le dimanche après-midi et le lundi, je traînais toujours pour voir, ainsi que le soir. J’ai pu concilier les deux sans problème.

Avez-vous eu à faire des modifications sur demande de votre éditeur ?

ALR : Au niveau du scénario, il a eu des remarques sur des scènes, qui étaient assez justes. Il y a une scène que j’ai réécrite et c’était beaucoup mieux comme cela. Après c’était sur des mots, des expressions, on a discuté pas mal de temps.

Donc c’était une collaboration bienveillante ?

NR : Carrément !

ALR : Ça va plus loin que le rôle d’accompagnement, il nous fait confiance, surtout pour un premier projet. La façon de porter le livre, l’enthousiasme, les remarques qui sont à propos. Enfin cet objet final, ils ont vraiment fait un bel objet. L’équipe est mobilisée, c’est fou.

NR : On avait l’impression d’être exceptionnelles, c’était agréable comme collaboration.

Est-ce que vous avez passé beaucoup de temps à faire cette couverture ?

NR : Les deux images font écho à des scènes qu’on a dans l’histoire. Mais ce sont des dessins qui ont été faits exprès pour la couverture.

Et pourquoi ce découpage ?

NR : En fin de compte j’ai toujours été « à la bourre » dans mon travail, un peu dépassée. J’ai fait deux propositions mais Sarbacane m’a orientée vers cette proposition et je trouvais que ça collait bien. Je regrette un peu d’avoir manqué de temps, mais finalement cette couverture est très bien.

Comment travailles-tu Naomi ?

NR : Je travaille à l’ancienne sur du papier, crayon à papier, encre de Chine, la technique du lavis pour les volumes et ensuite je scanne mes planches. Le travail de couleur est fait sur Photoshop. Donc un peu ordinateur et un peu papier. L’avantage avec l’ordinateur, c’est qu’on peut toujours rattraper quelque chose. Mais j’aimerais bien faire tout à la main, on verra ça plus tard.

ALR : Les couleurs sont essentielles pour Iris, savoir dans quel monde on est. Si tu te plantais, il fallait tout recommencer.

La pagination est importante, 188 pages, comment a-t-elle été définie ?

ALR : Au début c’était 160 planches et on s’est aperçues que ça ne rentrait pas. Cela a contrarié Naomi, mais on ne pouvait pas faire autrement. Ou alors on coupait la fin.

NR : La scène du restaurant a été rallongée.

ALR : Elle nous a donné beaucoup de mal. Et quand ils sont en Bretagne.

NR : Ah oui, tu as rajouté des trucs, Anne-Laure s’est fait plaisir.

Pourquoi la Bretagne ?

ALR : C’est une région qu’on aime beaucoup. De nombreux Parisiens aisés ont des résidences secondaires en Bretagne. Et pour le plaisir d’avoir des pages de mer et de sable.

NR : D’avoir du mauvais temps. C’était l’été !

ALR : On s’est bien projetées.

Vous avez dit dans un post « On peut mourir, on est dans Lire » pourquoi ?

NR : C’est la classe !

ALR : Parce que c’est la consécration absolue. Je l’achète presque religieusement tous les mois pour voir les nouveautés et ce dont on va parler. Et là, je tombe là-dessus, je tombe en syncope. Ça m’a émue qu’on soit dedans.

Est-ce un choix pour vous d’être loin des réseaux sociaux ?

ALR : En fait je suis vraiment nulle, je découvre Instagram. Je ne suis pas vraiment pas là-dedans. Ce qu’on poste, c’est un peu comme un tatouage qui reste à vie, il faut vraiment bien réfléchir à dire quelque chose de vraiment pertinent, intelligent. Du coup, ça me freine !

NR : Il y a plusieurs raisons. C’est à la fois un choix et ça me saoule. Je ne suis pas très à l’aise avec ce genre de trucs. Mais maintenant qu’on a sorti une bande dessinée, je me dis qu’il y a une raison, avoir un peu de visibilité.

Beaucoup de dessinateurs ont une page pour présenter leur travail.

NR : Je n’ai pas eu le temps de m’en occuper, mais j’ai dans l’idée d’avoir une page où je montrerais ce que je fais. Enfin, si un jour il y a quelque chose, ce sera en rapport avec mon travail.

Arrivez-vous à faire la différence entre la sphère privée et la sphère professionnelle ?

ALR : Personnellement je ne fais aucune différence.

NR : Je dirais même que ça nous a rapproché de travailler ensemble. Je n’ai pas ressenti le besoin de scinder les deux.

