Comixtrip https://www.comixtrip.fr La bande dessinée du monde, le monde de la bande dessinée Thu, 17 Jan 2019 14:36:02 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.0.2 Kill my mother https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/kill-my-mother/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/kill-my-mother/#respond Thu, 17 Jan 2019 14:30:26 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=57042 L’américain Jules Feiffer signe avec Kill my mother un vibrant hommage au film noir et au roman policier de l’entre deux guerres. Un pastiche réussi qui à travers le destin de trois femmes fatales questionne la société de son temps. CHERCHEZ LA FEMME Il y a d’abord Annie, une ado un peu rebelle. Sa mère, […]

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L’américain Jules Feiffer signe avec Kill my mother un vibrant hommage au film noir et au roman policier de l’entre deux guerres. Un pastiche réussi qui à travers le destin de trois femmes fatales questionne la société de son temps.

CHERCHEZ LA FEMME

Il y a d’abord Annie, une ado un peu rebelle. Sa mère, Elsie, qui tente de retrouver le meurtrier de son mari en se mettant au service de Neil Hammond, un détective privé pas très fin mais alcoolique. Il y a encore une grande femme blonde dont on ignore le nom et qui frappe un jour à la porte de ce privé et qui prétend être à la recherche d’un autre femme, Patricia Hugues. Nous sommes dans la ville de Bay City, Amérique, dans les années 1930. Voilà le singulier décor planté par l’américain Jules Feiffer dans un roman graphique à la fois déroutant et foisonnant, Kill my mother…

BOURRE-PIFS ET BAS-FONDS

De Bay city à Hollywood, il n’y a qu’un pas que l’on va bientôt franchir pour les besoins d’une enquête longue au cœur d’une intrigue familiale violente et complexe. Les histoires de ces trois femmes sont menées de front par l’auteur qui joue ici avec les codes d’un certain roman noir où se meuvent gangsters à chapeaux qui n’hésitent pas à défourailler quand il le faut ou jouer des poings. Puis des années 30 , on est transporté dix ans plus tard, après bien des rebondissements, dans une Amérique en guerre où les héros de ce mélo sont  bientôt appelés à monter sur une scène improvisée dans la jungle du pacifique Sud pour stimuler le moral des troupes…

LE DESSIN QUI FAIT L’HISTOIRE

On l’aura compris, il s’agit ici d’un pastiche qui entend rendre hommage à une certaine idée du cinéma et du roman. Jules Feiffer, aujourd’hui presque nonagénaire, ne s’en cache pas. Il a mis en exergue de cet album – a priori le premier volume d’une trilogie – quelques grands noms du cinéma et de la littérature : John Huston, Billy Wilder, Howard hawks, Hammett, Chandler…

Feiffer a déjà tout fait : BD et dessins de presse à foison mais aussi pièces de théâtre, scenarii, court-métrage, avec à la clé un prix Pulitzer en 1986 pour ses dessins de presse. Ici il semble bien s’amuser et nous dire attention ce que vous lisez n’est pas la vérité mais laissez-vous embarquer avec moi dans mes histoires, vous ne le regretterez pas. Ici, plus peut-être que ces intrigues à tiroirs, c’est le trait aérien qui porte l’ensemble et donne à toutes ces aventures une certaine unité. Un trait épuré qui semble parfois trembler fait danser les personnages sous le crayon et le pinceau. Le noir et blanc a été juste réhaussé de gris, de brun  de bleu et de vert.

On a vu en Feiffer un « Sempé américain « , en plus cynique… En plus noir. Pourquoi pas. Toujours est-il que cet auteur encore un peu méconnu en France du grand public gagne avec ce Kill my mother une nouvelle dimension.

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Paris 2119 https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/paris-2119/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/paris-2119/#respond Wed, 16 Jan 2019 21:33:40 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=57410 Le monde de demain. C’est ce que nous proposent Zep et Dominique Bertail avec Paris 2119. En faisant un bond d’un siècle, ils imaginent la capitale désertée de la population. Non pas qu’elle soit exterminée, mais les progrès technologiques sont tels que les habitants n’ont plus besoin de se déplacer. Exit les voitures, la pollution […]

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Le monde de demain. C’est ce que nous proposent Zep et Dominique Bertail avec Paris 2119. En faisant un bond d’un siècle, ils imaginent la capitale désertée de la population. Non pas qu’elle soit exterminée, mais les progrès technologiques sont tels que les habitants n’ont plus besoin de se déplacer. Exit les voitures, la pollution semble éradiquée pour laisser place à la téléportation. Grâce au Transcore qui permet d’aller n’importe où dans le monde en quelques secondes, nul besoin d’un quelconque autre moyen de transport. Pourtant, quelques uns subsistent comme le métro. Gardé en l’état pour satisfaire les nostalgiques du XXIe siècle dont Tristan fait partie. Ce rebelle de cette vie soumise à ces « voyages en cabine », va peu à peu se rendre compte que quelque chose ne tourne pas rond.

Un petit drone enregistre par reconnaissance faciale l’identité de Tristan Keys avant qu’il ne lui autorise à entrer dans le métro. Dès la première planche, l’attitude réfractaire du personnage principal est sans équivoque. Tristan vit dans un siècle qui ne lui correspond pas. Alors, même s’il ne peut éviter d’y croiser des personnes au comportement étrange, des tatous en guise d’animal de compagnie, ou de rares touristes hyper-connectés, il se réfugie dans la voie ferrée souterraine. Un endroit qui le réconforte.

PARIS 2119, UN MONDE À DEUX VISAGES

Le Transcore, cabine révolutionnaire qui permet à tout un chacun de se téléporter n’importe où dans le monde, Tristan la réfute, l’ignore voire l’injurie. Sur le chemin qui le mène à Kloé, sa compagne, la pluie tombe inexorablement en raison d’une purification de l’atmosphère…

Cette ambiance anxiogène et sombre vient trouver répit lorsqu’il retrouve Kloé à son appartement. La belle femme dégage beaucoup d’assurance et s’obstine à convaincre Tristan d’utiliser le Transcore. Elle-même adepte de la cabine à téléportation, Tristan n’en reste pas moins méfiant. À l’heure où la procréation laisse place à un visa de reproduction, le jeune homme n’est pas prêt. Au moment où les œufs à la coque se préparent grâce à un programme dédié, il est sceptique.

Ce refus d’accepter et d’accéder à ce nouveau monde permettra à Tristan de découvrir l’envers du décor. Une lucidité qui le conduira à sa propre enquête. Laquelle pourrait dévoiler une issue bien moins alléchante qu’on pouvait imaginer de cette année 2119…

LE PARI(S) DU FUTUR ?

Pour ce Paris 2119, Zep joue les visionnaires ! Oui, c’est bien évidemment invérifiable pour nous tous mais quand on creuse quelques situations dans cette bande dessinée d’anticipation, on peut au moins attester que certaines de ses idées futuristes sont tout à fait plausibles ! De la téléportation, fantasme insensé, à ce Paris complètement groggy par l’ère numérique. Ce qui pourrait paraître inimaginable aujourd’hui renvoie aux probables suspicions d’il y a un siècle. Aurions-nous cru à toutes ces spectaculaires inventions ? Pour cette histoire complète, Zep ne pointe pas forcément du doigt ces avancées technologiques. Il estime simplement que l’humanité peut et doit en garder le contrôle. Apprécier ce que la modernité nous offre, sans en être dépendant. Peut-être est-ce là que la nostalgie est salvatrice ?

Quant à la partie graphique de Dominique Bertail, elle est bluffante d’efficacité. Non sans rappeler l’univers de Bilal, le dessinateur est déroutant dans son approche de la capitale du XXIIe siècle. Car nous ne sommes pas dans un cadre méconnaissable de la Ville-Lumière. Les monuments célèbres sont là, certains sont accaparés, mais leurs édifices n’ont pas vieilli. Les avenues, les rues, les bâtiments se voient ajouter quelques éléments futuristes. Les drones et milices sont présents en nombre. Mais tout ceci est parsemé avec modération. Ainsi, Paris 2119 devient autant crédible en images que dans son contenu scénaristique.

