Comixtrip https://www.comixtrip.fr La bande dessinée du monde, le monde de la bande dessinée Mon, 21 Sep 2020 13:53:49 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.4.2 Prix Comics ACBD 2020 : les 5 finalistes https://www.comixtrip.fr/actualites/prix-comics-acbd-2020-les-5-finalistes/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=prix-comics-acbd-2020-les-5-finalistes https://www.comixtrip.fr/actualites/prix-comics-acbd-2020-les-5-finalistes/#respond Mon, 21 Sep 2020 13:53:49 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=actualites&p=74873 Prix Comics ACBD 2020. Pour la deuxième fois, l’Association des Critiques et journalistes de bande dessinée remet son Prix Comics de la Critique ACBD. Qu’est-ce que le Prix Comics ACBD ? Ce prix prend place aux côtés du Prix Asie, du Prix Jeunesse, du Prix Québec et du Grand Prix de la Critique afin de […]

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Prix Comics ACBD 2020. Pour la deuxième fois, l’Association des Critiques et journalistes de bande dessinée remet son Prix Comics de la Critique ACBD.

Qu’est-ce que le Prix Comics ACBD ?

Ce prix prend place aux côtés du Prix Asie, du Prix Jeunesse, du Prix Québec et du Grand Prix de la Critique afin de mettre en avant toute la richesse de la bande dessinée mondiale.

Il vise à récompenser un ouvrage de bande dessinée paru initialement en anglais, publié par un éditeur anglophone dans une zone culturelle liée aux comic-books et traduit en français pour les pays francophones. Ce titre répondra à la définition des prix ACBD, à savoir porter une forte exigence narrative et graphique, marquant par sa puissance, son originalité, la nouveauté de son propos ou des moyens que l’auteur y déploie.

Les 5 finalistes du Prix Comics ACBD 2020 :

  • Batman Créature de la nuit, scénarisé par Kurt Busiek, dessiné et mis en couleur par John Paul Leon (Urban Comics).
  • L’histoire de l’univers Marvel, scénarisé par Mark Waid, dessiné par Javier Rodriguez (Panini Comics)
  • Kent State, écrit et dessiné par Derf Backderf (Editions Ca et Là). Lire notre chronique de l’album
  • Mind MGMT tomes 1 et 2, écrits et dessinés par Matt Kindt (Monsieur Toussaint Louverture). Lire notre chronique de l’album
  • Sur la route de West, écrit et dessiné par Tillie Walden (Gallimard). Lire notre chronique de l’album

Les membres de l’ACBD ont jusqu’au 8 octobre pour faire connaître leur vote. A l’issue de ce scrutin, le ou la lauréat.e du 2e Prix Comics ACBD sera dévoilé.e. le 12 octobre.

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Bloodshot Reborn https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/bloodshot-reborn-lemire-bliss-valiant/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=bloodshot-reborn-lemire-bliss-valiant https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/bloodshot-reborn-lemire-bliss-valiant/#respond Mon, 21 Sep 2020 12:54:39 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=74858 Bloodshot a cessé d’être le mercenaire ultime pour redevenir Ray Garrison. Mais quand des massacres sont perpétrés aux quatre coins des États-Unis par des hommes aux yeux rouges, à la peau livide et arborant un rond couleur sang sur la poitrine, l’appel du guerrier se fait entendre. Sous la plume du grand Jeff Lemire, Bloodshot […]

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Bloodshot a cessé d’être le mercenaire ultime pour redevenir Ray Garrison.

Mais quand des massacres sont perpétrés aux quatre coins des États-Unis par des hommes aux yeux rouges, à la peau livide et arborant un rond couleur sang sur la poitrine, l’appel du guerrier se fait entendre.

Sous la plume du grand Jeff Lemire, Bloodshot est de retour, dans Bloodshot Reborn, paru chez Bliss Comics, dans une intégrale dont l’éditeur a le secret.

BLOODSHOT : LE RETOUR.

Cobaye d’une expérience secrète baptisée le Projet Rising Spirit, Ray Garrison s’est vu injecter des nanties, des nanorobots qui lui octroient des capacités physiques exceptionnelles et un pouvoir d’auto-guérison, le rendant absolument invincible.

Mais suite, aux événements qui se sont déroulés dans l’excellent crossover The Valiant, scénarisé par Matt Kindt (Grass kings, Mind MGMT) et Jeff Lemire, Bloodshot a fait la rencontre de la géomancienne Kay McHenry, une humaine capable d’invoquer les forces telluriques. Comme ultime présent, elle a expulsé les nanomachines de son corps, le privant par-là même de ses incroyables pouvoirs, mais lui rendant aussi son humanité.

Pourtant, comme toujours, l’accalmie ne peut durer. Bien vite, les nanites vont retrouver Ray Garrison mais cette fois-ci, c’est lui qui va décider de sa propre nature.

UN AUTEUR D’EXCEPTION.

Jeff Lemire l’a démontré à de nombreuses reprises, peu importe le ton, peu importe l’univers, il est capable d’exceller à chaque instant. Lost Dogs, Ascender, Winter Road, Sweet Tooth… Bien loin d’être exhaustive, cette liste est éloquente.

Avec Bloodshot Reborn, le scénariste canadien fait une nouvelle fois illustration de son grand talent.

Pourtant, cette fois-ci, l’exercice est glissant car Bloodshot est un personnage violent, caricatural, qui s’inscrit dans une continuité qui peut vite devenir handicapante.

Et ce dernier point constitue la première difficulté : les événements qui se sont déroulés lors de The Valiant sont primordiaux et doivent être portés à la connaissance du lecteur. Mais comment y parvenir sans rompre le rythme, si important dans ce genre d’histoire et surtout sans faire penser au lecteur qu’il se retrouve lésé s’il n’a pas lu l’œuvre qui précède ?

Eh bien, pour y parvenir, il ne faut à Jeff Lemire que 4 pages et une question :

« Qui était Bloodshot ? »

Efficace et maîtrisée, l’entrée en matière est un exemple du genre.

La deuxième difficulté, et non des moindres, consiste à être original et nuancé face à un personnage monolithique. Dans cette suite des aventures de Bloodshot, pour arriver à ses fins, Jeff Lemire va mettre l’accent sur l’épaisseur psychologique du personnage. Plus fragile car plus humain, il va devoir apprendre à faire confiance et à accepter de l’aide. Mais surtout, en fin connaisseur des comics, tous univers confondus, l’auteur va puiser des éléments chez les héros emblématiques du comic-book. Tantôt Punisher, tantôt Superman, tantôt Deadpool, tantôt Old Man Logan, Bloodshot se retrouve plongé dans la cour des personnages marquants dont certains épisodes entrent dans la catégorie très fermée des incontournables.

Pour notre plus grand plaisir, cet imposant volume de près de 650 pages proposé par les éditions Bliss Comics ne comporte pas moins de 5 arcs narratifs. Autant d’occasions de découvrir les facettes et même les déclinaisons du personnage.

À CHAQUE AMBIANCE, SON DESSINATEUR.

C’est désormais une caractéristique à laquelle on est habitués avec l’univers Valiant, un soin particulier est apporté au choix des dessinateurs. Parfois très semblables, parfois radicalement différents, leurs styles respectifs accompagnent la narration.

On a ainsi le plaisir d’admirer les magnifiques planches d’une pléiade d’artistes de renom, bien connus des lecteurs de l’univers Valiant et des comics en général: Mico Suayan (Vie et mort de Toyo Harada), Raúl Allen (Britannia), Patricia Martin (Gilad Anni-Padda, le guerrier éternel), Butch Guice (Archangel), Lewis Larosa (Savage), Stefano Gaudiano (Walking Dead T.32), Tomas Giorello (Ninja-K) , Doug Braithwaite (X-O Manowar), Renato Guedes (Shadowman), Kano (The Delinquents), Joe Bennett, Belardino Brabo, Ray Fawkes et enfin Benjamin Marra (les quatre derniers œuvrant sur les épisodes issus du Bloodshot Reborn Annual 2016 présenté en bonus en fin de volume).

Ces grands noms se voient attribuer des épisodes en fonctions de leurs capacités à mettre en avant des scènes d’introspections ou des combats épiques ; un vrai plaisir graphique.

Notons enfin que les éditions Bliss Comics complètent cette intégrale de nombreux croquis, galeries et autres couvertures absolument magnifiques. On relèvera d’ailleurs la présence d’une couverture réalisée pour l’épisode 8 par le maître Glenn Fabry (qui a réalisé les légendaires couvertures de la série Preacher de Garth Ennis et Steve Dillon), ce qui n’est pas si étonnant, tant le style de Mico Suayan lui rend hommage.

Dans ces nouvelles aventures de Bloodshot, Jeff Lemire parvient à se libérer de tout ce qui aurait pu être des contraintes pour finalement renouveler le personnage et graver sa légende.

