Comixtrip https://www.comixtrip.fr La bande dessinée du monde, le monde de la bande dessinée Sat, 30 May 2020 13:50:01 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.4.1 Au bonheur des dames https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/au-bonheur-des-dames-maupre-zola-casterman/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=au-bonheur-des-dames-maupre-zola-casterman https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/au-bonheur-des-dames-maupre-zola-casterman/#respond Sat, 30 May 2020 13:50:01 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=72447 Lorsqu’Agnès Maupré s’empare du roman d’Émile Zola, Au bonheur des dames, cela donne une très jolie adaptation entre romance et luttes sociales. Tourbillonnant ! De Valognes à Paris Denise et ses petits frères Jean – 16 ans –  et Pépe– 5 ans – débarquent à Paris. Arrivés tout droit de Valognes dans le Cotentin, ils […]

L’article Au bonheur des dames est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
Lorsqu’Agnès Maupré s’empare du roman d’Émile Zola, Au bonheur des dames, cela donne une très jolie adaptation entre romance et luttes sociales. Tourbillonnant !

De Valognes à Paris

Denise et ses petits frères Jean – 16 ans –  et Pépe– 5 ans – débarquent à Paris. Arrivés tout droit de Valognes dans le Cotentin, ils se rendent chez leur oncle Baudu qui avait promis un travail de vendeuse à la jeune femme de 20 ans, un an auparavant.

Baudu est propriétaire du Vieil Elbeuf, une boutique de tissus où travaille sa femme et sa fille. S’il avait proposé ce poste à sa nièce, il y a un an, les choses ont beaucoup changé depuis. Non loin de chez lui s’est ouvert Au bonheur des dames, un magasin gigantesque qui écrase toute concurrence.

Denise est jalousée

Puisqu’il ne peut rien pour elle, Baudu, la mort dans l’âme, lui conseille d’aller travailler dans le magasin gigantesque Au bonheur des dames. Sans le sou et ayant tout abandonné, Denise se présente à Bourdoncle, le bras droit d’Octave Mouret, patron du magasin.

Mal coiffée et mal habillée, la jeune femme est tout de suite moquée par les autres vendeuses, hormis Pauline qui va devenir son amie. Alors qu’elle était – de ses dires – une excellente vendeuse à Volognes – ses débuts sont catastrophiques. Elle n’arrive à rien vendre. Elle se fait précéder par les autres, qui courent au devant des femmes riches qui viennent acheter.

Grand coureur de jupons, se servant de sa maîtresse Huguette pour s’accoquiner avec Hartman, Mouret n’est pourtant pas insensible aux charmes de Denise. S’il insiste, elle le rejette à chaque fois. La nouvelle vendeuse est alors jalousée par les autres parce qu’elle se trouve dans les petits papiers du patron…

Agnès Maupré illumine le roman de Zola

Avec Au bonheur des dames, Agnès Maupré poursuit sa très belle carrière d’autrice et construit ainsi une œuvre de grande qualité. Après Le chevalier d’Eon et Milady de Winter (édités chez Ankama), elle choisit de nouveau une héroïne forte. Les deux premières séries nous avaient enchanté, cet album nous émerveille.

L’autrice du Journal d’Aurore (avec Marie Desplechin) nous emporte avec une véritable aisance dans ce Paris du XIXe siècle, un Paris en pleine mutations économiques et sociale. Au bonheur des dames est avant tout une très belle romance, entre attirance et répulsion, entre désir et désillusion. D’un côté, Denise un peu austère, sœur bienveillante, déstabilisée et raillée mais ne se résignant jamais. De l’autre, Octave, patron frivole, volage, ambitieux démesuré et régnant de main de maître sur son magasin. Il n’hésite d’ailleurs pas à s’allier avec la concurrence pour agrandir sa boutique. Alors qu’il est tout puissant, il se heurte aux multiples refus de cette jeune femme provinciale. Il adore cet affrontement et sait qu’il l’aime.

Du gigantisme d’Au bonheur des dames

Mais Au bonheur des dames ce n’est pas qu’une romance tumultueuse entre Denise et Octave. Publié en 188, le roman d’Émile Zola aborde aussi de nombreux thèmes importants à l’époque, dont certains font encore écho aujourd’hui.

Dix-huitième livre de la saga des Rougon-Macquart, le récit est aussi un plaidoyer pour les petits commerces face à la concurrence du gigantisme de grands magasins (La Samaritaine, Le bon marché…). Dans son écrit, Zola dépeint avec une grande justesse, le capitalisme naissant, l’économie de marché et les banques de plus en plus puissantes. Comme elle sait qu’il est amoureux d’elle, Denise fait imposer aussi de nouveaux progrès pour les salariés à Octave. Ces luttes sociales importantes (salle de repos, hausse des primes..), l’on sait que cela n’est pas non plus philanthropique de la part du patron. Mouret sait que s’il lâche certaines choses à ses employés, il pourra grignoter sur d’autres. Sous couvert de paternalisme – très en vogue dans le domaine économique de l’époque – Octave se sert de ses salariés. En cela, le roman de Zola peut sembler désenchanté.

De plus, Au bonheur de dames aborde le sujet des petits commerces de proximité qui commencent à mourir, l’opposition province / capitale mais également salariés / notables fortunés ou encore petits chefs / employés.

De l’élégance du trait

Agnès Maupré réalise une très belle adaptation, parfois un peu bavarde, mais très accrocheuse. Ses planches sont virevoltantes, lumineuses et très belles. On a l’impression que ses personnages très typés dansent dans ses vignettes. Les costumes et les décors sont majestueux.

L’autrice de Les contes du chat perché (adaptation du roman de Marcel Aymé) nous présente ainsi un héroïne emplie d’humanité, frêle de corps mais finalement forte mentalement.

Au bonheur des dames : une très jolie adaptation du roman de Zola. Une romance dans le Paris du XIXe siècle en pleine mutation agrémentée de luttes sociales.

L’article Au bonheur des dames est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/au-bonheur-des-dames-maupre-zola-casterman/feed/ 0
La grande métamorphose de Théo https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/la-grande-metamorphose-de-theo-sowa-delinte-la-pasteque/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=la-grande-metamorphose-de-theo-sowa-delinte-la-pasteque https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/la-grande-metamorphose-de-theo-sowa-delinte-la-pasteque/#respond Sat, 30 May 2020 13:32:23 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=72458 Métamorphosé en oiseau, Théo découvre un monde nouveau. Avec Louise la moustique et Michel le lion, il tente de comprendre comment ils en sont arrivés là. Marzena Sowa et Geoffrey Delinte imaginent cette quête dans La grande métamorphose de Théo, un album chaleureux, tendre et beau. Une belle surprise jeunesse ! « Ce serait tellement génial […]

L’article La grande métamorphose de Théo est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
Métamorphosé en oiseau, Théo découvre un monde nouveau. Avec Louise la moustique et Michel le lion, il tente de comprendre comment ils en sont arrivés là. Marzena Sowa et Geoffrey Delinte imaginent cette quête dans La grande métamorphose de Théo, un album chaleureux, tendre et beau. Une belle surprise jeunesse !

« Ce serait tellement génial de pouvoir voler, un jour… »

Une mère oiseau vient donner la becquée à ses petits. L’un d’entre eux n’a pas le droit de manger. Pire, il est chassé. Il tente de s’envoler mais les débuts sont difficiles. Il atterrit alors sur le balcon de l’appartement de la famille de Théo.

Le jeune garçon rêve de pouvoir un jour voler. Sa maman laisse la baie vitrée et le moineau entre dans la chambre. Théo s’endort.

Théo est un moineau

Le réveil est dur pour Théo. Il se lève et rejoint ses parents pour le petit-déjeuner. Son tee-shirt est à l’envers. Si personne n’a rien remarqué, il découvre qu’il est un moineau.

Il se lave les dents et grimpe sur le porte-bagage du vélo de sa maman pour aller à l’école. Clément, Régis et le professeur, personne n’a vu sa transformation. Dehors dans la cour, Théo découvre que Michel a la tête d’un lion et Louise est un moustique.

Le comportement du garçon change : il n’a pas peur de grimper aux arbres, ne veut plus jouer à la console et préfère passer son temps à faire des balades. Théo se rapproche alors de Louise et Michel, il se sent bien avec eux, ils sont pareils que lui…

La grande métamorphose de Théo : en quête d’identité

La grande métamorphose de Théo est un très joli album jeunesse de Marzena Sowa et Geoffrey Delinte. L’autrice de L’insurrection (avec Gowron) imagine un belle quête d’identité dans les pas de La métamorphose de Franz Kafka. Si dans la nouvelle publiée en 1915, Gregor était transformé en monstrueux insecte, Théo est un petit moineau, toujours aussi gentil et qui semble bien s’accommoder de son sort.

Se rêvant en oiseau, Théo comble cette envie en se réveillant un matin. Ainsi, le récit de Marzena Sowa met en scène les envies, les buts et les désirs d’un petit garçon. Elle tente ainsi de prouver que tout est possible, surtout lorsque l’on a un rêve puissant.

La transformation de Théo correspond aussi aux changements physiques que l’on peut subir à l’adolescence. S’il est encore petit, s’entend bien avec ses parents et ne défie pas l’autorité, le moineau s’éloigne de certains de ses camarades, préfère la nature à la douceur du cocon familial. Il est troublé mais le vit très bien. L’autrice de Histoire de poireaux, de vélos, d’amour et autres phénomènes (avec Aude Soleilhac) invente donc un récit positif, optimiste et plein de vie.

Une histoire d’amitié

La grande métamorphose de Théo est un bel album doux et chaleureux. Pas de méchant, ni d’obstacles infranchissables, ni de colère, juste un petit garçon qui devient ce qu’il voulait être.