SI ON S’DONNAIT RENDEZ-VOUS…

Voilà une histoire d’anticipation bien inspirée ! Qu’elle soit issue d’une imagination débordante ou qu’elle découle de ce que nous vivons concrètement aujourd’hui, Zep et Bertail donnent à Paris 2119 cette sensation que certaines situations pourraient s’avérer proches de la réalité. Reste à savoir si elles seront profitables aux résidents de ce monde. Rendez-vous dans cinquante ans pour en voir les prémices !…

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Je suis née dans un village communautaire https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/je-suis-nee-village-communautaire/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/je-suis-nee-village-communautaire/#respond Wed, 16 Jan 2019 09:45:02 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=57488 Vivre dans un village communautaire, cela n’a semble-t-il pas trop perturbé Kaya Takada. L’autrice japonaise témoigne de ces années étonnantes dans Je suis née dans un village communautaire aux éditions Rue de l’échiquier. Village communautaire : collectivité singulière Nous connaissions les communautés religieuses de moines ou de sœurs, nous connaissions les centres de rééducation en […]

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Vivre dans un village communautaire, cela n’a semble-t-il pas trop perturbé Kaya Takada. L’autrice japonaise témoigne de ces années étonnantes dans Je suis née dans un village communautaire aux éditions Rue de l’échiquier.

Village communautaire : collectivité singulière

Nous connaissions les communautés religieuses de moines ou de sœurs, nous connaissions les centres de rééducation en Russie ou en Corée du Nord mais nous ne connaissions pas les villages communautaires au Japon.

Dans une période de libération des mœurs après mai 68, ces lieux de vie en commun devaient être des endroits de vie alternative où l’Homme était au centre du projet. Kaya Takeda a fait partie de l’une d’elles. Elle raconte.

Sans rancœur

La japonaise de 35 ans a vécu jusqu’à l’âge de 19 ans dans un village dont elle tait le nom et le lieu. C’est à Fusao, son mari, qu’elle témoigne de cette existence singulière.

Sous forme de petites saynètes de quelques pages, elle égraine les moments de vie pour que son compagnon puisse comprendre ce passé original.

Toujours avec humour, Kaya Takeda pose les choses telles quelles sont, sans filtre mais sans jamais juger ni donner de leçon. Parce que oui, elle en fut marqué mais semble sereine lorsqu’elle en parle. Ni remords, ni regrets, ni rancœurs. Juste une écriture salvatrice comme cathartique.

Son histoire est contée à hauteur d’enfant. Avec une fraîcheur et une naïveté qui prête à sourire même si les brimades et les privations sont parfois dures à la lecture. On éprouve de l’empathie et de la sympathie pour la jeune Kaya.

Radicalité à tous les étages

Ce qui frappe, c’est l’austérité et la manque de plaisir(s) dans ce village. Séparés des parents, les enfants sont regroupés par tranche d’âge. Les relations avec l’extérieur sont rares. Tout se déroule en vase clos.

Confiés à une éducatrice peu avenante et peu maternelle, Kaya et ses camarades apprennent la vie dans des cours très originaux. A part des jeux anciens, ils sont privés de technologie (radio et télévision). Rien ne doit parasiter l’enfance. L’éducation est stricte et axée sur les savoirs essentiels. Pour plus d’épanouissement personnel ? Pas sûr !

Cette vie d’ascète est rythmée par des rituels journaliers immuables. Du réveil à 5h30 au coucher à 21h, tout est codifié. Souvent de corvée de nettoyage de WC, Kaya aimerait plus d’imprévus.

Mangeant seulement deux repas par jour, elle a toujours faim. Elle tente de glaner de ci, des fruits dans un arbre, de là, des bonbons dans un placard.

S’émanciper

Si la vie semble rude et les corps durs au mal, Je suis née dans un village communautaire est porteur d’espoir. Kaya Takada a pu s’émanciper en quittant la communauté et devenir mangaka.

Par un dessin très typé et parfois kawaï, elle conte avec justesse des années de privations mais aussi de petits moments de bonheur. D’ailleurs adulte, elle savoure plus encore ces petits riens qui font un grand tout.

Je suis née dans un village communautaire est un très joli récit autobiographique entre férocité de la vie en commun et rires des situations touchantes.

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Noire, la vie méconnue de Claudette Colvin https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/noire-claudette-colvin/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/noire-claudette-colvin/#respond Tue, 15 Jan 2019 21:59:10 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=57420 Une jeune femme noire américaine qui ne cède pas sa place à une femme blanche dans un bus, vous allez dire : Rosa Parks. Oui, mais une jeune fille de 15 ans fit la même chose neuf mois avant son illustre aînée. Emilie Plateau la réhabilite dans Noire, la vie méconnue de Claudette Colvin. Surprenant, […]

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Une jeune femme noire américaine qui ne cède pas sa place à une femme blanche dans un bus, vous allez dire : Rosa Parks. Oui, mais une jeune fille de 15 ans fit la même chose neuf mois avant son illustre aînée. Emilie Plateau la réhabilite dans Noire, la vie méconnue de Claudette Colvin. Surprenant, fort et instructif.

Etre noir aux Etats-Unis dans les années 50

Difficile de s’en rendre compte. Délicat de se mettre à la place de quelqu’un qui a subi du racisme lorsque l’on est un homme blanc européen en 2018.

Etre noir dans les années 50 aux Etats-Unis était un vrai fardeau. Etre une femme dans les années 50 aux Etats-unis était un vrai fardeau. Si vous cumuliez le deux alors c’était la double peine !

Les lois de certains états américains étaient ségrégationnistes. Bars, boutiques ou bus, les noirs ne devaient pas se mélanger aux blancs.

« Vous vous installiez à une place réservée aux noirs. Mais si un blanc est contraint de rester debout, vous deviez lui céder votre siège. Et comme un blanc ne peut légalement pas être assis à côté d’un noir, tous les noirs devront quitter le rang de celui qui a dû se lever. A l’inverse, aucun noir n’est autorisé à s’asseoir sur une place réservée aux blancs ».

Claudette confiée à sa grand-tante

Née en 1939, Claudette vit dans un quartier modeste de Montgomery en Alabama. Abandonnée par son père, elle est confiée à sa grand-tante et son grand-oncle qu’elle considère comme ses parents. Placée chez eux avec Delphine, sa sœur, la vie n’est pas simple mais plutôt bienveillante et douce à leurs côtés malgré le décès prématuré de sa petite sœur, le jour de ses 13 ans.

Claudette face à l’injustice

Mais un jour sa vie bascule. Nous sommes le 02 mars 1955. Elle monte dans le bus pour l’école. Alors qu’une jeune femme arrive, Claudette désobéit et ne lui cède pas sa place.

Le chauffeur arrête le car, il alerte les policiers et l’adolescente de 15 ans est embarquée au commissariat. Soutenue par le NAACP (Association nationale pour l’avancement des peuples de couleur), elle attend son procès…

Noire : rendre justice à Claudette Colvin

Quel album ! Emilie Plateau adapte admirablement le texte de Tania de Montaigne édité chez Grasset en 2015. La journaliste et essayiste est très concernée par l’histoire de la communauté noire, elle a notamment écrit L’assignation. Les Noirs n’existent pas. A travers ce roman, elle poursuit son combat contre le racisme.

L’histoire de Claudette Colvin est méconnue contrairement à celle de Rosa Parks. L’album réhabilite donc cette femme âgée de 79 ans aujourd’hui et qui continue d’être fière de son geste : « Au moins, mes petits enfants ne devront pas souffrir ce que j’ai souffert ».

Parce que oui, Claudette a subi l’humiliation de son arrestation, celle des insultes des policiers, celle de son procès, celle de sa condamnation, celle de son viol, celle de son départ pour Birmingham; le tout à 15 ans seulement. Et pourtant, encore aujourd’hui elle reste digne et debout !

Ségrégation, Klu Klux Klan, procès, Rosa Parks et Martin Luther King

Le racisme transpire tout au long de l’album. L’ambiance est lourde. Il faut dire que depuis des décennies, le Ku Klux Klan n’hésite pas à tuer les noirs qui se trouvaient sur leur chemin. Emmett Till en sera le symbole (voir l’album de Arnaud Floc’h chez Sarbacane).

Il faudra attendre la fin des années 60 et Martin Luther King pour que les choses bougent un petit peu (voir la merveilleuse série BD Wake up America).

Si Claudette Colvin est soutenue par une partie de l’Eglise, le NAACP, Rosa Parks et le jeune pasteur, c’est seulement du bout des lèvres. Trop tôt ? Trop jeune ? Encore une humiliation ! Pourtant c’est bien elle qui a ouvert et montré la voie aux autres. Elle ne se plaindra jamais et poursuivra sa petite vie modeste.

Dessin minimaliste pour grande histoire

Découverte avec l’album Comme un plateau (6 pieds sous terre) mais surtout avec le merveilleux Moi non plus (Misma), superbe autobiographie, Emilie Plateau était l’autrice idéale pour dessiner Noire, la vie méconnue de Claudette Colvin.