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Jusqu’ici tout allait bien… https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/jusquici-tout-allait-bien-karabulut-fluide-glacial/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=jusquici-tout-allait-bien-karabulut-fluide-glacial https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/jusquici-tout-allait-bien-karabulut-fluide-glacial/#respond Mon, 21 Sep 2020 12:21:50 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=74818 Chef de file de la jeune bande dessinée turque, Ersin Karabulut revient en France avec une anthologie de neuf récits d’anticipation qui en dit long sur l’état de nos sociétés. « Jusqu’ici tout allait bien… » est à la fois glaçant et très talentueux… LE RETOUR D’UN FABULISTE DE TALENT Les lecteurs de Fluide Glacial connaissent  les histoires et […]

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Chef de file de la jeune bande dessinée turque, Ersin Karabulut revient en France avec une anthologie de neuf récits d’anticipation qui en dit long sur l’état de nos sociétés. « Jusqu’ici tout allait bien… » est à la fois glaçant et très talentueux…

LE RETOUR D’UN FABULISTE DE TALENT

Les lecteurs de Fluide Glacial connaissent  les histoires et le graphisme si particuliers d’Ersin Karabulut. Il y a deux ans, les éditions Fluide Glacial imprimaient le premier album de ce jeune dessinateur, « Contes ordinaires d’une société résignée « .  Un succès. Les lecteurs Français découvraient alors un recueil de quinze fables et contes tous plus noirs les uns que les autres, à la frontière du fantastique et de la critique sociale. Cofondateur de l’hebdomadaire satirique Uykusuz (littéralement  » insomniaque « ) Karabulut est aujourd’hui l’un des dessinateurs turcs les plus appréciés de sa génération.

COMMENT PEUT-ON S’ACCOMMODER DU RENONCEMENT ?

Comme dans son premier album, c’est ici encore la question que pose l’auteur à travers ces neuf contes ordinaires qu ‘on dirait tout droits sortis de l’imaginaire d’un Kafka mélangé à l’univers répressif décrit en son temps par un autre écrivain de talent, George Orwell.  Dans la préface qu’il a livré pour « Jusqu’ici tout allait bien … », un autre grand de la BD, Pierre Christin, rend hommage à celui  » dont les histoires  à la fois nostalgiques et cruelles participent au refus de la résignation dans une société qui veut continuer à aller de l’avant, à créer, à vivre « . Et cette société, c’est la Turquie, cette Turquie du président Erdogan qui met sous le boisseau bien des désirs de liberté.

SOUS LE POIDS DES CONVENANCES

L’auteur n’attaque pas frontalement un régime dont on devine bien qu’il n’est pas le premier supporter mais procède par petites touches, par allégories. Ainsi avec le conte qui ouvre l’album, « L’âge de pierre ». Dans la famille d’Antoine et de Betty, chacun porte sa pierre, de taille plus ou moins grosse selon son âge. Un fardeau bien lourd qu’on ne doit surtout pas poser à terre sous peine de … C’est comme ça , cela a toujours été ainsi. «  Certaines questions ne sont pas faites pour être posées, ma fille » résume inquiète la mère de la fillette, «  Si tu la laissais tomber, Dieu nous en garde, une flopée d’ennuis tomberait dessus. Pff…J’ai l’impression de passer mon temps à t’expliquer tout cela. Alors, tais-toi et marche! «  Alors quand Betty pose sa pierre au sol, persuadée qu’il ne se passera rien, le drame se noue… »

En filant la métaphore du poids des croyances sur nos vies, l’auteur questionne les valeurs. Ce sont peut-être à l’image de celles qui semblent gouverner aujourd’hui son pays natal, la religion, le nationalisme, le puritanisme. Ne s’en débarrasse pas qui veut, et qui le fait peut mettre sa vie en danger…

LES NOUVELLES TECHNOLOGIES, LE CONSERVATISME, CES AUTRES VIRUS

Le quatrième conte s’intitule « DOT », du nom de cette compagnie High Tech. Marco, son tout jeune patron, qui s’apprête à prendre prend le contrôle du monde avec des technologies qui en croisant toutes les données accumulées prétendent connaître les individus mieux qu’eux-mêmes. Ceux-là sont alors prêts à abdiquer tout libre arbitre…

Dans le sixième conte,  » Le monde d’Ali » , un homme ordinaire se voit infecté par un virus mortel… Celui-ci modifie d’abord les visages. Leurs nez, tous différents…finissaient par être tordus comme celui qu’avait désormais mon père « . Créé par deux étudiants biologistes persuadés d’oeuvrer pour le bien de l’humanité, ce virus attaque les conservateurs alors qu’ils ne pensaient pas l’être…A partir de ce postulat , Karabulut pose bien des questions. Sommes-nous tous comme nous aimons à le penser, aussi démocrates et progressistes que cela?  Ceux qui se croient tels ont ils plus de droits que les autres?

Avec un graphisme semi-réaliste hyper efficace, le jeune chef de file de la bande dessinée turque met en perspective bien des angoisses qui agitent aujourd’hui les rives du Bosphore. Mais les carcans qu’il évoque et les tourments qu’il dessine ont aussi une portée universelle, devenant ainsi les nôtres.

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La dernière rose de l’été https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/la-derniere-rose-de-lete-harari-sarbacane/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=la-derniere-rose-de-lete-harari-sarbacane https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/la-derniere-rose-de-lete-harari-sarbacane/#respond Sun, 20 Sep 2020 09:02:14 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=74792 Faisant office de garde-maison lors de travaux, Léo jeune rêveur parisien, croise la route de Rose, jeune adolescente libre et mystérieuse. Lucas Harari imagine cette rencontre dans La dernière rose de l’été, un polar très Nouvelle vague dans le sud de la France. Beau et hypnotique ! Du lavomatique… Paris, un soir d’été. Léo travaille […]

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Faisant office de garde-maison lors de travaux, Léo jeune rêveur parisien, croise la route de Rose, jeune adolescente libre et mystérieuse. Lucas Harari imagine cette rencontre dans La dernière rose de l’été, un polar très Nouvelle vague dans le sud de la France. Beau et hypnotique !

Du lavomatique…

Paris, un soir d’été. Léo travaille dans un lavomatique. Jeune rêveur, il aspire à devenir écrivain. En attendant de trouver la bonne idée, il doit faire des petits boulots.

Alors que la boutique est sur le point de fermer, arrive Sylvain, dans son cabriolet de sport. Léo reconnaît tout de suite son cousin. Depuis qu’il a monté une start-up, la vie est douce et l’argent coule à flot pour lui. Entre sa femme et sa maîtresse, le don juan ne fournit pas.

… à la villa dans le sud de la France

Après avoir acheté Martin Eden, le roman de Jack London, Léo tente difficilement d’écrire. Il est arrêté dans son élan par un appel de Sylvain qui l’invite à sortir le soir même. Ce dernier lui propose de superviser les travaux de sa nouvelle maison dans le sud de la France, pendant que lui fera une croisière avec une femme qu’il a rencontré il y a peu.

Quelques jours plus tard, Léo grimpe dans le train pour rejoindre la station balnéaire et la maison de Sylvain. Pour la rejoindre, il doit aussi prendre un ferry car elle se trouve sur une île.

Mystérieuse Rose

Le soir venu, Léo jette un œil dans la villa voisine et découvre Rose, jeune adolescente de 17 ans. Dans le garage dort une Jeep décapotable, idéal pour faire le tour de la petite ville.

La nuit suivante, il est sorti de sa lecture de Martin Eden par des cris venants de chez ses voisins. Un homme vient de donner une gifle à Rose.

Quelques jours plus tard, la jeune adolescente emprunte les escaliers de sa villa pour aller piquer une tête dans la mer. Léo décide d’en faire autant mais n’ose pas l’aborder.

Dans la petite station balnéaire, c’est l’émoi : deux adolescents ont disparu. L’inspecteur Beloeil est missionné sur l’enquête. Quant à Rose, elle propose à Léo de venir boire un verre chez elle…

La dernière rose de l’été : polar hypnotique

Loin de la chanson éponyme de Nana Mouskouri, La dernière rose de l’été est le polar de cette rentrée littéraire. Sans effusion ni artifice, mais avec une rare élégance, Lucas Harari imagine un thriller intimiste inspiré par la Nouvelle vague. Car oui, son album est un hommage au cinéma des années 1960. S’il se déroule à notre époque, il possède ce charme et cette nostalgie lui conférant un attrait indéniable.

Avec ses villas accrochées aux falaises, sa moiteur estivale et ses personnages surannés, La dernière rose de l’été a tout d’un long-métrage entre Godard et Hitchcock.

Bascule

Débuté comme une romance estivale, La dernière rose de l’été glisse irrémédiablement vers le polar et même le thriller. Lucas Harari parsème son récit d’une atmosphère lourde, plus particulièrement dans sa deuxième partie.

Léo est attiré par Rose. Il n’hésite pas à frayer avec ses ami.es malgré leur écart d’âge. Le mystère, la volupté et le côté un peu indomptable de la jeune adolescente font un grand effet sur l’aspirant écrivain. L’été est propice aux rapprochements des corps comme le montre l’album.

Quant à l’intrigue, elle s’épaissit lorsqu’entre en scène l’inspecteur Beloeil. Petit homme trapu chauve, il est l’archétype du policier du sud de la France.

Ligne très claire

Avec La dernière rose de l’été, Lucas Harari se forge une œuvre singulière de très grande qualité. Après l’excellent L’aimant, il poursuit son chemin par un album dans la même veine : mystères et secrets, disparitions et piège se refermant sur le héros.

Comme dans sa précédente bande dessinée, l’auteur parisien dévoile de superbes planches où l’architecture des villas et des carrelets est magnifique. Il faut souligner qu’il a suivi des études dans ce domaine avant d’entrer aux arts déco de la capitale.

Lucas Harari s’inscrit dans les pas des grands maîtres de la ligne claire des années 1980-1990. Ses personnages, son trait épais et ses couleurs sont dans cette veine. On y perçoit les influences d’Yves Chaland dans l’inspecteur Beloeil (un peu dans le style de Freddy Lombard), celle de Daniel Torres dans Léo, celle de Ted Benoit dans les voitures, celle de Serge Clerc dans les vêtements et celle de Jacques Loustal dans les couleurs. Et de tous ces auteurs dans la folie de la jeunesse des ami.es de Rose et les mystères de l’intrigue. Cet ambiance est charmante. En cela, La dernière rose de l’été est très graphique.

