Comixtrip https://www.comixtrip.fr La bande dessinée du monde, le monde de la bande dessinée Mon, 01 Mar 2021 14:40:52 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.4.2 La guerre invisible https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/la-guerre-invisible-giroud-martin-rue-de-sevre/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=la-guerre-invisible-giroud-martin-rue-de-sevre https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/la-guerre-invisible-giroud-martin-rue-de-sevre/#respond Mon, 01 Mar 2021 14:40:52 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=80408 Que sont devenus les savants nazis après la Seconde Guerre mondiale ? Deux albums sortis coup sur coup ont tenté de répondre à cette question : Von Braun de Robin Walter (Des ronds dans l’O) et La Guerre invisible de Franck Giroud et Olivier Martin pour Rue de Sèvres. Espionnage dans la Guerre Froide Alors […]

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Que sont devenus les savants nazis après la Seconde Guerre mondiale ? Deux albums sortis coup sur coup ont tenté de répondre à cette question : Von Braun de Robin Walter (Des ronds dans l’O) et La Guerre invisible de Franck Giroud et Olivier Martin pour Rue de Sèvres.

Espionnage dans la Guerre Froide

Alors que le premier s’attarde sur la personnalité de Wernher Von Braun, le second nous plonge dans une fiction mêlant espionnage et Guerre froide sous le soleil brûlant d’Égypte.

L’histoire démarre en septembre 1951 et le personnage principal s’appelle Cassandra Bromby, espionne pour la CIA. Sa mission consiste à exfiltrer un scientifique allemand spécialiste en armement, réfugié au Caire depuis la Seconde guerre mondiale, une ville grouillant d’agents secrets en maraude et d’anciens nazis en fuite.

La Guerre invisible : Un triptyque qui s’annonce savoureux

Décédé juste avant la parution de cet album, Franck Giroud (qui a publié notamment Churchill et moi en 2018 et Babylone en 2020. Il a aussi remporté en 2002 le Max und Moritz Prix du meilleur scénariste international) a concocté un scénario habile, empli de chausse-trappes, de faux semblants et de révélations inattendues, qui entretient un suspense jusqu’à la dernière page… de ce premier tome.

Car oui, il s’agit d’une saga en trois albums qui va nous dresser un panorama du monde de l’espionnage au paroxysme de la Guerre froide. Les personnages sont également fouillés et permettent au lecteur de s’immerger dans cet univers interlope : la ténébreuse Cassandre au passé nébuleux, Fürbringer le savant mystérieux mais aussi les deux jeunes garçons dont les destins sont au centre de l’intrigue.

Le dessin est assuré par Olivier Martin qui, après des études d’arts appliqués, a collaboré avec Olivier Supiot sur Erzurum, sur le collectif Les chansons de Jacques Brel et qui travaille sur deux séries Les Carrés avec Eric Adam et Face cachée avec Sylvain Runberg.

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Les amants d’Hérouville https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/les-amants-dherouville-le-quellec-ronzeau-delcourt/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=les-amants-dherouville-le-quellec-ronzeau-delcourt https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/les-amants-dherouville-le-quellec-ronzeau-delcourt/#respond Mon, 01 Mar 2021 13:54:48 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=80412 Un château, un musicien de génie, des chanteuses, des chanteurs, des groupes et des disques mémorables parsèment Les amants d’Hérouville de Yann Le Quellec et Romain Ronzeau. De la folie de Michel Magne, entre bonheur et tragédie; un souffle épique sur une bande dessinée musicale. Passionnant ! Michel Magne, la musique et un château Qui […]

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Un château, un musicien de génie, des chanteuses, des chanteurs, des groupes et des disques mémorables parsèment Les amants d’Hérouville de Yann Le Quellec et Romain Ronzeau. De la folie de Michel Magne, entre bonheur et tragédie; un souffle épique sur une bande dessinée musicale. Passionnant !

Michel Magne, la musique et un château

Qui connait vraiment Michel Magne, le compositeur de génie ? Pas le grand public mais plutôt les artistes de l’univers de la musique. Pourtant, ces compositions sont très connues, dont notamment des musiques de film : Un singe en hiver, Mélodie en sous-sol, Tout le monde il est beau tout le monde il est gentil, Les tontons flingueurs, Angélique, Fantômas ou Belle de jour.

Ce musicien de génie réussit aussi le miracle de réunir autour de lui d’autres artistes dans son château d’Hérouville dans le Val-d’Oise, à une heure de Paris. Entre 1962 jusqu’à nos jours, ce lieu sera la Mecque de la musique, un endroit où tous les plus grands artistes viendront enregistrer leur plus grands succès. De Bill Wyman aux Pink Floyd, en passant par Elton John, David Bowie, Claude Nougaro, Eddy Mitchell, les Bee Gees, Patrick Coutin, Bernard Lavilliers ou Jacques Higelin, ils seront tous là, dans cette immense demeure transformée en gigantesque studio d’enregistrement.

Michel Magne, un château, une nouvelle femme

Alors qu’il a acquis le château d’Hérouville depuis 8 ans – il appartenait à Colette de Jouvenelle, la fille de la romancière Colette – Michel Magne prend en stop Marie-Claude. Une étincelle jaillit tout de suite entre eux deux.

Deux ans auparavant, Michel avait quitté sa femme Monique. Ensemble, ils s’étaient installés à Hérouville et avait eu une fille, Magali.

De la folie du châtelain

Rapidement, les deux amants sont inséparables. Marie-Claude apprécie la folie de son homme et la liberté laissée aux invités. Il règne une ambiance studieuse mais décontractée au possible. Les fêtes sont énormes et les corps se mélangent dans un grand bazar.

Serge Moreau, le chef, cuisine pour tous les convives et Dominique Blanc-Francard, ingénieur du son, multiplie les collaborations avec les artistes venus de tous les coins de la planète. Hérouville devient le premier studio résidentiel en France et l’un des tout premiers au monde.

Marie-Claude épouse Michel en 1962. Ensemble, ils auront Mickaël. Mais les démons du compositeur et ses problèmes d’argent, auront la peau de leur couple…

Les amants d’Hérouville : la folle histoire des hôtes du château

Lorsque l’on referme les 264 pages de l’album Les amants d’Hérouville, on est encore dans un moment de flottement, entre bonheur de voir ces dizaines d’artistes et l’effarement des obstacles mis sur la route de Michel Magne.

Dans cette bande dessinée, tout est hors-norme : la vie du compositeur, le quotidien du château, le couple Marie-Claude/Michel, le scénario et le dessin. Tout est génial dans cet album ! Les lecteurs sont tout de suite emportés dans un tourbillon, entre musique, corps dénudés et démons du propriétaire.

Même si la fin est brutale (en 1984), on apprécie toute la douceur de ce couple qui n’aurait pas du se rencontrer, deux mondes si opposés. Il est compositeur de talent, elle n’était qu’une jeune femme plongée dans les études.

De superbes Photographies

Les amants d’Hérouville, c’est un scénario parfait de Yann Le Quellec. Tout est ciselé pour laisser vagabonder l’imagination des lecteurs. L’album fut d’abord un gros travail de documentation et de témoignages recueillis auprès de Marie-Claude Magne, Magali Magne et Serge Moreau. Il a fallu ensuite digéré tout cela pour en faire une histoire où l’intrigue est folle. On navigue entre les fêtes, la musique et le polar.

Réalisateur de Je sens le beat qui monte en moi ou Cornélius le meunier hurlant, le scénariste parsème avec habileté Les amants d’Hérouville de photographies confiées à ses bons soins par Marie-Claude ou Magali. Cela apporte encore plus d’authenticité à cette histoire folle.

Une ambiance festive et colorée

Après Love in the Air Guitare en 2011, Yann Le Quellec retrouve son comparse Romain Ronzeau pour une deuxième belle collaboration. Pour Les amants d’Hérouville le dessinateur réalise de superbes planches à l’ambiance festive et colorée.

Si l’on est loin de l’esprit des Espions de famille (avec Thierry Gaudin), on retrouve toute la fraîcheur du trait jeté et moderne de Romain Ronzeau. Son dessin est très complémentaire dans les pages où sont insérées les photographies. Les montages sont très bien sentis.

 

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Scum https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/scum-rojzman-munoz-serrano-glenat/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=scum-rojzman-munoz-serrano-glenat https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/scum-rojzman-munoz-serrano-glenat/#respond Mon, 01 Mar 2021 11:31:49 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=80591 Dans Scum., la scénariste Théa Rojzman et le dessinateur Juan Bernardo Muñoz Serrano s’emparent de la vie mouvementée de Valérie Solanas, connue dans l’histoire contemporaine américaine pour une tentative d’assassinat sur Andy Warhol et figure du féminisme radical. DANS LE NEW-YORK DES ANNÉES SOIXANTE « Vivre dans cette société, c’est au mieux y mourir d’ennui. Rien […]

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Dans Scum., la scénariste Théa Rojzman et le dessinateur Juan Bernardo Muñoz Serrano s’emparent de la vie mouvementée de Valérie Solanas, connue dans l’histoire contemporaine américaine pour une tentative d’assassinat sur Andy Warhol et figure du féminisme radical.

DANS LE NEW-YORK DES ANNÉES SOIXANTE

« Vivre dans cette société, c’est au mieux y mourir d’ennui. Rien dans cette société ne concerne les femmes. Alors, à toutes celles qui ont un brin de civisme, le sens des responsabilités et celui de la rigolade, il ne reste qu’à renverser le gouvernement, en finir avec l’argent, instaurer l’automation à tous les niveaux et supprimer le sexe masculin… » Nous sommes à New-York en 1967. Une jeune femme de 31 ans, Valérie Solanas, vient d’écrire un texte incendiaire, Scum Manifesto, pamphlet radical remettant en cause tous les fondements de la société dont au premier chef le patriarcat.

Fuyant son New-Jersey natal et un père qu’on devine agresseur sexuel, elle vit dans  la rue, se prostitue pour survivre, fait de drôles de rencontres… Et rêve de devenir célèbre pour promouvoir ce livre qui elle l’espère changera peut-être la face du monde.

RENDEZ-VOUS A LA FACTORY

Pour qui veut faire parler de lui et briller, Greenwich Village est déjà « the place to be « . C’est là que débarque un jour cette Valérie Solanas, persuadée que la célébrité passe par cet endroit bohème et la fréquentation de ses vedettes… Parmi elles, il y a Andy Warhol, et sa Factory, un atelier d’artistes ouvert depuis 1964 où se croisent et se produisent de nombreux artistes. Ce sera par elle aussi que Solanas deviendra célèbre mais de la plus mauvaise des façons. D’abord accueillie par le « maître  » puis rejetée par ce dernier, apeuré par ses outrances, elle va tenter de le tuer, ne parvenant qu’à le blesser gravement…

Entre faits divers et tragédie grecque, c’est cette histoire que racontent avec brio la scénariste Théa Rojzman et le dessinateur espagnol Bernardo Muñoz dans Scum, l’un des derniers albums de la collection Karma( Des vies, des révoltes) dirigée chez Glénat par Aurélien Ducoudray. C’est d’ailleurs ce seul épisode que l’histoire retiendra de la vie dense et mouvementée de cette femme rebelle. Les auteurs, eux, déroulent avec finesse le fil d’une existence qui prit fin en 1988.

ICÔNE FÉMINISTE OU FEMME MEURTRIE ?

