Comixtrip https://www.comixtrip.fr La bande dessinée du monde, le monde de la bande dessinée Mon, 19 Aug 2019 16:50:07 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.0.2 Solo https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/solo-rochier-ory-casterman/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/solo-rochier-ory-casterman/#respond Mon, 19 Aug 2019 16:50:07 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=63504 S’acheter une trompette pour tenter d’oublier un monde en pleurs après les attentats de novembre 2015, telle était la nouvelle envie de Gilles Rochier. Il raconte ces moments délicats, entre difficulté à communiquer, impuissance face à la tragédie et amitié dans Solo, un album surprenant et musical. Trompette pour affronter le mal « C’était un vendredi […]

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S’acheter une trompette pour tenter d’oublier un monde en pleurs après les attentats de novembre 2015, telle était la nouvelle envie de Gilles Rochier. Il raconte ces moments délicats, entre difficulté à communiquer, impuissance face à la tragédie et amitié dans Solo, un album surprenant et musical.

Trompette pour affronter le mal

« C’était un vendredi soir. Avec Kader, on regardait le match de foot à la télé. A la première explosion, j’ai trouvé ça bizarre… A la deuxième, j’ai compris qu’il se passait quelque chose… Et après, je suis allé sur twitter. »

Quelques jours après les attentats de novembre 2018 (Stade de France, Paris 10e et 11e, Bataclan), Gilles décide de s’acheter une trompette. Une envie ancienne ? Une nouvelle lubie ? Une arme culturelle pour affronter le mal ? On n’en sait rien. Il ne communique plus qu’avec cet instrument, à grand coups de POUETTE !

Ses voisins devront bien s’en accommoder. Il s’en moque, il veut jouer jusqu’à l’épuisement. Dans son bureau ou sur le toit, il souffle dans sa trompette.

Kader, l’ami fidèle

Alors que les gens pleurent les morts, Gilles continuer de jouer. On ne peut pas dire qu’il interprète de belles mélodies, non, il aligne les fausses notes. Catharsis ou envie de crier au monde sa colère ?

Le seul qui tente de le comprendre, c’est Kader, son fidèle ami, son pote de quartier depuis des années, celui déjà aperçu dans La petite couronne. Kader sent qu’avec sa trompette, Gilles va attirer les ennuis, que les gens vont faire des amalgames. Peu importe, Gilles continue.

« Tu sais ce qui me fait encore plus chier, c’est que j’ai l’impression… enfin, qu’on essaye de me faire comprendre que j’ai pas le droit d’être triste… pas le droit de me sentir en deuil, tu vois. Tout ça parce que je suis musulman !! Alors, j’ai le droit de payer mes impôts, des amendes, chanter la Marseillaise au stade, visiter le Sacré-cœur mais j’ai  pas le droit d’être en deuil. Pff, ça me saoule. Bande de nazes… pays du siècle des Lumière… mon cul… ça fait longtemps que vous n’avez plus la lumière. »

Faire un solo pour cracher sa colère

Il sait se faire entendre Gilles Rochier ! S’il n’a pas eu de trompette pour délivrer ses messages dans ses albums précédents (Ta mère la pute, La cicatrice, Dernier étage), il a eu besoin de cet instrument pour raconter la colère – la sienne et celle des Français – une douleur imprescriptible, celle que l’on ne peut décrire que par la musique, par la culture.

Solo de trompette, solo comme être seul, Gilles Rochier raconte l’indicible, et ce toujours avec cette force d’observation de ses contemporains. Il n’a besoin que de quelques pages, quelques saynètes pour nous envoyer en pleine figure le mal-être de ces personnes que l’on ne veut pas voir.

Impuissant face à la barbarie

Solo, c’est aussi refuser d’être stigmatisé, refuser de vivre dans la peur, refuser le déterminisme social, refuser la fatalité ou encore refuser de laisser gagner les barbares. Les notes, même inaudibles, c’est notre force à nous, les Français, la culture pour combattre l’obscurantisme. La cacophonie après les attentats et les gens hagards, ils se mêlent à la cacophonie de sa trompette.

Avec de la pudeur et une infinie tendresse, Gilles Rochier nous dit de se serrer les coudes, de ne pas avoir peur de la montée de nationalismes, de la haine des bas du front de FN.

Pour cela, il peut compter sur Kader, son ami de toujours et son confident, le seul à le comprendre. Cette mélodie disgracieuse de son solo de trompette, il permet aussi de mettre en lumière toute la beauté de l’amitié. Lui, l’athée et Kader, le musulman, à qui l’on vole le deuil.

Le cuivre comme couleur

Solo bénéficie d’une très belle partie graphique. Gilles Rochier se raconte par un trait vif et jeté. Des personnages à tête ronde côtoient des hachures pour les ombres et les masses. Et puis, il y a le cuivre et ses deux teintes…

Comme nous l’expliquait Philippe Ory dans notre entretien avec lui : « Lorsque Gilles en a parlé avec Casterman, ils ont décidé de sortir l’album en bichromie : un noir et un pantone cuivré. Ils ont aussi ajouté une autre contrainte : pantone cuivré à 90 et 30 % de sa valeur. J’avais donc ces deux teintes de cuivre plus le noir pour coloriser l’album. C’était délicat mais passionnant à faire. C’était très simple mais pas toujours évident parce qu’il y avait des cases plus complexes. »

Et ce que l’on peut dire, c’est que les couleurs de Philippe Ory sont magnifiques ! Il faut regarder de près les vêtements de protagonistes ou les barres d’immeubles pour découvrir de superbes reflets cuivrés.

Solo : c’est beau, c’est simple, c’est humain et c’est tonitruant !

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Mort et déterré https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/mort-et-deterre-colpron-boisvert-dupuis/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/mort-et-deterre-colpron-boisvert-dupuis/#respond Mon, 19 Aug 2019 16:32:18 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=63506 Adolescent de 13 ans, Yann est poignardé par un dealer. Sa famille le pleure mais lui n’a qu’une chose en tête : revenir d’outre-tombe. Jocelyn Boisvert et Pascal Colpron dévoilent le premier volet de Mort et déterré, une très jolie série jeunesse éditée par Dupuis. Attention zombie ! Une vie paisible Yan, 13 ans, est […]

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Adolescent de 13 ans, Yann est poignardé par un dealer. Sa famille le pleure mais lui n’a qu’une chose en tête : revenir d’outre-tombe. Jocelyn Boisvert et Pascal Colpron dévoilent le premier volet de Mort et déterré, une très jolie série jeunesse éditée par Dupuis. Attention zombie !

Une vie paisible

Yan, 13 ans, est un ado sans histoire. Il vit dans un petit pavillon de banlieue avec ses parents, son frère Nathan, sa sœur Mara et Croquemitaine son chat. En plus, sa maman attend un heureux événement.

Si sa famille l’adore, Yan est aussi apprécié au collège. Avec Nico, son meilleur ami, ils ont pour projet de réaliser un film d’horreur. Les plus belles filles ne sont pas d’accord, mais Alice, la gothique, est prête à tenter l’aventure.

Yan a donc une vie des plus paisibles…

S’interposer et mourir

Mara passe dans sa classe. Bonne nouvelle : Yanika, sa petite sœur vient de naître. Double jour de bonheur pusique que c’est son anniversaire et que sa petite sœur vient de poindre le bout de son nez. Il a hâte d’aller à la maternité.

Sur le chemin de la maison, en passant par le parc, Yan entend des cris. Un dealer s’en prend à un garçon. Il tente de s’interposer et reçoit un coup de couteau dans l’abdomen. Malgré le bouche-à-bouche d’Alice, il meurt.

Bouger pour revivre

Tout le monde est là pour les funérailles de Yan. S’il est mort et enterré, il semble conscient. Et si son esprit était toujours sur terre ?

Après avoir beaucoup réfléchi dans sa tombe pendant un an, il découvre qu’il peut bouger ! Il commence alors à jouer de la trompette, celle que Nathan avait posé sur son torse avant l’ensevelissement. Nico, passant par là, entend les notes de musique.

« – Yan ! C’est toi qui joue du clairon ?

– Nico ! Nico ! C’est toi ?

– Yan, t’es là ? Tu me réponds ! C’est un miracle ! »

A la nuit tombée, Nico se rend dans le cimetière avec une pelle. Sa mission : déterrer son ami ! Il est alors surpris par un policier…

Mort et déterré : zombie or not zombie, that is the question

Mort et déterré, c’est fun, drôle et ça fait peur ! Cette série, idéale pour les plus jeunes, est un petit bijou d’humour noir et une très jolie ode à la vie.

Jocelyn Boisvert adapte lui-même son roman éponyme. Pour ajouter du suspense et de l’aventure, l’auteur préfère l’assassinat dans la bande dessinée plutôt que le renversement par un camion pour tuer son héros.

Pour accentuer le chagrin et la tension dans son récit, il fait de Yan, un garçon sans problème, un ado que tout le monde adore. Cet arrachement soudain et illogique, ainsi que son geste héroïque qui provoque sa mort – à l’image du film Ghost – apportent tout de suite de l’empathie pour lui.

Le désarroi de ses proches dans les premières pages laisse la place ensuite à une aventure sympathique et drôle. En décomposition après un an sous terre, Yan doit se cacher de tous, ce qui apporte des situations cocasses. Il y a aussi des scènes touchantes dans l’album, lorsqu’il rêve de sa vie qu’il n’aura pas ou lorsqu’il revient chez lui.

Les lecteurs pourront aussi voir le très bel hommage de Jocelyn Boisvert au Dormeur du val d’Arthur Rimbaud dans la première planche. Yan semble aussi paisible que le soldat du poème. Il est allongé dans l’herbe avec des fleurs autour de lui et ses deux mains sont croisées sur son ventre. Comme le Dormeur, il a un trou qui laisse couler du sang sur ses vêtements.

Yan n’est pas un sac d’os

Les pages de Spirou ont longtemps accueilli Pierre Tombal, la série de Yann et Hardy, dans un registre similaire et le magazine peut être fier de Mort et déterré !

Malgré un corps en décomposition, Yan n’est pas un sac d’os ! Pascal Colpron en fait un zombie plutôt joli, souriant avec sa tignasse blonde. Le dessinateur montréalais réalise des planches à la palette numérique, très vivantes et très modernes. Un petit bémol néanmoins concernant la couverture. Si la composition est réussie, les couleurs d’Usagi sont moins belles que dans l’album.

