Comixtrip https://www.comixtrip.fr La bande dessinée du monde, le monde de la bande dessinée Fri, 24 May 2019 15:07:51 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.0.2 Julien Auclair : un Jeune Auteur Prodigieux https://www.comixtrip.fr/dossiers/julien-auclair-un-jeune-auteur-prodigieux/ https://www.comixtrip.fr/dossiers/julien-auclair-un-jeune-auteur-prodigieux/#respond Thu, 23 May 2019 13:08:18 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=dossiers&p=61240 Régulièrement couronné au Festival de bande dessinée d'Angoulême, Julien Auclair est un jeune artiste talentueux à découvrir absolument !

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Une belle émotion. Voilà ce qu’a été notre ressenti lorsque nous avions entendu le discours de Julien Auclair au dernier festival BD d’Angoulême. Auréolé de deux distinctions, le Prix Hippocampe et le Prix Angoulême de la BD scolaire, JAP (Comprenez Julien Auclair Pâquerette, pour un clin d’œil au surnom qui lui était donné plus jeune) est un habitué des récompenses dans les terres charentaises. Le 9e Art l’a adopté depuis quelques années désormais. Une belle alliance qui permet à Julien de prouver que l’on peut être autiste et ne pas s’enfermer dans sa bulle. JAP la partage de différentes et belles manières. 

La Patte de JAP. Titre idoine pour résumer ce qui se trouvera à l’intérieur de ce premier livre de Julien Auclair. Il inaugure ainsi cette nouvelle collection chez Vox Scriba intitulée « La Patte de l’Autre ». Avec une sélection de dessins ou histoires sélectionnés par lui-même, Julien nous surprend d’abord par sa patte graphique et nous étonne encore par sa faculté à mettre en scène tous ces animaux à deux, quatre ou huit pattes. Qu’elles traduisent de l’humour, du bonheur, de la quiétude voire parfois un peu d’anxiété, les planches de Julien sont bouleversantes de sincérité.

JULIEN AUCLAIR APPOSE SA PATTE AU LYCÉE

C’est au lycée Gaston Barré à Niort qu’il se prépare à quitter le monde de l’adolescence. Il y restera quelques années non sans laisser une empreinte admirative de la part de celles et ceux qui l’ont vu s’épanouir. En atteste le témoignage de Johanna Douteau, Conseillère Principale d’Éducation de l’établissement :

« Il est arrivé en même temps que la structure de l’Ulis s’est implantée au lycée. Jeune homme très discret, souvent dans sa bulle et difficile de rentrer en contact avec lui. En novembre 2016, il a eu l’occasion de pouvoir exposer tous ses dessins dans une salle de la MAIF et c’est là que j’ai découvert son univers ainsi que Robin et Tom, ses deux petits héros qui font des bêtises mais qui apprennent la vie ! À partir de cet instant, le contact a été beaucoup plus facile. Il suffit d’évoquer le dessin et Julien s’ouvre et devient intarissable sur ses projets artistiques. Je suis très impatiente de voir son livre accordéon sur le marais poitevin qui devrait être magnifique. »

ALLIER TRAVAIL ET PASSION

Cinq années se sont écoulées et le créateur de Robin et Tom (deux personnages récurrents de son univers dessiné. Quelles que soient les émotions qui se dégagent de leurs aventures, elles seront toujours liées aux ressentis de Julien au moment de leurs créations) vient de souffler ses vingt bougies. Une nouvelle étape de sa vie le guide vers l’apprentissage d’un métier. Entré depuis peu dans un Établissement et Service d’Aide par le Travail  (ESAT), Julien évolue dans un autre domaine qu’il affectionne : la nature. Mais pas au point de laisser tomber ses feutres ! Il compte bien allier ses deux passions. Pour preuve, ses réactions sans équivoque à nos questions : Julien Au

Bonjour JAP. Tu as intégré depuis peu un ESAT. Comment se passe cette nouvelle vie dans le monde du travail ?

Ça me plait et je commence un peu à parler avec les autres travailleurs. Je suis maintenant un jeune adulte et je voudrais avoir une petite maison à moi . Pour l’instant , je suis au foyer pour continuer à apprendre à me débrouiller. J’aime bien mes journées à la serre mais je suis fatigué le soir. Quand il y a des clients, ça me stresse encore un peu. Je préfère rester avec les fleurs et les plantes , je pose des questions aux éducateurs pour apprendre.

Ce travail t’inspire de nouvelles idées pour dessiner ?
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Je regarde les fleurs et les plantes pour les dessiner mais plus tard. Je dois finir les dessins pour mes projets : le livre sur le marais, ma fresque murale et illustrer des panneaux d’information sur le cycle de l’eau. Je m’informe sur l’environnement, ça me passionne alors je me renseigne sur Internet.
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Imagines-tu de nouvelles aventures avec Robin et Tom ?
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Je veux faire des BD qui parlent de l’environnement avec Robin et Tom. Je viens de finir 2 planches sur une histoire avec les abeilles.p
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Ton projet de livre-accordéon sur le marais poitevin avance-t-il comme tu le souhaites ?
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J’ai fini l’encrage, je dois maintenant colorier avec mes feutres pour mettre mes couleurs à moi. Mais ils m’ont dit qu’ils vont faire un travail avec l’ordinateur. J’ai pas bien compris et j’aime mieux mes feutres.
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L’année prochaine tu seras pour la première fois membre du jury au festival d’Angoulême. As-tu hâte de vivre cette nouvelle expérience ?
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Ah mais ça c’est déjà fait. C’était en avril. C’était ma récompense avec mon prix. J’ai vu plein de BD, c’est dur de choisir mais on est plusieurs. Comme c’est un secret, j’ai pas voulu savoir le gagnant. Moi je suis pas comme les personnes d’Angoulême.
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As-tu toujours des contacts avec Guillaume Bouzard ou d’autres auteur.ice.s ?
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Je vois Guillaume mais moins maintenant parce que je suis loin pour mon travail. Lui aussi a beaucoup de travail. Mais je continue ma fresque avec les conseils qu’il m’a dit.
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« Je ne connais pas le monsieur mais bonjour aussi et merci. C’est la 4e fois qu’on me fait une interview. Il y en a eu 2 à Angoulême et une autre pour La Nouvelle République. J’espère que je saurai répondre …»
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C’est après cette phrase introductive que Julien Auclair a pris le temps de nous accorder cette interview relayée par sa maman, Sonia. Et que ses éventuelles craintes soient dissipées. Le contenu de ses réponses est à l’image de ce qu’il nous propose graphiquement. En un mot : authenticité. Présent au 3e nouveau festival de Cénon en Gironde, JAP a retrouvé le temps de quelques heures ses anciens camarades d’école. L’occasion de dévoiler cette grande fresque murale où il invitait les visiteur.euse.s à l’habiller de couleurs.

Dans ce premier recueil qu’est La Patte de JAP, Julien nous montre avec quelques illustrations qu’il s’amuse. Notamment avec ses « cherche et trouve ». Et on peut dire qu’il maîtrise parfaitement cet exercice. Et si, par mégarde, nos recherches n’aboutiraient pas sur un des personnages qu’il aura caché, on peut se vanter d’avoir trouvé à chaque page la patte intelligente et attachante signée Julien Auclair.J

 

JAP de Julien Auclair (Vox Scriba) décrypté par Comixtrip, le site BD de référence

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Une île sur la Volga https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/une-ile-sur-la-volga-lepingle-sarbacane/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/une-ile-sur-la-volga-lepingle-sarbacane/#respond Thu, 23 May 2019 13:03:56 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=61577 Gala, une enseignante, part en guerre contre la corruption dans un petit coin reculé de la Russie. Elle est alors enlevée. Iwan Lepingle imagine Une île sur la Volga, un très beau roman graphique au goût de polar chez Sarbacane. Rendre visite à son fils Enseignante à Moscou, Gala Andreievna décide de rendre visite à […]

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Gala, une enseignante, part en guerre contre la corruption dans un petit coin reculé de la Russie. Elle est alors enlevée. Iwan Lepingle imagine Une île sur la Volga, un très beau roman graphique au goût de polar chez Sarbacane.

Rendre visite à son fils

Enseignante à Moscou, Gala Andreievna décide de rendre visite à son fils Maksim, sa belle-fille Tania et son petit-fils Aliocha dans une île sur la Volga.

A peine arrivée, elle est impressionnée par les constructions qui agrandissent son domaine. Maksim aménage un gîte pour les touristes.

Gala sait qu’elle va être bien ici, au calme, dans un lieu apaisant pour pouvoir écrire. Elle doit en effet poursuivre un travail autour du romancier Tourgueniev.

Rançon contre protection

Le lendemain, Maksim reçoit la visite de Arkadi de la société Tsiger qui lui fait comprendre qu’il doit avoir une permis spécial pour sa construction. Il y aurait de nouvelles normes. Ce système cache de la corruption; une sorte de rançon en contrepartie d’une protection.

