Comixtrip https://www.comixtrip.fr La bande dessinée du monde, le monde de la bande dessinée Thu, 21 Jan 2021 14:39:23 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.4.2 Jean Graton, créateur de Michel Vaillant, est décédé https://www.comixtrip.fr/actualites/jean-graton-createur-de-michel-vaillant-est-decede/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=jean-graton-createur-de-michel-vaillant-est-decede https://www.comixtrip.fr/actualites/jean-graton-createur-de-michel-vaillant-est-decede/#respond Thu, 21 Jan 2021 14:39:23 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=actualites&p=78978 Nous avons appris le décès de Jean Graton, créateur de Michel Vaillant. C’est en 1957 que l’auteur dévoile les premières planches du pilote émérite dans les pages du Journal de Tintin. Jean Graton,  la course automobile au cœur Né le 10 aout 1923 à Nantes, Jean Graton grandit dans une famille de passionnés de courses […]

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Nous avons appris le décès de Jean Graton, créateur de Michel Vaillant. C’est en 1957 que l’auteur dévoile les premières planches du pilote émérite dans les pages du Journal de Tintin.

Jean Graton,  la course automobile au cœur

Né le 10 aout 1923 à Nantes, Jean Graton grandit dans une famille de passionnés de courses automobiles. Orphelin de mère très jeune, à 11 ans, ce fils unique devient un amateur de voitures grâce à la passion de son père qui l’emmène au 24h du Mans à 14 ans.

La guerre vient briser cet élan. Son père est fait prisonnier par les Allemands. Il doit survivre seul dans cette lourde période. Il travaille alors pour les chantiers navals de la ville et obtient un CAP d’ajusteur.

La Belgique : l’eldorado de la BD

En 1947, Jean Graton quitte la France pour la Belgique, le pays de la BD. Il faut souligner que le jeune homme à de grandes dispositions pour le dessin. Il illustre des articles dans Les sports. Deux ans après son arrivée, il dessine dans le grand journal de Spirou, notamment pour les fameuses Histoires de l’oncle Paul.

Mais cela ne lui suffit pas. Il veut créer entièrement des histoires. Il travaille alors pour le journal de Tintin où sa première histoire La première ronde, autour de la Formule 1, est publiée en 1953.

Michel Vaillant, l’oeuvre de toute une vie

Passionné de sports automobiles depuis tout jeune grâce à son père, il propose Michel Vaillant, le pilote émérite à la rédaction de Tintin. C’est le début d’une aventure qui dure jusqu’en 2004, moment où son fils Philippe reprend le flambeau. 70 albums composent l’univers de Michel Vaillant : un record !

Le monde de Vaillant se développe avec le meilleur adversaire de Michel, Steve Warson, sa fille Ruth… Les aventures du pilote sont dépaysantes puisqu’il écume tous les circuits du monde, de Monaco au Mans.

Les Labourdet et Julie Wood

En parallèle de Michel Vaillant, Jean Graton imagine Les Labourdet, une série écrite par Francine Graton, son épouse.

Rapidement, l’auteur s’entoure d’autres artistes pour l’aider. Le Studio Graton est alors créé. Il y a notamment Christian Denayer qui y fait ses gammes.

Sont aussi publiés 8 tomes de la série Julie Wood, pilote moto à partir de 1976.

Dans le communiqué qui fait part de son décès, il est noté : « Jean Graton, c’est davantage encore que l’automobile, davantage que Michel Vaillant : les illustrations du journal Les Sports, les Belles Histoires de l’Oncle Paul dans Spirou, les couvertures et Histoires Complètes du journal Tintin, Julie Wood, les Labourdet. Commandeur des Arts et des Lettres, Chevalier de l’Ordre de Léopold, Jean Graton était le dernier monstre sacré de l’âge d’or de la BD franco-belge. Ses amis et collègues s’appelaient Goscinny, Uderzo, Charlier, Peyo, Roba, Franquin, … Il s’est éteint paisiblement à Bruxelles à l’âge de 97 ans, entouré des siens. »

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Sur un air de fado https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/sur-un-air-de-fado-barral-dargaud/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=sur-un-air-de-fado-barral-dargaud https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/sur-un-air-de-fado-barral-dargaud/#respond Wed, 20 Jan 2021 07:46:04 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=78897 Avec son nouvel album Sur un air de Fado, Nicolas Barral nous embarque à Lisbonne, en pleine dictature militaire de Salazar. Il brosse un portrait vivant, tout en demi-teintes d’un médecin portugais entre détachement et blessure secrète… Portugal, été 1968 Fort d’Estoril, Portugal, 3 août 1968. Le dictateur Salazar, âgé de 79 ans, est victime d’une chute […]

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Avec son nouvel album Sur un air de FadoNicolas Barral nous embarque à Lisbonne, en pleine dictature militaire de Salazar. Il brosse un portrait vivant, tout en demi-teintes d’un médecin portugais entre détachement et blessure secrète…

Portugal, été 1968

Fort d’Estoril, Portugal, 3 août 1968. Le dictateur Salazar, âgé de 79 ans, est victime d’une chute de chaise en lisant son journal…

Dans un immeuble populaire de Lisbonne, la jeune Maria rapporte au docteur Fernando Pais sa chemise fraîchement repassée. Ce dernier l’enfile et se dirige comme chaque matin vers son premier patient.

Dans la rue, un groupe d’enfants ramasse une crotte de chien, l’enveloppe dans un papier de journal et va déposer le colis enflammé à l’entrée de la P.I.D.E*.… Un homme sort du bureau, se tache abondamment en piétinant le journal. En s’enfuyant, l’enfant est arrêté par un de ses collègues et se fait malmener. Grâce à l’intervention du docteur, l’enfant s’échappe en lançant un “À bas Salazar !” rageur.

Le médecin monte tranquillement dans les étages, pour rejoindre un bureau médical et faire une injection à son premier patient, un des hommes de la P.I.D.E. Puis, il rejoint son cabinet personnel.

La mélancolie et la violence en musique

Le Fado, synonyme de “Destin”, est une musique portugaise traditionnelle mélancolique accompagnée par des instruments à cordes pincées. Dans les années 50, ce style populaire fut vécu comme une forme de résistance à la dictature de Salazar.

Avec ce titre inspiré et symbolique, Nicolas Barral nous transporte au temps du dictateur, plus précisément à la fin de sa vie. À Lisbonne, nous faisons connaissance avec Fernando Pais, un médecin généraliste, qui vit sa vie simplement n’aspirant qu’au bonheur simple. Ce n’est pas une âme exaltée, et pourtant, dans les années 50-70 au Portugal, il y a de quoi s’insurger. Depuis que Salazar est au pouvoir, il bâillonne les voix de ces opposants, en particulier les communistes, grâce à la P.I.D.E. la police politique violente et omnipotente. De par son métier, Fernando en sait quelque chose. Il a ses entrées comme médecin à la P.I.D.E. et sait comment la police personnelle du pouvoir traite ses interrogatoires de façon musclée…

Un homme simple

Fernando Pais ne cherche pas le conflit, il cherche juste à vivre. Il faut dire qu’il a payé assez chèrement une jeunesse un peu rebelle, et un engagement motivé par l’amour…

Sur un air de Fado est un portrait d’un homme sans chichi ni grandes théories, à travers deux moments de sa vie. Nicolas Barral ne juge pas cet homme qui recherche la douceur de vivre sur les bords du Tage et pratique son métier avec bienveillance et humanité. Non, ce n’est pas un révolté, mais il n’est pas ignorant pour autant. Il semble juste détaché…

Changement de cap

Jusqu’à présent, Nicolas Barral nous avait habitués à des albums très différents. L’aventure (Les Ailes de plomb), l’humour de situation débridée (Baker Street, Les Aventures de Philip et Francis, Dieu n’a pas réponse à tout, Les Cobayes, Le guide mondial des records), en passant par des adaptations de Nestor Burma dans le style graphique de Tardi. C’est un dessinateur caméléon, qui s’adapte à son sujet.

Même si j’adore les délires visuels de Nicolas Barral, quand il croque ses personnages, j’ai apprécié ce changement à 360°. Pour la première fois en solo, il tente (avec brio) le récit personnel, intimiste et sensible.

Un graphisme tout en subtilité

Nicolas Barral nous offre avec un dessin très sobre, tout en délicatesse. Le trait est assez simple, sans fioriture et se concentre sur l’essentiel. Particulièrement attentif au cadrage de ses cases et au langage corporel, il laisse vivre des scènes contemplatives, sans dialogues. Dans ces moments de silence, l’amour, la rancœur, le désespoir, toutes les émotions s’expriment dans ces petits détails.

Sa mise-en-couleur toute douce accompagne ce choix graphique tout en sobriété. Au long de ces 160 pages, nous nous approchons toujours un peu plus près de la vérité de cet homme, médecin, qui a choisi de vivre sa vie, sans intervenir dans celle des autres.

Sur un air de fado : Une histoire inspirée

L’histoire inspirée de Pereira prétend de Tabucchi (déjà mise en image par Pierre-Henry Gomont dans une très belle bande dessinée), soulève avec légèreté des questions profondes. Comment vivre dans un régime totalitaire sans s’impliquer ? Abandonne-t-on ses révoltes de jeunesse et à quel prix ? Comment entrer en résistance ? Que cherchons-nous dans la vie ? Chacun y répondra à sa manière. Moi, j’ai beaucoup aimé ce récit simple (en apparence), qui a l’élégance de ne pas prendre parti, ni de juger et vous invite à partager ce beau récit qui sonde l’âme portugaise, l’air de rien….