D’une grande subtilité et d’une belle justesse, l’histoire de Marzena Sowa repose aussi sur de l’amitié. La solidarité, faire corps ensemble et le partage entre êtres quasi identiques (appartenance à un groupe) sont de belles valeurs véhiculées dans l’album. Théo se sent bien avec Louise et Michel, eux aussi, transformés. Ensemble, ils tenteront de comprendre le pourquoi de leur changement physique.

La grande métamorphose de Théo utilise les codes des histoires avec des animaux anthropomorphes. Les trois amis se comprennent mais autour personne ne semble voir leur transformation. Est-elle vraie ? Est-ce une vue de l’esprit ? La force de la conviction sur la réalité ?

Premier album, première réussite

Pour l’accompagner au dessin, Marzena Sowa a choisi Geoffrey Delinte. Né en 1989 à La Louvière en Belgique, l’auteur suit des études de bande dessinée à Jemappes et Tournai. Il a quatre ans, il fonde Kaput, une structure de micro-édition. Il travaille pour la presse et dessine dans des fanzines. La grande métamorphose de Théo est son premier album de bande dessinée.

Pour une première, c’est une belle réussite. Ses planches sont d’une grande lisibilité portées par un trait tout en rondeur. Ses grands aplats de couleurs agrémentent bien des vignettes sobres et qui ne sont pas surchargées de détails.

La grande métamorphose de Théo : une très jolie surprise, un album jeunesse positif, chaleureux et tendre.

L’article La grande métamorphose de Théo est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/la-grande-metamorphose-de-theo-sowa-delinte-la-pasteque/feed/ 0
La chute https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/la-chute-muralt-futuropolis/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=la-chute-muralt-futuropolis https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/la-chute-muralt-futuropolis/#respond Wed, 27 May 2020 15:02:57 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=72376 Publié avant le confinement lié au Covid-19, La chute est on ne peut plus actuel ! Jared Muralt développe une dystopie réaliste et glaçante où un père et ses enfants tentent de fuir l’attaque d’un virus qui met leur pays sans dessus-dessous. Troublant ! Chaleur et virus En pleine canicule, Liam tente de joindre sa […]

L’article La chute est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
Publié avant le confinement lié au Covid-19, La chute est on ne peut plus actuel ! Jared Muralt développe une dystopie réaliste et glaçante où un père et ses enfants tentent de fuir l’attaque d’un virus qui met leur pays sans dessus-dessous. Troublant !

Chaleur et virus

En pleine canicule, Liam tente de joindre sa femme infirmière. Il vient d’être licencié à cause de la récession économique, elle même liée au dérèglement climatique. Le gouvernement n’arrive plus à contrôler ses citoyens qui essaient de survivre. Il décide alors d’instaurer la loi martiale. L’armée à donc tous les pouvoirs.

Liam est le père de Sophia, une adolescente vegan et Max, un jeune garçon. Tous les deux semblent être de gentils enfants.

Virus mortel

Du côté de son épouse, elle n’a pas donné de nouvelles depuis des heures. Liam tente de nouveau de la joindre, en vain. Lorsque Sophia parvient à parler à Marie, sa collègue, cette dernière lui apprend qu’elle est malade.

Le père et ses enfants foncent alors à l’hôpital. Mais sur la route c’est le chaos. Tout le monde est en voiture, essaie de fuir la ville et ceux ayant de l’argent tentent de prendre l’avion en direction de l’Europe. Les transports en commun sont suspendus, les écoles fermées, les réserves en carburant se vident et les lits manquent pour soigner les malades.

Lorsqu’ils arrivent, c’est déjà trop tard, le jeune femme est décédée du virus. Quelques jours plus tard, Alma, la mère de Liam tombe elle aussi malade et Sophia a disparu…

La chute : une série prémonitoire ?

En inventant La chute, Jared Muralt ne s’imaginait peut être pas être aussi proche de la réalité actuelle. Pourtant, il a élaboré son récit, il y a plus de quatre ans. Prévue en six tomes, la série semble tellement vraie dans le contexte du Covid-19. Un virus qui décime une population cela n’est pas très original en bande dessinée (Rover Red Charlie, The Walking Dead, Green Class…) mais l’ambiance, les relations entre les personnages, la mère infirmière qui contracte la maladie ou les confinements par zone, tout cela semble tellement réel et attisent la curiosité des lecteurs !

Dans la même veine pour l’atmosphère que la série Le reste du monde de Jean-Christophe Chauzy, La chute est passionnant, électrique et haletant. Cette dystopie est ultra-réaliste. En effet, le gouvernement fait tirer sur les foules, ne maîtrise plus grand chose, s’attend à des émeutes et des rébellions. L’économie s’effondre et les habitants pillent les magasins pour trouver à manger alors qu’ils n’ont plus un sou. Les Hommes ne sont plus des Hommes, ils sont déshumanisés, telles des bêtes affamées qui tueraient père et mère pour vivre.

Pire, des zones de confinements sont mises en place pour parquer les populations afin qu’elles ne se mélangent pas. Cette fresque d’anticipation est donc éminemment politique. Jared Muralt aborde aussi les problèmes du dérèglement climatique.

« Le monde que j’ai créé pour cette série n’est pas si éloigné du nôtre. Simplement, pour certains aspects, j’ai légèrement forcé le trait. Fondamentalement, les problèmes sont déjà présents dans notre société actuelle, telles la crise de l’environnement et la crise économique. »

Une famille en deuil et en fuite

La chute s’est aussi une très belle histoire familiale. L’histoire d’un père veuf et de ses deux enfants qui tentent de survivre. Si les temps sont durs, que parfois il peut y avoir des tensions, cette famille s’aime. En choisissant ce clan, Jared Muralt sait qu’il donnera de la chaire à son récit et qu’il attirera les sympathies de ses lecteurs. Ils sont attirés par ces personnages au bord du gouffre mais qui restent unis.

Dans la deuxième partie de l’album, Liam, Sophia et Max fuient. Le récit se transforme alors en un road-movie âpre et accrocheur. Le suspense est entier !

La chute, une série en écho à notre époque

Né en 1982, Jared Muralt vit aujourd’hui à Berne en Suisse. Cofondateur des studios Backyard – une agence de design graphique – il a publié en 2015 Hellship chez Paquet. Pour La chute, il réalise de superbes planches dans un style réaliste qui attire comme un aimant. Quant à ses couleurs cuivrées, elles sont très maîtrisées.

Avec La chute, Jared Muralt interroge les lecteurs sur les raisons qui mènent les hommes à ces folies, ces courses vers l’avant sans gardes-fous et cette apocalypse.

« Dans la chute, en plus, la société est attaquée par un virus dont la dangerosité n’est pas comprise dès le début »… comme une histoire que l’on vivrait aujourd’hui, une résonance au Covid-19 et des gouvernements dépassés par la crise sanitaire.

La chute : un album haletant, fort et glaçant, comme un écho à la crise actuelle. A lire pour réfléchir…

L’article La chute est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/la-chute-muralt-futuropolis/feed/ 0
Hors-saison https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/hors-saison-sturm-delcourt/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=hors-saison-sturm-delcourt https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/hors-saison-sturm-delcourt/#respond Wed, 27 May 2020 13:37:55 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=72339 Rien ne va plus dans la vie de Mark : il se remet mal de son divorce, la santé de sa mère est déclinante et son patron ne le paie pas. James Sturm raconte son parcours fait de grosses embûches dans Hors-saison, un récit autobiographique engagé chez Delcourt. Âpre et touchant ! Mark, père divorcé […]

L’article Hors-saison est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
Rien ne va plus dans la vie de Mark : il se remet mal de son divorce, la santé de sa mère est déclinante et son patron ne le paie pas. James Sturm raconte son parcours fait de grosses embûches dans Hors-saison, un récit autobiographique engagé chez Delcourt. Âpre et touchant !

Mark, père divorcé

Il y a peu, Mark et Lisa ont divorcé. En pleine campagne électorale, son ex-femme soutient Bernie Sanders, au point d’avoir délaissé son couple. D’ailleurs, son ex-mari ne supporte plus de voir ne serait-ce qu’un autocollant du candidat démocrate.

Sans le sou, Mark a été obligé de vendre son camion pour payer son déménagement. Depuis, il multiplie les petits chantiers dans le bâtiment. Si son patron, Mick, profite bien de la vie e part en vacances dans des lieux paradisiaques, il ne paie jamais son employé. Ce qui met Mark dans des situations très inconfortables.

Mark, père en galère

Depuis que Bernie Sanders a été écarté de la route des présidentielles, Lisa a basculé dans la campagne pour Hillary Clinton. Là, encore, cela lui prend du temps d’être bénévole pour la candidate démocrate.

De son côté, Mark doit jongler entre son travail et ses enfants, Suzie et Jérémy. Les deux aiment à se chamailler comme chien et chat, ce qui met la petite fille souvent dans de grosses colères. De la même façon que Lisa autorise Suzie à regarder les débats de l’élection, même si elle est trop petite pour tout comprendre.

On ne peut pas dire que Mark et Lisa soient en mauvais terme. Ils essaient d’être cohérents et de bien s’entendre, au moins pour les enfants.

Mark, un homme hors-saison ?

Hors-saison est un magnifique album ! James Sturm a puissé dans ses souvenirs pour raconter cette histoire. Quelques points sont différents de sa propre vie, en premier lieu le travail de son personnage principal. Lui est un auteur de bande dessinée, Mark travaille sur des chantiers.

Le récit est souvent âpre; l’auteur américain ne faisant pas de cadeau à son héros de papier. S’il peut agacer par certains points (ses colères, ses relations tendues avec Suzie, sa fille), les lecteurs ne peuvent néanmoins pas le détester. C’est toute la force du récit de James Sturm, son personnage principal n’est jamais manichéen. Ce subtil équilibre, il tente de le trouver dans ses enfants ou dans la relation avec Lisa, son ex-femme.

