Comixtrip https://www.comixtrip.fr La bande dessinée du monde, le monde de la bande dessinée Mon, 27 Jan 2020 08:40:48 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.2.3 No direction https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/no-direction-moynot-sarbacane-angouleme/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/no-direction-moynot-sarbacane-angouleme/#respond Sun, 26 Jan 2020 19:33:55 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=68598 Emmanuel Moynot  nous livre avec No Direction édité chez Sarbacane un superbe récit choral torturé et violent, dans une Amérique où tout est possible. Jeb et Bess deux jeunes torturés Jebediah (Jeb) est un jeune homme parti très vite de chez son père violent. Bessie (Bess) serveuse dans un bar est une jeune femme paumée […]

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Emmanuel Moynot  nous livre avec No Direction édité chez Sarbacane un superbe récit choral torturé et violent, dans une Amérique où tout est possible.

Jeb et Bess deux jeunes torturés

Jebediah (Jeb) est un jeune homme parti très vite de chez son père violent. Bessie (Bess) serveuse dans un bar est une jeune femme paumée qui aspire à une vie meilleure.

Jeb est un tueur en série qui tue et émascule toutes ses victimes.  Il tue uniquement des hommes violents physiquement et sexuellement.

Après avoir émasculé sa dernière victime Jeb s’arrête pour boire un verre dans le bar où travaille Bess. Un couple ivre agresse Jeb, qui garde son calme jusqu’à ce qu’il se fasse frapper.

L’homme est tué par Jeb à coup de couteau, la femme par Bess à coup de fusil. Commence alors leur road trip sanglant.

No Direction un mélange de « Telma et Louise » et « Reservoir Dogs »

Jeb et Bess ne sont pas les seuls personnages de ce récit choral. On y croise entre autres Maxine et ses deux fils, Bo la brute épaisse, le Pasteur Cletus amateur de jeunes filles, le représentant d’aspirateurs (non ce n’est pas celui de « Il faut flinguer Ramirez« ) qui roule en Camaro, Colleen Thomson l’agent spéciale qui est à la poursuite des tueurs, une famille de culs-terreux violente avec leur fils adoptif. Toutes ces personnes se croisent sans vraiment se rencontrer, du moins pas avant le final à Los Angeles.

Cette histoire est un mélange savamment dosé entre le film choral Réservoir Dogs de Quentin Tarentino et le road trip contre les hommes violents de Telma et Louise de Ridley Scott.

No Direction un récit choral bien cadencé

Emmanuel Moynot est un auteur dessinateur à succès, on lui doit notamment La pension des deux roses  chez Magic-Strip et la série des Nestor Burma chez Casterman qu’il confiera par la suite à Tardi.

Pour cet album, il a décidé de découper chaque chapitre (enfin double chapitre) en huit pages comme pour un comics. Tous les chapitres sont en bichromie. Le découpage, le récit choral et le choix des couleurs (différentes en fonction des chapitres) rend l’histoire très dynamique et retranscrit à merveille le caractère et l’esprit noir du récit.

C’est véritablement bien construit. Le lecteur est happé par les « méchants » qu’il n’arrive pas à détester et les « gentils » qui ont des failles.

No direction mérite amplement la sélection pour le Fauve Polar SNCF à Angoulême en 2020.

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Paul à la maison https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/paul-a-la-maison-la-pasteque-rabagliati-montreal/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/paul-a-la-maison-la-pasteque-rabagliati-montreal/#respond Sun, 26 Jan 2020 19:28:59 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=68696 La vie de Paul entre dans un hiver triste : sa mère se meurt, sa fille part en Angleterre et il est seul. Michel Rabagliati poursuit sa formidable fresque autobiographique romancée avec Paul à la maison. Émouvant ! Paul : double de papier C’est en 1999 que Michel Rabagliati débute sa série Paul, une autobiographie […]

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La vie de Paul entre dans un hiver triste : sa mère se meurt, sa fille part en Angleterre et il est seul. Michel Rabagliati poursuit sa formidable fresque autobiographique romancée avec Paul à la maison. Émouvant !

Paul : double de papier

C’est en 1999 que Michel Rabagliati débute sa série Paul, une autobiographie romancée (Paul Rifiorati dans la bande dessinée). Né en 1961 à Montréal, l’auteur québécois y raconte sa vie ou plutôt les différentes étapes de son existence.

Il débute sa grande fresque intime par Paul à la campagne en 1999. Il dévoile sa vie à la fin des années 60 et au début des années 70. Ces petites histoires ont pour thèmes les vacances familiales.

Viennent ensuite Paul a un travail d’été (en 2002) où il parle de son expérience d’animateur en colonie, Paul en appartement (2004) où on le découvre vivant en couple dans un logement montréalais, Paul dans le métro (2005) un recueil de courtes histoires avec son amie Lucie, Paul à la pêche (2006), Paul à Québec (Prix du public à Angoulême en 2010) où l’auteur conte son arrivée dans sa nouvelle maison, Paul au parc (2011) ou son enfance à 10 ans, Paul dans le nord (2015) et son adolescence, Paul à Montréal (2018) ou l’histoire de la ville et enfin Paul à la maison, le 9e opus de la série.

La cinquantaine, c’est pas le bonheur

Montréal, 2012. Paul est tourmenté, sa vie est bouleversée. La cinquantaine, il est seul. Avec Lucie, ils ont divorcé et sa fille, Rose, aspire à partir pour l’Angleterre.

L’auteur de bande dessinée rend néanmoins visite à sa mère Aline, veuve depuis la mort de ses époux. Elle vit dans un appartement sans âme. Il vient avec des courses afin que la vieille femme puisse manger. En regardant une photo, il se remémore des souvenirs joyeux de cette famille attachante…

Paul à la maison : désenchantement ?

Si Michel Rabagliati apporte toujours autant d’humour et de bonne humeur à sa série Paul, nous pouvons constater que Paul à la maison est plus sombre que les précédents. Il se pose beaucoup de questions, il réfléchit tout au long de l’album.

Rien ne va plus pour son double de papier : divorce, solitude, fille qui quitte le foyer et deuil, rien n’est épargné à l’auteur de bandes dessinées. Son père est décédé et sa mère se meurt d’un cancer. Si le deuil de Roland, son beau-père avait des notes d’espoir, celui d’Aline est plus douloureux, sans filtre, très brut.

Il ne prend plus le temps de s’occuper de sa maison – celle qu’il avait acheté avec Lucie – qui se délabre et semble souvent désabusé.

Restent néanmoins les moments drôles, souvent par un humour noir, de ses visites chez le dentiste, son intervention scolaire, sa venue au Salon du livre de Montréal, les sites de rencontres ou dans une salle d’attente d’une caisse populaire (institution financière).

Paul à la maison : encore un merveilleux album de Michel Rabagliati. A savourer !

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Qui succèdera à Rumiko Takahashi ? https://www.comixtrip.fr/dossiers/festival-angouleme-2020-notre-dossier/qui-succedera-a-rumiko-takahashi-ware-guibert-meurisse-angouleme-fibd/ https://www.comixtrip.fr/dossiers/festival-angouleme-2020-notre-dossier/qui-succedera-a-rumiko-takahashi-ware-guibert-meurisse-angouleme-fibd/#respond Sun, 26 Jan 2020 13:29:34 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=dossiers&p=67864 Le Grand Prix de la Ville d’Angoulême 2020 sera officiellement annoncé ce mercredi 29 janvier à 19h. Angoulême 2020 : Qui succèdera à Rumiko Takahashi, la mangaka japonaise ? Parmi les 3 candidats,  les auteurs de bande dessinée, après un vote, désigneront le Grand Prix 2019. Sont en lice : Emmanuel Guibert, Catherine Meurisse et […]

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Le Grand Prix de la Ville d’Angoulême 2020 sera officiellement annoncé ce mercredi 29 janvier à 19h. Angoulême 2020 : Qui succèdera à Rumiko Takahashi, la mangaka japonaise ? Parmi les 3 candidats,  les auteurs de bande dessinée, après un vote, désigneront le Grand Prix 2019. Sont en lice : Emmanuel Guibert, Catherine Meurisse et Chris Ware.