Enlèvement

Plus tard en ville, Gala rencontre de nouveau Arkadi. Elle s’oppose au chantage. De son côté, l’homme fort propose à Kolya et Stepan de faire peur à Maksim et sa famille. La nuit venue, ils mettent le feu aux serres.

Cela ne refroidit pas Gala. Elle s’entête et écrit un texte sur son blog. Arkadi demande de nouveaux à ses hommes de main de faire peur à l’enseignante, mais ils le doublent et enlève la femme…

Une île sur la Volga : polar et corruption

Après l’excellent Akkinen, Iwan Lepingle est de retour avec un deuxième album chez Sarbacane. Loin des steppes du grand nord, il imagine un récit en Russie. Une île sur la Volga est construit comme un polar, à l’image de son précédent ouvrage.

Ce endroit qui semble idyllique et calme ne l’est pas vraiment. Cette quiétude cache de la corruption de politiques et de patrons d’entreprises.

Maksim ne veut pas d’histoires avec Arkadi. Il est prêt à allonger la somme demandée. C’était sans compter sur sa mère, sa probité et son enlèvement.

Lettrée et très suivie sur les réseaux sociaux, son pouvoir gène le petit business du parrain local. Quand à Kolya, elle le connait puisqu’il fut son élève lorsqu’elle enseignait dans la région. A partir du moment où il la kidnappe, on peut sentir tout le respect qu’il lui accorde.

Avec un rythme lent, loin des artifices, des profusions de sang et de morts, Iwan Lepingle nous emmène avec une très grande facilité dans ce récit noir à l’ambiance singulière. Il faut souligner que l’Orléanais est un excellent conteur et manie parfaitement l’art du dialogue.

L’auteur parle aussi de la volonté de changer de vie. Maksim quitte la grande ville, pour vivre mieux à la campagne. Il construit par lui-même et fait pousser aussi ses légumes et ses fruits.

Comme pour Akkinen, Une île sur la Volga bénéficie d’une très belle partie graphique. Les couleurs lumineuses et claires tranchent avec le propos du récit. Simple et beau !

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Carnet chinois https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/carnet-chinois-baudoin-mosquito/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/carnet-chinois-baudoin-mosquito/#respond Wed, 22 May 2019 09:33:46 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=61520 Artiste aimé du public et de la critique, Edmond Baudoin aime surprendre son lectorat. De son invitation au pays de l’Empire céleste, il en a tiré un très bel album, Carnet chinois chez Mosquito. Télescopage(s) Edmond Baudoin est invité en Chine en mai 2017. Il doit y rencontrer des étudiants en art, ainsi que des […]

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Artiste aimé du public et de la critique, Edmond Baudoin aime surprendre son lectorat. De son invitation au pays de l’Empire céleste, il en a tiré un très bel album, Carnet chinois chez Mosquito.

Télescopage(s)

Edmond Baudoin est invité en Chine en mai 2017. Il doit y rencontrer des étudiants en art, ainsi que des artistes. Il doit aussi faire la promotion de sa version de Peau d’âne (Gallimard) traduit en chinois.

Dès le lendemain de sa descente de l’avion, il débute une session de trois jours de travail avec une cinquantaine d’entre eux. Préférant la spontanéité et l’échange l’auteur des Rêveurs lunaires (avec Cédric Villani) n’a pas de plans très précis pour ses cours, juste de grandes lignes. La Chine est un pays qu’il connait pour y être déjà venu quelques fois.

Aidé par sa traductrice Shaojun, il commence à donner des conseils. Il sait y faire, lui qui fut professeur d’art à l’université Québec en Outaouais de 1999 à 2003.

Ce voyage prend alors une forme différente après la triste nouvelle du décès de Jeanine, la mère de ses deux fils Olivier et Hugues.

Edmond Baudoin, créateur d’émotions

Edmond Baudoin est un auteur de bande dessiné à part, dans son style graphique proche de la peinture, dans ses histoires qu’il raconte et dans sa vie.

Né en 1942, ce Niçois commence sa carrière dans les années 70 dans Le patriote côte d’Azur, magazine communiste inséré dans L’humanité Dimanche. Ayant suivi des cours du soir de dessin à l’Ecole nationale des arts décoratifs de Nice plus jeune, il publie sa première histoire, Civilisation en 1981 chez Glénat. Il participe aussi à l’aventure éditoriale des magazines Circus, (A suivre), Pilote et L’écho des savanes.

La critique et le public apprécient tout de suite ses albums. On notera notamment Couma aco, L’argent roi, Le voyage et Les quatre fleuves, tous récompensés à Angoulême par de prix prestigieux.

Carnet chinois, carnet d’émotions

Comme il le souligne en fin de Carnet chinois, Edmond Baudoin admire Shitao, un écrivain chinois qu’il considère comme un véritable professeur. Il illustre ainsi quelques unes de ses citations. Les sensations sont vives en regardant ces planches.

Ce carnet de voyage, ce tableau de bord est avant tout un carnet d’émotions. Il y croque de petits moments importants pour lui, ses réflexions sur le temps qui passe, la vie et la mort (à travers celle de Jeanine), la pauvreté, ainsi que les échanges avec les étudiants dont il dit que certains sont plus doués que lui. Une humilité qui le grandit.

De la force du trait

Edmond Baudoin avait laissé son Carnet chinois entre parenthèse le temps de réaliser le bouleversant Humains, la Roya est un fleuve avec son comparse Troubs. Finalement, cette publication à L’Association et celle chez Mosquito ont beaucoup de points communs, notamment cette volonté de rencontrer des gens.

Il l’a ensuite repris pour l’enrichir et l’achever. Comme il l’explique, en reprenant Carnet chinois en janvier 2018, il a voulu rendre hommage à Jeanine, « cette maman qui a voulu vivre sa liberté et qui à contribué à [lui] enseigner ».

L’auteur des Enfants de Sitting Bull nous envoûte avec ce trait souple, aérien en noir et blanc. Ses pinceaux glissent sur ses pages et s’animent avec grâce devant nous. En quelques traits ou esquisses, il nous fait ressentir toute la force des personnes dessinées ou des objets qu’il trouve devant lui.

Pour terminer Carnet chinois, l’auteur présente quelques unes des œuvres des étudiants rencontrés. Ils le mettent tous en scène : un bel hommage à ce maître du 9e art.

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J’adore ce passage https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/jadore-ce-passage-walden-gallimard/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/jadore-ce-passage-walden-gallimard/#respond Tue, 21 May 2019 12:14:49 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=61436 Instants plus ou moins longs, les amours adolescentes restent gravées en mémoire. Tillie Walden sublime celles d’Elizabeth et Rae dans J’adore ce passage, un album tendre et subtil chez Gallimard. Rae et Elizabeth fusionnent J’adore ce passage met en scène les premiers pas en amour de Rae et Elizabeth. Dans ce très joli récit sentimental, […]

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Instants plus ou moins longs, les amours adolescentes restent gravées en mémoire. Tillie Walden sublime celles d’Elizabeth et Rae dans J’adore ce passage, un album tendre et subtil chez Gallimard.

Rae et Elizabeth fusionnent

J’adore ce passage met en scène les premiers pas en amour de Rae et Elizabeth. Dans ce très joli récit sentimental, les deux jeunes filles se rapprochent, se touchent, s’embrassent et se questionnent. Pourront-elles vivre cet amour au grand jour ? Pourront-elles un jour le dire à quelqu’un ?

Les « Je t’aime » se chuchotent puis s’affirment mais toujours de manière cachée et fugace. Rae et Elizabeth fusionnent.

Le temps des doutes

Puis le doute s’installe. On ne répond plus aux messages. « Je ne peux pas continuer […] je ne suis… pas comme toi. C’est… mal » dit l’une. Elles s’éloignent puis se retrouvent dans un long baiser de réconciliation.

J’adore ce passage : belles amours adolescentes

Publié en 2015 aux Etats-Unis sous le titre I love this part, J’adore ce passage nous touche en plein cœur, nous fait ressentir de très belles émotions par cet amour pur et simple.

Après les deux merveilleux Spinning et Dans un rayon de soleil, les éditions Gallimard proposent cette très jolie romance entre deux jeunes adolescentes. Un petit moment de grâce.

On se souvient tous de ces premiers moments, ces premiers sensations agréables pour une fille ou pour un garçon. Souvent gravés dans notre mémoire, on y repense de temps en temps entre nostalgie et bonheur. Les premières émotions, le corps en alerte qui s’éveille et change. Quelle belle parenthèse enchantée ! Mais parfois, plus dure est la chute.

De l’universalité de l’amour

Les lecteurs sont toujours en admiration devant le travail de Tillie Walden, notamment par la justesse et la maturité de cette autrice née seulement en 1996 !

Si Rae et Elizabeth sont deux filles, les lecteurs pourront facilement s’identifier à elles, même en étant hétéro. C’est ça la force du sentiment amoureux, il est universel.