S’il semble hors-saison, c’est parce qu’il ne sait pas vraiment comment bien aborder les difficultés qu’il rencontre. Qui d’ailleurs à les solutions miracles ? Personne ! C’est pour cela que Mark touche les lecteurs, ils se retrouvent en lui. Il est profondément humain, avec son caractère fort, ses qualités et ses défauts, ses forces et ses faiblesses.

Mélancolie profonde

Hors-saison possède un charme aimantant le lecteur. James Sturm met en place une atmosphère mélancolique, un spleen que Baudelaire n’aurait pas renié. Parce que oui, Mark se met la rate au court-bouillon (spleen en anglais désigne la rate). Il tente de faire bonne figure et fait tout pour préserver sa vie personnelle malgré les obstacles multiples sur sa route. Son divorce et la santé fragile de sa mère l’atteignent au plus haut point. Au fil des pages, on le voit sombrer, couler comme une pierre. Pourtant dans l’album, il existe des lueurs d’espoirs, tout n’est pas perdu dans l’existence du héros, comme notamment lorsqu’il emmène ses enfants au bord de la mer.

Hors-saison est aussi un récit politique. Proche des idées démocrates, et plus particulièrement celles de Bernie Sanders, encore plus à gauches que celles d’Hillary Clinton, James Sturm aborde ainsi des problèmes des Américains de la classe moyenne; l’Amérique des petites villes et de la précarité. Des habitants obligés de multiplier les petits jobs non pour vivre mais pour survivre. Ainsi, cet album est très actuel, notamment pour de nouveau comprendre la campagne des présidentielles qui arrive en fin d’année. Bernie est écarté, reste Joe Biden, ex vice-président d’Obama, pour affronter Donald Trump; comme un revanche entre les deux camps.

Un très bel album à l’italienne

Hors-saison est aussi un très bel objet. James Sturm propose un album en format à l’italienne (21.3 x 16.3) dans lequel il compose des planches avec uniquement deux vignettes. Ce procédé narratif de découpage lui permet d’illustrer des cases plus grandes et donc d’une grande lisibilité.

L’auteur américain a beaucoup travaillé pour des maisons d’édition indépendantes comme Fantagraphics ou Drawn & Quarterly. Il a notamment remporté deux Eisner Awards, l’un pour Unstable Molecules (avec Guy Davis au dessin, chez Marvel) et l’autre pour Black Star. Il a cofondé le Center for Cartoon Studies, une institution supérieur dans le Vermont où l’on enseigne la bande dessinée.

Pour Hors-saison, James Sturm a imaginé une histoire avec des personnages anthropomorphes à tête de chien. Ce procédé lui permet ainsi de prendre aussi de la distance vis-à-vis de son propre parcours.

Hors-saison : une très belle et très forte histoire de famille, entre mélancolie, spleen et espoir.

L’article Hors-saison est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/hors-saison-sturm-delcourt/feed/ 0
Ronin Island https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/ronin-island-milonogiannis-pak-kinaye/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=ronin-island-milonogiannis-pak-kinaye https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/ronin-island-milonogiannis-pak-kinaye/#respond Tue, 26 May 2020 14:27:27 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=72354 Sur Ronin Island, une communauté vit en autarcie et tente de se reconstruire après que le terrible et mystérieux Grand Vent a dévasté le continent. Une fois de plus, leur unité va être mise à l’épreuve lorsque les troupes du Shogun débarquent et leur annoncent qu’un péril encore plus grand les menace tous. UN RÉCIT […]

L’article Ronin Island est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
Sur Ronin Island, une communauté vit en autarcie et tente de se reconstruire après que le terrible et mystérieux Grand Vent a dévasté le continent.

Une fois de plus, leur unité va être mise à l’épreuve lorsque les troupes du Shogun débarquent et leur annoncent qu’un péril encore plus grand les menace tous.

UN RÉCIT D’AVENTURE POUR LA JEUNESSE… ET LES AUTRES.

Avec Ronin Island, Kinaye ne déroge pas à la ligne éditoriale qui a fait son identité : des personnages attachants qui vont apprendre à mieux se connaître dans des aventures rythmées.

Ainsi, l’œuvre de Greg Pak (Assaut sur le nouvel Olympe, Superman : Le règne de Vandal Savage) et Giannis Milonogiannis nous permet de suivre le destin de deux jeunes gens que tout oppose.
D’un côté, Kenichi Okamoto, fils de Kenji, le Daimyo co-fondateur de l’île Ronin ; du sang noble coule dans ses veines comme en témoigne son armure de samouraï, ultime héritage de son illustre père.

De l’autre, Hana, l’orpheline ; elle a beau être la meilleure élève du sévère maître Ito, ses origines coréennes lui interdisent d’être reconnue à sa juste valeur.

Dans le premier tome de Ronin Island : L’union fait la force, sur un fond de rivalité et d’honneur, les classes s’affronteront, mettant à mal l’amitié naissante.

L’enjeu ultime sera de savoir si les différents protagonistes comprendront à temps que ce n’est qu’en restant unis qu’ils parviendront à déjouer les embûches et à vaincre un mal aux facettes multiples.

L’histoire développe ainsi des thèmes susceptibles de toucher la jeunesse, le cœur de cible des éditions Kinaye, mais comme bien souvent, les nombreuses qualités de l’œuvre permettent de toucher un public bien plus large.

L’EMPIRE DU SOLEIL LEVANT.

Parmi les particularités de ce récit, on trouve tout d’abord son ancrage dans un Japon médiéval.

On rencontre alors un Shogun, des samouraïs, un jeune adepte du Bushido, descendant d’un clan centenaire, fils du Daimyo, le tout sur les côtes de Kyūshū.

L’œuvre acquiert ainsi un caractère exotique cohérent et documenté, qui, tout en offrant un dépaysement assez rare dans l’univers des comics, permet de renforcer nos propres connaissances, puisque chacun de ces termes est accompagné d’une note bien utile pour appréhender correctement l’histoire.

Mais bien loin d’être un simple prétexte, le choix de l’univers permet de développer et de nourrir le scénario de manière judicieuse.

Ainsi, le jeune aristocrate rechigne à se lier avec une orpheline étrangère et ce n’est que grâce à des valeurs bien plus fortes que les rangs sociaux que les héros parviendront à avancer dans leurs aventures.

Dans le même ordre d’idées, opposés à un Shogun immature, les jeunes héros auront à choisir entre le devoir et la raison pour affronter un mal mystérieux qui transforme les hommes en monstres.

DES MYTHES REVISITÉS.

C’est là une autre originalité du récit : outre l’aventure inscrite dans un Japon médiéval réaliste, les auteurs ajoutent une touche fantastique particulièrement appréciable.

En effet, l’énigmatique Grand Vent, que tous les protagonistes de l’histoire évoquent avec amertume, se révélera être bien plus qu’un simple cataclysme climatique.

Entre mystère et traîtrise, les héros et le lecteur ne sont pas au bout de leurs surprises.

L’autre trouvaille scénaristique, et non des moindres, est incarnée par les Byõnins, de terribles monstres morts vivants.

Bien entendu, cela rappelle quelque chose, et pourtant, il n’est nullement question de faire un Walking Dead au pays des Samouraïs.

Les enjeux qui se dessinent dans ce premier tome montrent bien que des différences existent et surtout, l’apparence des byõnins n’a aucun rapport avec celle des zombies de la célèbre série de Robert Kirkman.

Ronin Island : UN SAVANT MÉLANGE DE MANGA ET DE COMICS.

Mêler des zombies à de la bande dessinée destinée à un jeune public… L’idée est audacieuse et même périlleuse. Elle implique de conserver l’action et la menace, tout en veillant à ne pas choquer.

Dans Ronin Island, le contrat est parfaitement rempli.

Et la réussite du projet doit beaucoup aux qualités artistiques de Giannis Milonogiannis.

En effet, très loin de la vision d’horreur traditionnelle de corps en décomposition, le concept de morts vivants est entièrement revisité pour s’adapter à l’aventure.

Avec leurs carrures impressionnantes, leurs têtes cornues et leur peau à l’aspect d’écailles ou de terre, les byõnins rappellent certains démons de la mythologie nipponne.

La cohérence du récit s’en trouve renforcée et en même temps, les scènes de combat avec les monstres revêtent un caractère bien plus épique qu’horrifique.

Le graphisme des personnages est lui aussi parfaitement adapté aux enjeux de l’histoire et au public visé ; il laisse d’ailleurs tout le loisir de s’identifier à un des deux héros.

Le style est dynamique, efficace et se permet même certaines fantaisies en incorporant avec subtilité des attitudes ou des mouvements caractéristiques des mangas, ce qui renforce un peu plus la cohérence avec l’histoire.

Avec le premier tome de Ronin Island, le lecteur est guidé par des auteurs talentueux. Une belle réussite qui donne envie de lire la suite pour à nouveau plonger, aux côtés de Hana et Kenishi, dans un Japon où se mêlent fantastique et médiéval.

L’article Ronin Island est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/ronin-island-milonogiannis-pak-kinaye/feed/ 0
Un auteur de BD en trop https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/un-auteur-de-bd-en-trop-blancou-sarbacane/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=un-auteur-de-bd-en-trop-blancou-sarbacane https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/un-auteur-de-bd-en-trop-blancou-sarbacane/#respond Mon, 25 May 2020 14:30:43 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=72042 Edité chez Sarbacane, Daniel Blancou nous présente Un auteur de BD en trop où il décrit sans concession et avec beaucoup d’humour le monde de la bande dessinée. Les doutes et l’abandon Daniel est un auteur de BD de seconde zone. Dans les salons, il fait parti de ceux pour qui on ne fait pas la […]

L’article Un auteur de BD en trop est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
Edité chez Sarbacane, Daniel Blancou nous présente Un auteur de BD en trop où il décrit sans concession et avec beaucoup d’humour le monde de la bande dessinée.