Mort et déterré : c’est drôle, c’est vivant et parfois poignant ! Une très jolie surprise !

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La belle saison d’Alfred https://www.comixtrip.fr/dossiers/la-belle-saison-dalfred-delcourt/ https://www.comixtrip.fr/dossiers/la-belle-saison-dalfred-delcourt/#respond Thu, 15 Aug 2019 10:47:25 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=dossiers&p=63437 Alfred s’expose à Angoulême. L’auteur de Come Prima est à l’honneur dans le musée de la Cité Internationale de la bande dessinée par ses vagabondages graphiques et les planches de son nouvel album Senso. Enchanteur ! Alfred, le talent comme pépite Né en 1976, Alfred est un auteur talentueux. Comixtrip suit ses pas depuis de […]

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Alfred s’expose à Angoulême. L’auteur de Come Prima est à l’honneur dans le musée de la Cité Internationale de la bande dessinée par ses vagabondages graphiques et les planches de son nouvel album Senso. Enchanteur !

Alfred, le talent comme pépite

Né en 1976, Alfred est un auteur talentueux. Comixtrip suit ses pas depuis de nombreuses années à travers des albums plus forts les uns que les autres. De Octave, sa série jeunesse avec David Chauvel à ses albums avec Olivier Ka, Capitaine Fripouille, en passant par Pourquoi j’ai tué Pierre (prix Essentiel et prix du Public à Angoulême en 2007) ou Je ne mourrai pas gibier, il nous enchante par ses sublimes planches à l’aquarelle.

L’auteur de Come Prima – Fauve d’or à Angoulême en 2014 (qui avait fait l’objet d’une poignante adaptation en BD-concert) est à part dans l’univers du 9e Art : douceur du dessin et histoires intelligentes avec du fond.

Les vagabondages graphiques d’Alfred

Dans cette exposition au Musée de la Cité, Alfred a choisi avec soin des illustrations dans cette première partie, Vagabondages graphiques. L’ouverture, ce sont de petites vignettes qui se démultiplient devant les yeux des visiteurs comme un écran télé diffusant les dessins de l’un des membres de l’Atelier Mastodonte.

Viennent ensuite des illustrations à la craie sèche autour de Venise. En préambule, Alfred confie : « J’ai vécu quatre ans à Venise, sans parvenir à répondre à cette question : Pourquoi l’eau mouille-t-elle plus ici qu’ailleurs ? ».

Lorsque l’on apprécie le travail d’Alfred, on est fasciné par ses carnets de recherches et croquis. Certains d’entre eux dévoilés dans cette exposition, se retrouve d’ailleurs dans La belle saison, un superbe art-book. Les aquarelles glissent sur les pages de ses Moleskine avec volupté. Suspendus comme aériens, ses personnages attirent l’œil. Pour plus de force, les commissaires de l’exposition ont décidé de numériser 300 illustrations de l’auteur de Daho l’homme qui chante afin de les diffuser en boucle sur des téléviseurs.

Senso, rencontre dans une fête qui ne les concerne pas

La deuxième partie de l’exposition dévoile des planches de Senso, le nouvel album d’Alfred qui sortira en octobre 2019. Teinté de gris et de bleu, elles racontent l’histoire de Germano et Elena qui se rencontrent dans un mariage. Lui n’y était pas convié, elle ne voulait pas venir. Cette fête qui ne les concerne pas, finira par les réunir.

Comme il l’explique, Alfred s’est inspiré d’une histoire lui étant arrivé. Alors invité dans un festival de bande dessinée en Italie, il va vivre une petite mésaventure. A peine arrivé à dans son hôtel, il apprend qu’aucune réservation ne fut retenue à son nom. Avant de la retrouver, il divague et pense à la possibilité d’errer dans un hôtel pendant toute une nuit.

En plus de cela, il avait une vraie envie de dessiner des jardins – les lecteurs peuvent voir tout le talent d’Alfred lorsqu’il en réalise dans La belle saison – et l’idée arriva. A la vue des pages accrochées, nous avons hâte de lire Senso !

Pour déambuler et rêver, La belle saison d’Alfred est idéal pour vous. Rendez-vous au Musée de la Cité encore pour quelques jours.

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Timothé Le Boucher : entretien avec l’auteur du Patient https://www.comixtrip.fr/dossiers/timothe-le-boucher-entretien-avec-lauteur-du-patient/ https://www.comixtrip.fr/dossiers/timothe-le-boucher-entretien-avec-lauteur-du-patient/#respond Thu, 15 Aug 2019 10:10:37 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=dossiers&p=63048 Etudes à Poitiers et à Angoulême, concours sur la plateforme Manolosanctis, un album en huis-clos, un thriller et une histoire fantastique, tel est le parcours de Timothé Le Boucher, auteur de Ces jours qui disparaissent et Le Patient. Deux succès mérités. Nous lui avons posé des questions sur son parcours. Plongée dans l’univers d’un artiste […]

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Etudes à Poitiers et à Angoulême, concours sur la plateforme Manolosanctis, un album en huis-clos, un thriller et une histoire fantastique, tel est le parcours de Timothé Le Boucher, auteur de Ces jours qui disparaissent et Le Patient. Deux succès mérités. Nous lui avons posé des questions sur son parcours. Plongée dans l’univers d’un artiste passionnant, qui connait parfaitement le médium Bande dessinée.

Timothé Le Boucher, comment es-tu entré dans le monde de la bande dessinée ?

Dans ma famille, nous ne lisions pas de bande dessinée. Plus petit, j’adorais dessiner et raconter des histoires. J’étais assez créatif et j’aimais bien toucher à tous les genres artistiques.

La manière la plus évidente lorsque l’on dessine pour raconter une histoire, c’est la bande dessinée. C’est plus tard que je m’y suis vraiment intéressé. C’est aux Beaux-Arts amateurs de Poitiers que j’ai vraiment débuté. Pour un exercice, nous devions raconter une histoire avec le support que nous voulions. Avec une amie, nous avons donc choisi la bande dessinée.

A partir de ce moment, j’ai adoré utiliser ce médium. Ce fut alors naturel car j’avais toujours voulu faire cela.

As-tu suivi des cours  de dessin ?

C’est à cette période que je suis entré aux Beaux-Arts d’Angoulême. C’est un cursus en trois ans mais où l’on ne fait pas uniquement de la bande dessinée, qui ne représente seulement deux ou trois cours. C’est ensuite après la première année que l’on se spécialise.

J’ai ensuite passé un master de bande dessinée – que j’ai trouvé très intéressant – puis je suis entré directement en dernière année de DNSEP (Diplôme national supérieur d’expression plastique, ndrl). J’ai moins apprécié parce que nous étions laissé libres de ce que nous voulions faire.

Est-ce pendant tes études que tu t’es fabriqué ta culture en bande dessinée ?

Un peu avant. J’avais un amie au lycée qui me prêtait des albums. Je lisais vraiment tout ce qui passait parce que je n’avais pas encore de goûts très prononcés. En plus, j’allais trop vers la facilité. Ce sont les Beaux-Arts qui m’ont ouvert l’esprit parce que je travaillais avec plein de gens qui avaient des cultures différentes. Ça m’a rendu très curieux.

Comment t’es-tu retrouvé au catalogue de Manolosanctis ?

Manolosanctis effectuait souvent des concours sur une plateforme. Les participants devaient réaliser des planches de bande dessinée sur un thème donné.

Pour mon premier essai, la marraine était Pénélope Bagieu et la thématique était Fantasmes. J’ai donc fait dix planches. Ils sélectionnaient alors 20 histoires et les publiaient sous forme de recueil. J’ai gagné ces concours par trois fois. Ils aimaient aussi mes autres récits que je postais sur cette plateforme. Ils sont donc venus me voir pour signer Skin Party.

Ce fut très bizarre. Je poursuivais mes études et mon premier album sortait en même temps.

Les vestiaires (La Boîte à Bulles)

« J’adore les histoires à parti pris »

Après ce premier album, tu as réalisé Les vestiaires. Qu’est-ce qui t’attirait dans ce lieu clos ?

J’adore les histoires à parti pris. Par exemple dans Skin Party, l’histoire se déroule dans une soirée divisée en cinq chapitres. Chacun d’eux suit un protagoniste du début à la fin de cette soirée, en y ajoutant un drame à la fin.

Pareil pour Les vestiaires, j’avais envie de partir de la contrainte de ne jamais sortir du lieu. Même lorsque l’on voit l’extérieur, c’est flou. J’aimais cette ambiance de huis-clos. Je voulais suivre une ligne narrative assez light. J’avais surtout l’intention de faire ressentir ce que moi j’avais ressenti plus ou moins lorsque j’étais au collège.

La structure était simple : parler d’un garçon qui se faisait harceler mais qui avait réussi à détourner l’attention sur son principal harceleur. C’était donc un vrai exercice de style.

Est-ce pour cela que le héros te ressemble physiquement ?

En fait, j’ai beaucoup dessiné en me regardant dans un miroir notamment pour les expressions. Beaucoup d’auteurs font cela.

En quoi les relations entre adolescents étaient intéressantes dans ce vestiaire ?

C’est un lieu où il n’y a aucun adulte, aucune présence d’adulte. C’est là où toutes les pulsions de méchanceté sont lâchées. Et en plus, il y a ce rapport au corps très important, notamment parce qu’il change.

Ce sont des moments où l’on se construit, on se retient moins dans nos phrases, donc potentiellement de la tension qui se crée. Il y avait donc une multitude de thématiques à aborder.

Dans un vestiaire, les relations sont exacerbées et il y a aussi un rapport de domination et soumission. En quoi cela était important de montrer cette violence ?

C’est un lieu qu’entre garçons. Il y a des histoires de challenge entre eux. Je me souviens de ce jeu du Petit pont massacreur. J’ai essayé de retranscrire toute cette violence que j’avais vu dans mon collège.

Ces jours qui disparaissent (Glénat, collection 1000 feuilles)

Pourquoi t’a-t-il fallu un peu de temps pour publier Ces jours qui disparaissent ?

Entre Les vestiaires et Ces jours qui disparaissent, j’ai terminé mon Master et mon année de DNSEP. Pendant ces années, j’avais trois gros mémoires à rédiger plus de nombreux workshops. Tout cela m’a pris du temps. C’est à la sortie de l’école que j’ai réfléchi à plusieurs projets en même temps.