Si l’on ajoute une bande originale éclectique (Britney Spears, The Zombies, Cher ou Thomas Moore) et l’on obtient un album riche et savoureux.

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Malgré tout https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/malgre-tout-lafebre-dargaud/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=malgre-tout-lafebre-dargaud https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/malgre-tout-lafebre-dargaud/#respond Fri, 18 Sep 2020 12:48:08 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=74765 Grande et belle parenthèse enchantée de cette rentrée littéraire, Malgré tout de Jordi Lafebre conte la romance d’Ana et Zeno en partant de la fin pour revenir à leur rencontre. Ce très joli exercice de style est un délice ! Du chapitre 20 au chapitre 1 Malgré tout, c’est l’histoire à rebours d’Ana et de […]

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Grande et belle parenthèse enchantée de cette rentrée littéraire, Malgré tout de Jordi Lafebre conte la romance d’Ana et Zeno en partant de la fin pour revenir à leur rencontre. Ce très joli exercice de style est un délice !

Du chapitre 20 au chapitre 1

Malgré tout, c’est l’histoire à rebours d’Ana et de Zeno, deux amants qui attendirent la fin de leur vie pour enfin être réunis. Ana est une femme dynamique. Mairesse de sa ville pendant trois mandats, elle consacra sa vie à sa cité délaissant parfois son mari et Claudia, leur fille unique.

Zeno est le propriétaire de Copia Libri, la librairie de la ville. Pourtant, l’homme ne restait pas en place, ferma sa boutique pour s’engager comme marin et débuta une thèse de science, il y a quelques années.

Un vrai amour pur

Jordi Lafebre raconte cet amour pur en commençant par la fin, remontant ainsi le fil de leur histoire. Accaparée par la gestion de sa ville, la construction d’un pont, la destruction d’une serre – à son grand regret – ou l’expulsion d’une petite mamie, Ana tombe sous le charme de Zeno, homme libre comme l’air, scientifique et rêveur.

Malgré un mari – très compréhensif – et d’une fille qui l’est moins, Ana décide de rejoindre les bras de Zeno alors que tous les deux ont un âge avancé.

Quel merveilleux exercice de style !

Jordi Lafebre réalise avec une très grande habileté, une vraie maitrise de la narration et beaucoup de pudeur, cet exercice de style à rebours magistral !

Le récit du dessinateur des Beaux étés (avec Zidrou) est touchant, parfois bouleversant et empli d’une douce nostalgie.

Les lecteurs sont charmés par cette idylle pure et sans accroc. Hymne à l’amour à tous âges, Malgré tout dévoile par petites touches élégantes ce bonheur fou entre les deux personnages qui se réalise au début de l’album (donc à la fin de la vie de Zeno et Ana).

On est parfois proche de verser une larme tant l’album est beau. Notamment lors de la rencontre entre Ana – alors mairesse – et de la petite mamie qui doit quitter son domicile, mais également lors des envolées lyriques des papillons.

De l’élégance du trait

Né en 1979 à Barcelone, Jordi Lafebre réalise avec Malgré tout l’un des plus charmants albums de la rentrée littéraire. Après des études aux beaux-arts de l’université de Barcelone mais aussi à l’école Joso (où il donne encore aujourd’hui des cours de dessin), il entame sa carrière professionnelle en illustrant des campagnes de publicité ainsi que dans des magazines (Penthouse Comix, Wet Comics…).

C’est sa rencontre avec Zidrou qui sera déterminante. Avec le scénariste, il imagine Lydie, La mondaine et Les beaux étés.

Avec Malgré tout, Jordi Lafebre dévoile tout son talent de conteur mais également de dessinateur. Ses personnages arborent une multitudes d’expressions sur leurs visages. Son trait est doux et chaleureux, et ses couleurs sont sublimes. Tout est élégant dans ses planches.

Difficile néanmoins à qualifier cet album, tant tout est formidable. Les adjectifs sont des euphémismes et nous manquent même.

Malgré tout : pour passer une superbe moment de lecture en suivant cette idylle entre Ana et Zeno, une hisoitre à rebours pleine de qualités !

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Anaïs Nin sur la mer des mensonges https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/anais-nin-sur-la-mer-des-mensonges/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=anais-nin-sur-la-mer-des-mensonges https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/anais-nin-sur-la-mer-des-mensonges/#respond Thu, 17 Sep 2020 12:06:11 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=73826 Toute sa vie elle a cherché à être elle tout simplement… Avec cette biographie d’Anaïs Nin, Léonie Bischoff nous dresse la vie singulière d’une femme libre éditée chez Casterman. Aimer et perdre la raison Anaïs Nin et Hugo sont mariés. Lui c’est un homme doux, patient, tendre et Anaïs est follement amoureuse de son mari. […]

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Toute sa vie elle a cherché à être elle tout simplement… Avec cette biographie d’Anaïs Nin, Léonie Bischoff nous dresse la vie singulière d’une femme libre éditée chez Casterman.

Aimer et perdre la raison

Anaïs Nin et Hugo sont mariés. Lui c’est un homme doux, patient, tendre et Anaïs est follement amoureuse de son mari. Depuis trois ans, ils vivent en France à Paris mais New-York manque cruellement à Anaïs.

Elle, c’est une artiste qui a besoin d’être stimulée pour écrire et pour créer. Elle a besoin d’échanges, de vivre avec des artistes passionnés par l’écriture, la danse et toutes les autres formes d’art.

Hugo, lui aussi est un artiste mais depuis qu’ils sont revenus en France, il travaille dans une banque pour subvenir au besoin du couple et laisser sa femme vivre son art.

Mais Anaïs se sent seule, elle n’arrive pas à créer. Au fond d’elle, elle sait que pour créer elle a besoin de plus dans sa vie. Elle a besoin de plus mais elle n’a pas envie de trahir celui qu’elle aime.

En attendant de pouvoir écrire comme elle l’aimerait,  elle consigne tout dans son journal intime mais cela ne lui suffit pas.

Anaïs est une femme qui a besoin de ressentir le feu pour être heureuse.

S’abandonner, se libérer et vivre enfin

La rencontre avec Henri Miller est un tournant dans sa vie. C’est immédiatement un coup de foudre artistique. Petit à petit, Anaïs se libère et décide de se laisser aller . Elle découpe son journal en deux parties.

Son premier journal est secret, elle y écrit sa vie, la vraie et tous ses désirs. Cette liberté d’esprit, cette liberté de pensée devient aussi une liberté de corps.

Son second journal existe pour son mari. Elle a décidé de procéder ainsi parce-qu’elle l’aime et qu’elle ne veut pas le faire souffrir.

A partir de ce jour, chaque relation vient compléter et enrichir l’autre et finalement c’est en étant amoureuse de plusieurs personnes qu’elle donne encore plus d’amour à chaque femme et chaque homme de sa vie.

Anaïs Nin, la vie d’une des personnalités les plus fascinantes du XXe siècle

Anaïs Nin est une des femmes les plus fascinantes du XXeme siècle et Léonie Bischoff lui rend hommage de merveilleuse manière. Le dessin sublime la pensée et la vie de cette femme dans un milieu d’homme.

Est-ce que Anaïs était une féministe? Léonie Bischoff y répond ainsi :

« Elle-même ne s’est jamais revendiquée comme telle. En règle générale, elle fuyait tous les systèmes de pensée. C’est une artiste complètement tournée sur elle-même, peu impliquée dans les problèmes du monde. Le féminisme, à l’époque, était perçu comme «contre les hommes», et c’est une position qui ne lui convenait pas. En réalité, sa volonté de faire autant qu’un homme sur le plan artistique, sans avoir à en être un, fait d’elle une figure féministe. »

L’autrice met donc en exergue la vie de cette femme hors norme qui n’avait qu’une idée en tête : VIVRE, vivre sans contrainte, vivre sa passion, vivre ses amours et VIVRE tout simplement.

Tout au long de l’histoire l’autrice utilise des séquences oniriques qui rendent hommage à la poésie d’Anaïs Nin.

Un immense coup de cœur pour cette lecture et pour le dessin crayonné.

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Dead Company https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/dead-company/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=dead-company https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/dead-company/#respond Wed, 16 Sep 2020 08:13:16 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=74594 Yoshiki Tonogai est réputé pour ses mangas d’horreur à cheval entre le gore et le psychologique, des Survival Horror à glacer le sang. Il revient avec Dead Company, où l’on plonge à nouveau dans ses jeux de survie terrifiant. Mais cette fois, contrairement à Doubt et Judge, nous ne sommes dans le jeu, mais à […]

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Yoshiki Tonogai est réputé pour ses mangas d’horreur à cheval entre le gore et le psychologique, des Survival Horror à glacer le sang. Il revient avec Dead Company, où l’on plonge à nouveau dans ses jeux de survie terrifiant. Mais cette fois, contrairement à Doubt et Judge, nous ne sommes dans le jeu, mais à l’extérieur. Et la partie est loin, très loin d’être terminé.