Son superbe trait minimaliste prend toute son ampleur dans ce récit. Tout petit pour une grande Histoire. Le dessin est épuré pour ne pas brouiller le propos fort de l’album. Les couleurs joue avant tout sur le noir et le blanc, rehaussé par des tons ocres-marrons de belle qualité. Des vignettes sans cadre, une lecture horizontale avec deux, trois ou six illustrations pour un effet maximal.

Noire, la vie méconnue de Claudette Colvin : une belle histoire pour la grande Histoire ! Un propos fort pour une réhabilitation plus que méritée ! Des thématiques (racisme, exclusion, patriarcat) encore contemporaines, malheureusement.

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Chroniques du léopard https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/chroniques-du-leopard/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/chroniques-du-leopard/#respond Sat, 12 Jan 2019 10:55:41 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=57235 Hoarau et Turpin deviennent amis dans un lycée de La Réunion pendant la Seconde guerre mondiale. Ces révolutionnaires en herbe vont petit à petit embrasser la cause du Général de Gaulle. Plongée dans l’ambiance bouillonnante de l’île dans Chroniques du léopard, un album drôle et instructif de Appollo et Téhem. Naissance d’une amitié Octobre 1941, […]

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Hoarau et Turpin deviennent amis dans un lycée de La Réunion pendant la Seconde guerre mondiale. Ces révolutionnaires en herbe vont petit à petit embrasser la cause du Général de Gaulle. Plongée dans l’ambiance bouillonnante de l’île dans Chroniques du léopard, un album drôle et instructif de Appollo et Téhem.

Naissance d’une amitié

Octobre 1941, La Réunion. Lucien Turpin est nouvel élève au lycée Leconte de Lisle. Ne se laissant pas marcher sur les pieds, il tente de s’imposer dans cet établissement où le proviseur est pétainiste et Moka, le surveillant général, un homme à la main leste.

En cours de latin, il fait la connaissance de Charles Hoarau qui devient rapidement son meilleur ami. Ensemble en cours, ils se retrouvent aussi le soir à l’internat.

De la poésie à la révolution

La nuit, le duo rejoint la Confrérie du Nouveau Parnasse bourbonnais, un cercle secret consacré à la poésie. Ils y retrouvent Raymond Barre, le futur homme politique ou encore les frères Vergès, Paul et Jacques, futur avocat de Klaus Barbie.

La vie se poursuit entre les livres, les cours, les tensions avec certains autres élèves et les filles du lycée voisin.

Turpin, rebelle dans l’âme, créé même le GRR (Groupe réunionnais révolutionnaire) qui fait allégeance à De Gaulle et aux Anglais qui viendront libérer l’île. C’est le début de la résistance…

Chroniques du léopard : quand la fiction se mêle au réel

Chroniques du léopard est un très sympathique album de Appollo et Téhem, nommé en Sélection Officielle 2019 du Festival d’Angoulême. Compagnons de dessin depuis la création de la revue réunionnaise Le cri du margouillat, les deux auteurs mettent leur talent au service d’une histoire profonde et drôle.

Les Français connaissent avant tout les actes de résistance sur le territoire métropolitaine voire en Afrique du Nord mais ne savent rien de celle dans les futurs DOM-TOM. Réparation est faite grâce à l’excellent récit de Appollo (Commando colonial, La grippe coloniale ou Les voleurs de Carthage). Mélangeant avec habileté des personnages fictifs et des personnalités historiques (Vergès, Barre, Lépervanche), il met tout en œuvre pour accrocher le lecteur. Les faits réels rejoignent le récit imaginé autour de Turpin et Hoarau.

Résister aux oppresseurs

Sous ses faux airs de comédie et dans les pas du film de Truffaut Les 400 coups, Chroniques du léopard met en lumière des thématiques encore ancrés actuellement sur l’île. La misère sociale côtoie la richesse des grandes villas, héritage des grands domaines des terriens blancs (plantations). Appollo n’oublie pas de parler de racisme envers les noirs, les étrangers ou les arabes.

En plus de cela, il y a le pétainisme des petits chefs obéissants aveuglement au régime de Vichy, incarné par le proviseur et le surgé. Si la guerre ne se déroule pas directement à La Réunion, les conséquences sont néanmoins visibles.

Turpin entraîne Hoarau dans sa révolte contre ces injustices. Ensemble, ils décident de résister à toutes les formes d’oppression. La liberté est le mot central des Chroniques du léopard.

Tout n’est pas sombre dans cet album. Il y a de la joie, de l’amour et de l’humour. Le dessin de Téhem restitue parfaitement cette ambiance de comédie dramatique. Le trait semi-réaliste de l’auteur de Malika Secouss, La grosse tête et Nowan apporte de la chaleur à cette histoire. Les couleurs très marquées (jaune, ocre, vert, rose et violet) sont sublimes.

Chroniques du léopard : superbe aventure réunionnaise, entre amitié, amour et résistance !

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Villevermine https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/villevermine/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/villevermine/#respond Thu, 10 Jan 2019 14:39:54 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=57189 Retrouver un collier perdu ou une femme disparue, telles sont les missions de Jacques, détective privé qui a le don de communiquer avec les objets. Julien Lambert imagine le premier volet de Villevermine, un polar survitaminé aux éditions Sarbacane. Jacques parle aux objets Villevermine est une cité bétonnée sans âme, crasseuse et où les habitants […]

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Retrouver un collier perdu ou une femme disparue, telles sont les missions de Jacques, détective privé qui a le don de communiquer avec les objets. Julien Lambert imagine le premier volet de Villevermine, un polar survitaminé aux éditions Sarbacane.

Jacques parle aux objets

Villevermine est une cité bétonnée sans âme, crasseuse et où les habitants s’entassent sans avenir. Parmi eux, il y a Jacques Peuplier, un privé célibataire qui vit dans un appartement vétuste. Bordélique et quasiment misanthrope, il récupère les vieux objets cassés qu’il répare. Ces derniers l’apprécie pour cela. Mieux, ils communiquent avec lui. Pour chacune de ses enquêtes, il se sert de son don pour les résoudre.

Bestioles volantes, collier perdu et femme kidnappée

Mademoiselle Vanessa fait appel à Jacques pour retrouver un collier cher à son cœur. Panneau signalétique, cannettes et bouche d’incendie l’aident à retrouver le voleur. Après une bagarre, il récupère l’objet qui était aux mains de Monk. Jacques croise aussi un jeune garçon qui attrape des bestioles volantes afin de les revendre.

Quelques jours plus tard, il retrouve les frères Monk qui lui demande de retrouver leur sœur, chanteuse…

Villevermine : polar fantastique survitaminé

Voilà un premier volume prometteur ! Julien Lambert imagine Villevermine, un polar fantastique choc aux propos contemporains forts ! Cet album nommé dans la Sélection Polar 2019 du Festival d’Angoulême prend des chemins intelligents et originaux pour emmener les lecteurs dans des recoins peu exploités en bande dessinée.

Cette intrigue à tiroirs plait dès la première page. L’auteur de Edwin, le voyage aux origines (avec Manon Textoris) fait incarner son histoire par Jacques, un privé quasi mutique, fort et n’ayant pas peur de jouer de ses poings pour récupérer là un collier, là se défendre contre une bande de malfrat. Dur au mal, ce célibataire plonge tête baissée dans des situations inconfortables. Loyal envers les personnes qui l’emploie, il est secondé par les objets du quotidien. Il peut leur parler, échanger. Mais est-ce une lubie de son esprit ou est-ce vraiment un don ?

Le lecteur apprécie aussi les personnages secondaires qui ne sont pas des faire-valoir. Comme le jeune garçon qui attrape des bestioles volantes, Mademoiselle Vanessa, le savant fou ou encore le clan Monk. Tout ce petit monde se tient et c’est intelligemment amené. Ajouter à cela de l’humour par les objets ou le jeune garçon, ainsi que des dialogues percutants et de suite on apprécie Villevermine.

Génétique et écologie

L’ambiance d’anticipation est aussi agréable par des mouches-moustiques énormes qui volent dans la ville, sans oublier, les hommes rouges volants. Qui sont-ils ? Ont-ils des liens avec les insectes ?

Le lecteur découvre en Jacques, un homme qui aime les objets et qui leur redonne une nouvelle vie. Dans ce monde zapping où l’on jette beaucoup, lui préfère l’ancien, le costaud, ce qui dure. Ainsi, Julien Lambert nous questionne sur cette société d’hyper-consommation et sur l’obsolescence des objets.

En même temps que le progrès technologique augmente, celui génétique aussi. Ainsi, pourquoi ces bestioles sont-elles si imposantes ? Comment des hommes peuvent-ils voler ? La fin de ce premier volet apporte quelques réponses.

