Comixtrip https://www.comixtrip.fr La bande dessinée du monde, le monde de la bande dessinée Sat, 22 Sep 2018 06:53:42 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.9.5 Loïc Clément : entretien pour Chroniques de l’île perdue https://www.comixtrip.fr/dossiers/loic-clement-chroniques-de-lile-perdue/ https://www.comixtrip.fr/dossiers/loic-clement-chroniques-de-lile-perdue/#respond Fri, 21 Sep 2018 21:33:32 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=dossiers&p=52765 Scénariste dévoilant de très belles et intelligentes histoires, Loïc Clément a pris quelques minutes de son temps pour répondre aux questions de Comixtrip sur son nouvel album Chroniques de l’île perdue, un récit intimiste qui lui teint énormément à cœur, mis en image par Anne Montel. Loïc Clément, depuis combien d’années êtes-vous scénariste ? J’écris depuis […]

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Scénariste dévoilant de très belles et intelligentes histoires, Loïc Clément a pris quelques minutes de son temps pour répondre aux questions de Comixtrip sur son nouvel album Chroniques de l’île perdue, un récit intimiste qui lui teint énormément à cœur, mis en image par Anne Montel.

Loïc Clément, depuis combien d’années êtes-vous scénariste ?

J’écris depuis que je suis tout petit. Lorsque je vais dans les écoles rencontrer des enfants et que l’on me pose cette question, j’ai tendance à dire que je ne fais pas de distinction entre le moment où je fus considéré comme professionnel et celui où je ne l’étais pas. Je dis que je suis scénariste depuis l’âge de 7 ans ! La différence est que maintenant on me paie pour faire ce que je faisais avant sans l’être. Petit, j’écrivais des bandes dessinées et je les dessinais. Je n’ai donc jamais arrêté de le faire.

Vous n’avez donc jamais voulu poursuivre dans le dessin ?

Cela ne servait à rien. Ma femme – Anne – d’ailleurs a une bonne description de ce qu’est un dessinateur. Elle explique que tout le monde est dessinateur, que tous les gamins ont eu des feutres ou des crayons mais que la différence, c’est que les dessinateurs n’ont jamais arrêté de le faire.

J’ai aussi arrêté parce que j’ai trop des « passions », je fais trop de choses. Je continue de faire des petits story-board pour parfois compléter mes scénarios. Mais surtout, je n’ai pas le talent pour dessiner.

« Je peux mieux exprimer ce que j’ai en tête que par n’importe quel autre biais »

Qu’est-ce qui vous attire dans le monde de l’écrit, de l’écriture ?

Aujourd’hui, c’est aussi ce qui m’attirait enfant. Je peux mieux exprimer ce que j’ai en tête que par n’importe quel autre biais.

Lorsque je suis confronté à des sujets qui me concernent, j’ai du mal à les analyser en direct. Je pense avoir une parole très prudente. En revanche, j’ai remarqué que je pouvais avoir un point de vue sur des questions via ce biais-là ; c’est mon meilleur mode d’expression. Ce n’est ni à l’oral ni dans les débats surtout lorsque cela me porte à cœur – l’affect prend le dessus – alors qu’un livre on me fout la paix parce que je peux développer mon propos et même si c’est par le biais de la fiction, je suis à peu près bon pour défendre un point de vue dans un bouquin.

« C’est le sujet le plus personnel et le plus intime que j’ai fait jusqu’à présent parce que ça parle de la relation fraternelle »

Un an après Chaussette, vous retrouvez Anne Montel sur un projet de bande dessinée. Quel fut le point de départ pour écrire Chroniques de l’île perdue ?

En général, j’écris sur l’intime même si parfois les sujets peuvent paraître éloignés de moi. Par exemple dans un de mes albums, je vais traiter de la grande distribution et des petits producteurs, on peut penser que je ne suis pas concerné mais pourtant j’écris avant tout sur ce qui me concerne.

Pour Chroniques de l’île perdue, c’est le sujet le plus personnel et le plus intime que j’ai fait jusqu’à présent parce que ça parle de la relation fraternelle. J’avais beaucoup de choses à en dire. Ce qui m’intéressait en premier c’était que l’on se serve d’un genre basé sur l’aventure pour enfant et cela faisait aussi très plaisir à Anne d’aller vers quelque chose d’assez éloigné de son dessin. Lorsqu’elle réalise des bandes dessinées pour adultes, on peut penser que c’est un album pour enfant parce qu’elle a un trait pur et coloré comme sur Les jours sucrés où sur un malentendu, les enfants parfois l’achètent.