A travers un séquençage sans temps mort, un graphisme et des couleurs « pop » en phase avec le psychédélisme de l’ époque, Muñoz s’approprie les tourments et les déviances de cette femme hors normes,  diagnostiquée schizophrène paranoïde avec une dépression profonde. Il met parfaitement en scène la violence et les délires de Solanas en proie à ses démons intérieurs. Au fil de ces 128 pages, un rat accompagne à l’image la rebelle. Comme un Gemini Cricket murmurant à l’oreille de Pinocchio, il prend Solanas telle qu’elle se présente, extrémiste et borderline et suit ses dérives jusqu’à la chute finale dans une chambre minable d’un hôtel de San Francisco…

L’auteure du scénario n’est pas dans le jugement vis à vis de ce personnage. Icône féministe ou simplement femme meurtrie éprise de liberté ?  Chacun choisira. Alternant dialogues et extraits choisis du texte du manifeste ( la typographie est différente dans ces bulles ) le lecteur est embarqué dans cette spirale mortifère que fut la vie de Valérie Solanas. Théa Rojzman (Emilie voit quelqu’un, Dominos, Assassins les psychopathes célèbres) et son complice Muñoz réussissent en tout cas à  restitue au plus près le parcours de cette femme attachante dont la vie ne peut se résumer à un simple faits divers…

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Entretien avec Antonin Gallo https://www.comixtrip.fr/dossiers/entretien-avec-antonin-gallo/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=entretien-avec-antonin-gallo https://www.comixtrip.fr/dossiers/entretien-avec-antonin-gallo/#respond Sun, 28 Feb 2021 17:32:22 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=dossiers&p=79772 Lors de ce rendez-vous avec Antonin Gallo, nous avons autant été touchés par la justesse de ses mots que nous l'avions été par la sensibilité de son trait.

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Après la lecture très appréciée de État des Lieux, le dernier album d’Antonin Gallo, nous avons voulu en savoir davantage. Comment se réapproprier une histoire déjà conçue dix ans auparavant ? Comment faire allier le réel et l’imaginaire ? Quelles sont ses influences artistiques ? Autant de questions, et bien d’autres encore, auxquelles le dessinateur de Détox a pris le temps de répondre. Entretien avec Antonin Gallo, un auteur intelligent, sensible et au talent incontestable. 

 

Illustration de Antonin Gallo pour entretien avec Comixtrip le site BD de référence

 

Bonjour Antonin. Merci de nous accorder un peu de ton temps pour partager ton univers d’auteur BD. Peux-tu résumer de ton parcours qui t’a fait entrer dans le neuvième art ? 

La réponse classique : Je ne me suis jamais arrêté de dessiner. Sinon j’ai eu un bac S et un bac L, pour des raisons qu’il aurait été plus difficiles à justifier avec la réforme du bac. J’ai fait une fac d’arts plastiques mais je me suis arrêté au DEUG parce que ce cursus ne rimait à rien pour moi. J’ai végété quelques années avec des petits boulots et des périodes de chômage.

Je me suis fait un peu rêver en ouvrant un blog BD. Ça n’a pas donné grand-chose, je me satisfaisais d’une pseudo-renommée dans le microcosme de la blogosphère. Une personne bien intentionnée m’a mis un coup de pied aux fesses, j’ai commencé à chercher du boulot là où il y en avait et je me suis mis à bosser pour des entreprises et des agences de communication, pour de l’illustration et de la BD. Depuis, je continue ma route en loupant ou en choppant des opportunités.

Etat des Lieux, une autofiction immersive d'Antonin Gallo décrypté par Comixtrip, le site BD de référence

 

En 2012, tu sortais État des Lieux, ta première bande-dessinée en version numérique sur le site internet Amilova. C’est ce même titre que tu viens tout juste d’auto-éditer dans une version plus aboutie. Peux-tu nous raconter la genèse de cette histoire ? Pourquoi narrer une tranche de vie si intimiste ?

On m’a offert Blankets de Craig Thompson. Je connaissais assez peu l’univers du roman graphique et le livre m’a surtout marqué par le fait qu’on pouvait raconter une histoire touchante et simple basée sur son propre vécu.

Comme cette histoire tournait pas mal dans ma tête, j’ai commencé à dessiner des passages sans trop savoir comment j’allais les inscrire dans une trame.

Après avoir trouvé un fil narrateur et composé un dossier qui a été refusé par tout le monde, je l’ai posté sur un blog. Il y a eu quelques lecteurs qui ont demandé une suite et je me suis naturellement dit « Et pourquoi pas ? ».

J’ai pu avoir une bonne visibilité grâce à la blogosphère BD en pleine effervescence à cette époque, ça m’a encouragé à dessiner et poster toute la BD. Ça a été mon premier récit de longue haleine que j’ai bouclé.

 

« C’est une sorte de métafantasme, né de la frustration de ne pas pouvoir faire décoller le récit avec ma propre expérience »

Tu qualifies État des Lieux comme une autofiction. Lorsqu’on décide de partager un bout de sa propre vie, comment réfléchit-on à l’ajout de séquences imaginaires ? Est-ce le fruit de tes propres fantasmes ?

C’est une sorte de métafantasme, né de la frustration de ne pas pouvoir faire décoller le récit avec ma propre expérience. La première version est constamment sur le fil, entre une BD où il ne se passe rien (et dont on connaît déjà le dénouement) et le feu d’artifice des émotions d’un ado, très intérieur ; entre la romance et la niaiserie. Quant à Julie, il n’y a eu que très peu d’interaction avec elle : c’était une jolie figurante de mon théâtre personnel, qui brisait de temps en temps le 4e mur.

En racontant ce fantasme, j’ai voulu lui redonner une voix que mon récit lui avait enlevé en voulant trop me rapprocher de mon expérience personnelle. Après, ce ne sont pas mes propres fantasmes, à l’époque je ne pensais pas à des cochonneries quand je pensais à Julie, nous étions purs… En y réfléchissant, je pense que s’il y avait eu un éditeur derrière mes fesses, il n’aurait jamais laissé passer une telle séquence (plus de 40 pages tout de même, soit 20% de la BD). C’est la liberté qu’on peut s’offrir avec l’auto édition, celle de pouvoir se planter.

Et puis comme le dit Jim, il y a le fantasme de revenir sur un travail qui te tient à cœur mais qui est très imparfait.

Dans la première version, c’est l’histoire d’un garçon qui n’arrive pas à faire le deuil d’un amour qui n’a jamais été avoué. Il décide donc de revenir sur les lieux où ça s’est passé pour renouer les fils des souvenirs et y faire son état des lieux. Il est frustré de ne pouvoir qu’assister à ses souvenirs qui ressurgissent. La deuxième version est née d’une frustration de ne pouvoir pas proposer une meilleure version de ce récit auquel je voue un attachement particulier, il s’agit en fait presque d’une mise en abyme de l’histoire. Sauf qu’ici je peux remédier à cette frustration, tel un dessinateur démiurge.

Illustration de Antonin Gallo pour entretien avec Comixtrip le site BD de référence

 

Sans démêler le vrai du faux qui briserait le charme du mystère qui plane dans État des Lieux, le lycée est un endroit important, voire une pièce essentielle, pour raviver tes souvenirs et faire intervenir ton alter-égo. Es-tu réellement retourné dans ton école pour t’imprégner de nouveau de ta vie lycéenne ? 

Pour écrire une histoire, j’ai besoin d’une grosse base réelle, sur laquelle je peux laisser ensuite cavaler mon imagination. Je suis effectivement retourné au lycée pendant l’été et je l’ai contourné pour entrer en douce. J’ai pris pas mal de photos dès qu’un lieu faisait remonter à la surface un souvenir. Je me suis simplement servi de cette déambulation comme base narrative pour dérouler mon histoire. Mais ça demeure quand même la partie la plus fictive et mise en scène.

Revenons sur ton alter-égo. Le mettre en scène est une jolie trouvaille pour que cette histoire reste sous ton contrôle de bout en bout. Comment est née cette approche ? 

Je n’ai pas l’impression que ça soit une grande trouvaille, je ne serais pas du tout surpris que ce procédé ait été déjà usité. Et puis comme dit au-dessus, la base de cet alter-ego, c’est juste ma déambulation réelle au sein d’un lycée désert. Finalement, mis à part la séquence fantasmée, c’est plus cette partie que j’ai retouchée dans la 2e version, avec un narrateur plus apaisé, comme s’il était plus facile de revisiter la partie « fictive » du récit. Et peu de personnes l’a relevé, mais le fait de faire « glisser » cet alter-ego vers le style graphique des souvenirs est aussi une manière de mettre un point final à cette 2e version. C’est la conclusion logique de la mise en abyme que constitue cette version.

J’ai pensé à un moment à me faire intervenir en tant qu’auteur et 2e alter-ego donc, mais ça n’aurait fait que rajouter à la pile des choses à ne pas faire en BD.

Illustration de Antonin Gallo pour entretien avec Comixtrip le site BD de référenceIllustration de Antonin Gallo pour entretien avec Comixtrip le site BD de référence

 

« Son comportement tel qu’il m’apparaissait à l’aune de ma propre perception est plutôt fidèle je pense »

Parler de Julie est inévitable, tant elle est un symbole de ces amours secrètes, refoulées dans cette époque des premiers émois. Jusqu’à quel point ton héroïne se confond avec celle qui t’a fait vibrer ?

C’est une question difficile, parce que je n’en ai finalement qu’une vision très limitée. Son comportement tel qu’il m’apparaissait à l’aune de ma propre perception est plutôt fidèle je pense. Physiquement, c’est plus une idée globale. C’était une fille menue, à la gestuelle délicate mais dont les formes adultes s’exprimaient. De toute façon, mis à part les décors pour lesquels je suis parti de photo, il s’agit ici de raconter de la manière dont j’ai ressenti l’expérience, on est autant dans l’idée du souvenir que dans le souvenir. C’est donc aussi le cas de Julie.

À l’instar de ton personnage donc, tu as passé et réussi deux bacs. Dans la vraie vie, Julie a t-elle vraiment pesé dans la balance pour que tu te dises : « je suis un bachelier scientifique mais je vais tenter la filière littéraire ? » L’École des Beaux-Arts était-elle un parfait prétexte ? Pourquoi ne pas avoir choisi le bac littéraire en premier choix en fin de compte ?

J’ai toujours adoré les mathématiques au collège et au lycée. On a des outils et des règles, et un problème à résoudre avec, c’est comme un puzzle game abstrait au possible, très ludique à mes yeux. Il n’y avait pas d’option Arts plastique dans mon coin, je me suis donc dirigé vers une filière scientifique. Quand on a voulu me faire redoubler ma seconde pour une sombre histoire de moyenne en SVT, j’ai demandé à faire appel puis j’ai proposé à mes parents d’aller à l’internat d’un autre lycée qui lui proposait l’option arts plastiques.

Je suis finalement passé en première S et je suis devenu interne, pensant que ça allait me mettre un coup au derrière pour que je me remue et je me mette à bosser un peu. Quand j’ai décidé de refaire une terminale, il y avait déjà pas mal de signes qui me poussaient à penser que ça serait mieux de rempiler, sans compter que le changement de filière m’a forcé à sortir de ma zone de confort. Mais oui, Elle a été le poids le plus lourd dans la balance.

 

« C’est aussi un peu comme une case entre les cases, comme si je refusais l’ellipse que les gouttières suggèrent habituellement »

Comme pour ralentir le rythme du récit, les cases de tes pages sont grandes et larges. Elles nous permettent de prendre notre temps et d’explorer les bribes de ton passé. On a même parfois l’impression d’en être nous-mêmes acteur. Était-ce l’effet recherché ou ce découpage temporel est venu tout naturellement ? 

