Comixtrip https://www.comixtrip.fr La bande dessinée du monde, le monde de la bande dessinée Thu, 13 Aug 2020 14:13:15 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.4.2 Tokyo Tarareba Girls https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/tokyo-tarareba-girls-higashimura-le-lezard-noir/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=tokyo-tarareba-girls-higashimura-le-lezard-noir https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/tokyo-tarareba-girls-higashimura-le-lezard-noir/#respond Thu, 13 Aug 2020 14:13:15 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=73734 Trentenaire, Rinko se rend compte que si elle a réussi sa carrière professionnelle, elle n’a pas réussi sa vie sentimentale. Elle le sait : elle devra être mariée avant les Jeux olympiques de Tokyo 2020. Après Le tigre des neiges, Akiko Higashimura dévoile sa nouvelle série, Tokyo Tarareba Girls, un manga très drôle aux éditions […]

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Trentenaire, Rinko se rend compte que si elle a réussi sa carrière professionnelle, elle n’a pas réussi sa vie sentimentale. Elle le sait : elle devra être mariée avant les Jeux olympiques de Tokyo 2020. Après Le tigre des neiges, Akiko Higashimura dévoile sa nouvelle série, Tokyo Tarareba Girls, un manga très drôle aux éditions du Lézard noir.

Boire pour oublier ?

Rinko a 33 ans. Célibataire, elle est scénariste de séries télé. Si elle s’est épanouie dans son travail, côté cœur, c’est le vide intersidéral.

Tous les soirs après la journée de travail, Rinko rejoint Kaori et Koyuki – ses amies de lycée – dans le bar du père de cette dernière pour s’y raconter leurs peines de cœur et boire, énormément boire.

Elles ont inventé un code d’urgence. Lorsqu’elles s’ennuient, elles parlent d’une urgence de niveau 1. Si c’est pour se plaindre de leur travail ou de leurs collègues, c’est un niveau 2. Si elles veulent juste dégoiser sur quelqu’un, c’est le 3 mais l’ultime, le 4, c’est pour une histoire de mec. Autant dire qu’elles se voient tous les soirs !

Trouver un mari avant les Jeux olympiques

Rinko se rend de plus en plus compte qu’elle risque de rester seule toute sa vie. Les us et coutumes du Japon voient d’un mauvais œil, une célibataire de plus de trente ans. C’est décidé, elle devra être mariée avant les Jeux olympiques de Tokyo de 2020. Il lui reste alors six ans pour se trouver le mari idéal.

Il faut souligner qu’il y a dix ans, Rinko avait déjà laissé passer sa chance. Hayasaka, alors assistant de production dans la même entreprise qu’elle, l’avait invité pour son anniversaire. Là, paniqué et maladroit, il lui avait offert une bague de fiançailles. Trop peu pour la jeune femme qui avait décliné l’offre, avec dédain.

Depuis, le jeune homme est devenu plus beau et est monté en grade dans l’agence de production audiovisuelle. Le pensant célibataire, Rinko tente alors un rapprochement…

La folie Tokyo Tarareba Girls

Après Le tigre des neiges (Fauve jeune adultes à Angoulême en 2020), les éditions Le lézard noir dévoilent la nouvelle série d’Akiko Higashimura. Et quelle série ! La folie précède ce titre : un Eisner Award de la meilleur édition américaine d’un titre asiatique en 2019 et une série télévisée. Diffusé en 2017 sur Nippon TV, le drama compte à ce jour 10 épisodes. Bonne pioche donc pour l’éditeur poitevin.

Publié par Kodansha depuis 2014 au Japon, Tokyo Tarareba Girls est un josei de grande qualité et très drôle. Tout en folie et en décalage, ce titre est idéal pour passer un bon moment de rigolade.

Le lancement du manga devait correspondre à la tenue des Jeux olympiques de Tokyo en août 2020. Mais le Covid-19 est passé par là et la sortie du titre, en France, fut décalé. Quant au Japon, le même événement sportif devait marquer la fin de la série (9 volumes).

Y a qu’à, faut connes

Ce que l’on apprécie beaucoup dans Tokyo Tarareba Girls, c’est cette gentille moquerie envers les jeunes Japonaises. Célibataire et en quête d’un mari (elle cherche pour trouver), Rinko est drôle à ses dépens. Elle rejette son prétendant il y a 10 ans pour tenter de le reconquérir aujourd’hui. Elle rame et c’est drôle. Lorsque l’on cherche pour combler une envie ou un manque, cela ne peut que mal se passer.

Pour pimenter le tout, Akiko Higashimura glisse Key, un jeune mannequin sexy, dans les pattes de Rinko. Ce dernier est toujours franc du collier et très cash avec la trentenaire. Il baptise les trois amies, « Y-a-qu’à-faut-connes », du fait de leur comportements immatures de mal-élevées. S’il a des choses aussi à se reprocher – il est lui aussi hautain – il permet à Rinko de revenir sur terre. Il ne la ménage pas et lui fait prendre conscience de pans non-réussis de sa vie.

Entre modernité et traditions, au Japon, il n’est pas très bien vue pour une jeune femme de 30 ans de ne pas être mariée. C’est aussi cela que veut pointer du doigt la mangaka, autrice de Princess Jellyfish.

Le premier opus de Tokyo Tarareba Girls se termine sur un rebondissement dans ses dernières pages qui donne envie de poursuivre l’aventure avec Rinko. Le trait d’Akiko Higashimura est toujours aussi agréable, entre dessin réaliste et personnages kawaï. Le découpage est dynamique et fluide pour une lecture agréable.

Tokyo Tarareba Girls : un manga très drôle sur les déboires d’une trentenaire célibataire à Tokyo. Entre temps qui passe, mari à trouver, beuveries et répliques cinglantes.

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Celestia https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/celestia-fior-atrabile/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=celestia-fior-atrabile https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/celestia-fior-atrabile/#respond Mon, 10 Aug 2020 14:24:51 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=73805 Dora et Pierrot fuient leur île peuplée des pires malfrats de la Terre. Depuis la Grande invasion, ils y sont de plus en plus nombreux. Le talentueux Manuele Fior met en image ce road-trip entre anticipation et thriller dans Celestia, un merveilleux album. Envoûtant ! Celestia, une île de pierre peuplée de criminels Il y […]

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Dora et Pierrot fuient leur île peuplée des pires malfrats de la Terre. Depuis la Grande invasion, ils y sont de plus en plus nombreux. Le talentueux Manuele Fior met en image ce road-trip entre anticipation et thriller dans Celestia, un merveilleux album. Envoûtant !

Celestia, une île de pierre peuplée de criminels

Il y a plus de mille ans, Celestia fut construite au milieu de la mer. Aujourd’hui, cette île de pierre est coupée du continent. Mais un étrange phénomène vint bouleverser la quiétude des lieux : la Grande invasion. Paniqués, les habitants décidèrent de s’installer sur l’île. Depuis, elle est peuplée de marginaux, malfrats et autres criminels.

Dans les rues, en pleine nuit, une silhouette apparaît : c’est celle de Pierrot. Il se rend chez son père qui lui explique qu’il possède le don de télépathie. Il s’avère que cette grande capacité est importante sur Celestia et que surtout, il n’est pas le seul à la détenir.

Rencontre sur les canaux

Pierrot prend rapidement congé de son père et de ses invités. Il pense qu’il n’est pas de leur monde. Il part prendre un verre dans un bar. Là, il est bousculé par la serveuse. Son cerveau est alors contrôlé par quelqu’un. Il découvre  que c’est Dora qui en est l’autrice. Cette femme, il la connaît; elle fait partie de l’entourage de son père. Elle aussi est télépathe. Il la ramène alors chez lui et elle y passe la nuit.

Le lendemain, Pierrot et Dora vont faire des courses à bord d’une gondole, puis le jeune homme l’emmène chez Raffaella. Après une course-poursuite, c’est décidé : le duo va fuir Celestia pour le continent…

Celestia : la maestria du dessin

Dès la couverture, le lecteur est hypnotisé par Dora et Pierrot marchant dans l’eau, leur reflet à leurs pieds. En effet, la partie graphique de Celestia est fabuleuse. Les planches sont d’une rare beauté, comme on en fait peu. Les 272 pages se succèdent avec la même force. Le découpage est millimétré, les personnages fabuleux et les décors magistraux. Il y a dans le trait de Manuele Fior un magnétisme fou. Les courbes sont voluptueuses. Les lignes verticales et horizontales des bâtiments sont splendides. Le travail architectural est bluffant. Quant aux couleurs, elles rehaussent avec maestria ces dessins si aériens.

Il suffit de regarder les canaux, les ponts et les quais d’une Venise du futur – mais qui a gardé son charme historique – pour savoir que l’on a affaire à un très grand dessinateur.

Anticipation, thriller, romance : une subtile alchimie

Manuel Fior sait tenir son lectorat en haleine par son dessin mais évidemment par une histoire à nulle autre pareille. Surprenant de prime abord, délicat dans les premières pages, Celestia est un grand album !

L’auteur des Jours de la Merlette et autres histoires navigue avec grâce dans les méandres des canaux et du cerveau. Il imagine des personnages télépathes, loin de malfrats de l’île. Possédant un don surnaturel, ils peuvent contrôler les êtres humains et découvrir ce qu’il y a de plus profond en eux. Dora comme Pierrot ne s’accommodent pas facilement de cette aptitude, comme s’ils avaient du mal à la contrôler et qu’ils n’en voulaient pas.

Pierrot est un vrai descendant du personnage de la Commedia del’Arte. Tel son ancêtre, il est rêveur, félin et s’affuble tous les matins d’une larme sur son visage. Dora, telle Colombine, ne se laisse pas faire. Elle pense pour deux.

Cette fuite de Celestia, l’auteur de Cinq Mille Kilomètres par seconde – Fauve d’or du meilleur album à Angoulême en 2011 – la transforme en road trip, quête insensée vers un ailleurs meilleur. Entre romance (attirance/répulsion), anticipation et thriller, le récit est un subtil mélange des trois genres.