Dessin moderne et vif

Villevermine est une belle enquête accrocheuse, avec des rebondissements fréquents; ce qui tient en haleine le lecteur. Le dessin de Julien Lambert est d’une belle modernité et vivant. L’auteur a suivi des études de dessin à l’Institut Saint-Luc de Liège et a travaillé sur le très beau projet Loulou, l’incroyable secret, le film d’animation de Grégoire Solotareff et Eric Omond. Il lui reste de cette expérience, cette belle vision cinématographique dans ses plans et son découpage. Il suffit d’observer la couverture pour s’en rendre compte et donner l’envie aux lecteurs de se plonger dans ce premier volume du diptyque.

Les décors urbains et les bas-fonds de Villevermine sont magnifiques : sales, crasseux, peu avenants mais aux recoins insoupçonnés pour mener des enquêtes et faire vivre ce polar haletant.

Villevermine : une sympathique surprise pour un polar mené tambour-battant. La suite !!!

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Shipwreck https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/shipwreck/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/shipwreck/#respond Wed, 09 Jan 2019 21:24:25 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=57177 L’opération Janus, une tentative de vol lointain top secrète de l’Armée de l’air est un échec. Le seul rescapé, le Dr Charpentier, erre dans des rues désertes. Où est-il ? Comment a-t-il survécu ? Comment l’opération Janus a-t-elle pu échouer ? Telles sont les premières questions que Warren Ellis, le talentueux scénariste de Transmetropolitan et […]

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L’opération Janus, une tentative de vol lointain top secrète de l’Armée de l’air est un échec. Le seul rescapé, le Dr Charpentier, erre dans des rues désertes.

Où est-il ?

Comment a-t-il survécu ?

Comment l’opération Janus a-t-elle pu échouer ?

Telles sont les premières questions que Warren Ellis, le talentueux scénariste de Transmetropolitan et de Planetary nous amène à nous poser dans Shipwreck une histoire complète en six épisodes mêlant science-fiction, suspense et réflexion existentielle.

UNE ŒUVRE DÉLICIEUSEMENT DÉROUTANTE

Shipwreck… le naufrage…

Le titre est énigmatique, à l’image de l’œuvre.

À la frontière du conte métaphysique et du récit de science-fiction horrifique, nous suivons le Dr Jonathan Charpentier. Ce dernier est l’inventeur de la maille de téléportation, seule avancée technologique capable de sauver l’humanité.

UNE « FUITE EN AVANT »

Ironie du sort, c’est le nom du programme destiné à sauver l’humanité et c’est aussi ce à quoi va se livrer le Dr Charpentier à la recherche de réponses à ses questions et à ses démons.

Orchestré avec minutie, chaque chapitre se présente comme une pièce d’un puzzle littéraire mettant en scène des personnages parfois récurrents, toujours surprenants dans des situations surnaturelles voire surréalistes.

L’histoire est simple, mais la narration labyrinthique nous tient en haleine. Ainsi, le lecteur est poussé lui aussi à avancer pour comprendre, à la recherche de détails, d’indices, de références littéraires ou culturelles susceptibles de constituer une des clés de l’intrigue.

UNE VISION DE CAUCHEMAR

La partie graphique est assurée d’une main de maître par Phil Hester dont le trait anguleux illustre à merveille l’univers torturé imaginé par le scénariste britannique. La construction des planches est variée, pensée de manière cinématographique. Les effets graphiques sont multiples et savamment employés, ainsi, sur une même page, peuvent s’entrecroiser plans d’ensemble et gros plans, créant ainsi un dynamisme remarquable.

DES THÈMES DE PRÉDILECTION

Warren Ellis est un auteur réputé pour ses connaissances scientifiques et sa capacité à happer son lecteur dans une spirale aussi vertigineuse que complexe.

Shipwreck est de cette veine : l’hypothèse du fond diffus cosmologique ou le point froid sont des théories scientifiques complexes avec lesquelles Warren Ellis jongle pour créer une œuvre qui intéressera même les néophytes.

Avec Shipwreck, initialement paru chez AfterShock comics et disponible en France chez Snorgleux Comics, le scénariste britannique ne déroge pas à ses habitudes et nous livre une œuvre mystérieuse qui nous plonge toujours plus loin dans une quête existentielle où s’entremêlent secrets et surprises.

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L’émouvantail https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/lemouvantail/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/lemouvantail/#respond Tue, 08 Jan 2019 14:50:12 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=57122 Un épouvantail qui n’effraie pas les oiseaux ne sert à rien ! Mais aime-t-il vraiment cela ? Renaud Dillies donne vie à ce charmant personnage dans L’émouvantail, un album sensible et poétique à La Gouttière. Epouvantail qui n’épouvante pas Au milieu d’un champ, trônait fièrement un épouvantail. Timide et bienveillant, il avait un don qu’aucun […]

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Un épouvantail qui n’effraie pas les oiseaux ne sert à rien ! Mais aime-t-il vraiment cela ? Renaud Dillies donne vie à ce charmant personnage dans L’émouvantail, un album sensible et poétique à La Gouttière.

Epouvantail qui n’épouvante pas

Au milieu d’un champ, trônait fièrement un épouvantail. Timide et bienveillant, il avait un don qu’aucun autre épouvantail n’avait : il était vivant ! Son propriétaire avait réussi à l’animer. Ainsi, il était doué de parole et avait des jambes pour se déplacer.

Seulement, il était d’une infinie gentillesse : il n’aimait pas effrayer les oiseaux venus picorer les graines du champ.

Chat alors

Un chat qui passait pas là, découvrit toute la difficulté qu’éprouvait l’épouvantail pour faire fuir les ogres volatiles.  « Que suis-je, si je ne fais peur à personne ? » se morfondait la grande poupée de paille.

Le matou lui répliqua alors qu’il fallait qu’il change. Il était décidé à l’aider…

L’émouvantail : épouvantail bienveillant

Quelle excellente idée ont eu les éditions La Gouttière que de publier L’émouvantail ! Nous connaissions l’immense talent de conteur et d’illustrateur de Renaud Dillies depuis longtemps et cet album confirme tout le bien que nous pensions de lui.

Après les merveilleux Abélard, Alvin (avec Régis Hautière), Betty Blue ou Loup, il était logique qu’il se lance dans un récit pour jeunes lecteurs. Fable poétique, L’émouvantail repose sur un personnage charmant, bienveillant et altruiste. En un mot : humain !

Doit-on changer coûte que coûte ?

Comme dans ses précédents ouvrages, Renaud Dillies prend un grand soin pour développer la psychologie de ses personnages. Si le chat est un tentateur, l’épouvantail ne peut changer. C’est d’ailleurs le propos sous-jacent de l’album : Doit-on changer coûte que coûte ? S’améliorer certes, mais changer sa personnalité profonde, c’est quasi mission impossible. Et c’est peut être mieux ainsi.

En n’arrivant pas à effrayer les oiseaux, le petit épouvantail ne tient pas sa fonction dans la société et risque d’être démembré. Il ne sert donc à rien. Un propos très contemporain dans les sociétés occidentales où il faut que pour que chacun soit reconnu, il est une utilité aux autres. Beaucoup ne se retrouve pas dans cette injonction obligatoire.

De la beauté du dessin

Si Renaud Dillies est un conteur hors-pair, nous le savions excellent dessinateur depuis ses débuts. L’auteur de Saveur Coco réalise des planches pleine de vitalité et possédant un rythme que peu d’auteurs de bande dessinée ont. Il y a un certaine musicalité dans son découpage.

Il faut regarder de près toute la variété des émotions sur le visage de l’épouvantail pour faire comprendre aux lecteurs ce qu’il ressent, et c’est très fort. Ce grand échalas, avec son chapeau, sa paille et son grand sourire, nous fait fondre.

N’oublions pas de saluer les couleurs de Christophe Bouchard. Le coloriste des Spectaculaires (Poitevin et Hautière) apporte de la matière aux personnages de Dillies, avec un style d’une grande originalité. Il est peut être l’un des meilleurs coloristes à l’heure actuelle. Ce duo fonctionne donc à merveille comme il l’avait fait sur Loup.

L’émouvantail : épouvantail au grand cœur que l’on aimerait bien adopter !

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La Venin #1 – Déluge de Feu – https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/la-venin-1-deluge-de-feu/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/la-venin-1-deluge-de-feu/#respond Mon, 07 Jan 2019 16:28:38 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=57024 Avec La Venin (Rue de Sèvres), Laurent Astier revient en force dans le monde du 9e art. Pour ce western prévu en cinq tomes, Emily sera notre jolie guide !