Je venais de terminer la « primotrilogie » de Jirō Taniguchi : L’homme qui marche, Quartier lointain et Le journal de mon père. Je suppose que ces lectures ont marqué ma narration. Il y a pas mal de cases « vides », qui posent des ambiances, des décors ou juste un visage. Ces cases ont notamment comme fonction d’obliger à attendre pendant que le narrateur se remémore. On ne sait pas trop ce qu’il se passe pendant ce temps, à part que le narrateur est perdu dans ses souvenirs. C’est aussi un peu comme une case entre les cases, comme si je refusais l’ellipse que les gouttières suggèrent habituellement. Et puis j’avais envie que le lecteur s’arrête sur des cases que j’ai particulièrement léchées, juste pour le plaisir du joli dessin.

Je ne comprends pas trop cette injonction à faire de l’efficace, à faire en sorte que le regard ne fasse que circuler sur la page sans vraiment s’arrêter. En fait, d’une manière générale, ça me donne l’impression qu’il y a une recette de la bonne BD et quand on sort de ce dogme, point de salut. Avec le recul, je pense que cette bande dessinée ferait un bon cas d’école des nombreuses erreurs à ne pas faire, enseigné dans un cursus, entre la séquence fantasmé, ces longues cases muettes et l’envie de faire du joli gratuitement.

Et puis forcer le lecteur à s’arrêter sur une case particulièrement attrayante, c’est aussi jouer sur le rythme quelque part. Jim a une théorie à ce sujet, il faut toujours au moins une case qui pète par page, pour poser le regard du lecteur.

Et puis à titre personnel, ça me fait bien chier de savoir que certains passent à peine quelques secondes sur une page qui m’a pris un grand nombre d’heures.

Illustration de Antonin Gallo pour entretien avec Comixtrip le site BD de référence

 

« En fait je veux continuer à écrire sur les regrets, la mémoire, les souvenirs. »

Réaliser ce roman graphique a-t-il eu un effet catharsis ? Ton entrée dans le neuvième Art devenait-elle plus confortable en explorant un univers familier ? 

Je ne suis pas très à l’aise avec l’expression « roman graphique », c’est un peu comme si on cherchait à s’émanciper des a priori négatifs que la « vraie » littérature peut avoir envers la bande dessinée, pour se donner une légitimité intellectuelle. Au final, les créateurs et les lecteurs de romans graphiques affichent ce même mépris envers ceux qui font et lisent de la bédé à papa. Je fais de la bande dessinée (et des grosses généralités), le reste, ce n’est que de la littérature (vous l’avez ?).

Il n’y a pas eu d’effet catharsis à proprement parler. En fait je veux continuer à écrire sur les regrets, la mémoire, les souvenirs. Il n’y aura pas de 3e version d’État des lieux, par contre j’aimerais vraiment écrire une histoire comme celle-ci, mais complètement débarrassée de tout l’aspect autobiographique.

Une première œuvre, c’est souvent basé sur son propre vécu. C’est une grosse solution de facilité, ça réduit de beaucoup la recherche documentaire…

Dans ta première version d’État des Lieux, tu imagines une suite de quelques pages que tu ne reprends pas dans ce nouvel exemplaire. Cette scène parle des retrouvailles avec Julie quelques années après le lycée. Pourquoi ne l’as tu pas réintégrée ? 

Ces pages étaient censées être une véritable suite, mais je me suis rendu compte avec le temps qu’elle n’avait pas vraiment d’intérêt à part faire plaisir à la petite communauté de fans qui s’était formé autour d’État des lieux.

 

« La musique qu’on écoutait raconte un peu les ados qu’on était »

Dans une scène phare du récit où les deux héros se retrouvent à une soirée, on peut y lire quelques paroles des chansons Linger des Cranberries ou Fin de Siècle de Noir Désir. On a tous et toutes certaines musiques qui nous ont marqué et nous accompagneront toute notre vie. Celles dont tu fais référence ont-elles traversé la tienne ? 

J’avais un baladeur et 3 pauvres cassettes enregistrées sur les CD des copains, dont « 666.667 Club de Noir Désir » et « Everybody else is doing it, so why can’t we ? » des Cranberries. La musique est un puissant vecteur de la mémoire surtout pour des titres bien diffusés sur les ondes comme ont pu l’être certains morceaux de ces albums. Il y a cependant d’autres albums qui ont rythmé cette période : c’est l’époque de la sortie des 2 premiers albums de Ben Harper, de Korn ou encore de Morcheeba.

Enfin, la musique qu’on écoutait raconte un peu les ados qu’on était, c’est un peu plus facile de s’en faire une idée du coup.

Illustration de Antonin Gallo pour entretien avec Comixtrip le site BD de référence

 

Une fois qu’on a lu État des Lieux, nous pensons naturellement à cette poésie qui émane de ton récit et dont ont ressent la même émotion quand on se délecte de l’Œuvre de Jirō Taniguchi, notamment dans Quartier Lointain. Tu nous as confirmé précédemment que le mangaka faisait partie de tes inspirations. Quels sont les autres auteur.ice.s qui t’ont amené à créer ta propre identité graphique.

Si je ne devais en garder qu’un, je citerais Masakazu Katsura. Vidéo Girl Aï a été une véritable claque à sa sortie, similaire à mes yeux à l’arrivée d’Akira au cinéma ou à la sortie en fascicule mensuel des Dragonball. Mes influences sont donc plutôt du manga populaire, les shōnen de base. Il y a plein de belles choses dans le shōnen, si on prend la peine d’ôter ses œillères. Le genre n’échappe pas aux clichés, mais il serait présomptueux de croire qu’un seul genre y échappe, à partir où il devient un genre justement, qu’on parle du roman graphique d’auteur ou de la bédé à papa.

Quand je dis que j’adore Hokuto no Ken, on pense que je parle au second degré. Pourtant je pense sincèrement que c’est un monument du genre avec certes un « jeu d’acteur » à la Steven Seagal, mais avec de réelles trouvailles graphiques et narratives et avec un sens de l’épique et de l’héroïsme hors norme. Après c’est pas la première œuvre qui me viendrait en tête comme source d’inspiration d’État des lieux. Même si certains esprits chagrins pourraient voir un rapprochement dans la niaiserie premier degré.

Pèle-mêle, je citerais ensuite J. Scott Campbell, Olivier Vatine, Boiscommun… Même si on ne voit plus grand chose de leur influence je crois à présent.

On pourrait qualifier mon style de semi-réalisme un peu chiant mais efficace.

Encore une fois, si nous comparons les deux versions d’État des Lieux, on y voit un changement conséquent dans ton approche graphique. Principalement dans les retouches de ton propre personnage qui semble plus posé. Est-ce là que tu y vois un album réalisé avec plus de maturité ? 

Le narrateur, qui était mon avatar dans État des lieux première version, est devenu mon personnage, puis finalement lui-même un souvenir. Plus de maturité, je ne sais pas. Plus de recul, certainement.

 

Illustration de Antonin Gallo pour entretien avec Comixtrip le site BD de référence

 

Pendant que tu retravaillais ton premier récit, tu réalisais parallèlement le superbe diptyque qu’est Détox. Associé à Jim, vous racontez l’histoire d’un de ses amis au bord d’un burn-out conséquence d’une vie hyperconnectée. Son salut viendra par un stage bien particulier. Quel bilan tires-tu de cette expérience avec cet auteur qui a déjà partagé ses scénarios avec plusieurs dessinateurs (Mig, Alexandre Tefenkgi, Dominique Mermoux, ‘Fane, pour ne citer qu’eux) ? 

Vu les collaborateurs qu’il a pu avoir, je me demande parfois ce que je fais là. Ça a été une très belle expérience, très formatrice. Jim est très exigeant avec les gens qui travaille avec lui et me poussait à aller plus loin afin de coller à ses standards. Alors il prend parfois quelques libertés avec la réalité (je vous ai déjà parlé du viaduc de Millau ?) afin que la narration soit privilégiée et sans aller aussi loin que lui, je me suis surpris à lâcher un peu prise sur mon côté psychorigide. Et même si l’accent est mis sur les personnages dans État des lieux, j’ai quand même essayé d’apporter un soin supplémentaire aux décors qu’il n’y avait pas dans la première mouture.

Mais sinon je suis toujours autant connecté, je n’en ai tiré aucune leçon.

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Un mot sur la série Oubliés que tu as créé avec Marlène. En 2014 sortait le premier tome très prometteur. Aura t-on la chance de connaitre la suite ? 

Pour le moment, la suite n’est pas d’actualité. L’éditeur à l’époque nous avait imposé un format classique cartonné soit disant plus facile à vendre en librairie. On souhaitait avec l’autrice avoir un format plus proche de celui d’une revue comics, couverture souple et une plus faible pagination, afin de pouvoir enchaîner les épisodes. Ça nous a un peu coupé dans notre élan, sans parler du fait qu’il n’a jamais cherché à nous mettre en librairie. Et puis il y a aussi qu’elle reprenait un univers et des personnages qui ne lui appartenait pas entièrement vu que j’avais fait des histoires courtes avec. Je pense que si le projet revient sur le tapis, il sera comme elle le décide, quitte à faire table rase sur la majeure partie de ce que j’avais mis en place. Mais on n’y est pas, sans pour autant fermer la porte.

Illustration de Antonin Gallo pour entretien avec Comixtrip le site BD de référence

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Lors d’un précédent entretien sur Comixtrip, tu nous parlais de plusieurs projets sur le feu. Notamment un album solo, continuer la série La vie rêvée des profs, et une nouvelle histoire avec Jim. Où en es-tu aujourd’hui ? 

Le projet avec Jim n’a pas su atteindre les standards qu’on se fixait, la faute à mon dessin. Pour autant, il est en train de réfléchir à autre chose (il doit en être au stade « je vais y réfléchir sous la douche » ou un truc du genre) mais avec une réelle envie d’un côté comme de l’autre.

La vie rêvée des profs est dans les mains du scénariste. C’était un projet né pendant la blogosphère BD il y a 10 ans et il nécessite d’être revu afin d’être en phase avec l’actualité. Je m’occupe de mon côté à mettre en place une stratégie de communication (faut que j’arrête de bosser pour des entreprises), étant donné qu’on va le lancer en crowdfunding.

La BD en elle-même sera au format à l’italienne avec 2 strips par pages, dans la tradition du comics strip. On y parlera notamment des côtés kafkaïens de l’administration de l’éducation nationale, avec moult métaphores subtiles et enlevées.

Quant à mon projet perso, le gros de l’écriture est fait, la trame est décidée et une partie des dialogues sont écrits. J’ai commencé le storyboard, je ne me suis pas fixé de nombre de pages. Je vais dérouler mon histoire comme elle me vient, avec des grandes cases vides ou jolies et de l’empathie pour mes personnages.

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Impossible d’oublier tes magnifiques Sketchbooks que sont les Good Morning et le dernier en date Buongiorno Riscadalmento. Comment t’est venue l’idée de mettre en images toutes ces jolies pin-ups ?

J’ai fait un brainstorming de fou. Et je me suis rendu compte que les gens avaient le réflexe primaire de s’arrêter sur une image dès qu’on apercevait de la chair nue. Pour du like facile, y a pas mieux.