« J’ai choisi Glénat pour plusieurs raisons et notamment parce que j’adore mon directeur artistique »

Est-ce que les éditions Glénat furent tout de suite séduites par Ces jours qui disparaissent ?

J’avais envoyé un projet avec un synopsis très détaillé à plusieurs éditeurs, dont certains étaient intéressés. J’ai choisi Glénat pour plusieurs raisons et notamment parce que j’adore mon directeur artistique.

Qui est Lubin ? Comment le qualifierais-tu ?

Même si dans l’album, il a deux personnalités, celle que l’on suit au début est très idéaliste, naïve et solaire. Comme mon récit allait tendre vers le pire, je voulais une personnalité qui relève tout cela au début et qui fasse contraste. Il est assez «je-m’en-foutiste» et laisse courir les choses.

Alors que son autre personnalité est très pragmatique, plus organisée et a plus de règles. Lubin a uniquement de la rigueur pour sa passion de la danse.

Qu’est-ce qui t’attirait dans la dualité de ton héros ?

Lorsque j’ai écrit cette histoire, je venais de terminer les Beaux-Arts. C’était donc très lié. J’hésitais dans ce que je voulais faire. En plus, je désirais faire de la bande dessinée mais je ne savais pas s’il était possible d’en vivre.

J’étais alors inscrit chez Pôle Emploi et on me disait : «Vous savez, ce n’est pas un vrai métier…». D’ailleurs, ils ne trouvaient pas la «case» du métier. J’étais donc dans un moment de questionnement important pour mon avenir. J’avais deux visions : la bande dessinée d’un côté et de l’autre, un métier plus pragmatique.

C’est à ce moment-là que j’ai eu l’idée d’un personnage qui vivrait un jour sur deux. Il y avait donc cette dualité de métier bien vus et ceux mal vus.

Es-tu un amateur du genre fantastique ?

Je ne me catégorise pas dans un genre, j’aime tout, hormis les biopics. D’ailleurs, j’ai plein d’idées d’histoires qui utilisent tous les genres.

Le patient (Glénat, collection 1000 feuilles)

« J’ai souvent plusieurs idées. Je choisis celle qui m’inspire le plus à un moment donné pour commencer »

Après un huis-clos, après le fantastique, Le patient est un thriller. Pourquoi as-tu eu envie de changer d’univers, de genre à chaque album ?

Il y a des thématiques que l’on peut rapprocher à tous mes albums. A la base, j’ai une idée d’histoire qui me plaît. J’attends d’avoir une fin et une structure narrative précise pour entamer le développement de mon récit. J’ai souvent plusieurs idées. Je choisis celle qui m’inspire le plus à un moment donné pour commencer.

Pour Le patient, ce fut immédiat. J’avais envie de raconter une relation d’un jeune avec une femme plus âgée. J’avais une idée mais elle n’était pas assez forte. Puis j’ai eu l’idée d’un garçon qui se réveillerait après six ans de coma.

Pour étoffer mon histoire, j’ai lu beaucoup de récits sur des tueurs en série ou sur la psychologie et j’ai vu de nombreux reportages, y compris sur des patients dans le coma. J’ai des amis médecins à qui j’ai aussi posé des questions.

Comment as-tu choisi le milieu hospitalier pour ton récit ?

Un dimanche, j’accompagnais des amis dans un hôpital et il semblait désert. Il y avait de longs couloirs immenses. C’était assez labyrinthique. J’imaginais des travellings, des plans séquence comme dans Shinning. Je souhaitais utiliser ce lieu comme un décor d’histoire d’horreur.

Quelle place tient Le patient dans ton parcours professionnel ?

Il est un peu trop tôt pour le dire parce qu’il est sorti il y a peu. J’avoue que pour Ces jours qui disparaissent, c’est un peu fou ce qui est arrivé autour. Je ne m’y attendais pas du tout.

Je me suis toujours dit qu’au pire, il n’y aurait que ça qui pourrait arriver dans ma vie et qu’après je referais des albums plus confidentiels.

Glénat a poussé Le patient et ils m’ont bien accompagné. Il y a même des projets d’adaptation. Ça me donne un peu plus de sécurité, mais j’essaie de toujours relativiser au maximum.

Comment as-tu reçu toutes les critiques positives lors de la sortie de Ces jours qui disparaissent ?

Je pense que je ne m’en suis pas rendu compte parce que globalement je n’ai pas eu tellement de retours. Sauf lorsqu’il a été en sélection ou il a reçu des prix.

J’apprends par des personnes en fait le succès de mes livres. Par exemple, Les vestiaires, il est utilisé par un éducateur qui travaille avec des jeunes ayant commis des crimes. Il leur fait lire et ensuite, ils en parlent. Je trouve ça complètement fou parce que ça fait trois ans qu’il fait ça et je ne le savais pas.

« Certains m’ont dit qu’ils avaient pleuré en lisant Ces jours qui disparaissent et je trouve cela fou de pouvoir déclencher ce genre d’émotion »

Lors de rencontres avec le public, que te disent les lecteurs ?

Ce qui est intéressant, ce sont leurs différentes visions des albums. Dans Le patient et Ces jours qui disparaissent, j’ai caché plein de choses et souvent les lecteurs les retrouvent. Je ne pensais pas que cela soit possible.

C’est touchant l’impact que cela a sur les gens. Certains m’ont dit qu’ils avaient pleuré en lisant Ces jours qui disparaissent et je trouve cela fou de pouvoir déclencher ce genre d’émotion.

Comment travailles-tu la psychologie de tes personnages ?

Pour mes histoires, j’ai besoin d’un certains nombres de personnages. Pour ma prochaine bande dessinée, c’est un groupe d’amis. J’ai besoin d’équilibrer leur personnalité. Je dessine leur corps rapidement, j’y ajoute une description et je souligne ce qui pourrait être important dans le récit. Il y en a certains qui sont calqués sur des amis à moi ou des mélanges de plusieurs. J’écris beaucoup pour saisir les personnages. Je réfléchis aussi aux liens qui pourraient y avoir entre eux et des dynamiques pour l’histoire.

Tes personnages sont complexes et ils peuvent avoir une part d’ombre. Pourquoi est-ce important ?

Dans Ces jours qui disparaissent, pas tant que cela. En revanche pour Le patient, Pierre et Anna, sont deux caractères forts et froids. Tout est caché sous la surface. Elle est une Pygmalion et tente de le forger à sa main.

Comment réalises-tu tes planches ?

D’abord, j’écris un texte d’une vingtaine de pages. C’est un séquentiel, il n’y a pas les dialogues. Il y a juste les intentions de scène. C’est un travail de structure. Je passe ensuite au story-board. C’est le moment où la mise en scène et les dialogues se créent. Cette phase graphique est très lâchée. Je passe ensuite sur ordinateur, sans crayonné en général. Mon story-board ne me sert pas de base au dessin. Pour l’écriture et le story-board, je suis assez rapide. Ce qui me prend du temps, ce sont le dessin et les couleurs. Le patient, je l’ai dessiné en quatre mois.

« Lorsque je pense à mes personnages, je pense en terme de codes graphiques et de design »

En quoi le manga influence-t-il ton dessin ?

Je ne lis pourtant pas que cela mais on me dit souvent qu’il y a une filiation. Ce que je retiens des mangas, c’est la narration et la façon de découper. Il y a aussi une forme d’iconicité que j’aime dans le manga. Lorsque je pense à mes personnages, je pense en terme de codes graphiques et de design.

Dernière question, Timothé Le Boucher. Les corps sont sublimés dans tes planches. Ils sont souvent élégants. Pourquoi t’appliques-tu autant dans ces dessins ?

J’ai une manière basique de dessiner les corps. A partir de cette forme, j’essaie de changer selon le personnage. J’aimerai d’ailleurs plus travailler cela. En ce moment, je me pose beaucoup de questions sur les stéréotypes que l’on véhicule et sur les standards de corps.

On peut donner beaucoup d’intention par le corps et les postures. D’ailleurs, c’est une chose que j’essaie de le travailler pour l’affiner. Spontanément, je ne suis pas attiré par les décors, sauf s’ils ont un rôle important dans l’histoire. Je préfère les personnages. Dans mes carnets, je dessine d’ailleurs que des personnages.

Mon projet – qui n’est pas encore signé – tourne autour de la représentation du corps et de son image.

Entretien réalisé le lundi 10 juin 2019 à Poitiers

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Robinson suisse https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/robinson-suisse-baladi-atrabile/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/robinson-suisse-baladi-atrabile/#respond Thu, 15 Aug 2019 09:51:05 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=63414 Les Robinsons suisses de la Baronne de Montolieu s’animent devant nous, sous les pinceaux de Baladi. Avec Robinson suisse, il adapte avec talent le récit de cette famille échouée sur une île déserte. Dépaysant et beau ! Quatre ans sur une île paradisiaque Après un terrible orage, une famille suisse échoue sur une île déserte. […]

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Les Robinsons suisses de la Baronne de Montolieu s’animent devant nous, sous les pinceaux de Baladi. Avec Robinson suisse, il adapte avec talent le récit de cette famille échouée sur une île déserte. Dépaysant et beau !

Quatre ans sur une île paradisiaque

Après un terrible orage, une famille suisse échoue sur une île déserte. Il y a là, les parents – Johann et Elizabeth – et leurs quatre fils : Fritz, Jack, Ernest et François.

L’histoire débute après quatre ans sur cette île paradisiaque. La famille a aménagé du mieux que possible leur habitation dans un arbre. Le confort est sommaire mais il permet de bien vivre. Ils sont tellement bien ici qu’ils laissent même passer leur chance en voyant un navire au loin.

Ernest a été brûlé à la main après un épisode de foudre et Elizabeth s’est fracturée la jambe après une chute dans l’escalier. « Dieu soit loué de nous avoir donné ce petit coin de paradis » confie-t-elle à son mari.

Cacher la vérité

Après un énième orage, le jardin de la maman est détruit. Afin de ne pas l’inquiéter plus que cela après sa blessure, Johann propose à ses enfants de mentir à leur mère. Le temps de remettre en ordre son potager, ils devront tenir leur langue et la tenir éloignée. Elle ne doit pas sortir de la cabane. Pour cela, le père faire croire à son épouse que le pont menant à ses plantations a été détruit.