  • *PIDE : Police Internationale et de Défense de l’État
Chronique de Jacques Viel

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Ballade pour Sophie https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/ballade-pour-sophie-cavia-melo-paquet/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=ballade-pour-sophie-cavia-melo-paquet https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/ballade-pour-sophie-cavia-melo-paquet/#respond Tue, 19 Jan 2021 12:39:43 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=78924 « La musique exprime ce qui ne peut être dit et sur quoi il est impossible de rester silencieux » écrivait Victor Hugo. Et moi, je ne peux laisser mes mots muets face à la musicalité de la « Ballade pour Sophie ». Cette lecture m’a donné la clé pour faire chavirer le sol sous mes pas et me […]

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« La musique exprime ce qui ne peut être dit et sur quoi il est impossible de rester silencieux » écrivait Victor Hugo.

Et moi, je ne peux laisser mes mots muets face à la musicalité de la « Ballade pour Sophie ». Cette lecture m’a donné la clé pour faire chavirer le sol sous mes pas et me faire tomber dans l’orchestration d’une magnifique composition de bulles.

Je pianote sur mon clavier virtuel tout en posant la foulée de mon cœur sur le pédalier pour vous offrir les premières notes de ce très beau fragment de gammes dessinées.

DES MÉMOIRES SOMNAMBULES

Un jour, une prétendue journaliste Adeline Jourdain se présente au domicile du célèbre pianiste Julien Dubois pour écrire un article sur sa carrière.

Taciturne et récalcitrant à ce projet, il se laisse finalement convaincre par la ténacité inexpliquée de cette jeune femme et lui propose de s’installer quelques jours chez lui pour écouter les restes de sa mémoire.

Au fil des confidences et d’un attachement pianissimo sous leurs échanges à partition découverte, Julien Dubois va lui révéler des erreurs humaines qui lui font chercher une dernière vérité.

Car rides devant la glace, il se fait vieux et avant que la vie ne trépasse, il veut libérer son cœur pour garder l’espoir d’entendre encore un dernier refrain.

Sous la brume de ses pensées, nous allons alors traverser toutes les notes semées dans les époques tantôt sombres ou permissives des années 30 à 90 où on va comprendre que la vie de cet artiste est bien triste et qu’elle est cabossée sous la résonance de canons d’actes manqués.

DES NOTES NOIRES POUR COMPOSER UNE NOUVELLE PAGE

Tant d’interrogations se posent sous cet air avoué qui se joue entre les ballades de la rivalité (malvenue ?) incessante avec un autre pianiste, de la rencontre avec l’amour (le grand ?), de la décadence (sur une cadence arythmique ?), de la déchéance (nécessaire ?), de la perte de l’estime de soi (et des autres ?) et de celle de l’amitié (conservée ?).

Des révélations inattendues vont prendre une densité dans la relecture de cette vie et offrir peut-être aux personnages un espoir de mieux composer l’avenir.

Quel est donc ce prélude qui marquera leurs notes une fois qu’elles seront couchées sur le linceul du papier pour l’éternité ?

Car souvent les cœurs se souviennent, une fois unifiés, que l’amour nous dicte de mourir dans les bras d’un être aimé.

UN ROMAN GRAPHIQUE A LA CORDE SENSIBLE

Edité par Paquet, Ballade pour Sophie est une œuvre subtilement menée à la baguette par ses auteurs.

Le récit du scénariste, réalisateur et pianiste professionnel Filipe Melo (Amertumes, Comer Beber) évoque, avec sensibilité, le temps qui se précipite parfois dans le souffle d’un instrument de musique pour expirer une souffrance.

Sous la collaboration des mains d’artiste de Juan Cavia (Commando Vampires, Dog Mendonça & Pizza Boy), cette merveilleuse histoire prend une formidable hauteur sous la durée des sons de superbes bulles colorées.

Je ne pourrais que vous conseiller de vous précipiter fortissimo dans la première librairie pour laisser retentir entre les parois de votre cœur ce si doux répertoire proposé.

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Chroniques de jeunesse https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/chroniques-de-jeunesse-delisle-delcourt/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=chroniques-de-jeunesse-delisle-delcourt https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/chroniques-de-jeunesse-delisle-delcourt/#respond Tue, 19 Jan 2021 11:03:45 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=78873 Avant d’être l’auteur de Shenzen, Pyongyang, S’enfuir, Chroniques birmanes ou Chroniques de Jérusalem, Guy Delisle a travaillé trois étés dans une usine de papier. Dans Chroniques de jeunesse, le Québécois livre des tranches de vie dans cette entreprise où travaillait son père. Un récit d’apprentissage très drôle ! A l’usine de pâte et de papier […]

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Avant d’être l’auteur de Shenzen, Pyongyang, S’enfuir, Chroniques birmanes ou Chroniques de Jérusalem, Guy Delisle a travaillé trois étés dans une usine de papier. Dans Chroniques de jeunesse, le Québécois livre des tranches de vie dans cette entreprise où travaillait son père. Un récit d’apprentissage très drôle !

A l’usine de pâte et de papier de Québec

Guy Delisle n’est encore que lycéen lorsqu’il postule dans l’usine de pâte et de papier de Québec à Saint-Charles. Âgé de 16 ans et rêvant de faire carrière dans le dessin animé, il tente sa chance dans cette immense entreprise où son père dessine des plans.

Cette usine est la plus importante de la ville. Elle fait travailler de nombreux habitants, se repère de loin par les fumées qui sortent de ses entrailles et l’odeur du soufre qui s’en réchappe. On y imprime des journaux dont notamment le New York Times.

Manipuler d’énormes rouleaux de papier

Dans l’entreprise, Guy doit veiller sur d’énormes bobines de papier et notamment les installer avec une grue sur des machines. En plus du nettoyage de l’allée longeant la rotative, le jeune adolescent doit aussi ramasser le papier lorsque la machine s’emballe. Pour cela, à l’aide d’un manche, il pousse le surplus dans une trappe. C’est quasiment la tâche qu’il effectue le plus pendant son service.

Entre une collègue trop tactile et entreprenant ou les pauses dans une salle insonorisé, Guy travaille dur. Parfois, il a le temps de lire, adossé à une traverse.

Chroniques de jeunesse, entre labeur et humour

Chroniques de jeunesse, ce sont trois étés pendant lesquels Guy Delisle a travaillé dans cette usine à papier. Entre les bobines, le nettoyage et les collègues hétéroclites, Guy ne s’ennuie pas.

Avec une dose d’humour qu’on lui connait, l’auteur nous fait quasiment voyager dans un lieu si mystérieux pour les profanes.

A l’image de Bienvenue à l’usine de Bastien Bertine, on découvre des anciens souvent blasés et goguenards vis-à-vis des chefs ou des nouveaux.

Renouer des liens avec son père

A l’époque de Chroniques de jeunesse, Guy Delisle ne vivait pas avec son père mais dans un petit pavillon avec sa mère. Pour étancher sa soif de dessin, une pièce avec un bureau incliné y fut même aménagée. Là, un dessin de Moebius lui faisait de l’œil. Hypnotisé par l’illustration du maître du 9e art, il ne pouvait pas se concentrer sur ses propres projets. On apprend aussi dans l’album qu’il a pu découvrir la bande dessinée grâce à la section ado-adultes de la bibliothèque de la ville.

Chroniques de jeunesse, c’est aussi la tentative de Guy Delisle de renouer avec son père. Habitant dans un appartement, ne recevant plus personne, n’ayant pas d’amis et étant mystérieux sur son travail à l’usine, l’homme était solitaire. L’auteur propose des approches à son géniteur, mais elles restent souvent frustrantes.

La bascule vers le dessin animé

Chroniques de jeunesse met aussi en scène, le moment de bascule vers le dessin animé. Guy Delisle n’a même pas le temps de terminer son cursus d’études de dessin qu’il est embauché dans un studio d’animation.

La suite, on la connait : Pyongyang, Shenzen, Chroniques birmanes, Chroniques de Jérusalem, Louis au ski, Inspecteur Maroni, Guide du mauvais père ou S’enfuir, tant d’albums marquants, tant d’albums passionnants et drôles.

Guy Delisle est un auteur qui compte dans le monde du 9e art et il le prouve de nouveau avec Chroniques de jeunesse.

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Trump et l’enquête russe https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/trump-et-lenquete-russe-washington-post-disclose-goutte-dor/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=trump-et-lenquete-russe-washington-post-disclose-goutte-dor https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/trump-et-lenquete-russe-washington-post-disclose-goutte-dor/#respond Mon, 18 Jan 2021 15:03:30 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=78863 Alors que Joe Biden est intronisé 47e président des États-Unis aujourd’hui, son prédécesseur fut englué pendant tout son mandat par le dossier concernant l’ingérence russe dans sa campagne électorale où il triompha. The Washington Post revient sur ce scandale d’état dans Trump et l’enquête russe, une excellente BD reportage illustrée par Jan Feindt aux éditions […]

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Alors que Joe Biden est intronisé 47e président des États-Unis aujourd’hui, son prédécesseur fut englué pendant tout son mandat par le dossier concernant l’ingérence russe dans sa campagne électorale où il triompha. The Washington Post revient sur ce scandale d’état dans Trump et l’enquête russe, une excellente BD reportage illustrée par Jan Feindt aux éditions Disclose / Goutte d’or.

