Yoann Vornière : l’auteur de la débrouille

Dans Silence, Yoann Vornière embarque le lecteur dans un univers post-apocalyptique fait de nuits éternelles, de paysages enneigés et de monstres terrifiants tout droit sortis du folklore français. L’excellent manga publié aux éditions Kana détonne et montre tout le talent de débrouillardise de son auteur humblement autodidacte. Rencontre avec Yoann Vornière : l’auteur de la débrouille.

Tu as su très tôt que tu souhaitais faire de la bande dessinée, qu’est-ce qui a suscité cette envie ? 

C’est très simple, mon entourage me disait “tu dessines bien, tu devrais faire de la BD” et naturellement, je me suis tourné vers ça. Lorsqu’on est enfant, qu’on nous donne un endroit où l’on peut s’exprimer et recevoir des compliments, je pense qu’on creuse naturellement dans cette direction. Donc, j’ai creusé dans cette direction et la bande dessinée est venue avec.

J’ai fait un court écart pendant une petite période. Au lycée, j’ai cherché un métier qui me permettrait de vivre. J’avais compris qu’il y a plein de postes différents dans l’animation. J’ai pensé que ce serait plus simple d’aller dans cette direction. Sauf que pour entrer dans les écoles d’animation, il faut le Bac. Or, je n’ai pas le Bac. Donc, il y a eu un arrêt très net, très vite. Mais je ne m’en plains pas. La bande dessinée est davantage faite pour moi. 

J’ai eu la chance d’être soutenu par mes parents. Ils sont tous les deux militaires et n’ont pas fait d’études. La seule pression que j’ai ressentie, c’est lorsque ma période de flou a duré. J’ai cherché un job alimentaire. Ils ont continué à me soutenir, c’est assez chouette. 

Dans ton style de dessin et dans l’ambiance de Silence, on reconnaît beaucoup de Radiant de Tony Valente. Quelle est ta relation avec cet auteur ? 

C’est drôle, on me le dit souvent. J’en ai parlé avec Tony et ni lui ni moi ne voyons pourquoi. Mais si tout le monde me le dit, c’est qu’il doit y avoir un truc. 

Radiant T1 - Tony Valente - Ankama

Radiant T1 – Tony Valente – Ankama

A l’occasion d’un stage de troisième, ma mère a réussi à me trouver un stage dans un atelier d’auteurs à Toulouse. Il y avait plusieurs auteurs, dont Tony Valente avec qui je me suis tout de suite bien entendu. Il avait plus la culture manga que les autres auteurs présents. On a échangé pendant quelque temps après ce stage. Il a accepté de répondre à mes mails, ce qui m’a pas mal aiguillé pendant deux ou trois ans. Puis nous avons fait chacun notre route. 

Ces échanges m’ont bien aidé, mais j’ai aussi pu voir qu’il y avait une limite. Les conseils qu’il me donnait n’étaient pas spécialement ceux qui me correspondaient. Et de mon côté, j’avais tendance à ne pas chercher mes propres solutions. Je me disais : “Ah, j’ai cette question, je vais lui poser”. Nous avons arrêté d’échanger par mail ainsi au bout de quelques années. 

Aujourd’hui, lorsqu’on se voit, on discute. En septembre 2023, je suis allé à Montréal, on a pu se voir. Mais maintenant, je discute de la même façon avec de nombreux autres auteurs que j’ai rencontrés sur les réseaux

Tu as participé au Wanted Mag, dans lequel on retrouve Rours, Guillaume Singelin, Jim Bishop… Quelle est ton expérience dans ce fanzine ? 

The Wanted Mag

The Wanted Mag

C’est assez marrant. C’est un fanzine qui existait déjà quand Jim Bishop et moi sommes arrivés. Je connaissais Jeronimo Cejudo, l’auteur de Ripper, qui avait déjà participé au fanzine. Jim Bishop et moi sommes allés le voir à une soirée de lancement sur Paris. Lui n’étant pas de Paris, c’était l’occasion de le rencontrer physiquement car on ne se connaît que grâce aux réseaux sociaux. Nous nous sommes bien entendus avec l’équipe de Wanted Mag. Pour Jim Bishop et moi, c’était l’occasion de tenter une nouvelle expérience. On a participé au troisième volume de Wanted Mag, qui sortait au moment où l’équipe imprimait le premier volume, nous avons donc également participé au nouveau premier volume. 