Si elle se défend d’être romantique, Tillie Walden est vraisemblablement l’autrice de l’amour adolescent pur. Comme le souligne Vincent Brunner, journaliste aux Inrocks et à Libération : « Nul doute que les ados d’aujourd’hui et le lectorat young adults, qu’il soit queer ou non, vont trouver dans ses livres le réconfort et de quoi encore plus s’aimer ». Comme il a raison !

J’adore ce passage est une ode à l’amour mais aussi à celui qui n’est pas toléré. D’ailleurs Tillie Walden ajoute en ce sens : « Bien sûr, aucune personne ne devrait se sentir coupable de qui elle aime. »

Images pleine page

J’adore ce passage, c’est aussi de très belles planches. Cette fois-ci, Tillie Walden a pris le parti de grandes images pleine page. De très belles illustrations qui permettent aux lecteurs de se construire leur propre histoire, celle entre les cases.

Des teintes de violet rehaussent des dessins au trait épais majestueux. Se moquant des erreurs et de la perfection, l’autrice américaine préfère juste dessiner des images qui lui viennent à l’esprit, ce qu’elle ressent. En travaillant ainsi, sans contrainte, elle est heureuse. Qu’elle continue ainsi, elle nous enchante !

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Luminary https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/luminary-perger-brunschwig-tota-photonik/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/luminary-perger-brunschwig-tota-photonik/#respond Mon, 20 May 2019 13:01:17 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=61419 Très bel hommage à Photonik, la série de Ciro Tota, Luminary est un excellent univers de science-fiction créé par Luc Brunschwig et Stéphane Perger. Riche, haletant et intelligent ! Pic de chaleur au Rivera Circus Pittsboro, Etats-Unis, 1977. Depuis quelques jours, les présentateurs météo annoncent un fort pic de chaleur sur l’ensemble du pays. Dans […]

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Très bel hommage à Photonik, la série de Ciro Tota, Luminary est un excellent univers de science-fiction créé par Luc Brunschwig et Stéphane Perger. Riche, haletant et intelligent !

Pic de chaleur au Rivera Circus

Pittsboro, Etats-Unis, 1977. Depuis quelques jours, les présentateurs météo annoncent un fort pic de chaleur sur l’ensemble du pays. Dans le cirque Rivera, c’est délicat avec les animaux qui souffrent autant voire plus de la canicule que les êtres humains. Surtout que Manasa, la tigresse va mettre bas. Alors que les petits sont mal engagés, Billy le garçon à tout faire, entre dans la cage et réussit à calmer la future mère.

Tout le monde est surpris par le don extraordinaire du jeune garçon noir. Il peut entrer en contact avec les animaux. Une aubaine pour le propriétaire du cirque…

Pic de chaleur à New-York

A l’opposé du pays, à New-York, la situation n’est pas mieux. Un gigantesque rayon lumineux traverse la ville et brûle tout sur son passage. Henkel, le marchand de glaces, ex-professeur émérite, se précipite hors de son camion et vient en aide à un jeune adolescent allongé nu sur le sol.

Le vieil homme semble bien Darby. Il le relève, le met dans sa voiture et part en trombe. Il faut souligner que le jeune garçon au milieu du rayon lumineux n’a subit aucune égratignure. Pourquoi ?

Luminary : rendre hommage à Photonik

Comme il l’explique dans la postface de l’album, Luc Brunschwig a toujours voulu rendre hommage à Photonik, une série de science-fiction créée par Ciro Toto en 1980 dans le mensuel Mustang des éditions Lug. Jusqu’en 1987, la revue a donc accueilli dans ses pages, Taddeus, Dr Zigel ou encore Tom Pouce, les protagonistes de cette saga. Si elle court sur 7 années, Ciro Tota n’en fut pas le seul animateur. N’allant pas assez vite pour une parution mensuelle, il fut remplacé par Jean-Yves Mitton pour le dessin.

Depuis tout jeune, le scénariste de Holmes est un fan de Photonik, au point de proposer ses services pour écrire de nouvelles histoires du super-héros français alors qu’il n’a que 18 ans. A peine le temps de jubiler que Lug annonce l’arrêt des créations originales dans son catalogue, faute de moyens financiers. C’était sans compter sur la persévérance de Brunschwig. Il y a 6 ans, il proposa à Tota un reboot de son personnage. Il accepte mais lui demande de ne pas appeler sa série Photonik pour avoir plus de liberté. Le projet est en route. Une longue attente de 30 ans…

Même base mais de grandes libertés

Luc Brunschwig reprend donc les bases de Photonik pour Luminary. Il garde l’enfant bossu qu’il appelle Darby, le professeur Zigel devient Henkel et Tom Pouce devient Billy.

Il donne alors un tempo haletant et accrocheur à son récit par des allers-retours dans le passé, qui se croisent et s’entrecroisent avec une grande habileté. Il est fort pour cela le créateur de la superbe série Le pouvoir des innocents ! Il réussit à nous parler du passé plus ou moins proche des protagonistes sans perdre son lectorat.

Si l’on ne sait pas bien au départ ce qui se passe pour ces trois personnages, il leur imagine un destin hors-du-commun complexe, qui nous les rend rapidement attachant : Darby est bossu et rejeté par sa famille, Billy échappe à la mort à cause de sa couleur de peau et Henkel est mis au ban de la communauté scientifique à cause de ses recherches. Ainsi le trio est symbolique du rejet et de discriminations par les autres (couleur de peau, culture et anomalie physique).

Luminary : un album imminemment politique

Ce qu’il y a de bien avec la science-fiction et les récits de super-héros, c’est que l’on peut s’en servir pour faire passer des messages politiques. Si Luminary est une histoire se déroulant dans les années 70, elle fait écho, avec justesse, au problèmes sociaux de l’époque (certains n’ayant toujours pas disparu malheureusement aujourd’hui). En choisissant cette période, Brunschwig peut parler de cette Amérique encore sous le choc de la Guerre du Vietnam qu’elle a perdu. Un moment où ses habitants veulent absolument la paix.

En plus du progrès scientifique qui tombe dans des mains malveillantes, il y a le racisme qui transpire dans les pages de ce premier excellent volume. Billy est en prise avec les suprémacistes blancs et le Ku Klux Klan (un air encore aujourd’hui trop présent sous Trump) et le président de l’époque (Jimmy Carter ?) fait passer les dégâts du rayon sur le dos des noirs. On se doute alors que les arrestations, les violences et les condamnations pleuvront.

De la beauté du dessin

Si le scénario est en béton, que dire du dessin de Stéphane Perger ? Il est magistral ! Le dessinateur de Brûlez Moscou est au summum de son art. Ses planches en couleur directe sont magnifique. C’est surtout grâce à son dessin que le lecteur ne se perd pas dans les flash-backs.

Sa partie graphique est lumineuse comme le veut le titre de la série, Luminary. Le rayon qui extermine tout est beau sous ses pinceaux. Les animaux comme les hommes ont de l’allure et de la prestance.

Luminary : un début de saga de science-fiction de grande qualité. Un super-héros français lumineux porté par un formidable dessin ! Une base super riche pour de futurs opus !

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Mimosa https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/mimosa-edith-catmalou-soleil/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/mimosa-edith-catmalou-soleil/#respond Sun, 19 May 2019 09:00:57 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=61400 La vie semble douce chez Mimosa. Un vieux chat aveugle, une maman aimante et un père rockeur. Son oeil aiguisé sur le monde qui l’entoure lui permet de grandes fulgurances. A travers des strips de 4 cases, elle assène des répliques magistrales à ses parents. Catmalou et Edith imaginent son univers sympathique et drôle dans […]

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La vie semble douce chez Mimosa. Un vieux chat aveugle, une maman aimante et un père rockeur. Son oeil aiguisé sur le monde qui l’entoure lui permet de grandes fulgurances. A travers des strips de 4 cases, elle assène des répliques magistrales à ses parents. Catmalou et Edith imaginent son univers sympathique et drôle dans Mimosa, Les choses changent… C’est énervant. Truculent et spirituel !

Bonnets, chat et parents

Fréquemment un bonnet visé sur la tête, Mimosa vit avec ses deux parents et son très vieux chat aveugle Jean-Louis. Sa mère travaille et s’occupe des taches ménagères à la maison. Son père travaille, c’est un rockeur buveur de bière. Tout semble doux et paisible chez Mimosa. Elle grandit dans un environnement aimant et sain. Dernière d’une famille recomposée, on ne sait pas grand chose de ses sœurs et frères.

Fulgurances

Bien que petite, Mimosa est intelligente. Elle aime à s’interroger sur ce qui l’entoure au quotidien. Ses fulgurances sont drôles et joyeuses sur sa mère, son père, Jean-Louis, l’amour, le sexe, l’école, le sport, Dieu, son analyse chez un psy, les repas, la mort, la vie ou la politique.