Trump et l’enquête russe : témoignages de membres du Congré et articles du Washington Post

Y-a-t-il eu ingérence dans la campagne électorale américaine en 2016 ? Donald Trump a-t-il enfreint la loi en cherchant à court-circuiter l’enquête ?

Trump et l’enquête russe tente de répondre à ces deux questions dans cette BD-reportage de grande qualité. Cette longue enquête s’appuie sur des témoignages de membres du Congré et sur des articles publiés dans le Washington Post.

2016. Lors de la campagne électorale des présidentielles aux USA, les renseignements américains soupçonnent la Russie de vouloir s’immiscer dans le processus de désignation du 46e président. Le FBI est alerté par les révélations des Wikileaks, l’organisation créée par Julian Assange révélant au public des documents classés top défense.

Le candidat Trump se gausse de ces attaques et il faudra attendre le début de son mandat pour commencer à démêler le vrai du faux.

Engrenages politiques

Cette affaire plombe les deux premières années du mandat de Trump. Les révélations s’enchaînent, le FBI enquête et le Washington Post recueille les témoignages accablants contre le président. Lui préfère tweeter que ce sont des fake news ou d’écrire lui même de fausses informations pour se dédouaner.

Ses conseillers – beaucoup vont démissionner ou être renvoyés pendant cette période – et ses ministres tombent dans un engrenage politique.

Michael Flynn, le vice-président Mike Pence, le sulfureux Stephen Bannon ou des employés du ministère de la justice doivent sauver le soldat Trump. Quelques-uns lui sont loyaux, d’autres loyaux envers les institutions et lors des différentes commissions d’enquête disent la vérité. Tout cela énerve le président qui fait pression sur eux pour passer entre les gouttes.

Le procureur spécial Mueller

Alors que le ministre de la justice Jeff Sessions livre son témoignage contre les malversations de Trump, il se récuse. Dans le même temps, le président limoge James Comey, le chef du FBI. C’est l’émoi à Washington.

Ajouter à cela, Rod Rosenstein, chargé de l’enquête, qui décide de nommer Robert Mueller, un procureur spécial en charge du dossier du Russiagate.

« Mon dieu, c’est horrible. C’est la fin de ma présidence. Je suis foutu. »

Est-ce vraiment la fin de Trump ? Pas vraiment, le dossier traîne en longueur et Mueller rédige un rapport que le président tourne à son avantage.

Avec la fin du mandat de Trump aujourd’hui, l’affaire va-t-elle être relancée ? Sachant que l’ex-homme fort des USA risque d’être aussi inquiété dans d’autres dossiers judiciaires. Fera-t-il de la prison ?

Trump et l’enquête russe : Six chapitres pour comprendre

Trump et l’enquête russe, ce sont six chapitres clairs et très étayés pour comprendre ce Russiagate. Fouillé et précis, le livre passionne comme une bonne série Netflix. On navigue avec aisance d’un personnage à l’autre, d’une révélation à un rebondissement. Tout est là pour tenir en haleine les lecteurs.

L’on découvre un président déchaîné pour sauver sa peau, entre renvois de collaborateurs, fake news et défausse sur les autres.

Pour accompagner l’enquête du Washington Post, Jan Feindt illustre avec soin les pages de cet album. Dessinateur indépendant, il a notamment travaillé pour Der Spiegel, le New York Times ou le Wall Street Journal. Trump et l’enquête russe est son deuxième album après CARGO : Comic Reporting From Israel-Germany. Ses caricatures des personnalités sont très réussies.

Après Sarkozy-Kadhafi pour lequel il a apporté sa contribution, Geoffrey Le Guilcher a décidé de publier cette enquête dessinée en France et il a bien fait. Elle nous permet de nous plonger dans ce scandale d’état, assez loin de nos préoccupations françaises.

Cet album fut nommé dans la sélection du Prix France Info de la BD reportage 2021 qui a vu triompher la merveilleuse série L’odyssée d’Hakim de Fabien Toulmé.

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Pacific Palace https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/pacific-palace-durieux-dupuis-spirou-fantasio/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=pacific-palace-durieux-dupuis-spirou-fantasio https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/pacific-palace-durieux-dupuis-spirou-fantasio/#respond Mon, 18 Jan 2021 13:59:45 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=78848 Le Spirou de Christian Durieux est un événement ! Dans Pacific Palace, il met en scène le groom et Fantasio embarqués dans un engrenage de complot politique. Entre romance et intrigue policière, cette histoire est excellente ! Le Pacific Palace accueille un dictateur Depuis quelques temps, Spirou est groom non plus au Moustique mais au […]

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Le Spirou de Christian Durieux est un événement ! Dans Pacific Palace, il met en scène le groom et Fantasio embarqués dans un engrenage de complot politique. Entre romance et intrigue policière, cette histoire est excellente !

Le Pacific Palace accueille un dictateur

Depuis quelques temps, Spirou est groom non plus au Moustique mais au Pacific Palace. Pour aider son vieil ami Fantasio dans une mauvaise passe, il le fait également embaucher dans ce luxueux hôtel ayant vu défiler toutes les plus grandes vedettes.

Mais voilà, en ce jour, le Pacific Palace est vide. M. Paul, le patron, attend l’arrivée d’Iliex Korda, l’ex-dictateur du Karajan, pays des Balkans.

Le dictateur, sa fille et les services secrets de l’état

Seccotine fait un direct pour la télévision devant les grilles du Pacific Palace. Elle annonce l’arrivée imminente de Korda.

Tout le monde est au garde-à-vous. En effectif réduit, M. Paul, M. Reynold le cuisinier, Julia la femme de chambre, Spirou et Fantasio doivent s’occuper au mieux du tyran et de sa suite.

Il faut souligner que Korda a trouvé refuge dans sa fuite en France, un pays ami. Entouré de ses molosses gardes du corps, il a aussi emmené sa fille Elena – en opposition forte avec la politique de son père – pour négocier avec les autorités françaises.

La jeune femme ne semble pas laisser insensible le petit groom…

Une très belle vision personnelle de Spirou

Alors que le dernier Spirou et Fantasio de la série mère par Neidhart et Tarrin (Spirou chez les Soviets) nous a enchanté et que certains Spirou de (L’espoir malgré tout de Bravo, Le groom vert-de-gris de Yann et Schwartz) nous ont ébloui, la vision personnelle de Christian Durieux nous a passionné !

Pacific Palace, c’est un polar en huis-clos extrêmement bien mené. Le suspense va crescendo au fil des pages grâce à une narration ciselée de l’auteur de la merveilleuse série jeunesse Oscar.

Spirou amoureux de la fille du dictateur

En effet, Pacific Palace est dans une veine réaliste au niveau de l’histoire. Christian Durieux développe un récit noir entre complots et politique. S’il n’oublie jamais l’humour, ADN de la série (Fantasio toujours très drôle à ses dépens et Spirou qui joue des poings et de réparties pour remettre son ami à sa place), l’auteur Gheisa ou le jeu du shamisen glisse dans les pattes du groom et de son acolyte, un dictateur en exil.

Accusé des pires ignominies contre son peuple, sa fille Elena se désolidarise de ce tyran jusqu’au-boutiste. Les liens entre la France (même si le pays n’est pas clairement énoncé) et le Karajan sont eux aussi à la limite de la légalité. Le petit pays des Balkans ressemble d’ailleurs un peu à la Roumanie de Ceaucescu.

Pour pimenter le tout, Spirou est amoureux d’Elena. Une belle première pour celui que l’on pensait célibataire endurci à tout jamais. Bien évidemment cela est accentué par Fantasio, lui aussi amoureux de la jeune femme. Se croyant irrésistible, il apprend à ses dépens qu’elle ne l’aime pas.

Superbe partie graphique

Sans oublier les gorilles du dictateur, Spirou et Fantasio iront de révélations en surprises. Pour accrocher le lecteur, Christian Durieux use de tout son immense talent graphique. En plus d’être un très bon conteur, il réalise des planches d’une somptueuse élégance. Son trait lisible, son découpage cinématographique (tiens, et si cette histoire pouvait être déclinée en film, ce serait chouette) et ses couleurs formidables nous emportent.

L’auteur de Mobilis joue avec une palette chromatique hypnotique. Ses ocres et ses bleus lors de la scène nocturne de la piscine sont fabuleux. Quelle force dans ses lumières !

A noter que Christian Durieux a travaillé avec le groupe de musique pop français Cocoon, qui signe deux titres autour de Pacific Palace. L’auteur BD a illustré la pochette de l’EP et un clip (voir la vidéo ci-contre).

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État des Lieux https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/etat-des-lieux/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=etat-des-lieux https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/etat-des-lieux/#respond Sun, 17 Jan 2021 20:02:41 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=78701 Dans État des Lieux, Antonin Gallo révèle des bribes de son adolescence. Et possiblement de la nôtre. Combien d'autres prénoms Julie englobe t-elle ?...