Les doutes et l’abandon

Daniel est un auteur de BD de seconde zone. Dans les salons, il fait parti de ceux pour qui on ne fait pas la queue, de ceux que l’on ignore pour s’entasser dans les files des auteurs à succès. Daniel aime rappeler qu’il a gagné un prix au festival d’Angoulême, enfin c’était un prix scolaire mais il en est fier. Il aimerait vivre de son art mais en attendant, il donne des cours de dessin dans une école privée.

Au détour d’une conversation et pour aider la mère d’un jeune dessinateur qui souhaite s’inscrire à la Haute école des Arts,  il consent à donner son avis sur son book.

La lecture du dossier du jeune Kevin est une révélation mais aussi une vraie remise en question :

Daniel comprend que ce jeune homme est brillant , incisif, original, inspiré comme il ne le sera jamais lui-même

Etre arrivé si vite à tant d’excellence, fait songer à Daniel que lui, par contre, s’est perdu en route.

Dans un même temps, l’éditeur qui le suit depuis plusieurs années le lâche, il se retrouve sans avenir.

La décision

Daniel est perdu, il ne sait plus quoi faire. Acculé, il décide d’envoyer le dossier de Kevin à son éditeur sans lui préciser qu’il n’en est pas l’auteur.

Le retour est quasi immédiat, son éditeur est conquis. Il lui propose un contrat en or.

Daniel est coincé, comment faire ? C’est décidé, il doit convaincre Kevin de publier cette histoire en s’associant à lui.

Mais Kevin en a décidé autrement … Comment faire? Daniel va-t-il trahir ses idéaux pour réussir ? Doit-il se mentir et mentir à la même occasion à son éditeur?

Un auteur de BD en trop, une critique humoristique du monde culturel

Daniel Blancou nous livre une critique acide du monde de la bande dessinée mais pas seulement, il traite avec finesse et humour des problèmes actuels du monde culturel.

Il aborde avec justesse les relations parfois complexes entre les éditeurs et les auteurs. Au passage il n’hésite pas à égratigner les écoles d’arts pour qui la bande dessinée n’est pas un art majeur. Et pour finir, il ne fait pas seulement référence au sujet plagiat mais il sonde l’âme des hommes en posant la question ouvertement : Jusqu’où est-on capable d’aller pour être reconnu et pour réussir ?

Coté graphisme, il nous enchante avec des couleurs acidulées à la hauteur de l’histoire. La mise en page est dynamique et réjouissante. Le lecteur passe de page en page avec frénésie pour connaître l’évolution de l’histoire et pour savoir comment le héros de ce livre va s’en sortir.

Une bande dessinée, humoristique, sarcastique et qui est de très bonne facture. Le livre a un dos toilé et le papier est d’une grande qualité.

L’article Un auteur de BD en trop est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/un-auteur-de-bd-en-trop-blancou-sarbacane/feed/ 0
Fashion Week https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/fashion-week-joann-sfar/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=fashion-week-joann-sfar https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/fashion-week-joann-sfar/#respond Sun, 24 May 2020 10:26:05 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=72249 Calez un ex-politique malhonnête, une ex-actrice porno et l’incarnation fictionnelle de Kim Kardashian dans une bande dessinée, vous avez Fashion Week de Joann Sfar. Mais attention ! C’est un Joann Sfar. Donc c’est forcément drôle, forcément farfelu, forcément bourré de caricatures. Et c’est pour ça que c’est bon de lire du Joann Sfar. Parce que […]

L’article Fashion Week est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
Calez un ex-politique malhonnête, une ex-actrice porno et l’incarnation fictionnelle de Kim Kardashian dans une bande dessinée, vous avez Fashion Week de Joann Sfar. Mais attention ! C’est un Joann Sfar. Donc c’est forcément drôle, forcément farfelu, forcément bourré de caricatures. Et c’est pour ça que c’est bon de lire du Joann Sfar. Parce que c’est jubilatoire.

Un job malhonnête

Loulou Crystal est une ex-actrice porno amoureuse de Jacques Merenda, un ex-politique peu recommandable. On l’appelle le Niçois. Un soir de sortie, le Niçois reçoit un coup de fils. Un job tombe du ciel. A tout les coups c’est un job malhonnête. Le Niçois et Loulou décollent aussitôt pour Paris, l’horreur pour le Niçois. Le plan : voler les bijoux de Kim Kestéchian à l’occasion de la Fashion Week. Mais un macchabée inopiné va un peu chambouler le plan.

Jacques Merenda, alias le Niçois, vous le connaissez déjà. C’est le héros du roman politico-policier de Joann Sfar, savamment inspiré de l’ancien maire de Nice : Jacques Médecin, un homme on ne plus plus controversé. Loulou Crystal et ses dix ans de film X viennent joyeusement compléter le tableau.

Humour implacable

Fashion Week se tient au poste en western moderne, avec une clique truffée de personnages délicieusement caricaturaux et un humour implacable. Il y a de la critique à tous les étages et juste ce qu’il faut d’excentrique pour nous faire rire sans fin de la première à la dernière page. C’est une bande dessinée qui rend heureux en dépeignant les trucs moches de notre société. C’est un jolie plongeons dans une réalité exacerbée, féconde pour tous les sarcasmes.

Comme le dit l’humoriste Charline Vanhoenacker, il n’y a jamais eu autant de blague qu’en ce moment. C’est-à-dire pendant la crise de Covid-19. Charlie Chaplin aurait lui-même exprimé que « l’homme n’est jamais aussi drôle que devant la mort » et que “L’humour renforce notre instinct de survie et sauvegarde notre santé d’esprit.” Fashion Week renvoie tout à fait à ces quelques mots d’humoristes.

Popcorn

Joann Sfar nous sert du pavé de monologue ; une punch line par phrase, au moins, souvent plus. Loulou Crystal raconte l’action en haut de chaque case, façon journal intime. Mais avec une verve digne d’un catch d’impro, option battle royale. Les couleurs vives de Joann Sfar et les cases aux contours irréguliers donnent un aspect irréel à l’histoire. L’ensemble peut être lourd parfois mais drôlement addictif. Comme un cornet de popcorn XXL. Il faudrait presque lire Fashion Week deux fois pour être sûr de ne rien manquer. Et les deux fois, on le lit à toutes allures. Le rythme est rapide et comme le popcorn, vous finissez le paquet avant de vous rendre compte que vous l’avez commencé.

En somme, Fashion Week de Joann Sfar, publiée chez Dargaud est une lecture haute en couleurs, aussi bien graphiquement, que scénaristiquement (farfelue disais-je) et humoristiquement. Joann Sfar nous coiffe au poteau avec son humour bourré de sarcasme et d’une justesse renversante.

L’article Fashion Week est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/fashion-week-joann-sfar/feed/ 0
Le marais https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/le-marais-tsuge-cornelius-manga/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=le-marais-tsuge-cornelius-manga https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/le-marais-tsuge-cornelius-manga/#respond Sun, 24 May 2020 10:19:46 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=72309 Après Les fleurs rouges et La vis, les éditions Cornélius poursuivent leur travail de mémoire autour de l’œuvre de Yoshiharu Tsuge avec la publication de ses œuvres 1965-1966 : Le marais. Comme toujours passionnant et fascinant ! Le marais : Premières histoires pour Garo Comme nous vous l’avions expliqué dans nos chroniques de Les fleurs […]

L’article Le marais est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
Après Les fleurs rouges et La vis, les éditions Cornélius poursuivent leur travail de mémoire autour de l’œuvre de Yoshiharu Tsuge avec la publication de ses œuvres 1965-1966 : Le marais. Comme toujours passionnant et fascinant !

Le marais : Premières histoires pour Garo

Comme nous vous l’avions expliqué dans nos chroniques de Les fleurs rouges et La vis, Yoshiharu Tsuge est l’un des grands maîtres mangakas, l’un des auteurs pionniers des récits autobiographiques au Japon.

Comme le mentionne Léopold Dahan en postface – il est par ailleurs traducteur de l’ouvrage – les histoires compilées dans Le marais ont été publiées dans la revue Garo entre 1965 et 1966. Ce sont donc les tout premiers récits du mangaka dans le mensuel. Ces onze histoires sont classées par ordre chronologique.

Yoshiharu Tsuge connait une période extrêmement délicate lorsqu’il les publie. Non seulement le système de «librairies de prêt » disparait – il en était un auteur phare, ce qui lui permettait de bien vivre – mais il avait fait une tentative de suicide, à cause de sa condition misérable après l’arrêt de ce système. Sans le sou, il accepte de publier de courts récits dans Garo. Il faut souligner qu’il n’est pas un débutant à l’époque puisqu’il a déjà un carrière d’une dizaine d’années dans le manga; il a 28 ans. Pour la revue, il publia plus de 8 000 planches jusqu’à sa retraite en 1987.

D’Alcool de pastèque…

Parmi les 11 histoires courtes de l’album Le marais, quelques unes ont retenu notre attention. Ainsi comme à son habitude, Yoshiharu Tsuge aime mettre en scène les petites gens, des personnages dans une grande précarité, des crève-la-faim. C’est le cas des héros d’Alcool de pastèque, de Destinée où le couple modeste recueille un nouveau-né abandonné ayant sur lui de l’argent ou bien encore le samouraï de Un dessin mystérieux.

L’auteur de L’homme sans talent n’hésite jamais à raconter ses destins parfois cruels d’hommes dans la misère. Ces tranches de vie – comme suspendues dans le temps – permettent aux lecteurs de découvrir par petites touches un Japon des campagnes, celui qui ne fait pas de bruit, celui qui survit.

… A La chasse aux champignons

Le côté parfois dur et radical de Tsuge se retrouve aussi dans d’autres récits. Ainsi, Le marais, plonge le lecteur dans une histoire dérangeante entre une femme qui aime son serpent et un passant. Tchiko révèle la morbidité d’un mangaka vis-à-vis d’un oiseau, comme s’il était jaloux. Quant à La chasse aux champignons, elle met en scène l’angoisse d’un petit garçon.