EMMANUEL GUIBERT :

Né à 1964 à Paris, Emmanuel Guibert suit pendant une année les cours de l’école Hourdé, puis intègre seulement 6 mois les Arts Déco de Paris.

Son premier album est édité en 1992 par Albin Michel, Brune. Il se rapproche par la suite des auteurs de L’association avec lesquels il réalise des histoires pour la revue Lapin. C’est dans cette dernière, qu’il débute la formidable série La guerre d’Alan. C’est avec Joan Sfar qu’il imagine La fille du Professeur en 1997 (Alph’art coup de coeur et Prix Goscinny, Grand Prix de la critique ACBD). Trois ans plus tard, il met en dessine Le capitaine Ecarlate sur un scénario de David B.

Toujours avec l’auteur du Chat du Rabbin, il publie Les olives noires (entre 2001 et 2003). Avec Marc Boutavant, il écrit les aventures jeunesse de Ariol le petit âne (14 volumes chez BD Kids).

En 2003, il met en image le récit de Didier Lefèvre, Le photographe (trois volumes Dupuis, prix des libraires BD, Eisner Award, prix Micheluzzi, Essentiel à Angoulême).

Son dernier album, Martha et Alan (toujours à partir des mémoires de Alan Ingram Cope) est nommé en Sélection Officielle à Angoulême 2017.

Catherine Meurisse

Né en 1980 à Niort, Catherine Meurisse est illustratrice, dessinatrice de presse et autrice de bande dessinée. La famille Meurisse habite non loin de Niort (79), sa ville de naissance, comme elle l’a raconté dans Les grands espaces (Prix Artémisia), son album autobiographique paru en 2018. Avec sa sœur, elle n’hésite pas à explorer tous les recoins de la ferme achetée par son père, ingénieur des forêts, et sa mère, femme au foyer. Elles vivent quasiment en autarcie, au rythme des saisons et des grands auteurs littéraires.

En 1997, c’est sa première incursion en bande dessinée avec la publication d’une planche qui concourt dans la section de la bande dessinée scolaire à Angoulême. Elle gagne et remporte le Grand écureuil d’or.

Après des études en lettres modernes à l’Université de Poitiers et Paris, elle suit les cours d’illustration de la prestigieuse école parisienne Estienne. Elle y obtient son diplôme en 2002 puis continue sa formation à l’école nationale supérieure des arts décoratifs de la rue d’Ulm dans le 5e arrondissement.

En parallèle, elle fait son entrée à Charlie Hebdo en 2001 après avoir été repérée par ses membres lors d’un concours de dessins de presse. Elle se retrouve donc toutes les semaines dans l’hebdomadaire satirique. Elle publie alors seule des albums sous le nom de Catherine (Savoir vivre ou mourir) ou avec d’autres dessinateurs dans des recueils collectifs. Chez Futuropolis, elle imagine Moderne Olympia où elle laisse vagabonder son imagination en faisant bouger la fameuse héroïne du tableau de Manet.

Ayant échappé à la tuerie des attentats de Charlie Hebdo de janvier 2015, elle en tira La légèreté, un bouleversant album de reconstruction, l’année suivante (Prix Wolinski de la BD du Point, Prix Psychologie-FNAC). Elle prend ensuite de la distance vis-à-vis du journal.

L’année dernière, elle publie Delacroix (Dargaud), devient marraine de l’année de la BD 2020 et est élue à l’Académie des beaux-arts, section peinture; une première pour une autrice de bande dessinée.

CHRIS WARE

Franklin Christenson Ware dit Chris Ware est né le 28 décembre 1967 dans le Nebraska (Etats-Unis). En 1993, il crée son propre label The Acme Novelty Library, une série à la pagination, au format et à la périodicité différents. Les albums peuvent se lire dans n’importe quel ordre et indépendamment.

C’est dans cette série que nait Jimmy Corrigan (entre 1995 et 2000 – Alph’art du meilleur album en 2003) publié en un seul volume en France par Delcourt en 2002. Ses premières aventures furent imaginées alors que Chris Ware était encore étudiant. Son personnage vieillit sans vraiment comprendre ce qu’il lui arrive. L’humour est omniprésent dans les albums de l’auteur américain. Très soucieux dans ses planches, il y glisse des détails qui font le bonheur de ses lecteurs.

En France, en plus de Jimmy Corrigan, furent publiés les albums Quimby the mouse (L’Association, 2005), ACME (Delcourt, 2007) et Building stories (Delcourt, 2014, Prix spécial à Angoulême l’année suivante, ainsi qu’un Eisner Award, un Prix Harvey et un Prix Ignatz).

Cet auteur talentueux, singulier et novateur a conquis le public, la critique (de nombreux prix) et l’admiration de ses pairs. Il a produit un travail qui sort du cadre le plus strict de la bande dessinée pour donner quelque chose d’atypique, un système narratif d’un genre nouveau (voir Building stories).

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Inio Asano Anthology https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/inio-asano-anthology/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/inio-asano-anthology/#respond Sun, 26 Jan 2020 10:22:55 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=68659 Le dernier Inio Asano sorti au Japon est déjà chez nous. Ce recueil, Inio Asano Anthology, regroupe de magnifiques histoires courtes de ce talentueux mangaka. A savourer ! Inio Asano : auteur de talent Né en 1980 à Ishioka dans la préfecture d’Ibaraki, Inio Asano a tout d’un grand mangaka. Il débute sa carrière comme […]

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Le dernier Inio Asano sorti au Japon est déjà chez nous. Ce recueil, Inio Asano Anthology, regroupe de magnifiques histoires courtes de ce talentueux mangaka. A savourer !

Inio Asano : auteur de talent

Né en 1980 à Ishioka dans la préfecture d’Ibaraki, Inio Asano a tout d’un grand mangaka. Il débute sa carrière comme assistant de Shin Takahashi. Elle prend un virage avec la publication de Futsū no hi, une nouvelle parue dans la revue Big Comics Spirits en 2000. Une première, seul, qui en appelle d’autres. Son talent est reconnu avec le Prix GX des jeunes auteurs du magazine Sunday XG pour son court récit Uchū kara konnichiwa.

Viennent ensuite Un monde formidable en 2002, Le quartier de la lumière, le merveilleux Solanin, La fin du monde avant le lever du jour ou La fille de la plage en 2009.

Son succès, il le doit à ses séries Bonne nuit Punpun (13 volumes de 2007 à 2013) l’histoire d’un jeune garçon caricaturé en oiseau, mais également Dead dead demon’s dededede destruction, métaphore de la catastrophe de Fukushima par l’entremise d’une amitié entre deux lycéennes.

En 2019, les éditions Kana dévoilent Errance, la lente descente aux enfers d’un mangaka, un récit d’auto-fiction d’un rare puissance.

Démarrer 2020 avec Inio Asano Anthology

L’année 2020 risque d’être celle d’Inio Asano. Deux publications en langue française débarquent sur les étals des libraires et le mangaka est un des invités d’honneur du Festival BD d’Angoulême. En plus de l’anthologie, Kana propose Un monde formidable, un recueil d’histoires courtes, autour du mal-être des jeunes citadins, imaginées par le mangaka, alors âgé de 22 ans.

Quant à cette Inio Asano Anthology, elle est composée de 13 chapitres, de mini-récits tous aussi forts les uns que les autres. Disons le tout de suite, nous sommes bluffés et charmés par l’intelligence de ces histoires. Toutes ont un intérêt différent.

  • Ainsi, il ouvre son recueil par Retsuko, le monstre, un récit d’une quarantaine de pages autour d’une jeune lycéenne dont le visage mélange des tentacules et des dents acérées. Point de nez ou d’yeux, mais une immense bouche immonde. Les camarades de Retsuko sont sous son charme, ils craquent et répètent qu’elle est mignonne… Entre attirance et répulsion, Asano peut parler des relations souvent conflictuelles et changeantes entre adolescents. Ce récit fantastique ne fait pas vraiment peur mais interroge sur les différences et l’acceptation des autres.
  • L’histoire Un homme doux est un vrai exercice de style d’Inio Asano. En effet, il décline son récit de trois manières : la classique, la version de la fille et celle du garçon, à la manière de Berceuse assassine. Trois angles et deux points de vues différents. La mangaka raconte la moment si intime et précieux d’une rencontre entre deux êtres.