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« Tout a commencé par un rêve assez étrange… Dans ce rêve, je retournais dans mon enfance et je réussissais à déclarer ma flamme à la jeune fille dont j’étais amoureux au collège » confiait dans un entretien l’immense et regretté mangaka Jirō Taniguchi. De ce rêve est né l’un de ses plus beaux livres qu’est Quartier Lointain. L’histoire de l’auteur japonais prendra une tournure différente mais son contenu délivre une poésie, une sensibilité voire une mise à nu que l’on retrouve ardemment dans ce splendide roman graphique d’Antonin Gallo. État des Lieux sonne comme un retour aux sources à la saveur douce-amère. Entrons dans des souvenirs remplis d’émotion.

RETOUR VERS LE PASSÉ

Comme tout dessinateur Antonin a ses repères graphiques. Lorsqu’il s’agit d’illustrer les femmes, son trait cherche a reproduire inlassablement le visage de celle qui avait fait chavirer son cœur dans ses années lycée. Mais peu à peu les souvenirs s’estompent. Pour espérer retrouver cette attitude, ce regard, dont son crayon a besoin pour continuer à la faire vivre sur papier, Antonin décide de retourner dans cette école qui a indéniablement marqué sa fin d’adolescence.

C’est ainsi que nous faisons connaissance avec l’alter-ego du narrateur. Nous découvrons Antonin lycéen en cours de sport. De prime abord, on ne peut que constater le physique fragile du jeune homme face à l’exercice rugueux du ballon ovale… Mais ce ne sont pas ses prouesses sportives qu’Antonin est venu fouiller dans son passé. La scène remémorée suivante mettra en scène les premiers mot échangés avec celle qu’il considère comme son acte manqué.

Julie apparaît entourée d’herbe. Assise en face d’Antonin, elle semble aussi légère que vent qui souffle dans ses cheveux. Une insouciance idoine à une période de la vie où rien d’autre ne compte que de profiter de ces moments aussi éphémères qu’importants dans sa construction de vie d’adulte. De son côté, Antonin joue l’indifférence. C’est une technique comme une autre. Bien qu’il l’ait remarqué depuis longtemps, sa probable timidité l’entraîne vers une froideur qui lui permet de rester dans sa zone de confort. Et pourtant…

GARDE LES YEUX OUVERTS

Le lycéen connaissait le moindre de ses gestes, les endroits où elle passait dans l’enceinte de l’école, là où elle s’asseyait pour discuter ou pour manger, qui étaient ses amies. Il savait tout d’elle. Il savait tout parce qu’il en était éperdument amoureux. Tellement que sa décision de repasser un bac différent de celui qu’il avait obtenu n’était pas anodine. Le prétexte de se perfectionner dans la filière littéraire pour entrer à l’École des Beaux-Arts pouvait paraître fou pour certains mais cela lui permettait de gagner une année pour espérer.

Sur quoi se fonderont ses espoirs ? Des regards furtifs, des bouts de conversation, des sensations d’être « en phase », des gestes de la main, des signes d’intérêt. Autant d’éléments qui nourrissaient ce désir de réciprocité. Mais de là à sauter le pas…

Antonin va retrouver tous ses souvenirs. Il va nous les faire partager. Peut-être même qu’il va les extrapoler. Que son imagination et sa mémoire vont se mêler tout au long de ce récit. Peu importe. Ce qui compte c’est que Julie existe à travers lui et son double du passé. Pour devenir un symbole de cette adolescence qui nous a toutes et tous marquée.

UN ÉTAT DES LIEUX SANS DÉGRADATION

Avec État des Lieux, Antonin Gallo signe une œuvre intimiste qu’il qualifie lui-même d’autofiction. Dès les premières pages, on sait que l’on va entrer dans les pensées du co-dessinateur de Détox. Dès lors qu’on pénètre dans ses souvenirs, il se passe quelque chose. Comme si une magie opérait, on se surprend à retourner nous aussi dans notre propre passé. L’adolescence, cette tranche de vie si dure et belle à la fois.

A. Gallo présente son héroïne comme un amour enfoui et insaisissable. Tel un fantasme où il va trouver refuge dans ce mal-être d’adolescent, en pensant que la jeune fille va éprouver des sentiments similaires aux siens. La savoir inaccessible mais se rassurer en pensant qu’elle pourrait ouvrir une porte. Souffrir et accepter cette souffrance quand on comprendra qu’elle nous a fait grandir. Ainsi, on se met à observer scrupuleusement l’état des lieux de ce décor si familier.

Comme l’indique presque envieusement Jim (Une nuit à Rome, L’invitation) dans sa préface, Antonin Gallo s’est permis ce que moult auteur.ice.s rêveraient de réaliser s’ils en avaient l’opportunité. Revisiter entièrement un de ses livres en lui offrant une nouvelle dimension bonifiée par la maturité acquise au fil des années.

ET MÊME DE L’EMBELISSEMENT

Sans faire de comparaison avec la première version de 2012, force est de constater qu’Antonin Gallo a changé l’approche de ses personnages. Que ce soit Julie ou Antonin adolescent, les visages gagnent en finesse et en plénitude. Adepte des niveaux de gris, la technique est une nouvelle fois maitrisée. Sans oublier les quelques sublimes planches ou cases en couleur, Antonin Gallo offre un coup de crayon aussi agréable et doux que son récit.

État des Lieux est un roman graphique qui bouleverse, remue, et donne beaucoup d’émotions. Nous n’avons plus qu’à remercier Antonin Gallo de nous avoir donné un morceau de sa madeleine de Proust. Quel plaisir d’avoir goûté de nouveau à cette saveur qui réchauffe le ventre et le cœur.

 

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Les voyages de Gulliver https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/les-voyages-de-gulliver-galic-echegoyen-swift-soleil-noctambule/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=les-voyages-de-gulliver-galic-echegoyen-swift-soleil-noctambule https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/les-voyages-de-gulliver-galic-echegoyen-swift-soleil-noctambule/#respond Thu, 14 Jan 2021 14:26:40 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=78761 Gulliver est dans l’inconscient collectif. Oeuvre populaire de Jonathan Swift, elle est déclinée librement par Bertrand Galic et Paul Echegoyen dans Les voyages de Gulliver aux éditions Soleil. Dépaysant et enchanteur. Les voyages de Gulliver : un plume acide C’est en 1721 que parait la première version du roman de Jonathan Swift, Les voyages de […]

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Gulliver est dans l’inconscient collectif. Oeuvre populaire de Jonathan Swift, elle est déclinée librement par Bertrand Galic et Paul Echegoyen dans Les voyages de Gulliver aux éditions Soleil. Dépaysant et enchanteur.

Les voyages de Gulliver : un plume acide

C’est en 1721 que parait la première version du roman de Jonathan Swift, Les voyages de Gulliver. Après une censure, le livre en version complète est publié quatorze ans plus tard.

Entre conte philosophique et satire sociale, l’auteur britannique trempe sa plume acide dans ses pages. Il fustige ainsi le pouvoir, l’avidité des hommes, la monarchie, les courtisans et les pseudo-scientifiques. Tout cela est malheureusement encore très actuel aujourd’hui. L’on peut dire ainsi que Les voyages de Gulliver est une œuvre moderne malgré ses 300 ans.

Bertrand Galic (Violettes Morris) et Paul Echegoyen en livrent une déclinaison très libre mais néanmoins passionnante.

Vers les Indes orientales

Les voyages de Gulliver sont composés de quatre périples, mais Bertrand Galic a décidé de ne pas aborder celui à Lilliput, pourtant le plus connu du public. Peut-être est-ce cela qui a compté dans la réalisation de l’album ? A-t-il voulu se concentrer sur les voyages méconnus de Gulliver ?

Londres, le 2 août 1706. Par une nuit pluvieuse, le calme dans le foyer des Gulliver est rompu par l’arrivé du capitaine Robinson. Il vient chercher Lemuel, le père, pour qu’il l’accompagne jusqu’aux Indes orientales. Quelques jours plus tard, Gulliver embarque sur La bonne espérance.

Londres, Laputa, Londres

En grimpant à bord du navire, Lemuel Gulliver ne s’attendait sûrement pas à faire un voyage si long, une épopée qui l’emmènerait de Londres à Laputa pour ensuite revenir dans la capitale britannique.

Alors que La bonne espérance navigue calmement vers les Indes orientales, des pirates l’attaquent. Leur chef laisse la vie sauve à Lemuel. A bord d’une barque, il s’échoue sur une île désertique.

Le lendemain à son réveil, il est stupéfait par la scène qu’il observe : un château flotte au-dessus de l’île…

Une superbe épopée fantastique

Les voyages de Gulliver, c’est avant tout une très belle aventure fantastique, une épopée surprenante et magique.

Conte initiatique de découverte, l’album met en scène Lemuel, un homme qui va à la rencontre d’habitant.es sans le vouloir. Subissant souvent ces hasards, il va de lieux en lieux transportant son infinie sagesse envers ces femmes et ces hommes. Il observe mais n’émet jamais de critiques négatives. Ce sont les lecteurs qui se font leur propre morale à travers lui.

Les lieux sont surprenants, les puissants souvent très isolés dans leur pouvoir, les sujets parfois maltraités et restant dans les conditions misérables.

Lemuel Gulliver se laisse transporter d’un pays à l’autre, se forgeant un avis sur chacune de ses rencontres.