En attendant, ils continuent de chasser et de récupérer les caisses déversées par les bateaux croisant au large de l’île, le jour et de réaménager le jardin d’Elizabeth la nuit, chacun leur tour…

Robinson suisse une adaptation d’une adaptation

En 1719, Daniel Defoe publie Robinson Crusoé, naufragé sur une île déserte à l’embouchure de l’Orénoque. Entre 1794 et 1798, Johann David Wyss imagine à son tour Le Robinson suisse, sorte de déclinaison familiale de l’œuvre de son illustre prédécesseur. Ce récit est « résolument chrétien et empreint de morale ».

Le roman est publié seulement en 1812 par Johann Rudolph, le fils de l’écrivain, en langue allemande. Il faudra attendre un an pour découvrir la version française faite par Isabelle de Montolieu, baronne suisse. Dans Le Robinson suisse ou Journal d’un père de famille naufragé avec ses enfants, elle décide de remanier les passages trop moraux. Elle décidera même d’une suite en 1824, en débutant son roman à partir du trente-septième chapitre.

Jules Verne imagina lui aussi une suite au Robinson suisse en 1900 intitulé Seconde partie. Plus proche de nous, une série animée en fut produite, Les Ronbinsons suisses diffusée à partir de 1977 sur TF1.

C’est la version plus libre de la baronne de Montolieu qu’Alex Baladi a décidé d’adapter en bande dessinée aujourd’hui chez Atrabile.

Une très belle robinsonnade

Après Voix douce, Décris-ravages ou Autoportrait, Alex Baladi nous enchante de nouveau avec Robinson suisse. Il fait de l’adaptation du roman, un récit d’aventure accrocheur et intelligent.

S’il garde la structure familiale (les quatre garçons et leurs parents), leur vie dans l’île déserte, il la transforme à son goût. Quelques passages religieux avec les mots de la maman prennent de plein fouette la vérité du moment. La famille sera même confrontée à de terribles sauvages intentant à leurs vies.

Les lecteurs découvrent une famille unie et aimante dont les membres sont prêts à mentir pour le bien-être de l’un des siens. Ne pas affoler outre mesure pour vivre le mieux possible dans un univers inhospitalier. L’on retrouve aussi les moments de chasse, de pêche et de culture. Les coffres rejetés par la mer apportant leur lot de surprise, de culture et de liens avec l’Europe quittée et si lointaine.

Couleur, couleur(s)

La bande dessinée s’est souvent penchée sur Robinson Crusoé. L’adaptation de Christophe Gaultier (Delcourt) est la plus belle. Celle de Mathilde Domecq – Paola Crusoé – la plus intelligente et moderne pour les enfants. Sans compter les Robinsonnades, déclinaisons d’auteurs : Deux ans de vacances (Hamo, Brrémaud, Chanoinat ), Rouge l’île des gribouilleurs (Troïanowski), Stig et Tilde (De Radiguès) ou encore Chroniques de l’île perdue (Clément, Montel).

Tout cela, sans compter sur la version de Baladi. L’auteur suisse né à Vevey en 1969 dévoile des planches superbes. Il les agrémentent de couleurs directes bien senties, par des aplats originaux qui tranchent d’une case à l’autre. Son trait épais permet une lecture fluide.

Robinson suisse : une belle surprise pour une aventure grand public.

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Orwell https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/orwell-christin-verdier-dargaud/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/orwell-christin-verdier-dargaud/#respond Wed, 14 Aug 2019 10:32:20 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=63406 Auteur de 1984 et La ferme de animaux, George Orwell a marqué l’Histoire de la littérature. Mais qui se cache sous ce pseudonyme ? Qui était-il vraiment ? Pierre Christin et Sébastien Verdier dévoilent sa vie dans Orwell, une très belle biographie. Passionnant ! Avant Orwell Bengale 1903. Eric Blair, futur George Orwell, nait dans […]

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Auteur de 1984 et La ferme de animaux, George Orwell a marqué l’Histoire de la littérature. Mais qui se cache sous ce pseudonyme ? Qui était-il vraiment ? Pierre Christin et Sébastien Verdier dévoilent sa vie dans Orwell, une très belle biographie. Passionnant !

Avant Orwell

Bengale 1903. Eric Blair, futur George Orwell, nait dans une famille de colons. Son père travaillait dans le département Opium du gouvernement colonial britannique.

« Très tôt, j’ai su que je serais un jour écrivain… J’ai écrit mon premier poème à l’âge de cinq ans, ma mère le prenant sous ma dictée. »

Garçon solitaire, intelligent et bien éduqué, Eric aime lire des ouvrages de science-fiction comme The Time Machine de H.G. Wells. Il se prend de passion pour ce genre littéraire.

La famille Blair déménage ensuite dans l’Oxfordshire au Royaume-Uni. Eric y fait la rencontre de Jacintha, sa voisine. Ils n’ont pas le temps de vraiment faire connaissance que le jeune garçon est envoyé à l’école Saint Cyprian, en internat. Là-bas, la vie est dure. Les surveillants comme les professeurs n’hésitent pas à user de leur autorité et de violence.

Police birmane et écriture

Eric poursuit ses études au lycée d’Eton. Il peut enfin retrouver Jacintha et passer de longues heures avec elle. En 1922, il entre dans la police birmane. Il passe quelques années dans ce pays sous contrôle britannique. Son aimée s’éloigne de lui et lui embrasse les thèses socialistes du grand soir.

En 1929, il devient plongeur dans un grand hôtel parisien. Puis rentre de nouveau en Angleterre, dort dans un asile pour démunis. Sa chance arrive avec son emploi de journaliste; le début de l’écriture. Il faudra attendre 1933 et la publication de Dans la dèche à Londres et à Paris pour que sa carrière d’écrivain s’ouvre à lui…

Orwell, grand écrivain

Nous connaissions la très grande qualité d’écriture de Pierre Christin avec ses séries Valérian (avec Mézières) ou encore avec Les phalanges de l’ordre noir ou Le vaisseau de pierre (avec Bilal). Il le prouve encore une fois avec ce magistral Orwell ! Avec cet album, il réalise son rêve, lui l’amateur éclairé du romancier.

Le scénariste en fait plus qu’une simple biographie. Il fait tournoyer sa vie, son œuvre et ses citations avec talent. Ses mots se mêlent à ceux du grand écrivain. Cela donne encore plus de force à son récit.C’est d’une fluidité épatante ! En seulement 160 pages, Christin n’oublie rien de cette existence si riche en émotion, entre divers petits boulots qui forgèrent le caractère d’Orwell.

Les lecteurs découvrent un Orwell baroudeur, fier de ses convictions anti-franquistes – il rejoint les Brigades rouges en 1936 – celles socialistes – malgré un environnement familial aisé – un vrai révolté ! Il y a son aussi son côté voyageur et ses rencontres avec les petites gens à l’hôtel ou à l’asile qui le rapprochent du peuple. Il n’est pas communiste, est anti-bourgeois et même anti-stalinien. Il tente aussi d’alerter sur la montée des nationalismes hitlériens, franquistes et mussoliniens.

Amoureux exalté des femmes et des animaux, sa plume sera aussi au service des plus démunis et du prolétariat. Ses écrits sont nombreux : Une histoire birmane, Une fille de pasteur, Et vive l’Aspidistra !, Le quai de Wigan ou Un peu d’air frais. Ses succès, Orwell les doit à La ferme des animaux en 1945 dans lequel les animaux se révoltent, chassent les hommes et prennent le pouvoir; mais surtout 1984 édité en 1948, une merveilleuse dystopie d’anticipation. « Big Brother is watching you » fait encore école aujourd’hui tant les thématiques sont modernes !

Orwell sous les pinceaux de Verdier, Juillard, Balez, Larcenet, Blutch, Guarnido et Bilal

Sa vie passionnante et humaniste bénéficie d’une partie graphique à plusieurs mains. Si la majeure partie de l’album est mis en image par Sébastien Verdier, d’autres dessinateurs viennent l’enrichir par petites doses.

Né en 1972, Verdier nous régale par un trait réaliste en noir et blanc, bien senti et idéal pour raconter la vie d’Orwell. Après Rencontres sur la Transsaharienne, il retrouve Pierre Christin pour un nouvel album historique. Cette sobriété apporte de la clarté et de la lisibilité au récit. Il y ajoute parfois des touches de couleurs pour renforcer son propos.

Le temps de quelques planches, Orwell est dessiné par André Juillard, Olivier Balez, Manu Larcenet, Blutch, Juanjo Guarnido et Enki Bilal. Ces espaces de respiration en couleurs étayent les moments plus forts de l’existence d’Orwell.

Orwell : homme multiple, homme révolté, brillant écrivain ! A découvrir vite !

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Avec Hergé et Jacques Tati, l’imaginaire qui change l’image de Saint-Nazaire https://www.comixtrip.fr/dossiers/herge-jacques-tati-saint-nazaire-tintin/ https://www.comixtrip.fr/dossiers/herge-jacques-tati-saint-nazaire-tintin/#respond Sat, 10 Aug 2019 15:55:05 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=dossiers&p=63273 Grand port et petite plage : à l’embouchure de la Loire, Tintin et M. Hulot font se mêler réalité et imaginaire. Visite guidée grâce au travail d’un journaliste bédéphile, cinéphile et amoureux de sa ville … Il y a deux voitures qui comptent dans la vie de Jean-Claude Chemin. Normalement, vous ne devriez pas les […]

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Grand port et petite plage : à l’embouchure de la Loire, Tintin et M. Hulot font se mêler réalité et imaginaire. Visite guidée grâce au travail d’un journaliste bédéphile, cinéphile et amoureux de sa ville …

Il y a deux voitures qui comptent dans la vie de Jean-Claude Chemin. Normalement, vous ne devriez pas les trouver sur vos routes tous les jours. L’une est une Lincoln Zéphyr décapotable de couleur jaune canari, conduite par un capitaine barbu en pull à col roulé, accompagné d’un jeune reporter à la houppette caractéristique, sanglé dans son imperméable, et derrière son maître, la truffe d’un petit chien blanc qui dépasse ; l’autre est une Samlson Val3 (ce qu’on appelait un « cyclecar » à trois roues) immatriculée 8244 AK 75, également décapotable, de couleur – bon, elle n’a pas vraiment de couleur ! – bricolée et pétaradante, conduite par un hurluberlu longiligne accompagné, assises sur les sièges arrières, par deux dames fort respectables.