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Comment l’année 2019 pourrait-elle bien commencer dans le monde de la bande dessinée ? A n’en pas douter, en se régalant devant la nouvelle série imaginée par Laurent Astier, La Venin. Après Face au Mur, diptyque aussi touchant qu’anxiogène sur la cavale d’un malfrat, Astier a besoin d’air, de grand air. Quoi de mieux qu’un western pour pour s’évader et profiter de ces immenses contrées américaines ? Avec Déluge de feu, il  prouve encore, s’il en était besoin, qu’il est doté d’une maîtrise graphique et scénaristique faisant de lui un auteur attendu à chacune de ses sorties. La Venin comportera cinq tomes, mais avant d’en connaître l’issue, faisons connaissance avec Emily…

EMILY, PETITE GAMINE…

Louisiane, 1885. Alors que la célèbre et triste affaire Minnie Wallace défraie la chronique, c’est dans une ambiance aussi immorale que nous retrouvons la petite Emily. Vivant avec sa mère prostituée dans une sorte de maison close, Emily assiste au triste spectacle de celles qu’on appelait les Jézabels. Au vu de son âge, nul doute que ses yeux d’enfant vont déterminer des conclusions hâtives concernant le monde adulte et plus particulièrement des hommes. Dans tous les cas, deux informations importantes se dégagent : les relations entre Emily et sa mère paraissent difficiles. Mais surtout, la fillette est dotée d’un caractère bien trempé.

… QUI DEVIENDRA LA VENIN

Quinze ans plus tard, c’est dans le Colorado que nous retrouvons Emily. Devenue une jolie femme, elle justifie de façon étonnante son arrivée dans l’Ouest américain au chef de gare. Elle doit se marier ! Mais certains éléments nous font déjà penser qu’elle n’est pas réellement venue pour partager la vie d’un homme…

Sans un sou, elle offrira à son tour ses charmes. Et c’est lorsqu’elle s’isolera dans la chambre du saloon, que vont se révéler les prémices de ses intentions. Au moment de la découverte du contenu de sa valise, l’histoire n’offrira aucun répit jusqu’à la fin de ce premier tome. Entre ce passage à Silver Creek, sa rencontre avec les comanches, ou sa retraite express à Fort Sill, la passionnée de livres ne cessera de fuir deux impitoyables détectives qui ne la lâcheront pas d’une semelle.

UNE RELATION MÈRE/FILLE EXPLOSIVE

La mise en lumière d’une femme dans cette atmosphère si masculine imprégnée par le western. Voilà comment Laurent Astier s’accapare un univers qu’on ne lui connaissait pas. Mais au vu, notamment, de son clin d’œil (trouvez-le !) à Ralph Mayer et son Undertaker, il ne fait aucun doute qu’il l’affectionne particulièrement.

Du point de vue de l’intrigue, cette première partie est menée tambour battant ! L’auteur nous avait (déjà) « baladé » dans le temps pour Face au Mur avec de multiples flashbacks, et il reprend le même procédé dans La Venin. Là encore, il justifie parfaitement ces retours dans ce passé relativement proche. Pour développer cette relation assez puissante avec la mère de l’héroïne. Et cela permet de reprendre son souffle tant le présent d’Emily est vécue à toute vitesse.

AU REVOIR LA PRISON, BONJOUR DEHORS

Quant au dessin, Laurent Astier fait une nouvelle fois état de tout son talent. Si l’on s’est délecté au préalable de la vie de Jean-Claude Pautot, on a ce sentiment que cette fois, il a envie de grands espaces, de larges cases, de lumière, de profiter de l’extérieur !  Et il s’en donne à cœur joie ! On s’évade volontiers avec lui (ne s’est-il pas lui-même représenté ?) et Emily dans ces contrées sauvages où se mêlent tension, poussière, whisky, winchesters et chevaux. D’ailleurs, en parlant de l’animal à sabot, la base d’un western réussi en bande dessinée, résulte au minimum d’une bonne restitution graphique de cet allié indispensable à l’époque. Et c’est réussi !

Ce premier album de La Venin dégage une incroyable énergie. Comme si son créateur avait donné beaucoup de la sienne pour qu’on puisse s’engouffrer dans cette aventure. Sans rien laisser au hasard, et en gratifiant le lecteur de documents véritables sur lesquels il s’est appuyé, Laurent Astier donne cette agréable sensation qu’il vit son histoire pleinement afin de nous la faire partager. Cela paraît évident, mais cela n’est pas facile pour autant.

La Venin est une série qui fait débuter l’année de la bande dessinée sous les meilleurs auspices. Vivement la suite, on sera là et on attendra… le temps qu’il faut !

 

 

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Le Grand Jury du Festival d’Angoulême 2019 https://www.comixtrip.fr/dossiers/festival-angouleme-2019/le-grand-jury-du-festival-dangouleme-2019/ https://www.comixtrip.fr/dossiers/festival-angouleme-2019/le-grand-jury-du-festival-dangouleme-2019/#respond Mon, 07 Jan 2019 14:55:46 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=dossiers&p=57096 Le Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême a dévoilé la liste des membres du Grand Jury 2019 amené à désigner les lauréats des Fauves qui récompensent les albums et les auteurs en compétition dans les différentes Sélections. A la tête de ce jury, on retrouve Dominique Goblet, l’autrice de Plus si entente (Frémok/Actes Sud). […]

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Le Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême a dévoilé la liste des membres du Grand Jury 2019 amené à désigner les lauréats des Fauves qui récompensent les albums et les auteurs en compétition dans les différentes Sélections. A la tête de ce jury, on retrouve Dominique Goblet, l’autrice de Plus si entente (Frémok/Actes Sud).

Composé de 7 membres, voici le Grand Jury 2019 :

  • Dominique Goblet, présidente du Grand Jury – autrice (Les Hommes-loups, Plus si entente)
  • Charlotte Lebon, actrice
  • Pénélope Bagieu, autrice (Culottées, California dreamin‘)
  • Edouard Fouré Caul-Futy, délégué artistique de l’Orchestre de Paris
  • Augustin Trapenard, animateur (France Inter, Canal +)
  • Pauline Croquet, journaliste (Le Monde)
  • Jérôme Briot, libraire (La Planète dessin)

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Les leçons particulières d’Osamu Tezuka https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/les-lecons-particulieres-dosamu-tezuka/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/les-lecons-particulieres-dosamu-tezuka/#respond Sun, 06 Jan 2019 11:12:45 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=57012 Osamu Tezuka vous livre ses secrets de dessinateur dans un ouvrage intelligent et instructif. Postures, visages ou émotions sont au menu de Les leçons particulières d’Osamu Tezuka. A vos crayons ! « ça vous dirait de vous essayer à dessiner des mangas, vous aussi ? » Traduit du japonais par Patrick Honnoré, cet ouvrage de 288 pages […]

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Osamu Tezuka vous livre ses secrets de dessinateur dans un ouvrage intelligent et instructif. Postures, visages ou émotions sont au menu de Les leçons particulières d’Osamu Tezuka. A vos crayons !

« ça vous dirait de vous essayer à dessiner des mangas, vous aussi ? »

Traduit du japonais par Patrick Honnoré, cet ouvrage de 288 pages est un vrai manuel pour s’exercer à dessiner des mangas. S’il s’adresse avant tout à des néophytes, les amateurs éclairés voire les professionnels pourront découvrir quelques trucs et astuces utiles à la réalisation de leurs albums.

Les éditions Philippe Picquier et Tezuka Productions Co., Ltd mettent légèrement en garde le lecteur. Par un texte très court, ils remettent le livre dans son contexte. Ils n’ont pas voulu changer ni une virgule ni un seul mot de cet ouvrage paru en 1977, afin de ne pas déflorer le propos de Tezuka.

Les leçons particulières du Dieu du manga

Qui n’a jamais rêvé de dessiner aussi bien qu’un auteur de bande dessinée ou d’un maître du manga ? Alors que plus petit, l’un de nos moyens d’expression est le dessin, rapidement à l’entrée au collège, on ne l’utilise plus, préférant l’écrit. Quelques enfants poursuivent néanmoins ce mode de communication.

Quatre grands chapitres sont au menu : construire un dessin, Construire une idée, Construire un manga et A ceux qui ont envie de dessiner des mangas.

« Vous ne savez pas dessiner ? Aucune importance ! »

Voilà le leitmotiv de cet ouvrage ! En effet, le manga a cette particularité de ne pas se soucier du réel, de vouloir vraiment coller à la réalité. Cela est donc plus encourageant et moins frustrant que de vouloir dessiner dans un style réaliste. Surtout que ce genre littéraire est avant tout l’exagération (avec ses différents degrés et ses onomatopées).