Cela lui a plu de réaliser une bande dessinée horrifique, d’aller chercher dans son dessin, la peur. Cette fiction avec beaucoup d’horreur, qui fout les pétoches, cela lui plaisait bien et de mon côté, cela me permettait de concilier la relation fraternelle qui est assez horrible pour moi, avec le genre « aventure ». Donc nous étions tous les deux contents, elle, parce qu’elle allait faire une BD avec des panoramas différents – la jungle luxuriante ou le froid canadien- et pouvait ainsi varier les plaisirs. Elle allait chercher du côté de la peur comme quelque chose qui était un peu nouveau pour elle et de mon côté, une idée qui m’était chère.

Là où Anne a eu une appréhension, c’est que l’histoire est toujours en mouvement, c’était donc un vrai challenge pour elle.

Pourriez-vous nous présenter Charlie et Sacha, les caractériser ?

Charlie c’est le petit frère, Sacha, l’aîné. Ils sont tous les deux sur un bateau pour une croisière avec leurs parents. Le bateau va sombrer et le lecteur ne sait pas vraiment où ils vont atterrir. Ils échouent tous les deux sur une île. Le lecteur a un peu de mal à comprendre au début qu’ils ont atterrit au même endroit. Ils se sont échoués dans une sorte de confluent, de Triangle des Bermudes qui charrie un peu tous les univers.

L’île sur laquelle ils atterrissent va révéler les peurs intérieures du petit Charlie. Les deux frères ont un passif, plein de choses à régler, mais ils n’ont pas une relation paisible comme c’est souvent le cas des fratries. Peut-être que le grand frère est à des années-lumière de soupçonner le traumatisme et les douleurs du petit frère. Cette aventure va donc être cathartique, un moyen de révéler ces douleurs.

« Les mots les plus justes pour qualifier leurs rapports, c’est la maltraitance fraternelle »

Ils sont le jour et la nuit, ils se chamaillent. Est-ce ainsi que vous voyez leurs rapports ?

C’est bien au-delà de la chamaillerie. Les mots les plus justes pour qualifier leurs rapports, c’est la maltraitance fraternelle.

« Le lieu a servi la psychologie des personnages »

Pourquoi avoir voulu mettre au point ce schéma narratif de deux lieux distincts sur la même île, en parallèle ?

C’est pour rester dans la thématique. Ils sont différents dans leur caractère. J’aime l’idée qu’ils atterrissent aux antipodes alors qu’ils sont très proches géographiquement, à quelques kilomètres. Ils sont aussi proches en âge, c’est important.

Je voulais que l’un soit dans la luxuriance, la chaleur et l’autre dans le froid. Cela permet de voir qu’ils sont proches mais aussi à des années-lumière l’un de l’autre. Le lieu a servi la psychologie des personnages. Ce n’est pas anodin si le petit frère s’échoue dans la partie glacée.

Sacha doit se débrouiller seul avec un livre « le Journal de Jack », tandis que Charlie est sous la protection de Rose et de La Bête. Etait-ce important cette dualité dans cet exil forcé ?

En effet, l’autre personnage très important de l’histoire, c’est Rose. Ce n’est pas pour rien que Charlie atterrit dans la partie où elle vit. C’est un substitut, elle a un rôle dans la résilience que vit le petit frère. Le traumatisé, c’est Charlie, il a donc besoin d’une protection extérieure.

Se perdre, s’éloigner, être seul, qu’apportent ces ressorts narratifs à l’histoire ?

La peur et la frayeur, c’est l’ambiance de cet album. Ce qui fonctionne bien sur moi et souvent sur les autres lorsque je regarde un film ou lit un livre, c’est que les personnages sont isolés, sont coupés de tout et doivent se débrouiller avec ce qu’ils ont sous la main.

Cet île, elle est extrêmement étrange. Ils sont coupés de tout mais en plus ils sont perdus. Ils n’ont plus leurs repères. Il y a des bestioles qui parlent, il y a des trucs comestibles qui ne le sont pas et inversement. Tous les repères sont brouillés. Il s’y passe des choses hors-norme.