Celestia : un grand album par un très grand auteur. Une belle surprise !

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Rita sauvée des eaux https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/rita-sauvee-des-eaux-legoubin-caupeil-charbin-delcourt-inde/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=rita-sauvee-des-eaux-legoubin-caupeil-charbin-delcourt-inde https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/rita-sauvee-des-eaux-legoubin-caupeil-charbin-delcourt-inde/#respond Sun, 09 Aug 2020 09:43:28 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=73791 Le père de Sophie est un héros : il a sauvé de la noyade Rita. Mais il y a aussi laissé sa vie. Trente ans plus tard, Sophie Legoubin-Caupeil décide de retrouver la femme miraculée. La scénariste raconte son enquête en Inde à travers le superbe album Rita sauvée des eaux, mis en image par […]

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Le père de Sophie est un héros : il a sauvé de la noyade Rita. Mais il y a aussi laissé sa vie. Trente ans plus tard, Sophie Legoubin-Caupeil décide de retrouver la femme miraculée. La scénariste raconte son enquête en Inde à travers le superbe album Rita sauvée des eaux, mis en image par Alice Charbin. Émouvant !

Une rencontre attendue depuis trente ans

Sophie, ses deux enfants – Elvire et Edouard – ainsi qu’Alice se rendent à Mumbai en Inde. Nous sommes en 2017 et le moment est important : Rita marie son fils aîné. Cette rencontre, Sophie et Rita l’attendent depuis trente ans. Il faut dire que cette dernière fut sauvée de la noyade par le père de la première.

Deux ans plus tôt, Sophie était de retour sur le lieu de ce moment si fort. Chennai était le point de départ de son enquête qui devait la mener à Rita.

Le 1er janvier 1987, entre joie et pleurs

Tout est encore frais dans la tête de Sophie. Les Legoubin – le père, la mère, François le fils et Sophie – sont en voyage de fin d’année. Ils ont décidé de passer les fêtes en Inde dans l’hôtel Taj Koram. Ce 1er janvier 1987 devait être un moment sympathique et agréable pour toute la famille. Entamer la nouvelle année en Inde devait être un petit moment magique.

En cette fin de matinée, les Legoubin sont sur la plage. Au loin, un couple de jeunes mariés en voyage de noces : Rita et son époux. Alors qu’elle ne sait pas nager, son mari l’emmène mais les courants sont traîtres ici. Elle se noie. Personne ne réagit. Adolescente, Sophie hurle à l’aide, tandis que son père plonge pour aider la jeune femme. Il la sauve mais lui y perd la vie. Tout le monde se regroupe autour de Rita, mais il n’y a personne autour du héros.

« Après avoir vu papa à l’hôpital en maillot de bain, sur son lit, constaté qu’il était bien mort, noyé d’épuisement, pas ressuscité, et qu’aucun miracle ne se produisit, on est rentrés à l’hôtel de Chennai »

Rita sauvée de eaux : boucler la boucle

Rita sauvée des eaux, c’est un magnifique album, empli d’émotions, entre passé et présent, entre recherche d’une racine et page d’un deuil qui se referme. Sophie Legoubin-Caupeil raconte avec force ce chemin pour retrouver celle qui restera à jamais comme faisant partie d’une famille disloquée en plein vol par l’exploit héroïque d’un père.

Après ce sauvetage, les Legoubin ne seront plus jamais les mêmes. La famille vole en éclats : le traumatisme de la perte de son époux, la mère ne s’en remettra jamais : « Les enfants, je ne vivrai pas sans votre père ». Elle se suicide deux ans plus tard. François, le fils aîné, sombre dans la dépression et est interné plusieurs fois. Il réussit à s’en sortir en allant vivre au milieu de la nature, en ermite. Reste Sophie, qui veut renouer avec ce passé si douloureux. En retrouvant Rita, elle boucle la boucle. Elle est alors en paix avec son histoire. Les deux femmes sont désormais unies pour le restant de leur vie. Ce fil qui les lie, c’est ce père absent, ce père qui meurt en sauvant. Un sacrifice pour que l’autre continue de vivre.

« J’aimais mes parents facilement, sans détour […] Je savais que nous étions liés les uns aux autres et qu’il valait mieux s’aimer simplement. »

L’Inde si belle, si envoutante

Il aura fallu trente ans pour que Sophie Legoubin-Caupeil puisse tenir Rita dans ses bras. A la manière d’un carnet de bord et d’un journal intime, l’autrice emporte dans sa valise, les lecteurs, qui découvrent un récit empli d’émotions. Sans jamais verser dans le pathos, elle arrive à nous faire ressentir toutes les sensibilités de ce voyage vers le meilleur. C’est fort, c’est poignant. La scénariste ne se morfond pas; elle est fier de son papa, héros à jamais.

Tout est là dans Rita sauvée des eaux avec justesse et sans fard. Les souvenirs qui refont surface, mais également les recherches, les policiers, les archives de l’hôpital, le rapatriement du corps et la correspondance entre Sophie et sa « sœur de cœur ». Ces messages téléphoniques et ces lettres sont d’une telle force, c’est beau !

Et il y a l’Inde, avec toutes ses extravagances et ces petits riens qui font un grand tout. Les couleurs, les odeurs, les véhicules improbables et les habitant.es. On est emporté dans tourbillon. A l’image du superbe Rouge Karma d’Eddy Simon et Pierre-Henry Gomont dans lequel les auteurs contaient l’histoire d’une Française tentant de retrouver son mari mystérieusement disparu à Calcutta, Rita sauvée des eaux possède aussi ce charme aérien que l’on doit à ce majestueux pays.

Une fable contemporaine magnifiquement mise en image

Cette ambiance et cette atmosphère si bien restituées, on les doit à Alice Charbin. L’autrice, dont c’est la première bande dessinée, a suivi des cours au Camberwell College of Art de Londres dont elle obtint un diplôme en 1991. Elle entame alors une carrière d’illustratrice jeunesse. Son album Get Set fut récompensé d’une deuxième place du prix prix Macmillan.

Les planches de Rita sauvée des eaux sont très belles. Entre simple trait et crayons de couleurs, elle réalise des pages douces, chaleureuses et aériennes. Il suffit de prendre quelques minutes pour regarder sa page de remerciements pour déceler tout le talent de cette autrice franco-anglaise.

L’album se referme sur un épilogue entre photo d’époque et du mariage du fils aîné de Rita. Il est doux. Il est beau. Il est fort.

« Tout au long de tes jours

Te précède ton enfance

Entravant ta marche

Ou te frayant un chemin. »

[Andrée Chédid, Regarder l’enfance]

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Vent mauvais https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/vent-mauvais-baur-rue-des-sevres/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=vent-mauvais-baur-rue-des-sevres https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/vent-mauvais-baur-rue-des-sevres/#respond Thu, 06 Aug 2020 15:21:15 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=73721 Parisien, Béranger décide de quitter la capitale pour s’installer à la campagne. Subjugué par les éoliennes du champ voisin, il l’est aussi par Marjolaine, la responsable d’un bibliobus. Cati Baur dévoile leur idylle naissante dans Vent mauvais, une belle romance entre écologie, littérature et changement de vie. Subtil. Béranger, un scénariste en ma d’inspiration Béranger, […]

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Parisien, Béranger décide de quitter la capitale pour s’installer à la campagne. Subjugué par les éoliennes du champ voisin, il l’est aussi par Marjolaine, la responsable d’un bibliobus. Cati Baur dévoile leur idylle naissante dans Vent mauvais, une belle romance entre écologie, littérature et changement de vie. Subtil.

Béranger, un scénariste en ma d’inspiration

Béranger, 44 ans, ne sait plus trop où il en est. Entre son ex-femme Valérie qui l’énerve, ses deux filles ado Louison et Violette et sa maîtresse Laurence qui est aussi son éditrice, tout n’est pas simple.

Surtout que cette dernière le presse pour sortir son nouveau livre. Mais voilà, il n’a plus d’inspiration. Pire, sa comédie à succès d’il y a plus de quinze ans le vampirise.

Changement de vie radicale

Alors que son ex-femme veut récupérer l’appartement pour le louer, Béranger décide de tout plaquer à Paris pour s’installer à la campagne. Il tombe amoureux du coin juste sur une photo où il y a des éoliennes. « Ça m’a toujours fait triper, ces trucs. Je crois que je pourrais passer des heures à les regarder tourner » dit-il à son ami lors de son emménagement.

Il rassure ses filles qui ne seront pas obligées de quitter Paris pour le suivre. Elles viendront juste pendant les vacances. Il va pouvoir se remettre à écrire devant cet océan d’éoliennes qui l’apaise.

Marjolaine et les livres

Dans ce coin de campagne vit Marjolaine, une femme altruiste et bienveillante. Très proche de la nature, elle n’hésite jamais à porter secours aux animaux en détresse. Dans son bibliobus, elle arpente les villages reculés pour apporter la lecture à tout le monde.

A 34 ans, elle habite toujours avec ses parents. « Vieille fille »  – comme on dit souvent avec dédain – elle aime aussi jouer au Scrabble. Alors qu’elle promène son chien Dominic, Marjolaine croise la route de Lisette, la fille de Béranger

Romance à la campagne

Avec Vent Mauvais, Cati Bauer imagine une superbe romance à la campagne. Au fil d’une année, elle tisse une histoire subtile, positive et drôle.

Dans cet album très réussi, elle peut aborder de multiples thèmes contemporains avec intelligence et grande aisance. Le temps qui passe (la vieillesse), la dépression, l’amour après quarante ans, l’écologie, la ruralité et l’adolescence. L’autrice de Quatre soeurs (d’après Malika Ferdjoukh) agrémente son récit de son amour pour les mots (Scrabble) et de la lecture.