Le deuxième leitmotiv c’est le graffiti ! Tout existe déjà dans les dessins des enfants. Il suffit de reprendre ces bases et de les améliorer. Grosse tête, bâtons pour les membres ou les proportions, tout est là. Le dessinateur en herbe doit insister sur les éléments essentiels : les yeux, le nez, les bouches et donc toutes les combinaisons possibles entre elles. Osamu Tezuka décline toujours en illustration, ses propos. Comme notamment les expressions et les émotions. Cela permet de comprendre en quelques dessins ses paroles.

Tezuka n’oublie pas de parler aussi du matériel (il n’y avait pas les ordinateurs à cette époque) donc tout est réalisé à la main. Il consacre aussi des pages à la couleur et aux fameuses trames. Viennent ensuite les décors et la mise en scène dans la composition de l’image.

« L’idée, c’est ce qu’il vous faut pour faire rire ou émouvoir, ou réfléchir. Et amener votre lecteur à comprendre ce à quoi vous pensez. »

L’auteur de Ayako prend du temps pour expliquer à ses lecteurs les démarches inductives et déductives. Cette dernière repose sommairement sur : Il y a ça -> il arrive ça -> ça aboutit là. Quant au schéma de la première : voilà comment c’est -> la cause est celle-ci.

Il n’oublie pas l’humour, celui qu’il glisse toujours dans ses œuvres même les plus sombres : gags irrationnels, gags absurdes, gags du quotidien, gags qui font réfléchir, l’humour noir, le burlesque et les calembours. Il essaie alors de décrypter les mécanismes de ces derniers pour que le futur dessinateur puisse les utiliser. Bien sûr, en plus du dessin, il ne faudra pas négliger le scénario qui est aussi essentiel.

Les leçons particulières d’Osamu Tezuka : le manuel de dessin du Dieu du manga

Ce n’est pas seulement avec la lecture de ce livre que tout le monde va devenir mangaka. Ce n’est d’ailleurs pas son but. Les années de pratique, l’entrée dans une école de dessin ou les conseils de professionnels sont aussi là pour ça.

Si on est un passionné de dessin et surtout de manga, il est intéressant de lire cet ouvrage pour avoir des trucs et astuces mais aussi pour comprendre le cheminement complexe de Tezuka vis-à-vis de ses pratiques.

Si vous avez votre main qui vous démange et qui aimerait dessiner, Les leçons particulières d’Osamu Tezuka est fait pour vous ! Le mangaka est toujours enthousiaste et bienveillant dans les pages de ce livre.

  • Vous trouverez ci-dessous quelques lignes sur le premier tome de La vie de Bouddha et Barbara édités par Delcourt

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Sabrina https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/sabrina-drnaso/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/sabrina-drnaso/#respond Sat, 05 Jan 2019 15:35:58 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=56996 Teddy  est au bord du précipice depuis que sa fiancée Sabrina a mystérieusement disparu. Pour surmonter cette épreuve, il trouve refuge chez Calvin, un ami d’enfance. Nick Drnaso imagine Sabrina, le très beau portrait d’une middle-class américaine trumpienne laissée de côté. Surprenant ! Trouver refuge Teddy attend patiemment Calvin sur un siège dans un aéroport. […]

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Teddy  est au bord du précipice depuis que sa fiancée Sabrina a mystérieusement disparu. Pour surmonter cette épreuve, il trouve refuge chez Calvin, un ami d’enfance. Nick Drnaso imagine Sabrina, le très beau portrait d’une middle-class américaine trumpienne laissée de côté. Surprenant !

Trouver refuge

Teddy attend patiemment Calvin sur un siège dans un aéroport. Son ami d’enfance qu’il n’a pas vu depuis longtemps lui a proposé de venir habiter quelque temps chez lui afin de surmonter son chagrin : sa compagne Sabrina a disparu !

Sur le chemin de la maison, non loin du Mont Cheyenne dans le Colorado, Calvin tente de faire la conversation. Délicat avec un homme complétement perdu. L’hôte lui aussi n’est pas au mieux : sa femme et sa fille sont partis de la maison pour aller habiter très loin, en Floride. Seul, l’informaticien pour le compte de l’US Air Force, passe sa vie entre la télé, les flingues, la bière, les repas fast-food et la cellule psy de l’armée.

Sabrina assassinée ?

Les journées de Teddy se ressemblent : prostré dans la chambre d’ami, il erre, entre pensées complexes et besoins primaires. Calvin part tôt le matin et ne revient que tard le soir : un temps très long pour cet homme blessé.

Lorsqu’il est chez lui, le militaire tente d’entrer en contact avec son ami de lycée. Il lui parle de tout et de rien, fait ressurgir des souvenir mais cela ne suffit pas : ils sont côte à côte sans vraiment se parler.

D’autant que la vie de Teddy va basculer encore plus vers l’Enfer. Sabrina aurait été assassinée. Ce possible meurtre déchaine les passions et l’emballement médiatique est à son comble…

Portrait glaçant de la middle-class américaine

Après une année faste où il avait reçu le Fauve Révélation du Festival d’Angoulême et un Ignatz Award pour Beverly, Nick Drnaso la finit en beauté par une autre nomination dans la prestigieuse sélection officielle de la cité charentaise pour Sabrina. Auteur américain de moins de trente ans, il nous fascine par sa faculté de proposer un portrait fidèle et glaçant de cette middle-class laissée de côté.

En choisissant de faire se rencontrer deux hommes à la dérive, il peut parler de son Amérique, celle qu’il connait le mieux depuis sa tendre enfance.  Pêle-mêle, il peut aborder les thèmes de l’armement individuel, l’hyper-connexion, du complotisme, du pouvoir des images et de la nuisance des réseaux sociaux lorsqu’ils sont noyautés par une frange extrémiste. En effet, tout tourbillonne, tout s’accélère lorsqu’une rumeur prétend que Sabrina aurait été assassinée.

« presque tous les attentats terroristes sont mis en scène par le gouvernement qui rêve de dépouiller le peuple américain de sa liberté » [le présentateur du JT]

Rien de mieux d’incarner son histoire dans une ville moyenne, là où tout se sait et se déforme. Ce terreau favorable à Trump, aux conservateurs voire aux suprémacistes fait peur et glace le sang; comme l’histoire du Chicagoan. L’intelligence de Drnaso, c’est de ne jamais nommé le président des USA, ni de parler de politique frontalement. Mais le lecteur devine, sait où il est emporté.

Les tréfonds de l’âme humaine

Nick Drnaso soigne la psychologie de ses personnages. Deux êtres qui se sont connus mais n’arrivent pas à communiquer. Il explore avec minutie les tréfonds de l’âme humaine, entre névrose et burn out. Seuls, les deux n’arrivent même pas à s’épauler correctement. Le lecteur est presque gêné par cette non interaction entre eux. Il a mal de cette éloignement moral alors qu’ils sont si près physiquement. L’auteur américain dévoile aussi un récit où l’absence est un personnage principal. De Sabrina – fantôme qui flotte dans l’air – on ne sait pas grand chose; tout comme l’ex-compagne et la fille de Calvin.

Cette ambiance froide est rehaussé par un appartement où rien ne se passe, si vide, sans âme et sans décoration qui pourrait le rendre chaleureux. Cet endroit n’est qu’un lieu de passage, un lieu où Calvin ne fait que dormir, trop accaparé par son travail et son chagrin d’une fille trop lointaine. L’atmosphère de malaise est aussi renforcée par un dessin rigide, les personnages ont peu d’expression et les couleurs sont froides.

Sabrina vous surprendra par sa narration, ses propos très contemporains et ses dessins singulier !

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Conan le cimmérien, tome 4 https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/conan-le-cimmerien/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/conan-le-cimmerien/#respond Sat, 05 Jan 2019 11:11:39 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=56967 Lorsque Robin Recht s’empare du mythe de Conan le cimmérien, cela donne La fille du géant du gel, un superbe album puissant et haut en couleur; une adaptation époustouflante de l’œuvre de Robert E. Howard. Spectaculaire et dense ! Aesirs et Vanirs : luttes sans fin Nordheim. Depuis la nuit des temps, les Aesirs et […]

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Lorsque Robin Recht s’empare du mythe de Conan le cimmérien, cela donne La fille du géant du gel, un superbe album puissant et haut en couleur; une adaptation époustouflante de l’œuvre de Robert E. Howard. Spectaculaire et dense !