Les deux véhicules datent des années trente (enfin la première est plus « jeune » que la seconde) et finalement, s’ils vont rouler à quelques kilomètres l’un de l’autre, ce sera uniquement mus par le hasard et par la magie de leurs créateurs (l’un titi bruxellois, l’autre descendant d’un général russe) cette magie qui fascine tant Jean-Claude Chemin, cette magie qui va rassembler en un seul lieu de l’hexagone, deux personnages imaginaires devenus des stars universelles.

« Me direz-vous enfin où nous allons ? »

Alors cet endroit aussi étonnant qu’improbable, il est où ? « Me direz-vous enfin où nous allons ? » demande le passager de la Lincoln à son chauffeur.  « A Saint-Nazaire » répond le capitaine Haddock, tout le monde l’aura évidemment reconnu ! Saint-Nazaire, cité maritime meurtrie par la deuxième guerre mondiale qui fut – justement dans les années trente – le grand port de départ de la fameuse Compagnie Générale Transatlantique qui reliait l’Europe à l’Amérique du Sud !

Saint-Nazaire qui va se relever en s’appuyant sur le tourisme renaissant post-conflit et sur les stations balnéaires qui bordent ses côtes, comme celle de la petite baie de Saint-Marc (à 10 km du centre-ville) où se dresse l’un des hôtels les plus connus du 7e art (avec l’hôtel du Nord ou Chelsea Hôtel, d’accord), l’hôtel de la Plage.

Jean-Claude Chemin est le lien entre ces deux histoires. Celle du passage de Tintin et du capitaine Haddock dans le port dans les dernières pages des « Sept boules de cristal » et celle du tournage de l’un des films mythiques du cinéma français, « Les vacances de M. Hulot ».

Le voyage de ce journaliste nazairien de Presse Océan démarre à la Mecque… de la BD. C’est à Angoulême, en effet, en 1984, qu’il fait partie de la petite équipe créatrice de l’ACBD (Association des chroniqueurs de bande dessinée, le mot « chroniqueur » pouvant être un peu trop facilement détourné – euh, euh ! – il deviendra, lorsque l’association endossera un costume de respectabilité, « critique », voilà qui sonne mieux, n’est-ce pas !) en compagnie d’autres journalistes de « province ».

Critique donc, Jean-Claude Chemin mais également, comme tout fan de bd, tintinophile patenté et il ne lui faudra pas longtemps, deux ans exactement, pour imaginer un défi complétement fou, défi liant à la fois un album d’Hergé, le passé glorieux de la cité maritime où il vit et travaille, et le monde industriel local.

Il crée, en 1986, une association unique en son genre qu’il nomme « Les 7 soleils » * (référence évidente aux Sept boules de cristal) et se lance dans un exercice de haute volée : convaincre un certain nombre de décideurs avant de démarrer.

Sept soleils comme sept boules

La première tempête à affronter aurait pu se trouver avenue Louise, à Bruxelles, mais les argument du journaliste nazairien ont finalement vite trouvé un écho favorable dans le bureau de Fanny Rodwell, la veuve de George Rémi , patronne de la fondation portant le nom de défunt mari (Hergé est décédé en 1983), rencontrée en 1987 et séduite immédiatement par le projet.

C’était quoi, ce projet ? Le point de départ, ce sont trois pages et demie dans Les Sept boules de cristal et trente-huit vignettes (pages 55 à 58 dans la version « moderne ») qui se situent toutes dans ce port à l’embouchure de la Loire, d’où partaient les grands paquebots à destination de l’Amérique du Sud. Même si, en fait, seule une demi-douzaine d’entre elles représentent un morceau de la ville vue par Hergé, l’entrée, les quais, essentiellement, puisque c’est là, faut-il le rappeler, que Tintin et Haddock viennent chercher des traces de Tryphon Tournesol enlevé quelques jours auparavant.

Ce sont ces images-là que Jean-Claude Chemin veut rendre pérennes, visibles par tous et positionnées aux endroits mêmes où George Rémi les avait placé (dans les années 45), lieux qui ont évidemment bien changés depuis, voire qui n’existent même plus. « Aux yeux de Hergé, explique le journaliste, Saint-Nazaire représentait le passage entre l’ancien et le nouveau monde. S’appuyer sur une ville réelle, ce qu’il fera peu, donnait encore plus de force à son imaginaire. « 

Avec « les 7 soleils », il va d’abord organiser des manifestations autour de ce thème, avant, qu’en 1995, une première plaque émaillée immense (3 m x 3,75 m), fabriquée dans les ateliers d’Alsthom, soit posée à l’entrée de la ville, à peu près là où la vignette de l’album la situe. C’est donc cette case métallique qui représente la fameuse Zéphyr jaune entrant dans la sous-préfecture de Loire-Atlantique (qui n’était en 1944-45 que Loire-Inférieure) avec ses trois passagers, cheveux, barbe et poils au vent.

Six gigantesques plaques émaillées

Et l’aventure va voguer superbement, avec la mise en place progressive de six plaques émaillées (la plus grande mesurant 6 m x 6,50 m) reproduisant aux endroits approximatifs où elles se déroulaient, quelques scènes de la présence de Tintin et Haddock sur place et mettant en valeur le passé de la Compagnie générale Transatlantique et de ces grands navires qui reliaient l’Europe au continent sud-américain.

En 1996, deux plaques inaugurées en présence de Jean-Pierre Talbot, LE Tintin des mythiques Oranges Bleues ; en 2000-2001, triomphe de l’exposition Mille Sabords au musée de la Marine à Paris ; fin 2001, « procès » du général Alcazar pour « complicité d’enlèvement de Tournesol » (il sera acquitté !) ; en 2002-2003, construction par un lycée de Saint-Nazaire DU sous-marin de Tournesol (aujourd’hui à l’espace Tintin du château… de Cheverny) ; en 2003 et en 2004, vont se poursuivre les mises en place des immenses plaques émaillées notamment sur les murs des anciens blockhaus de béton (les alvéoles) de la base sous-marine édifiée par les Allemands pendant la Deuxième guerre mondiale.

En juin 2004, en présence du « maire » de Moulinsart et de l’Harmonie de la même cité hergéenne, est dévoilée la sixième vignette, où le capitaine Haddock se fait soulever dans les airs par une grue du port alors qu’il était assis sur un ballot (de guano ?). Et Jean-Claude Chemin de déclarer fièrement : « Aujourd’hui, dans la catégorie tintinophile des arpenteurs de terres imaginaires plus personne ne pourra ignorer que Saint-Nazaire existe « . D’où une excellente raison pour que les fans de Comixtrip… et de Hergé, s’ils se baguenaudent dans le coin en vacances, aillent jeter un œil.

Et pour que personne ne l’ignore non plus, le journaliste va reprendre la plume pour raconter ** dans un ouvrage paru en ce mois de juillet, les dessous d’un autre événement qui contribue à l’image différente de la commune de Saint-Nazaire : le tournage des Vacances de M. Hulot dans la petite plage de Saint-Marc, en 1951.

La statue en bronze de M. Hulot

Si aujourd’hui, la statue en bronze de M. Hulot, grandeur réelle – et même un peu plus – surplombe la plage (sa pipe lui a été dérobée quelques jours après sa pose), c’est que le film est considéré comme l’un des chefs d’œuvre de cet « inventeur de cinéma » qu’était Jacques Tatischeff, dit Tati. Dit aussi « Tatillon » par l’équipe du tournage, dont le récit croustillant d’anecdotes et de photos totalement inédites est narré par un Jean-Claude Chemin aidé par les dessins de Pascal Rabaté et bien entendu par les archives des films Mon Oncle, lesquels ont repris depuis longtemps (à l’initiative de Sophie Tatischeff, décédée en 2001) le lent travail de restauration des pellicules des longs métrages de Jacques Tati, dont les plus connus sont probablement Jour de Fête, Playtime, Trafic, Mon oncle donc et… Les vacances de M. Hulot !

Lequel a été un succès mondial certes, mais qui a également inscrit l’anse de Saint-Marc, son sable fin, sa jetée, son Hôtel de la Plage (qui existe toujours) dans le livre d’or du septième art. On apprendra donc, grâce à ce coup de projecteur, comment Tati a choisi cette plage, comment il y fit construire des décors, comment il y bricola un kayak qui se casse en deux ou cette Samlson incroyable à trois roues, comment furent choisi les comédiens (qui n’en étaient pas !) et comment, au final, ces vacances transformèrent M. Hulot, sa dégaine british, son grand corps penché, son chapeau trop petit et sa timidité poétique en une vedette imaginaire évoluant dans un monde bien vrai (quoique).

Fin du script. Il y avait Angoulême, « la ville qui vit en ses image « . Il y a aussi Saint-Nazaire, la ville qui vit Tintin et Hulot s’y arrêter un moment. Grâce aux rêves réalisés de Jean-Claude Chemin, il est désormais permis que ce temps-là soit partagé par le plus grand nombre.

* http//7soleils.org
** « Et Tati créa M. Hulot » de Jean-Claude Chemin. 192 pages. 25 euros. Ed. Locus-Solus

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Le monde de Petit Poilu https://www.comixtrip.fr/dossiers/petit-poilu-fraipont-bailly-dupuis/ https://www.comixtrip.fr/dossiers/petit-poilu-fraipont-bailly-dupuis/#respond Sat, 10 Aug 2019 15:00:43 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=dossiers&p=63223 Petit bijou de série jeunesse, Petit Poilu s’expose au Vaisseau Moebius à Angoulême. Son univers sans texte est à découvrir autour d’espaces-jeux qui feront le bonheur des plus-petits dès trois ans. On aime ! On adore !!! Petit Poilu, l’ami des tout-petits Si l’on vous dit que l’on aime Petit Poilu vous ne serait pas […]

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Petit bijou de série jeunesse, Petit Poilu s’expose au Vaisseau Moebius à Angoulême. Son univers sans texte est à découvrir autour d’espaces-jeux qui feront le bonheur des plus-petits dès trois ans. On aime ! On adore !!!

Petit Poilu, l’ami des tout-petits

Si l’on vous dit que l’on aime Petit Poilu vous ne serait pas surpris ! A travers 23 albums, le petit être noir avec un nez rouge a conquis des milliers de jeunes lecteurs. Il faut souligner que son univers sans texte imaginé par Céline Fraipont et Pierre Bailly est drôle et intelligent.