Il en va ainsi de ces moments de lecteurs puissants, des récits où les êtres humains sont souvent désabusés, désenchantés par le monde ou les gens qui les entourent. Les émotions sont aux climax et bousculent le lecteur. L’on peut aussi découvrir l’histoire préquelle de Bonne nuit Punpun.

Tempest : anticipation glaçante

Parmi les récits de Inio Asano Anthology, un nous interpelle plus que les autres. Tempest est une fable d’anticipation autour du vieillissement de la population japonaise.

Le gouvernement doit faire face à un taux de natalité faible et une  population qui vieillit. Pour enrayer ces deux phénomènes démographiques, il décide de repousser l’âge de la retraite à 75 ans. De plus, il crée des zones spéciales pour personnes âgées, gigantesques centres polyvalents pour les accueillir. Leurs droits sont limités. Ils peuvent choisir soit le suicide assisté afin de ne pas être une trop grosse charge pour leur famille ou passer un examen afin de réintégrer la société.

Cette satyre du monde politique est glaçante. Elle fait étrangement écho aux débats actuels autour des retraites en France. Le vieillissement des populations est un vrai sujet au Japon, puisqu’en 2019 on dénombrait plus de 71 000 centenaires (en France, 21 000 en 2016, pays européen où il y en a le plus). Un chiffre en hausse de presque 1500 en plus de l’année précédente. D’ailleurs, il ne cesse d’augmenter depuis 49 ans. Parmi eux, une femme a 116 ans et un homme 112.

Nous sommes toujours autant impressionné par le talent graphique de Inio Asano. Il n’hésite pas à mélanger les styles; un dessin parfois très détaillé, parfois très simple.

Inio Asano Anthology : un manga fort de ce début 2020. En petit bijou de seinen, entre espoirs et désillusions. Savoureux !

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Cécil et les objets cassés https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/cecil-et-les-objets-casses-shanta-biscoto-crevette/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/cecil-et-les-objets-casses-shanta-biscoto-crevette/#respond Sat, 25 Jan 2020 15:38:09 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=68635 L’autrice du merveilleux Crevette, Elodie Shanta imagine Cécil et les objets cassés, une très jolie fable fantastique jeunesse avec une grenouille, des rates, un fantôme et une carte aux trésors. Sympathique et enthousiasmant ! Sauge vénéneuse Herboriste, Cécil tient boutique dans un charmant petit village. Juste à côté de lui, Ficelle est patronne d’un troquet. […]

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L’autrice du merveilleux Crevette, Elodie Shanta imagine Cécil et les objets cassés, une très jolie fable fantastique jeunesse avec une grenouille, des rates, un fantôme et une carte aux trésors. Sympathique et enthousiasmant !

Sauge vénéneuse

Herboriste, Cécil tient boutique dans un charmant petit village. Juste à côté de lui, Ficelle est patronne d’un troquet. Tous les jours, la première, grenouille, voit passer de nombreux clients à la recherche du remède miracle fait de plantes ou d’herbes pour leur quotidien ou des maladies.

Ce jour-là, Nicol, la rate alchimiste, lui demande de la sauge vénéneuse. A peine servie, tout de suite partie ! En claquant la porte de l’herboristerie, elle fait tomber un miroir.

De son côté, Ficelle en faisant la poussière, casse la cruche où vit Poussière, le petit fantôme. Résultat : deux objets cassés ! Et ce n’est pas fini.

Carte mystérieuse

Cécil découvre une carte tombée de la poche de Nicol. Elle y a entourée le village des deux amis. Pourquoi ? Mystère…

En voulant fermer sa boutique, Ficelle casse la clef dans la serrure. Bilan : déjà trois objets hors d’usage. Cela commence à faire beaucoup !

Les deux compères avaient envie de suivre les instructions sur la carte comme s’ils allaient trouver un trésor. Ils tombent alors sur Nicol qui leur explique qu’elle a indiqué sur le parchemin des lieux où trouver des ingrédients afin de préparer un potion réparatrice…

Cécil et les objets cassés : l’aventure à portée de main

Quel bonheur de retrouver une nouvelle histoire d’Elodie Shanta ! Après l’adorable album Crevette (on espère une nouvelle aventure de la petite sorcière), l’autrice imagine un nouveau récit pour les jeune lecteurs. Un petite douceur très appréciable !

Prépubliée en feuilleton dans l’excellent journal Biscoto (Fauve de la BD alternative en 2017 à Angoulême), cette histoire ravira les plus petits.

Aventure sympathique construite comme une quête initiatique, elle met en scène quatre personnages auxquels les enfants pourront s’identifier. Il y a là, Cécil, grenouille herboriste doux et chaleureux, Ficelle, rate tavernier aventureuse, Poussière le tout petit fantôme enjoué mais peureux, et Nicol, alchimiste voyageuse, désagréable au premier abord. Au fil des 60 pages et des épreuves, les quatre protagonistes se rapprochent pour devenir ami.e.s.

Très belle ambiance fantastico-médiévale

Cécil et les objets cassés bénéficie de tout le talent graphique d’Elodie Shanta. Le dessin tout en rondeur de l’autrice de Les malheurs de Jean-Jean met de la vie dans ses personnages.

D’allure et de tempérament sympathiques, ils donnent confiance et leurs larges expressions sur leurs visages apportent de la chaleur au récit.

Nous sommes tellement charmés par ses très jolies planches ! Pour les décors, Elodie Shanta a imaginé un monde fantastique à l’ambiance médiévale. Les animaux anthropomorphes déambulent ainsi dans un univers mystérieux et doux.

L’autrice n’oublie ni les secrets, ni le suspense, ni les rebondissements pour tenir en haleine son jeune  lectorat.

Cécil et les objets cassés : un petit conte initiatique doux, chaleureux et aventureux pour les plus petits. Un régal !

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Les contes de la Pieuvre https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/les-contes-de-la-pieuvre-gess-delcourt-angouleme/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/les-contes-de-la-pieuvre-gess-delcourt-angouleme/#respond Sat, 25 Jan 2020 09:51:18 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=68459 Avec la série « les contes de la Pieuvre » édité chez Delcourt, Gess nous démontre tous ses talents de conteur et de scénariste.  Les contes de la Pieuvre – 1 – La Malédiction de Gustave Babel La pieuvre est une organisation mafieuse qui règne sans partage sur Paris. Chaque membre a un talent particulier. Celui de […]

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Avec la série « les contes de la Pieuvre » édité chez Delcourt, Gess nous démontre tous ses talents de conteur et de scénariste. 

Les contes de la Pieuvre – 1 – La Malédiction de Gustave Babel

La pieuvre est une organisation mafieuse qui règne sans partage sur Paris. Chaque membre a un talent particulier. Celui de Gustave Babel est de comprendre et de parler toutes les langues comme si chacune d’entre elles était sa langue maternelle. Très vite, cet homme humble et cultivé grimpe les échelons pour devenir un des tueurs les plus importants.

Une chose étrange s’est produite lors de ses derniers contrats. A chaque fois qu’il était sur le point de tuer sa cible, elle meurt juste avant. Profondément déstabilisé, ces événements réveillent en lui un besoin de trouver des réponses sur sa vie, sur ses cauchemars, sur sa perte de mémoire et sur ses liens avec un autre tueur l’hypnotiseur.

Les contes de la Pieuvre – 2 – Un destin de trouveur

Emile Farges a un talent, celui de trouver la personne qu’il souhaite à l’aide d’un simple caillou qu’il jette sur un plan. Grâce à son talent il accompagne la police pour trouver les délinquants et les tueurs. Il aide également les sœurs de l’Ubiquité à protéger les prostitués des hommes trop violents.

La pieuvre a besoin de ses services et pour s’assurer qu’il mène à bien sa mission, elle a enlevé la compagne et la fille d’Emile Farges.

Aider la mafia est contre nature pour Emile mais il doit sauver sa famille. Comment va-t-il réussir sa mission sans perdre ses convictions ?

Les contes de la Pieuvre – Une série magnifiquement contée par Gess

Stephane Girard dit Gess nous démontre une fois de plus son talent de conteur avec ces deux premiers tomes. Il nous entraîne dans des histoires fantastiques ancrées dans un monde bien réel. Il a réussi à créer un univers complexe et intriguant.