 

ANTONIN GALLO S’EST PRÊTÉ AU JEU DE LA PLANCHE COMMENTÉE. ICI, CE SONT DEUX PAGES QUE L’AUTEUR A ACCEPTÉ DE NOUS EN EXPLIQUER L’ÉLABORATION  :

 

Illustration de Antonin Gallo pour entretien avec Comixtrip le site BD de référenceIllustration de Antonin Gallo pour entretien avec Comixtrip le site BD de référence

 

En fait il s’agit d’une manière graphique de faire apparaître un « fantôme » pour un dessinateur : poser une sorte de squelette, puis la forme sans vêtement puis avec vêtements, tout ça au lieu de jouer sur la transparence. C’est une manière assez classique pour dessiner et faire apparaître un personnage de A à Z quand on est un dessinateur parfois besogneux comme moi.

Quant à la page en couleur (encore un truc à ne pas faire), c’est un moyen de faire buter le regard et de dire « attardez-vous et regardez, c’est celle qui m’a fait écrire cette histoire ». Et de se faire plaisir sur une belle page.

 

 

Antonin Gallo,  Antonin Gallo, Antonin Gallo, Antonin Gallo,  Antonin Gallo, Antonin Gallo,  Antonin Gallo,  Antonin Gallo, Antonin Gallo, Antonin Gallo,  Antonin Gallo, Antonin Gallo, Antonin Gallo,  Antonin Gallo, Antonin Gallo, Antonin Gallo,  Antonin Gallo, Antonin Gal

ENTRETIEN RÉALISÉ LE JEUDI 04 FÉVRIER 2021

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Naoto https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/naoto-grolleau-blain-steinkis-fukushima/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=naoto-grolleau-blain-steinkis-fukushima https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/naoto-grolleau-blain-steinkis-fukushima/#respond Sat, 27 Feb 2021 10:22:56 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=80557 Après la catastrophe de Fukishima, Naoto tente de sauver les animaux restés dans la zone contaminée. Tirée d’une histoire vraie, Fabien Grolleau et Ewen Blain content sa dévotion dans un très bel album, entre radiations, nucléaire et écologie. Touchant d’humanisme ! Tremblements de terre, tremblements de vie Fukushima au printemps 2011. Koichi est heureux : […]

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Après la catastrophe de Fukishima, Naoto tente de sauver les animaux restés dans la zone contaminée. Tirée d’une histoire vraie, Fabien Grolleau et Ewen Blain content sa dévotion dans un très bel album, entre radiations, nucléaire et écologie. Touchant d’humanisme !

Tremblements de terre, tremblements de vie

Fukushima au printemps 2011. Koichi est heureux : il va pouvoir passer quelques jours de vacances dans la ferme de ses grands-parents et de son oncle Naoto. Le petit garçon sait qu’il va bien s’amuser entre s’occuper des bêtes et planter des graines.

Mais voilà, le 11 mars à 14h36, un séisme de forte magnitude s’abat sur la région. Alors qu’il est dehors, Koichi tombe sous l’effet du tremblement de terre. Son oncle se précipite pour le protéger.

Après avoir pris des nouvelles de ses parents, Naoto fait fuir les vaches. La maison familiale s’effondre comme un château de cartes. Il leur propose alors de venir chez lui. La solidarité se met en place.

Tsunami dévastateur, vies brisées

Mais le pire était à venir. Le séisme déclenche alors un tsunami, énorme vague qui dévaste la plaine de Fukushima. Pire, la centrale nucléaire de Daichii est immergée. Les réacteurs s’arrêtent et les piscines ne se refroidissent plus. La catastrophe écologique est annoncée.

Naoto rassure Koichi en lui racontant des histoires. L’homme ne montre jamais ses craintes, il protège son entourage avec sang froid.

Le lendemain, les hauts-parleurs hurlent les consignent gouvernementales : il faut évacuer la zone irradiée au plus vite. Mais ni les pluies acides, ni la panne d’électricité et ni la panique des gens ne font renoncer Naoto.

Retour en zone irradiée

Quelques jours plus tard, Naoto décide de revenir sur place malgré les consignes strictes et la police qui patrouille. Or de question de tout le laisser en plan. Il faut sauver ce qui peut l’être.

Il aide alors les animaux abandonnés. Il le sait : sauver les animaux, c’est sauver l’humanité. Il se crée alors une véritable arche de Noé…

Naoto : la bienveillance et l’humanité

Naoto, c’est un rayon de soleil, une lueur d’espoir quand tout va mal ! En choisissant de raconter l’histoire vraie de cet homme, Fabien Grolleau relate de ce que la bonté et la bienveillance peuvent engendrer de mieux dans un moment très sombre de l’Histoire récente du Japon.

Tellement proche de nous mais tellement loin aussi, tant le monde tourne à toute vitesse, la catastrophe nucléaire de Fukushima a déjà 10 ans. Dix années de recherche, dix années pour essayer de comprendre et dix années pour panser les plaies.

Naoto : des animaux et des hommes

Naoto, c’est « l’homme le plus irradié du Japon », celui qui n’hésite pas un seul instant à surmonter ses peurs, à aller de l’avant pour sauver les animaux abandonnés par leurs propriétaires sommés de fuir au plus vite la zone contaminée.

Tel Noé dans son arche, il les rassemble, les nourris comme il peut et les rassure. Oui, les hommes ont besoin des animaux et parfois les animaux ont besoin des hommes. Il résiste aux consignes des autorités pour le bien des êtres vivants. En cela, l’album est une hymne à la nature, à ses bienfaits, à sa résilience et à sa renaissance après des dégâts engendrés par la folie des hommes.

Fabien Grolleau, une scénariste écolo-humaniste

Cette histoire vraie, seul Fabien Grolleau pouvait la mettre en image. L’auteur originaire de Cholet a souvent abordé les thématiques de l’écologie et de l’environnement dans ses albums où ses protagonistes ont une forte personnalité et très enclin à protéger la nature.

Ainsi, Sur le ailes du monde Audubon relatait les voyages de l’ornithologue en Amérique, HSM Beagles racontait ceux de Charles Darwin, L’écolier en bleu abordait les liens entre le peintre Soutine et la nature, Mikaël ou le mythe de l’homme des bois mais également Le chantier où une jeune architecte tentait d’imposer la nature dans une construction de maison.

Contes japonais

Pour étoffer son récit, Fabien Grolleau apporte de la poésie et du rêve à travers les histoires racontées par Naoto. Pour rassurer Koichi, il lui révèle des fables japonaises populaires. Ainsi, Kashima tente de maintenir immobile Namazu, le poisson-chat sur le dos duquel repose le Japon, grâce à son épée.

L’auteur de Traquée fait aussi conter l’histoire d’Urashima, pêcheur qui sauve une tortue et un dragon. En évoquant ces fables, Fabien Grolleau construit un pont entre traditions et modernité, notions fortes au Japon.

Fukushima sous les pinceaux d’Ewen Blain

Pour un premier album, c’est un première vraie réussite pour Ewen Blain ! L’auteur fréquentant souvent les pages de la presse jeunesse ravit les yeux de ses lecteurs par une partie graphique d’une grande délicatesse. Son trait parfois nous fait penser à des séries d’animation japonaises des années 1980. Ses personnages arborent de grands yeux qui lui permettent de faire passer un maximum d’émotions.

Le bestiaire d’Ewen Blain est beau, ses dragons et autres créatures fantastiques sont du même acabit. La poésie se ressent aussi à travers de très jolies couleurs pastel.

La catastrophe de Fukushima et la bande dessinée

Très tôt la bande dessinée s’est intéressée à la catastrophe de Fukushima. Les mangakas se sont rapidement penchés sur les événements et ses conséquences. Ainsi, Master Keaton d’Urasawa, Je reviendrai vous voir de George Morikawa, Au coeur de Fukushima de Kazuto Tatsuta, Colère nucléaire de Takashi Imashiro mais également Dead dead demon’s dededede destruction d’Asano ont pris le temps d’expliquer et de raconter.

Les catastrophes nucléaires – dont celle de Tchernobyl – ont aussi inspiré les autrices et les auteurs de bandes dessinées comme le montre notre Top 10.

Les images sont souvent plus percutantes qu’un bon discours. Les auteurs européens ont eux aussi parlé du drame écologique et humain de Fukushima. Dans l’encadré ci-dessous, nous vous dévoilons une critique de Fukushima, chronique d’un accident sans fin de Bertrand Gallic et Roger Vidal.

Noato et Yoshida, héros de deux bandes dessinées, deviennent ensuite pourfendeurs du nucléaire et tentent d’alerter sur les dangers de ce production électrique.

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Alienated https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/alienated-spurrier-wilgoose-hicomics/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=alienated-spurrier-wilgoose-hicomics https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/alienated-spurrier-wilgoose-hicomics/#respond Fri, 26 Feb 2021 13:39:01 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=80226 Que se produit-il quand trois adolescents découvrent un alien bleu capable de leur donner une puissance sans limite ? Simon Spurrier et Chris Wildgoose vont nous le dire dans Alienated, une œuvre aussi imprévisible que subversive, publiée chez Hi comics.  PROMENONS-NOUS DANS LES BOIS… Tous les trois sont des adolescents comme il en existe des milliers, […]

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Que se produit-il quand trois adolescents découvrent un alien bleu capable de leur donner une puissance sans limite ? Simon Spurrier et Chris Wildgoose vont nous le dire dans Alienated, une œuvre aussi imprévisible que subversive, publiée chez Hi comics.

 PROMENONS-NOUS DANS LES BOIS…

Tous les trois sont des adolescents comme il en existe des milliers, des millions peut-être.

Ils s’appellent Samuel, Samantha et Samir… Sam, en un mot et trois lettres.

À cet âge, tout le monde a une étiquette.

L’un est « le nouveau », mais en secret, il rêve d’acquérir la gloire sur les réseaux sociaux.

L’autre est « l’asociale », mais pour une raison qu’elle n’avouera à personne, elle souhaite juste tenir les six derniers mois avant la fac.

Le dernier est « issu d’une minorité » et cherche démesurément à être apprécié pour ne pas avoir à révéler une identité sexuelle qu’il ne parvient pas à assumer.

Une fois qu’ils ont une étiquette, tout est simple puisqu’ils peuvent se fondre dans la masse sans faire de vague…

Mais voilà, quand on est adolescent, il n’est pas certain que ce soit ce qu’on veut « se fondre dans la masse sans faire de vague ».

Et c’est là que tout se complique, car dans la vie, il n’y a pas de baguette magique pour faire en sorte qu’on nous remarque et même mieux : qu’on nous apprécie pour ce qu’on est vraiment…

Or un jour, par un détour dans les bois, les trois jeunes découvrent un mystérieux cocon bleu. De ce cocon, éclot un étonnant petit alien volant, capable de leur donner un pouvoir infini.

Alors, ils se disent que leur vie va enfin changer.

VARIATIONS SUR UN THÈME DE SCIENCE-FICTION.

Dans les premières pages de l’œuvre, on peut croire qu’on tient entre les mains une variation aussi simple que légère sur le thème de l’extraterrestre venu sur Terre.

En effet, si on excepte Leon, un abruti raciste, violent et homophobe, l’ambiance est plutôt sereine au lycée de Tangletree et les trois personnages principaux semblent n’être préoccupés que par des problèmes de leur âge.

Rien d’extraordinaire à proprement parler…

Mais voilà, quand on est adolescent, rien n’est ordinaire, on a l’impression qu’on devient quelqu’un d’autre, qu’on est aliéné, « alienated »…

Or c’est précisément sur ce point que le très talentueux scénariste Simon Spurrier (Coda) entend démarrer sa réflexion.