L’école : ennuyante, le sexe : dégoûtant, Jean-Louis : à moitié mort, Dieu : inexistant, les repas : faut s’adapter. Tout est simple chez Mimosa

Mimosa : répliques cultes

Mimosa est sympa, Mimosa a de la répartie et Mimosa est drôle ! C’est en écoutant attentivement les paroles de sa fille, Marilou que Catmalou a eu l’idée de créer Mimosa. Elle a compilé ces fulgurances dans des carnets au fil du temps. Des mots, des associations d’idées et des répliques. Si Marilou pense qu’elle n’a jamais pu dire cela, sa mère en est persuadée, elle tient de petites pépites.

Elle en parle alors à son amie Edith, l’autrice de Emma G. Wildford. Ensemble, elles commencent à bâtir de petites saynètes. En effet, elles ont l’idée de raconter ces petits dialogues sous la forme de strips de 4 vignettes. Si l’exercice est périlleux, le duo le réussi avec une très grande maîtrise narrative. Très en vogue chez les autrices/auteurs américains, le strip requiert de l’exigence et de la concision. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les deux autrices manipulent avec maestria ce style narratif. Il y a du Peanuts, du Mafalda et du Calvin & Hobbes chez Mimosa. Se glisser avec autant d’assurance et de légèreté dans les pas de ces illustres prédécesseurs, c’est très fort ! Ça fait un bien fou et on aime ça !!!

On ne voit jamais ni son père, ni sa mère, ni ses frères et sœurs. Ses parents sont présents uniquement en voix-off, ce qui stimule aussi l’imagination. Par de simples dialogues, on imagine bien leurs moues déconfites quand Mimosa leur parle.

De la force du dessin

C’est Didier Cromwell qui donne sa chance aux premiers strips de Mimosa dans Anita Bomba Comics. Et il a eu le nez fin. Pour le dessin, Edith est de nouveau formidable. La talentueuse autrice du merveilleux Jardin de minuit réalise des planches simples, lisibles et redoutablement efficaces. Peu de décors pour faire la part belle à Mimosa. Le lecteur aime la bouille ronde et joyeuse de la petite fille. Grimaces et émotions sont visibles sur son visage juvénile.

Cheveux en bataille et habits modernes, Mimosa s’accorde néanmoins un seul coquetterie : des bonnets. Elle en possède une sacrée collection. Cela la distingue des autres enfants par une excentricité mesurée (ils sont souvent originaux). Puisque qu’elle est différente par ses raisonnements et ses réflexions, il fallait la différencier vestimentairement.

Mimosa : tendresse, intelligence, surprises, fulgurances et humour dans un recueil de strips pour toute la famille.

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Souffre-douleur https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/souffre-douleur-mutard-harcelement/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/souffre-douleur-mutard-harcelement/#respond Fri, 17 May 2019 16:54:03 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=61303 Bruce Mutard cache d’énormes cicatrices psychologiques. Il fut harcelé adolescent. Ces stigmates, il les trainera comme un boulet pendant toute sa vie. Il raconte ces moments de cauchemars, de doutes et de dépression dans Souffre-douleur, un album coup de poing aux éditions Çà et là. « Bruce, il aime pas les filles ! » Melbourne, 1980. Né […]

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Bruce Mutard cache d’énormes cicatrices psychologiques. Il fut harcelé adolescent. Ces stigmates, il les trainera comme un boulet pendant toute sa vie. Il raconte ces moments de cauchemars, de doutes et de dépression dans Souffre-douleur, un album coup de poing aux éditions Çà et là.

« Bruce, il aime pas les filles ! »

Melbourne, 1980. Né en 1967, Bruce Mutard fréquente le collège dans les années 80. Jusqu’à présent, tout s’était passé pour le mieux, puisque le jeune ado timide avait réussi à se fondre dans la masse.

Le futur dessinateur tombe de haut lorsqu’il est pris à partie dans les couloirs de l’établissement. Il répond du tac-au-tac à un de ses camarades :

 » – Qu’est-ce que t’as, Bruce ? T’aime pas les filles ?

– Nan. »

Cette réponse anodine fait alors basculer sa vie. C’est le début d’un très long acharnement contre lui. Les brimades, les insultes et les coups pleuvent. Il commence à vivre un véritable enfer.

L’adolescence : une période charnière

En sport, personne ne le choisit. Pour récupérer ses affaires dans son casier, il attend d’être seul. Tout cela le place au ban, le met à l’écart des autres. Bruce est au bord du gouffre, prêt à tomber.

Il aimerait bien avoir de la répartie et se battre contre les harceleurs, mais il n’y arrive pas, lui le jeune garçon tout frêle et introverti.

Cet acharnement, Bruce le subit au collège puis au lycée. Rien ne lui est épargné. Plus personne ne lui parle, il s’enfonce dans la solitude. Il faudra son entrée à l’université pour qu’il puisse un peu souffler…

Souffre-douleur : une vie en pointillée

Avec beaucoup d’humilité, Bruce Mutard décrit son calvaire. Il en faut de l’abnégation et une grande volonté pour se livrer comme cela, sans filtre.

Avec Souffre-douleur, l’auteur de Le silence (çà et là, 2013) veut faire réagir et prendre conscience que le harcèlement scolaire peut détruire une enfance, une adolescence, en un mot, une vie.

Si l’université lui permet de sortir la tête de l’eau, comme il le montre dans la deuxième partie de Souffre-douleur, ce harcèlement  a eu de grave conséquences sur son mental et son physique pendant de nombreuses années : nombreuses psychothérapies, problèmes alimentaires et vie avec sa mère. S’il va beaucoup mieux actuellement, cette longue période fut un supplice, une vraie épreuve.

Le dessin comme catharsis

Petit à petit, Bruce Mutard réapprend à vivre et à manger normalement. Les thérapeutes comportementaux ainsi que le dessin seront sa bouée de sauvetage.

Souffre-douleur est dur, est violent mais salvateur pour lui – cela a un effet cathartique – et permet de témoigner d’un mal encore tabou dans nos sociétés.

Le trait est simple, très lisible, extrêmement fort comme le noir qui entoure les vignettes de l’album. Ce bel exercice d’auto-analyse sonne le lecteur par la justesse de son propos.

Peu de bandes dessinées se sont penchées sur ce sujet fort. Pour le prolonger, on pourra citer notamment le bouleversant Les vestiaires de Timothé Le boucher (Mutard parle aussi de ces moments difficiles dans ce lieu clos), mais aussi L’âge dur de Max de Radiguès, Seule à la récré de Ana et Bloz, Super Cool de Tanja Ensch, Chaque jour Dracula de Loïc Clément et Clément Lefèvre, A silent voice de Yoshitoki Oima ou encore Les croques de Léa Mazé.

Souffre-douleur : un album pour engager le débat et la conversation entre les enfants et les adultes sur le thème délicat et encore trop tabou du harcèlement à l’école.

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Le loup https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/le-loup-rochette-casterman/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/le-loup-rochette-casterman/#respond Thu, 16 May 2019 13:54:50 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=61299 Après le bouleversant Ailefroide, Jean-Marc Rochette poursuit son œuvre autour de la montagne avec Le loup, une relation surprenante entre un berger et un canidé dévoreur de troupeaux. Duel au sommet ! Un loup prédateur de moutons Parc régional des Ecrins dans les Alpes. En pleine nuit dans les alpages, une louve et son petit […]

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Après le bouleversant Ailefroide, Jean-Marc Rochette poursuit son œuvre autour de la montagne avec Le loup, une relation surprenante entre un berger et un canidé dévoreur de troupeaux. Duel au sommet !

Un loup prédateur de moutons

Parc régional des Ecrins dans les Alpes. En pleine nuit dans les alpages, une louve et son petit terrorisent et tuent les moutons d’un troupeau. Accompagné par Max son chien, un berger tente de s’interposer. Le mal est fait.

Il a juste le temps de blesser la louve. Se vidant de son sang, elle en meurt.

Un louveteau revanchard

Le berger est dépité. En deux saisons, il a perdu plus de 150 bêtes. Il reste néanmoins le petit louveteau qui va tisser des liens étonnants avec l’homme.

Leur haine se transforme en un jeu du chat et de la souris. Cette attirance/répulsion sera de plus en plus fort au fil de l’année. Ce sera l’homme ou la bête mais il y aura un vainqueur et un mort…

Le loup : duel au sommet

Depuis la lecture du merveilleux Ailefroide (avec Olivier Bocquet), nous étions plus qu’impatients de découvrir le nouvel album de Jean-Marc Rochette. Avec parcimonie, il dévoilait sur les réseaux sociaux, des bribes de ce récit qui nous intriguait.

Habitant le parc protégé des Ecrins dans les Hautes-Alpes, l’auteur de Requiem Blanc (avec Benjamin Legrand) a la montagne chevillé au corps et au cœur. Comme pour son précédent ouvrage – Prix Ouest-France, Quai des bulles 2018 – il arrive à faire ressentir aux lecteurs toute la force de ses chaînes montagneuses. Et c’est un véritable exploit !