Derrière le massacre, le jeu

Ryosuke est le seul survivant d’un massacre. Enfermé avec d’autres personnes dans un bâtiment désaffecté, ils ont dû s’entre-tuer sous le regard attentif d’un individu masqué d’une tête de lapin géant. Il ne se serait pas douté que 3 ans plus tard, cet évènement traumatisant lui permettrait d’entrer dans une entreprise de rêve. La firme Entertainment Dead Company est spécialisée dans les jeux vidéos de survie. Parmi ses employés lambdas, elle recrute des gens comme Ryosuke qui ont survécu à des massacres en huis-clos. Pourtant ravi de pouvoir travailler dans une entreprise décontractée qui valorise son travail, Ryosuke sent très vite que quelque chose cloche. Pourquoi EDC met-elle un point d’honneur à recruter quelqu’un qui a vécu quelque chose d’aussi traumatisant ? Quel est cet engouement pour un jeu « toujours plus réaliste » ?

Ryosuke mettra-t-il fin à l’horreur, ou utilisera-t-il son talent pour surpasser tous les autres maîtres du jeu ?

Univers Tonogai

Quelque soit l’histoire, un certain nombre d’éléments récurrents caractérisent ses mangas. Auteur de Secret, Doubt et JUDGE, Tonogai nous immerge dans une tension permanente. En huis-clos ou non, les personnages se tiennent toujours à la frontière de la mort. Le concept est de former un groupe d’inconnus ou presque et de les inciter à s’entre-tuer. Rapidement ils basculent dans une psychose malsaine. Méfiance, paranoïa et manipulation psychologique sont les ficelles que tient le Maître du jeu.

D’un manga à l’autre la question est là : Qui est le maître du jeu ? Pourquoi ces personnages sont-ils dans une situation pareille ? Et bien souvent le maître n’est pas là où on l’attend. En 3 séries Tonogai a toujours réussit à mettre le responsable là où on ne l’attend pas. Ça, c’est la dose de frisson destinée aux lecteurs. Car dans tout bon mystère, nous cherchons, ne serait-ce qu’un peu, le mastermind derrière tant de souffrance. Ce qui est intéressant c’est que l’auteur réussit encore une fois à se renouveler.

L’envers du décors

La part de renouvellement dans Dead Company réside dans le simple fait que cette fois, nous sommes après le massacre et à l’extérieur du massacre. Désormais, la question est : la  victime peut-elle devenir le bourreau ?

Tonogai maîtrise le développement de ses personnages. Ils sont très vite attachants et on les suit facilement dans leur prise de décision, quel qu’elle soit.

Il détaille ici les répercussions psychologiques d’un massacre sur le gagnant. En tout cas, selon les règles de son univers où le syndrome post-traumatique prend des allures un peu différentes de la réalité. Il met le doigt sur une chose : pour survivre, on repousse les frontières de la morale. Mais devenons-nous nécessairement des tueurs endormis que la moindre tentation peut réveiller ?

Ce sera sans doute à Ryosuke de répondre à cette question. Mais pas seulement, car comme dit plus haut, Ryosuke n’est pas le seul employé de l’entreprise Dead Company à sortir vivant d’un massacre. Et puis, qu’en est-il de la hiérarchie d’EDC ?

A chacun sa part de monstre

Tonogai décrit un monde vicié par les fantasmes de chacun. Cachés derrière l’anonymat, les personnages de Dead Company, mais aussi Doubt et JUDGE, sont capables des actes les plus cruels. Poussés dans leur retranchement, ils nous offrent un spectacle gore et dramatique. Où l’esprit des protagonistes emprunte des chemins terrifiants, tordus et improbables. Chemins qui justifient leurs actes et qu’étrangement, nous, lecteurs lambdas, sommes capables de comprendre.

C’est bien cela qui est jouissif. Le moment où l’on capte que les personnages viennent de franchir la frontière de la folie, et que désormais, ils sont capables de tout.

Dead Company est dérangeant et ironiquement très agréable à lire. Il se dévore très bien tout seul mais prend une tout autre dimension avec les 3 séries précédentes de Yoshiki Yonogai. Publié chez Ki-oon Seinen, il est à déguster loin des enfants.

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These Savage Shores https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/these-savage-shores-kumar-ramv-hicomics/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=these-savage-shores-kumar-ramv-hicomics https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/these-savage-shores-kumar-ramv-hicomics/#respond Tue, 15 Sep 2020 13:40:27 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=74711 A la fin du XVIIIe siècle, alors que le royaume Britannique règne sur le monde, dans le Sud de l’Inde, les hommes sont sur le point de se lancer dans une nouvelle guerre. Mais dans les ténèbres, se trame une lutte bien plus effrayante, mettant en jeu des créatures nocturnes de légende, sur des rives […]

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A la fin du XVIIIe siècle, alors que le royaume Britannique règne sur le monde, dans le Sud de l’Inde, les hommes sont sur le point de se lancer dans une nouvelle guerre. Mais dans les ténèbres, se trame une lutte bien plus effrayante, mettant en jeu des créatures nocturnes de légende, sur des rives sauvages.

These Savage Shores, de Ram V et Sumit Kumar, paru chez Hi Comics, nous propose de découvrir cette histoire hors du commun.

IL ÉTAIT UNE FOIS DANS LES INDES ORIENTALES.

En 1766, à l’issue de la guerre de sept ans, la Grande-Bretagne s’impose comme la puissance mondiale dominante. Fort de ses nombreuses colonies, l’Empire britannique règne en maître incontesté.

Dans le même temps, sur la côte de Malabar, Haidar Alî, le sultan du royaume de Mysore entend profiter de la mort du sultan des Zamorins pour s’annexer Calicut. En effet, le jeune Vikram, qui a remplacé son père sur le trône, ne semble pas avoir la carrure pour remplir son rôle.

C’est à ce moment qu’un bateau quitte Londres à destination de ce même Calicut. À son bord, se trouve une personne devenue indésirable sur le vieux continent. Jadis, il fut un homme et il répondait au nom d’Alain Pierrefont. Désormais, c’est une créature de la nuit.

Mais aux confins du monde le chasseur peut devenir une proie…

« C’est une contrée indomptée qui vous attend ici. Ni la noblesse ni les Lords n’y ont cours. Sous ces latitudes, les jours sont longs et brûlants. Et les nuits, pleins de crocs. »

LES MYTHES S’AFFRONTENT.

Bien que les éléments historiques soient omniprésents et constituent une trame fondamentale, rapidement une autre intrigue va s’ajouter, mettant en jeu des créatures issues des mythologies européennes et indiennes.

Souvent contre-nature, l’ambition des hommes a parfois mené à des rencontres insoupçonnées…

Et These Savage Shore, c’est aussi l’histoire de la confrontation et de l’affrontement de figures emblématiques issues d’univers qui n’auraient jamais dû se croiser.

Le lecteur que nous sommes connaît bien les monstres constituant le folklore européen, et parmi eux, le vampire ; il occupera ici une part de choix.

Mais comme nous le découvrons dès la première page, les Indes fourmillent aussi de contes et de légendes.

À LA DÉCOUVERTE DE LA MYTHOLOGIE HINDOUE.

Il faut bien l’avouer, de prime abord, l’évocation d’Asuras, Rakshasa et autre Andhaka est pour le moins déconcertante.

Le fait est qu’un lecteur non-initié peut vite être perdu face à des termes dont le sens est impossible à deviner.

Mais bien vite, on comprend l’intention de l’ingénieux scénariste indien, Ram V.

En effet, dans These Savavage Shores, tout apparaît par bribes disséminées avec maîtrise. Et ce n’est qu’au bout d’un moment que les éléments s’agencent les uns avec les autres pour donner à voir une fresque épique mythologique parfaitement structurée.

Ainsi, l’énigmatique personnage principal, Bishan se révélera-t-il par touches successives au gré d’un leitmotiv aussi romantique que mystique, prononcé par la belle Kori :

« Raconte-moi, Bishan, comment as-tu été conçu ? »

Au fur et à mesure, le magnifique masque blanc, rayé de rouge va tomber, révélant des vérités enfouies.

Ainsi, tout se découvre et se comprend à point nommé, pour ménager suspens et mystère.

Et de ce point de vue, l’intrigue de cette mini-série en cinq chapitres n’est pas en reste.

UNE BANDE DESSINÉE ÉPISTOLAIRE.

C’est là une autre caractéristique et même une originalité de These Savage Shores : les lettres sont omniprésentes. C’est d’ailleurs par l’écriture ou la lecture d’une missive que commence chaque chapitre.

L’intrigue avance alors sous le prisme de ce jeu entre émetteurs et destinataires, dévoilant aussi bien les enjeux politiques que les sentiments les plus secrets.

Face à ce morcellement savamment orchestré, le lecteur est maintenu en alerte, à l’affut de la moindre information et du moindre rebondissement.

DES DESSINS À COUPER LE SOUFFLE.

Le scénario et la narration particulièrement soignés de l’œuvre méritaient une partie graphique à la hauteur.

Le contrat est parfaitement rempli par le dessinateur indien Sumit Kumar.

Les personnages principaux, humains ou monstres légendaires, sont représentés avec une minutie extrême.

La construction des planches suit le rythme du récit : tantôt fluide et langoureux, tantôt effréné et démoniaque, toutes les situations sont réfléchies pour créer des ambiances parfaitement maîtrisées.

A ce propos, il convient de saluer le magnifique travail de colorisation de Vittorio Astone. Chaque univers est en effet caractérisé par l’emploi de palettes de couleurs sélectionnées avec talent afin de parfaire ce voyage épique dans les Indes du XVIIIe siècle.

Réalisé de main de maître par des auteurs de très grand talent et issu du catalogue de Vault Comics, These Savage Shores est une œuvre qui brille par son originalité et ses qualités.