On suit avec délectation les déboires, souvent drôles, de Béranger avec son changement de vie. Tout plaquer (y compris sa maîtresse) pour la campagne, beaucoup de citadins font de même depuis une vingtaine d’années. Ils veulent goûter au calme, à la nature et prendre le temps. Les lecteurs apprécient aussi cette rencontre improbable entre cet écrivain sans inspiration et cette jeune femme que tout le monde considère comme gentiment folle, un être à part. Deux styles de vie opposées mais un amour qui ne fait que grandir.

Vent mauvais : les éoliennes du cœur

Béranger est fasciné par les éoliennes qui aurait sur lui un pouvoir relaxant. Pourtant à travers ces géants de fer aux pales immenses se joue un drame plus profond, celui d’un combat entre les ruraux et les citadins, entre ceux qui doivent les accueillir dans leurs champs et ceux qui décident, loin de leur campagne.

A travers Vent mauvais, Cati Bauer aborde ainsi la thématique de l’environnement. Les nuisances (bruit, électrosensibilité…) contre une énergie plus propre. Les luttes sont farouches entre les deux camps.

Cati Baur réalise de très belles planches. Sa palette de couleurs lui permet d’apporter cette touche aérienne à son dessin. Son trait est léger, doux et très beau.

Vent mauvais : une très jolie romance, subtile et intelligente, portée par un dessin léger et aérien.

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Au fond du trou https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/au-fond-du-trou-nespie-levilain-lapin-troglodyte/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=au-fond-du-trou-nespie-levilain-lapin-troglodyte https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/au-fond-du-trou-nespie-levilain-lapin-troglodyte/#respond Thu, 06 Aug 2020 15:14:20 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=73748 Un jour de 2015, Nespie et Le Vilain deviennent les propriétaires d’une maison troglodytique. Ils ne savaient pas qu’en l’achetant, ils courraient au devant de grands tracas. Entre sueur et larmes, ils racontent leur parcours dans Au fond du trou, un album entre guide de rénovation et humour débridé. Sympathique ! Au fond du trou, […]

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Un jour de 2015, Nespie et Le Vilain deviennent les propriétaires d’une maison troglodytique. Ils ne savaient pas qu’en l’achetant, ils courraient au devant de grands tracas. Entre sueur et larmes, ils racontent leur parcours dans Au fond du trou, un album entre guide de rénovation et humour débridé. Sympathique !

Au fond du trou, une folle odyssée

Mélanie, aka Nespie et Florent, aka Le Vilain sont en couple depuis un certain temps. La vie à Tours ne leur plait plus vraiment. Trop peuplée et trop anonyme, ils cherchent un petit nid douillet à la campagne. A 24 et 26 ans, on ne peut pas dire que le couple roule sur l’or. Graphistes et illustrateurs, comme le dit le jeune homme, ils étaient « précaires » ou plus prosaïquement « pauvres » ! Ils leur fallait donc trouver un lieu sympa et surtout pas trop cher.

Depuis des années, ils rêvent de vivre dans une maison troglodytique ou « maison troglo ». Proches de la nature, sensibilisé à l’environnement, ce style d’habitat correspondait donc pile poil à leurs aspirations. Creusées à même la roche, ces maisons ont d’énormes qualités d’isolation, encore faut-il bien les rénover.

Du blog à la bande dessinée

Ce petit cocon, Nespie et Le Vilain le dégotent à Pocé-sur-Cisse, près d’Amboise. Pour suivre leurs péripéties, les deux auteurs décident de créer un blog, Au fond du trou. Ainsi, quasiment tous les jours, ils compilent leur cheminement vers la maison de leur rêve. De la signature de la vente à la vie à l’intérieur de la maison troglo, en passant par les prêts bancaires, les travaux, les échardes dans le doigt ou les lapinoux, tout y est ou presque.

Après le blog, ils décident de publier ces mini-aventures en album aux éditions Lapin, grâce à un financement participatif. Enthousiastes comme aux premiers jours, ils réussissent ce double pari (la rénovation et le crowdfunding). Au fond du trou est donc un mélange de manuel de bricolage et un carnet de bord, le tout avec énormément d’humour qui fait mouche à toutes les pages !

Rénover, encore et encore, c’est que le début, d’accord, d’accord

La lecture de Au fond du trou se fait d’une traite, tellement les aventures de Nespie et Le Vilain sont prenantes et drôles. Les lecteurs sont suspendus aux pages pour savoir s’ils vont réussir la restauration de la maison troglo.

Ce couple choupinou (on n’aime pas ce terme d’habitude, mais là, il leur va comme un gant) est toujours soudé malgré les obstacles nombreux. Lorsqu’ils pensent arriver au bout d’une montagne, une autre se dresse devant eux. On admire leur détermination, eux qui ne sont pas du tout bricoleur pour un sou. Ils essaient, ils se trompent et  finissent par triompher d’un clou ou d’une viseuse. L’électricité, le plancher ou la salle de bain, tout est pris à bras le corps, dans la sueur et les larmes.

Ce livre est aussi une sorte de manuel ou de guide de bricolage. Il y a des petits tuto qui le parsèment mais aussi des photos pour voir l’avancement des travaux.

Humour toujours

Au fond du trou (même si on n’est pas du tout bricoleur) fait du bien à la lecture. Il est positif et empli d’un humour potache, bien à propos. Il est le fait des personnages mais en premier lieu celui de Le Vilain. Il ne se donne pas le beau rôle, le bougre ! Il est moqué du début à la fin par sa personnalité gauche et parfois un peu naïve. Il en faut du cran pour montrer ces petits moments de solitude. L’autodérision est là, à chaque page, pour apporter de la fraîcheur à cet album.

Le camion qui roule à deux à l’heure, le froid, le badigeon ou la plomberie, Florent empile catastrophe sur catastrophe, pour notre plus grand bonheur.

Pour mettre en dessin cette aventure d’Au fond du trou, ils se sont partagés le travail. Le Vilain a imaginé le scénario et mis en place les crayonnés, tandis que Nespie a encré et colorisé. Cela donne des personnages sympathiques agrémentés de grands aplats de couleurs.

Au final, Nespie et Le Vilain veulent démontrer à travers Au fond du trou qu’il est possible de réussir son rêve malgré leur peu de connaissance en bricolage.

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Le roi des oiseaux https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/le-roi-des-oiseaux-utkin-gallimard/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=le-roi-des-oiseaux-utkin-gallimard https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/le-roi-des-oiseaux-utkin-gallimard/#respond Thu, 06 Aug 2020 15:08:11 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=73709 La guerre est déclarée entre les oiseaux et les autres animaux. Secouru par un marchand, le Roi des oiseaux offre en contrepartie à l’homme un coffre magique. Alexander Utkin imagine Le roi des oiseaux, une très belle fable jeunesse inspirée par le folklore russe, éditée par Gallimard. Dépaysant et beau ! La pomme de la […]

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La guerre est déclarée entre les oiseaux et les autres animaux. Secouru par un marchand, le Roi des oiseaux offre en contrepartie à l’homme un coffre magique. Alexander Utkin imagine Le roi des oiseaux, une très belle fable jeunesse inspirée par le folklore russe, éditée par Gallimard. Dépaysant et beau !

La pomme de la discorde

Un pommier magique d’une grande princesse guerrière produisit une pomme dorée. Quiconque la mangerait, devrait fort et jeune. Après que le tsarévitch Ivan s’introduisit dans le royaume de la jeune femme, la fruit roula dans le terrier d’une souris qui s’empressa d’en croquer un bout.

Son ami l’oiseau, excédé par son égoïsme, alla trouver le roi lion. Mais le souverain ne fit rien. Alors le volatile parti se plaindre au Roi des oiseaux. Tout de suite, ce dernier déclencha la guerre contre les autres animaux. Mais il fut blessé lors des combats.

Un marchand bienveillant

Alors qu’il est parti en forêt pour chasser, un marchand aide un serpent en proie aux flammes. En échange, ce dernier le mord et lui offre ainsi le don de communiquer avec les animaux.

Quelques minutes plus tard, il croise la route du Roi des oiseaux. Le marchand aurait bien voulu l’abattre mais l’aigle lui parle et sauve ainsi sa vie. Il le cajole et lui fait reprendre des forces.

Pour le remercier, le Roi des oiseaux l’emmène sur son dos jusqu’au royaume de cuivre, un lieu où règne sa sœur. Il fit ensuite de même au royaume d’argent et au royaume d’or où le marchand récupéra un coffre magique. Mais il ne devait en aucun cas l’ouvrir avant d’être chez lui, ce qu’il ne fit pas…

Le roi des oiseaux, superbe conte pour enfant

Ce qui frappe d’entrée en regardant Le roi des oiseaux, c’est son superbe dessin. Alexandre Utkin réalise de merveilleuses planches grâce à son trait enchanteur. Titulaire d’un master en art à l’université d’état de Moscou, l’auteur russe déploie un univers graphique grâce à une très belle palette qui ressemblerait à un dessin à la craie grasse. Son bestiaire est fabuleux, notamment dans les mouvements et la force qui s’en dégage. Ses créatures fantastiques sont bien campées. On notera la férocité des sœurs du roi des oiseaux malgré leur regard enjôleur et Fiodor, le domovoï esprit du foyer, tout en douceur.

Une fable inspirée du folklore russe

Le roi des oiseaux est un conte inspiré du folklore russe. Avec sa narration très travaillée – des histoires enchâssées à la manière des contes des Mille et une nuit – il tient en haleine le jeune lectorat. Le merveilleux se couple au fantastique, mais également aux combats et à la noirceur de certains personnages.

A la fois dure et poétique, cette bande dessinée est une vraie aventure, dont le rythme élevé permet aux lecteurs de passer un excellent moment. Les animaux sont doués de paroles et les personnages ne sont pas si manichéens que cela. L’on suit avec délice les nombreux rebondissements de cette fable aux thématiques universelles.

Le roi des oiseaux : un conte fantastique très travaillé, imposant et dans lequel on prend les enfants pour des personnes intelligentes. Une belle petite surprise !