Les auteurs n’hésitent pas à aborder des thèmes délicats voir sensibles pour faire réfléchir les enfants. De l’humiliation d’un marionnettiste (tome 17) aux réfugiés (tome 21), en passant par le narcissisme (tome 18), la solitude et la dépression (tome 19), la grandeur (tome 20) ou le rangement (tome 22), tout est abordé avec douceur, intelligence et bienveillance.

A l’image de Anuki ou d’autres albums sans texte, Petit Poilu n’a pas de dialogues mais est très bavard. En quelques pages, Fraipont et Bailly arrivent à accrocher le lectorat pour faire le faire réfléchir. Les albums sont à lire seul ou avec un adulte afin de pouvoir amorcer un dialogue par des thématiques riches.

Une expo très ludique

Au premier étage du Vaisseau Moebius (ex-CNBDI), les enfants seront les rois. Pour y accéder, il leur suffira de suivre les serpents multicolores accrochés aux rampes des escaliers. Là, ils découvriront des espaces pour s’amuser et comprendre l’univers de Petit Poilu. Chacun d’eux possède un ou plusieurs jeux, des planches, des recherches et des story-boards de la série. Tout pour passer un excellent moment !

  • La chambre de Petit Poilu : Tout part de là ! Chaque album s’ouvre dans ce lieu de repos. A chaque fois, le héros se réveille, passe faire pipi aux toilettes, se lave, avale son petit-déjeuner, fait une bise à sa maman et part à l’aventure. Ici la scénographie est sympathique : un lit, un dressing et un meuble avec un objet qui évoque un opus de la série, sans oublier les albums du héros et un jeu électronique pour reconstituer des paires.
  • A la rencontre du yéti : un tac-tac pour remettre des cases dans l’ordre, un jeu de toucher des matières et de la musique avec le groupe Zhe Marmots.
  • Dans l’usine de Mémé Bonbon : un tac-tac et trois boîtes pour découvrir des odeurs.
  • Frissons avec le vampire : Une boîte mystère où l’on doit reconnaître un objet en le touchant, une grande silhouette du vampire (pour se faire photographier avec lui ?) et un tableau pour le colorier.
  • Petit Poilu et vous : un coin pour dessiner, colorier et fabriquer Petit Poilu ! De petits tables attendent les enfants pour participer. Cet espace est décoré avec des réalisations d’écoliers ou d’enfants (décoramas, histoires inventés, poupées à son effigie…)
  • Dans le ventre de la sirène gourmande : Une roue en bois sur l’écologie et deux jeux pour remettre des cases aimantés dans l’ordre.

Chacun des coins s’ouvre avec la planche de l’album montrant Petit Poilu embrassant sa maman et se ferme par la dernière planche de l’album cité. Entre les deux, c’est aux enfants d’inventer leur histoire.

A noter que les objets, les jeux et les moquettes sont très usées ! Il faut dire que depuis l’ouverture de l’exposition le 23 avril, elle en a vu défiler des enfants ! Cela souligne aussi la qualité des activités.

L’exposition Petit Poilu : courez-y avec vos enfants ! C’est beau, c’est coloré, c’est amusant et c’est intelligent !

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Comment le roi a perdu la tête https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/comment-le-roi-a-perdu-la-tete-ranta/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/comment-le-roi-a-perdu-la-tete-ranta/#respond Sat, 10 Aug 2019 10:15:51 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=63218 Un château en décrépitude, une mère à l’article de la mort, trois filles superficielles et une maîtresse fou-du-roi, voilà le quotidien d’un souverain, héros de Comment le roi a perdu sa tête, un très beau roman graphique de Ville Ranta. Décalé, surréaliste et drôle ! Un château qui prend l’eau Tout faire ! Il doit […]

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Un château en décrépitude, une mère à l’article de la mort, trois filles superficielles et une maîtresse fou-du-roi, voilà le quotidien d’un souverain, héros de Comment le roi a perdu sa tête, un très beau roman graphique de Ville Ranta. Décalé, surréaliste et drôle !

Un château qui prend l’eau

Tout faire ! Il doit tout faire dans son château ! Le roi se mue en bricoleur en grimpant sur le toit de sa bâtisse afin d’y colmater les brèches. Il pleut dans toutes les pièces et personne ne semble vouloir réparer les fuites. Qu’à cela ne tienne, il le fera lui même !

Et si son château qui prend l’eau était une métaphore de son propre règne : un règne qui prend l’eau ? Il faut dire que les dragons sont taquins avec lui, que ses trois filles adolescentes préfèrent regarder leur téléphone portable et que sa femme ne lui faire plus guère d’effet. En somme, il s’ennuie de toute cette vacuité.

Bouffonne du roi et amante

Reste sa maîtresse; une femme qui se déguise en bouffonne pour son plus grand plaisir. Elle le couvre de câlins, il passe les nuits avec elle, ce qui panse ses plaies.

Malgré la chaleur de cette femme, le roi est toujours obsédé par les trous dans la toiture. Il la quitte au milieu de la nuit pour aller dormir dans la cuisine, un endroit calme et au sec. Il est alors réveillé par une lumière qui lui parle…

Comment le roi a perdu la tête : récit surréaliste et fou

Décidément Ville Ranta a le chic pour nous surprendre et nous désarçonner ! Après L’exilé de Kalevala (en sélection officielle à Angoulême en 2011) et le merveilleux Sept saisons, l’auteur finlandais est de retour avec Comment le roi a perdu la tête, un album de folie.

Ce récit complètement décalé se situe dans une veine surréaliste qui fait du bien. S’il semble foutraque et décousu, Comment le roi a perdu la tête est beaucoup plus structuré que l’on ne croit. Ville Ranta s’inscrit dans les pas des Monthy Python et de leur Sacré Graal. L’extravagance et l’absurdité sont à chaque coin de page. Cette jolie divagation se retrouve avant tout dans des personnages complètement loufoques : un reine-mère qui vit ses derniers instants et qui sent mauvais par manque d’hygiène, une femme délaissée, des filles superficielles et une amante qui semble être la plus sensée de l’histoire. Le souverain se pose de multiples questions sur sa vie et sur le monde – devenu fou – qui l’entoure.

Ajouter à cela, une quête improbable où le roi part conquérir un autre château avec un pasteur protestant porté sur le sexe, et l’on obtient un roman graphique réussi. Les dialogues sont savoureux et les portraits des personnages sont savamment étudiés. Sans oublier quelques pics contre la religion protestante et puritaine (comme ses albums précédents). Quant au dessin, il est très beau. Les planches à l’aquarelle de Ville Ranta sont d’une grande luminosité et son trait vif permettent une grande aisance dans les mouvements, ce qui rend la lecture de l’album très fluide.

Comment le roi a perdu la tête : précipitez-vous sur ce nouvel album de Ville Ranta. Folie à chaque page !

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Visa transit https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/visa-transit-de-crecy-gallimard/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/visa-transit-de-crecy-gallimard/#respond Sat, 10 Aug 2019 09:56:07 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=63199 Nicolas et Guy décident de partir à l’aventure. A bord de leur Citroën Visa, ils découvrent l’Est de l’Europe. Le futur auteur de bande dessinée et son cousin embarquent pour un voyage initiatique des plus improbables. Nicolas De Crécy raconte ce périple dans Visa transit, un road-trip humain entre amour des livres, galères mécaniques et […]

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Nicolas et Guy décident de partir à l’aventure. A bord de leur Citroën Visa, ils découvrent l’Est de l’Europe. Le futur auteur de bande dessinée et son cousin embarquent pour un voyage initiatique des plus improbables. Nicolas De Crécy raconte ce périple dans Visa transit, un road-trip humain entre amour des livres, galères mécaniques et rencontres chaleureuses. En route !

Avoir 20 ans et partir à l’aventure

1986, juste après l’accident nucléaire de Tchernobyl. Nicolas et Guy rêvent d’aventures. Pour cela, ils décident d’emprunter la vieille Citroën Visa du père de Guy. Les deux cousins nettoient la bagnole et la réparent grâce au système D. Mieux, ils installent à l’arrière, dans l’habitacle, une bibliothèque de fortune.

« Tel un prolongement de notre vie confortable et casanière, cette bibliothèque était aussi une protection, comme si nous étions sous le haut patronage de la littérature française. »

Si leur amour des livres était immense, cette installation leur sera inutile pendant leur périple. Qu’importe, les ouvrages étaient là pour les réconforter. Nicolas était d’une personnalité craintive, tout le contraire de Guy. Les bouquins étaient donc là pour le rassurer.

Avoir 20 ans et découvrir le monde

Malgré ses 170 000 kilomètres au conteur, la Visa semblait résister aux affres du temps. Quelques soubresauts, quelques toussotements, mais jamais vraiment rien de grave, au tout du moins qui ne nécessite de grosses réparations.

Avec cette monture des temps modernes, Guy et Nicolas mirent le cap à l’Est. D’abord, ils traversèrent l’Italie, puis la Yougoslavie, vinrent ensuite la Bulgarie et la Turquie.

Qu’allaient-ils trouver dans ces pays méconnus ? Pour y faire quoi ? Pourquoi avoir choisi ses destinations ? Pourquoi effectuer ce voyage vers de lointaines contrées ?

Avoir 20 ans et rencontrer le monde

Livres, voiture, foi, embrouilles, amour fraternel et mécanique, tels étaient les rythmes journaliers de Guy et Nicolas. Dormir très mal dans la voiture, dormir sur le toit de la Visa ou dormir chez l’habitant, telles furent les nuitées de deux cousins. Parce que oui, Visa transit, c’est tout ça : de la folie, des pays à découvrir et du respect entre eux deux.

Nicolas De Crécy réussit à nous faire voyager au rythme de la Citroën, en prenant son temps, en faisant découvrir tout le sel des kilomètres parcourus. La jeunesse rêve d’espace et de liberté, ce très joli road-trip la sublime.

Les deux protagonistes veulent découvrir le monde, ils seront servis. De galères en petites joies, ils rencontrent. Ils rencontrent les habitants, chaleureux à leur encontre, bienveillants pour cette folle épopée mécanique. Telle la Croisière Citroën dans les années 30, ils avalent les routes et les chemins pour s’imprégner de l’ambiance si exotiques pays traversés.