De sublimes planches

Les lecteurs se plaisent à regarder chacune des vignettes de Paul Echegoyen. L’auteur dont c’est le deuxième album (Léonard & Salaï), ravit leurs yeux de décors majestueux. Les cases sont foisonnantes de détails. Les palais sont magnifiques, les costumes débordent de création et les nuages sont composés d’entrelacs somptueux.

Le traitement de la réalité et des songes de Gulliver sont un véritable ravissement. Avec son long nez en pointe, l’explorateur malgré lui possède un standing que son costume lui confère.

Il suffit de contempler la couverture quelques minutes pour découvrir toute la richesse graphique de Paul Echegoyen. Si l’on ajoute à cela une palette de couleurs composée avec soin et l’on obtient des planches hypnotiques et oniriques. Laissez-vous porter par sublime bande annonce créée par le dessinateur (ci-contre).

Les voyages de Gulliver : une très belle version pour les amateurs de l’œuvre originale et les profanes. Un somptueux album !

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Walking Dead L’étranger https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/walking-dead-letranger-vaughan-martin-kirkman-adlard-delcourt/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=walking-dead-letranger-vaughan-martin-kirkman-adlard-delcourt https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/walking-dead-letranger-vaughan-martin-kirkman-adlard-delcourt/#respond Thu, 14 Jan 2021 10:01:38 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=78713 Alors que la série régulière Walking Dead a marqué son clap de fin en juillet 2019, l’univers créé par Robert Kirkman réapparaît brièvement sous la forme d’une courte histoire répondant au nom de The Alien, L’Etranger en français et d’un fascicule qui fait la part belle à Negan. UN PETIT TOUR ET PUIS… Alors qu’on […]

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Alors que la série régulière Walking Dead a marqué son clap de fin en juillet 2019, l’univers créé par Robert Kirkman réapparaît brièvement sous la forme d’une courte histoire répondant au nom de The Alien, L’Etranger en français et d’un fascicule qui fait la part belle à Negan.

UN PETIT TOUR ET PUIS…

Alors qu’on pensait avoir définitivement dit au revoir à la mythique série qui nous a accompagnés pendant 193 épisodes et plus de quinze années, nous voyons ressurgir des zombies au coin d’un ruelle sombre.

Pourtant, cela ne marque par le retour de la série, car Robert Kirkman semble être définitivement passé à tout autre chose et explore désormais de nouveaux horizons (Outcast, Fire Power…).

Mais comme un ultime clin d’œil, le père de la série a prêté, l’espace d’un instant, sa plus célèbre création à un duo d’artistes de renom : Brian K. Vaughan (Saga, Ex Machina) et Marcos Martin dont ce n’est d’ailleurs pas la première collaboration, puisqu’on leur doit l’excellent The Private Eye.

Soulignons pourtant que cet épisode est loin d’être récent puisqu’il a été publié sur internet il y a quelques années, nous en avions parlé à l’époque.

Pour autant, pour le lecteur français, il s’agit bien d’une histoire inédite que nous permettent de découvrir les éditions Delcourt.

UN PASITO BAILANTE…

Qu’on ne s’y trompe pas, dans Walking Dead – The Alien, point de monstre venu de l’espace.

The Alien, c’est subtilement l’autre, comprenons « celui qu’on n’a pas l’habitude de suivre ».

« L’Etranger » ? Pourquoi pas ? Si on considère que cette fois-ci, l’action de déroule à Barcelone et va permettre de suivre les personnages inédits que sont Jeff et Claudia.

L’intrigue reposant sur un rythme savamment orchestré par le très talentueux Brian K. Vaughan, il serait dommage de trop en dévoiler… Disons donc que l’épidémie a traversé l’océan et sévit désormais en Europe.

Aux dessins, on retrouve Marcos Martin, qui, avec beaucoup de modestie, se cale dans les pas du créateur, réalisant des planches qui respectent l’esprit de la série d’origine et reprennent le style épuré de Charlie Adlard.

Bien qu’elle soit courte, cette histoire comporte son lot de surprises et parvient à dégager une émotion indéniable.

Et finalement, il faut bien reconnaître que le choix éditorial de Delcourt de ne publier cette histoire qu’après la fin de la série régulière touche réellement au but. Le fait est que le duo d’artistes parvient à la perfection à insérer l’intrigue et les nouveaux personnages dans l’univers global, tout en présentant une histoire qui se tient par elle-même et pour elle-même.

Il s’agit donc d’une réelle réussite.

Pour compléter cette escapade barcelonaise, est ajouté un fascicule. Sur sa couverture, on découvre Negan, de profil, souriant et moucheté de taches de sang.

IL EST DE RETOUR.

Negan est un des méchants les plus emblématiques de l’histoire des comics. Il est apparu au centième épisode de la série et n’a eu de cesse de glacer le sang d’un lecteur ébahi par ce mélange de charisme et de cruauté.

Pourtant, il a disparu à partir de l’épisode 174 et est probablement parti vivre, ou survivre, avec ses crimes ; comme le lui avait intimé Maggie.

Ensuite, on a pu le retrouver dans la mini-série Here’s Negan, sobrement intitulée Negan en Français. Ainsi, on avait pu découvrir les origines de l’homme à la batte bardée de barbelés.

Et une fois de plus, Negan est de retour.

Contre toute attente, on découvre un homme qui, à première vue, est apaisé, presque placide…

A-t-il trouvé une forme de paix intérieure au point de réussir à changer, ou bien ce calme n’est-il qu’annonciateur d’une tempête à venir ?

On l’apprendra vite, car ce retour ne sera développé que sur un unique épisode, mais avouons-le, on retrouve Negan avec un plaisir coupable.

Par ailleurs, et on l’apprend dans la postface, cet épisode a été créé bénévolement par Robert Kirkman et Charlie Adlard pour que les fonds récoltés reviennent intégralement aux librairies, particulièrement touchées par la crise sanitaire causée par le coronavirus.

Finalement, Negan est revenu pour accomplir une bonne action. Qui aurait pu le croire ?

Avec la publication conjointe de Walking Dead L’Étranger et Walking Dead – Le retour de Negan, les éditions Delcourt nous permettent de découvrir deux récits indépendants inédits en France. Ainsi, et bien que ce soit de courte de durée, on se rend compte que l’univers de Walking Dead nous a manqué. Et même si on sait bien que la série est terminée, retrouver ces vieux personnages et en découvrir de nouveaux se fait avec un réel plaisir.

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Dans les pas du fils https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/dans-les-pas-du-fils-fourcade-calmann-levy-kirghizistan/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=dans-les-pas-du-fils-fourcade-calmann-levy-kirghizistan https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/dans-les-pas-du-fils-fourcade-calmann-levy-kirghizistan/#respond Wed, 13 Jan 2021 10:16:07 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=78635 Depuis quelques temps cela ne va plus entre Renaud et son fils Tom. Pour tenter de réparer leur relation cassée, le père décide d’emmener son fils au Kirghizistan pendant trois mois. Clémentine Fourcade met en image leur périple à cheval dans le très bel album Dans les pas du fils aux éditions Calmann Lévy Graphic. […]

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Depuis quelques temps cela ne va plus entre Renaud et son fils Tom. Pour tenter de réparer leur relation cassée, le père décide d’emmener son fils au Kirghizistan pendant trois mois. Clémentine Fourcade met en image leur périple à cheval dans le très bel album Dans les pas du fils aux éditions Calmann Lévy Graphic. Dépaysant.

Voyage au Kirghizistan pour recoller les morceaux

Renaud a quitté la mère de Tom depuis de nombreux années. Dès lors, leur relation est devenue conflictuelle, accentuée à la période de l’adolescence.

« Et là il me dit qu’on va se barrer trois mois au Kirghizistan ! »

Les deux ne se parlent quasiment plus sauf pour se disputer. Renaud pense que Tom fume et menace de l’envoyer dans une école militaire.

Pour tenter de recoller les morceaux, le père a décidé de partir en voyage trois mois au Kirghizistan. Il faut souligner que pris de peur par l’arrivé de son enfant, il s’était éloigné de la mère et n’avait jamais assumé son rôle de père. Les ressentiments de Tom sont donc très ancrés.

Au pays des chevaux

Pourquoi Renaud choisit-il le Kirghizistan ? Tout simplement parce que Yann, un Français, possède une ferme avec son épouse kirghize et sa sœur Hélène.

Tom pense d’ailleurs que ces trois mois sont un très mauvais projet et se dit même que vu leur passif, les deux hommes vont s’entretuer.

Hélène les accompagne pendant les cinq premiers jours et après ils seront seuls tous les deux. Face à face, ils seront bien obligés de se parler et d’aplanir leurs tensions.

Ils devront relier Akochon à Son Gkol soit trois longs mois. Pour cela, ils utiliseront des chevaux, deux montures et deux pour le transport de leurs affaires.

Dans les pas du fils pour se découvrir

Clémentine Fourcade s’empare du roman de Renaud et Tom François (éditions Kero) pour en faire une histoire universelle, celle d’un père en conflit avec son fils tentant de se parler et se découvrir.

En effet, les deux hommes ne se sont jamais vraiment confiés l’un à l’autre. Des pans entiers de leurs vies sont méconnus à l’autre.

Mais cela n’est pas simple parce que Tom reproche à Renaud de n’avoir jamais pris le temps de le connaître, de n’avoir jamais su s’occuper de lui et de l’avoir abandonné.