Aesirs et Vanirs : luttes sans fin

Nordheim. Depuis la nuit des temps, les Aesirs et les Vanirs, peuples fiers et guerriers, s’affrontent à mort sur le lac gelé. A chaque combat, on compte les morts et finalement, il n’y a ni vainqueurs, ni vaincus. Pourtant, cette fois-ci, les hommes de Gorm – Aesirs – entourent un Vanirs, ligoté et mal en point. Ils pensaient alors qu’ils auraient la victoire facile, mais c’était sans compter sur la ruse de leurs ennemis : Heimdul aurait envoyé sciemment des hommes se faire massacrer par les Aesirs pour mieux détourner l’attention et faire avancer le plus gros de ses troupes contre les Vanirs.

De la rencontre de Atali et Conan le cimmérien

Gorm est furieux ! Non seulement, il va perdre la bataille et les yeux de la belle Atali ne vont pas s’arrêter sur lui. Fille du géant du gel, elle serait une déesse. Accompagnée de ses deux ours blancs, la femme aux cheveux roux se contenterait de regarder les combats, fascinée par l’odeur et la couleur du sang qui se repend sur les terres enneigés du Nordheim.

Pourtant, elle semble effrayé par des battements de cœur qui résonnent dans sa tête. Ce sont ceux de Conan le cimmérien qui frappe çà et là pour ne pas mourir. Il est alors le seul survivant de la bataille. La rencontre entre Atali et le grand guerrier fait des étincelles…

Conan le cimmérien : entre attirance et répulsion

Robin Recht frappe très très fort avec sa version de La fille du géant du gel ! Son récit comme sa partie graphique sont à l’unisson : forts, puissants et envoutants. Il adapte l’une des 21 histoires imaginées par Robert E. Howard avec de la grâce et de l’intelligence. L’écrivain avait décliné les récits de son héros entre 1932 et 1936. Sûrement l’une des histoires les plus folles et sensuelles de ce corpus de textes, il n’avait pas pu échapper aux fourches caudines de la censure : il n’a pas pu le publier.

Il faut souligner que la rencontre entre Conan et Atali est de feu et de glace, entre attirance et répulsion, le tout dans un érotisme qui transpire à chaque page. Ce jeu du chat et de la souris est d’un très bel effet sur le lecteur. Jusqu’où ces deux êtres hors-norme pourront-ils aller ? Comment la déesse va-t-elle pouvoir refermer son piège sur le guerrier nordique ? Elle veut l’attirer à elle, vers les cimes, vers le Wallalah, mais lui résiste. Pourtant, cet album n’est pas que érotique, la belle, pas uniquement aguicheuse et le guerrier qu’un mâle dominant. Ils sont tous les deux forts et de même nature.

Du sang, des rires et des larmes

Très loin des autres récits classiques de la saga, La fille du géant du gel devait forcément être décliné par Robin Recht. Seul le dessinateur de la superbe saga Elric (avec Blondel, Poli, Telo et Cano) pouvait rendre l’ambiance originale de ce Conan. Si la tension est là (l’amour), elle se mêle aux rires cyniques de Atali et aux larmes de la guerre.

Le dessin de Robin Recht est d’une beauté rarement vue dans ce style de récit d’aventure. Le découpage est rythmé par des cases tantôt contemplative (Atali observant les guerriers se battre), tantôt tourbillonnantes (les scènes de guerre). Parfois, l’auteur de Désintégration (Delcourt) cache à ses lecteurs des scènes pour qu’ils puissent eux même s’y engouffrer. Il possède un talent singulier de l’ellipse. Les gros plans s’entremêlent aux vignettes panoramiques avec une fluidité étonnante mais aussi les cases simples et aériennes avec celles fourmillant de détails comme pour donner une impression de tourbillon et d’immensité.

Tout est beau dans ce Conan le cimmérien. Les grandes plaines glacées, les sommets enneigées, les deux ours majestueux, Atali (farouche et intelligente), la stature de Conan et le jeu de regards entre les deux protagonistes. Que dire des couleurs ? Elles apportent vraiment beaucoup au récit : tension et ambiance. Des aplats de noirs tachetés de rouge pour les scènes de combats (voir la sublime double-case pages 14 et 15) et le bleu tacheté de blanc pour le ciel enneigé. Pour ces rendus magnifiques, Robin Recht a été aidé par Fabien Blanchot.

Pour donner encore plus d’envie aux lecteurs de se précipiter sur cet album, c’est Michael Moorcock qui en signe la préface. Ecrivain britannique de nombreux ouvrages de science-fiction et de fantasy, il dit toute l’admiration qu’il a pour le travail de l’auteur parisien.

Conan le cimmérien, tome 4 : de la profondeur du propos et de la beauté du dessin. Une combinaison gagnante pour un sublime album d’aventure et de fantasy !

  • Pour prolonger le thème de Conan, découvrez notre article sur John Buscema : Big John Buscema.

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Pourquoi s’adresser aux enfants ? https://www.comixtrip.fr/dossiers/pourquoi-sadresser-aux-enfants/ https://www.comixtrip.fr/dossiers/pourquoi-sadresser-aux-enfants/#respond Tue, 01 Jan 2019 18:35:01 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=dossiers&p=56943 Lors de nos divers entretiens avec des autrices et des auteurs réalisant des albums Jeunesse, nous leur avions demandé pourquoi ils aimaient parler aux plus jeunes lecteurs. Dawid, Armelle Modéré, Thomas Priou, Tristoon, Marc Lizano, Sess, Thomas Bonis, Aude Soleilhac, Paul Drouin, Marc Boutavant, Marc Lataste, Stéphane Tamaillon et Jonathan Garnier ont donc gentiment répondu […]

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Lors de nos divers entretiens avec des autrices et des auteurs réalisant des albums Jeunesse, nous leur avions demandé pourquoi ils aimaient parler aux plus jeunes lecteurs. Dawid, Armelle Modéré, Thomas Priou, Tristoon, Marc Lizano, Sess, Thomas Bonis, Aude Soleilhac, Paul Drouin, Marc Boutavant, Marc Lataste, Stéphane Tamaillon et Jonathan Garnier ont donc gentiment répondu à notre interrogation : Pourquoi s’adresser aux enfants ? Des réponses variées et riches.

Pourquoi s’adresser aux enfants ? : 13 autrices et auteurs répondent

Dawid (auteur de la série Supers) :

« J’adore la BD en général et mon dessin actuel assez élastique s’adresse plus à un public jeunesse et moi je m’éclate à faire de la BD jeunesse […] Après j’adore le public jeunesse, c’est très agréable mais je ne voudrais pas me cantonner qu’à ce genre ! »

Armelle Modéré (autrice de Jules B.) :

« Les enfants, il y a de toutes les générations, il faut s’adapter , avoir un autre langage, d’autres sujets avec la vie qui évolue, même si les thèmes sont universels, il faut se les réapproprier et en parler à nouveau. »

Thomas Priou (auteur de Trappeurs de rien) :

« Oui c’est très important. Pour les Trappeurs, les éditions La Gouttière ciblaient le primo-lectorat pour faire découvrir la bande dessinée, pour faire découvrir la narration et pour sortir du livre illustré. Les plus jeunes sont les lecteurs de demain. Peut être que les lecteurs que j’ai aujourd’hui seront mes lecteurs dans dix ans, surtout si je fais quelque chose de plus adulte. Ils liront mes albums en pensant à ceux que j’ai pu faire avant. »

Tristoon (auteur de Bulby Crunch) :

« C’est le type de récits que j’aime écrire, je me sens plus à l’aise aussi bien en terme de références que de narration. En fait, mes petits personnages, je les trimbale depuis un moment, avant que je rentre à l’école. »

Marc Lizano (auteur de La pension Moreau) :

« Peut être parce que mon dessin s’épanouit mieux quand je travaille dans des livres pour la Jeunesse. J’ai fait des livres pour les plus grands et peut être que jusqu’à présent je n’ai pas trouvé le ton. J’ai fait du récit intimiste. J’adore lire des récits intimistes mais je n’ai pas encore réussi à faire ce que j’aime lire […] Je sais dessiner réaliste mais ça m’amuse moins. J’ai plus de plaisir à dessiner pour les enfants. Je fais à la fois des récits pour les tout-petits, des récits muets. J’ai plus de demandes de récits pour les plus petits car ils marchent mieux . C’est un cercle vertueux. »

Sess (auteur de Tess) :

« Tout d’abord parce que mon dessin se rapproche de la Jeunesse. Avec Tess, nous pouvons faire passer des messages – de respect, d’écologie – pour les plus jeunes. »

Thomas Bonis (auteur de Appa) :

« Je n’ai pas spécialement une volonté de m’adresser aux enfants. J’anime des ateliers bande dessinée dans les classes aux alentours de chez moi et le courant passe très bien entre eux et moi. Ce que j’aime bien dans la Jeunesse c’est que l’on peut y créer des univers fous. »

Aude Soleilhac (autrice de Sixtine) :

« Je pense que c’est inné, je ne l’ai pas choisi en fait, cela s’est imposé à moi naturellement. Les enfants, ce sont les lecteurs de demain et il faut leur proposer des choses de qualité lorsqu’ils sont jeunes. Il y a aussi une sorte d’éducation à la bande dessinée.