« Le berger et le loup, c’est pas fait pour être ensemble »

Loin de l’alpinisme, cette bande dessinée met l’accent sur les relations conflictuelles multi-séculaires entre l’Homme et le loup. A travers son récit captivant, Jean-Marc Rochette parle de pastoralisme, de ce métier qui se meurt, de montagne qui se dépeuple, d’écologie, de protection des espèces sauvages et du dilemme de prélèvements (de tuer) des loups / protection des animaux domestiques.

Le loup est rythmé par les saisons – très importantes en montagne -, par la vie et par la mort. D’ailleurs, ce rythme saisonnier donne un tempo enlevé à l’album.

Aidé aux couleurs par Isabelle Merlet – vraisemblablement la meilleure coloriste de ces dernières années – Jean-Marc Rochette réalise de superbes planches attrayantes.

Son héros est taciturne et sombre, son loup féroce et majestueux. La montagne est belle sous les pinceaux de ce grand auteur du 9e art.

Ce mois de mai est celui de Rochette, puisqu’il publie en plus de cet album, un nouvel opus de Transperceneige avec Matz, intitulé Extinctions aux éditions Casterman.

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Lucien et les mystérieux phénomènes https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/lucien-et-les-mysterieux-phenomenes-horellou-le-lay/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/lucien-et-les-mysterieux-phenomenes-horellou-le-lay/#respond Tue, 14 May 2019 13:32:44 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=61201 Entrer dans une maison hantée et y découvrir un fantôme, voilà les premiers pas de Lucien dans sa nouvelle ville. Delphine Le Lay et Alexis Horellou imaginent le premier volet de la nouvelle saga fantastique Casterman, Lucien et les mystérieux phénomènes. Enchanteur ! Nouvelle ville, nouvelle vie Lucien, ses parents et Violette sa petite sœur […]

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Entrer dans une maison hantée et y découvrir un fantôme, voilà les premiers pas de Lucien dans sa nouvelle ville. Delphine Le Lay et Alexis Horellou imaginent le premier volet de la nouvelle saga fantastique Casterman, Lucien et les mystérieux phénomènes. Enchanteur !

Nouvelle ville, nouvelle vie

Lucien, ses parents et Violette sa petite sœur arrivent dans leur nouvelle maison dans un petit village. Si tout le monde semble heureux de construire une nouvelle vie, le jeune garçon ronchonne. Il sent qu’il ne va pas se plaire ici.

Les deux enfants sont alors envoyés à l’épicerie du coin pour acheter à manger pour le soir. Le propriétaire est bizarre et les enfants du village pas tous accueillants. Lucien avait-il raison ?

Maison hantée

Néanmoins, Lucien est intrigué par l’histoire que lui a raconté l’épicier : le fantôme d’un vieux docteur hanterait son ancien manoir accroché à la falaise.

A l’école, les jumeaux le charrient et lui lancent un défi : entrer dans la maison hantée. Le soir venu, la bande d’enfants est devant la grille du manoir. Seul Lucien entre.  Il est surpris par un créature mystérieuse…

Lucien et les mystérieux phénomènes : très joli album jeunesse

Après Plogoff (Delcourt) et Ralentir (Le Lombard), le duo Le Lay-Horellou se reforme pour imaginer une très jolie série fantastique Lucien et les mystérieux phénomènes. Idéal pour les jeunes lecteurs, ce premier opus les tient en haleine jusqu’à la fin de l’album.

Tous les ingrédients sont réunis pour faire passer un excellent moment de lecture aux plus jeunes : aventure, suspense, rebondissements et fantastique.

La décroissance comme solution ?

Si les valeurs véhiculées dans Lucien et les mystérieux phénomènes sont universelles (amitié, solidarité), le héros est néanmoins en prise avec le rejet des autres (il est nouveau) qui le testent, notamment les jumeaux.

Delphine Le Lay glisse aussi d’autres thématiques contemporaines dans ce premier tome comme la précarité et le chômage symbolisés par le père des jumeaux, ainsi que l’écologie.

Comme avec Ralentir, l’autrice fait transpirer dans ce premier opus de Lucien et les mystérieux phénomènes, les questions environnementales. Sans trop en dévoiler, Lucien se retrouvera en face d’un dilemme incarné par Henri le fantôme, celui de la décroissance. Doit-il révéler son secret ? Doit-on se couper des autres, vivre en quasi autarcie pour être heureux et préserver la planète ? La révolution verte commence-t-elle dans son jardin, dans son panier de courses ?

Une superbe partie graphique

Lucien et les mystérieux phénomènes bénéficie de la superbe partie graphique de Alexis Horellou. Le talentueux dessinateur se met vraiment au service de cette excellente histoire jeunesse.

Il apporte de la poésie au récit par ses animaux cachés çà et là, par la mise en page de ses planches (découpage mais aussi ornements des cadres). Il distille une ambiance mystérieuse notamment dans les décors du manoir ou avec le personnage du fantôme masqué. De plus, parfois, Lucien arbore un costume de Ghostbuster, un très bel hommage à la saga pop de Ivan Reitman.

Que dire des couleurs ? Elles sont originales et très belles. Sa gamme chromatique verte/orange est magnifique. Un bémol néanmoins, pourquoi lorsque les enfants sont contents, lèvent-ils les bras en courant ?

Lucien et les mystérieux phénomènes : un très bon début de saga. A suivre de près !

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Les tableaux de l’ombre https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/les-tableaux-de-lombre-dytar-louvre/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/les-tableaux-de-lombre-dytar-louvre/#respond Tue, 14 May 2019 12:51:27 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=61224 Son Florida nous avait envoûté, sa Vision de Bacchus interpellée, son nouvel album Les tableaux de l’ombre nous charme. Jean Dytar creuse son sillon autour des Arts avec cette belle histoire jeunesse fantastique chez Delcourt. Se perdre dans Le Louvre La classe de Jean visite le Louvre. Alors qu’il est subjugué par la beauté du […]

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Son Florida nous avait envoûté, sa Vision de Bacchus interpellée, son nouvel album Les tableaux de l’ombre nous charme. Jean Dytar creuse son sillon autour des Arts avec cette belle histoire jeunesse fantastique chez Delcourt.

Se perdre dans Le Louvre

La classe de Jean visite le Louvre. Alors qu’il est subjugué par la beauté du tableau de Vermeer, La dentelière, le reste de ses camarades est sorti de la salle. Il se retrouve seul. Il panique et pleure. Il est alors aidé par une guide.

En attendant sa professeure, il fait face à cinq petites toiles représentant les cinq sens réalisés par Anthonie Palamedès.

« Personne ne nous regarde »

Pour une fois qu’un visiteur s’arrête devant eux, les cinq personnages sont surpris. D’habitude personne ne fait attention à eux. Ils sont les grands oubliés du Louvre.

Face aux stars que sont La Joconde, Les noces de Cana, La liberté guidant le peuple, La Vénus de Milo, la Victoire de Samothrace ou L’enlèvement des Sabines, ils ne font pas le poids.

Vingt ans plus tard, tous les tableaux de l’ombre se révoltent, ils veulent plus de reconnaissance, être beaucoup plus vus…

Le Louvre comme décor de bande dessinée

Les éditions Futuropolis (Les gardiens du Louvre de Taniguchi, L’île Louvre de Chavouet) mais aussi les éditions Delcourt (Gaspard et la malédiction du prince-fantôme, Les souris du Louvre) se sont rapprochées du Musée du Louvre pour proposer des collections autour de l’établissement culturel.

Après ces nombreux ouvrages, c’est Jean Dytar qui imagine un scénario dans le célèbre musée parisien. Comme pour ses prédécesseurs, il anime les tableaux par leurs personnages et invente ainsi une belle aventure fantastique pour les plus jeunes.

Les tableaux de l’ombre : chercher la reconnaissance

Avec ses 135 000 m² et ses milliers d’œuvres exposées, le Louvre est un labyrinthe de richesses. Comme le souligne le guide Fantrippers Paris, pour toutes les voir, il faudrait 96 heures et ne passer que 10 secondes devant chacune d’elles. Il y a donc des oubliés, des toiles peu connues, moins visibles, souvent seules et qui dépriment.

C’est le cœur de Les tableaux de l’ombre ! Jean Dytar imagine ainsi que ces grands oubliés vont se révolter contre les stars du musée. Il pose ainsi des questions sur le rejet, la célébrité mais aussi sur nos goûts souvent uniformes, nos manques d’audace. On veut voir les peintures célèbres et on délaisse les autres.

A travers Guido, l’auteur du Sourire des marionnettes explore les tréfonds de l’âme, la dépression et la mise au ban forcée. La révolte gronde. Pourtant la force des musées, ce sont les stars qui attirent le public mais aussi les petits maîtres qui forcent le respect et l’admiration. Des petits bijoux se retrouvent souvent sous notre nez, sans que l’on s’en aperçoive.