On découvre un père qui fut angoissé à la naissance de son fils, incapable de l’élever et fuyant ses responsabilités. Renaud est persuadé que Tom dérive et peut être un potentiel délinquant.

Les grandes steppes et les chevaux comme thérapie

Partir loin et se retrouver seuls face à leurs démons tel est le but de ce voyage. S’il l’on dit souvent que les enfants peuvent marcher dans les pas de leur père, cette fois-ci c’est l’inverse. Dans les pas du fils, c’est aller le chercher par la main et lui dire qu’on l’aime. Délicat lorsque l’on ne l’a jamais fait. Être naturel dans ce cas là, n’est pas chose aisée.

Ce sont les steppes du Kirghizistan et les chevaux qui vont jouer cet intermédiaire entre Tom et Renaud, comme une sorte de thérapie psychologique familiale.

Petit pays d’Asie centrale, le Kirghizistan est une ancienne république de l’URSS, indépendante depuis 1991. Avec six millions d’habitant.es, elle fait office de petit poucet. Nation très pauvre, sa principale activité économique est l’agriculture.

Les lecteurs de Dans les pas du fils découvre cette particularité. Il y a de nombreux agriculteurs et nomades qui élèvent des animaux et particulièrement des chevaux pour survivre.

C’est ainsi que les deux hommes se retrouvent dans la yourte familiale d’Omar, Leila, Aliya, Taalay et Nurlan où ils ont pu observer les traditions kirghizes. Cela fut facilité par les notions de russe de Renaud.

De la beauté des paysages

Le Kirghizistan est beau sous les crayons de Clémentine Fourcade. Diplômée de l’école Estienne, l’autrice sait donner de la puissance aux paysages de cette contrée méconnue des Français.es.

Les moments de tensions entre Renaud et Tom tranchent avec l’immensité des steppes. Clémentine Fourcade parsème son découpage efficace de grandes illustrations sur double-page. Son trait est charbonneux et ses couleurs aux croyons sont bien senties. On apprécie ses roses, ses ocres ou ses violets.

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La part de l’ombre https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/la-part-de-lombre-perna-ruizge-glenat/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=la-part-de-lombre-perna-ruizge-glenat https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/la-part-de-lombre-perna-ruizge-glenat/#respond Tue, 12 Jan 2021 08:40:53 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=78687 « Il y eu plusieurs tentatives d’assassinat d’Hitler par des individus isolés mais aucun ne fut si proche d’y parvenir que Maurice Bavaud ». Cette phrase des historiens James P. Duffy et Vincent L. Ricci (auteurs de Target Hitler aux éditions Praeger, 1992) sert de préambule à l’album La Part de l’Ombre, scénarisé par Patrice […]

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« Il y eu plusieurs tentatives d’assassinat d’Hitler par des individus isolés mais aucun ne fut si proche d’y parvenir que Maurice Bavaud ». Cette phrase des historiens James P. Duffy et Vincent L. Ricci (auteurs de Target Hitler aux éditions Praeger, 1992) sert de préambule à l’album La Part de l’Ombre, scénarisé par Patrice Berna et dessiné par Francisco Ruizge, chez Glénat.

Grâce au film Walkyrie avec Tom Cruise, le grand public connaissait beaucoup mieux ce complot qui visa la vie du Führer. Aussi était-il temps de rendre hommage à cet autre héros. Avec La Part de l’Ombre, cette lacune est désormais comblée.

La part de l’ombre : Un pan méconnu de l’histoire

Prévu en deux tomes, cette bande dessinée raconte l’histoire de Maurice Bavaud (1916-1941 et dont on découvre la vrai photo en dernière page). Ce Suisse anonyme, séminariste très pieu, faillit passer à la postérité pour avoir tué le chef nazi. Malheureusement, il échoua. Mais son histoire n’en reste pas moins passionnante, surtout qu’elle n’est pas aussi linéaire et simple qu’elle n’y paraît au premier abord.

Une histoire. Deux époques.

Pour suivre ce destin tragique, Patrice Perna (auteur notamment de Kersten, Forçats, Darnand le bourreau français et Morts par la France) nous a concocté un habile scénario où l’on navigue entre les époques : celle de la domination nazie (au moment où Bavaud cherche à agir) et celle de la guerre froide (quand des hommes cherchent à comprendre ce qui s’est vraiment passé). Il permet de mieux cerner les motivations de Maurice Bavaud.

Quant au dessin de l’Espagnol Francisco Ruizge (illustrateur de la série Luxley chez Soleil), il est surtout efficace dans les scènes nocturnes et celle qui représentent les grandes parades hitlériennes.

Au final, La Part de l’Ombre est un album intéressant où on apprend beaucoup de choses et où le suspense est bien présent….voilà pourquoi nous attendons le tome 2 avec impatience !

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Blue Period https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/blue-period-tsubasa-yamaguchi-pika-edition/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=blue-period-tsubasa-yamaguchi-pika-edition https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/blue-period-tsubasa-yamaguchi-pika-edition/#respond Sun, 10 Jan 2021 18:56:40 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=78239 Blue Period, de Tsubasa Yamaguchi, est une plongée dans l’art au sens le plus strict et le plus étonnant du terme. C’est un cours de dessin en 228 pages par le biais d’un personnage tendre, passionné et passionnant. Tomber dans l’art Yatora, lycéen en  deuxième année, n’avait pas prévu d’aimer l’art. Il avait prévu de […]

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Blue Period, de Tsubasa Yamaguchi, est une plongée dans l’art au sens le plus strict et le plus étonnant du terme. C’est un cours de dessin en 228 pages par le biais d’un personnage tendre, passionné et passionnant.

Tomber dans l’art

Yatora, lycéen en  deuxième année, n’avait pas prévu d’aimer l’art. Il avait prévu de tracer sa route méticuleusement calculée vers une vie calme et confortable. Aussi ennuyeuse soit-elle. Puis il tomba par hasard sur un tableau qui l’envoûte totalement. Ce fut l’étincelle.

Il tente alors de réellement s’exprimer à travers le dessin. C’est la naissance du brasier. Il tombe tout entier dans la peinture, et se lance à l’assaut du concours d’entrée de la plus sélective des écoles des beaux-arts : Geidai.

C’est le début d’un apprentissage fastidieux, technique mais surtout : passionnant.

La passion ne prévient pas avant de surgir

Yatora est à la fois une personne singulière et un personnage auquel on s’identifie tout de suite. Une personne singulière car il est autant un bad boy et qu’un excellent élève. Il veille à entretenir des relations harmonieuses avec les autres simplement pour ne pas avoir de problème.

Un personnage auquel on s’identifie tout de suite, car Yatora est finalement comme tout le monde : un adolescent qui n’ose pas être lui-même. En deux temps trois mouvements on prend la mesure de son problème : A-t-il déjà été sincère ?

Alors la peinture tombe à point : L’art est un langage qui n’a pas besoin de mot.

Yatora n’avait jamais porté attention au cours de dessin. Il pensait que  l’art était pour les fainéants et les otakus. Un domaine dans lequel apparaissent des génies, des surdoués. Mais où un lycéen lambda n’a pas sa place et aucune chance de percer. Pas un truc pour lui en somme.

Parce qu’on entre dans l’histoire sous cet angle, Blue Period embarque n’importe quel lecteur, qu’il soit connaisseur ou non. Son originalité rappelle à notre bon souvenir les premiers bonhommes patates que nous dessinions enfant, et les premières maisons sans perspective qui nous ont laissé un goût amer.

L’envie de reprendre un crayon, de tenter la peinture, de voir le paysage avec des yeux qui mesurent les angles, tracent des lignes imaginaires nous prend alors. Frénétique.

Une palette de personnage

Le profil de chaque personnage de Blue Period a un petit quelque chose d’atypique. Et pour cause, c’est une palette de passionnés.

Yatora un personnage très attachant. Réaliste, qui sort des archétypes. Le genre de personne qui cultive la nonchalance tranquille, la politesse bienveillante. Mais qui garde un ouragan au fond de lui, quelque chose qui attend de jaillir de toute ses forces, à sa propre insu.

Sa découverte de l’art se fait par Yuka, personnage (à priori) transgenre tendre et espiègle, Mori, d’un an leur aînée et peintre de talent, la professeur d’art étrangement encourageante… La chute du héros dans un monde inconnu l’amène à croiser la route de nombreux individus passionnés ou « doués » pour le dessin. Ce sont autant de raison de penser qu’il n’est qu’au début de son aventure. Que le chemin est encore long, bourré d’embûche, et de plus en plus excitant.

Le réalisme du manga rend la découverte – ou redécouverte – des médias graphiques aussi passionnant que si nous tombions nous-même dedans.

Un cours de dessin en 228 pages

L’art graphique, c’est un terme fourre-tout pour désigner une multitude de techniques, de styles, de genres de dessin. C’est un terme incroyablement abstrait. Blue Period permet de faire le tri. Grâce à l’ignorance du héros, une multitude d’explications techniques nous est donnée. Les plus simples, parfois les plus complexes. Des conseils à prendre au sérieux s’il l’ont veut dessiner. Car en réalité, le dessin, c’est un domaine où il faut beaucoup utiliser sa cervelle.