Ripper - Jeronimo Cejudo - Ankama

Ripper – Jeronimo Cejudo – Ankama

C’était assez chouette car c’était pour nous une première expérience d’écriture et de rencontre avec un public qui allait nous lire. Par exemple, après la sortie du volume, nous sommes allés à Japan Expo en tant qu’exposants. Cela m’a aussi permis de travailler avec d’autres personnes plus tard. Comme Rours – l’auteur d’Orage avec qui j’ai écrit un petit one-shot. Ou avec Jim Bishop. Nous avons écrit une histoire commune qui est devenue une bande dessinée jeunesse chez Ankama qui s’intitule Jill & Sherlock

C’est une connaissance commune, Christophe Cointault alias Topher – l’auteur de Tinta Run, Wind Fighter et Eightfull – qui nous a mis en relation avec Jim Bishop. Ça a matché tout de suite. 

Comment s’est déroulée la création de Jill & Sherlock ? 

Jill & Sherlock a un côté cartoon. J’avais beaucoup apprécié le one shot que nous avons réalisé avec Jim Bishop pour Wanted. Je m’amusais à le dessiner, c’était fun de jouer avec les personnages. On s’est dit qu’il y avait moyen de faire quelque chose avec cette histoire. On s’est donc lancés. 

Jill & Sherlock - Yoann Vornière - Jim Bishop - Ankama

Jill & Sherlock – Yoann Vornière – Jim Bishop – Ankama

Nous faisions des ping-pong pour le scénario, c’était assez intéressant. J’ai pu alimenter le récit mais c’est Jim Bishop qui structurait l’histoire. Il faisait un storyboard qui était si détaillé que je pouvais presque m’en servir de crayonné. C’était agréable d’échanger comme ça. 

Nous avons ensuite envoyé le projet chez un maximum d’éditeurs, sans obtenir de réponse. Finalement, c’est durant Japan Expo que nous  avons eu l’opportunité de discuter directement avec une éditrice d’Ankama. Elle nous a dit que l’équipe avait vu le projet et l’aimait bien mais qu’ils avaient aussi quelques critiques. Nous avons changé les éléments qui n’allaient pas et refait un dossier. Lorsque je suis allé me faire tatouer à Lille, près de Roubaix où Ankama était basé, je leur ai demandé un autre rendez-vous. Nous y sommes allés avec Jim et ils nous ont répondu : “c’est bon, on signe”.  

Tu semble être un auteur de la débrouille. Est-ce que tu es 100% autodidacte ? 

J’ai du mal à dire que je suis autodidacte car il y a quand même une période où j’envoyais des mails à Tony [Valente]. Ce qui est quand même un privilège assez fou. Factuellement, j’ai pris des cours de dessin aussi au collège même si le prof était toujours absent. J’ai fait beaucoup de forum comme “Café Salé”, ça m’a déjà beaucoup aidé. 

Il y a des périodes où j’ai fait des choses moins bien. Parfois, si j’ai mis beaucoup de temps à signer pour un projet, c’est que certaines choses dans mes productions n’étaient pas comprises. C’est ça aussi qui est intéressant dans ce métier, c’est qu’on est sans cesse en train d’apprendre. C’est grisant de se dire que chaque tome va être mieux que le précédent !

Comment as-tu appris à fabriquer des scénarios ? 

Justement, c’est un conseil de Tony [Valente]. Je trouve fou que lorsqu’on veut faire du manga, il y ait plein de livres pour apprendre à dessiner mais pas pour apprendre à faire des scénarios. Or pour moi, c’est le plus important ! On apprend à faire des histoires quand même. *rire*

Par contre, Tony m’a dit qu’il y en avait beaucoup au cinéma. Il m’a donné quelques références, j’en ai lu beaucoup à l’époque et j’ai compris certains mécanismes. 

Mais ensuite, j’ai essayé de tout oublier. Sinon, on reste trop fixés dans ces codes au risque de perdre en flexibilité. 

Quelle est ta relation avec les trois genres : comics, bande dessinée franco-belge et manga ? 

J’ai toujours essayé de lire de tout. Je lis autant Astérix que Dragon Ball ou Spiderman. Forcément, j’ai une culture variée qui me donne envie de tout faire.

J’essaie de ne pas m’ennuyer dans ce que je fais et de changer dans mes projets. En France, la bande dessinée est très segmentée. Pourtant, il y a beaucoup d’auteurs inspirés par le manga qui racontent leurs histoires en format bande dessinée avec de la couleur et des pages plus grandes.