Peut-on qualifier l’album de quête initiatique ?

Oui, du côté du grand frère. Du point de vue du petit frère, c’est cathartique et du grand frère, c’est initiatique.

Est-ce que l’écriture fut longue, délicate ?

L’album a été mûri très longuement. Il y a eu beaucoup de discussion avec Anne. Il a vécu sous d’autres formes pour d’autres éditeurs.

Finalement, c’est très bien qu’il n’ait pas été signé chez d’autres éditeurs mais chez Métamorphoses. Il a pris cette forme aussi grâce aux éditrices. Barbara Canepa a une vision sur le graphisme et Clotilde Vu sur l’histoire. C’est une équipe qui roule parce qu’elles ont chacune leur tâche bien définie.

L’enfant qui va ouvrir l’album va se dire : chouette une robinsonnade, sauf que l’on est loin de Robinson Crusoé.

Il y a un peu ce côté robinsonnade mais il y a un deuxième effet, comme dans les contes. Je lis beaucoup d’albums BD pour la jeunesse et ce que je peux souvent leur reprocher – je vais paraître un peu dur en disant cela – c’est que le héros va d’un point A à un point B mais le sous-texte, le lecteur ne le trouve pas.

Construire une robinsonnade en y apportant une deuxième couche, un autre niveau de lecture, cela la rend plus intéressante.

Cet album n’aurait pas pu exister si ça n’avait pas été Anne Montel ?

Cela aurait été compliqué. Cet album est issu de nos heures et de nos jours de discussions de ce livre en amont. Je passe plus de temps avec ma femme qu’avec mes autre dessinateurs.

En revanche, maintenant que le concept est né, rien n’empêcherait – même si ça ne va pas être le cas et si on avait cumulé comme la série Donjon de Sfar et Trondheim – d’autres dessinateurs et un traitement d’autres thématiques.

Avez-vous de l’appréhension quant aux retours du public ?

Bien sûr. Cela s’est aussi produit lors de la sortie des Jours sucrés, une histoire personnelle avec des morceaux de ma vie dedans. Chroniques de l’île perdue est très intime comme livre. Si on n’aime pas ce bouquin, ça peut être douloureux.

« Le genre fantastique doit avoir une lecture politique parce que sinon il n’a pas d’intérêt »

Vous écrivez beaucoup d’histoires fantastiques à destination de la jeunesse (Le temps des mitaines, Chaque jour Dracula ou Le voleur de souhaits). Qu’est-ce qui vous attire dans ce genre littéraire ?

On est issu de sa propre culture; c’est mon pedigree. Je consommais des livres et une quantité astronomique de films de ce genre. Je me qualifie d’ailleurs plus de cinéphage que de cinéphile, même si j’ai une connaissance solide.

Résonance, pourquoi ? Parce que lorsque j’étais petit, je trouvais cela magique que le Père Noël existe, puis un jour tu découvres que cela est faux et c’est une belle désillusion. Tu te réfugies alors dans la littérature parce que finalement le Père Noël, il continue d’exister dans des bouquins. C’est ce désenchantement du monde réel que tu peux continuer de toucher dans ces univers. Je suis attiré par cela mais pas pour faire du fantastique.

Ça m’est égal de faire du genre, j’ai toujours cette idée que tu peux faire une histoire dans l’espace, avec des dragons ou dans un Londres du XIXe siècle, ce n’est que la carapace, la surface. Ce qui m’intéresse c’est de me servir de cela pour raconter un autre truc derrière. Le gars qui arrache une épée d’un rocher m’intéresse assez peu, sauf si c’est par exemple pour parler du racisme. Le genre fantastique doit avoir une lecture politique parce que sinon il n’a pas d’intérêt.

J’ai l’impression que Anne est à l’aise dans le genre fantastique, n’est-ce pas ?

Je pense que le genre, cela lui est égal. Que cela soit du fantastique ou pas, l’important est qu’elle prenne du plaisir à réaliser l’album. Dans Chaussette, je lui apporte une vieille grand-mère. Elle la dessine mais comme dans l’intérieur de sa maison, il y a plein de petits objets, elle va y prendre du plaisir. Dans le fantastique, tu peux te permettre de faire une page entière avec des papillons et cela elle adore.