D’ailleurs, lors de leur publication dans Garo, ces trois récits furent boudées par le public. Si ils sont plus accessibles au grand public, contrairement à celles de La vis ou des Fleurs rouges, les histoires du Marais peuvent aussi déstabiliser les lecteurs par leur côté malsain.

Tsuge assistant de Mizuki

Comme l’a aussi expliqué Léopold Dahan ou l’exposition à Angoulême cette année, Yoshiharu Tsuge devint aussi l’assistant de Shigeru Mizuki, auteur notamment de NonNonBâ. C’est en effet après le rejet par le public de La chasse aux champignons en 1966 qu’il se met au service du maître mangaka.

Pendant un an, Tsuge dessine les décors, parfois les personnages de Mizuki. Mieux, certaines sont même entièrement mises en image par l’auteur du Marais.

C’est ainsi que lorsqu’il publie de nouveau dans Garo, les amateurs peuvent voir l’influence de l’auteur de Kitaro le repoussant, notamment dans la physionomie des personnages.

Yoshiharu Tsuge imagine alors La fille du bouquiniste, une magnifique ode à la lecture, mais également La lettre mystérieuse, là encore une histoire sordide de jalousie ou encore La femme ninja, dont la vengeance est lente.

Comme dans les précédentes publications des éditions Cornélius, Le marais réunit des histoires très diverses, très riches qui nous fascinent, nous aimantent, nous questionnent ou nous révulsent. Encore un recueil de grande qualité et un beau travail de mémoire !

L’article Le marais est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/le-marais-tsuge-cornelius-manga/feed/ 0
Pucelle https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/pucelle-duprelatour-dargaud/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=pucelle-duprelatour-dargaud https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/pucelle-duprelatour-dargaud/#respond Thu, 21 May 2020 10:07:47 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=72218 Florence Dupré La Tour, autrice de Cruelle, nous offre avec Pucelle une autobiographie bouleversante aux éditions Dargaud . Elle y aborde le thème de la sexualité et des non-dits. Un récit percutant et plein d’humour, construit avec intelligence. Les tabous de la sexualité dans une famille catholique pratiquante Florence Dupré la Tour a 5 ans au début […]

L’article Pucelle est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
Florence Dupré La Tour, autrice de Cruelle, nous offre avec Pucelle une autobiographie bouleversante aux éditions Dargaud . Elle y aborde le thème de la sexualité et des non-dits. Un récit percutant et plein d’humour, construit avec intelligence.

Les tabous de la sexualité dans une famille catholique pratiquante

Florence Dupré la Tour a 5 ans au début de cette histoire. Avec sa sœur jumelle Béné et sa famille, elle habite en Argentine dans les quartiers chics de la ville. Dans cette famille bourgeoise expatriée, le père travaille sans arrêt et ne s’occupe pas beaucoup de ses enfants. La mère se charge d’enchanter la vie familiale par mille et une activités : Florence évolue dans un cadre idyllique et adorable, jouissant d’une enfance naïve et heureuse.

Cependant, à cause d’une éducation catholique stricte, tout ce qui touche à la sexualité est tabou, sale, interdit. Entre inquiétude et ignorance, son esprit a été modelé par les interdits et les dogmes religieux; qu’est-ce donc que ce « péché de chair » qui semble vous conduire directement en enfer ? Elle ne pose pas la question car elle a peur de la réponse..

Dans ce contexte, il n’est pas évident de se construire toute seule quand on est une enfant. Pucelle alterne ainsi découverte de soi et prises de conscience.

L’arrivée des premières règles, les pubs pour tampons à la télévision, cette histoire de petite graine plantée dans le ventre de sa mère qui donnera quelques mois plus tard un bébé, tout cela la laisse perplexe.

Un discours féministe, entre éducation patriarcale et rébellion

Pucelle fait aussi référence à une des seules et uniques femmes héroïques apprises dans les livres d’histoire des écoliers : Jeanne d’Arc, surnommée Jeanne La Pucelle.

Pourquoi les femmes sont-elles toujours reléguées au second plan ? Florence doute, elle a peur, elle est en colère contre son éducation patriarcale, contre ces injustices, contre son père tout puissant et sa mère obéissante. Elle nous révèle en filigrane l’endoctrinement sociétal de la dominance de l’Homme sur le sexe faible. Dans son milieu les femmes sont soumises, mères au foyer, et n’ont pas leur mot à dire; elles n’ont cependant pas à se plaindre puisqu’elles ont la chance de profiter de leurs enfants et de tenir la maison… Mais Florence voit bien que quelque chose ne va pas.

Elle ne veut pas être une fille gentille, douce et raffinée, elle ne veut pas de ce corps de femme. Florence veut se battre, elle veut entrer en résistance.

« Moi, j’étais violente. »

Pucelle : une adolescence marquée par la honte

Cette bande dessinée questionne sur Qu’est-ce qu’être une femme ? Florence Dupré La Tour explore la honte liée aux premières menstruations. « Alors Florence tu as eu tes règles ? », lui crie sa mère devant tous les parents d’élèves. Le mot tabou, « règles », s’inscrit alors sur toute la page, en lettres capitales rouges, entourant la fillette dont le visage se métamorphose sous l’effet de la colère.

Tout le long de l’album, cette couleur rose est prédominante, et vire parfois au rouge sombre. Elle symbolise à la fois « le sang, la chair, les règles » : tous les non-dits enfouies par sa famille qui remontent à la surface.

« Le rapport au sang est constant dans la vie d’une femme, mais en réalité ce dont je parle est le rapport à la douleur et son apprentissage. Cette éducation à la douleur commence quand on est petite. »

Le dessin en bichromie rouge et gris est superbe : il semble instinctif, rapide, toujours juste et précis. Il restitue pleinement les émotions et les expressions des personnages. En apparence simple, son trait traduit toute la complexité de l’adolescence et porte un regard féroce sur cette période de la vie où les codes de l’âge adulte ne cessent d’empiéter sur l’innocence de l’enfance. Parfois caricatural, parfois naïf, il est toujours diaboliquement drôle et honnête.

À l’image d’autres œuvres autobiographiques portant sur la sexualité comme Elle ne rentre pas celle de mon mari ou Solitude d’un autre genre, Pucelle est une BD coup de poing, extrêmement émouvante. Elle nous dévoile avec une franchise sans concession les conséquences de la méconnaissance. Un récit d’utilité publique, qui parlera à tous. À se procurer et à lire de toute urgence, vivement la suite !

L’article Pucelle est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/pucelle-duprelatour-dargaud/feed/ 0
L’éveil https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/leveil-zabus-campi-delcourt/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=leveil-zabus-campi-delcourt https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/leveil-zabus-campi-delcourt/#respond Thu, 21 May 2020 10:04:15 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=72256 Les auteurs de Macaroni et Les larmes du seigneur afghan, Vincent Zabus et Thomas Campi imaginent L’éveil, une fable fantaisiste entre amour, humour, engagement politique et dinosaure. Joyeusement fou ! De l’angoisse d’Arthur Bruxelles, 2016. Jeune homme timide, Arthur est un vrai angoissé. Hypocondriaque depuis l’enfance, en cette période, il se pose beaucoup de questions […]

L’article L’éveil est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
Les auteurs de Macaroni et Les larmes du seigneur afghan, Vincent Zabus et Thomas Campi imaginent L’éveil, une fable fantaisiste entre amour, humour, engagement politique et dinosaure. Joyeusement fou !

De l’angoisse d’Arthur

Bruxelles, 2016. Jeune homme timide, Arthur est un vrai angoissé. Hypocondriaque depuis l’enfance, en cette période, il se pose beaucoup de questions existentielles. Sa vie est réglée comme du papier à musique. Il aime le confort de son appartement.

Malgré de grandes peurs, il tente de les surmonter. Ce qui n’est jamais simple lorsqu’elles sont ancrées très profondément et ce depuis des années.

Sandrine et la quincaillerie

Pour calmer une très grosse crise, Arthur décide de sortir s’aérer l’esprit. Alors qu’il marche dans la rue, une énorme branche tombe d’une arbre et manque de l’assommer. Il a l’impression qu’elle a été mordue. Surprenant !

Assis par terre pour reprendre ses esprits, il est interrompu par Sandrine. Elle l’invite à la suivre. Étonnamment, le jeune homme lui emboite le pas. Ils arrivent à La quincaillerie. C’est un lieu de rencontre entre habitants du quartier. Un endroit de solidarité, qui permet de discuter, de créer du lien et un lieu culturel.

Le reste de la soirée se passe dans son appartement. Sandrine ne lui laisse pas trop le choix, prend les choses en main et le lit sert de décor à leurs premiers ébats. Le lendemain matin, la jeune femme a disparu. Arthur angoisse de nouveau. Pourquoi est-elle partie ? Il se lance à sa recherche…

L’éveil à la folie-douce

Quel album ! L’éveil est fou, décalé, légèrement transgressif, doux, chaleureux, mais également fort, interrogateur et agréable à la lecture. Ne vous attendez pas à lire un énième album à la narration classique et une romance à l’eau de rose mais plutôt à découvrir une bande dessinée singulière, intelligente et drôle, où les personnages – et donc les lecteurs – sont baladés et se posent des questions.

Il y a de la folie-douce dans le récit de Vincent Zabus. L’auteur d’Hercule agent intergalactique nous emporte dans une histoire surréaliste parfois, complètement barrée mais aussi très actuelle et contemporaine. Le scénariste réussit cette prouesse de mélanger les genres avec une grande habileté.