Je pense que là où nous nous sommes retrouvés avec des auteurs comme Jeronimo Cejudo, c’est que le manga est un format qui nous convient tel quel. C’est amusant d’aller chercher dans ce que nous, nous avons à proposer tout en respectant les codes auxquels les lecteurs de mangas sont attachés. 

Ogrest - MIG - Ankama

Ogrest – MIG – Ankama

Talli-Sourya Sihachakr-Ankama

Talli-Sourya Sihachakr-Ankama

En manga français, nous n’en sommes encore qu’au début de ce que nous sommes capables de produire en propositions qui fédèrent. Quand je vois les mangas français, je trouve qu’il y a déjà plein de choses qu’on a digérées. Il y a des mangas comme Talli, de Sourya Sihachakr, et Ogrest, de MIG, qui sont très réussis et qui n’ont pas ce truc de singer les Japonais. 

L’une de tes premières productions, si ce n’est la première s’appelle « Sois heureux ou meurs en essayant ». Quelle est la nature de ce projet ? 

Il y a deux versions. J’ai fait la première en 2015. C’est une version »BD-blog » avec un style plus proche de Jill & Sherlock que de Silence.

L’idée c’était de refaire « Sois heureux ou meurs en essayant » tous les cinq ou dix ans dans une nouvelle version en fonction de la période. Après Jill & Sherlock, j’avais envie de le faire en format manga. J’ai travaillé pendant deux ans avec Michel Lafon à l’époque de leur collaboration avec Shibuya Production. Cela n’a pas aboutit.

Pour Silence, qui du format ou de l’histoire est né en premier ? 

Je reste attaché à ce rêve d’enfant de vouloir faire du manga, mais je ne m’interdis pas de retourner vers la bande dessinée dans de futurs projets.

Ce que j’aime dans le manga, c’est son accessibilité. Un manga coûte dix euros pour 200 pages. Une bande dessinée coûte plus cher et oblige à raconter une bonne histoire en 46 pages. C’est très difficile de demander au lecteur de s’investir. 

Dans le cas de Silence, j’ai participé au 100e concours Tezuka, comme Jeronimo. À l’époque, j’avais quelques indices sur le fait que le projet avec Michel Lafon n’allait pas aboutir. Je commençais à me questionner sur comment faire des mangas grand public. « Sois heureux ou meurs en essayant » était un manga destiné à un public assez restreint. Donc je voulais me lancer dans un manga plus accessible. 

J’ai eu beaucoup de retours positifs de proches et de collègues sur ce projet pour le concours. J’ai pris quatre mois pour faire un dossier à présenter aux éditeurs et Silence est né.

Finalement, c’est venu en faisant un projet de manga que je n’osais initialement pas faire car je ne me sentais pas assez légitime. 

Le concours Tezuka m’a fait tester pendant 50 pages le manga mainstream. Cela m’a permis de me rendre compte qu’il y a des codes que je croyais connaître mais que je ne comprenais pas. Il a fallu que je fasse un quart de tome pour avoir du recul, notamment sur les graphismes. Pour éviter de singer les Japonais. Cela m’a fait du bien de passer par ces 50 pages de test. 

Dans ton dessin, dans les ciels et les illustrations de chapitres notamment, il y a tout une esthétique horrifique. Où es-tu allé la chercher ? Quel est ton rapport au film d’horreur ? 

Moto Hagio - Exposition - Angoulême (crédit Marie Lonni / Comixtrip)

Moto Hagio – Exposition – Angoulême (crédit Marie Lonni / Comixtrip)

Je ne connais pas tant de films d’horreur. Ce côté horrifique vient plutôt du plaisir du dessin. En 2015, je ne dessinais que des monstres. J’aimais bien travailler sur la déformation des corps, sur ce qui provoque l’horreur. 

Ensuite j’ai beaucoup été influencé par des extraits de manga. Par exemple, dans l’exposition Moto Hagio – à Angoulême en 2024 – une des planches représente un personnage à demi-plongé dans l’ombre. Je trouve ça super efficace. 

Je me suis aussi intéressé à l’esthétique des films d’horreur japonais car ils sont très débridés quant aux monstres qu’ils proposent. Là où les américains vont être plus subtils. C’est tout aussi bien mais c’est plutôt intéressant pour la mise en scène.