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Demon Tune https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/demon-tune-yuki-kodama-kurokawa/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=demon-tune-yuki-kodama-kurokawa https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/demon-tune-yuki-kodama-kurokawa/#respond Mon, 03 Aug 2020 15:25:01 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=73678 Demon Tune est la nouvelle série de Yuki Kodama, éditée chez Kurokawa, le créateur de Blood Lad et dessinateur d’Hamatora. Il nous embarque dans son glauquissime univers de fantasy urbaine où nous suivons les pas d’un jeune shinobi et une petite fée créatrice de mode. Une ville qui ne veut pas de vous Wizard City […]

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Demon Tune est la nouvelle série de Yuki Kodama, éditée chez Kurokawa, le créateur de Blood Lad et dessinateur d’Hamatora. Il nous embarque dans son glauquissime univers de fantasy urbaine où nous suivons les pas d’un jeune shinobi et une petite fée créatrice de mode.

Une ville qui ne veut pas de vous

Wizard City est une ville où tout le monde peut entrer, mais où personne n’est la bienvenue. Le jeune Koyukimaru doit réaliser sa première mission de ninja là-bas. Avec son père, un puissant shinobi, ils devaient simplement remettre un parchemin à quelqu’un. Mais à peine arrivés, le père et le fils tombent dans une embuscade. Leurs adversaires sont coriaces, voraces et démoniaques. Contraint de fuir sans son père, Koyukimaru se retrouve avec le parchemin à charge et des démons aux trousses.

Tandis que sa route croise le chemin d’une fée, par ailleurs aussi peu chanceuse que lui, les questions se bousculent. Qu’est-il advenu de son père ? Qui les a trahi ? Perdu dans une ville inconnue et pleine de démons, à qui peut-il vraiment faire confiance ?

Et où vous n’avez pas envie d’être

Yuki Kodama bâtit un univers urbanisé et inondé de magie. Les premières pages de Demon Tune suffisent à dévoiler sa densité. En quelques cases, il dessine un lieu riche en créatures bienveillantes, malveillantes, conscientes, mortelles ou immortelles, anthropophages ou modiste. Les institutions officiels et officieuses qui orbitent autour des personnages prennent rapidement places. Par un ping-pong entre présent et flash-back, Kodama nous installe une ambiance mélancolie et anxiété.

L’action est mené par des scènes dynamiques, claires et lisible grâce à un dessin simple. Rehaussé par quelques paysages urbains dignent de Gotham City.

Dualité Kodama

Dans ce style de dessin mais aussi de narration, les lecteurs avertis retrouveront les traces de ses mangas précédents. Demon Tune mélange renouvellements et éléments récurrents. On y retrouve la fantasy et le monde moderne : Le héros de Blood Lad est un vampire collectionneur de manga et Hamatora rassemble des individus au super-pouvoir sortie d’une académie -non, ce n’est pas le résumé de My Hero Academia– qui mènent des enquêtes sur leurs compères aux idées malintentionnées. L’univers de Yuki Kodama est ainsi composé. Demon Tune y ajoute une élégante touche d’enfance et de sordide à la fois.

Le jeune Koyukimaru reste à la frontière entre Ninja et Enfant. Capable de repérer les démons au flair (il doit avoir des gènes communs avec Gon, Hunter x Hunter et Tanjiro, Demon Slayer) il possède des capacités impressionnantes, mais tient le rôle jusqu’au bout d’un enfant perdu dans une ville sinistre. Innocent, ignorant, sensible, inquiet, mais pas le moins du monde pleurnichard. C’est davantage la présence de la fée, Fran, lointaine cousine de l’elfe Puck (Berserk), qui souligne ses traits de caractère sous le masque d’un shinobi en mission.

Variés et sympathiques protagonistes

Kodama nous raconte une relation père-fils touchante. La fierté que Koyukimaru a pour son père et que son père a pour lui est exposé avec tendresse. Cette relation est d’autant plus douce qu’elle est mise en parallèle avec la relation père-fils de deux antagonistes, Vincent et son père. Cela créer un lien entre Vincent et Koyukimaru qui rend leur relation futur pleine de possibilité.

Yuki Kodama nous dévoile tout de suite beaucoup de personnages. Chacun possède un rôle claire et précis. Dès le départ, ils ont beaucoup de relief et marquent notre esprit. Le duo d’enquêteurs se présente comme un allié à double tranchant, l’antagoniste principal est de nature inconnu et même les personnages dont on ne connait pas encore le rôle s’ancrent dans le récit avec charisme. Leur complexité installe clairement la géopolitique de Wizard City. Ce qui rend l’intrigue captivante.

Court et efficace

J’apprécie l’univers de fantasy-urbaine de Yuki Kodama, et la variété de ses personnages. Il les rend très vite très intéressants, tous autant qu’ils sont. Le monde de Demon Tune est glauque, tout en étant sympathiquement mignon. C’est un shônen léger dans un univers sombre.

La série est prévue en 4 volumes. Le tome 1 pose de bonnes bases pour une histoire sympathique, dynamique et intrigante. Cependant, il reste à voir comment Kodama fera tenir le charisme de ses personnages sur une série si courte, avec beaucoup de questions à développer et de réponses à apporter.

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Un monde terrible et beau https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/un-monde-terrible-et-beau-eleanor-davis-gallimard/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=un-monde-terrible-et-beau-eleanor-davis-gallimard https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/un-monde-terrible-et-beau-eleanor-davis-gallimard/#respond Mon, 03 Aug 2020 15:16:18 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=73593 « Un monde terrible et beau », c’est notre monde. Dans cette bande-dessinée publiée chez Gallimard, Eleanor Davis nous raconte la lutte, l’incertitude, l’amour et l’espoir. Une histoire de lutte Dans un monde où se côtoient état policier, guerre chimique et urgence climatique, Hannah et Johnny essaye d’avoir un enfant. Très investie dans les manifestations pacifistes, Hannah […]

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« Un monde terrible et beau », c’est notre monde. Dans cette bande-dessinée publiée chez Gallimard, Eleanor Davis nous raconte la lutte, l’incertitude, l’amour et l’espoir.

Une histoire de lutte

Dans un monde où se côtoient état policier, guerre chimique et urgence climatique, Hannah et Johnny essaye d’avoir un enfant. Très investie dans les manifestations pacifistes, Hannah s’occupe aussi de personnes âgées. De jour en jour, elle pousse Johnny à construire leur maison dans les bois. Et bien que ça n’avance pas, que la tension monte autour d’eux et que la méfiance ponctue leur quotidien en lutte, Johnny et Hannah rêvent d’un monde meilleurs, où leur enfant pourrait grandir en paix.

Un monde terrible et beau relate la situation de nombreuses sociétés contemporaines. Traversées par les luttes contre la corruption, les contestations sociales et environnementales, c’est une BD terriblement actuelle.

Dualité réelle

Eleanor Davis fait cohabiter des moments d’amour et des moments de violences. Grâce à ces personnages complexes, elle montre plusieurs aspects de la lutte politique et sociale. La peur de la manipulation politique imbibe le récit, montrée à la fois comme un objet de lutte et comme une méfiance qui frise la paranoïa. A travers Tyler et les activistes pacifistes, les formes d’oppositions aux gouvernements se diversifient et s’intensifient face aux violences policières et politique. Décrivant une réalité qui fait froid dans le dos.

Difficile d’imaginer vouloir pousser un petit être vers la vie dans une société si sombre. Pourtant Eleanor Davis met le doigt sur la magnifique dualité de notre monde. Dans ce désir d’enfant, Hannah se lance vers le futur à corps perdu, comme une promesse arrachée férocement à la fumée des gaz lacrymogènes.

Contraste et espoir

Le dessin est tissé d’aplat et de traits noirs. Ces grandes étendues d’encre nous immergent soudainement dans les manifestations qui dégénèrent. Elles donnent du volume au mouvement de foule ainsi qu’aux équipements policiers. D’autant plus lorsqu’elles sont entre-coupées de fumée tracée par deux traits fins. Eleanor Davis joue avec les contrastes et nous offre des pages presque en négatifs selon les jeux de lumières.

De magnifiques doubles pages surgissent parfois. Elles nous plongent dans l’action ou adoucissent l’histoire. Comme une ponctuation émotionnelle très sombre ou très claire. Elles permettent délicatement de nous rabibocher avec l’espoir d’un avenir plus tendre.  L’ensemble rend une bande-dessinée très agréable à lire, fidèle à son titre : Un monde terrible et beau.

Inspiration politique

Eleanor Davis est une bédéiste remarquée pour son engagement politique. Elle est elle-même investie dans les mouvements contre les inégalités économiques et sociales. Ces réflexions sur le monde transparaissent aussi dans son roman graphique édité chez Atrabile « L’Art ?« . Elle y associe pédagogie ironique, critique de pontife artistique et conte moderne. Elle dévoile à travers ses bande-dessinées une vision du monde critique et incisive, qui invite à la réflexion et la remise en question.

L’auteure s’empare des questionnements qui sillonnent nos sociétés et nous interroge personnellement à travers ses personnages : Quel monde veut-on laisser à nos enfants ?

Un monde terrible et beau est une magnifique bande-dessinée autant par son dessin que par son histoire. Elle se montre enrichissante dans sa façon franche de mettre en scène les événements doux comme laids de nos sociétés contemporaine. Car l’histoire touchante de Hannah et Johnny est l’écho du vécu, des craintes et des espoirs de nombreuses générations à travers le monde.

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Le convoyeur https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/le-convoyeur-armand-roulot-le-lombard/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=le-convoyeur-armand-roulot-le-lombard https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/le-convoyeur-armand-roulot-le-lombard/#respond Thu, 16 Jul 2020 14:27:30 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=73625 Un convoyeur arpente les routes d’un monde complétement dévasté après que la Rouille, un virus, ait tout décimé. Seul être humain non muté, il effectue des missions et parfois tente d’aider les personnes affectées. Tristan Roulot et Dimitri Armand imaginent son parcours dans Le convoyeur, une série post-apocalyptique sombre et violente. Sans concession ! La […]

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Un convoyeur arpente les routes d’un monde complétement dévasté après que la Rouille, un virus, ait tout décimé. Seul être humain non muté, il effectue des missions et parfois tente d’aider les personnes affectées. Tristan Roulot et Dimitri Armand imaginent son parcours dans Le convoyeur, une série post-apocalyptique sombre et violente. Sans concession !