L’éveil aux sensations

L’éveil c’est aussi une rencontre. La rencontre entre deux êtres diamétralement opposés. Arthur, l’angoissé de la vie, l’hypocondriaque va s’éveiller aux sensations aux côtés de Sandrine. Elle, est plus extravertie, plus ouverte et n’hésite pas à le bousculer dans sa petite vie de vieux célibataire. Elle ne lui laisse jamais le choix. Elle l’embarque et cela lui fait un bien fou.

Cette bande dessinée a un petit je-ne-sais-quoi dans la veine de Jacques Tati, de Robert Desnos et d’André Breton. Un surréalisme tendance 2020. Il y a de l’humour et de la passion. Arthur s’adresse parfois même aux lecteurs directement, sa conscience peut aussi prendre l’aspect de deux jeunes femmes à leur fenêtre et l’on comprend les mécaniques de sa pensée car il dévoile ses sentiments au fil des pages. Pourtant, les femmes et les hommes de L’éveil ne veulent plus subir mais agir.

L’éveil aux engagements politiques et sociaux

L’éveil est aussi un album aux thématiques très contemporaines, très modernes. Par La quincaillerie, Vincent Zabus nous interroge sur le monde qui nous entoure. Ce lieu, ayant vraiment existé à Bruxelles pendant deux ans entre 2015 et 2016, est un endroit d’échanges. Tous les membres sont logés à la même enseigne, il n’y a pas de « chef » et toutes les décisions sont prises collectivement. On y parle écologie et politique. Est-ce qu’en les côtoyant, Arthur va s’ouvrir aux autres, s’engagera ? Et si cette période post-confinement était propice à réfléchir différemment sur le monde ? Finalement, il faut lire L’éveil maintenant, il peut y avoir des clefs pour répondre à ces grandes questions.

Il y a aussi des dinosaures et du street-art. Sans trop en dévoiler, le récit interroge aussi par l’art. Les artistes se réapproprient l’espace urbain, tels Banksy ou les mouvements féministes qui collent des messages contre les féminicides. Ils et elles font passer des messages au plus grand nombre pour faire changer les mentalités.

De la beauté du dessin

Pour accompagner Vincent Zabus au dessin, c’est de nouveau Thomas Campi qui s’en charge. Les deux artistes se connaissent bien puisqu’ils ont déjà publié cinq albums ensemble : le tome 3 d’Agathe Saugrenu, Les petites gens, Les larmes du seigneur afghan, Macaroni ! et Magritte, ceci n’est pas une biographie.

Pour L’éveil, le dessinateur italo-australien fait encore des merveilles. Son trait semi-réaliste est d’une grande douceur et ses couleurs somptueuses. La ville de Bruxelles est belle sous ses pinceaux. Ses personnages sont doux et attachants.

L’éveil : une romance singulière pour un album singulier, porté par une folie-douce et un formidable dessin.

L’article L’éveil est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/leveil-zabus-campi-delcourt/feed/ 0
Aria https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/aria-amano-ki-oon/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=aria-amano-ki-oon https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/aria-amano-ki-oon/#respond Tue, 19 May 2020 15:05:14 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=72158 Sur Néo-Venise, Akari suit les cours pour devenir une ondine, une batelière de gondole. Les éditions Ki oon publient Aria, une série de Kozue Amano, dans une version masterpiece. Dépaysant, doux et rafraichissant ! Mars, la Néo-Venise Néo-Venise au XXIVe siècle. Il y a plus de 150 ans, la planète Mars a été terraformée. Ses […]

L’article Aria est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
Sur Néo-Venise, Akari suit les cours pour devenir une ondine, une batelière de gondole. Les éditions Ki oon publient Aria, une série de Kozue Amano, dans une version masterpiece. Dépaysant, doux et rafraichissant !

Mars, la Néo-Venise

Néo-Venise au XXIVe siècle. Il y a plus de 150 ans, la planète Mars a été terraformée. Ses calottes glacières ont fondu et maintenant 90% de sa surface est recouverte d’eau. Elle est alors devenue Aqua, la planète de l’eau.

Une ville portuaire est sortie des eaux sur le modèle de la cité italienne de Venise. Comme sa grande soeur, Néo-Venise possède de nombreux canaux et l’on ne se déplace qu’en gondole. La batellerie est donc la profession la plus importante de la ville.

Akari future ondine

Dans un vaisseau spatial venu de Manhome (la Terre) se trouve Akari Mizunashi, une jeune terrienne dont le rêve est de devenir ondine, c’est-à-dire une batelière.

A peine débarquée du spatioport international Marco Polo, qu’elle se précipite dehors pour admirer cette ville lacustre. Elle tombe alors sur un gros chat à qui elle offre un peu de son déjeuner. Elle attend avec lui son employeur.

Le félin saute alors dans une gondole et décide de le suivre. Akari se retrouve alors dans la barque d’un facteur. Elle lui explique qu’elle va devenir ondine. Il lui laisse alors la manœuvre. Après un trajet mouvementé, elle s’endort. Lorsqu’elle se réveille, elle est devant Aria, la société pour laquelle elle va travailler. Elle découvre alors que le gros chat est le patron de l’entreprise. C’est le début d’un apprentissage joyeux et folklorique…

Aria, une série futuriste rafraichissante

En 2007, les éditions Kami publiaient les sept tomes d’Aria, ainsi que son préquel Aqua. Mais la maison d’édition – qui possédait aussi Carabas – ferme en 2010. Ki oon propose aujourd’hui la série dans une version Masterpiece (version deluxe). Un format plus grand pour donner plus de visibilité au très beau travail graphique de Kazue Amano. Calque et pages couleurs sont aussi les plus de cette nouvelle édition. C’est une très belle initiative de Ki oon qui rend enfin hommage à cette belle série de science-fiction.

Aria est une saga futuriste rafraichissante, drôle et enlevée. Joyeux et bienveillant, ce shônen plaira au plus grand nombre. Le gros point fort de cette série est sans nul doute le dessin de Kazue Amano. Riches et emplis de détails, les décors sont somptueux. Néo-Venise sous ses pinceaux est une cité lacustre de toute beauté. Le trait de la mangaka donne une transparence aux eaux d’une grande force. Les lecteurs sont sous le charme des canaux, des bateliers et des bâtiments rappelant la cité italienne.

L’ambiance est douce, poétique et calme, comme les eaux qui coulent les canaux. Il faut souligner que sur Aqua, tout est plus lent et dure plus longtemps que sur Manhome (la Terre). Les saisons sont multipliées par deux. Kazue Amano y glisse aussi quelques touches de steampunk bien senties, notamment de beaux engins volants.

Les bateliers, un monde d’hommes

Au milieu des gondoles, les lecteurs suivent les pas d’Akari. Cette jeune apprentie est douée, parfois gaffeuse mais tellement motivée. Aria, la société qui l’emploie, est l’une des seules de Néo-Venise qui accepte les femmes. En effet, le monde des bateliers est un univers d’hommes. Elle prend alors exemple sur Alicia, sa supérieure « fée de l’eau » (ondine la plus populaire de la ville) et Aika qui travaille chez Himeya, un concurrent. Ensemble, elles vont faire front pour réussir dans leur entreprise et s’émanciper.

L’on pourra aussi rapprocher Aqua de Zalem, la cité suspendue dans Gunnm. Comme dans la célèbre saga de Yukito Kishiro, il y a un bloc dans le airs au-dessus de la planète. Relié par un ascenseur, l’endroit sert de chauffage à la cité lacustre.

Décliné en OAV au Japon (série animée), Aria fut un vrai succès au pays du soleil levant. Les 12 volumes se classaient fréquemment dans les meilleurs ventes. En plus de la douceur et de la candeur de la série, il y a aussi de l’humour (notamment les relations entre Akari et Akatsuki, le salamander ou encore Aria Pokoteng, le chat-martien patron d’Aria) qui participe la fraicheur du titre.

Aria : deux volumes agréables, joyeux, drôles et doux !

L’article Aria est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/aria-amano-ki-oon/feed/ 0
Swan, tome 2 https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/swan-tome-2-nejib-gallimard-peinture/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=swan-tome-2-nejib-gallimard-peinture https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/swan-tome-2-nejib-gallimard-peinture/#respond Tue, 19 May 2020 14:43:16 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=72169 Néjib poursuit les aventures de Swan Manderley, dans Le chanteur espagnol, un deuxième volume aussi enchanteur que le premier. Plongez dans le Paris du début du XXe siècle, le Paris des peintres et des artistes. Passionnant ! Arriver à ses fins Dans Le buveur d’absinthe, les lecteurs faisaient la connaissance de Swan Manderley et de […]

L’article Swan, tome 2 est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
Néjib poursuit les aventures de Swan Manderley, dans Le chanteur espagnol, un deuxième volume aussi enchanteur que le premier. Plongez dans le Paris du début du XXe siècle, le Paris des peintres et des artistes. Passionnant !

Arriver à ses fins

Dans Le buveur d’absinthe, les lecteurs faisaient la connaissance de Swan Manderley et de son frère Scottie, à peine débarqués de New York. Ce dernier est admis aux beaux-arts, tandis que la première aimerait aussi embrasser une carrière artistique.

Les deux étaient accueillis à Paris par Edgar Degas, leur cousin, futur grand peintre. D’ailleurs, leur vie va être jalonnée de rencontres avec des artistes qui compteront dans le futur : Edouard Manet, Thomas Couture ou Roqueplan.

Swan sait qu’elle ne pourra jamais entrer à l’école impériale pour apprendre le dessin. Elle cède alors aux affres du chantage en contraignant son propre frère. Elle le menace de révéler son homosexualité. Il doit se soustraire et lui laisser la place libre.

Swan, un(e) artiste jalousé(e)

En plus de cet odieux chantage, Swan se coupe les cheveux et agit en homme pour suivre les cours de Jean-Auguste-Dominique Ingres. Elle réussit tout ce qu’elle entreprend. Elle est félicité quasiment à chaque fois lors de remises de prix. Elle est rapidement prise en grippe par les autres apprentis. Ils sont jaloux de son talent.