Très belle fable fantastique

Les tableaux de l’ombre est construite comme une très belle fable fantastique, pleine de fantaisie et d’humour. Les dialogues sont contemporains et les situations souvent cocasses (dans les tableaux mais aussi en dehors comme lors des réceptions où les petits ne sont pas invités, mais aussi la Joconde qui est cul-de-jatte…).

Ce récit tendre et juste bénéficie de tout le talent de dessinateur de Jean Dytar. C’est simple, c’est lisible mais c’est très beau. Ses techniques et son style graphique ont changé par rapport à ses albums précédents. L’auteur né en 1980 et ayant suivi des études à la faculté d’arts plastiques de Saint-Etienne joue aussi avec les cadres et le découpage. Les personnages se déplacent ainsi dans leur toile mais aussi dans les vignettes. Les surprises se multiplient pour le plus grand bonheur des plus petits.

Les tableaux de l’ombre : prendre le temps de regarder les petits maîtres, les petits tableaux qui sont autant de charme que les dessins de Jean Dytar.

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Et nos lendemains seront radieux https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/et-nos-lendemains-seront-radieux-bourhis-gallimard/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/et-nos-lendemains-seront-radieux-bourhis-gallimard/#respond Mon, 13 May 2019 12:37:17 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=61156 Et si pour sauver la Terre, il fallait radicaliser le mouvement écolo ? Et si les politiques étaient contraints de laisser la place à une dictature verte ? Hervé Bourhis imagine Et nos lendemains seront radieux, une huis-clos coup de poing pour une écologie totale ! Brégançon, fort imprenable ? Fort de Brégançon de nos […]

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Et si pour sauver la Terre, il fallait radicaliser le mouvement écolo ? Et si les politiques étaient contraints de laisser la place à une dictature verte ? Hervé Bourhis imagine Et nos lendemains seront radieux, une huis-clos coup de poing pour une écologie totale !

Brégançon, fort imprenable ?

Fort de Brégançon de nos jours. Françoise Métivier, présidente de la République française, vient tout juste de quitter la Chancelière allemande après un petit sommet estival dans ce fort, résidence des présidents.

Elle est fatiguée. Elle est entourée de Sylvain Duval, son conseiller spécial et de Marion, sœur de ce dernier, et spécialiste des questions autour de l’écologie.

La présidente prise en otage

Alors que l’orage menace, la présidente donne congé à son aide de camp et son service d’ordre, elle préfère rester avec ses deux convives.

D’un seul coup, il n’y a ni tonalité pour le téléphone, ni internet et l’électricité est coupée. Le ton monte entre la cheffe d’état, son conseiller et sa sœur. Ces derniers souhaiteraient des annonces fortes en ce qui concerne la politique environnementale de la France. C’est décidé, elle le fera à la rentrée. Trop loin pour ses deux interlocuteurs.

Plus tard, Sylvain et Marion entrent dans la chambre de Françoise Métivier, la menacent et lui intiment l’ordre de prononcer une allocution. Ils viennent de la prendre en otage. L’opération Abelha pour une écologie totale est sur les rails…

Et nos lendemains seront radieux : écologie totalitaire

Comixtrip aime Hervé Bourhis (Le petit livre de la 5e République, Le petit livre de la bande dessinée, Naguère les étoiles ou Team Méluche) et nous l’adorons encore plus avec Et nos lendemains seront radieux.  Quelle album ! Quel grand auteur !

Construit en huis-clos à suspense, son récit interroge les lecteurs sur leur rapport à l’écologie et l’environnement. En choisissant de créer un polar-thriller où l’écologie est totale, Hervé Bourhis les bouscule. S’il n’oublie pas l’humour, la fantaisie et le burlesque (sa marque de fabrique), il prend le parti de la tension et de la radicalité dans les propos de Sylvain et Marion. Et si le seul moyen de sauver la Terre c’était l’écologie radicale ? Une dictature verte ?

Un plan préparé depuis longtemps

Depuis leur plus tendre enfance, Marion et Sylvain sont conditionnés pour mettre en œuvre leur plan machiavélique. Ils sont élevés dans cette démarche singulière par des femmes et des hommes radicaux verts dont le chef ressemble au frère de Daniel Cohen-Bendit. Sans trop dévoiler leur stratégie, les scènes actuelles du huis-clos sont couplées avec celles dans le passé des protagonistes.

Hervé Bourhis avait auparavant déjà traité de ce thématique environnementale dans La main verte (Futuropolis) autour de la pénurie d’essence, de la volonté de certains de changer leurs modes de déplacements et de consommation. D’ailleurs, il y a presque dix ans qu’il a pensé à l’intrigue de son nouvel album. Un sujet qui lui tient donc à cœur.

Pourtant dans Et nos lendemains seront radieux, on en est loin. Loin de cette volonté de changement de la part des politiques, plus prompts à se tourner vers les grosses entreprises du CAC40 que des agriculteurs bio. Proche des idées macronistes, Françoise Métivier semble elle aussi déconnectée de la réalité. Elle a un discours fort sur le sujet mais les actes ne suivent pas.

UN dessin redoutablement efficace

Pour ce très bel hymne à l’écologie – même s’il peut paraître violent dans sa mise en place – Hervé Bourhis réalise des planches dans un style simple mais redoutablement efficace.

Les décors sont a minima et les aplats de couleurs fréquents pour les fonds de cases afin de laisser la part belle aux relations entre les trois personnages et le propos radical du frère et de la sœur.

Et nos lendemains seront radieux : un album politique, une ode à la nature pour nous faire réfléchir. Par les temps qui courent, cela n’est pas vain.

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Le bateau de Thésée 1 https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/le-bateau-de-thesee-igashimoto-vega/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/le-bateau-de-thesee-igashimoto-vega/#respond Sat, 11 May 2019 09:01:47 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=61140 Dans un petit village japonais, 21 personnes meurent empoisonnées. Le père de Shin est accusé et incarcéré. Le jeune homme décide d’aller lui rendre visite et se trouve projeté dans le passé. Toshiya Higashimoto imagine ce voyage dans le passé dans Le bateau de Thésée, un thriller temporel original édité par Vega. Être heureux, pas […]

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Dans un petit village japonais, 21 personnes meurent empoisonnées. Le père de Shin est accusé et incarcéré. Le jeune homme décide d’aller lui rendre visite et se trouve projeté dans le passé. Toshiya Higashimoto imagine ce voyage dans le passé dans Le bateau de Thésée, un thriller temporel original édité par Vega.

Être heureux, pas si simple

Shin a tout pour être heureux : il vit avec Yuki qui attend leur premier bébé. Seulement, le passé de son père est un lourd fardeau pour ses frêles épaules. Il n’a jamais pu vivre avec légèreté et insouciance son enfance. Pire, il n’a jamais pu réaliser son rêve de devenir professeur.

Sa mère aussi d’ailleurs. Depuis l’incarcération de son mari, elle a du tout sacrifier et déménager souvent avec ses enfants afin de les protéger.

Événements tragiques en chaîne

1989. Sano, le père de Shin, est alors policier. Plusieurs événements tragiques secouent la petite ville de Oto Usu. En janvier, une fillette de 5 ans meure après avoir absorbé de l’herbicide. En mars, la sœur aînée de la défunte, disparait. En avril, un habitant meurt mystérieusement. Le 24 juin, dans une école primaire, 21 personnes – élèves et professeurs – meurent empoisonnées.

Si Sano est convaincu d’un meurtrier en série et commence une enquête, rapidement, il est soupçonné, reconnu coupable et incarcéré. Il est même condamné à mort.

Vivre dans l’ombre d’un criminel

Le jour de la naissance de son enfant, devant être un jour heureux pour lui, Yuki meurt en couche. Shin est dévasté. Sa belle-famille le rejette comme elle l’a toujours fait depuis qu’ils se sont rencontrés. Comment leur fille a-t-elle pu tombé amoureuse du fils d’un meurtrier ? Tout ce temps, il l’a vécu dans l’ombre d’un criminel.

Afin d’apaiser son esprit, le jeune homme décide d’aller rendre visite à Sano. En arrivant à Oto Usu, un épais brouillard l’entoure. Il est alors projeté le jour de la mort de la première victime…

Le bateau de Thésée : excellent thriller psychologique et temporel

Toshiya Higashimoto frappe fort ! Dès ce premier volume, il installe une ambiance pesante dans son excellent thriller. Dans les pas de la merveilleuse série Erased de Kei Sanbe, Le bateau de Thésée accroche le lecteur et le tient en haleine tout au long de ce premier opus.