La rouille, un mal mystérieux

Il y a de nombreuses années, la Rouille a frappé. Ce virus mystérieux a déferlé sur la population et beaucoup d’habitants furent touchés. Cette bactérie s’attaqua à tous les métaux sur Terre. Les villes et les ponts se sont écroulés. Pire, les femmes et les hommes furent aussi atteints, parce que le corps humain possède aussi un part de fer dans son organisme.

La faim et les maladies furent à nouveau deux grands fléaux de l’Humanité. Organisés en clans, les survivants n’hésitèrent pas à se défendre. Les guerres éclatèrent.

Le convoyeur : espoir de l’Humanité ?

Le Convoyeur se rend chez M. Cendres. Missionné par ce parrain local, il devait lui rapporter un colis. Mais deux bandits eurent raison de lui, lui volant ainsi le précieux objet.

Le Convoyeur demande un nouveau délai pour récupérer ce bien. M. Cendres accepte mais lui confie un autre dossier : rapporter au duc d’Arcasso, la tête de son fils emballé dans un carton.

Le ton monte entre les deux hommes. Le convoyeur arrache le cœur de M. Cendres, qui entre alors dans une colère noire. Ses bras s’enflamment. Surgit alors Ana qui égorge l’une des hommes de main du caïd…

Frayer son chemin dans un monde post-apocalyptique

« Seuls les fous pactisent avec le diable » : nous voilà prévenus ! Le convoyeur c’est un très bon récit post-apocalyptique bourré de testostérones. L’histoire imaginé par Tristan Roulot est rythmée, emplie d’actions et gentiment amorale.

Tel un cauchemar se déroulant dans la tête d’un homme endormi, ce premier opus est un subtil mélange de science-fiction, de thriller et de western.

Puisant dans des œuvres cultes de la pop culture, le scénariste de Hedge Fund et Irons fait référence aussi bien à Ken le survivant – le manga de Buronson et Tetsuo Hara – qu’au long métrage Les fils de l’homme de Alfonso Cuaron. Mad Max de George Miller, Freaks de Tod Browning et X-Men de Stan Lee et Kack Kirby, complètent un tableau généreux et alléchant.

Personnalités troubles

Ce que l’on apprécie dans Le convoyeur c’est son côté non-manichéen. Même le personnage principal n’est pas exempt de tout reproche. Homme de parole, ce mastodonte possède des lunettes destructrices, tel Cyclope dans X-Men. La seule chose qu’il demande lorsqu’il a aidé une personne, c’est qu’elle doit ingérer un étrange petit œuf. Il est en opposition aux personnes affectées par la Rouille et qui ont muté.

Sur sa route, se dressent de multiples obstacles en la personne de M. Cendres, à la tête d’une fine équipe de malfrats. Son pouvoir, il le tient de ses poings incandescents. Il y aussi le Légat, missionnaire en croisade pour la Nouvelle église. On y ajoutera, Ana dont le compagnon a disparu ou Nymphe, mutante des moins rassurantes et l’on obtient une galerie forte de portraits.

Le convoyeur : quand Walking Dead rencontre Mad Max

Dans ce monde d’anticipation, les questions se posent, plus énigmatiques les unes que les autres. L’histoire est un mélange de Walking Dead de Robert Kirkman et de Mad Max. Le convoyeur envoie et ça dessoude quasiment à chaque page.

« J’aime l’idée d’aller au-delà du bon goût et du mauvais goût. Mais je cherche aussi l’envers de l’Humanité. Le postulat, c’est que, dans un tel monde, où la morale devient une faiblesse, les vrais psychopathes seraient les leaders » évoque Tristan Roulot lorsqu’il parle de la violence dans ce premier volet de saga.

De la force du dessin

Le Convoyeur charrie son lots de mystères et rebondissements pour le plus grand bonheur des amateurs de ce genre. L’ambiance est sombre, désenchantée et déshumanisée; parfois dans la veine de la sublime série Jérémiah d’Hermann. Elle est magnifiquement mise en image par Dimitri Armand. Le trait du dessinateur de la nouvelle version de Bob Morane est d’une belle puissance.

Le découpage est rythmée et précis. Les personnages sont très expressifs et toujours en mouvement. Les planches sont très belles, rehaussées par des couleurs chaudes bien senties.

Pour changer des histoires post-apocalyptiques habituelles, Tristan Roulot a choisi la France comme décor. On est donc loin des terres arides américaines. « J’en ai marre de toujours magnifier l’Amérique. On a un terroir de folie, assumons-le », confie le scénariste et de poursuivre : « […] en France, on a de la vieille pierre, sans fer à l’intérieur ». C’est pourquoi, l’on peut aussi qualifier Le Convoyeur de western féodal post-apocalyptique français.

Tous les ans, Tristan Roulot et Dimitri Armand nous gratifieront d’un nouvel opus du Convoyeur, contenant une histoire complète pour chaque volume, dans la grande tradition des bandes dessinées d’aventure. Excellente idée !

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Seules à Berlin https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/seules-a-berlin-juncker-casterman/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=seules-a-berlin-juncker-casterman https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/seules-a-berlin-juncker-casterman/#respond Wed, 15 Jul 2020 14:17:40 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=73595 Alors que le IIIe Reich est sur le point de tomber, une soviétique et une Allemande proche des nazis se rencontrent. Ce moment fort est mis en image par Nicolas Juncker dans l’excellent album Seules à Berlin. Bouleversant et passionnant ! Un très grand récit. L’Allemande, Ingrid survit Berlin, le 20 avril 1945. Ce devait […]

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Alors que le IIIe Reich est sur le point de tomber, une soviétique et une Allemande proche des nazis se rencontrent. Ce moment fort est mis en image par Nicolas Juncker dans l’excellent album Seules à Berlin. Bouleversant et passionnant ! Un très grand récit.

L’Allemande, Ingrid survit

Berlin, le 20 avril 1945. Ce devait être un grand jour, celui de l’anniversaire du Führer. Mais voilà, le cœur n’y ai pas. Les Russes sont entrés dans la ville et le IIIe Reich vit ses derniers instants.

Pour échapper aux bombardements alliés, les habitants doivent se terrer dans leurs caves. Au milieu du brouhaha, des pleurs et des angoisses, il y a Ingrid, une Allemande proche du régime nazi. Entourée de Berlinois, elle continue d’écrire dans son journal de bord. Rien ne l’arrête.

« Nous sommes des bêtes malades, faméliques, desséchées, vidées, groupées par la faim et la peur, terrées dans des caves noires et humides… nous sommes les rats »

Alors qu’un bébé crie parce qu’il est mourant, Ingrid somme la mère de l’emmener chez le médecin. Le soignant ne peut rien faire pour lui, il n’a pas de médicament pour cela. Il demande alors aux deux femmes de prier pour que les Russes arrivent rapidement.

La Russe, Evgeniya débarque

Plus tard, Ingrid décide d’aller observer la ville depuis sa chambre éventrée par une bombe. Elle crie alors : « Ils sont là ! Ils sont là ! Les Russes ! Ils sont là ! ». Elle se dit qu’elle pourra leur parler, elle qui fut interprète.

Muncheberg. Evgeniya fait partie du NKVD (Commissariat du peuple aux Affaires intérieures). Elle est effarée de ce quelle découvre en entrant dans Berlin. Elle apprend alors que Hitler s’est suicidé. Son supérieur reçoit la mission de retrouver le corps du Führer.

Quelques jours plus tard, Ingrid doit partager sa chambre avec Evgeniya. La rencontre fait des étincelles…

Seules à Berlin : adaptation de deux romans

Disons le tout de suite : Nicolas Jucker a réalisé un très grand album, faisant de lui un très grand auteur ! Pour imaginer Seules à Berlin, il a décidé d’adapter deux écrits : Une femme à Berlin, roman d’une écrivaine anonyme (Gallimard), et Carnets de l’interprète de guerre d’Elena Rjevskaïa (Christian Bourgois). Il les a malaxé, mélangé et en a tiré la substantifique moelle pour développer cette très belle et très bouleversant histoire de femmes.

Dans leurs deux récits, elles content les derniers instants de Berlin sous le joug nazi. Cette inspiration très libre des deux ouvrages a fait naître une bande dessinée précieuse.

De la peur et de la haine

Ce qui frappe dans Seules à Berlin, ce sont les destins de ses deux femmes opposées dans leurs croyances, dans leurs passés et dans leur soif d’avenir. D’un côté, Ingrid fut mariée à un officier nazi. Elle a de la haine pour les nouveaux occupants de son pays. Formatée dès son plus jeune âge dans cette mythification et cette personnalisation d’Adolf Hitler, elle pense que tous les étrangers sont mauvais. Elle a le IIIe Reich chevillé au corps. Travaillant à la Croix-Rouge, le jeune allemande de 29 ans est aussi interprète russe.

De l’autre, Evgeniya (Elena la romancière) travaille pour le NKVD. Bilingue, la jeune russe de 19 ans est chargé avec son équipe de retrouver les restes du Chancelier allemand. Dix ans les séparent. Mais pas uniquement cela. La Russe est enjouée, insouciante au début de l’album, tandis que l’Allemande est désabusée et désenchantée. Rapidement, Evgeniya prend conscience des exactions de ses « camarades » envers la population.

Une cohabitation délicate

En logeant chez Ingrid, Evgeniya n’arrive pas en terrain conquis. Sa peur se fracasse sur la haine des Soviétiques de l’Allemande. Une chose les unit : l’écriture. Chacune d’elle consigne avec précision leurs longues et éprouvantes journées dans leur journal intime. En faisant cela, elles veulent témoigner et ainsi faire vivre ce devoir de mémoire, important en temps de guerre.