Lorsqu’elle remet une perruque pour redevenir femme – avec l’aide de sa gouvernante, dans la confidence – elle est la muse d’Edouard Manet qui s’éprend d’elle .

Si elle a de plus en plus de remords vis-à-vis de son frère, elle tente de s’en rapprocher et de se faire pardonner. De son côté, Scottie est de plus en plus mal dans sa peau. Il abandonne les beaux-arts…

Swan, une très grande fresque historique sur la peinture du XXe siècle

Alors qu’il nous avait enchanté avec le magistral Stupor Mundi, Néjib récidive avec Swan. Le premier tome était formidable, ce deuxième l’est tout autant et rentre encore plus dans la psychologie des personnages.

S’il met sur la route de ses deux héros des personnalités historiques ayant existé (Degas, Manet, Monet, Couture, Ingres…), il leur cisèle une psychologie très forte. Swan parle de peinture et des peintres, de cours, de rapins (artistes peintres qui copient de grandes œuvres) et d’apprentissage mais il aborde aussi des thématiques très actuelles et résolument modernes : le féminisme et l’émancipation. Bien sûr qu’il était plus simple pour les femmes issues de familles riches, aristocratiques ou de notables, puisqu’elles recevaient une instruction, elles étaient donc lettrées contrairement aux femmes du bas peuple. Mais Swan doit se travestir pour atteindre le saint des saints : l’académie impériale. Cette jeune femme aime, ne se laisse pas faire et n’hésite pas à remettre les importuns à leur place.

Le récit de Néjib parle aussi d’homosexualité par le personnage de Scottie. Là encore, cette sexualité était mieux accueillie dans les hautes sphères de l’état mais également dans le milieu artistique.

Les lecteurs apprécient la force qu’imprime l’auteur de Haddon Hall, quand David inventa Bowie dans les relations entre Swan et Scottie mais aussi entre ce dernier et Roqueplan ou encore entre la jeune femme et Manet. Le dessin de Néjib d’un simple trait est jeté mais paradoxalement très élégant. Les teintes cuivrées de ses planches sont sublimes.

Encore un excellent volume pour cette saga historique romanesque au cœur du Paris des artistes. Délicieux !

L’article Swan, tome 2 est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/swan-tome-2-nejib-gallimard-peinture/feed/ 0
L’autre Terre https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/lautre-terre-igle-peyer-delcourt-comics/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=lautre-terre-igle-peyer-delcourt-comics https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/lautre-terre-igle-peyer-delcourt-comics/#respond Mon, 18 May 2020 09:55:51 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=72119 D’un côté, Terre Alpha et son super-héros attitré, l’Homme-Libellule, de l’autre, Terre Omega et son protecteur Dragonfly. L’un et l’autre sont leurs propres transpositions dans un univers alternatif. Dans L’Autre Terre, de Tom Peyer et Jamal Igle, voyons ce qui se produirait si les super-héros passaient de l’autre côté du miroir. DES SUPER-HÉROS, DES SUPER-VILAINS. […]

L’article L’autre Terre est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
D’un côté, Terre Alpha et son super-héros attitré, l’Homme-Libellule, de l’autre, Terre Omega et son protecteur Dragonfly.

L’un et l’autre sont leurs propres transpositions dans un univers alternatif.

Dans L’Autre Terre, de Tom Peyer et Jamal Igle, voyons ce qui se produirait si les super-héros passaient de l’autre côté du miroir.

DES SUPER-HÉROS, DES SUPER-VILAINS.

L’Autre Terre reprend à la lettre tous les codes des comics de super-héros.

Ainsi, sur Terre Alpha, le super-héros l’Homme-Libellule, accompagné de son fidèle compagnon Dard, lutte sans répit contre le dandy malfaisant Numéro un.

Mais en plus, dans L’Autre Terre, il y a un univers alternatif qui coexiste.

Ainsi, sur Terre Omega, le justicier Dragonfly est inconsolable depuis que Dard, son jeune acolyte, a été assassiné par son ennemi de toujours, le psychopathe sanguinaire Numéro un.

Difficile de ne pas reconnaître Batman, Robin et le Joker derrière ces personnages.

DES ARCHÉTYPES ENCORE ET TOUJOURS.

Ces nombreuses références sont parfaitement transparentes, tant scénaristiquement que visuellement.

Mais en réalité, c’est voulu et même nécessaire à la construction de l’histoire.

Ainsi, Tom Peyer et Jamal Igle invitent le lecteur à reconnaître un type de super-héros qui ressemble à s’y méprendre à Batman. Et ce héros serait confronté à des situations, elles aussi déjà vues dans les innombrables histoires que le justicier de Gotham City a pu vivre depuis sa création en 1939.

Dans un premier temps, on pourrait penser que ce comic book, paru initialement chez Ahoy Comics n’est qu’un hommage, voire une transposition de Batman, le super-héros emblématique de DC Comics, dans un autre univers.

Le fait est que c’est un procédé courant dans la bande dessinée américaine. Par exemple, Cyclope des X-men (paru chez Marvel), Nathan des Next-Men (paru chez Dark Horse), et Sting, des Renegades (paru chez Valiant), sont des personnages très semblables et leurs différences ne sont perceptibles que pour justifier l’originalité d’univers liés à des maison d’édition.

Mais en réalité, rien de tout cela dans L’Autre Terre.

LES MULTIVERS.

En fait, si on voulait établir des parallèles entre l’œuvre de Tom Peyer et Jamal Igle et d’autres comics, c’est ailleurs qu’il faudrait chercher.

En effet, L’Autre Terre exploite le concept d’univers super-héroïques alternatifs normalement indépendants, mais qui pour une raison inattendue viennent à se rencontrer.

On pense alors à des œuvres célèbres de Grant Morrison, comme Justice League : L’autre Terre et Multiversity.

Le talentueux auteur y développe à l’envie et parfois à l’extrême le concept d’univers parallèles. Ainsi, on y rencontre des personnages comme Owlman, le double maléfique de Batman ou encore un Superman noir devenu président des États-Unis.

Alors L’Autre Terre ne serait finalement qu’une œuvre inspirée par les réflexions du scénariste écossais ?

Hé bien non, toujours pas…

QUAND BILL ET BOB RENCONTRENT SCOTT ET GREG.

Nous l’avons vu, de la même manière que l’Homme-Libellule et Dragonfly rappellent Batman, Terre Alpha et Terre Omega rappellent le concept des multivers.

Mais ce qui fait toute l’originalité et aussi la qualité de L’Autre Terre, c’est qu’on découvre ce qui se produirait si un Batman, tel qu’il était lorsqu’il a été créé par Bill Finger et Bob Kane, se retrouvait transporté dans l’univers sombre et violent du Batman de Scott Snyder et Greg Capullo. Et vice versa…

C’est cette rencontre, aux allures de grand écart improbable, qui rend ce récit si captivant.

Pour comprendre ce que ça donnerait, il faut imaginer le Batman campé par Christian Bale dans l’univers de la série des années 60 avec ses BAM ! et ses POW ! aussi kitchs que célèbres.

Et à l’inverse, on verrait le Batman version Adam West dans un univers noir et violent, opposé à un Joker au sourire balafré de Heath Ledger ou à un Bane à la carrure de Tom Hardy.

Et cerise sur le gâteau, tout ce concept d’univers parallèles constitue un élément fondamental d’une intrigue qui s’annonce captivante.

Les héros réussiront-ils à rejoindre leurs Terres respectives ? Qui a provoqué ces connexions entre des univers si différents ? Et dans quel but ?

Telles sont les nombreuses questions que nous nous posons à l’issue de ce premier tome très réussi.

L’Autre Terre de Tom Peyer et Jamal Igle est une œuvre surprenante.

Inattendue, elle s’avère bien plus profonde et complexe qu’il n’y paraît, par sa capacité à exploiter avec justesse un concept extrêmement prometteur. Initialement publiée par la maison d’édition Ahoy Comics, elle voit le jour en France sous la bannière de Delcourt.

Une belle réussite dont on attend la suite avec impatience.

L’article L’autre Terre est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/lautre-terre-igle-peyer-delcourt-comics/feed/ 0
Le col de Py https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/le-col-de-py-espe-portet-grand-angle/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=le-col-de-py-espe-portet-grand-angle https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/le-col-de-py-espe-portet-grand-angle/#respond Fri, 15 May 2020 10:19:36 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=72086 Louis nait avec de graves malformations cardiaques, tandis que Pablo, son grand-père, est atteint d’un cancer très sévère. Pourtant à bout de force, le vieil homme va venir soutenir sa fille et son gendre dans cette épreuve. Espé met en image son histoire dans Le col de Py, une autobiographie poignante, une histoire de vies. […]

L’article Le col de Py est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
Louis nait avec de graves malformations cardiaques, tandis que Pablo, son grand-père, est atteint d’un cancer très sévère. Pourtant à bout de force, le vieil homme va venir soutenir sa fille et son gendre dans cette épreuve. Espé met en image son histoire dans Le col de Py, une autobiographie poignante, une histoire de vies. Bouleversant !

Un grand bonheur dans la famille de Camille, Bastien et Chloé

Foix, 3 mai 2007. C’est le grand jour ou plutôt le grand soir ! Camille, enceinte, est sur le point d’accoucher. Bastien, son époux, avait déjà tout préparé. Ils grimpent dans leur voiture, direction la clinique.

Après quelques heures de travail, la maman peut prendre Louis, son nouveau-né, dans ses bras. Bastien appelle alors ses beaux-parents pour annoncer la bonne nouvelle. Ils vont être à nouveau grands-parents. Pablo et son épouse étaient de garde de l’aînée, Chloé.