Blue Period nous offre aussi des explications sur les cursus artistiques au Japon. Assez proches des cursus français. A vrai dire, si en France le dessin et la peinture à huile sont d’élevés au rang d’art rigide, codifié, glorifié, si étroitement mêlé à l’histoire de l’occident, c’est un aspect rarement mis en valeur lorsqu’on parle du Japon. Et c’est une chose curieuse et plaisante de voir un aspect de l’art habituellement passé sous silence abordé de façon si franche et intégré à la culture nipponne.

Flotté dans la peinture

« Les œuvres de Picasso, ça ne me parle pas…  » – Yatora

Blue Period a un côté cinéma. On entre dans le manga comme dans un film. Par des scènes d’exposition narrées par Yatora lui-même. Une forme de monologue à cœur ouvert pour un héros qui ignore ses propres désirs. Il nous emmène doucement dans sa vie, posant placidement les bases de son univers.

Puis Yatora plonge dans l’art, exprime ses émotions dans la peinture et devient plus sensible à l’espace qui l’entoure. Cette sensibilité, acquise par des sens doucement aiguisés, rend notre propre vision des paysages plus précise, plus douce.

La mise en page permet une vraie immersion dans les œuvres « classiques » qui nous sont présentées : peinture à huile, peinture japonaise, crayon, fusain… Le style manga est effacé derrière les autres techniques. Quoiqu’elles soient toujours en noir et blanc, on n’a pas de mal à voir la couleur là où elle est pour les personnages. C’est un manga coloré tout en restant en noir et blanc.

Blue Period, une autrice qui renoue avec ses études

Pour réaliser son œuvre, Tsubasa Yamaguchi a reprit contact avec ses anciens professeurs, son ancien lycée et l’université de Geidai où elle a fait ses études. Les œuvres des personnages sont réalisées par d’autres mains que les siennes. Ce qui fait de Blue Period un véritable recueil d’artistes.

Tsubasa Yamaguchi a fait appel à des amis et des étudiants de Geidai pour illustrer les œuvres présentes dans le mangas. L’autrice les a tous crédités.

L’originalité de Blue Period réside là, dans cet échange entre réalité et univers du récit.

Voyage à coup de crayon

Blue Period – – édité par Pika Edition – est un voyage initiatique autant pour les personnages que pour les lecteurs. Il dessine un chemin sinueux entre le héros et son objectif. En cela c’est un shônen.

C’est un manga novateur dans sa forme, immersif dans son récit, addictif grâce à ses personnages. Beau et instructif. D’ailleurs, il collectionne les décorations : Lauréat du prix Manga Taishô 2020 (« grand prix du manga »), sélectionné pour le prestigieux Prix Culturel Osamu Tezuka 2020, 4e au prix des libraires Kono manga ga sugoi ! 2019 (« Ce manga est génial ! ») qui a notamment récompensé L’attaque des Titans d’Hajime Isayama et Spy x Family de Tatsuya Endo.

Blue Period se lit et se relit, se dévore et s’étudie. Je le conseille chaudement, autant pour ceux qui dessinent qu’à ceux qui hésitent. Et encore plus à ceux qui marmonnent « non, mais moi, je ne sais pas dessiner… »

N’hésitez pas ! A vos crayons !

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La solitude du marathonien de la bande dessinée https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/la-solitude-du-marathonien-de-la-bande-dessinee-tomine-cornelius/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=la-solitude-du-marathonien-de-la-bande-dessinee-tomine-cornelius https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/la-solitude-du-marathonien-de-la-bande-dessinee-tomine-cornelius/#respond Sun, 10 Jan 2021 09:58:23 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=78566 Dans un très beau carnet, Adrian Tomine raconte ses rapports parfois conflictuels avec son propre travail d’auteur de bande dessiné. La solitude du marathonien de la bande dessinée, c’est un album de souvenirs, entre désillusions et humour. 20 années d’envie de bande dessinée : de sa jeunesse… Auteur de bande dessinée indépendante américaine, Adrian Tomine […]

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Dans un très beau carnet, Adrian Tomine raconte ses rapports parfois conflictuels avec son propre travail d’auteur de bande dessiné. La solitude du marathonien de la bande dessinée, c’est un album de souvenirs, entre désillusions et humour.

20 années d’envie de bande dessinée : de sa jeunesse…

Auteur de bande dessinée indépendante américaine, Adrian Tomine est un artiste qui compte dans le monde du 9e art. Pourtant, à travers La solitude du marathonien de la bande dessinée, les lecteurs découvrent un dessinateur ayant vraiment lutté pour être reconnu, peu sûr de lui et d’une infinie gentillesse. Mais comment est-il devenu l’auteur de Blonde platine ?

Né en 1974 à Sacramento, Adrian arrive à Fresno à l’âge de 8 ans. Son premier jour dans sa nouvelle école est un fiasco. Alors que son enseignante lui demande ce qu’il aimerait faire plus tard, le petit garçon lui répond qu’il souhaiterait être un dessinateur célèbre, non comme Walt Disney mais comme John Romita, le co-auteur de nombreux comics à succès. Cette révélation lui vaut les pires moqueries, le rejet verbal ou physique de ses autres camarades.

Pourtant quelques années plus tard, Adrian devient le « meilleur auteur de BD réaliste du moment » comme l’écrit Robert Boyd, l’éminent journaliste.

… Aux premières séances de dédicaces

En 1995, Adrian est invité à la Comic-Con de San Diego. Il est reconnu par le public et ses pairs. Quatre ans auparavant, il a commencé l’aventure Optic Nerve, reprise en album par les éditions Drawn & Quarterly.

Pourtant, les critiques ne sont pas toujours tendres avec lui. Comparé trop souvent à Daniel Clowes, son modèle, il aimerait vraiment être reconnu pour son travail.

Entre les collègues un peu jaloux, des fans surprenants et des remises de prix où il n’obtient rien – notamment la fameuse cérémonie des Faux Fauves à Angoulême en 2016 – Adrian est un éternel anxieux. Il n’est jamais sûr de lui. Malgré son épouse Sarah et ses enfants qui tentent de le rassurer, rien n’y fait : il est un hyper-sensible…

La solitude du marathonien de la bande dessinée : de la difficulté d’être auteur

Jusqu’à présent, Adrian Tomine avait baladé ses crayons sur ses pages en parlant des autres, en leur inventant des vies; dans La solitude du marathonien de la bande dessinée, il se livre. Il brosse son portrait par de petites saynètes surprenantes et très drôles.

Faisant preuve d’une très grande auto-dérision,l’auteur des Intrus se met en scène dans des situations dans lesquelles il n’a jamais le beau rôle et c’est ce qui plait dans ce recueil si touchant. On le sent souvent dépassé, souvent interloqué par la réaction des autres, jamais sûr de lui mais toujours sincère et franc. Il est toujours bienveillant malgré les moments désagréables (voir la séance de dédicaces dans le sous-sol d’une librairie). Il en faut du courage pour se livrer ainsi sous un jour peu glorieux.

Comme de nombreux artistes et autres personnalités publiques, l’auteur des Intrus cherche l’amour et la reconnaissance de ses pairs ou du public. Comme il n’a pas confiance en lui, ces preuves pourraient flatter son ego et donc se sentir mieux. Éternel insatisfait, il a toujours peur de l’échec.

Un nom imprononçable, Daniel Clowes et le New Yorker

Dans La solitude du marathonien de la bande dessinée, les lecteurs découvrent amusés que Adrian Tomine a eu du mal à faire comprendre comment on prononçait son patronyme. Tominé, Tomaïne, même en reprenant ses interlocuteurs, cela ne fonctionne jamais.

Quant à sa proximité avec Daniel Clowes, il en joue aussi. De son illustre aîné, auteur de Patience, il aurait hérité de sa vivacité d’esprit et son trait. Proche de lui depuis quelques années, on découvre même Adrian lui rendant visite.

S’il lui arrive de nombreuses mésaventures, Adrian Tomine est un auteur apprécié de tous. Il continue fréquemment d’illustrer des couvertures du New Yorker, dont Françoise Mouly est la directrice artistique.

Carreaux bleus

La solitude du marathonien de la bande dessinée, c’est aussi un bel objet. Sous la forme d’un carnet de type Moleskine, l’album est imprimé sur des pages composés de carreaux bleus. Cela confère un côté intime, comme un journal de bord, qui convient idéalement aux confidences d’Adrian Tomine.

Son dessin d’une belle lisibilité est d’une grande force graphique. Son simple trait est toujours net et précis. Les décors sont a minima pour garder la puissance des interactions entre les personnages ou les moments d’introspection de l’auteur de Scènes d’un mariage imminent.

La solitude du marathonien de la bande dessinée : les embarras nombreux d’un auteur talentueux, entre déboires, soif de reconnaissance, difficultés à surmonter, famille aimante et humour puissant.

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Le jardin Paris https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/le-jardin-paris-geniller-delcourt/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=le-jardin-paris-geniller-delcourt https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/le-jardin-paris-geniller-delcourt/#respond Fri, 08 Jan 2021 11:37:24 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=78537 Danser, c’est toute sa vie. Jeune adolescent, Rose commence ses numéros habillé en femme dans le cabaret de sa mère. Après le magnifique Les fleurs de mon frères, Gaëlle Geniller imagine les premiers pas sur scènes du jeune garçon dans Le jardin Paris, un hymne à la différence et à l’acceptation de soi. Enchanteur et […]

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Danser, c’est toute sa vie. Jeune adolescent, Rose commence ses numéros habillé en femme dans le cabaret de sa mère. Après le magnifique Les fleurs de mon frères, Gaëlle Geniller imagine les premiers pas sur scènes du jeune garçon dans Le jardin Paris, un hymne à la différence et à l’acceptation de soi. Enchanteur et émouvant.