Elles vont partager un lit donc une intimité mais jamais elles ne seront proches. Néanmoins, une forme d’amitié et de sororité va se sceller entre elles.

Cette formidable chronique de guerre est un témoignage intelligent, car l’angle trouvé par Nicolas Juncker est original. Tout d’abord parce que ce sont deux femmes – c’est assez rare en bande dessinée pour être souligné – et qu’elles ne sont pas dans le même camp. L’une est vaincue, l’autre est vainqueur. Evgeniya est douce et compréhensive, Ingrid est dure et rancunière. Mais les lecteurs comprennent facilement pourquoi elles agissent et réagissent ainsi. Seules à Berlin n’est pourtant pas un album manichéen, il est d’une grande justesse de ton et d’une belle intelligence. Toutes les deux subissent une forme de violence – éloignée croit-on ? – pas vraiment, elles se retrouvent aussi en cela.

Un graphisme puissant

En plus de pages de journal qu’il a retranscrit, Nicolas Juncker réalise de sublimes planches. Le propos de Seules à Berlin est dur, les visages de Berlinois aussi . Faméliques et émaciés, leurs corps sont taillés à la serpe. Anguleux, ils sont décharnés et tellement réalistes.

Le trait du scénariste d’Ocotofight est précis et chirurgical. Les pages sont agrémentées d’un lavis de gris absolument magistral. Quelques touches de rouge pour la prise du Reichstag viennent casser ce côté sépia. Oui, les lecteurs sont impressionnés par les cadrages, le découpage et le dessin de l’auteur de la série Immergés (trois volumes chez Glénat / Treize Etrange).

Seules à Berlin : la rencontre au sommet de deux femmes, au parcours et au destin opposés. Une très belle et bouleversante bande dessinée.

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Poochytown https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/poochytown-woodring-lassociation/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=poochytown-woodring-lassociation https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/poochytown-woodring-lassociation/#respond Tue, 14 Jul 2020 08:41:47 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=73568 Six ans que Frank n’avait pas donné de nouvelles ! Les éditions L’association dévoilent un nouvel opus de ses aventures fantasmagoriques dans Poochytown, un album psychédélique signé du grand Jim Woodring. Frank, étrange animal C’est en 1996 que Jim Woodring imagine Frank, son personnage fétiche. Animal d’une espèce non déterminée, ce mélange de chat et […]

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Six ans que Frank n’avait pas donné de nouvelles ! Les éditions L’association dévoilent un nouvel opus de ses aventures fantasmagoriques dans Poochytown, un album psychédélique signé du grand Jim Woodring.

Frank, étrange animal

C’est en 1996 que Jim Woodring imagine Frank, son personnage fétiche. Animal d’une espèce non déterminée, ce mélange de chat et de lapin, vit des aventures fantasmagoriques, entre humour et surréalisme. Éditées par Fantagraphics Books en langue anglaise, ses histoires quasiment muettes paraissent en France par l’entremise de L’Association dès 1998 (déjà 7 volumes).

Frank vit dans un monde fantastique et idyllique. Avec ses deux compagnons, Pupshaw et Pupshaw – deux créatures géométriques – ils habitent une maison avec un dôme de style arabo-musulman. Leur monde est à la fois psychédélique et grotesque. Le petit animal croise aussi la route de Manhog (l’homme-porc) ou du Whim, ressemblant à Satan. Les aventures de Frank ne sont ni linéaires, ni chronologiques et n’ont pas de continuité. D’ailleurs Jim Woodring a déjà « tué » plusieurs fois son personnage principal ou le Manhog.

Poochytown : un instrument tombé du ciel

Après un dernier album en 2014 intitulé Fran, Jim Woodring revient avec de nouvelles aventures de Frank. Néanmoins, il ne s’agit pas d’une suite de la précédente publication.

Pupshaw et Pupshaw sont intrigués par un instrument de musique en forme d’escargot tombé du ciel. Chacun essaie de souffler dans l’embouchure. Frank et Pupshaw n’y arrivent pas. Ils font apparaître des formes très noires qui meurent. Le second Pupshaw joue alors une très belle mélodie. De ce nuage magique surgissent des mini Pupshaw. Les deux compagnons de Frank entrent alors dans l’air de musique, laissant leur ami seul. Ce dernier revient chez lui et découvre avec effroi, le Manhog

Aventures avec l’homme-porc

Dans Poochytown, Jim Woodring laisse son imagination vagabonder. Il fait vivre à Frank et à l’homme-porc des aventures à la fois étranges, absurdes et inouïes. Alors qu’elles pourraient paraître fourre-tout, désordonnées et sans narration bien définie, elles sont d’une grande intelligence, très construites et réfléchies.

L’auteur américain emporte avec une grande aisance son lectorat dans ces mondes oniriques et fantastiques. Si la bande dessinée semble délicate d’accès au premier abord – en lisant seulement le résumé –  il est assez simple d’y plonger même si l’on n’est pas familier des comics indépendants.

Jim Woodring, un maître de l’indé américain

Né en 1952 à Los Angeles, Jim Woodring est un autodidacte. D’abord éboueur, il travaille ensuite au studio d’animation Ruby-Spears dans les années 1970. Puis en 1980, il crée son autojournal « Jim ». C’est dans le numéro 4 de cette revue qu’il invente Frank. Frank et le congrès des bêtes reçoit le prix spécial du jury à Angoulême en 2012. Il a aussi co-créé Tantalizing Stories avec Mark Martin, imaginé des récits autour d’Alien pour Dark Comics et adapté le film Freaks avec F. Solano Lopez.

Pour Frank et Poochytown, il réalise des planches en noir et blanc très fouillées. Son trait épais lui permet de créer de superbes arabesques et entrelacs pour « la mélodie ». Ses décors sont sublimes.

Poochytown : une belle manière de découvrir le travail de Jim Woodring. Un album surréaliste, fou et au charme indéniable !

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Grand Orient https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/grand-orient-denis-franc-soleil-franc-macon/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=grand-orient-denis-franc-soleil-franc-macon https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/grand-orient-denis-franc-soleil-franc-macon/#respond Mon, 13 Jul 2020 14:29:32 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=73544 Lorsqu’un membre de la Loge du grand Orient raconte quelques anecdotes croustillantes et drôles sur les loges maçonniques, cela donne Grand Orient, une immersion dans l’un des univers les plus opaques et mystérieux en France. Une comédie douce et légère. Initiation abracadabrantesque 34 rue Salomon, Paris 20e. Philippe est invité à la loge maçonnique du […]

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Lorsqu’un membre de la Loge du grand Orient raconte quelques anecdotes croustillantes et drôles sur les loges maçonniques, cela donne Grand Orient, une immersion dans l’un des univers les plus opaques et mystérieux en France. Une comédie douce et légère.

Initiation abracadabrantesque

34 rue Salomon, Paris 20e. Philippe est invité à la loge maçonnique du Triangle bleu pour son initiation. A peine entré, une femme lui bande les yeux afin qu’il n’ait pas trop d’indices de l’endroit où il se trouve.

On lui demande d’attendre en silence dans une pièce. Il est rejoint par Cao Son, lui aussi futur initié. Philippe rit sous cape des déboires matériel de cette petite loge : rien n’est prêt (chaises et objets d’apparat) et le Vénérable n’est pas encore arrivé. Ils sont ensuite emmenés dans une autre pièce où le jeune homme ne peut plus tenir sa langue. Il parle à son camarade et enlève son bandeau. Ils font alors connaissance et découvrent qu’ils ont des vies très différentes. Et si la loge était plus ouverte qu’on ne le pensait ?

Du compagnonnage dans la loge du Grand Orient

Professeur de philosophie, Jérôme Denis sait de quoi il parle. Entré en Franc-maçonnerie à l’âge de 38 ans, il connait donc très bien les rouages des loges. Il a appartenu aussi bien à de petites obédiences qu’à celle plus importante de la Loge du Grand Orient de France.

Dans cet album, il manie avec subtilité un humour caustique et parfois cynique sur ces drôles d’endroits secrets. Sans jamais verser dans la méchanceté et avec une infinie tendresse, il imagine une très jolie comédie entre rires, situations cocasses voire pathétiques et personnages haut en couleur.

Philippe, Cao Son, Laura, le Vénérable… tous franc-maçons

Jérôme Denis invente des personnages sympathiques et drôles. Personnalités croisées dans des loges maçonniques, il n’hésite pas à les égratigner avec bienveillance. Ils font ce qu’ils peuvent pour tenir leur standing. Devant jouer des coudes entre les différentes petites obédiences, ils sont les garants de l’unité et de cette « fraternité ».

Entre une mamie qui préférait l’ancien temps des loges, Laura qui tient le Triangle bleu et qui est « convoitée » par une loge plus importante, Guy dont c’est la première cérémonie, qui doit faire un discours, le préposé aux agapes et un Vénérable en retard, tout ce petit monde est attachant.

Quant aux grandes loges, elles ne se mélangent pas trop avec les petites. Leur pouvoir étant plus important, elles toisent les petits francs-maçons avec dédain.

Des secrets en franc-maçonnerie

Si les secrets dévoilés dans Grand Orient ne sont pas non plus exceptionnels au point de faire vaciller la République française, ils permettent d’en savoir un peu plus sur ce monde si mystérieux. Il faut dire que la Franc-Maçonnerie traîne une image des plus opaques où se faire introniser est un enjeu social et politique fort.

On lui reproche tellement de chose et notamment de tenir le pouvoir démocratique mais aussi celui des affaires et de la presse, telle une gigantesque main qui manipulerait politiciens et patrons, imposant en ce sens sa vision du monde sur la société. Tous les grands dirigeants de notre pays auraient été de la partie : de Charles X à Benjamin Franklin, en passant par Félix Eboué, Pierre Brossolette, Pierre Dac, Gaston Monnerville ou La Fayette, on découvre souvent à leur mort qu’il fréquentèrent des loges.