Et petit à petit, la légèreté de façade va laisser place à une ambiance tortueuse voire torturée, à l’image de la violence des modifications psychiques provoquées par l’adolescence.

JUSQU’ICI TOUT VA BIEN, JUSQU’ICI TOUT VA BIEN…

Bien entendu la seule découverte d’une entité extraterrestre d’un beau bleu phosphorescent a de quoi tout bouleverser. Surtout lorsque l’alien en question donne des super-pouvoirs à ceux qui l’ont découvert.

Mais le premier à se révéler est particulièrement significatif : c’est celui de partager l’esprit de ceux qui ont découvert l’alien.

Bien vite, ce qui aurait pu être perçu comme une bénédiction prend alors les traits d’un véritable calvaire. Le fait est qu’à un âge où l’intimité prévaut sur tous les droits, la cohabitation spirituelle a de quoi déranger.

« une paire de parfaits étrangers ont ouvert un groupe WhatsApp dans ma tête »

L’ADOLESCENCE : ALIENATED, ALIEN HATED.

À ce moment de l’histoire, l’ambiance reste bon enfant.

Mais plus pour longtemps, car quand Leon suit les trois Sam dans les bois et les menace avec son couteau, l’alien intervient et l’irréparable se produit…

Ce n’est alors que le point de départ d’une série d’événements qui vont entrainer les protagonistes dans un tourbillon infernal dont ils sont eux-mêmes les initiateurs.

Cette parabole des troubles qui hantent l’adolescence est présentée de main de maître par Simon Spurrier. Tout est distillé avec mesure pour que la tension narrative suive l’escalade psychologique.

Tragiquement, à chaque marche gravie, la situation semble être sous contrôle pour les jeunes héros. Et c’est là que réside le caractère fatal de l’œuvre, car malheureusement, chaque marche permet facilement d’accéder à une suivante, et une suivante…

Et quand les trois Sam se retourneront enfin, il sera trop tard : l’horreur et la violence auront définitivement effacé l’insouciance et la légèreté d’une enfance à jamais perdue.

REPRÉSENTER L’ADOLESCENCE.

Qu’on ne s’y trompe pas : malgré l’impression initiale, Alienated est une œuvre dure et subversive.

Mais en réalité, si elle inquiète autant, c’est précisément parce qu’elle montre que sous un joli verni, se cache parfois une souffrance tellement violente qu’elle en devient indicible.

Les dessins de Chris Wildgoose, en association avec la colorisation d’André May, en sont d’ailleurs la parfaite illustration.

Le trait fin et précis donne à voir des personnages harmonieux et souriants dans des décors qui le sont tout autant. Les couleurs, vives et acidulées, donnent réellement envie d’en savoir toujours plus.

Mais bien vite, le dynamisme des planches entraine les héros et le lecteur dans une spirale aussi psychédélique que destructrice, aussi envoûtante que dérangeante.

A l’adolescence, rien n’est simple ; Simon Spurrier, Chris Wildgoose et André May ne l’ont pas oublié et ils nous les rappellent de manière magistrale dans Alienated, initialement publié par BOOM! Studios et disponible en France chez Hi Comics.

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Yojimbot 1, Silence Métallique https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/yojimbot-1-silence-metallique-repos-dargaud/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=yojimbot-1-silence-metallique-repos-dargaud https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/yojimbot-1-silence-metallique-repos-dargaud/#respond Thu, 25 Feb 2021 12:44:35 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=80380 Le jeune auteur Sylvain Repos commence très fort pour sa première publication (prévue en trois actes) chez Dargaud. Au menu, un mélange personnel et original entre Steampunk et Japonisme. Nous voici donc immergé dans un parc futuriste postapocalyptique où les humains ont (presque) disparu. 20 ans après un cataclysme, les robots continuent de jouer leur rôle, la simulation du temps héroïque des Samouraï. Quand un Yojimbot, un robot-samouraï, croise un humain et son fils Hiro en fuite, son destin bascule, car les humains sont attaqués par un groupe de soldats sans pitié. Programmé pour obéir aux ordres des humains (ben oui, il respecte à la lettre le protocole), le robot prend son rôle de sabreur-justicier très au sérieux...

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Combats de robots-samouraï et quête initiatique, pour son premier album,YojimbotSylvain Repos assure le spectacle entre manga et franco-belge.

Quelque part dans le futur, dans un parc d’attraction

L’unité mobile 063, un Yojimbot, robot de combat au style Samouraï (Katana et Kimono compris) se prépare pour un duel épique contre un autre robot. Après avoir cassé accidentellement son sabre, les 2 robots se saluent. C’était le scénario 472.3…
Yojimbot ramasse les débris de son katana et les apporte à un robot forgeron, mais il en manque un. En cherchant ce morceau perdu, l’unité mobile 063 tombe nez à nez avec Hiro, un jeune garçon. Contrairement à l’enfant, son père est effrayé par cet antique robot. Il lui ordonne de les protéger tandis que surgissent des guerriers…

Un premier album détonnant

Le jeune auteur Sylvain Repos commence très fort pour sa première publication (prévue en trois actes) chez Dargaud. Au menu, un mélange personnel et original entre Steampunk et Japonisme. Sans préambule, il nous embarque dans un parc japonais, mais surtout à une époque postapocalyptique où les humains ont (presque) disparu… 20 ans après LE cataclysme, les robots continuent de jouer leur rôle, la simulation du temps héroïque des Samouraï…
Quand un Yojimbot, un robot-samouraï, croise un humain et son fils Hiro en fuite, son destin bascule, car les humains sont attaqués par un groupe de soldats sans pitié. Programmé pour obéir aux ordres des humains (ben oui, il respecte à la lettre le protocole), le robot prend son rôle de sabreur-justicier très au sérieux…

Yojimbot, ton univers impitoyable

Pour définir graphiquement son monde, Sylvain Repos n’a pas lésiné. Son Character Design très mature permet de donner vie à des robots humanoïdes variés. Je vous laisse chercher les références, mais elles semblent multiples… Enrichi par son expérience d’illustrateur, il en varie les formes et les tailles (du mini robot de nettoyage au Big Boss de fin). Mais surtout la bonne idée, c’est cet habile mélange entre rigidité de l’acier et souplesse des vêtements japonais traditionnels. Le résultat visuel est dynamique, mouvant, bluffant !

Action… et fond

Dans ce premier tome de Yojimbot, Sylvain Repos met en scène des combats titanesques dignes des meilleurs films HK et des mangas du genre. Évidemment, cela fait parti de ses références et il en maîtrise les codes sans en abuser. Son écriture visuelle dynamique laisse aussi la place à des moments plus calmes. Ainsi, Yojimbot n’est pas qu’une succession de combats épiques à coup de sabres. Avec ses robots muets et les rapports inattendus entre l’enfant et le robot protecteur, il joue sur les apparences. Et si la compassion et la sensibilité n’étaient pas réservées aux humains ?

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Champignac – Le patient A https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/champignac-le-patient-a-beka-etien-dupuis-spirou/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=champignac-le-patient-a-beka-etien-dupuis-spirou https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/champignac-le-patient-a-beka-etien-dupuis-spirou/#respond Tue, 23 Feb 2021 14:16:02 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=80132 Personnage incontournable de l’univers de Spirou et Fantasio, le comte de Champignac vit ses propres aventures sous la houlette de Beka et David Etien. Du suspense, du fantastique et de l’action. Haletant ! Décoder Enigma Bletchley, dans la banlieue de Londres en 1941. Les autorités britanniques ont mis en place une unité spéciale pour décoder […]

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Personnage incontournable de l’univers de Spirou et Fantasio, le comte de Champignac vit ses propres aventures sous la houlette de Beka et David Etien. Du suspense, du fantastique et de l’action. Haletant !

Décoder Enigma

Bletchley, dans la banlieue de Londres en 1941. Les autorités britanniques ont mis en place une unité spéciale pour décoder Enigma, le système secret allemand de transmission de données. A sa tête, Alan Turing, grand mathématicien et théoricien.

Pour l’aider dans sa tâche, un groupe d’experts a été formé. Parmi ces savants, il a Pacôme Champignac et Blair McKenzie. Comme dévoilé dans le tome 1 de la série, ces deux derniers filent le parfait amour.

Sauver des amis scientifiques

Alan convoque en urgence Pacôme et Blair. Il a reçu un SOS de la part du chimiste Schwarz et du biologiste Bruynseeleke. Les Nazis les forceraient à les aider sur des programmes militaires.

Il y a quelques années, avec les deux savants de Bletchley et le mathématicien Black, ils formaient un quintet de scientifiques de haut vol.

Pour Blair, il n’y a qu’un seul moyen pour les sortir des griffes du mal : aller à Berlin et les délivrer !

Le patient A, patient drogué

Après avoir été emmenés par avion militaire, Blair, Pacôme et Alan voyagent en voiture jusqu’à Berlin. Dans la capitale quadrillée par les Nazis, le trio se rend à la Société Kaiser Wilhelm, institut scientifique du régime.

En regardant par la fenêtre, Blair observe Schwarz. Mais elle s’évanouit, victime d’une drogue dans un chocolat; la même donnée aux soldats pour aller au combat…

Les aventures haletantes de Champignac

Créé en 1950 par André Franquin, Pacôme Hégésippe Adélard Ladislas, comte de Champignac est l’un des meilleurs alliés de Spirou et Fantasio. Scientifique spécialisé dans la mycologie (études des champignons), il n’hésite jamais à aider ses amis. Archétype du savant dépassé par les événements, il apporte lui aussi son lot d’humour à la série-mère.

Alors que Zorglub (meilleur ennemi du duo d’aventuriers) possède depuis 2017 ses propres aventures grâce à José Luis Munuera, il semblait logique que Champignac vole de ses propres ailes dans une série spin-off.

Après un excellent premier volume qui nous avait enchanté, Beka et David Etien continuent de relater son passé avant sa rencontre avec Spirou et Fantasio.

La seconde guerre mondiale comme toile de fond

Comme les deux compères journalistes qui se sont rencontrés pendant la Seconde guerre mondiale (voir L’espoir malgré tout), le scientifique navigue lui aussi dans cette période très sombre de notre Histoire.

« Le comte de Champignac a été impliqué dans toutes les inventions et découvertes majeures du XXe siècle » comme l’a souligné le duo de scénaristes (Le jour où…, Les rugbymen, Les tuniques bleues). La logique voulait donc qu’il puisse participer au décryptage d’Enigma.

« Hélas, le nationalisme est un poison dont on n’est pas près de trouver l’antidote »

En plongeant leur héros dans cette période, les Beka peuvent lui faire connaître des aventures entre polar et thriller. En y instillant un peu de fantastique, les scénaristes happent les lecteurs et les emmènent dans une intrigue captivante.

A la manière d’Indiana Jones dans sa dernière croisade, ils imaginent un jeu du chat et de la souris entre les trois scientifique et les Nazis. Cette course-poursuite est prenante.

Bien documenté, ce deuxième tome de Champignac – il peut se lire sans avoir parcouru le premier opus –  est distrayant. Blair, Alan et Pacôme se jettent dans la gueule du loup par pure amitié. Ils croisent alors Hitler ou encore Von Braun, ingénieur allemand qui passa dans le camp américain après la guerre (voir l’album de Robin Walter).