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Le frisson de l’hiver https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/le-frisson-de-lhiver-dav-la-gouttiere/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=le-frisson-de-lhiver-dav-la-gouttiere https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/le-frisson-de-lhiver-dav-la-gouttiere/#respond Tue, 15 Sep 2020 13:11:02 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=74694 Un renard maladroit n’ose aborder une belle renarde, parce que son écharpe tatillonne ne cesse de l’embêter. Dav dévoile Le frisson de l’hiver, le deuxième opus de sa très jolie série jeunesse Sous les arbres. Clownesque et beau ! Un écharpe récalcitrante C’est l’hiver dans la forêt. Un renard frileux arbore une très jolie écharpe […]

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Un renard maladroit n’ose aborder une belle renarde, parce que son écharpe tatillonne ne cesse de l’embêter. Dav dévoile Le frisson de l’hiver, le deuxième opus de sa très jolie série jeunesse Sous les arbres. Clownesque et beau !

Un écharpe récalcitrante

C’est l’hiver dans la forêt. Un renard frileux arbore une très jolie écharpe rouge autour de son cou. Ses pas sont mal assurés dans la neige. Sans compter sur son seul artifice vestimentaire qui fait des siennes.

Beaucoup, vraiment beaucoup trop longue pour lui, il ne cesse de marcher dessus, l’entrainant irrémédiablement la tête dans la poudreuse.

Une jolie renarde

Alors qu’il se relève après une chute et caché derrière un arbre, le renard aperçoit une très jolie renarde. « Hors de question d’aller lui parler, je vais être ridicule. » dit-il résigné. Quel sens de l’a-propos ! En effet, de nouveau son écharpe l’embête, le faisant rouler par terre.

La jeune dame n’hésite pas à en rigoler. Le pauvre renard est alors furieux. Et cela, risque de durer encore un petit moment…

Le frisson de l’hiver : mieux que Disney +

Après un joli premier opus de Sous les arbres, Dav poursuit son aventure animalière avec une deuxième volume encore plus fort et enchanteur !

Destiné aux enfants à partir de 4 ans, Le frisson de l’hiver est un album sympathique, doux et très drôle. Les gags visuels sont un vrai délice. Le pauvre renard passe son temps par terre, le museau dans la neige pour le plus grand bonheur de la renarde et des jeunes lecteurs.

Amateur éclairé de l’univers Disney, Dav réussit l’exploit de faire chavirer nos coeurs avec cette histoire vivante et très expressive.

Comme il nous l’avait confié lors de notre entretien pour la sortie du premier opus, Sous les arbres est son Winnie l’ourson. Les étagères de sa maison sont remplies d’art-books des mondes de Disney. Il baigne donc toute la journée dans les ouvrages du maître de l’animation américaine.

« Avant de dessiner, j’ai regardé des dessins animés avec Winnie l’ourson mais aussi des classiques Disney »

Et on peut vous le confirmer, Le frisson de l’hiver, c’est largement mieux que Disney + !

Maladresses et humour

Le frisson de l’hiver bénéficie de tout le talent de metteur en scène de Dav. Son découpage très cinématographique, les dialogues courts et très pesés, mais également des personnages attachants font de ce deuxième volume, une très jolie surprise pour cette rentrée littéraire.

Mélange habile entre des gags visuels à la manière de Tex Avery ou Hanna et Barbera, la beauté transcendante des animaux de Michel Plessix (Le vent dans les saules, Le vent dans les sables, Là où vont les fourmis), la folie douce de Benjamin Renner (Un bébé à livrer, Le grand méchant renard) et la magie Disney, les planches de l’auteur d’Appa (avec Thomas Bonis) sont merveilleuses ! La format à l’italienne participe de cet enchantement graphique.

Du charme et de la bienveillance

En 32 pages, Dav nous fait sourire, nous émeut et nous charme. Cette romance animalière fait mouche à chaque page. L’auteur de Django Renard (avec Curd Ridel) aime l’univers de l’anthropomorphisme. Il nous l’expliquait en ce sens lors de notre interview : « C’est plus mignon, plus joli et plus agréable à dessiner que des humains. Cela permet de la folie dans les scènes. »

La série Sous les arbres sera composée de quatre volumes suivants les saisons. Après l’automne et l’hiver, vivement le printemps et l’été ! Le frisson de l’hiver : c’est doux, c’est chaleureux, c’est bienveillant et c’est drôle. Virevoltant ! D’ailleurs, à quand une série animée de Sous les arbres ?

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Princesse Princesse https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/princesse-princesse-oneill-bliss-lgbt/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=princesse-princesse-oneill-bliss-lgbt https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/princesse-princesse-oneill-bliss-lgbt/#respond Mon, 14 Sep 2020 12:53:39 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=74657 La princesse Sadie est enfermée dans une tour depuis des lustres. Personne ne vient la délivrer, jusqu’au jour où arrive la princesse Amira. C’est le très beau début d’une superbe romance entre elles. Après Le cercle du dragon-thé, Katie O’Neill dévoile Princesse Princesse, une très jolie histoire jeunesse inclusive chez Bliss. Charmant.es ! Un drôle […]

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La princesse Sadie est enfermée dans une tour depuis des lustres. Personne ne vient la délivrer, jusqu’au jour où arrive la princesse Amira. C’est le très beau début d’une superbe romance entre elles. Après Le cercle du dragon-thé, Katie O’Neill dévoile Princesse Princesse, une très jolie histoire jeunesse inclusive chez Bliss. Charmant.es !

Un drôle de sauvetage

Depuis longtemps, la princesse Sadie est enfermée dans sa tour. Nul chevalier n’est parvenu à la délivrer. Alors qu’elle hurle son désespoir, arrive la princesse Amira sur sa fidèle licorne Céleste.

Grappin en main, Amira le jette jusqu’à la fenêtre de Sadie. Elle grimpe alors le long de la paroi mais manque de tomber. La jeune fille enfermée la rattrape juste à temps. Les présentations faites, elles ne savent pas comment sortir de la tour. La sauveteuse emploie alors Céleste qui défonce le bas de l’édifice. Voilà, Sadie sauvée. Les deux princesses quitte ce lieu de privation de liberté.

Sadie, Amira et Tête-de-noeud

Sadie et Amira poursuivent leur chemin et décident d’aller secourir des âmes perdues. Elles croisent alors la route du prince Vlaric, apeuré et accroché à un arbre. Le jeune garçon est alors secouru et Amira décide de l’affubler du nom de Prince Tête-de-noeud. Il faut souligner qu’il s’était caché en haut de la cime afin d’échapper à un ogre.

Une aubaine pour les princesses ! Une nouvelle mission : déloger l’ogre qui fait peur à tout le monde. C’était sans compter sur la méchante sœur de Sadie, prête à tout pour l’éliminer…

Princesse Princesse : très jolie histoire d’amour

Nous avions découvert le talent de la jeune Katie O’Neill avec la publication du Cercle du dragon-thé, une très belle histoire d’amitié. Les éditions Bliss ont décidé de publier son premier album, précédant ce dernier. Paru en 2016 chez Oni-Press, Princesse Princesse est une très jolie romance entre deux jeunes femmes.

Conte de fée inclusif, Princesse Princesse plait par les personnalités de Sadie et Amira. La première se morfond depuis des lustres dans sa tour. Accompagnée par Oliver son petit dragon, elle arbore des formes qui sont loin des standards de futures reines. La jolie blonde un peu peureuse à la robe bleue tombe sous le charme d’Amira. Princesse noire badass, elle possède une coiffure en crête que les punks ne renieraient pas. Avec son costume de garde impérial et son épée, elle n’a peur de rien.

Si l’on ajoute à cela, une licorne costaude, une sœur jalouse, un ogre ou le Prince Tête-de noeud et l’on obtient une fable qui défrise.

Amour toujours

Les enfants ont toujours l’habitude d’être confrontés à des contes où des princes délivrent des princesses. Avec Princesse Princesse, ce sont deux jeunes femmes que l’on découvrent dans leur idylle naissante. Et ça fait un bien fou. Dans le monde du 9e art, il manque de fables avec des héroïnes LGBT pour les jeunes lecteurs, des représentations différentes de femmes qui se sentent bien dans leurs tête et dans leur corps.

Sans chercher à aimer le sexe opposé, sans se poser de questions de savoir qui l’on aime, Princesse Princesse est un très bel ode à la liberté d’aimer et à la liberté de suivre son instinct dans de folles aventures.

Ce récit épique est haletant et drôle. L’humour est apporté par Sadie et ses réparties mais surtout Valric, le Prince Tête-de-noeud qui devient rapidement un ami sûr et loyal.

De la rondeur du dessin

Comme pour Le cercle du dragon-thé, Katie O’Neill compose de très belles planches d’une grande modernité et très vivantes. Son dessin tout en rondeur est agrémenté de couleurs vives et pétillantes.

L’autrice récompensée d’un Eisner Award de la meilleure publication pour enfants (9/12 ans) pour The Tea Dragon Society se révèle être une artiste talentueuse et une militante pour les minorités invisibles. Les éditions Bliss nous promettent deux nouvelles publications de l’autrice néozélandaise : La baie de l’Aquicorne et Le festival du dragon-thé. Bonnes nouvelles !