Partant du fameux mythe antique de Thésée : « Pour perpétuer le souvenir de Thésée, leur héros, les Athéniens ont entretenu son bateau… Le « bateau de Thésée » est le nom donné à un paradoxe. En remplaçant petit à petit ses planches usées par des neuves, jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus une seule d’origine, peut-on dire que ce navire est resté le même ? D’où, ce paradoxe… ». Le changement de matière implique-t-il un changement d’identité ? Le mangaka met ainsi en lumière la résilience d’un fils vis-à-vis de son meurtrier de père.

Filiation et destinée

A la naissance de son fils, Shin a eu besoin de retrouver ses racines. Il ne veut en aucun cas faire subir à son bébé, la violence psychologique imposée par le passé de son père, qui l’a fait souffrir pendant son enfance et son adolescence.

Ce parallèle Shin/Sano et Shin/son enfant place alors la filiation et les relations père/fils au cœur du Bateau de Thésée. Shin veut aussi contrer et mettre à mal sa destinée, ce déterminisme qui lui colle à la peau alors qu’il n’a rien fait. Difficile de vivre avec le poids des morts et un père criminel.

Suspense et science-fiction

Le bateau de Thésée comme son illustre prédécesseur Erased est construit comme une fable de science-fiction. Peut-on réparer le passé ? Toshiya Higashimoto distille des éléments tout au long de ce premier volume afin que Shin puisse enquêter et faire lui-même la lumière sur ce dossier classé. C’est ainsi qu’il est projeté dans le passé.

Le suspense est à son combe dans ce thriller temporel glaçant ! Le trait du mangaka est d’une grande justesse, simple et précis. Son dessin est d’une belle expressivité et fin.

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La Sémantique c’est élastique, apprenez et frimez ! https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/la-semantique-cest-elastique-james/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/la-semantique-cest-elastique-james/#respond Thu, 09 May 2019 11:38:35 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=61098 Aujourd’hui dans un album, La Sémantique c’est élastique est à l’origine une rubrique emblématique de La Revue Dessinée. Dans ces courtes planches, l’auteur décortique l’évolution du vocabulaire au fil du temps ainsi que le véritable sens de certains mots mal employés de nos jours, tout cela avec humour. La Sémantique c’est élastique, les mots et […]

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Aujourd’hui dans un album, La Sémantique c’est élastique est à l’origine une rubrique emblématique de La Revue Dessinée. Dans ces courtes planches, l’auteur décortique l’évolution du vocabulaire au fil du temps ainsi que le véritable sens de certains mots mal employés de nos jours, tout cela avec humour.

La Sémantique c’est élastique, les mots et rien que les mots

Notre langue est, certes, complexe, mais redoutablement efficace. Pleine de subtilités, avec près de 100.000 mots répertoriés dans Le Trésor de la langue française, le français correctement utilisé est une véritable arme d’éducation massive. Cependant, même certaines personnes pensant en maîtriser totalement ces rouages se trompent. Doit-on dire e-mail ou bien courriel ? Un salop est-il un salaud ? A midi l’on déjeune, l’on dîne ou est-ce la même chose ?

La sémantique, c’est fantastique

Cet album regorge d’encore bien d’autres vérités sur notre langage. La notion de barbarie, celle de cruciverbiste ou encore de verbicruciste, autant de termes expliqués d’une manière magistrale. Il est également question de réparer des injustices, à l’instar de la règle du masculin emportant sur le féminin, alors que ce ne fut pas toujours le cas. Bien avant que l’Académie française valide en 2019 le mot « auteure » comme étant en tête dans les recensements, les femmes étaient bien appelés « autrice » depuis les XVIe et XVIIe siècles, dérivé du mot latin « auctrix ».

Un auteur élastique

Toutes ces subtilités et vérités viennent de l’auteur, James. Grand passionné de bande dessinée depuis l’enfance, créateur du blog Ottoprod, James ne s’approche du 9e art activement qu’à l’âge de trente ans. Auteur de nombreux albums, il crée la rubrique sur la sémantique dans La Revue Dessinée en 2013. Son amour du rock le pousse à écrire Backstage, avant de se lancer, en 2012, dans le lancement d’une revue numérique hebdomadaire Mauvais esprit. En 2015, Hipster than ever revient sur un épisode de la vie de l’auteur, à mettre entre toutes les mains. Découvrez La Sémantique c’est élastique aux éditions Delcourt dans le collection Pataquès, dirigée par James.

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Haïkus de Sibérie https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/haikus-de-siberie-vile-itagaki/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/haikus-de-siberie-vile-itagaki/#respond Wed, 08 May 2019 09:57:26 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=61109 La Lituanie n’est pas connue pour être une grande terre de BD, c’est pourquoi la publication de l’album Haïkus de Sibérie (aux éditions Sarbacane) a de quoi intriguer. En effet, cette bande dessinée est scénarisée par Jurga Vile et dessinée par Lina Itagaki, deux jeunes femmes originaires de ce petit pays d’Europe Orientale. Des destins […]

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La Lituanie n’est pas connue pour être une grande terre de BD, c’est pourquoi la publication de l’album Haïkus de Sibérie (aux éditions Sarbacane) a de quoi intriguer. En effet, cette bande dessinée est scénarisée par Jurga Vile et dessinée par Lina Itagaki, deux jeunes femmes originaires de ce petit pays d’Europe Orientale.

Des destins ballottés par l’Histoire

Leur livre raconte l’histoire vraie d’Algis, père de la scénariste. Enfant, ce dernier est arraché à sa Lituanie natale et avec sa famille, il est déporté dans la lointaine et lugubre Sibérie, terre du Goulag sous l’infâme Staline. Nous sommes en 1941 et pour le jeune garçon, c’est le début d’une période très difficile, marquée par la faim, le froid, l’absence de liberté, la cruauté des gardiens…

Haïkus de Sibérie : Un récit plein de poésie

Malgré cet environnement très hostile, Jurga Vile a pris le parti d’aborder cette Sibérie sous un jour espiègle, poétique, presque onirique car tout est vu à hauteur d’enfant. Cela donne une vision candide et décalée de cet enfer, avec certains personnages attendrissants comme la Tante Pétronelle ou le jars Martynas. On pense parfois au Film La Vie est belle de Roberto Benigni. Tout le contraire d’une BD comme Little Tulip (Le Lombard, 2014), chef d’œuvre de François Boucq et Jérôme Charyn qui nous montraient crûment toute l’horreur des camps staliniens.

Un trait au service du récit

Le dessin de Lina Itagaki renforce cet aspect naïf et permet de vivre quelques moments insolites comme cette rencontre avec des soldats japonais emprisonnés au milieu de la taïga ou la tempête de neige engloutissant les personnages. Mais attention, la tragédie, le malheur ou même la mort ne sont jamais loin au milieu de ce cauchemar terrestre.

Au final, une bonne surprise et deux autrices à découvrir pour un roman graphique qui nous fait rire, nous surprend et nous émeut.

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Le temps des intégrales 2 : Templiers, Face de lune, Slam Dunk, Rahan et Valentin https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/integrales-templiers-face-de-lune-slam-dunk-rahan-et-valentin/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/integrales-templiers-face-de-lune-slam-dunk-rahan-et-valentin/#respond Sun, 05 May 2019 16:25:47 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=61025 Pour ce nouvel article, Le temps des intégrales 2, Comixtrip vous propose de plonger dans les univers de Templiers de Mechner, Pham et Puvilland, Face de lune de Jodorowsky et Boucq, Slam Dunk de Inoue, Rahan de Chéret et Lécureux, ainsi que Valentin le vagabond de Goscinny et Tabary. Rééditions à gogo pour amateur de […]

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Pour ce nouvel article, Le temps des intégrales 2, Comixtrip vous propose de plonger dans les univers de Templiers de Mechner, Pham et Puvilland, Face de lune de Jodorowsky et Boucq, Slam Dunk de Inoue, Rahan de Chéret et Lécureux, ainsi que Valentin le vagabond de Goscinny et Tabary. Rééditions à gogo pour amateur de grandes histoires !

Templiers de Jordan Mechner, LeUyen Pham et Alex Puvilland (Akileos)

Quelle idée de génie les éditions Akileos ont eu de rééditer la formidable série Templiers ! Cette excellente bande dessinée revient sur la chute de l’ordre des Templiers, condamné par le roi de France et où l’on se prend à suivre les pérégrinations pour retrouver leur fabuleux trésor !

Alors qu’ils rentrent de leur dernière croisade qui fut un fiasco à Saint-Jean d’Acre en 1291, les Templiers doivent faire face à une nouvelle épreuve : le roi de France, Philippe Le Bel, a décidé de se débarrasser de leur ordre en emprisonnant tous ses membres.