J’en discutais avec un ami auteur qui a dix ans de plus que moi. Lui, a eu une période films d’horreur dans les années 90. Mais dans les années 2000, ma génération a surtout vu des remakes et peu de films d’horreur originaux. Je n’ai pas grandi avec ce genre. 

D’où as-tu tiré l’inspiration du nuage gonflé et tourbillonnant que l’on voit tout au long de Silence ? 

C’est assez marrant. Tout le monde y voit du Van Gogh. Ce que je comprends parfaitement. Mais c’est plus complexe que ça.

Dans un épisode de Wanted Mag, j’avais fait un one shot avec un ciel qui bouge. J’avais puisé cette idée d’un épisode de Doctor Who où ils font intervenir Van Gogh. Donc ça vient de lui, mais de manière détournée. J’y ai repensé en lisant Happiness de Shûzô Ôshimi lorsqu’il dessine un ciel similaire. C’est comme ça que c’est revenu dans mon travail. 

Happiness - Shûzô Oshimi

Happiness – Shûzô Oshimi

Silence, c’est à la fois un récit post-apocalypse, du folklore français et de la fantasy. Quelles sont les étapes de la création de Silence ? 

Il y a eu plusieurs étapes. 

J’envoie des dossiers à des éditeurs depuis que j’ai 16 ans, donc je suis toujours en train de réfléchir à un nouveau projet. À l’époque, j’avais un projet plutôt en format comics sans bulle de dialogue. Mettre des dialogues dans les bulles me fatiguait à cause du côté mécanique de la chose. Donc autant faire une bande dessinée muette où des monstres réagissent au son. C’était vraiment une excuse, mais ça se passait déjà dans la neige. 

Quand j’ai fait le concours Tezuka, j’ai repris l’idée de la neige et des monstres qui réagissent au bruit. Puis lorsque j’ai commencé à réfléchir au projet pour en faire une série, j’y ai ajouté l’aspect folklore français. On était en pleine période Covid, on ne pouvait plus voyager. J’ai voulu regarder ce qu’il y a chez nous, sur le pas de notre porte.

Je me souviens, adolescent, d’avoir eu un camarade qui regrettait qu’en France on n’ait pas de créatures un peu stylées comme en Chine ou au Japon. Mais en fait, c’est juste qu’on ne les connaît pas. 

Tu recherches des références pour ces monstres folkloriques dans des livres ou dans tes voyages “à destination indéterminée” que tu évoques dans le tome 2 de Silence ? 

Un peu les deux, mais surtout dans les livres. Le folkloriste Paul Sébillot a fait un travail énorme là-dessus, je me suis beaucoup appuyé sur ses livres. 

Mais mes voyages m’inspirent aussi. Par exemple, dans le tome deux, Passim est un personnage qui se bat avec une canne. À la base, cela devait être un sabre. Sauf que je suis allé à Biarritz et j’y ai visité une boutique sur la culture basque. Là-bas, il parle de la Makhila, une canne de marche traditionnelle qui sert aussi à se défendre contre les ours. J’ai trouvé l’idée plus chouette qu’un simple sabre générique. 

Donc mes inspirations, ce sont internet, les voyages et les livres que je trouve parfois en brocante.

Est-ce que pour écrire, il faut sortir de sa zone de confort ? 

Je n’ai pas l’impression de sortir de ma zone de confort justement. En suivant mon envie de voyage, je reste dans ma zone de confort. Donc je dirais plus que pour écrire, il faut essayer de surprendre. 

Pourquoi instaurer la langue des signes dans Silence ? 

Il y a plein de choses qui m’ont surprises dans les retours des lecteurs, notamment la langue des signes. Certaines personnes imaginent la voix des personnages en lisant. Mes lecteurs me racontaient que lorsque les personnages parlent avec leurs mains, ils n’arrivent pas à le faire et que cela a un côté très anxiogène. Personnellement, je n’imagine pas la voix des personnages quand je lis, je n’avais pas du tout anticipé cet effet angoissant !    

Je ne connais pas la langue des signes. Pour traduire, je vais sur le site Dico-Elix. J’écris le mot que je recherche et le dictionnaire fourni une vidéo d’un traducteur signant le mot. Pour écrire les dialogues, je choisis le mot fort de la bulle ou un mot qui correspond bien à l’idée que je veux faire passer, je le traduis et dessine la traduction signée. 

D’autres personnages qui ne parlent pas la langue des signes apparaissent, donc on la verra moins au fur et à mesure des tomes. Mais la langue des signes fait partie intégrante de la vie des personnages principaux, elle sera toujours là. 