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L’Alcazar https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/lalcazar-lamouret-sarbacane-inde/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=lalcazar-lamouret-sarbacane-inde https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/lalcazar-lamouret-sarbacane-inde/#respond Sat, 12 Sep 2020 09:22:27 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=74632 L’Alcazar, c’est un futur grand immeuble d’une ville en Inde. Pour le construire, on y croise Rafik, Mehboob, Salma, Ali ou encore Trinna. Simon Lamouret raconte le quotidien de ces travailleurs dans un album audacieux. Dépaysant ! Un nouveau chantier Inde, dans un quartier résidentiel. Rafik est heureux, il vient rejoindre Mehboob, son beau-frère sur […]

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L’Alcazar, c’est un futur grand immeuble d’une ville en Inde. Pour le construire, on y croise Rafik, Mehboob, Salma, Ali ou encore Trinna. Simon Lamouret raconte le quotidien de ces travailleurs dans un album audacieux. Dépaysant !

Un nouveau chantier

Inde, dans un quartier résidentiel. Rafik est heureux, il vient rejoindre Mehboob, son beau-frère sur le chantier d’un nouvel immeuble. Jusqu’à présent vendeur de dictionnaires en porte-à-porte, il a décidé de tout quitter pour travailler avec lui.

Sur le terrain vague où va se construire l’immeuble arrive Trinna, le contremaître qui dirige des dizaines de chantiers dans la ville en même temps. Mehbook ment pour faire embaucher Rafik. Il est alors tout de suite engagé. Première corvée : brûler les déchets jonchant le sol avant le début des travaux.

Vivre sur le chantier

Le lendemain, Trinna leur demande de construire un abri en dur pour se loger sur le chantier. Rafik et Mehbook s’exécutent et préparent un petit nid douillet pour accueillir la femme de ce dernier, Salma.

A peine commencé de monter des parpaings qu’arrive Ali, l’ingénieur en charge de superviser la construction. Très instruit et ayant mis entre parenthèse la rédaction de son mémoire de master, le jeune homme ne connaît pas grand chose au BTP. Armé de son carnet, il consigne tout, notamment les jours de présence des ouvriers.

La vie s’installe sur le terrain de L’Alcazar, une demeure de ce quartier aisé. On y mange, on s’y lave, on y dort et on y travaille très dur…

L’Alcazar, superbe portrait social de la société indienne

Après le magnifique Bangalore qui lui valu une nomination dans la Sélection officielle du festival d’Angoulême en 2018, Simon Lamouret continue de creuser son sillon autour de ce très beau pays qu’est l’Inde avec L’Alcazar.

Si son précédent album mettaient en scène la vie quotidienne d’habitant.es dans cette grande ville indienne, cette histoire raconte l’existence d’ouvriers sur un chantier de BTP. Il faut souligner que l’auteur toulousain avait séjourné en Inde en 2013 et avait pris le temps d’observer au plus près ces femmes et ces hommes souvent dans la précarité.

L’Alcazar, c’est un très joli portrait social de la société indienne. En effet, ce chantier – sorte de théâtre à ciel ouvert –  réunit tous les ingrédients pour la comprendre. L’on y croise toutes les castes et toute sorte de personnages.

Mini-théâtre à ciel ouvert

Dans L’Alcazar se mélangent des indien.nes venus de tout le pays pour travailler. Il y a là, Rafik, Mehbook et Salma, originaires d’un petit village campagnard. Ils côtoient des carreleurs hindous, un contremaître détestable, un ingénieur aux rêves qui s’évanouissent vite, un promoteur qui ne s’intéresse qu’à l’argent ou encore un futur acheteur.

Leurs buts et leurs envies sont différentes. Leurs pouvoirs et le système pyramidal de soumission sont habilement décrits par Simon Lamouret. Chacun tente d’exister face aux autres. Il y a néanmoins de la solidarité, notamment chez les petits, les ouvriers.

Souteneurs, trafics et influences

Au fur et à mesure que L’Alcazar pousse comme un champignon, plus haut vers le ciel, les protagonistes sont tendus. L’album aborde ainsi des thématiques très précises et très ancrées localement. Les souteneurs, tout d’abord. Rafik, Salma et Mehboob leur doivent de l’argent. Ils leur en avaient emprunté en partant de leur village. Ajouter à cela, un futur bébé pour le couple et un mariage arrangé pour le beau-frère et ils doivent ainsi économiser sur leurs maigres salaires pour tenter de réaliser leur rêve. On apprend aussi que les femmes, même si elles travaillent aussi durement sur un chantier, gagnent largement moins qu’un homme.

Quant au promoteur, il met la pression sur Trinna pour que le chantier se termine vite et qu’il soit bien exécuté. Le contremaître relaie alors tout cela sur les ouvriers. Ces influences sont fortes dans l’album.

De sublimes couleurs

Si Bangalore était impressionnant par le gigantisme des architectures et la petitesse des habitants, L’Alcazar l’est aussi par la beauté des planches. Le premier était en noir et blanc, celui-ci est mis en couleur avec intelligence.

Les personnages de Simon Lamouret ressemblent parfois à ceux de Jacques de Loustal, notamment lorsqu’ils sont de profil. D’ailleurs la gamme chromatique fait aussi penser à celle de l’auteur de Bijou.

Les lecteurs tombent aussi sous le charme de cet immeuble qui s’élève au fil des pages. L’auteur illustre avec vertige ce dernier sur des doubles-pages qui parsèment son récit et c’est magnifique !

L’Alcazar : un très beau récit choral, un petit théâtre à ciel ouvert d’un chantier d’un immeuble indien, une chronique sociale d’une grande justesse et très lumineuse.

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L’exilé https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/lexile-kriek-anspach/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=lexile-kriek-anspach https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/lexile-kriek-anspach/#respond Fri, 11 Sep 2020 13:39:14 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=74598 Après un long exil de sept années, Hallstein, guerrier viking, revient dans son village. Les clans et les complots sont alors légion. Erik Kreik raconte ce retour entre joie et menaces dans L’exilé, un western au temps des Vikings. Époustouflant ! Un retour inattendu Islande au Xe siècle. Valeureux guerrier, Hallstein est de retour dans […]

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Après un long exil de sept années, Hallstein, guerrier viking, revient dans son village. Les clans et les complots sont alors légion. Erik Kreik raconte ce retour entre joie et menaces dans L’exilé, un western au temps des Vikings. Époustouflant !

Un retour inattendu

Islande au Xe siècle. Valeureux guerrier, Hallstein est de retour dans son village. Après sept années d’exil, l’homme peut enfin refouler les terres de ses ancêtres. Mais cet événement inattendu, ce long bannissement n’est pas souhaité par tous les habitants.

Accompagné de Bjarki Crâne chauve et Ukkis le Finnois, il prend le chemin de la maison familiale. C’est décidé, avec ce retour, il met fin à sa vie de mercenaire. Hallstein apprend alors que son père est décédé et il décide de se rendre sur sa tombe.

Solveig au coeur de toutes les attentions

De son côté, Solveig, sa belle-mère, repousse une nouvelle fois la demande en mariage d’Einar. Il faut souligner qu’elle ne porte pas l’homme dans son cœur. Son mari décédé, elle a décidé de vivre à l’écart du village, dans un endroit calme. A ses côtés se trouvent son fils Ottar et de Cormac, son thrall, un homme frappé de servitude.

Solveig a la tête ailleurs : depuis quelques temps, on lui vole du bois. Elle missionne Cormac de découvrir l’auteur de ses méfaits. Il découvre que ce sont ses oncles qui spolient sa mère. Repéré, le jeune garçon tente de fuir. Une flèche traverse alors le haut de son corps. Il tombe alors au fond d’un ravin…

L’exilé : Vikings contre Vikings

Pour son premier album, Erik Kriek frappe fort. Avec L’exilé, il imagine un drame shakespearien, sur la terre des Vikings. Entre complots, amours contrariées et combats, l’auteur néerlandais dévoile une histoire savamment orchestrée.

Si son illustre prédécesseur, Thorgal faisait intervenir de la magie et du fantastique, L’exilé ne glisse pas vers ce genre. On pourra néanmoins le rapprocher d’un western, entre complots, amour, bannissement et famille.

Amours impossibles

Si Erik Kriek s’est solidement documenté pour produire L’exilé, la lecture ne semble pas des plus simples. Il faut se concentrer pour comprendre les ramifications et autres trahisons dans les clans. Pour présenter ses personnages, l’auteur les dessine sur la page de garde. Fiers et multiples dans leur personnalité, ils tentent de prendre le pouvoir sur les autres. Les thématiques de la revanche est au cœur de ce très beau récit de Vikings.

Si actuellement, la série télévisée Vikings fonctionne à merveille, L’exile ravira les amateurs de cette période mais également les luttes de pouvoir dans les clans. Ainsi, les amours sont impossibles dans ce petit village islandais.

L’Islande au cœur

Si Hallstein rêve de tranquillité, ses ex-camarades ne l’entendent pas ainsi. Il doit encore se justifier malgré son exil de sept ans. Coupable d’un meurtre, il avait reçu le bannissement de l’Althing, parlement des habitants.

L’Islande est belle sous les dessins d’Erik Kriek. Il magnifique ce pays, ses décors et ses luttes de clans par des planches magistrales. Son trait épais semi-réaliste est merveilleux. Agrémentée de couleurs en bichromie bleue, ces pages sont bouillonnantes. Il utilise le rouge dans les scènes du passé afin de bien trancher avec les actions autour d’Hallstein. Les mystères, les secrets et les non-dits parcourent aussi ce très bel album.

L’exilé : une aventure dramatique, un récit haletant entre complots et amours contrariées, une belle bande dessinée !