Tous les livres Jeunesse que j’ai réalisé, ils s’adressaient aussi aux adultes. J’essaie de ne pas cantonner cela exclusivement pour les enfants. Je ne sais pas si ça joue, mais moi je me sens rarement adulte (rires). »

Paul Drouin (auteur de La famille fantastique) :

« J’ai un dessin qui est très Jeunesse et j’ai plus de mal à faire du dessin « adulte », alors qu’en films, séries ou livres, j’aime cela.

Je m’éclate dans l’univers Jeunesse, il y a plus de choses à développer. Je lis aussi beaucoup de littérature dans ce style. J’aime ce public, les interactions sont nombreuses et plus naturelles. »

Marc Boutavant (auteur de Ariol) :

« J’essaie de faire mon travail dans l’optique de rendre ce que j’ai reçu en lisant. Par les lectures, les dessins, tout ce que l’on peut observer. c’est un accompagnement d’enfance. Je connais des personnes qui n’ont pas grandi avec la télévision, les livres, les bandes dessinées, c’est étonnant. Pour moi, ça génère tellement de chose, ça favorise l’imagination, ça crée le cocon de son enfance et moi j’ai envie de participer à cela.

Lorsque les parents ou les enfants me disent à quel point ils ont adopté les personnages ou les univers, je me dis que ça vaut le coup de faire ce que je fais. »

Marc Lataste (auteur de Feya) :

« Parce qu’ils sont l’avenir ! Il faut les sensibiliser à travers d’histoires qui vont les faire réfléchir. Je ne vais pas apporter les réponses – parce que je ne les ai pas spécialement – mais il y a des choses qui me touchent et je veux poser ces questions aux plus jeunes.

Ce sont aussi de futurs lecteurs et le 9e art a besoin de renouveler son lectorat. Je suis fan de Cartoon Network et Adventure Time, j’essaie de me tenir au courant de ce qui se fait en jeunesse en série, jeux vidéos ou animation. En regardant cela, ça m’inspire et cela ressort dans mes créations.

Stéphane Tamaillon (auteur de Liloo) :

« Que ce soient des romans ou des bandes dessinées, je constate que les enfants ou les adolescents sont plus ouverts que les adultes. C’est un peu une généralité ce que je vais dire mais les adultes ont tendance à se cantonner à un genre littéraire – pas tous heureusement – et à se dire qu’ils ne vont lire que tel(s) style(s). Ce que j’aime avec la littérature jeunesse, c’est que l’on peut traiter de quasiment tous les thèmes, de passer de l’aventure au drame, de quelque chose de très sérieux à de l’humour. On peut tenir des discours très différents et je trouve que pour un auteur, c’est un terrain de jeu assez fabuleux.

Lors des rencontres scolaires, quand je réponds à cette question de pourquoi j’écris pour la Jeunesse, c’est un peu parce que je pense que quand j’étais enfant, je jouais énormément avec des figurines – Playmobil, Lego, Star Wars – et que lorsque l’on arrive à l’âge adulte, on les collectionne mais on ne joue plus avec. Ecrire, c’est une manière de continuer à jouer. En face de moi, j’ai des publics qui sont réceptifs de cela. Il y a un enthousiasme que parfois les adultes ont perdu. »

Jonathan Garnier (auteur de Momo, Timo et Bergères guerrières) :

« Parce que j’ai grandit avec des albums, je suis un gros lecteurs en BD mais aussi en roman. Ça fait partie de ma culture, ça m’a formé de façon plus ou moins importante. Les livres étaient là au quotidien. Ce qui me plaît, c’est de transmettre. Ce qui est aussi important, c’est lorsque des parents, des adultes en parlent autant que les enfants, voire partagent sur le même livre.

L’enfance, c’est un moment où l’on se construit et le livre permet de façon ludique de donner des codes d’apprentissage. »

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Le détective du bizarre https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/le-detective-du-bizarre/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/le-detective-du-bizarre/#respond Tue, 01 Jan 2019 17:14:46 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=56895 Billy Brouillard devient détective ! Le petit garçon qui tutoie les créatures fantastiques vole au secours d’une sorcière ayant perdu ses spectres. Guillaume Bianco dévoile Le détective du bizarre, Billy Brouillard et la chasse aux fantômes, encore une formidable aventure de son jeune héros. Et en plus, il y a une loupe à filtre rouge […]

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Billy Brouillard devient détective ! Le petit garçon qui tutoie les créatures fantastiques vole au secours d’une sorcière ayant perdu ses spectres. Guillaume Bianco dévoile Le détective du bizarre, Billy Brouillard et la chasse aux fantômes, encore une formidable aventure de son jeune héros. Et en plus, il y a une loupe à filtre rouge pour repérer les esprits !

Je m’appelle Brouillard… Billy Brouillard… J’aime la solitude et la nuit, la pluie et la mélancolie… Mais ce que j’apprécie par-dessus tout c’est de partir à l’aventure !

Né en 2008 sous les pinceaux de Guillaume Bianco, Billy Brouillard est un petit garçon « tout ce qu’il y a de plus normal » le jour. Un peu miro, il n’a pourtant pas de lunettes. Surtout, il peut voir ce que les autres ne voient pas : les fantômes, les spectres et autres esprits, la nuit !

Après Le don de trouble vue (Prix de la meilleure BD francophone du Festival d’Angoulême – Le choix polonais en 2010), Le petit garçon qui ne croyait plus au Père Noël et Le chant des sirènes (dans la série principale), mais aussi deux coffrets de Comptines malfaisantes, le scénariste de Ernest & Rebecca (avec Dalena) a aussi réalisé deux volumes de l’Encyclopédie curieuse et bizarre de Billy Brouillard. Ainsi, l’auteur né en 1976 a imaginé un univers riche et très drôle.

En plus de parents qui se disputent tout le temps et qui voudraient avoir un fils modèle, Billy a une petite sœur, Jeanne et quatre vrais copains : Samoth, le démon, Jack le feu-follet, Léa et Ayram, la vampire.

Le détective du bizarre : chasse aux fantômes

Citrouille visée sur la tête, Billy arpente les rues pour Halloween avec Jeanne, déguisée en sorcière. Comme d’habitude, ils se disputent. Billy heurte alors une vraie sorcière. Il se présente et n’est pas convaincu sur le fait qu’elle soit une sorcière. Il ouvre son sac et ses trois spectres s’enfuient. C’est une catastrophe ! Armé de sa loupe de trouble-vue, il décide alors d’aider la malheureuse à les récupérer. Direction La maison-qui-n’existait-plus…

Loupe de trouble-vue et histoire folle

Pour ce premier tome de la nouvelle série du monde de Billy Brouillard, Le détective du bizarre, Guillaume Bianco frappe fort ! Pour ne pas perdre ses nouveaux lecteurs, il commence par présenter son héros de papier, réalise Le journal de la nuit (un faux canard), donne les caractéristiques de la Loupe de trouble-vue et emmène Billy dans une folle aventure. Le petit garçon aide une vampirette et essaie de retrouver ses trois spectres dans une maison hantée aux décors fourmillant de détails.

Pour suivre les pas du détective, une loupe à filtre rouge a été ajoutée dans la deuxième de couverture. Comme dans les riches souvenirs des lecteurs des années 70/80, en la passant sur les cases, on découvre des fantômes cachés de ci, de là. Une excellente idée !

En plus de faire participer physiquement ses lecteurs, Guillaume Bianco invente une enquête frissonnante et drôle. L’opposition entre Billy et sa nouvelle connaissance apporte son lot d’humour.

Dans la veine de Petit Vampire de Sfar, Billy Brouillard bénéficie aussi d’une partie graphique vivante et humoristique. Aidé aux couleurs par Carole Neel, le membre de L’atelier Mastodonte réalise des planches riches et très belles !

Le détective du bizarre : drôle, enlevé, soigné, bien écrit et  intelligent. Et en plus, il y a une loupe à filtre rouge !!!

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