Parmi les fuyards, il y a Martin de Troyes qui décide de faire triompher le vérité. Mais les hommes de Guillaume de Nogaret sont prêts à retrouver tous les Templiers. Il doit alors vivre dans l’ombre, tenter de rallier les rescapés, retrouver le trésor et prendre la mer pour l’Angleterre…

Si les éléments forts de Templiers sont réels et se sont bien déroulés, Jordan Mechner y glisse de la fiction pour accrocher le lecteur. Cette très belle fresque historique est menée tambour-battant. Il y a des complots de cour, de l’aventure, de l’action, des combats, de l’amour et du suspense. Les 470 pages filent à toute allure et le lecteur ne les voit pas passer. C’est super plaisant et addictif ! Il y a du mysticisme, du sacré et de la religion dans Templiers. Comme il y a des mystères et des fantasmes autour de cet ordre, il est facile pour le scénariste d’en jouer.

L’histoire est à ce titre, redoutablement efficace. Il faut souligner que Jordan Mechner connait les ficelles pour tenir en haleine son lectorat, il fut auteur de jeux vidéo et notamment du célèbre Prince of Persia. D’ailleurs, le rythme et l’action ressemblent à cet univers du jeu vidéo.

Templiers bénéficie d’une belle partie graphique de LeUyen Pham et de Alex Puvilland. Le duo américano-français réalise des planches au trait anguleux très lisible et super efficace. Il y a de l’énergie dans leurs pages !

Templiers : pour les amateurs d’Histoire, d’action et d’aventure ! Super !!!

Face de lune, de Alejandro Jodorowsky et François Boucq (Le Lombard)

Quand deux illustres auteurs du 9e Art se rencontrent, cela donne une merveilleuse série ! Face de lune est le produit d’une alchimie forte entre Alejandro Jodorowsky et François Boucq. En 1992 sortait dans toutes les libraires, le premier volume de ce conte d’anticipation intelligent, subtil et très beau. Dystopie glaçante, elle mettait en scène un jeune garçon sans visage. Aujourd’hui, les 5 tomes sont regroupés dans deux volumes très soignés par les éditions Le Lombard.

Damnuestra. Cette île est gouvernée par Oscar, le Kondukator, vrai dictateur. Fréquemment, les lieux sont menacés par d’immenses tsunamis. Alors que les sirènes se font entendre partout, les habitants doivent aller s’abriter. Le tyran et sa femme sont bien à l’abri dans leur palais en forme d’œuf qui se referme pour laisser passer les grandes vagues.

Plus tard, en grand sur les téléviseurs, se tient devant les caméras, un homme sans visage. Il est stoïque face à la menace. Mieux, il y résiste. Les soldats tentent alors de le retrouver. Face de lune est alors aidé par Isha

Alors déjà connus, Jodorowsky (L’incal) et Boucq (Jérôme Moucherot), les deux auteurs décident de travailler ensemble sur une série de science-fiction originale et intelligente. Comme il est expliqué dans la préface, le scénariste construisait son récit au fur et à mesure, à la manière des feuilletons dans les journaux du XIXe et XXe siècles.

Le peuple qui se rebelle, l’écologie, le mysticisme et la candeur sont au cœur de ces deux sublimes volumes de Face de lune. Si l’histoire est prenante, que dire du dessin de Boucq ? Il est phénoménal ! Le Grand Prix de la ville d’Angoulême 1998 est alors au zénith de son art. Les décors et les éléments naturels qui se déchaînent sont fantastiques. Il y a de l’Hokusai chez Boucq, du lyrisme dans ses planches ! Le découpage est impeccable et le visage de Face de lune hypnotique. C’est beau et c’est grandiose !

Face de lune : une réédition à absolument posséder dans sa bédéthèque !

Slam Dunk de Takehiko Inoue (Kana)

Avec ses 31 volumes, Slam Dunk s’est imposé comme une très grande série au Japon et en France. Entre 1990 et 1996, les lecteurs vont devenir accros à cet univers autour du basket de Takehiko Inoue. Les éditions Kana proposent la réédition de cet excellent shônen.

Petite frappe et voyou, Hanamichi Sakuragi tente de se refaire une virginité et de rentrer dans le rang. Ce revirement intervient avec son entrée au lycée de Shohoku. Il faut dire qu’il est le roi du râteau ! Pas moins de 50 filles lui ont adressé un fin de non-recevoir. Mais il se rapproche de Haruko Akagi dont il tombe amoureux.

Pour plaire à la belle et attirer son regard, il décide de devenir membre de l’équipe de basket de l’établissement. Un événement va alors bouleverser cette entrée : il est défié en un contre un par Takenori, dont la sœur n’est autre que Haruko. Mais cela il ne le sait pas. Il gagne son duel.

De son côté, la lycéenne est amoureuse de Rukawa. Les deux adolescents vont devoir composer avec cela puisqu’ils sont dans la même équipe…

Très belle comédie romantique, Slam Dunk repose sur un récit décalé de Takehiko Inoue. Avec Captain Tsubasa, cette série est pionnière et fait référence comme manga de sport ! Au début des années 1990, le basket est alors en plein essor dans le monde et commence tout juste à pointer son nez au Japon. Cette œuvre ouvrira la porte à de nombreux mangas sur les disciplines sportives, des récits dont les Japonais sont friands. L’ancien assistant du maître Tsukaso Hojo déroule une intrigue autour de ce sport roi, pile dans les année de la Dream team de Jordan, Johnson, Barkley et Pippen. La folie est aussi de mise dans Slam Dunk, l’humour emporte tout sur son passage. Les romances vont et viennent. Les planches sont sublimes notamment dans les moments de luttes sportives.

Slam Dunk : une réédition pour (re)découvrir ce monument du manga de sport !

Rahan, de Roger Lécureux et André Chéret (Soleil)

Pour les 50 ans de Rahan, les éditions Soleil proposent la réédition sous forme d’intégrale de l’ensemble des histoires du fils des âges farouches. Vingt-six tomes seront donc dévoilés dans les mois qui viennent.

C’est en 1969 que nait Rahan dans le journal Pif. Signée Roger Lécureux et André Chéret, la série va rapidement devenir l’une des pièces maîtresse de la revue. Cet univers préhistorique plait d’entrée aux lecteurs, jeunes et adolescents. Il faut dire que tous les ingrédients sont réunis pour qu’ils passent d’excellents moments : l’action, l’aventure, les combats, l’amitié, l’amour et même l’écologie, un thème précurseur au début des années 70. Tolérance et humanisme sont aussi de très belles valeurs véhiculées dans cette série.

Dans le premier volume de cette intégrale, le lecteur découvre la naissance et les origines de Rahan par l’épisode L’enfance de Rahan. Postérieure (en 1974) aux premières histoires, elle met en scène la mort des parents biologiques du fils de âges farouches, de son adoption par Crao et de sa vengeance contre les Goraks. L’on apprend même l’origine de son prénom…

Rahan est une série fétiche et porte-bonheur chez Soleil. C’est en rachetant les droits et en continuant de publier les albums que Mourad Boudjellal commença son aventure éditoriale.

On oublie souvent de dire tout le bien du travail d’André Chéret. C’est un immense dessinateur, un auteur majeur du 9e art ! De nombreux auteurs ont tenté de le copier, d’autres ont été influencé par son œuvre mais personne n’a jamais atteint son niveau graphique. Souplesse du trait, mise en scène impeccable, découpage au cordeau et superbes couleurs par Chantal sa femme : tout est magnifique chez Chéret !

Rahan : un début d’intégrale comme on aimerait en voir plus souvent. Style et intérêt d’une série classique et intemporelle !

Valentin le vagabond, de René Goscinny et Jean Tabary (Imav)

Le 14 février, jour de la Saint-Valentin, les éditions Imav dévoilaient le deuxième opus de Valentin. Logique ! Le vagabond fleur-bleue de Goscinny et Tabary pouvait enfin connaître une intégrale de qualité.

Au milieu de son œuvre singulière – Lucky Luke, Astérix ou Le petit Nicolas – René Goscinny proposait Valentin le vagabond, une série vraiment à part, une parenthèse enchantée dans un monde de brut. Il faut souligner que dans la même période (en 1962), le duo d’auteurs débutaient aussi Les aventures du calife Haroun el Poussah qui prendront le nom de Iznogoud plus tard. Loin des palais des Mille et une nuits, Valentin est un « homme fin, cultivé, un peu poète, aime beaucoup de choses : la liberté, les fleurs, les animaux, et même les gens… » comme le présente le scénariste.

La nature, l’écologie, la poésie, la ville et les campagnes sont donc au cœur de cette série. Le gentil garçon naïf connait plusieurs histoires après l’arrêt de scénarisation par Goscinny après seulement 4 récits. L’homme devient rédacteur en chef de Pilote et n’a pas assez de temps pour tout gérer. Tabary continue alors seul, rejoint par Fred (Philémon) pour deux épisodes, puis par son frère Peter Glay pour terminer L’alchimiste, le récit Fred-Tabary. Ce dernier est d’ailleurs visible dans ce deuxième volume d’intégrale.

Valentin le vagabond : une série qui mérite que l’on s’y arrête ! Un petit bijou de poésie !

Article écrit avec Damien Duarte et Mikey Martin

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