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Coyotes #2 https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/coyotes-2-yarsky-lewis-hicomics/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=coyotes-2-yarsky-lewis-hicomics https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/coyotes-2-yarsky-lewis-hicomics/#respond Tue, 08 Sep 2020 12:33:39 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=74557 Après un premier tome prometteur qui posait les jalons d’un univers particulièrement original, peuplé de loups maléfiques et d’hommes damnés à cause de leurs pulsions, Hi Comics nous propose la suite et fin de Coyotes. Les crocs sont sortis ! DES LOUPS ET DES FEMMES. Au Sud des Etats Unis, se trouve la Cité des […]

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Après un premier tome prometteur qui posait les jalons d’un univers particulièrement original, peuplé de loups maléfiques et d’hommes damnés à cause de leurs pulsions, Hi Comics nous propose la suite et fin de Coyotes. Les crocs sont sortis !

DES LOUPS ET DES FEMMES.

Au Sud des Etats Unis, se trouve la Cité des Filles Perdues, une ville frontière qui sert de refuge à des femmes que la vie n’a pas épargnées. En effet, depuis quelques temps, les disparitions et des meurtres se multiplient.

Pour résoudre ces affaires, un policier, sanctionné pour n’avoir commis qu’un crime : celui d’être trop intègre, se retrouve affecté dans cette contrée désolée.

Bien vite, il fait la connaissance de femmes hautes en couleur : Abuela, Duchesse ou encore la jeune Analia, qui désormais se fait appeler Rouge.

Mais surtout, il découvre que les meurtres sont l’œuvre d’hommes qui, revêtant des peaux de loups légendaires, deviennent des loups-garous assoiffés de sang et de stupre : des coyotes.

CONTES ET LÉGENDES.

En réalisant un comic book ayant pour thème les loups-garous, Sean Lewis et Caitlin Yarsky auraient pu tomber dans une sorte de déjà-vu à la mode tant la lycanthropie a le vent en poupe ces dernières années dans la bande dessinée ou le cinéma.

Pourtant, il n’en est rien car le scénariste et la dessinatrice développent un univers composite dans lequel coexistent folklores, contes, légendes, mythologies et même religions.

UNE FORÊT DE SYMBOLES.

Dans Coyotes, les loups gigantesques, allégories de la bestialité masculine portent les noms de Seff, l’incarnation du loup hébraïque, Fenris, tout droit issu de la mythologie nordique, Lyulph, le loup de feu, ou encore Bardolph, le loup à la hache si on en croit leurs étymologies germaniques.

Ces quatre loups de l’apocalypse cherchent à détruire Gaïa, Terre-mère nourricière dans la mythologue grecque.

Pour les en empêcher, Rouge, qui a délaissé son petit chaperon, sa galette et son petit pot de beurre au profit d’un katana, pourra compter sur de nombreuses alliées.

En premier lieu, les quatre groupes d’Aïeules de la Terre, les prêtresses de Gaïa qui haïssent les hommes. Mais aussi les Victorias et leur cheffe Duchesse, prêtes à tout pour parvenir à la victoire. Ou encore les adeptes d’Éléos, la déesse grecque de la miséricorde, seules capables d’accorder leur pardon aux hommes, pour peu qu’ils se plient au statut d’esclave…

Coyotes, UNE FABLE SOCIALE.

On l’aura compris, dans Coyotes, sur un fond d’engagement social prônant l’émancipation des femmes, les grandes mythologies s’affrontent, celle du Nord, la violence masculine, face à celle de l’antiquité gréco-latine, plus féminine mais tout aussi dangereuse.

Et c’est là un élément important dans Coyotes : même si les symboles sont clairs, point de manichéisme.

C’est d’ailleurs le personnage masculin de Frank Coffey qui le symbolise le mieux. Ce policier qui a tout sacrifié, sa famille, sa carrière, au profit de valeurs auxquelles plus personne ne croit : l’intégrité, l’honnêteté et la loyauté.

DES DESSINS DANTESQUES.

Pour parvenir à mêler et à donner vie à tous ces enjeux, à tous ces personnages, à toutes ces idées, il fallait trouver un dessinateur de très grande qualité.

C’est chose faite en la personne de Caitlin Yarsky qui réalise avec Coyotes sa première série en bande dessinée.

Son style remarquable, tout en nuances colle parfaitement à l’univers et à l’ambiance créés.

Les personnages sont parfaitement représentés, tantôt beaux et émouvants, tantôt horribles et effrayants.

En outre, nous le disions plus haut, Coyotes est aussi une histoire mettant en jeu des loups monstrueux qui devaient être clairement identifiés. Caitlin Yarsky relève parfaitement le défi puisque chaque loup possède une identité graphique qui le distingue parfaitement de ses congénères.

Les combats, et ils sont nombreux, sont eux aussi parfaitement illustrés et mis en scène. Ils retranscrivent avec beaucoup de qualités le dynamisme attendu, mais aussi la violence très présente.

Car c’est un point qu’il convient de préciser, Coyotes est une série dont la violence glisse parfois dans l’horreur ; mais après tout, c’est souvent le cas dans les bonnes histoires de loups-garous.

Initialement publié chez Image Comics, Coyotes voit le jour en France en deux tomes parus chez Hi Comics. Les lecteurs français ont ainsi la chance de découvrir une série de qualité, originale, parfaitement maîtrisée, portée par des dessins remarquables.

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Mangez-le si vous voulez https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/mangez-le-si-vous-voulez-teule-gelli-delcourt/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=mangez-le-si-vous-voulez-teule-gelli-delcourt https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/mangez-le-si-vous-voulez-teule-gelli-delcourt/#respond Mon, 07 Sep 2020 08:52:10 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=74513 « A bas la France », voilà les mots d’Alain de Monéys qui mirent le feu dans le petit village dordognot d’Hautefaye. Le bienveillant et altruiste homme fut alors lynché en place publique en pleine Guerre franco-prussienne de 1870. Dominique Gelli adapte avec grande intelligence le roman de Jean Teulé, Mangez-le si vous voulez, un fait-divers judiciaire […]

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« A bas la France », voilà les mots d’Alain de Monéys qui mirent le feu dans le petit village dordognot d’Hautefaye. Le bienveillant et altruiste homme fut alors lynché en place publique en pleine Guerre franco-prussienne de 1870. Dominique Gelli adapte avec grande intelligence le roman de Jean Teulé, Mangez-le si vous voulez, un fait-divers judiciaire très connu. Effroyable !

Alain le bienaimé

Eté 1870, demeure des Bretanges en Dordogne. Chez les De Monéys, tout semble serein : Amédée, le père fut maire de Beaussac, un petit village et Alain, le fils, en est aujourd’hui le premier adjoint. Très investis dans leur commune, ils sont très appréciés.

Mieux, Alain aime sa commune d’Hautefaye. Très bienveillant et altruiste, il n’hésite jamais à trouver des solutions pour le bien-être des habitants. Là, une zone d’assainissement, ici une génisse à offrir en cadeau, ou plus loin trouver un artisan à faire travailler sur la toiture de leur grange.

Alain le guerrier

Malgré un handicap à une jambe, hors de question pour Alain de ne pas partir à la guerre, cette guerre contre les Prussiens.

A l’époque, il existait un système de tirage au sort pour aller au front. Les gens du peuple, souvent pauvres, qui tiraient un bon numéro, le revendaient aux bourgeois ou notables qui ne souhaitaient pas voir partir leur progéniture. Mais Alain, malgré sa richesse, ne veut pas de cela. Il intégrera la cavalerie puisqu’il boite et qu’il possède un cheval.

Quatre malheureux mots

Alain se rend alors à la foire d’Hautefaye. Comme à son habitude, il a un mot gentil pour ceux qui le croise. Grâce à cette bienveillance et ses actions pour la commune, il est très apprécié de tous.

Quelques minutes plus tard, Alain rejoint ses camarades au troquet du coin. Là, on essaie de connaître les dernières nouvelles du front. Elles ne sont pas bonnes, les défaites s’accumulent. Le pauvre lecteur du journal, un peu défaitiste, manque d’y laisser sa peau, obligé de prendre ses jambes à son cou.

Les esprits s’échauffent, l’alcool tourne les têtes et le pauvre Alain par une réponse en quiproquos « A bas la France » s’attire les foudres de ses congénères. Il n’arrive pas à se faire comprendre de cette vilaine méprise. C’est le début d’un lynchage long et cruel…

Mangez-le si vous voulez : de la cruauté de la masse

Edité en 2009 chez Julliard, Mangez-le si vous voulez est encore un très grand roman de Jean Teulé. Il est admirablement mis en image par Gelli dans un noir et blanc au lavis très à propos. Seules quelques taches rouges dans les planches renforcent le sang d’Alain de Monéys.

Après Charly 9, Henriquet et Entrez dans la danse de Richard Guérineau mais également Je François Villon de Luigi Critone, les éditions Delcourt poursuivent les adaptations des livres de Jean Teulé. C’est un univers que l’ancien chroniqueur télé connait bien, lui qui publia une douzaine de bandes dessinées dont notamment Bloody Mary, Virus ou Filles de nuit.

Dans Mangez-le si vous voulez, les lecteurs découvrent avec effroi la cruauté de la masse, celle qui ne fait qu’un seul bloc, qui n’a plus ni intelligence ni esprit critique.

Lynchage pour quatre mots

Alors qu’Alain de Monéys est extrêmement apprécié de tous les habitants de Hautefaye, tout cela ne trouve grâce aux yeux des lyncheurs après les quatre malheureux mots dans sa bouche « A bas la France ». Dans cette période très conservatrice, très militariste et loyaliste, prononcer ces mots, c’est comme déclarer la guerre à la France entière. Le pauvre homme est déclaré traitre à la nation sans autre forme de procès.