En temps que lectrice, Anne aime le genre fantastique. Ces ouvrages préférés sont les romans de Philipp Pulmann ou de JK Rolling.

Dernière question, Loïc Clément, sur quels projets travaillez-vous actuellement ?

J’imagine des histoires jeunesse pour une société canadienne qui les diffuse à la radio. Ce sont comme à mon habitude, des thématiques intimistes.

Une bonne nouvelle aussi : les droits de notre série avec Anne, Le temps des mitaines, sont en passe d’être rachetés par un autre éditeur. C’est très bien parce que j’étais un peu frustré de ne pas avoir pu raconter tout ce que je voulais avec ces personnages.

Toujours avec Anne, nous réalisons Professeur Goupil, des petits romans jeunesse édités par Little Urban. En gros, ce renard misanthrope a de gros soucis avec ses contemporains mais il va évoluer petit à petit. Le tome 3 sort l’année prochaine.

Entretien réalisé le mardi 11 septembre 2018

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Prix Ouest France-Quai des Bulles 2018 : les 5 finalistes https://www.comixtrip.fr/actualites/prix-ouest-france-quai-des-bulles-2018/ https://www.comixtrip.fr/actualites/prix-ouest-france-quai-des-bulles-2018/#respond Fri, 21 Sep 2018 21:28:18 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=actualites&p=53001 Prix Ouest France-Quai des Bulles 2018 : les 5 finalistes. Après une concertation, le comité de sélection du Prix Ouest-France BD a choisi les cinq albums finalistes. C’est au jury de lecteurs du quotidien que reviendra la lourde tâche de désigner le vainqueur. La récompense sera remise le samedi 13 octobre pendant le festival Quai […]

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Prix Ouest France-Quai des Bulles 2018 : les 5 finalistes. Après une concertation, le comité de sélection du Prix Ouest-France BD a choisi les cinq albums finalistes. C’est au jury de lecteurs du quotidien que reviendra la lourde tâche de désigner le vainqueur. La récompense sera remise le samedi 13 octobre pendant le festival Quai des Bulles à Saint-Malo (du 12 au 14/10/18). Le prix est accompagné d’un chèque de 2000€ ainsi que d’une campagne de publicité dans Ouest-France. Tous les albums ont été chroniqués par la rédaction Comixtrip.

Prix Ouest France-Quai des Bulles 2018 : les 5 finalistes

De plus, le prix Révélation 2018 de l’ADAGP/Quai des Bulles a été attribué à Aniss El Hamouri pour sa bande dessinée Comme un frisson (Vide Cocagne). Lire notre chronique de l’album.

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Perdy, volume 1 https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/perdy-kickliy-dargaud/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/perdy-kickliy-dargaud/#respond Thu, 20 Sep 2018 08:58:57 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=52847 Alors qu’elle sort de prison, Perdy tente de retrouver Rose, sa fille qui l’a rejeté. Héroïne hors-norme, cette cow-girl ne se laisse pas marcher sur les pieds. L’américain Kickliy dévoile le premier volume d’un western singulier qui envoie du lourd ! Sortie de taule Après plusieurs années derrière les barreaux, c’est le grand jour pour […]

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Alors qu’elle sort de prison, Perdy tente de retrouver Rose, sa fille qui l’a rejeté. Héroïne hors-norme, cette cow-girl ne se laisse pas marcher sur les pieds. L’américain Kickliy dévoile le premier volume d’un western singulier qui envoie du lourd !

Sortie de taule

Après plusieurs années derrière les barreaux, c’est le grand jour pour Perdy : elle sort de taule ! Son comportement étant exemplaire, elle n’a pas besoin d’aller jusqu’à la fin de sa peine. Cow-girl singulière qui jure à tous les vents, n’a pas froid aux yeux et n’hésite pas à se bagarrer avec les hommes. D’ailleurs, elle a fait son effet dans les geôles de la prison. Tout le monde est tombé sous charme. Etonnant !

A peine dehors, elle se rend chez Micky, le tenancier d’un magasin général, pour récupérer une moitié de carte (un trésor ?). Toujours affublée de sa tenue de bagnarde, elle ne passe pas inaperçue. Elle vole même un cheval en pleine nuit.