Parfois, un reportage écrit ou audiovisuel nous montre ses secrets. Difficile de percer les mystères parce que le silence est d’or dans ces lieux de pouvoirs. On connait le compas, l’équerre, le soleil, le tablier ou les boules noires pour blackbouler mais souvent pas plus. On sait néanmoins que certaines loges impulsèrent de grandes réformes sociétales : la loi de séparations des églises et de l’état, le Code du travail, la loi sur l’IVG ou encore l’école gratuite et obligatoire. Mais pas plus. On ne dévoile jamais l’identité de ses « camarades » dans la vraie vie, d’où cette opacité.

Fondant ses principes sur le modèle des églises, les loges maçonniques n’en restent pas moins laïques. Ses valeurs sont « les bonnes mœurs et la pratique des vertus ».

Fantasmes déconstruits

Tout cela engendre beaucoup de fantasmes, idées fausses et autres sous-entendus autour de la Franc-maçonnerie. Souvent moquée et brocardée par l’extrême-droite, il semblerait qu’elle n’ait plus autant d’influence que cela dans les dossiers politiques. Dans Grand orient, on en est loin. Au Triangle bleu, pas de manipulation des masses et autres rumeurs farfelues, justes des initiés aimant la démocratie, la république, la laïcité et les Savoirs. On se retrouve donc plutôt face à des intronisations simples comme dans n’importe laquelle des associations françaises.

Grand Orient fait sourire, parfois rire par une fine connaissance du milieu. Jérôme Denis ne se moque jamais gratuitement. Oui, il y a des luttes d’influence, des envies de monter les échelons et des « prises de guerre » mais cela reste plutôt bon enfant. On notera parfois de la condescendance sociale, de la misogynie ou du racisme notamment chez les Frères plus anciens. Tout cela semble être bousculé par les nouveaux arrivants, plus ouverts et tolérants.

On se posera néanmoins la question de la volonté d’en faire partie. Pourquoi encore aujourd’hui des gens essaient-ils d’y entrer ? Est-ce uniquement pour faire sens à leur vie ou par volonté de ses créer des réseaux pour entrer en politique ?

De la douceur du dessin d’Alexandre Franc

Loin des premiers émois d’Antoine et la fille trop bien, Alexandre Franc se glisse avec facilité dans cet album dont le registre de la comédie convient bien à son dessin.

Son découpage ressemblerait d’ailleurs à s’y méprendre à une pièce de théâtre. Les scènes s’enchaînent souvent en huis-clos. Ses personnages de style gros nez sont sympathiques et leurs mimiques, elles aussi, font rire.

Parle sobrement avec les grands, prudemment avec les égaux, sincèrement avec tes amis, doucement avec les petits, tendrement avec les pauvres. (Code maçonnique de 1879)

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Incroyable ! https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/incroyable-zabus-hippolyte-dargaud/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=incroyable-zabus-hippolyte-dargaud https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/incroyable-zabus-hippolyte-dargaud/#respond Sat, 11 Jul 2020 09:23:28 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=73514 Il a des tocs, il connait tout sur les tiques et il lui faut une tactique pour aller voir le roi. 1, 2, 3 ! Lui, c’est Jean-Loup, un petit garçon drôlement intelligent, très angoissé et qui veut décrocher la lune. Zabus et Hippolyte racontent son surprenant périple dans Incroyable !, un album tendre, sensible, […]

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Il a des tocs, il connait tout sur les tiques et il lui faut une tactique pour aller voir le roi. 1, 2, 3 ! Lui, c’est Jean-Loup, un petit garçon drôlement intelligent, très angoissé et qui veut décrocher la lune. Zabus et Hippolyte racontent son surprenant périple dans Incroyable !, un album tendre, sensible, loufoque, poétique et drôle. Une merveille !

Jean-Loup, petit rat de bibliothèque, angoissé et bourré de tocs

Belgique, 1983.  Lorsque l’on a 11 ans, on aime sortir, jouer dehors ou s’amuser avec ses copains. Jean-Loup, lui, préfère – et de loin – passer son temps à la bibliothèque.

« Jean-Loup est un gamin un peu bizarre qui, du haut de ses 11 ans, s’est égaré quelque part entre son arrêt de bus et le cosmos. »

Ce petit bonhomme emmitouflé dans son anorak n’est en effet pas comme tous les autres enfants. Il est d’un naturel angoissé. Bourré de tocs, il attend tout le temps des signes du destin. Marcher sur les lignes blanches d’un passage piéton : trop peu pour lui. Jouer au basket à l’école : trop peu pour lui. Regarder les grands 6e dans les yeux : trop peu pour lui. Et c’est comme ça pour beaucoup de choses dans la vie de Jean-Loup. 1,2,3 !

De l’absence de ses parents

Jean-Loup est un petit garçon laissé à l’abandon. Dès qu’il rentre chez lui, il est seul. Seul avec ses livres. Seul avec son globe terrestre. Seul avec ces centaines de fiches. Son père ne lui répond que des : « Attends une minute Jean-Loup, j’arrive… », tandis que les cendres de sa maman se trouvent dans un boîte en fer agrémentée d’un cœur. Pas facile de grandir avec tant d’absences.

Lui, il grandit par ses rêves et les personnages qui se trouvent dans sa tête. La figurine du roi des Belges chevauchant son fier destrier lui parle. Surnommé Boubou par Jean-Loup, le souverain zozote à qui mieux mieux. Quant à ces aïeux – mes aïeux ! – ils le hantent et lui disent qu’ils n’est pas digne de la famille.

Du concours d’exposés

Plus intelligent que la moyenne, Jean-Loup connait beaucoup de choses, ce qui impressionne ce bon Boubou. Ce matin, son réveil a du retard et il va donc être en retard. Il est angoissé. Il faut dire qu’aujourd’hui c’est un grand jour : il doit présenter aux autres camarades son exposé sur Les loutres de nos rivières.

Dans la classe de mademoiselle Ophélie, tout le monde est excité. Les élèves attendent d’écouter des sujets plus passionnants les uns que les autres. Jean-Loup ouvre son cartable : rien ! Pas la moindre trace de son exposé. Dans un sursaut surprenant, il improvise et décide de parler des enterrements des morts de par le monde. Ses camarades sont à la fois fascinés et un peu dégoutés par les histoires racontées.

Sa maîtresse est agréablement surprise et lui propose de participer au Concours régional des exposés. Incroyable !

Incroyable ! : un album… incroyable

Vous ne connaissait pas Zabus et Hippolyte ? Alors, il va falloir y remédier. Ensemble, cet excellent duo d’auteurs avait imaginé Les ombres (éditions Phébus, réédité par Dargaud), l’un des plus beaux albums jamais parus sur l’exil et l’émigration. Sept ans plus tard, ils décident de retravailler ensemble sur Incroyable ! Quelle merveilleuse idée !

Comme son nom l’indique, cet album est incroyable ! Souvent généreux compliments lorsque les albums le méritent, nous n’avons pas assez de superlatifs pour qualifier cette sublime bande dessinée. Intelligente : trop faible. Superbe : un euphémisme.

Jean-Loup à la recherche d’un sujet

Tendre, loufoque, drôle, intelligent, philosophique, créatif, distrayant, passionnant, rythmé, moderne et touchant, Incroyable est l’un des albums à lire en 2020.

Vincent Zabus met en scène un jeune garçon, trop… Trop ceci, pas assez cela, Jean-Loup est à part. Introverti, pas compris par ses camarades, laissé de côté par ses parents, il doit grandir seul. Cette solitude, il la partage avec ses angoisses, ses démons et Boubou, figurine du roi Baudouin. Il se tape sur le nez en comptant 1,2,3 pour se calmer et compte les points de sa journée. Ordonné, il établit des fiches sur des tas de sujets.

L’auteur de L’éveil, Macaroni et Hercule agent intergalactique fait basculer son récit – et donc la vie de son personnage de papier – lorsque ce dernier cherche le nouveau sujet pour le concours d’exposés. Jean-Loup se met en tête de rencontrer le roi Baudouin afin que ce dernier l’aide à trouver une thématique. « Un sujet pour un sujet ». Ce périple se transforme alors en quête initiatique.

Superbe galerie de portraits

En plus de Boubou, de son père que l’on ne voit jamais dans l’album, du roi Baudouin, d’Ophélie son institutrice, Jean-Loup peut compter sur son parrain. Cet homme rondouillet est rock’n’roll. A bord de sa Simca 1000 couleur caca d’oie, le petit garçon va tenter d’accéder à son Graal. C’est toute cette galerie de portraits qui donnent de l’humour à cet album au charme fou.

Il y a du Amélie Poulain dans Incroyable. La voix off peut nous faire penser à celle d’André Dussollier dans le long métrage de Jean-Pierre Jeunet, un côté rétro nostalgique qui plaira aux quadra-quinqua. Il y a de nombreux clins d’œil, hommages et références dans l’album. Quant aux plus jeunes, ils seront attirés par cette aventure, teintée de fantastique, entre réalité, poésie et philosophie.

En plus, Vincent Zabus sait y faire pour tenir en haleine son lectorat. C’est un filou. Il sait manier avec talent la narration et glisse de ci, de là des objets qui donneront un rebondissement final surprenant. Incroyable, c’est aussi une très belle ode à la différence, un bel hymne à la Belgique.

De la beauté du dessin

On le savait, on le connaissait mais l’on peut l’affirmer encore plus fort : Hippolyte est un très grand dessinateur. Il y a de la poésie et du Sempé dans ses planches. Il réalise des pages douces, tendres et aériennes comme le veut le scénario. L’onirisme est aussi porté par de superbes couleurs entre craies grasses et aquarelles.

Né en 1976, l’auteur suit des cours à l’école lyonnaise Emile Cohl. Il travaille ensuite pour la presse (Le nouvel Obs, Le monde…) et publie son premier album, Dracula, une adaptation du roman de Bram Strocker. Viennent ensuite Maître de Ballantrae, puis La fantaisie des dieux, Les ombres et enfin Incroyable !