Les deux tomes sont des histoires indépendantes l’une de l’autre mais elles sont toutes les deux liées à l’histoire de la pieuvre. C’est une véritable prouesse scénaristique et graphique. Le graphisme, parlons-en, est parfaitement adapté à l’histoire avec des couleurs parfois vives, des regards rouges et inquiétants. Tout nous plonge plus profondément encore dans ce suspens bien mené par l’auteur.

Le lecteur dévore chaque page avec le besoin d’en savoir plus, de démêler l’intrigue et de savoir où il va nous emmener.

Gess est en préparation pour un tome 3 qui doit sortir début 2021. Il nous a confié qu’il avait encore au moins cinq histoires à proposer dans cette série en plus du tome 3 qu’il écrit actuellement. Un destin de trouveur mérite amplement sa sélection à Angoulême en 2020.

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Prosélytisme et morts-vivants https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/proselytisme-et-morts-vivants-trondheim-atheisme-lapinot-lassociation/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/proselytisme-et-morts-vivants-trondheim-atheisme-lapinot-lassociation/#respond Sat, 25 Jan 2020 09:01:27 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=68586 Richard et Lapinot accompagnent un gourou de l’athéisme dans son périple pour trouver des lieux d’accueil pour ses temples. Une idée saugrenue, des situations cocasses et un humour ravageur, tels sont les ingrédients de Prosélytisme et morts-vivants, le nouvel opus des aventures de Lapinot signé Lewis Trondheim. C’est fun, c’est drôle et c’est absurde ! […]

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Richard et Lapinot accompagnent un gourou de l’athéisme dans son périple pour trouver des lieux d’accueil pour ses temples. Une idée saugrenue, des situations cocasses et un humour ravageur, tels sont les ingrédients de Prosélytisme et morts-vivants, le nouvel opus des aventures de Lapinot signé Lewis Trondheim. C’est fun, c’est drôle et c’est absurde !

Zombies et athéisme

Richard a l’idée d’écrire une série télé avec des zombies. Si cela est encore une ébauche, cela est surtout très flou. Il aimerait que ses morts-vivants conduisent des voitures. Son ami Lapinot est perplexe. Il sent bien que son idée est casse-gueule.

Cléa et Lapinot doivent aller aider Brieg à trouver les lieux idéaux pour accueillir des temples athées. Finalement, l’amie du lapin a trop de travail et doit laisser sa place. Alors qu’il a perdu un pari avec son pote, Richard est donc embarqué dans cette étrange quête.

Périple athée

Quelques jours plus tard, Brieg passe chercher les deux compères. Il laisse le volant à Lapinot et commence un long, très long monologue. Ce trajet ressemble alors à un périple qui s’éternise. La faute au bagou voire jargon de cet homme un peu précieux et pédant.

Il est missionné par le gouvernement pour valoriser l’athéisme après les attentats sur le territoire. Pour cela, Brieg chercher un lieu dans chaque ville où un temple athée pourra voir le jour…

Prosélytisme et morts-vivants : Lapinot au top

Après une première vie à L’Association à partir de 1992, un second souffle chez Dargaud entre 1997 et 2010, Lapinot est de retour aux sources chez son éditeur d’origine : Un monde un peu meilleur, Les herbes folles et donc Prosélytisme et morts-vivants sont les trois nouvelles aventures du gentil lapin.

Alors que le précédent ouvrage menait Lapinot dans un monde parallèle végétal sans texte (nommé en Sélection officielle à Angoulême), celui-ci renoue avec la folie, l’humour et l’absurde qui avaient fait la grande force de cette merveilleuse série. En effet, depuis cette reprise en fanfare, l’on retrouve Lewis Trondheim au top de sa forme !

Il ancre son récit fantastique dans le réel pour aborder des thèmes contemporains et très commentés actuellement. Sous le feu des médias et des intellectuels, la religion – et par opposition l’athéisme – est ultra présente depuis les attentats contre Charlie Hebdo. Trop vous diriez ? Dans un pays où plus de 65% de la population se revendique comme athée ou agnostique, cette majorité est silencieuse et doit composer avec l’omniprésence des religions dans l’espace public (un paradoxe !).

Brieg semble cultivé mais surtout est beau parleur, embobineur, gourou, à la limite du charlatanisme. En fait tout ce que veut dénoncer l’athéisme, il en est le symbole. C’est ce qui est très réussi dans cet album.

Livre d’entretiens et exposition

Les lecteurs retrouvent aussi les personnages de Lapinot et Richard, leurs folies. Ces adulescents – grands enfants – aiment les potes, les blagues, même les plus potaches et ça fait rire ! Restent les morts-vivants. Qui sont-ils ? Où sont-ils ? Quels sont leurs réseaux ? Nous ne dévoilerons rien, même sous le menace !

Prosélytisme et morts-vivants : un nouveau Lapinot, tout beau, tout chaud et rigolo ! En plus de cet album, les éditions L’Association dévoilent un livre d’entretiens de Lewis Trondheim avec Thierry Groensteen. Quant au Festival d’Angoulême, il met en lumière l’œuvre foisonnante de ce génial créateur, Grand prix en 2006, par une exposition rétrospective à La cité internationale de la BD.

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Le garçon sorcière https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/le-garcon-sorciere-kinaye-ostertag-genre/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/le-garcon-sorciere-kinaye-ostertag-genre/#respond Thu, 23 Jan 2020 14:10:55 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=68565 Aster ne veut pas devenir métamorphe, il rêve d’être sorcier. Or dans sa famille ça ne se fait pas. Molly Knox Ostertag raconte ce tiraillement d’identité dans Le garçon sorcière, un très joli titre fantastique jeunesse chez Kinaye. Enthousiasmant ! Aster veut être sorcier Dans la famille d’Aster, les filles deviennent sorcières et les garçons […]

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Aster ne veut pas devenir métamorphe, il rêve d’être sorcier. Or dans sa famille ça ne se fait pas. Molly Knox Ostertag raconte ce tiraillement d’identité dans Le garçon sorcière, un très joli titre fantastique jeunesse chez Kinaye. Enthousiasmant !

Aster veut être sorcier

Dans la famille d’Aster, les filles deviennent sorcières et les garçons métamorphes. Les premières bénéficient de l’expérience des femmes et plus particulièrement de la grand-mère pour apprendre à jeter des sorts ou concocter des potions. Les seconds apprennent l’art de se transformer en animal grâce aux hommes.

Au milieu de tout cela, il y a Aster, un adolescent qui ne rêve que de devenir sorcier. Mais, c’est impossible pour les garçons. Les hommes et les femmes ont deux magies différentes.

Un esprit animalier pour chaque garçon

Holly, sa mère, a beau lui expliquer que cela n’est pas possible, Aster apprend en cachette la magie et note tout dans son carnet.

Têtu, l’adolescent poursuit sa quête. Il arrive même à parler aux arbres et faire pousser des baies. Il est surpris par Charlie, une jeune adolescente avec une jambe dans le plâtre. De cette rencontre, nait une belle amitié.

Quelques jours plus tard, le père d’Aster, Tohor, revient exprès de sa mission pour aider son fils dans son rite de passage. Chaque garçon est choisi par un esprit animalier. Mais ce moment tourne au drame : Segde, le cousin, disparait…

Le garçon sorcier : hymne à la différence

Le garçon sorcière est une excellent titre fantastique jeunesse. Encore une pépite dénichée par la jeune maison d’édition Kinaye (L’assistante de la baba yaga, The World, Jim Henson the storyteller).

Ce premier volume est surprenant, intelligent et accrocheur. C’est un superbe hymne à la différence, à la solidarité familiale et à l’amitié.

Molly Knox Ostertag sait y faire lorsqu’elle parle d’adolescence, des tracas et des bouleversements de ce moment charnière d’une vie. L’autrice de La révolte des Valtis choisit Aster pour incarner ces troubles d’identité. Ce jeune garçon au cheveux mi-longs n’aime pas être cantonné dans une case. Il veut être lui et être libre.

Alors que la coutume familiale veut que les hommes deviennent métamorphes, lui ne rêve que de magie ensorcelée. Cet angle fantastique permet à Molly Knox Ostertag de parler de genre d’une manière subtile et astucieuse. Le garçon n’est pas défini par sa sexualité qui induit des codes sociétaux mais pas ses envies. Quelle leçon et quelle belle valeur véhiculées par l’autrice américaine !