Alors qu’elle arrive à l’endroit indiqué par la carte, elle ne retrouve pas son bien parce qu’une maison a été construite sur le lieu même.

Retrouver Rose

Après s’est lavée et mieux habillée, Perdy enfourche un nouveau canasson direction Petiteville où elle compte bien retrouver Pétunia-Rose, sa fille qui l’a rejetée.

Loin de sa mère envahissante, la jeune femme soigne son apparence : bottes, longue robe et chapeau. Elle ne veut pas du tout lui ressembler. Fleuriste de Petiteville, sa boutique a énormément de succès et prospère. Les hommes se pressent pour acheter des fleurs, un prétexte surtout pour la voir.

Comment Rose va-t-elle réagir en voyant revenir Perdy, cette mère indigne qui ne s’est jamais vraiment occupée d’elle ?

Perdy : un western culotté

Loin de la chaleur de l’univers animalier de sa sublime série Musnet (Dargaud) où il disait tout l’amour qu’il avait pour la peinture et Monet, Kickliy prend ses lecteurs à revers avec Perdy, un western culotté ! On est loin du téléfilm La petite maison dans la prairie. Perdy est donc un western à des années-lumière des clichés du Far West hollywoodien.

Le genre étant quasiment patriarcal (en livre, série, roman et bande dessinée) – hormis Calamity Jane ou Mondo Reverso (Le Gouëfflec et Bertail, Fluide Glacial) – voilà le premier effet de l’auteur américain : mettre en lumière, une femme. Cow-girl qui n’a pas sa langue dans sa poche – elle jure tout le temps – qui possède un accent à couper au couteau et très grossier, Perdy n’a peur de personne. Sa personnalité hors-norme, y compris physique, elle en joue pour soumettre tous les hommes qui se dressent sur sa route. Sexe, violence, armes, jurons et rock’n’roll voilà ce que pourrait être sa devise. L’humour est donc omniprésent dans ce premier volet de diptyque par cette personnalité singulière.

Le duo qu’elle forme avec Rose est explosif ! Kickliy imagine à Perdy, une fille, son exact contraire. Rose (elle préfère ce prénom à Pétunia) est élégante, éduquée et aimerait être aimée d’un homme pour vivre le restant de sa vie avec lui.

Une histoire d’une folle liberté

Féministe, Perdy est surtout une histoire d’une folle liberté. Les deux femmes ne veulent pas que les hommes leur dictent leurs lois. Le récit de Kickliy est libre, volubile et virevoltant comme ses deux héroïnes.

Comme le veut son histoire, le dessin de l’auteur américain est lui aussi très lâché, ne se souciant pas de petits détails dans les décors. Il faut être efficace sur les personnages et leurs émotions. Son découpage est vif et ses protagonistes toujours en mouvement.

Perdy : un premier volume original, virevoltant et joyeusement fou ! Un western hors-norme dans tous les sens du terme !

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Une île et des colons au bord du chemin qui marche https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/une-ile-et-des-colons-au-bord-du-chemin-qui-marche/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/une-ile-et-des-colons-au-bord-du-chemin-qui-marche/#respond Tue, 18 Sep 2018 10:14:24 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=52689 Une île et des colons au bord du chemin qui marche. L’histoire (passionnante) des débuts du Québec est plutôt mal connue. Dans « 1642 », appuyés par des historiens, trois auteurs la mettent en images. Nations autochtones Tiens, on va voir si les aficionados de Comixtrip sont de bons connaisseurs du Vieux Monde. Parmi les noms suivants, […]

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Une île et des colons au bord du chemin qui marche. L’histoire (passionnante) des débuts du Québec est plutôt mal connue. Dans « 1642 », appuyés par des historiens, trois auteurs la mettent en images.

Nations autochtones

Tiens, on va voir si les aficionados de Comixtrip sont de bons connaisseurs du Vieux Monde. Parmi les noms suivants, lesquels vous parlent (plus ou moins) : Kishesipirinis ; Anishnabeggs ; Wendats ; Algonquins ; Onondagas ; Abenakis ; Cris ; Montagnais ; Mohawks… allez, on termine par le plus facile parce que le dernier… Mohicans.