Incroyable ! : un album tout en délicatesse sur l’absence, sur le mal-être et sur l’amour. Une bande dessinée tendre, d’une grande sensibilité et d’une belle justesse. Un récit qui donne du baume au cœur et qui fait sourire.

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Hope https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/hope-broxton-adams-delcourt/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=hope-broxton-adams-delcourt https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/hope-broxton-adams-delcourt/#respond Mon, 06 Jul 2020 15:32:39 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=73387 La seconde guerre mondiale a laissé des traces et ce n’est pas Mallory Hope qui dira le contraire. Il a vu la mort de près et ne sera plus jamais le même. Revenu au pays pour exercer le métier de détective privé, il verse désormais dans la magie noire ; rarement pour le meilleur, et presque […]

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La seconde guerre mondiale a laissé des traces et ce n’est pas Mallory Hope qui dira le contraire. Il a vu la mort de près et ne sera plus jamais le même. Revenu au pays pour exercer le métier de détective privé, il verse désormais dans la magie noire ; rarement pour le meilleur, et presque toujours pour le pire.

Hope, scénarisé par Guy Adams et dessiné par Jimmy Broxton, est une œuvre de qualité mêlant polar noir et occultisme.

LE PRIVÉ

A une époque où les enfants stars fleurissent aussi vite qu’ils se fanent, celui que tous les studios s’arrachent a disparu. Il s’agit de Joey Fabrizzi, plus connu sous le nom de Buster Ritz. Pour le retrouver, Hope, un privé de Los Angeles est engagé.

Désabusé, cynique, sensible au charme des blondes énigmatiques et porté sur la boisson, le personnage s’inscrit dans la plus pure tradition des privés tels qu’on les connaît depuis Philip Marlowe, incarné par Humphrey Bogart.

De fait, les codes des films des années 40-50 sont parfaitement exploités et le lecteur les repère avec une certaine satisfaction, désireux de connaître le fin mot de l’histoire, à la recherche du moindre indice. Le premier étant bien entendu le héros éponyme.

A NEW HOPE.

Hope… « Espoir » … Rarement un nom a été aussi mal porté, car cet anti-héros, imbibé de whisky, hanté par son passé, possède une arme aussi terrifiante que destructrice : la magie noire.

Sans en être une pâle copie, Mallory Hope rappelle immédiatement et par bien des aspects John Constantine, le maître de la magie noire et du sarcasme. Mais Hope possède sa part d’originalités et des qualités qui lui sont propres.

Pendant la guerre, Hope a découvert l’art occulte, à moins que ce ne soit l’inverse…

Là où la mort rôde et s’incarne pour accompagner quiconque s’aventure sur les champs de bataille, il l’a aperçue, sous la forme d’un être gigantesque, encapuchonné et portant un masque à gaz. Depuis, ils ne se sont plus quittés.

Bien loin d’être un simple prétexte au développement d’une ambiance ésotérique, cette originalité permet à Guy Adams de développer par touches successives un univers subtilement alternatif.

DU SILENCE ET DES OMBRES.

Le scénariste britannique est un habitué du paranormal puisqu’il a officié à de nombreuses reprises sur la licence de Doctor Who.

Pourtant, dans Hope, point de voyage à travers l’espace-temps, mais plutôt une uchronie saupoudrée de sorcellerie.

En effet, pour gagner la guerre, l’Amérique a eu recours à la magie noire ; ce faisant, elle a vendu son âme au diable, ou à quelque chose qui lui ressemble. Et le prix à payer est élevé, si élevé que la réalité a été subtilement modifiée. Les États-Unis et ses symboles ne sont plus exactement ceux qu’on connaît.

Ainsi, meurtri par la pratique répétée des arts occultes, le cœur du président Roosevelt n’a pas tenu jusqu’en 1945 et c’est Wallace qui a pris sa place à la tête de la plus grande puissance du monde. Carole Lombard, la célèbre actrice n’a pas tragiquement disparu dans un accident d’avion et son union avec Clark Gable a donné naissance à un enfant. Les légendes Montgomery Clift et Rock Hudson ont pu partager l’affiche d’un même film : les Reines de Cisco…

Ces nombreux indices sont disséminés avec habileté au fil des pages.

Par ailleurs, loin d’être indispensables à l’intrigue, ils contribuent à l’élaboration d’un univers ingénieusement parallèle tout en invitant le lecteur curieux à retrouver ces modifications historiques.

Dès lors, entre une intrigue retorse et cette chasse aux indices uchroniques, la lecture de Hope devient bien vite captivante.

BLACK IS BLACK.

Pour donner vie à cette histoire à l’odeur de soufre, Guy Adams est accompagné de Jimmy Broxton (Sex & Violence).

Dès les premières cases, l’ambiance envoûtante propre à la fin des années 40 se fait ressentir et on est irrésistiblement happés par une aventure parfaitement illustrée, jouant à la perfection avec l’esthétique des polars noirs hollywoodiens. Le style réaliste, associé au noir et blanc, est parfaitement maîtrisé et sert avec brio l’intrigue.

Avec Hope, les éditions Delcourt livrent ce qu’on espère être le premier tome d’une longue série 2000AD. L’intrigue originale de Guy Adams est parfaitement portée par les magnifiques dessins de Jimmy Broxton. Un deuxième tome devrait sortir d’ici peu outre-manche, espérons qu’il parviendra jusqu’à nous.

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Les vacances de Nor https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/les-vacances-de-nor-surducan-aventuriers-de-letrange/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=les-vacances-de-nor-surducan-aventuriers-de-letrange https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/les-vacances-de-nor-surducan-aventuriers-de-letrange/#respond Mon, 06 Jul 2020 14:52:19 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=73365 Norbert n’est pas très content. Il va devoir passer ses grandes vacances chez ses grands parents. Le petit gardien des nuages va pourtant vivre des aventures surprenantes en croisant la route de Skaï et Lotzi. Maria et Ileana Surducan imaginent Les vacances de Nor, une très jolie fable fantastique jeunesse. Une belle surprise ! Devenir […]

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Norbert n’est pas très content. Il va devoir passer ses grandes vacances chez ses grands parents. Le petit gardien des nuages va pourtant vivre des aventures surprenantes en croisant la route de Skaï et Lotzi. Maria et Ileana Surducan imaginent Les vacances de Nor, une très jolie fable fantastique jeunesse. Une belle surprise !

Devenir gardien des nuages

C’est l’été. Norbert est content, il va pouvoir jouer aux jeux vidéo et avec ses copains. Mais ses parents ne sont pas de cet avis. Ils ont décidé de l’envoyer un mois chez ses grands-parents. Il est déçu et ne veut pas y aller.

A peine arrivé, Norbert râle toujours autant. Le lendemain, il accompagne son grand-père jusqu’à l’enclos des nuages. Le vieil homme, mage et gardien des nuages, lui propose de s’occuper des plus petits. Il accepte un peu à contre cœur.

Skaï, gardienne des chardons

Norbert se rend dans le pré accompagné de ses petits nuages. Il préfère jouer sur sa console portable que de les regarder gambader.

Il croise alors la route de Skaï, la gardienne des chardons. C’est une petite fille énergique et qui n’hésite pas à le bousculer. Le soir, il en parle à ses grands-parents et son papi décide de lui raconter l’histoire de sa mamie, marraine de la forêt qui a terrassé le grand Zméï.

Lotzi, le garçon invisible

Le lendemain, Norbert prend le chemin de la forêt. Il est surpris par Dagobert, le petit dragon qui vient de se faire harceler par un monstre.

Avec Skaï, ils décident de mener leur enquête. Le monstre, c’est Lotzi, le garçon invisible. Un peu hautain, l’adolescent armé de son lance-pierres terrorise les petits êtres de la forêt…

Les vacances de Nor : une très jolie fable fantastique

Best seller de la bande dessinée roumaine publié en 2018, Les vacances de Nor est une superbe fable fantastique jeunesse. Écrite par les deux sœurs Surducan, Ileana et Maria, c’est une belle ode aux pouvoirs de l’imaginaire de plus petits.

Après Le bal des douze princesses pour Maria et Le cirque, le journal d’un dompteur de chaises pour Ileana, elles conjuguent leur talent de conteuses pour offrir aux enfants de plus de 7 ans, une aventure proche des légendes populaires slaves de l’Europe de l’Est, notamment par les dragons et autres créatures fantastiques. Si l’intrigue est actuelle (les jeux vidéos des personnages…), le cadre chez les grands-parents semble suspendu dans le temps.

Chasse au Zméï

Pour Les vacances de Nor, Ileana et Maria Surducan mettent en scène de jeunes héros très marqués dans leur caractère. Skaï est très vivante, dynamique et enjouée, tandis que Norbert est dans un premier temps, très râleur et plutôt casanier, quant à Lotzi, un peu rustre, il aime toiser les autres par sa grandeur et sa force. Ils vont pourtant s’entendre et former un trio très complémentaire dans leur quête de chasser le Zméï.

L’album est très rythmé, empli d’action et surtout très drôle. Les gags visuels donnent de l’énergie et de la folie à cette histoire très agréable à la lecture. Les sœurs Surducan ajoutent un soupçon de mystère et de menace à leur intrigue pour le plus grand bonheur de leur jeune lectorat.

Un dessin moderne

Si le scénario est écrit par les deux sœurs, le dessin a été confié à Ileana. Aidée aux couleurs par Maria, l’autrice réalise de très belles planches modernes et très dynamiques comme le veut l’intrigue.

Son trait est tout en rondeur et les personnages sont très attachants. Si les décors sont peu fréquents, c’est pour laisser toute la place aux interactions entre les protagonistes. On apprécie aussi les différents ajouts autour des pouvoirs de chacun : les cheveux en forme de nuages pour les gardiens ou les mini-chardons dans la coiffure rose de Skaï.

Les vacances de Nor : de la magie, de l’humour, de l’action, de la solidarité, des mystères et des créatures fantastiques dans un album positif et drôle. Chouette surprise !

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