Combats de genre

Pour renforcer ce combat de genre (recherche d’identité, affirmation de soi), Molly Knox Ostertag imagine un combat physique. Les enlèvements successifs d’adolescents, la lutte pour les retrouver, le passé familial et les secrets ajoutent un beau suspense à l’intrigue.

Au milieu de cela, une grande et belle amitié entre Aster et Charlie se développe. Cette dernière ne juge à aucun moment les envies du premier.

La partie graphique est avenante par un dessin moderne, très lisible et vivant. Le découpage et la narration sont particulièrement soignés pour un génial résultat !

Le garçon sorcière : un titre à nul autre pareil, un récit fantastique aux propos multiples. Une histoire enthousiasmante !

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Monde mutant https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/monde-mutant-corben-strnad-delirium/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/monde-mutant-corben-strnad-delirium/#respond Thu, 23 Jan 2020 13:22:53 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=68534 Il était une fois Dimento, le mutant costaud mais idiot qui errait dans un monde post-apocalyptique, à la recherche de nourriture, de distraction ou tout simplement d’un moyen de survire. Cette histoire, c’est Monde Mutant, une fable post-apocalyptique dont Jan Strnad et Richard Corben ont le secret, parue aux éditions Delirium. LE MONDE EST MORT, […]

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Il était une fois Dimento, le mutant costaud mais idiot qui errait dans un monde post-apocalyptique, à la recherche de nourriture, de distraction ou tout simplement d’un moyen de survire.

Cette histoire, c’est Monde Mutant, une fable post-apocalyptique dont Jan Strnad et Richard Corben ont le secret, parue aux éditions Delirium.

LE MONDE EST MORT, VIVE LE MONDE !

L’apocalypse a eu lieu, mais plus personne ne sait quand, ni comment.

Au milieu des débris de l’ancien monde, on ne trouve plus que quelques hommes désabusés, des animaux irradiés ou malades et des mutants qui errent sans autre but que de continuer à vivre.

Nous sommes alors amenés à suivre Dimento, un mutant aux airs de Quasimodo qui ne respecte plus de lois, si ce n’est la loi naturelle, guidé par l’instinct de survie.

Dans un monde où le mot « entre-aide » n’a plus aucun sens, chaque rencontre est une épreuve qui met sa vie en péril. Mais un jour, le hasard lui fait croiser la route d’une plantureuse inconnue.

Voici en quelques mots l’histoire que nous donne à voir une légende du comic book.

UN STYLE UNIQUE

Richard Corben : son nom est synonyme d’œuvre majeure, constitutive du patrimoine des comics.

Son style immédiatement reconnaissable, fait d’un savant mélange de réalisme et d’exagération, entraine le lecteur dans un véritable tourbillon graphique.

De fait, le soin apporté aux dessins est tout simplement à couper le souffle : les ombres, les postures, les expressions, les décors témoignent du style qui a fait la légende de Richard Corben.

La colorisation de la première édition américaine de l’œuvre avait pourtant été saccagée, et les éditions Delirium ont la bonne idée de proposer la magnifique version recolorisée par Beth Corben, qui n’est autre que la fille du maître.

Véritable icône aux Etats Unis, le scénariste et dessinateur est désormais bien connu du lectorat français comme en atteste sa mise en lumière par le Festival d’Angoulême qui lui a attribué le Grand Prix 2018, puis lui a consacré une exposition rétrospective en 2019 et a enfin inclus Monde Mutant à la sélection Patrimoine de son édition 2020.

Adepte des univers torturés et des personnages désabusés, Monde Mutant porte sans aucun doute la patte du maître et s’inscrit dans la perspective de ses œuvres antérieures.

Pourtant, comme on l’apprend dans les bonus de l’édition, au bout d’à peine deux chapitres, l’inspiration lui vient à manquer, et le scénariste Jan Strnad, son éternel bras droit, est appelé à la rescousse.

PROFONDEUR ET HUMANITÉ

Le scénario prend alors de la consistance et les personnages gagnent en épaisseur psychologique. Monde Mutant et Fils du monde mutant, réunis pour la première fois dans une édition intégrale, permettent de suivre le héros et sa descendance dans un monde fait de dangers. Les actions et réactions des divers protagonistes sont volontairement attendues, permettant ainsi de développer l’histoire par l’accumulation de saynètes qui rappellent parfois des œuvres médiévales comme le Roman de Renart : chaque mini aventure trouve un intérêt autonome, mais contribue aussi à créer, par ajouts successifs, une fresque narrative qui guidera le lecteur vers une fin ouverte. Comme si l’univers esquissé dans ces 130 pages ne demandait qu’à se poursuivre.

Après deux tome d’Eerie et Creepy, Ragemoor, Esprit des Morts, Ratgod et Grave, Monde Mutant est la septième œuvre de Richard Corben publiée par les éditions Delirium. Comme à leur habitude, il s’agit d’un travail remarquable. En effet, en proposant une édition intégrale soignée, recolorisée et complétée de bonus de qualité, ils permettent de redécouvrir une œuvre magistrale qui a dû affronter de nombreuses épreuves pour arriver jusque dans nos mains (les entretiens présentés en bonus en attestent).

Outre-Atlantique, la même œuvre vient difficilement de trouver son public grâce à une campagne de financement participatif, ce qui permet de mesurer la chance que nous avons en France.

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Sengo https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/sengo-yamada-casterman-sakka-japon/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/sengo-yamada-casterman-sakka-japon/#respond Tue, 21 Jan 2020 14:08:29 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=68499 Kadomatsu et Toku, deux soldats japonais démobilisés, tentent de reprendre une vie normale après le conflit mondial. Sansuke Yamada conte leurs péripéties dans Sengo, un récit tragico-burlesque chez Casterman. Une formidable série ! Drôles de retrouvailles Japon, 1945. Le pays est en ruine, les habitants tentent de panser ses plaies. Entre morts, blessés et reconstruction, […]

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Kadomatsu et Toku, deux soldats japonais démobilisés, tentent de reprendre une vie normale après le conflit mondial. Sansuke Yamada conte leurs péripéties dans Sengo, un récit tragico-burlesque chez Casterman. Une formidable série !

Drôles de retrouvailles

Japon, 1945. Le pays est en ruine, les habitants tentent de panser ses plaies. Entre morts, blessés et reconstruction, cela n’est simple pour personne. De plus, l’empire du soleil levant est mis sous tutelle des États-Unis. Les tensions sont donc grandissantes à l’intérieur du pays.

Kadomatsu Kuroda est un soldat démobilisé après la reddition du Japon. Il est de retour à Tokyo. Il se rend au marché Meisei pour manger, mais il n’a pas d’argent pour payer. Le ton monte avec un membre du clan Ozu.

Cette échoppe appartient à Toku Kawashima, soldat aussi démobilisé. Alors que Kadomatsu joue des poings, il est arrêté par le propriétaire qui le reconnait : il était soldat sous ses ordres.

Bagarres à venir

Toku et Kadomatsu devisent alors sur le pays en ruine. Le second espère pouvoir retrouver des amis avec lesquels il travaillait dans un théâtre avant la guerre.

Il rencontre alors Sankaku qui lui propose un business illégal autour d’un entrepôt américain. Une vaste supercherie qui ne fonctionne pas. Il se retrouve alors le visage déformé après une bagarre. Heureusement, Toku est encore là pour le sortir de ce mauvais pas…

Un duo à la vie, à la mort

Publiée entre 2013 et 2018 au Japon dans la revue Comic Beam des éditions Enterbrain, Sengo est une merveilleuse série en 7 volumes de Sansuke Yamada. Le mangaka met en scène un duo disparate mais ô combien complémentaire pour raconter le Japon d’après la Seconde guerre mondiale.

D’un côté, il y a Toku, propriétaire d’un petit restaurant de quartier, patron d’employés, buveur, désabusé et séducteur. De l’autre, Kadomatsu, un homme costaud, rigolo, toujours prêt à jouer des poings, seul et en manque criant d’affection.

Tous les deux sont liés par un passé douloureux au front, un pacte que rien ne pourra séparer. Ils ont combattu ensemble et ont vu des choses innommables. De tout cela, dans le premier volume, on ne sait rien.