Avoir 20 ans et posséder le visa transit

Visa transit ce n’est pas que du bonheur, il y a aussi des moments de doute, de peur et de prises de bec. Nicolas de Crécy (La république du catch) ne cache rien et n’a pas toujours le beau rôle. Le sac rouge, celui de toutes les affaires précieuses, celui qui les relie à la vie, ce sac souvent est perdu. Chacun leur tour, un jour sur deux, ils en sont les responsables. Pas simple.

La chaleur, la soif et parfois la faim croisent aussi le chemin de nos deux routards. Ces manques peuvent aussi les angoisser. Si les policiers et autres autorités peuvent voir d’un mauvais œil, ces deux Français en voyage, ils ne furent jamais inquiétés; bien au contraire. Leur Visa et leur soif de découverte attirent la sympathie. Est-ce que ce sera le cas dans les volumes suivants ?

De plus, la foi de Guy désarçonne Nicolas, lui le cartésien, le pragmatique. Pourquoi se raccrocher à un hypothétique dieu tout puissant ? Pourtant, la Vierge semble les protéger des galères. Vérité ou superstition ? Peut être les deux. En tout cas, cela rassure le cousin du futur grand auteur de bande dessinée.

De la force du dessin

Nicolas De Crécy est vraisemblablement l’un des meilleurs auteurs de sa génération. Possédant un don inné pour raconter les histoires, cet ancien étudiant de l’Ecole supérieure de l’image d’Angoulême est aussi un formidable dessinateur.

Son diplôme en poche en 1987, il travailla pour les studios Disney de Montreuil. Quatre ans plus tard, il publia Foligatto, puis Bibedum céleste et Léon la came avec Sylvain Chomet. Cette série remporta l’Alph-art du meilleur album à Angoulême en 1998 pour le deuxième tome. Le duo s’essaye au film d’animation avec maestria. La vieille dame et les pigeons est un petit bijou. Une grosse polémique – accusation de plagiat sur Les triplettes de Belville – les brouillera.

Néanmoins, Nicolas De Crécy ira de l’avant et poursuivra son très joli parcours professionnel avec notamment Prosopopus, Salvatore ou Période glaciaire. A chaque fois, il nous impressionne par la qualité de son dessin. D’une grande élégance, son trait possède un mouvement formidable. Il est composé de hachures pour les ombres et les matières. Ses couleurs à l’aquarelle agrémentent avec délice ses très belles planches.

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Davy Mourier vs La mort https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/davy-mourier-vs-la-mort-delcourt/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/davy-mourier-vs-la-mort-delcourt/#respond Mon, 05 Aug 2019 16:55:47 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=63137 La Mort obsède Davy Mourier. Alors qu’il la dompte dans La petite Mort, il va la découvrir d’encore plus près en devenant l’assistant d’une thanatopractrice le temps de deux jours. Il raconte ce stage dans Davy Mourier vs La Mort. Instructif et drôle ! La Mort rôde Davy Mourier rencontre une jeune femme à qui […]

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La Mort obsède Davy Mourier. Alors qu’il la dompte dans La petite Mort, il va la découvrir d’encore plus près en devenant l’assistant d’une thanatopractrice le temps de deux jours. Il raconte ce stage dans Davy Mourier vs La Mort. Instructif et drôle !

La Mort rôde

Davy Mourier rencontre une jeune femme à qui il donne rendez-vous à l’exposition Tintin au Grand Palais. Ses yeux bleus et sa chevelure flamboyante le font chavirer. L’amour se déploie.

Rapidement, l’auteur découvre que l’humeur de sa bienaimée peut vraiment changer du tout au tout du jour au lendemain. Il décide donc de rompre après quelques temps avec elle.

Cette histoire si tant est qu’elle se termina vite, marqua tout de même Davy. Sans vouloir couper les ponts, il lui envoie souvent des messages qui restent sans réponse. Il recherche alors sur Facebook. Une de ses amies répond à son questionnement : son ex-copine s’est suicidée.

La petite mort et la thanatopractrice

Ce drame le bouleverse. Pourtant, Davy Mourier a l’habitude de jouer avec la mort, lui qui a publié La petite mort, une série de quatre albums, déclinée aussi en dessin animé diffusée sur france.tv Slash.

Mais il veut aller encore plus loin. Il veut comprendre cette chose incompréhensible, ce moment si douleur pour ceux qui restent. Il tente de découvrir les coulisses de la Grande faucheuse mais du côté de ceux qui organisent les funérailles des défunts. Pour cela, dans un premier temps en 2015, il se rend au Salon professionnel international de l’art funéraire.

Puis, il décide de suivre les pas d’une thanatopractrice. Pendant deux jours, il va devenir l’assistant d’une jeune femme dont le métier est de « rendre présentable les morts »…

Davy Mourier vs La Mort : un combat perdu d’avance ?

Dans la même collection que Davy Mourier vs Cuba – qui nous avait vraiment fait beaucoup rire – Davy Mourier vs la Mort se place dans la même veine. Comme pour son précédent ouvrage, l’auteur de Relation Cheap (avec Elosterv) se met en scène. Pour cet album, il se glisse dans les pas d’un journaliste pour nous faire découvrir l’envers du décor, le business de la mort mais surtout un métier méconnu : thanatopracteur.

Si le moment est douloureux pour ceux qui restent – ami.es et famille – Davy Mourier nous montre des professionnels dignes mais n’ayant pas la langue dans leur poche. Sorte d’exutoire, ils n’hésitent jamais pour un bon mot à rigoler, en dehors de la présence des clients. Ces lieux sont beaucoup plus vivants qu’on ne se l’imagine.

Véritable guide pratique, Davy Mourier révèle des choses inimaginables pour le commun des mortels. Du formol à mettre à la place du sang, en passant par la rigidité cadavérique, du coton pour rembourrer, de la bouche à coudre, du pet de ventre, du maquillage ou de l’habillage du défunt, tout est là, sans filtre. C’est cru, ça pourrait donner des hauts-le-cœur mais pourtant c’est très drôle. Sa maîtresse de stage possède un don pour l’humour noir, qui sera apprécié des lecteurs. En plus de cela, l’auteur de Super caca (avec Stan Silas) n’hésite pas à se moquer de lui même. Un sacré recul pour faire rire son lectorat.

Son dessin en noir et blanc tout en rondeur est d’une grande lisibilité afin de tendre au maximum vers son but : faire rire !

Davy Mourier vs La mort : déconseillé aux gens qui vont mourir un jour ! La mort, c’est pour tous, alors autant en rire !

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Waldo https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/waldo-lorraine-les-bains-lapin/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/waldo-lorraine-les-bains-lapin/#respond Mon, 05 Aug 2019 16:38:14 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=63131 Waldo est mort, il ne chantera plus ! Qui est le coupable de cet odieux assassinat ? Pour répondre à cette question essentielle, Lorraine les Bains fait parler des maisons, ou plus exactement les personnes s’y trouvant sans jamais les montrer. Avec Waldo aux édtions Lapin, elle réalise un très joli exercice de style. Hypnotique […]

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Waldo est mort, il ne chantera plus ! Qui est le coupable de cet odieux assassinat ? Pour répondre à cette question essentielle, Lorraine les Bains fait parler des maisons, ou plus exactement les personnes s’y trouvant sans jamais les montrer. Avec Waldo aux édtions Lapin, elle réalise un très joli exercice de style. Hypnotique !

Waldo est mort, il ne chantera plus !

Après une courte nuit, Waldo Maelfait est réveillé par son téléphone. Au zénith de sa carrière professionnelle, ce chanteur est adulé par tout le monde.

Assisté de toute part, il ne sait ni utiliser la machine à laver ni repasser ses chemises. Or, il doit être présentable pour une cérémonie qui le récompense.

Waldo descend dans sa cave pour tenter de faire fonctionner le lave-linge après avoir harcelé sa femme de ménage, en vacances. Il est surpris par son agresseur. Il décède…

Mais qui est l’assassin ?

Les chaînes sont en boucle sur ce meurtre sordide. Elles retracent son passé et sa carrière. Son tube « Douces nénettes » ou « La rhumba du bar d’en face » le propulsèrent en tête des hits.

Rapidement, les questions se posent : Qui est l’assassin ? Pourquoi Waldo ? Est-ce à cause de sa vie dissolue, de son comportement border-line ou de ses chansons ? Tout le monde a un avis…

Des maisons parlantes ?

Lorraine les bains est forte ! Elle réussit à captiver son lectorat et à suivre une enquête en ne représentant à aucun moment, des personnages. A travers 120 pages, pas une âme qui vive ! Les lecteurs imaginent les protagonistes à travers leurs dialogues sortant de leurs habitations. Comme si les maisons parlaient. Ainsi, les lecteurs découvrent la vie et l’œuvre de Waldo.

Puisqu’il est une star, tout le monde a un avis sur cette tragédie. Complots, non-dits, secrets ou extrapolations, tout y passe. Le puzzle se dessine au fur et à mesure. Lorraine les bains fait passer son intrigue d’une habitation à l’autre à travers de petits chapitres. Pour nous aider dans la lecture, chaque voix off a une couleur selon la personne qui parle.

Un album drôle et beau

Professeur d’art plastique, Lorraine les bains, connue aussi son nom d’artiste Maaarthe est une autrice multiple. Elle est tour à tour, illustratrice, clown et marionnettiste. Ce bagage technique et artistique se ressent dans Waldo. Elle évoque, elle suggère et fait ainsi fonctionner à fond l’imagination de son lectorat.

Si l’on peut être désarçonné par cette narration – elle semble touffue et partant dans tous les sens – elle se met en place lentement au fil des pages pour donner un ensemble d’une très grande qualité. C’est intelligent et surtout très drôle. L’autrice n’hésite pas à parler de son temps, des stars éphémères et de la télé-réalité. Tout le monde est égratigné.

Le lecteur peut d’ailleurs facilement s’identifier aux protagonistes cachés. L’humour y est noir et grinçant, notamment par des dialogues ciselés.

Waldo est aussi un très bel album. Le lecteur a l’impression que les maisons sont vivantes. Elles sont distordues et bancales. Les contre-plongés et les cadrages donnent aussi ce sentiment d’animation et d’une grande activité. D’ailleurs selon les émotions senties par les personnages, Lorraine les bains leur attribue un style de maison et des murs plus ou moins tremblant. Les couleurs, très bien senties, accentuent l’effet de mouvement.

Après Melancholia ou une autre mort et Sous le lit, les éditions Lapin frappent fort avec Waldo, un album attirant et intelligent !