ALR : Ça a même rajouté quelque chose.

NR : C’est comme si on avait fait un bébé ensemble. Un an et demi, c’est long pour accoucher.

Parlez-nous de vos projets ?

NR : J’ai un projet en cours. Je travaille dessus, c’est la dernière ligne droite. Il devrait sortir en juin ou août (2021), tout dépend de mon avancement. C’est avec la maison d’édition Les enfants rouges, je suis à la fois scénariste et dessinatrice. C’est une histoire d’amour un peu particulière qui débute dans une clinique psychiatrique.

C’est un projet que j’ai signé juste après Sarbacane, j’avais les deux en même-temps et j’ai un peu paniqué car les dead lines étaient ambitieuses. Je pensais aller plus vite. J’ai dû hiérarchiser.

Un roman graphique qui fait 243 pages. Je ne me rendais pas compte de la charge de travail, mais les deux dont de gros volumes. Je suis super contente.

ALR : J’ai des trucs en tête mais j’attends d’avoir du temps pour m’y mettre vraiment. J’ai besoin d’écrire l’histoire du début à la fin. Aller jusqu’au bout, pour savoir ce que mes personnages vont faire.

Avez-vous en tête de refaire quelque chose ensemble ?

NR : J’aimerais bien moi.

ALR : Moi aussi j’aimerais beaucoup.

NR : Je m’imagine qu’on va retravailler ensemble.

ALR : Vraiment, j’aimerais bien.

Pourriez-vous nous présenter un coup de cœur ?

NR : Ces derniers jours, j’ai lu Oleg de Frederik Peeters. J’ai vraiment beaucoup aimé. J’avais bien aimé Pilules bleues. C’est mon coup de cœur.

Couverture Oleg                          Couverture pilules bleues

ALR : J’ai beaucoup aimé aussi. Sinon j’ai des vieux coups de coeur. Habibi (de Craig Thompson) a changé ma vision de la bande dessinée. C’est la meilleure bande dessinée que j’aie lue.

Après il y a Larcenet, je lui voue un culte aussi, surtout quand il est très noir dans Blast ou Le rapport de Brodeck. C’est magnifique.

Couverture Blast - intégrale                                        Couverture Le rapport de Brodeck tome 1

En plus récent, il y a Alt Life que j’ai beaucoup aimé, le tome 1 était vraiment brillant. Et Préférence système d’Ugo Bienvenu, j’ai adoré. Mais la personne en qui je voudrais me réincarner en bande dessinée c’est Posy Simmonds. Gemma Bovary et Tamara Drew.

                    Couverture Gemma Bovery                      Couverture tamara drewe

Merci à vous deux d’avoir participé à ce live qui sera retranscrit .

 

 

Cet entretien et sa retranscription ont été réalisés en collaboration avec Claire @fillefan2bd dans le cadre du live qui s’est tenu le mercredi 03 mars sur la page Instagram de Yoann @livressedesbulles .
Vous voulez en savoir plus, n’hésitez pas à regarder ci-contre le replay du live.
Article posté le vendredi 30 avril 2021 par Claire Karius

  • Iris, deux fois
  • Scénariste : Anne-Laure Reboul
  • Dessinateur : Naomi Reboul
  • Editeur : Sarbacane
  • Prix : 24 €
  • Parution : 03 février 2021
  • ISBN : 9782377315581

Résumé de l’éditeur : Iris a réussi sa vie : trois romans plébiscités, un mari éditeur attentionné, un appartement confortable au coeur du quartier latin… Et pourtant, alors qu’elle s’apprête à recevoir un important prix littéraire, un mauvais rêve vient assombrir ce bonheur sans nuage. Chaque matin, elle se réveille avec la très nette sensation de vivre la nuit la vie d’une autre version d’elle-même, un double déchu, abîmé, au bord du gouffre, une Iris des mauvais choix et des galères, une Iris de la France d’à côté. Et si ce cauchemar n’en était pas un ? Si cette vie d’écrivaine à succès n’était qu’une illusion ? Un drame littéraire intimiste et troublant qui nous donne à réfléchir sur la question du choix et de ses conséquences, sur notre condition sociale et sur la fragilité du principe de réalité… Troublant.

À propos de l'auteur de cet article

Claire Karius

Claire Karius

Passionnée d'Histoire, Claire affectionne tout particulièrement les bulles qui abordent ces thèmes, mais pas seulement. Elle aime les lectures humaines et intimes qui savent l'émouvoir et lui donnent espoir en la vie. Elle partage sa passion sur sa page Instagram @fillefan2bd.

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