Sengo : tragédie burlesque

Sansuke Yamada imagine alors cette relation à la vie, à la mort entre Toku et Kadomatsu. Si le premier souhaite  rapidement se défaire du second : impossible, ils sont liés.

Le mangaka dévoile des combines, des systèmes D, des bagarres et des filouteries au gré des pages. Le marché noir est de mise pour survivre et Kadomatsu se retrouvera même ange-gardien pour des prostituées.

En plus des dialogues savoureux de Sengo, des situations complétement cocasses apportent de l’humour, une sorte de burlesque dans un pays au bord du gouffre.

Le Japon de 1945

En toile de fond de Sengo, Sansuke Yamada parle du Japon. Ce pays en proie au doute, ruiné, à reconstruire et sous la coupe des Américains. Puisqu’ils sont les vainqueurs, ils se permettent tout : humiliations, racisme, passages à tabac et femmes de réconfort. En effet, pour passer du bon temps, ces soldats flambent leur solde avec des prostituées.

Le ressentiment des Japonais vis-à-vis de l’envahisseur commence à poindre comme le montre le premier volet de cette saga historique. Ce thème est cher aux mangakas. Ainsi, Osamu Tezuka en a parlé dans Ayako ou encore Kazuo Kamimura dans Une femme de Shôwa. En sous-texte, le mangaka parle aussi de l’absurdité de la guerre comme avait pu le montrer Clément Paurd dans La traversée, là aussi une relation entre un soldat et son chef.

Sengo, cette belle fresque humaine, a remporté en 2019, le Prix du jeune talent du Prix Culturel Osamu Tezuka, mais également le Grand Prix de la Japan Cartoonist Association. Deux marques de prestige pour une série qui s’annonce passionnante et drôle.

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Dans les forêts de Sibérie https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/dans-les-forets-de-siberie-tesson-dureuil-casterman/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/dans-les-forets-de-siberie-tesson-dureuil-casterman/#respond Sun, 19 Jan 2020 12:07:17 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=67852 Il y a 10 ans, Sylvain Tesson a décidé de s’isoler complètement dans un coin sauvage du globe, se retirant volontairement du tumulte de notre civilisation moderne. Dans les forêts de Sibérie de Virgile Dureuil est le récit contemplatif de cette aventure hors du commun, publié chez Casterman. Merveilleux ! Un journal de bord sibérien […]

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Il y a 10 ans, Sylvain Tesson a décidé de s’isoler complètement dans un coin sauvage du globe, se retirant volontairement du tumulte de notre civilisation moderne. Dans les forêts de Sibérie de Virgile Dureuil est le récit contemplatif de cette aventure hors du commun, publié chez Casterman. Merveilleux !

Un journal de bord sibérien

Quitter son quotidien de citadin et se détacher du monde des hommes, voilà le défi que s’est lancé l’auteur.
Au fin fond de la Sibérie, à la pointe du Cap des Cèdres du Nord, à 120 km du premier village, seul, pendant six mois. Installé dans une petite cabane au confort rudimentaire, sur les rives gelées du lac Baïkal, Sylvain n’a pour seule compagnie que des livres, des cigares et de la vodka..

Pour finalement reprendre le contrôle du temps et de sa vie : s’offrir le privilège de ne rien faire, de savourer le temps qui passe, comme un retour à soi-même, une parenthèse au sein d’une nature grandiose.

« Je veux m’enraciner, devenir de la terre après avoir été du vent. »

L’écrivain nous partage la simplicité de son quotidien : faire du feu, pêcher, aller puiser de l’eau, faire de longues promenades en forêt; mais aussi les pensées qui le traversent. Ainsi, il nous livre tour à tour son émerveillement, ses doutes, sa nostalgie, sa peur parfois, son ennui par moments. Un récit particulièrement introspectif, qui mêle avec poésie réflexions intérieures et rencontres avec la vie sauvage.

Une remarquable adaptation littéraire

Par un dessin subtil et d’une incroyable justesse, Virgile Dureuil nous propose une magistrale adaptation en bande dessinée de ce récit psychologique, restant fidèle aux portraits des personnages et au texte originel. L’immensité des espaces, la beauté du lac gelé, la sacralité des futaies enneigées, la force furieuse des rafales de vent… Tout est si justement retranscrit, on croirait y être!

« Si la nature pense, les paysages sont l’expression de ses idées. »

En effet, à travers les pages, on ressent la violence des tempêtes glacées de la taïga; on savoure à ses côtés la chaleur du poêle dans cette cabane isolée. La mise en page dégage une luminosité envoutante, avec un encrage épais et généreux; qui s’oppose à la typographie fine et délicate des récitatifs sur bandeaux blancs. Les couleurs froides dominent : le blanc scintillant des étendues enneigées, le bleu lagon des plaques de glace.

L’écriture est pure, sans artifices, à l’image de cette vie d’ascète : ne garder que l’essentiel.

« Je suis venu ici sans savoir si j’aurais la force de rester, je repars en sachant que je reviendrai. J’ai découvert qu’habiter le silence était une jouvence. J’ai peiné dans la neige et oublié ma peine au sommet des montagnes. »

Une épopée portée à l’écran par Safy Nebbou en 2016, avec un beau film franco-russe dans lequel Raphaël Personnaz incarne un Sylvain Tesson très convaincant. Pour aller plus loin dans l’univers de cet écrivain voyageur, je vous conseille son dernier roman La panthère des neiges (Gallimard), qui vient de recevoir le Prix Renaudot 2019.

Dans les forêts de Sibérie : Un journal d’ermitage à la portée universelle. Un coup de maître et un de mes plus gros coups de cœur de ce début d’année. Un moment de lecture magique et poétique !

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Grass Kings https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/grass-king-kindt-jenkins-futuropolis-angouleme/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/grass-king-kindt-jenkins-futuropolis-angouleme/#respond Sun, 19 Jan 2020 11:54:02 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=68313 « En raison de l’augmentation du prix des munitions, il n’y aura pas de tir de sommation. » Bienvenu dans le Grass Kingdom, le royaume où l’herbe est moins verte qu’ailleurs… Grass Kings est un polar exceptionnel, sombre et envoutant écrit par Matt Kindt et dessiné par Tyler Jenkins, paru chez Futuropolis. NO COUNTRY FOR […]

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« En raison de l’augmentation du prix des munitions, il n’y aura pas de tir de sommation. » Bienvenu dans le Grass Kingdom, le royaume où l’herbe est moins verte qu’ailleurs… Grass Kings est un polar exceptionnel, sombre et envoutant écrit par Matt Kindt et dessiné par Tyler Jenkins, paru chez Futuropolis.

NO COUNTRY FOR GRASS KINGS

C’est un étrange royaume que le Grass Kingdom

A sa tête, trois frères : Ashur, le jeune, Bruce, le shérif et Robert, le roi. Ils sont les Grass Kings.

En lieu et place d’un château, ils ne sont à la tête que d’un amas de Mobil-homes et de cabanes faites de bois et de tôle rouillée.

Pour tout trésor, ils n’ont que leur passé torturé et leurs secrets qu’ils souhaitent enterrés à tout jamais.

Ancrés dans leur médiocrité les habitants de ce piteux territoire semblent voués à sombrer les uns après les autres.

Pourtant, un soir, une jeune femme sort des eaux gelées du lac de Cargill, ce qui va sortir la communauté de sa torpeur…

BLOOD SIMPLE

Matt Kindt a plus d’une corde à son arc, et s’il est vrai que ses dernières parutions font les beaux jours de l’univers Valiant (Unity, Divinity, The Valiant, parus en France chez Bliss Comics), le scénariste américain est aussi l’auteur de polars aussi déroutants que mémorables (Dept H, Du sang sur les mains) ; Grass Kings est de la même veine.

Une disparition inexpliquée, une rivalité virile et violente, l’histoire semble reposer sur des éléments simples. Il n’en est rien, car Matt Kindt parvient, avec une maîtrise incroyable, à développer la psychologie de ses personnages au fur et à mesure que les secrets refont surface.

Cette œuvre magnifique s’inscrit dans l’Amérique des oubliés, de ceux qui ont quitté la civilisation pour tirer un trait sur leur passé.