Danser sur cette scène pour la première fois

Paris dans les années 2020. C’est le grand soir pour Rose, le jeune adolescent se produit pour la première fois sur scène. Le tract l’envahit. Il ouvre le rideau du cabaret de sa mère et commence son numéro. Surnommé Rose, ce jeune garçon est habillé en femme. Il virevolte sur la scène comme ses collègues.

Marguerite, Hyacinthe ou Tournesol, elles sont toutes là pour le soutenir. Il faut souligner qu’elle le connaissent depuis tout-petit puisqu’il était jeune lorsque sa mère décida d’ouvrir Le jardin après que son père soit parti comme un lâche.

Aimé, l’admirateur amoureux

Dès le premier soir, c’est un triomphe. Rose émerveille les clients. Parmi eux, il y a Aimé, un homme subjugué par la beauté et la danse de l’adolescent.

Tous les soirs, Aimé vient applaudir Rose et tente de venir le féliciter dans sa loge. C’était sans compter sur les Fleurs, toutes dévouées à jouer les gardiennes.

Après plusieurs jours, Rose dévoile un autre de ses talents : l’effeuillage vers les clients. Sans le faire exprès, il choisit Aimé. Il n’en fallait pas plus pour que l’homme fonde. L’amour platonique est là, beau et pur comme dans un roman.

Le jardin Paris : une fleur éclot

Après le merveilleux Les fleurs de grand frère, Gaëlle Geniller continue de creuser son sillon avec Le jardin Paris. Son précédent album – le premier publié – mettait en scène un jeune adolescent ayant des fleurs qui lui poussaient sur la tête en même temps que son corps et son esprit changeaient  – celui-ci aborde aussi avec une infinie délicatesse le droit à la différence. Ce récit est d’un grande tendresse, bienveillant et lumineux.

Les lecteurs suivent Rose, un adolescent dont on ne connait pas le vrai nom, dans un cabaret dont la patronne est sa mère. On y découvre ce milieu de la nuit avec ses folies et ses extravagances. Tout y est possible.

Depuis son jeune âge, Rose baigne dans cet univers féminin ultra-protecteur. Voir ces femmes danser lui donne le goût d’en faire autant. C’est un bel héritage. Comme il l’explique, il veut que le corps des hommes puissent être aussi beau sous les feux des projecteurs et pouvoir se mouvoir sans les a priori des autres hommes.

Le jardin Paris : de la force de la sororité

Dans Le jardin Paris, ce sont les femmes qui imposent leur vision de la société alors que le récit se situe dans les années 1920. Elles sont fortes ensemble, se protègent et forment un cercle difficile à pénétrer. Cette sororité fait voler en éclat le patriarcat et remet les opportuns à leur place. Elles sont libres dans leurs choix et dans leurs corps.

Rose n’hésite d’ailleurs plus à se promener en femme dans la rue. Son amoureux platonique, Aimé – le nom est savamment choisi par Gaëlle Geniller – ne fait pas de différence et l’accepte ainsi. Ce personnage participe aussi à l’optimisme du récit.

L’acceptation de soi et des autres est un thème cher à l’autrice originaire de la Loire, comme dans sa précédente publication.

Comme des noms de fleurs

Un couple lesbien, un garçon qui s’habille avec des vêtements de femme et une mère déterminée, tout cela participe de cette histoire positive.

Dans Le jardin Paris, les femmes font corps et arborent fièrement des noms de fleurs (Hyacinthe, Tournesol ou Rose). Tout est donc délicat dans cet album jusqu’au nom de scène de ces artistes. Elles sont délicates et fortes comme des fleurs.

Des planches époustouflantes de vitalité

Les lecteurs sont admiratifs devant les planches sublimes de Gaëlle Geniller. Les 224 pages invitent au rêve. Comme un conte sans ennemi, Le jardin Paris bénéficie de la merveilleuse ambiance instillée par l’autrice.

Les scènes de danse sont virevoltantes, les personnages sont toujours en mouvement et les expressions de leurs visages sont très justes. Il y a de l’élégance et de la chaleur dans le dessin de Gaëlle Geniller.

Les costumes ont été méticuleusement documentés. Les robes, les chapeaux et les fleurs sont superbes. Quant aux couleurs, elles mettent en valeur les protagonistes avec raffinement. Tout est beau : le propos du livre et le dessin.

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Dragman https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/dragman-appleby-denoel-graphique/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=dragman-appleby-denoel-graphique https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/dragman-appleby-denoel-graphique/#respond Tue, 05 Jan 2021 15:12:52 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=78339 Un nouveau héros des temps modernes sillonne la ville pour rendre la justice. Son nom : Dragman. Son genre : homme. Sa force : ses habits de femmes. Steven Appleby imagine ses aventures de super-héroïne en collant dans un album novateur et inclusif. August Crim ne veut plus être Dragman Avec son fidèle acolyte Dog […]

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Un nouveau héros des temps modernes sillonne la ville pour rendre la justice. Son nom : Dragman. Son genre : homme. Sa force : ses habits de femmes. Steven Appleby imagine ses aventures de super-héroïne en collant dans un album novateur et inclusif.

August Crim ne veut plus être Dragman

Avec son fidèle acolyte Dog Girl, Dragman survole la ville afin de venir en aide aux habitant.es victimes d’injustice.

Super-héroïne adulée de tous, ce justicier est une drag queen. August Crimp est son nom de ville. Marié et père d’une enfant, lorsqu’il enfile des vêtements de femme, chausse des bottes et ajuste une perruque, il peut voler et possède une force surhumaine.

Mais voilà, depuis un certain temps, August ne veut plus être Dragman. Il a rangé ses vêtements de femme au fond de son armoire. Il ne sait plus trop bien où il en est.

Des bas qui font monter très haut

Plongé dans les coupures de presse narrant les exploits de Dragman, August se remémore sa rencontre avec Dog Girl mais surtout ses premiers pas de super-héroïne.

C’est vers l’âge de 16 ans et alors qu’il se trouve chez ses parents qu’il a l’idée d’enfiler un bas appartenant à sa mère. Cet accessoire le fait alors monter très haut et il lévite au plafond. Il décide alors d’utiliser ce don pour faire le bien autour de lui. Il devient Dragman.

Dragman sera-t-il enfin de retour ?

Ayant longtemps caché son passé à Mary sa femme, elle le découvre en ouvrant des cartons de déménagement. Tout est là : les habits, les journaux et les photos. Alors qu’elle aurait pu être dégoûtée et le quitter, il n’en est rien. Elle le comprend et ne le juge pas.

Mary et August rentrent ensuite chez eux. Cherry, la baby-sitter, est là pour s’occuper de Gully, leur enfant. Elle aussi a découvert le secret de M. Crimp. Elle lui demande alors de l’aider. Elle veut récupérer l’âme de ses parents.

« -Je ne vais pas l’aider.

-Pourquoi ?

-Parce que Dragman est mort ! »

Et si cette demande ravivait l’envie d’August de revêtir les habits de sa super-héroïne ?

Dragman : La vie rêvée de Steven Appleby ?

Dragman, c’est l’œuvre de sa vie. Mais Dragman, est-ce la super-héroïne qu’il aurait aimé être ? Steven Appleby, son dessinateur, vit en femme depuis 2007 comme son personnage principal.

Né en 1956, l’auteur anglais suit des études au Royal College of Art. C’est un être qui ne se cache plus depuis bien longtemps. Marié à Nicola, la coloriste de l’album, il décide alors de s’habiller en femme au milieu des années 1990.

Même s’il souligne qu‘August Crimp ce n’est pas lui, ni son histoire, on se plait à se dire que c’est son double de papier.

Une vraie Super-héroïne en collant

A l’image de Simon Hanselman, l’auteur de Megg, Mowl and Owl qui aime parfois s’habiller en femme, son coming out de drag queen se déroule plutôt bien auprès de ses amis. Steven Appleby poursuit sa carrière d’illustrateur et a même deux enfants avec Nicola.

Dragman est son premier album de bande dessinée. Et pour une première, c’est une vraie réussite ! Posy Simmonds l’autrice britannique de Cassandra Darke l’encense et les lecteurs se penchent avec enthousiasme sur cette petite douceur.

Comme dans les récits de super-héros, l’histoire dévoile les premiers pas et soubresauts du justicier, parle du costume, dévoile des actes héroïques, mais aborde également les tourments et angoisses du double du justicier.

Travestissement et justice

Sauf qu’au lieu d’être un homme, August Crimp est une super-héroïne avec des vêtements quoi vont avec. Les personnes sauvées lui sont reconnaissants et cela ne change rien qu’elle soit une drag queen.

Steven Appleby peut interroger son lectorat sur les questions de genre, sur le travestissement, la place des drag queens dans la société, sur l’entraide, sur l’acceptation de soi et des autres. En cela, Dragman est d’une grande intelligence et subtile.

Côté graphisme, Steven Appleby s’inscrit dans les pas de Quentin Blake, son tuteur lors de ses études de dessin. Son trait tout en rondeur est d’une très belle lisibilité.

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