La foule gronde, la foule frappe, la foule humilie, la foule torture. Sans en dévoiler trop pour ne pas gâcher votre plaisir de lecture, on ne pensait pas que des femmes et des hommes étaient capables de telles cruautés envers l’un des leurs. On ne veut même pas penser à celles commises en temps de guerre ou lors de génocides lorsque l’on lit cette bande dessinée.

Fake news et autres rumeurs

Seuls deux hommes se dressent contre la foule en délire. C’est trop peu pour aider le malheureux et l’arracher à son funeste sort. Ils tentent de raisonner les irraisonnables, en vain. Ils frappent aux portes des notables, du curé ou du bistrotier mais personne n’ouvre.

A l’heure des fake news et autres rumeurs colportées par l’extrême-droite et certains médias, Mangez-le si vous voulez s’inscrit dans cette veine. Les lecteurs sont frappés par les inventions de la foule des mots qu’Alain n’a pas prononcé. A l’aune de « A bas la France », ses faits et gestes sont réinterprétés. Désinformation, déformation et inventions sont les plaies de ces lyncheurs complétement hystériques.

Jean Teulé s’était appuyé sur les annales judiciaires et les arrêtés du tribunal de Périgueux pour étayer son roman. Gelli pour son album a fait de même. Pour comprendre ce fait-divers sordide, il faut se documenter. L’auteur de Raoul Fulgurex (avec Didier Tronchet) y apporte visuellement le trajet d’Alain de Monéys sur une carte. Le village est ainsi passé en revue pour le martyr sanglant du pauvre homme.

Mangez-le si vous voulez : une histoire glaçante et étonnante d’un homme lynché par une foule hystérique pour quatre mots mal interprétés.  Un récit sombre et haletant mis en image avec habileté !

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Spirou chez les Soviets https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/spirou-chez-les-soviets-tarrin-niedhardt-dupuis/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=spirou-chez-les-soviets-tarrin-niedhardt-dupuis https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/spirou-chez-les-soviets-tarrin-niedhardt-dupuis/#respond Mon, 07 Sep 2020 08:20:05 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=74504 Répandre le gène du communisme sur toute la Terre, tel est le crédo complètement fous des nouveaux dirigeants de l’URSS. Pour cela, ils enlèvent le comte de Champignac. Spirou et Fantasio partent alors pour lui porter secours. Fred Neidhart et Fabrice Tarrin imaginent leur périple semé d’embûches dans Spirou chez les Soviets, une nouvelle histoire […]

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Répandre le gène du communisme sur toute la Terre, tel est le crédo complètement fous des nouveaux dirigeants de l’URSS. Pour cela, ils enlèvent le comte de Champignac. Spirou et Fantasio partent alors pour lui porter secours. Fred Neidhart et Fabrice Tarrin imaginent leur périple semé d’embûches dans Spirou chez les Soviets, une nouvelle histoire très réussie du célèbre groom. Une jolie aventure dans les pas de Franquin ou Tome & Janry !

Champignac a disparu !

Alors qu’il met au point le métodur – en contrepoint du métomol – un processus chimique issu de champignons pour rendre rigide tous les métaux, le comte de Champignac disparait ! Dans la cour du château, deux agents patibulaires. L’un d’eux écrase même le pauvre Spip.

Le lendemain matin, Spirou cherche partout son écureuil tandis que de la fenêtre du premier étage, Fantasio remarque des traces de pas dans la neige. Ils entrent alors dans l’atelier du comte mais il n’y est pas. Spirou retrouve Spip complètement congelé. Après l’avoir réchauffé, le groom observe que son animal a un étrange comportement.

Spirou et Fantasio, journalistes pour Vaillant

Pour comprendre la soudaine disparition de Champignac, Fantasio se plonge dans la lecture d’un de ses carnets. Il découvre avec stupéfaction que le comte a été approché par des agents du KGB pour élaborer le GPS : un rayon qui aurait un impact sur le monde. Mais le savant a refusé tout net de collaborer avec eux. Et si la piste de la disparition se transformait en enlèvement ?

Pour en avoir le cœur net, Spirou et Fantasio décident de partir pour la Russie. Mais voilà pour y entrer et enquêter, il faut un bon motif. Ils se rendent alors dans le bureau de Charles Dupuis pour lui proposer un reportage en URSS. Il accepte avec réticence.

Les deux amis passent alors chez Boulier, le comptable, pour établir leurs frais de séjour puis chez M. R qui leur fourni des gadgets dignes de James Bond et de fausses cartes professionnelles : ils seront missionnés par Vaillant, l’hebdomadaire communiste français. Une belle couverture pour tenter de retrouver le comte. Ils montent alors dans l’avion, direction Moscou…

Spirou et Fantasio : un univers riche

Après des reprises plus ou moins réussies, Spirou et Fantasio sont de retour dans une nouvelle aventure, Spirou chez les Soviets : une très jolie histoire ! Si Yoann et Velhmann ont imaginé récemment des récits des célèbres enquêteurs (La colère du Marsupilami), ils doivent maintenant alterner leur travail avec Fred Neidhardt et Fabrice Tarrin pour ce qui concerne la série principale.

En effet depuis plusieurs années, Spirou et Fantasio sont déclinés de multiples façon : la collection Le Spirou de … (Les marais du temps de Frank Le Gall, Fantastio se marie de Benoît Feroumont, La lumière de Bornéo de Zidrou et Frank Pé ou encore Fondation Z de Denis-Pierre Filippi et Fabrice Lebeault), mais également les superbes récits d’Emile Bravo (Le journal d’un ingénu, Spirou ou l’espoir malgré tout)  ou ceux de Yann et Olivier Schwartz (Le groom vert-de-gris, La femme léopard ou Les hosties noires). A cela, on peut ajouter deux excellentes séries sur des personnages secondaires : Zorglub de José Luis Munera et Champignac de Béka et David Etien. Sans oublier la série irrévérencieuse Le petit Spirou de Tome & Janry. Depuis 1938 et ses 82 ans, Spirou a donc réussi à se renouveler et à toucher un nouveau public.

Spirou chez les Soviets : une belle aventure à l’ancienne

C’est ainsi qu’arrive Spirou chez les Soviets en cette rentrée littéraire 2020 ! Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette aventure est très réussie, s’inscrivant vraiment dans les pas de Franquin ou Tome & Janry. En choisissant la Guerre froide comme toile de fond, Fred Neidhardt se glisse dans les pas du créateur de Gaston Lagaffe.

Son histoire est haletante et dynamique comme celles des inventeurs du Petit Spirou. Il y a comme d’habitude le côté fantastique avec la création d’un rayon pouvant répandre le gène du communisme, des objets techniques et scientifiques poussés (une fusée ou la boussole-Spip) et bien entendu un kidnapping qui met les deux héros en marche vers l’aventure.

De nombreux hommages aux maîtres du 9e art

Si l’intrigue est simple (retrouver le comte), les obstacles mis sur la route de Spirou et Fantasio sont nombreux. Tome & Janry avaient choisi la pègre chinoise et la mafia italienne dans Luna fatale ou Spirou et Fantasio à New York, Fred Neidhardt part vers l’Est et l’URSS; une nouveauté pour les deux héros. La période de la Guerre froide est propice aux extravagances et à l’espionnage. Les Soviétiques ont des desseins de tueurs (la savant créateur du GPS arbore une tête ressemblant à Boris Karloff, célèbre créature de Frankenstein au cinéma).

Ainsi, les codes du communisme sont détournés et grossis pour faire rire le lectorat : le goulag, les pommes de terre ou encore Natalia, le guide qui cornaque Spirou et Fantasio. Une femme qui s’avèrera une alliée précieuse.

Mais ce qui fait le charme de Spirou chez les Soviets ce sont tous les clins d’œil appuyés à la pop culture. Natalia emmène les deux amis au Café Pouchkine que Gilbert Bécaud n’aurait pas renié, les auteurs de la littérature russe ne sont pas en reste mais le plus gros point étant les hommages aux maîtres du 9e art : Tintin dans le titre de l’album ou les héros d’André Franquin aux éditions Dupuis (Charles le patron, Boulier le comptable, De Mesmaeker, Lebrac, Gaston, voire le créateur lui même). On ne peut pas tout dévoiler tellement il y en a. Cela apporte aussi de la folie à cet album plus que réussi.

Un dessin très vivant

Fabrice Tarrin n’en est pas à son premier Spirou et Fantasio puisqu’il avait déjà œuvré sur Le tombeau des Champignac sur un scénario de Yann. Grand amateur des récits des héros créés par Rob’Vel en 1938, le dessinateur s’est facilement glissé dans les pas de ses glorieux prédécesseurs, comme le souligne son comparse :

« Ce qui me plaît dans le dessin de Fabrice, c’est cet héritage des grands maîtres de la bande dessinée franco-belge. »

Son trait trait est souple et d’un grand dynamisme. Ses planches sont solides et très équilibrées. Il n’y a pas de fausses notes dans ses pages. Fred Neidhardt lui a fait lorgné vers le dessin de Franquin dans les albums La mauvaise tête ou Le repaire de la murène pour Spirou chez les Soviets. Il a bien fait puisque c’est une grande réussite. Ce style Franquin des années 1950 est d’ailleurs couplé à d’autres influences. Il confie ainsi : « Je suis allé également voir chez Uderzo, surtout pour sa façon de respecter l’anatomie des personnages. J’ai puisé dans Conrad aussi, pour les ambiances très noires à la Milton Caniff qu’il a apporté dans les années 1980. »

Spirou chez les Soviets : une histoire haletante, dynamique et drôle dans la veine des anciens animateurs de la série. Une vraie belle surprise !

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