De l’élégance du trait de David Etien pour Champignac

Impressionné par la partie graphique du premier volet de cette saga, nous le sommes de nouveau par ce nouvel opus. David Etien use avec aisance d’un trait d’une folle élégance. Comme pour son autre merveilleuse série, Les 4 de Baker Street, le dessinateur croque superbement ses personnages dans un style semi-réaliste.

Il possède cette force et ce don pour faire transparaître les émotions de ses protagonistes avec habileté. Tout est beau dans le style de David Etien : ses personnages, ses décors et ses couleurs !

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Jonas Fink https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/jonas-fink/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=jonas-fink https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/jonas-fink/#respond Mon, 22 Feb 2021 14:29:28 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=80237 Décrire la vie derrière le rideau de fer, voilà une gageure qui a occupé un quart de siècle de la vie de Vittorio Giardino avec le roman graphique Jonas Fink qui est ressorti le mois dernier chez Casterman sous forme d’intégrale. Historique de l’écriture de la série Jonas Fink Ce “roman dessiné” intitulé comme tel […]

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Décrire la vie derrière le rideau de fer, voilà une gageure qui a occupé un quart de siècle de la vie de Vittorio Giardino avec le roman graphique Jonas Fink qui est ressorti le mois dernier chez Casterman sous forme d’intégrale.

Historique de l’écriture de la série Jonas Fink

Ce “roman dessiné” intitulé comme tel à une époque où le roman graphique n’était pas ce qu’il est aujourd’hui, regroupe un premier tome intitulé L’enfance dont les planches ont été publiées dans le mensuel À  Suivre en 1994 dans les numéros 193 à 196. 

Puis vint ensuite un deuxième tome, “L’apprentissage” qui sera édité lui aussi selon le même principe dans cette même revue entre 1995 et 1997 dans les numéros 205 à 208 et 227 à 229. Ces deux premiers tomes ont été par la suite publiés sous la forme de deux albums devenus indisponibles.

Enfin le troisième tome Le libraire de Prague sera directement édité sous format album en 2018 chez Casterman, propriétaire du mensuel À Suivre.

La Tchécoslovaquie, un régime communiste

Si ce nom de pays peut sembler étrange à certains, c’est parce que depuis 1992 la Tchécoslovaquie, suite aux changements politiques intervenus à l’est, a été séparée en deux pays indépendants: la Tchéquie et la Slovaquie.

Mais c’est l’Histoire avant cette partition qui est au cœur de l’histoire de Jonas Fink

A la fin de la seconde guerre mondiale, la Tchécoslovaquie, qui avait été annexée par le IIIe Reich en 1939, retrouve son indépendance et est dirigée par un gouvernement multipartite. Mais en février 1948, le Premier Ministre  s’empare du pouvoir avec ce qu’on appellera “Le coup de Prague” et instaure une république communiste.

Jonas Fink, la vie d’un enfant puis d’un adolescent derrière le rideau de fer

1950 le jeune Jonas Fink vit au sein d’une famille aimante et aisée quand le Dr Fink est arrêté par la police pour activités contre-révolutionnaires et espionnage. Le père mis à l’isolement et risquant jusqu’à 5 ans d’emprisonnement, mère et fils vont devoir se démener seuls. Jonas n’a dorénavant plus le droit d’aller à l’école et Edith Fink trouve la solution de donner des cours de Français. Mais la sûreté ne le voit pas de cet œil et rapidement la famille est sans revenu, d’autant plus que le père est arbitrairement condamné à dix ans de prison sans droit de visite.

Jonas va devoir travailler illégalement comme coursier puis plombier avant de devenir apprenti libraire. C’est à ce moment que Jonas, grâce à un ami d’enfance, va faire partie d’un groupe de lycéens opposés au pouvoir en place et rencontrer la belle Tatjana, un russe, dont il tombe amoureux.

Jonas Fink, un libraire à Prague

1968 un vent de liberté relative souffle sur Prague. Dubček, le nouveau secrétaire du parti abolit la loi sur la censure de la presse et revient sur les procès politiques : c’est le printemps de Prague et le socialisme adopte un “visage humain” en opposition au “communisme réel”.

Jonas a maintenant 29 ans et est devenu le propriétaire de la librairie dans laquelle il avait effectué son apprentissage. Il vit avec Fuong une interne en médecine vietnamienne et fréquente toujours son groupe d’amis. Mais le retour de Tatjana, journaliste pour Izvestia, venue couvrir les changements politiques pour le grand frère soviétique, va modifier la donne, alors que les chars du Pacte de Varsovie sont en embuscade.

Un voyage dans la Prague des années 50 à 70

Si les dessins de Vittorio Giardino sont d’un réalisme tel, c’est que l’auteur est allé sur place découvrir l’architecture pragoise afin, entre autres, de plonger le lecteur dans l’ambiance stalinienne qui régnait sur place à cette époque. Mais afin également de découvrir les rues, les immeubles et les monuments caractéristiques de l’architecture de cette capitale de l’Art nouveau. 

Mais c’est un plaisir de suivre l’évolution physique de toute une galerie de personnages à 12, 15, 29 et enfin 52 ans, et de pouvoir observer la façon dont ils ont réagi face aux événements politiques. 

Des dessins dans la plus pure tradition de la ligne claire donnent un côté indémodable à cette série que certains auront plaisir à retrouver et que les autres devront absolument découvrir.

Une belle découverte que cette intégrale.

Quelle réussite de la part  l’auteur que de faire vieillir ses personnages sur papier et dans le temps alors que lui vieillissait parallèlement. Ce doit être pour cela que Jonas Fink adulte a acquis une belle maturité physique et intellectuelle.

Cette intégrale bénéficie d’une préface expliquant le travail de l’auteur sur plusieurs années et en fin d’ouvrage, d’illustrations inédites, croquis au crayon ou dessins complémentaires. 

Cette plongée dans l’Histoire tchécoslovaque est l’occasion de re.découvrir certains auteurs emblématiques de ce pays cités dans l’album,  comme Franz Kafka (Le château 1926), Milan Kundera (L’Insoutenable Légèreté de l’être 1982) et bien évidemment Václav Havel, qui à la tête de la révolution de velours en 1989, deviendra le premier Président de la république tchèque et slovaque cette même année.

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Deux passantes dans la nuit https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/deux-passantes-dans-la-nuit-leconte-coutelis-tonnerre-grand-angle/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=deux-passantes-dans-la-nuit-leconte-coutelis-tonnerre-grand-angle https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/deux-passantes-dans-la-nuit-leconte-coutelis-tonnerre-grand-angle/#respond Mon, 22 Feb 2021 14:06:59 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=80299 Croisée de chemins pour deux jeunes femmes, par une nuit d’hiver parisienne, sous l’occupation nazie. Elles n’auraient pu que se croiser au détour d’un spectacle de cabaret, un contrôle d’identité va changer la donne. Deux passantes dans la nuit est une série de deux tomes, coréalisée par Patrice Leconte, Jérôme Tonnerre et Alexandre Coutelis, aux […]

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Croisée de chemins pour deux jeunes femmes, par une nuit d’hiver parisienne, sous l’occupation nazie. Elles n’auraient pu que se croiser au détour d’un spectacle de cabaret, un contrôle d’identité va changer la donne. Deux passantes dans la nuit est une série de deux tomes, coréalisée par Patrice Leconte, Jérôme Tonnerre et Alexandre Coutelis, aux éditions Grand Angle, nous éclaire sur les tensions d’un Paris sous couvre-feu.

A sa sortie de prison, la neige et le silence pour l’accueillir…

Arlette est une jeune femme comme les autres, si ce n’est cette curiosité, le choix d’une tenue d’été en plein hiver…. Rien de surprenant tout compte fait puisqu’il s’agit de celle qu’elle portait lors de son dernier bal, le 14 juillet, juste avant son interpellation… Ce soir, elle sort de prison et espère retrouver quelqu’un qui n’est pas venu.

Quelques notes de musique la tirent de ses pensées, et l’encouragent à se diriger vers le garage où son fiancé travaillait avant qu’elle ne se retrouve à l’ombre. N’y trouvant que portes closes, elle entre dans un cabaret se mettre au chaud. Subjuguée par le numéro de prestidigitation d’une jeune femme, elle cherche à sympathiser, mais cette envie n’est pas réciproque. Anna préfèrerait garder ses distances, un malheureux concours de circonstances l’amène néanmoins à accepter la main tendue d’Arlette.

Dans l’ambiance parisienne d’un couvre-feu, un instant de répit musical

Nous plongeons dans l’ambiance feutrée d’une nuit parisienne en hiver, en pleine occupation. La neige est bien présente, elle atténue tous les bruits. Pourtant, la musique demeure. Quelques notes émises par les cabarets ou par les salles de danse obscures souterraines, comme un pied de nez à la morosité, à l’inquiétude, à la violence et à la perte de liberté. Une quête de légèreté dans la nuit, à esquiver les risques qui pourraient se présenter qu’il s’agisse des contrôles d’identité impromptus réalisés par la police ou des sirènes d’alarme annonçant les bombardements à venir. Oublier le quotidien et vivre l’instant présent ? quoi de mieux qu’une danse pour y arriver…

Les deux jeunes femmes évoquent chacune à leur manière une forme de liberté et de résistance en cette période de flottement. Par leur tenue déjà : Arlette a toujours sa robe d’été malgré le froid hivernal, comme si elle se tenait prête à aller danser de nouveau. D’ailleurs, son premier réflexe est bien de se diriger vers ces lieux qu’elle fréquentait avant son incarcération. Anna, elle, a choisi un complet noir sobre comme tenue d’artiste, qui lui permet de circuler plus discrètement et de rester dans l’ombre. Comme un avant-goût de leurs tempéraments respectifs, même si le mystère demeure sur leur vie d’avant.

Deux passantes dans la nuit, Comme une parenthèse…

Ce récit se tient sur une seule nuit, c’est la trame de construction voulue par les auteurs. Coutelis nous ravit par les jeux d’ombres et de lumière marquant les visages des différents personnages. Le trio Leconte-Tonnerre-Coutelis retranscrit avec justesse l’inquiétude et les tensions qui transpirent en ces sombres années mais n’occulte pas pour autant l’insouciance que chacun tente de retrouver à sa manière. Même la nuit, la vie continue, pleine de surprises et de rencontres.

Les passages et arrière-cours de la ville sont évoqués avec subtilité, dans une forme de douceur cotonneuse malgré la pénombre. Témoins à part entière de ce pan de l’Histoire de la ville, ils sont présentés dans une palette de couleurs maintenant une ambiance mystérieuse qui fait le charme de cet album.

Nous attendons avec impatience le second volet de Deux passantes dans la nuit, qui nous dévoilera certainement d’autres facettes jusqu’ici cachées de l’histoire des deux jeunes femmes.

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Iris deux fois https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/iris-deux-fois-reboul-thriller-psychologique-reboul-sarbacane/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=iris-deux-fois-reboul-thriller-psychologique-reboul-sarbacane https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/iris-deux-fois-reboul-thriller-psychologique-reboul-sarbacane/#respond Mon, 22 Feb 2021 13:33:38 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=80059 Sombre nuit cauchemardesque, vision trouble, les pupilles se dilatent d’effroi, l’iris change de couleur et le vertige se distille dans les heures noires. Sensation nébuleuse de se retrouver dans un champ gravitationnel qui empêche le rayonnement lumineux, se dire que tout cela n’est qu’un cauchemar. Agité, on se réveille alors totalement perdu et en proie […]

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Sombre nuit cauchemardesque, vision trouble, les pupilles se dilatent d’effroi, l’iris change de couleur et le vertige se distille dans les heures noires.