Véritable havre de désolation, le royaume de Grass semble voué à plonger dans le malheur quiconque y posera le pied.

Les auteurs illustrent judicieusement cette malédiction en débutant chaque chapitre par un retour dans le passé du royaume : indiens, gangsters, soldats, hippies, vikings… Tous sont entrés à leurs dépens dans le Grass Kingdom, beaucoup y ont vu le sang couler et peu en sont ressortis.

UN COUP DE PINCEAUX

Il convient de souligner le travail remarquable réalisé par Tyler Jenkins ; en parfaite cohérence avec l’ambiance qui émane de l’œuvre.

Ses incroyables dessins rappellent parfois ceux que réalise Jeff Lemire sur des œuvres fortes et bouleversantes comme Winter Road ou Royal City.

De fait, les deux dessinateurs ont un point commun : ils ont un style unique et immédiatement identifiable qui touche le lecteur de manière difficilement explicable.

Très loin de la recherche du beau, ces artistes ont compris l’essentiel : nous transporter dans un univers.

Le découpage cinématographique permet de varier les plans pour attirer l’attention et attiser la curiosité.

Simple mais maîtrisé, le trait touche à l’essentiel pour créer une ambiance crasseuse, faite de rouille et de sang.

Tous ces éléments sont magnifiés par une colorisation à l’aquarelle qui sublime à la perfection cet univers ocre et délavé, donnant vie et âme au royaume damné de Grass.

Saluons d’ailleurs le très beau travail des éditions Futuropolis qui permettent d’apprécier pleinement cette magnifique œuvre en trois tomes.

Plébiscité par la presse outre-Atlantique, Grass kings est une œuvre d’exception qui figure à juste titre dans la prestigieuse Sélection polar du festival d’Angoulême 2020.

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Mythopoïèse https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/mythopoiese-pignocchi-steinkis-nature-culture-ecologie-jivaro/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/mythopoiese-pignocchi-steinkis-nature-culture-ecologie-jivaro/#respond Sat, 18 Jan 2020 11:15:14 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=68315 Sympathique fable écologique, Mythopoïèse est le troisième volet de l’excellente série Petit traité d’écologie sauvage d’Alessandro Pignocchi. Des mésanges, un anthropologue, Macron, Merkel et Trump, voilà les protagonistes de cette irrésistible bande dessinée. Enthousiasmant ! Mythopoïèse : et si l’on pensait notre monde différemment ? Inspiré de son blog Puntish, Petit traité d’écologie sauvage est […]

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Sympathique fable écologique, Mythopoïèse est le troisième volet de l’excellente série Petit traité d’écologie sauvage d’Alessandro Pignocchi. Des mésanges, un anthropologue, Macron, Merkel et Trump, voilà les protagonistes de cette irrésistible bande dessinée. Enthousiasmant !

Mythopoïèse : et si l’on pensait notre monde différemment ?

Inspiré de son blog Puntish, Petit traité d’écologie sauvage est LA série sur l’environnement, l’écologie et notre rapport au monde qui nous entoure !

La mythopoeïa est la création consciente d’un mythe ou d’une mythologie personnelle dans une œuvre littéraire ou de fiction. Parmi les auteurs qui ont excellé dans ce genre, il y a notamment Aristophane, Rabelais, Jonathan Swift, Marcel Proust, Boris Vian ou encore J.R.R. Tolkien. Côté cinéma, Star Wars fait œuvre de mythopoïèse.

En trois volumes, Alessandro Pignocchi nous interroge sur nos correspondances avec les autres et/ou avec la nature. Par un humour très simple, il permet de poser des questions sur des thématiques anciennes mais ayant encore de l’écho dans nos sociétés contemporaines : qui sommes nous ? Où allons nous ? Quelle trace laisser de notre passage sur Terre ? Quelles connexions avoir avec notre planète ?

Tout cela participe à la volonté de l’auteur de redéfinir les concepts de nature, de culture et notamment leurs interconnexions.

La politique au service de l’Homme et de la nature

Dans Mythopoïèse, Alessandro Pignocchi met en scène des femmes et des hommes politiques qui ne se regardent plus le nombril mais s’ouvrent aux autres. Ainsi, Emmanuel Macron est plus intéressé par ses ruches ne donnant pas de miel que ses combats d’arrière-garde. En plus d’une loi sur les fake news, il propose un texte sur les « services écologiques » des animaux et des plantes.

Quant à Angela Merkel et Donald Trump, assis à côté d’un feu de camp, ils devisent sur le nouvel ordre mondial, dont Emmanuel ne se fait pas. Ils regardent le monde qui les entourent, comme apaisés.

L’album met donc l’accent sur le potentiel changement de mentalité des Hommes, le changement de paradigmes et le renversement de l’ordre mondial. Et si les dirigeants des états du monde mettaient en œuvre les préceptes des Jivaros, peuple animiste ?

Le capitalisme est balayé

Dans Mythopoïèse, l’auteur de Anent, nouvelles des Indiens Jivoros, table sur l’effondrement du capitalisme, et y voit plutôt l’avènement d’une société nouvelle.

« La fin de l’économie de marché peut devenir le début d’une ère de liberté sans précédent. » [Karl Polanyi, La grande transformation]

Ainsi, un anthropologue Jivaro, Wajari Tsamarin, poursuit son étude sur la vie des habitants de Bois-le-Roi en Seine-et-Marne dans leur environnement brut quotidien. Il observe leurs comportements au Café de la gare mais aussi sur le marché. L’économie locale et solidaire se remet en marche. Et si le troc et l’échange de services étaient plus important que la monnaie ? Cette petite bourgade est l’une des dernières qui pratique les anciens usages capitaliste. En ce sens, ce lieu se doit d’être protégé pour être observé notamment par les plus jeunes qui ne connaissent plus cette doctrine. D’ailleurs cette poche de résistance est l’endroit où se sont réfugiés Macron, Trump et Merkl, chantres du libéralisme.

Mésanges, messagers

En plus des discours de politicien.ne.s parfois incompréhensibles et déconnectés de la réalité, Mythopoïèse met en scène deux mésanges contemplant les Hommes. Ces petites saynètes entre les deux volatiles entrecoupent les autres séquences et sont très drôles.

 » – Pourquoi ces gens lisent des BD sur l’écologie au lieu d’aller jeter des cailloux dans les vitrines des banques ?

– Je ne sais pas, les gens sont bizarres. »

Elles veulent faire la révolution, participent à des manifestations, en décousent avec les policiers,  réécrivent le discours de Nicolas Hulot et veulent aller soutenir les Zadistes de Notre-Dame-des-Landes. En choisissant de parler de ce haut lieu symbolique, Alessandro Pignocchi peut rappeler qu’il a aussi passé du temps la-bas, comme il l’a montré dans son album La recomposition des mondes (Seuil).

Aquarelles pour colorer le monde

Cet ancien chercheur en sciences cognitives et philosophie livre de superbes planches sans encrage. Ses aquarelles permettent d’apporter de la chaleur à Mythopoïèse. Comme si ses pages pouvaient colorer le monde avec douceur.

La faune et la flore sont sublimés sous ses pinceaux. Les deux mésanges drôles sont elles aussi magnifiées. Dans leurs arbres, elles semblent si humaines.

Mythopoïèse : un album réjouissant sur la nature, sur notre futur, sur notre ouverture au monde et aux autres.

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2112 https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/2112-byrne-delirium-next-men/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/2112-byrne-delirium-next-men/#respond Fri, 17 Jan 2020 18:13:55 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=68205 Dans un univers futuriste où règne enfin la perfection, le maintien de l’ordre est assuré par Safeguard, Inc. Cette société privée a pour but de protéger la planète et sa population des forces extérieures mais aussi des maux que la société génère. En 2112, Thomas Kirkland est un des six cadets de l’académie. Mais le […]

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Dans un univers futuriste où règne enfin la perfection, le maintien de l’ordre est assuré par Safeguard, Inc. Cette société privée a pour but de protéger la planète et sa population des forces extérieures mais aussi des maux que la société génère. En 2112, Thomas Kirkland est un des six cadets de l’académie. Mais le jour de sa promotion, Tannen, l’agent rouge, qui est chargé de sa formation, manque à l’appel…

L’ÉCRITURE D’UNE AVENTURE DE SCIENCE FICTION

Dans 2112, le légendaire John Byrne nous emmène dans un univers futuriste. Et à ce titre, tous les attendus du genre sont présents : voitures volantes, pistolets laser, androïdes et mutants ont désormais leur place sur la Terre.