Tu as de nombreux personnages très singuliers. Où tirent-ils leur inspiration ?

Lune par exemple est le premier personnage de la série que j’ai inventé. J’aimais bien l’idée d’un personnage avec plein de clochettes liées au sommeil. Je l’ai dessiné à l’occasion d’un concours Radiant. Le gagnant voyait son personnage dans la série. Au début de Radiant, on voit donc un personnage maudit dont la malédiction est de s’endormir et pour ne pas s’endormir, il se couvre de clochettes. J’ai repris l’idée.

Pour Lame, j’avais besoin d’un personnage optimiste car je sortais de “Sois Heureux ou meurs en essayant” qui était très difficile et sombre. J’avais besoin d’un peu de joie. Lame véhiculait ça, les enfants aussi. Tous les personnages ont des explications de ce registre. 

Lame est assez étonnant comme personnage, car il a des accents d’archétype de héros téméraire mais c’est aussi une véritable nounou pour les enfants. Il est très touchant pour ça, mais le lecteur a du mal à savoir dans quelle direction il va évoluer. C’est conscient ? 

Je suis lecteur de shonen et de seinen. Cela m’a peut-être influencé.  J’aime bien que Lame ne soit pas comme les personnages shonen qui foncent tête baissée. J’aime beaucoup ne pas savoir où les personnages se dirigent, être surpris et que le personnage principal soit quelqu’un qui doute aussi.

Tu as commencé à envoyer des projets à 16 ans, c’est jeune. Qu’est-ce qui a motivé ta détermination à devenir auteur ? 

C’est simple. J’étais nul à l’école. Je ne comprenais pas. Mais j’ai eu la chance de rencontrer beaucoup d’auteurs avec ce stage de 3e. Je suis resté jusqu’en terminale dans l’éducation nationale mais je savais que ce n’étais pas pour moi. Il fallait que je m’investisse de l’autre côté car je savais que si je ne faisais rien, ça me mènerait nulle part. 

J’ai entendu une interview de Manu Larcenet qui a fait Blast, qui expliquait avoir commencé au même âge et avoir, comme moi, mis des années pour que cela aboutisse. Mais quand on sait ce qu’on veut faire et qu’il y a des indices qui t’incitent à continuer là-dedans, ça vaut le coup d’insister. 

Blast - Manu Larcenet - Dargaud

Blast – Manu Larcenet – Dargaud

J’ai envie de raconter plein de choses. Il y a des choses écrites pour Silence qui ne rentrent pas dans l’histoire donc je suis obligé d’élaguer. Je ne peux pas m’empêcher d’alléger. Il y a des aspects un peu plus « science-fiction » ou intimes qu’il n’est pas possible de raconter à ce moment-là de l’histoire et qui finalement, ne rentreront jamais. À la fin de Silence, je ne reprendrai pas les personnages. Mais j’ai d’autres idées pour raconter le folklore…

Silence - Yoann Vornière - Editions Kana

Silence – Yoann Vornière – Editions Kana

 

Interview réalisé au FIBD 2024

Article posté le mercredi 10 juillet 2024 par Marie Lonni

Silence - Yoann Vornière - Editions Kana
  • Silence
  • Auteur : Yoann Vornière
  • Éditeur : Editions Kana
  • Prix : 7,70 €
  • Parution : 6 octobre 2023
  • Pagination : 208 pages
  • ISBN : 9782505117087

Résumé de l’éditeur : Le jeune Lame et son village sont coupés du reste du monde. Les monstres, qui les repèrent grâce au son et plus particulièrement à la voix, les ont contraints à communiquer par la langue des signes.
Mais dans un monde où règne une nuit permanente, les ressources viennent à manquer. Alors que Lame accompagne Gris le chasseur du village dans une expédition de ravitaillement à l’extérieur, ils sont attaqués car le jeune garçon rompt par inadvertance le silence.
Lame, rongé par la culpabilité, va tout faire pour se racheter et va faire une découverte qui pourrait bien changer du tout au tout le destin du village…

À propos de l'auteur de cet article

Marie Lonni

"C'est fou ce qu'on peut raconter avec un dessin". Voilà comment les arts graphiques ont englouti Marie. Depuis, elle revient de temps en temps nous parler de ses lectures, surtout quand ils viennent du pays du soleil levant. En espérant vous faire découvrir des petites pépites à savourer ou à dévorer tout cru !

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