Sensation nébuleuse de se retrouver dans un champ gravitationnel qui empêche le rayonnement lumineux, se dire que tout cela n’est qu’un cauchemar. Agité, on se réveille alors totalement perdu et en proie à des sueurs nocturnes. Les paupières se soulèvent au jour mais finalement avec quelle réalité au pied du lit?

Dans le labyrinthe du sommeil, on cherche souvent des indices dans les méandres de ce que le jour précédent a laissé dans la mémoire de notre vie pour inventer la nuit d’après. On visite et revisite ce que l’on a vécu ou subit, ce que l’on a fait ou pas, ce que l’on fuit ou ce que l’on cherche et peut-être tout simplement ce à que quoi l’on rêve…

Iris deux fois, tu auras eu raison de mon sommeil par l’intensité de ton suspens haletant et je ne peux me rendormir sans essayer de provoquer ta magnifique insomnie à d’autres lecteurs.

UNE IRIS AU REGARD DÉDOUBLÉ

Du jour au lendemain, Iris se réveille et s’endort deux fois dans des vies aux antipodes l’une de l’autre.

Sous le recto de ses jours, elle est une femme qui  mène une vie heureuse et confortablement installée. Elle est une écrivaine estimée, toute jeune lauréate du prix littéraire Renaudot et elle est soutenue par son mari éditeur attentionné qui l’accompagne avec bienveillance dans tous ses projets.

Dans le verso de ses nuits, elle est une femme abimée et cloitrée dans une vie intime enchainée à un mari alcoolique. Sa vie familiale socialement douloureuse se partage entre un travail de survie alimentaire et un rôle de mère dépassée face à la fragilité de son enfant.

Au fil du temps, la confusion s’installe insidieusement entre les deux personnalités d’Iris. Les choix qu’elle décide sous chacune de ses deux peaux influencent le cours de son existence.

UN CAUCHEMAR QUI SE DILATE SOUS L’IRIS

Chahutée entre ses deux vies qui se superposent, se chevauchent puis se bousculent par une promiscuité de plus en plus infime, Iris se sent totalement isolée et n’arrive plus à se situer dans la demeure de cette impasse temporelle.

Face à cette sournoise folie qui la guette, elle erre et recherche sa véritable identité; se situe t’elle dans la part du rêve ou dans celle de cauchemar ? Dans les brèches et les recoins de son histoire d’écrivaine à succès hantée par son double en souffrance, elle comprend que ses réactions, ses émotions et son rapport à l’écriture ne sont pas vécus dans la même urgence et la même intensité.

Alors cette dualité ne deviendrait-elle pas un processus mental à la création et la possibilité de faire le bon choix pour écrire une nouvelle Iris ?

DEUX FOIS PLUTÔT QU’UNE

Iris deux fois est un formidable roman graphique rythmé où la dissociation identitaire souligne la thématique des choix à réaliser dans une vie et nous entraîne dans une folie insomniaque attractive par son suspens.

Sous le travail d’édition toujours soigné de la maison Sarbacane, Anne-laure Reboul (coscénariste de La tomate et La marche) à l’écriture et Naomi Reboul aux dessins offrent leur collaboration complice pour la réalisation de leur premier roman graphique à part entière. Le dessin réaliste minimaliste avec une bi-ambiance colorée personnalise subtilement l’identité visuelle de chacune des deux Iris et permet une double lecture de ce captivant scénario.

C’est un superbe one-shot qui nous tient en haleine jusqu’à ne plus vouloir dormir tant que l’on n’a pas lu le mot de la fin. Et je ne peux que fortement vous conseiller de faire le choix d’aller le lire deux fois plutôt qu’une.

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Chihuahua https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/chihuahua-nob-obion-jousselin-trondheim-bd-kids/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=chihuahua-nob-obion-jousselin-trondheim-bd-kids https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/chihuahua-nob-obion-jousselin-trondheim-bd-kids/#respond Sun, 21 Feb 2021 10:51:48 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=80146 Paul fait sa rentrée à l’école. Mais voilà, ce n’est pas une école comme les autres. Elle abrite toutes sortes de monstres. Chihuahua, c’est le nouveau projet commun de 4 auteurs (Pascal Jousselin, Obion, Nob et Lewis Trondheim) pour le plus grand bonheur des jeunes lecteurs ! Plongée dans un univers fantastique très drôle. Chihuahua […]

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Paul fait sa rentrée à l’école. Mais voilà, ce n’est pas une école comme les autres. Elle abrite toutes sortes de monstres. Chihuahua, c’est le nouveau projet commun de 4 auteurs (Pascal Jousselin, Obion, Nob et Lewis Trondheim) pour le plus grand bonheur des jeunes lecteurs ! Plongée dans un univers fantastique très drôle.

Chihuahua : drôle d’école

Paul est angoissé, demain, il fait sa rentrée à Chihuahua, sa nouvelle école. Ce petit garçon, somme toute « normal » et vrai être humain, ne se doute pas de ce qui l’attend. Il entre dans un établissement fait de monstres.

Rentrée presque normale pour Paul. Plus, il avance dans les couloirs de Chihuahua et plus il va de surprise en surprise.

Nouveaux amis

Devant l’école, Paul fait la connaissance de Violette, un petite fille qui a déjà redoublé 142 fois ! Surnommée « grouiii » car son ventre fait toujours ce bruit, ils deviennent vite amis.

Il y a aussi Gilbert, gros monstre orange qui marche sur ses bras et qui aime manger de la chair humaine. Quant aux cours de Français, ils sont dispensés par M. Plumier dont les jambes sont des tentacules.

Rien n’est normal dans cette école ! Tous les élèves sont soient des monstres, soient des vampires, soient des diables ou soient des cyclopes…

Une histoire imaginée par quatre auteurs

Chihuahua, c’est un projet porté par quatre auteurs : Pascal Jousselin (Imbattable), Nob (Mamette, Dad), Obion (Soucoupe, Mama Mia) et Lewis Trondheim (Coquelicots d’Irak, Lapinot). Ensemble, ils ont imaginé le scénario et chacun d’entre eux à dessiner plusieurs pages. Sous la même forme que L’atelier Mastodonte – dont ils ont fait parti – ils déclinent des gags sur une ou plusieurs planches. Si la série précédente pouvait fonctionner sur du ping-pong, ici, il y a un histoire complète.

Cet OVNI BD est drôle et empli de personnages sympathiques pour les jeunes lecteurs. C’est un petit moment léger, une parenthèse agréable.

Fantastique Chihuahua

Chihuahua, c’est donc le récit des premiers jours de Paul dans une école où les élèves sont des monstres. Cette histoire fantastique repose sur la drôlerie des situations, sur des dialogues ciselés et sur des personnages attachants. Il y a même un niveau de lecture pour les adultes !

A la croisée des chemins d’Harry Potter et Mélusine, on étudie, on s’amuse, on mange à la cantine et on rit dans cette académie où tous les élèves ont un don surnaturel. Paul hallucine à chaque page, Violette grouiii souvent et Gilbert a tout le temps faim.

Gaufrier de 4 vignettes

Sous forme de planche en gaufrier de 4 vignettes, Jousselin, Nob, Obion et Trondheim font défiler l’histoire. Ils reprennent la page précédente de leur collègue pour poursuivre le récit. Si l’on pourrait croire que chacun d’entre eux développe plus un personne qu’un autre, ils se les approprient avec aisance. Les styles graphiques sont différents mais cela ne gâche en rien la lecture. Les enfants sont beaucoup plus ouverts aux univers de dessins que les adultes.

Si vous voulez comprendre le mystère du nom Chihuahua (et en guest Art Spiegelman) et découvrir les coulisses de la série, les auteurs ont ouvert un compte Instagram pour cela : AtelierChihuahua.

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La ferme Petit Pois https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/la-ferme-petit-pois-knisley-gallimard/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=la-ferme-petit-pois-knisley-gallimard https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/la-ferme-petit-pois-knisley-gallimard/#respond Sun, 21 Feb 2021 09:54:01 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=80116 Obligée de déménager à la campagne, Jen ne se fait pas à sa nouvelle vie. Beau-père cassant et demi-sœur je-sais-tout ne l’aident pas vraiment à se sentir bien. Lucy Knisley relate son quotidien difficile dans La ferme Petit Pois, le premier volet de sa très belle autobiographie. Sensible et juste. Déménager à la campagne : […]

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Obligée de déménager à la campagne, Jen ne se fait pas à sa nouvelle vie. Beau-père cassant et demi-sœur je-sais-tout ne l’aident pas vraiment à se sentir bien. Lucy Knisley relate son quotidien difficile dans La ferme Petit Pois, le premier volet de sa très belle autobiographie. Sensible et juste.

Déménager à la campagne : une corvée

Jen commence tout juste à déballer ses cartons. La jeune adolescente vient d’emménager dans une nouvelle maison à la campagne. Finie la ville et ses copines, bonjour les corvées et le nettoyage du poulailler.

Séparée de son père biologique, sa mère a rencontré Walter avec lequel elle a décidé de vivre. Il n’est pas simple de digérer autant de changements pour Jen. Elle, ce qu’elle préfère c’est dessiner. Elle découvre même une cachette dans la grange où elle pourra venir se ressourcer, entre paille et chatons tout mignons.

Vendre sur le marché

Pour gagner un peu d’argent, le nouveau couple décide de vendre ses récoltes sur le marché. Muesli, rhubarbe et petits fruits sont étalés sur la table afin que les clients puissent acheter.

Parfois, la mère de Jen la laisse seule pour s’occuper du stand. Mais voilà, la jeune fille a du mal avec ses tables de multiplication et rendre la monnaie.

Une Demi-sœur désagréable

La ferme Petit Pois est en effervescence : les filles de Walter arrivent. Si Reese, la plus petite, est sympa, que dire d’Andy ! Madame Je-sais-tout n’est pas de plus agréables au premier abord. Elle veut tout diligenter sans demander son avis à la pauvre Jen.

A la ferme, elle veut tout décider et sur le marché, elle fait preuve de condescendance vis-à-vis de sa demi-sœur. Comment Jen va-t-elle réagir ?

La ferme Petit Pois : la nouvelle vie de Jen

Prévue en trois volumes, La ferme Petit Pois est une très jolie autobiographie. Lucy Knisley met donc en scène son histoire, courant de son déménagement jusqu’à son départ de la ferme. Dans ce premier opus – La nouvelle vie de Jen – elle s’attache à décrire les premiers pas de son héroïne, qu’elle renomme différemment d’elle, dans ce lieu si étranger à son existence.

Les jeunes lecteurs découvrent ainsi une pré-adolescente perturbée par ces changements si soudain. Elle doit quitter sa vie de citadine, son école et ses ami.es, pour la campagne, ses poules et ses légumes. L’autrice de Ligne de flottaison aborde ainsi avec justesse cette vie nouvelle. Son récit est simple, universel et sensible.

Trouver sa place

En plus des travaux à la ferme pour lesquels elle n’est pas faite, Jen doit trouver sa place dans une famille recomposée. La ferme Petit Pois met en lumière cette difficulté du passage d’une vie d’enfant unique à celle avec deux autres demi-sœurs, étrangères à son existence. Elle ne les voit pour la première fois à la ferme. Un choc !