La Terre… ou plutôt ce qu’elle est devenue.

New-York a acquis l’honorifique titre de plus grande ville du monde. Dans sa course expansionniste, elle a battu Tokyo.

Pour subvenir aux besoins de la population, le reste du continent a été converti en fermes géantes. Bien entendu, l’équilibre est fragile comme le rappelle ce qu’est devenu le Brésil : la forêt amazonienne a été rasée pour développer des champs à perte de vue. Mais en bafouant l’ordre écologique, ces derniers disparurent bien vite et il fallut construire des générateurs à oxygène sur un sol devenu stérile.

Les idées fourmillent et pourtant, 2112 ne compte qu’une soixantaine de pages.

C’est bien entendu insuffisant pour développer de manière satisfaisante toutes les pistes ébauchées ; le but de John Byrne n’est donc pas là.

L’AVENTURE D’UNE ÉCRITURE NOVATRICE

Associé à Chris Claremont (Wolverine, The New Mutants), John Byrne a créé des histoires mythiques chez Marvel.

Pourtant, lorsqu’il souhaite moderniser les X-Men, le projet n’aboutit pas et c’est finalement chez Dark Horse que paraîtra 2112.

L’auteur peut ainsi s’affranchir des limites lui étaient imposées. Naît alors une ébauche ou plutôt une expérimentation de ce que seraient les histoires de X-Men de demain, comme en atteste d’ailleurs le titre Tomorrow, lisible sur les planches originales présentées en bonus.

C’est ainsi qu’il faut appréhender 2112.

John Byrne a en tête des inspiration diverses : les X-Men et Magneto bien entendu, mais aussi Robocop, Judge Dredd ou encore certaines nouvelles du maître de la science-fiction Philip K. Dick.

L’auteur construit un univers futuriste cohérent, sans jamais s’appesantir. Les enjeux sont nombreux : politique, eugénisme ou encore écologie s’entremêlent et laissent envisager des approfondissements tous dignes d’intérêt.

En un mot, il teste : des types de personnages, des caractères, des antagonismes, des motivations, des situations, des concepts, etc., recherchant systématiquement à surprendre.

La première page en est un exemple parfait : on observe, sur une pleine page et en contre-plongée, deux gigantesques tyrannosaures en plein combat ; la poussière vole, la bave coule des gueules béantes laissant apercevoir des crocs acérés. Puis on tourne la page et le contre-pied est total… si grand qu’il mérite de ne pas être dévoilé ici.

Le lecteur pourrait se retrouver perdu face à tous ces éléments ; il n’en est rien.

En effet Byrne veille à accompagner son histoire de nombreux cartouches. Tantôt ils terminent les propos de personnages désormais hors page, ce qui dynamise la narration, tantôt, et c’est là le plus intéressant, ils donnent des informations nécessaires à la compréhension. Le procédé est connu, mais Byrne en use avec maîtrise et va même, ce qui est bien plus rare et intéressant, interpeler directement un lecteur subjugué.

Pour finir, saluons une fois de plus le très beau travail des éditions Délirium qui accompagnent ce court volume de planches originales et de couvertures non encrées, ce qui permet d’admirer le talent graphique de John Byrne. Saluons aussi la qualité de l’ouvrage et plus particulièrement du grammage exceptionnel du papier qui permet d’apprécier pleinement cette histoire qui préfigure les Next-Men eux aussi parus chez Délirium.

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Billy Symphony https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/billy-symphony-perimony-la-gouttiere-musique-amitie-saxophone/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/billy-symphony-perimony-la-gouttiere-musique-amitie-saxophone/#respond Wed, 15 Jan 2020 11:11:39 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=68208 Petite douceur de ce début d’année 2020, Billy Symphony raconte l’histoire d’un jeune saxophoniste et d’un petit oiseau. Cette belle amitié est signée David Périmony. Attendrissant et chaleureux ! Le saxophone : l’objet de tous les rêves Baluchon sur l’épaule, Billy erre dans le ville. Dans la vitrine d’une boutique d’instruments de musique, il aperçoit […]

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Petite douceur de ce début d’année 2020, Billy Symphony raconte l’histoire d’un jeune saxophoniste et d’un petit oiseau. Cette belle amitié est signée David Périmony. Attendrissant et chaleureux !

Le saxophone : l’objet de tous les rêves

Baluchon sur l’épaule, Billy erre dans le ville. Dans la vitrine d’une boutique d’instruments de musique, il aperçoit un très joli saxophone.

Sans le sou, il se résigne et part. Après un tour en barque, l’idée jaillit de son cerveau : et s’il aidait le vieux marchand dans son magasin en contrepartie de ce splendide saxo ?

Le saxophone, c’est toute sa vie

Après quelque temps, Billy a enfin l’objet de ses rêves. Il dit au-revoir au propriétaire, embarque dans son canot et vogue.

Le long d’un arbre, ils souffle dans son instrument à vent. Que de fausses notes ! Il n’est pas très doué. Après un essai, le bruit fait tomber un nid de l’arbre. Un coquille se fissure et en sort un petit oiseau.

C’est en écoutant son chant, que l’apprenti saxophoniste fait des progrès. C’est le début d’une très belle amitié…

Billy Symphony (de notes)

Quel charme dans ces merveilleuses planches ! Quelle virtuosité dans le dessin ! David Périmony, ce nom ne vous dit rien ? Normal, c’est son tout premier album. Et pour une première, c’est un petit chef-d’oeuvre que nous livre ce diplômé en infographie.

Cocréateur de la revue Pierre Papier Chicon avec David François (Chaplin en Amérique), il berce les jeunes lecteurs d’une jolie fable entre amitié et dureté de la vie.

Ce beau récit initiatique sans texte est une magnifique ode à la musique. Comme son nom l’indique, Billy Symphony est un hommage aux Silly Symphonies de Walt Disney. Ces histoires sans parole produites par les studios entre 1929 et 1939 sont rythmées par un bande son musicale de grande qualité.

Billy Symphony est un festival de notes, fausses puis justes. S’il ne possède pas le talent de musicien, comme Billy, David Périmony aime dessiner et travailler en musique qu’il avoue éclectique (rap, électro, soul, métal, rock ou jazz).

Amitié pure

Alors que son compère, David François lui pose mille fois la question de créer son premier album, cette pression amicale lui fait franchir le pas. Quelle excellente idée de la part du dessinateur d’Un homme de joie !

Billy Symphony est une histoire douce, chaleureuse, bienveillante et attendrissante. Malgré les difficultés (à jouer du saxo ou face au directeur du club de jazz avare), le jeune musicien va toujours de l’avant. Son moteur : le petit oiseau qui le pousse à être meilleur, à grandir. Cette amitié désintéressée et pure contrebalance l’argent qui coule à flots lorsque Billy donne des concerts. L’amitié sera toujours plus forte que l’argent, voilà une belle valeur véhiculée.

Double de papier ?

Billy Symphony est une ancienne idée de David Périmony. Il confie que ce personnage lui trottait dans la tête depuis son projet de fin d’études en 2016.

Est-il son double de papier ? En quelque sorte. « Billy me ressemble sur plusieurs points, on partage une coupe de cheveux folle et non maîtrisée, il porte aussi des bretelles, il est sensible, spontané, enjoué et têtu » explique l’auteur amiénois.

Prévu en deux volumes dans un premier temps, David Périmony a retravaillé son histoire pour présenter un one-shot au jeune public. Bien lui en a pris, puisque le rythme est idéal pour un seul tome.

Le découpage est inventif et intelligent et son dessin d’une grande douceur. Proche des fameux Silly Symphonies, son trait est agrémenté de couleurs pastel d’une belle tendresse. Elles sont légèrement frottées pour apporter ce charme ancien, un brin nostalgique.

L’ambiance générale est aussi influencée par les bayous américains (voir le crocodile), ainsi que par les jardins flottants des hortillonnages d’Amiens, sa ville de résidence.

Billy Symphony : le véritable album jeunesse de ce début d’année 2020. Musique !

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