Le lendemain, tout le monde vient rendre visite au petit Louis. Trois jours plus tard, Bastien vient chercher Camille et son fils pour les ramener chez eux.

Malformations cardiaques

A peine arrivé dans la chambre, Camille annonce à Bastien que Louis a un problème cardiaque. Ils prennent alors rendez-vous dans le service de cardiologie de centre hospitalier du Val d’Ariège. L’interne confirme le premier diagnostique et oriente le couple vers le professeur Halts, spécialiste en cardiologie infantile à Toulouse.

En juin, le médecin les reçoit afin de procéder à d’autres examens. La sentence est lourde : Louis souffre d’une grave malformation cardiaque congénitale. Le professeur envisage plusieurs scénarios mais préfère attendre vraiment le dernier moment pour s’y astreindre.

Pablo, grand-père bienveillant

L’intervention de Louis n’est pas pour tout de suite. En attendant, Camille doit retourner travailler – elle est enseignante – et Bastien doit avancer sur son album – il est auteur de bande dessinée – son éditrice le tanne tous les jours pour cela. Pas simple pour le couple car il n’a pas la tête à cela. Surtout que la jeune femme ne veut ni de crèche, ni de nounous, trop dangereux pour leur enfant.

Reste alors la solution Pablo, le père de Camille. Il est prêt à venir trois jours par semaine pour soulager le couple. Cela lui permettra de penser à autre chose. Car lui aussi est malade. Il a un cancer qui le ronge petit à petit. Il décide de venir du mardi au jeudi soir car ses séances de chimiothérapie sont le lundi.

C’est un nouveau départ pour le grand-père. Il va pouvoir passer du temps auprès de ses petits-enfants, Chloé et Louis

Grimper Le col de Py, un effort de tout le instants

Après Le perroquet où il mettait en scène la bipolarité de sa maman, Sébastien PortetEspé – raconte une autre douleur de sa vie : la malformation cardiaque de son petit Louis, couplée à la maladie de son beau-père, Pablo.

Après plusieurs années à chercher le bon angle pour raconter l’intime, l’auteur est pris dans un tourbillon. Le scénario est bouclé en quelques jours, tandis que les dessins se mettent en place rapidement. Il n’est jamais simple de parler de soi, encore plus, lorsque cela touche à son enfant. Comme dans de nombreuses publications dans cette thématique (Écumes de Chabbert et Maurel, Ce n’est pas toi que j’attendais de Toulmé, Rosalie Lighting de Hart…), Le col de Py montre bien les différentes étapes psychologiques dans lesquelles les parents se trouvent : l’abattement, le déni et la volonté de surmonter l’épreuve.

Cet album cathartique permet aussi de mieux comprendre ce parcours, de l’accepter et de le digérer.

« J’avais surtout envie que cette histoire ne se volatilise pas, qu’elle reste, qu’elle devienne quasi éternelle. »

Un album bouleversant

S’il n’a pas pensé un seul instant aux lecteurs pour raconter son histoire, Espé la voulait avant tout pour lui et ses proches. Il a néanmoins mis de la distance dans Le col de Py, en changeant les noms de personnages ou des lieux, en faisant des raccourcis ou en romançant quelques faits.

Cette histoire est aussi un très bel hommage, un message d’amour d’un homme à un autre homme. Avec Le col de Py, Espé voulait aussi mettre en lumière un grand-père courage, un homme merveilleux. Dans l’album, Pablo se voit renaître et se sent utile dans les derniers instants de sa vie auprès de Chloé et Louis.

« C’est l’histoire d’une transmission au milieu du chaos »

C’est aussi cette transmission, cet héritage de Pablo qui resteront dans les cœurs de ses petits-enfants. Ces moments uniques passés avec un grand-père aimant et bienveillant. A aucun moment et malgré les douleurs, le vieil homme ne se plaint, ne pleure et ne vacille devant la famille. C’est lui qui impulse le bonheur et l’optimisme à tout le monde alors que lui se sait condamné. Cette joie est aussi visible dans les moments de rassemblement de cette grande famille gitane. On chante, on danse et on rit malgré les difficultés de la vie.

Alors qu’actuellement, en cette période de Covid-19, les soignants sont à l’honneur, eux qui sont en première ligne, Le col de Py est aussi un bel hommage à ces femmes et ces hommes dévoués pour le bien-être de leurs patients.

Il suffit de tourner la dernière page de l’album et d’y découvrir la photo d’un petit garçon en haut du Col de Py pour comprendre comment l’obstacle fut difficile à franchir. Une superbe lecture !

L’article Le col de Py est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/le-col-de-py-espe-portet-grand-angle/feed/ 0
Birdmen https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/birdmen-tanabe-vega-shogakukan/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=birdmen-tanabe-vega-shogakukan https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/birdmen-tanabe-vega-shogakukan/#respond Thu, 14 May 2020 14:31:54 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=72049 Collégien solitaire, Eishi ne croit pas aux rumeurs d’un homme-oiseau volant au-dessus de la ville. Avec Kamoda, Rei et Tsubame, il va pourtant être en être lien avec lui. Yellow Tanabe imagine Birdmen, un manga fantastique aux éditions Vega. Prometteur ! Eishi, un collégien en colère Eishi Karasuma est un collégien de 15 ans. Dans […]

L’article Birdmen est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
Collégien solitaire, Eishi ne croit pas aux rumeurs d’un homme-oiseau volant au-dessus de la ville. Avec Kamoda, Rei et Tsubame, il va pourtant être en être lien avec lui. Yellow Tanabe imagine Birdmen, un manga fantastique aux éditions Vega. Prometteur !

Eishi, un collégien en colère

Eishi Karasuma est un collégien de 15 ans. Dans la classe B des 3e du collège Tenkûdai, il n’a que peu d’amis. Il est dans la phase critique de l’adolescence et râle sur tout.

Tous ses camarades de classe ne parlent que de ce phénomène vu dans le ciel : un homme-oiseau volerait au-dessus de la ville. Ne croyant pas à ces sornettes, il continue de marmonner alors que les autres regardent des vidéos de cette mystérieuse créature.

Kamoda, l’opposé de Eishi

A peine sorti dans le couloir, Eishi voit Kamoda encore en train de se bagarrer. Il faut dire que ce grand gaillard aime ça. Il passe son temps à se battre, souvent couvert de sang.

Pourtant opposé de caractère et physiquement, Kamoda est l’ami d’Eishi. Après les cours, les deux copains se rendent sur la jetée en face de la mer. Alors que le grand costaud part chercher des chats – sa passion – le plus frêle est surpris dans ses pensées par une jeune adolescente. Cette fille d’un autre collège, c’est Tsubame. Rapidement rejointe par Rei, elle est persuadée qu’Eishi cherche l’homme-oiseau.

Accident surnaturel

Quelques temps plus tard, Kamoda et Eishi prennent le bus pour rentrer chez eux. Assis au fond du car, ils peuvent voir Tsubame et Rei écouter de la musique.

Sans vraiment comprendre pourquoi, le bus sort de la route et plonge dans un ravin. Eishi croit rêver : l‘homme-oiseau volerait au-dessus de la carcasse du car.

Après un séjour à l’hôpital, le collégien découvre qu’il n’a plus besoin de porter de lunettes. Est-ce que cela aurait un lien avec l’accident ? Toujours est-il que quelques jours plus tard, chez Kamoda, un étrange phénomène se produit : Eishi a des ailes qui lui poussent dans le dos. Rapidement, le collégien découvre que son meilleur ami, Tsubame et Rei ont le même pouvoir…

Birdmen, voler avec l’homme-oiseau

Prépublié dans la revue Shônen Sunday des éditions Shogakukan au Japon depuis 2013, Birdmen fait une entrée remarquée en France grâce aux éditions Vega. Yellow Tanabe imagine une histoire fantastique mettant en scène des collégiens. Confrontés à la mort, à un étrange homme-oiseau et se voyant pousser des ailes dans le dos, Eishi, Kamoda, Tsubame et Rei ne savent plus trop où ils en sont.

En choisissant l’adolescence, la mangaka peut faire de grands parallèles avec cette période charnière de la vie d’un être humain. La transformation physique de la puberté et celle des ailes permettent de l’aborder de manière subtile. Comment réagir à ce pouvoir surnaturel ? Comment le dompter ? Il faut forcément le cacher aux autres même si cela parait plus facile à quatre.

Le suspense s’intensifie avec l’arrivée de l’homme-oiseau. Qui est-il ? Pourquoi les quatre collégiens ont-ils eux aussi des ailes comme lui ?

Un shônen sympathique et drôle

Birdmen est un sympathique shônen. Sans prétention, il se lit avec aisance. La première partie – celle sans la transformation – est enjouée et drôle. Cela repose avec tout sur les deux amis. Yellow Tanabe leur imagine des caractères très opposés.

Esihi est solitaire, plutôt bon élève, timide avec les filles, frêle et dans sa phase de rejet de l’autorité et des adultes. Il n’accepte d’ailleurs pas son nouveau don. Pourtant plus jeune que son ami, Kamoda est un grand gaillard d’1 mètre 85. Bad boy dans l’âme, il aime se bagarrer. Peu assidu en classe, il sèche souvent les cours. Malgré ce côté « gros dur », il adore les chats et fait très bien la cuisine. Et pourtant, ils sont amis. Leurs différences physiques et psychologiques les rapprochent.

Ce sont ces oppositions qui apportent de l’humour à Birdmen. Les situations cocasses dans lesquelles se trouve Kamoda font rager le pauvre Eishi.

Le trait de Yellow Tanabe est d’une grande douceur lors des relations entre les deux amis – elle ne s’embarrasse que peu des décors – tandis qu’ils sont sombres et très précis lors de l’accident et des transformations des adolescents.

Birdmen : un début de série prometteur, un manga agréable, drôle et empli de suspense.

L’article Birdmen est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/birdmen-tanabe-vega-shogakukan/feed/ 0