Surtout que les premiers jours ne sont pas simples pour l’héroïne, elle doit prendre sur elle concernant Andy qui gouverne comme elle veut. Cette je-sais-tout n’hésite pas à la rabaisser devant les clients : charmant ! Pourtant, Jen le sait, il va falloir prendre sur soi, y aller petit à petit et s’apprivoiser. Sans oublier Walter, qui complimente ses filles mais jamais sa belle-fille.

Un trait chaleureux

Pour La ferme Petit Pois, Lucy Knisley utilise un trait tout en rondeur et chaleureux. On découvre ainsi les « dessins » de Jen, proches de ceux produits à l’époque par l’autrice. Diplômée de la School of the Art Institue of Chicago et du Center for Cartoon Studies, elle commence sa carrière à 22 ans avec la publication de Kids Gloves (Neuf mois et toi, Harvey Award en 2019) et Relish (Délice : ma vie en cuisine).

C’est en 2013 qu’elle débute Stepping Stones (La ferme Petit Pois), un récit quasi autobiographique, s’inspirant de sa propre enfance.

Mais si les premières pages de La nouvelle vie de Jen sont un peu sombres pour l’adolescente, la suite de l’album est plus lumineux et positif. Les talents et compétences de chacune sont valorisées.

La ferme Petit Pois : le premier tome d’une très jolie série, tout en douceur et sensible, édité avec soin par Gallimard BD. Un message universel pour les jeunes lecteurs.

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Les lames d’Ashura https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/les-lames-dashura-pagani-ankama-label-619/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=les-lames-dashura-pagani-ankama-label-619 https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/les-lames-dashura-pagani-ankama-label-619/#respond Sun, 21 Feb 2021 08:58:43 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=80002 Des trains. Des attaques. Des guerrières. Les lames d’Ashura. Baptiste Pagani met en scène leurs terribles exploits dans cet album tellement riche aux éditions Ankama. Encore une merveille du Label 619 ! Les lames d’Ashura : clan de voleuses Steppes de Kalandra. Depuis le développement du chemin de fer, les femmes, les hommes et les […]

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Des trains. Des attaques. Des guerrières. Les lames d’Ashura. Baptiste Pagani met en scène leurs terribles exploits dans cet album tellement riche aux éditions Ankama. Encore une merveille du Label 619 !

Les lames d’Ashura : clan de voleuses

Steppes de Kalandra. Depuis le développement du chemin de fer, les femmes, les hommes et les marchandises peuvent plus facilement circuler. Dans le même temps, cet essor a fait diminuer le nombreux de croyants. Mais cette émergence ferroviaire attise les convoitises. Des clans de voleurs se sont formés pour dépouiller les passagers.

Parmi ces bandes, il y a Les lames d’Ashura, un gang de femmes dirigée de main de fer par la redoutable Ashura. Guerrières puissantes et rompues aux combats, elles font régner la terreur sur les voies ferrées. Ces braqueuses d’un nouveau genre font peur.

Transmettre

Mais voilà, Ashura aimerait transmettre le flambeau. Son temps est venu de passer la main. Elle souhaiterait que l’une de ses deux filles – Shota ou Ikari – gère le clan. Les lames d’Ashura sont donc dans un moment de transition particulier. Cela n’empêche en rien de continuer les braquages.

La grande guerrière n’est pas que mère de deux jeunes femmes; elle a aussi mis au monde Osman, seul garçon de la tribu. Mais voilà, le jeune homme ne veut pas suivre les pas de la matriarche, lui son rêve, c’est d’entrer dans une troupe de danseurs.

Les voleuses échafaudent alors le plan le plus ambitieux de leur œuvre : l’attaque d’un train transportant de grandes valeurs marchandes et un buste de dieu en or. Mais voilà, la trahison de Shota va précipiter Les lames d’Ashura dans une guerre fratricide…

Un récit haletant

Pour sa deuxième bande dessinée après The Golden Path, Baptiste Pagani frappe fort ! Il imagine un récit haletant, plein de rebondissements et passionnant autour d’un clan de femmes surpuissantes.

Ce groupe de guerrières matriarcal est un hommage aux films, séries ou romans de genre. Sorte de Mad Max au féminin, Les lames d’Ashura dévoile une sororité de femmes braqueuses n’hésitant pas à jouer du poing, mitrailleuses et autres lances-roquettes.

Quand elles ne s’entrainent pas, ces voleuses braquent des trains. Bombes pour les arrêter et balles pour tuer sont leurs lots quasi quotidien. La réputation des Lames d’Ashura est grande et fait peur rien que de prononcer le nom.

Guerrièr.es de choc

Les lames d’Ashura c’est un récit d’aventure où les héroïnes sont bad-ass et bodybuildées. Les guerrières de choc de Baptiste Pagnani si elles sont violentes, sont également attachantes. Il imprime de l’humanité à ses personnages pour accrocher le lecteur.

Au-delà de la matriarche sûre d’elle, il y a Shota, femme réfléchie qui tombe du côté obscure de la force mais également Ikari, tête brûlée et aimant le combat. Puis, il y a Osman, danseur de rêve qui fait fondre le cœur de toute les femmes du clan.

Une ambiance asiatique riche

Les lames d’Ashura est un récit de transmission, un récit de passage entre génération. En choisissant des femmes, Baptiste Pagani en fait une histoire universelle. Les tensions peuvent être identiques que l’on soit uniquement entre hommes, entre femmes ou ensemble. Les relations entre ses personnages sont beaucoup plus complexes que l’on pourrait croire au premier abord.

Pour enrichir son histoire, il la transpose dans un lieu pouvant faire penser à l’Inde. L’auteur peut ainsi parler de castes et de religions. Ce syncrétisme est beau sous ses pinceaux. Si les croyances sont en perte de vitesse, la deuxième partie de la bande dessinée en fera l’un de ses axes centraux. La danse et les arts sont aussi mis en lumière par de splendides planches où virevoltent les danseurs.

De la richesse des planches

Les lames d’Ashura bénéficie de tout le talent graphique de Baptiste Pagani. Ses ambiances de moiteur et de combats sont soulignées par une palette chromatique très dense. Ses planches regorgent de détails et apportent de la force à son récit. Il navigue avec aisance entre les pages d’action et celles plus poétique autour de la danse.

Son trait est moderne et vif. Entre Mad Max et le western, cet album glisse aussi un très joli clin d’œil au train de la série Transperceneige, par des locomotives fuselées et arrondies.

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Bartleby le Scribe https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/bartleby-le-scribe-munuera-melville-dargaud/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=bartleby-le-scribe-munuera-melville-dargaud https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/bartleby-le-scribe-munuera-melville-dargaud/#respond Fri, 19 Feb 2021 15:42:11 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=80183 Un texte atypique et anti-social
Après de nombreux succès dans des registres plutôt comiques et fantastiques (Paris Sous Seine, Sortilèges, Les Campbell, Zorglub..) Le dessinateur José-Luis Munuera s’attaque en solo à l'adaptation d’une nouvelle de Herman Melville. L’écrivain popularisé pour sa chasse à la baleine blanche, Moby Dick, à commis d'autres écrits plus tendancieux. Bartleby, le scribe est ue de ses nouvelles vraiment à part, qui a impressionné nombre d’écrivains et de commentateurs de son œuvre.
Sous le dessin de José Luis Muneuera, nous voici plongés au début du 20e siècle dans le temple de la société consumériste, Wall Street, New York. Dans une humble étude notariale, Bartleby, un jeune homme discret, fragile et mélancolique, s’oppose par son refus obstiné à faire ce que la Société attend de lui, petit rouage insignifiant... Ce refus choisi, volontaire et assumé, il le signifie à son patron par une formule qu’il rabâche sans arrêt “Je préférerais ne pas le faire”... Comment réagir devant une désobéissance civile sans colère, ni violence, portée par un personnage discret et consciencieux ?

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José-Luis Munuera adapte la nouvelle atypique d’Herman Melville Bartleby le Scribe, véritable ode à la désobéissance civile, étourdissant…

Wall Street

Un simple notaire, dont l’étude se consacre à la copie d’hypothèques, qui se définit comme prudent pense que la vie la plus facile est la meilleure. Il s’active pour rentrer à son  étude, afin “d’insuffler un peu d’énergie à ses deux employés”. Sur place, Turkey et Nippers, ses deux scribes accomplissent leurs tâches entre indolence et efficacité, tandis que le petit Ginger Nut s’occupe des courses.

Un jeune homme inconnu, nommé Bartleby, se présente à la porte. Soigné et esseulé, il est envoyé par la Ville pour un poste d’employé, car les activités de l’étude se sont considérablement accrues. Le notaire l‘accueille et lui présente son poste de travail, un pupitre donnant sur une fenêtre aveugle, un mur de brique. Bartleby semble parfaitement s’en contenter. Tout se passe pour le mieux jusqu’au jour où Bartelby refuse de relire ses copies du jour…

I would prefer not to…

Je préfèrerais ne pas le faire

Atypique et revendicatif

Après de nombreux succès dans des registres plutôt comiques et fantastiques (Paris Sous Seine, Sortilèges, Les Campbell, Zorglub, Les tuniques bleues), le dessinateur José-Luis Munuera s’attaque en solo à l’adaptation d’une nouvelle de Herman Melville. L’écrivain popularisé pour sa chasse à la baleine blanche, Moby Dick, a commis d’autres écrits plus tendancieux. Bartleby, le scribe est une de ses nouvelles vraiment à part, qui a impressionné nombre d’écrivains et de commentateurs de son œuvre.

Sous le dessin de José Luis Munuera, nous voici plongés au début du XXe siècle dans le temple de la société consumériste, Wall Street, New York. Dans une humble étude notariale, Bartleby, un jeune homme discret, fragile et mélancolique, s’oppose par son refus obstiné à faire ce que la Société attend de lui, petit rouage insignifiant… Ce refus choisi, volontaire et assumé, il le signifie à son patron par une formule qu’il rabâche sans arrêt “Je préférerais ne pas le faire”… Comment réagir devant une désobéissance civile sans colère, ni violence, portée par un personnage discret et consciencieux ? 

Bartleby le Scribe, un destin dramatique

Devant un tel refus, le choix n’est pas aisé pour le notaire. Convaincre l’employé de revenir dans le bon chemin, l’amadouer ou même l’intimider, tout sera tenté… sans succès par le patron… Ce dernier sait bien au fond de lui qu’il ne fait que servir la volonté d’une Société Inhumaine qui va tout avaler sur son passage, et que les actes de son employé sont exemplaires…

Le texte est dramatique, car la fin est facile à imaginer et inéluctable. Que peut-il advenir de bien à cette “poussière dans les rouages” qui refuse de jouer le jeu ?

Au fur et à mesure que le texte avance, il est de plus en plus difficile de ne pas ressentir empathie, compassion, voire même de la pitié pour le jeune Bartleby

Dessin vif, “atmosphérique” et caricatural

Pour accompagner ce texte de Herman Melville, José-Luis Munuera utilise sa science de la caricature. Sous son pinceau nerveux et vif, les gueules sont exagérées, le langage corporel toujours juste et dansant. L’atmosphère new-yorkaise du début 20e siècle populaire prend vie dans un décor bondé, gracieux et lourd à la fois…

Les scènes d’intérieur du cabinet, précises et détaillées, sont complétées par des grandes cases de rues tout en finesse et en demi-teinte, quasiment monochromes. Graphiquement, ce gros one-shot à l’ambiance prégnante est tout simplement superbe. Avec cette adaptation, José-Luis Munuera devient un auteur complet de premier ordre.

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