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La fille de l’exposition universelle, tome 2 : Paris 1867 https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/la-fille-de-lexposition-universelle-2/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/la-fille-de-lexposition-universelle-2/#respond Wed, 31 Jul 2019 10:11:20 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=63089 Le deuxième récit proposé par Manini et Willem met de nouveau en scène Julie Petit-Clou et ses talents de voyance, cette fois-ci à l’occasion de l’Exposition Universelle de 1867 installée sur le Champ de Mars, dans La fille de l’exposition universelle : Paris 1867. Douze années ont passé depuis la première aventure et nous retrouvons […]

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Le deuxième récit proposé par Manini et Willem met de nouveau en scène Julie Petit-Clou et ses talents de voyance, cette fois-ci à l’occasion de l’Exposition Universelle de 1867 installée sur le Champ de Mars, dans La fille de l’exposition universelle : Paris 1867.

Douze années ont passé depuis la première aventure et nous retrouvons avec beaucoup de plaisir Julie et sa famille bohème, sur fond de tensions historiques.

Romance et suspense au rendez-vous

L’Exposition Universelle dispose à nouveau d’une aura toute particulière, amenant l’Empereur Napoléon III à recevoir plusieurs chefs d’états étrangers à cette occasion. La roulotte de la famille Petit-Clou est installée à proximité et nombreux sont ceux qui souhaitent bénéficier des dons de voyance familiaux, en particulier ceux de Julie.

Julie est devenue une belle jeune femme et les prétendants sont nombreux à se bousculer pour lui faire la cour, sous prétexte de faire appel à ses talents. Les petits frères ont eux aussi grandi et participent à l’aventure familiale, et Hortense, sa mère, attend de nouveau un heureux évènement. Cela n’empêche pas Julie de retrouver tous les soirs Julot, celui à qui elle réserve son cœur et qu’elle a décidé d’épouser. Mais cela ne sera possible que s’il consolide son activité de conducteur de bateau-mouche. Julie lui promet d’approcher Napoléon III, à qui elle a rendu de fiers services quelques années plus tôt.

Mais elle est loin d’être la seule à vouloir entrer en contact avec lui, les anarchistes ont de funestes projets visant en particulier ses illustres invités.

Julie sera de nouveau au cœur de la tourmente, directement touchée par les mouvements de l’Histoire de France et de Paris.

La fille de l’exposition universelle : Paris et le Second Empire

Dans cet album, nous retrouvons les personnages attachants du premier volet. Julie est devenue une jeune femme ravissante et son caractère pétillant continue de séduire son entourage et les lecteurs.

Elle sera directement concernée par les grands événements historiques de cette période, liés à l’apogée du Second Empire. La transformation de Paris à l’occasion de l’Exposition Universelle est au cœur de cette aventure : confiée au Baron Haussmann, elle aura des répercussions directes sur la jeune femme. Et nous retrouvons avec beaucoup de curiosité les centre d’intérêts et découvertes scientifiques qui animent cette Exposition Universelle de 1867.

Cet album contribue à permettre aux lecteurs non-initiés de découvrir la richesse du patrimoine historique et architectural parisien.

De plus, les dessins de Willem, sublimés les couleurs tout en douceur de Tanja Wenish constituent un véritable enchantement pour les yeux.

Qu’il s’agisse des rebondissements du scénario, du choix des rappels historiques, de l’ambiance transcrite par les dessins et les couleurs, le plaisir est au rendez-vous dans cette lecture ! Nous sommes impatients de retrouver le prochain volet !

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Zibeline Tome 1 https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/zibeline-goddyn-hautiere-aouamri/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/zibeline-goddyn-hautiere-aouamri/#respond Wed, 31 Jul 2019 09:45:26 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=63072 Le trio Aouamri / Hautière / Goddyn propose Zibeline, une nouvelle série jeunesse avec une jeune héroïne de 8 ans, Tanicia, qui se retrouve projetée dans un univers inconnu, loin des siens, accueillie par un trio improbable d’amis mi-animaux mi-humains. Quand la magie croise le chemin de Tanicia… A 8 ans, se retrouver catapultée dans […]

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Le trio Aouamri / Hautière / Goddyn propose Zibeline, une nouvelle série jeunesse avec une jeune héroïne de 8 ans, Tanicia, qui se retrouve projetée dans un univers inconnu, loin des siens, accueillie par un trio improbable d’amis mi-animaux mi-humains.

Quand la magie croise le chemin de Tanicia…

A 8 ans, se retrouver catapultée dans un univers complètement différent de son quotidien, perdre ses repères, voilà ce que vit Tanicia après une dispute qui l’oppose à son frère Badou et à sa mère.

Alors qu’elle puise de l’eau au bord de la rivière, elle est capturée en prévision d’une cérémonie vaudou. Heureusement pour elle, celle-ci ne se déroule pas comme prévu par le sorcier responsable de l’enlèvement et elle échappe à son funeste destin, grâce à un surprenant talisman qui la transporte dans un univers parallèle. Elle y est accueillie par un trio étrange, humanoïdes à têtes d’animaux, eux-mêmes complètement pris au dépourvu par cette petite fille si différente. Une fois la surprise passée, ils n’hésitent pas à l’accompagner et à la guider dans sa quête : retrouver son village et les siens. Une seule possibilité pour cela, quitter le cadre rassurant de la mangrove où ils vivent pour tenter de trouver une solution à ce problème dans la capitale, CMT Jupiter. En route pour d’étranges et palpitantes aventures !

Volontaire et pas qu’un peu de caractère

Tanicia alias Zibeline est une petite fille comme les autres : sa vie s’écoule entre les jeux et les disputes avec son frère, elle se confie à son animal de compagnie, elle râle et peste parce qu’elle est la plus petite et que personne ne l’écoute… Plusieurs enfants se reconnaîtront dans ce portrait ! Jusqu’à cet enlèvement qui la sépare de sa famille et la transporte dans un environnement qui a de quoi déboussoler le premier venu. Mais Tanicia ne va pas lâcher, elle veut retrouver les siens, va convaincre ses trois hôtes de l’aider et sa ténacité y est pour quelque chose.

Cet album porte de belles valeurs de conviction, de solidarité, de respect et d’accueil de la différence. Il amène également le lecteur à porter un regard critique sur l’organisation des sociétés humaines, la place du pouvoir, de la religion et l’éthique à mettre dans l’usage des connaissances scientifiques.

Régis Goddyn, Régis Hautière et Mohamed Aouamri ont réussi à donner du rythme à cette première aventure créative, avec une touche humoristique appréciée, en particulier dans les jeux de mots ou les références à notre société et aux jeux des plus jeunes lecteurs (et moins jeunes également…).

Les dessins très colorés, associés à de jolies mises en scène, sont très plaisants et transportent le lecteur dans un univers fantastique.

Vivement la suite !

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Il fallait que je vous le dise https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/il-fallait-que-je-vous-le-dise-mermilliod-casterman/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/il-fallait-que-je-vous-le-dise-mermilliod-casterman/#respond Sat, 13 Jul 2019 14:31:04 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=62995 Il fallait que je vous le dise édité chez Casterman est un roman graphique très personnel d’Aude Mermilliod qui témoigne de son choix d’avorter mais également du deuil qui n’en porte pas le nom. Elle nous transporte dans son histoire et dans l’histoire de Martin Winckler médecin militant féministe et écrivain qui s’est engagé en faveur l’IVG. Il […]

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Il fallait que je vous le dise édité chez Casterman est un roman graphique très personnel d’Aude Mermilliod qui témoigne de son choix d’avorter mais également du deuil qui n’en porte pas le nom. Elle nous transporte dans son histoire et dans l’histoire de Martin Winckler médecin militant féministe et écrivain qui s’est engagé en faveur l’IVG.

Il fallait que je vous le dise : l’histoire d’un choix

A 24 ans, Aude vient de terminer une relation de 3 ans et rencontre Christophe, ce n’est ni une histoire d’Amour ni un plan cul mais c’est une histoire sincère, une promesse de faire partie de sa vie. Quelques semaines plus tard, les premiers symptômes apparaissent, une fatigue excessive, des voix qu’elle ne supporte plus, des aliments qu’elle ne peut plus manger. Elle se décide, elle fait un test et découvre qu’elle est enceinte. Assez rapidement elle sait qu’elle veut avorter, c’est son choix. Sa famille et ses amis sont là mais tous ne comprennent pas vraiment. Heureusement il y a Vic qui sait que ce choix n’est pas un choix simple et sans conséquence car elle a avorté  à deux reprises. Elle l’accompagne dans ses démarches, prend les rendez-vous et la soutient alors qu’elle est enceinte. Il y a aussi Ben l’ami efficace qui ne pose pas de question mais qui est là sans jugement. Heureusement elle n’est pas seule.

Le jour J et les mois qui suivent

Le jour J, ce moment est difficile : la douleur si intense, le bruit de cette machine qui lui aspire les entrailles et pour finir le bruit de la chasse d’eau pour évacuer la matière que l’on a retiré. Ce n’est pas fini. Les jours, les mois et les années qui suivent ne sont pas pour autant simples, la vie ne reprend pas comme ça. Elle doit réapprendre à vivre avec les autres et à s’aimer à nouveau.

Martin Winckler le médecin qui s’engage

La seconde partie raconte le combat de  Martin Winckler (pseudonyme de Marc Zaffran) qui s’engage pour l’IVG à l’époque où la Loi a été votée sous l’impulsion de Simone Veil. Il nous raconte ses débuts, ses erreurs, ses jugements mais aussi comment en étant à l’écoute des femmes et des professionnelles, il a su petit à petit accompagner les femmes qui n’ont pas recourt à l’avortement de gaieté de cœur.

Il fallait que je vous le dise, une histoire forte un dessin doux

Aude Mermilliod nous livre deux histoires dans le même roman graphique. Elle nous raconte son histoire et celle de Martin Wincker. Ses dessins et ses couleurs d’une très grande douceur viennent appuyer ces deux récits très forts. Tout y est, le rythme, l’alternance des pages avec plusieurs bulles et celles avec une seule image, les moments de solitude nécessaires et ceux où les amis sont présents. Tout le monde devrait lire ce roman, les femmes qui ont avorté mais pas seulement, le hommes qui les accompagnent et tous les autres. Ce n’est pas seulement une histoire sur l’IVG c’est aussi une ode à la vie.

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