Yes ! Tous ces noms fort complexes à nos oreilles sont ceux des Nations indiennes. Ces peuples libres qui vivaient de part et d’autre d’un cours d’eau qu’ils nommaient Magtogoek, « le chemin qui marche » et que les premiers arrivants baptiseront le Saint-Laurent. C’est une époque où le Québec n’était que le Kébek et où après que le sieur Cartier ait conquis ce territoire (en 1534 et c’est lui qui le baptisa « Canada ») au nom d’un roi là-bas à Versailles, il était devenu la Nouvelle-France, hérissée de quelques fortins plus ou moins bien défendus par quelques nobliaux, des paysans, et des religieux venus évangéliser ces « sauvages ».

Période mal connue (voire inconnue) que celle des débuts de la colonisation française en terre hostile, où les « guerres indiennes » vont durer six longues années jusqu’à la cessation des hostilités entre le royaume et les nations autochtones par un traité de paix en bonne et due forme signé le 4 août 1701.

Une île et des colons au bord du chemin qui marche : deux albums sur la création de Québec

C’est ce que racontent deux albums (publiés tous les deux chez Glénat-Québec) qui ont la particularité de tracer la même histoire mais sous deux angles différents. Autre particularité, ce sont les mêmes auteurs qui signent les deux ouvrages, si ce n’est que pour le second, François Lapierre et Maud Tzara  se sont adjoints un autre dessinateur, Jean-Paul Eid. François Lapierre n’est évidemment pas un inconnu de ce côté de l’Atlantique puisqu’il a été pendant de nombreuses années le coloriste de Régis Loisel notamment pour la célébrissime Quête de l’Oiseau du temps et le non moins célébrissime Magasin Général qui se déroule, comme chacun sait… au Québec, où vivait Régis avant qu’il ne revienne s’installer dans le Loir-et-Cher.

Il y a deux noms de tribus qui résonnent davantage et qui ne sont pas cités au début de ce texte mais qui sont les plus importants dans cette histoire : les Hurons (c’est le nom que les Français donnaient aux Wendats) et les Iroquois (la nation iroquoise a elle seule comportait plusieurs peuples différents).

Ennemis mortels puisque les seconds détruiront les premiers quasi totalement en 1650 et qui seront alliés ou adversaires des « Montréalais » qui essayent de survivre sur cette île, au milieu du grand fleuve, qui ne se nomme à l’époque que Ville-Marie.

Ville-Marie fondée par une cinquantaine de pionniers en 1642, Ville-Marie dont le nom indien était Osheaga.  D’où les titres de ces deux albums : Osheaga qui est plutôt la version côté Indien avec de violentes et superbes (graphiquement) batailles entre tribus à coups de casse-tête, de haches, de couteaux voire de mousquets ; et Ville-Marie qui égrène cette même aventure des deux héros, le petit Français, Gauthier et ses amis l’Algonquin Askou et le Huron Tekola avec les trahisons, les massacres et les peines d’amour qui émaillent ce travail de fiction certes, mais largement ancré dans la réalité de la naissance, dans la douleur, du Canada francophone.

Ce n’est d’ailleurs pas une surprise de voir les remerciements adressés par les auteurs à des historiens patentés au nombre desquels un chercheur d’origine poitevine qui prépare un document sur un Iroquois, fait prisonnier par les Français et qui sera condamné aux galères et transféré avec d’autres Indiens à Marseille avant de revenir se battre en Nouvelle-France aux côtés des troupes royales.

Il y a encore probablement du grain à moudre et d’étonnantes découvertes à faire dans ce Nouveau monde (vendu aux Anglais en 1763 !) dont l’exploration n’est manifestement toujours pas terminée. Palsambleu !

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Le dernier lapon https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/le-dernier-lapon/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/le-dernier-lapon/#respond Tue, 18 Sep 2018 09:35:54 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=52708 Un cadavre retrouvé avec ses oreilles découpées et un tambour chaman volé, voilà comment un petit village de la Laponie se retrouve sans dessus-dessous. Deux policiers sont dépêchés pour tenter de résoudre ces deux affaires. Sont-elles liées ? Javier Cosnova et Toni Carbos adaptent en bande dessinée le roman de Olivier Truc, Le dernier lapon, […]

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Un cadavre retrouvé avec ses oreilles découpées et un tambour chaman volé, voilà comment un petit village de la Laponie se retrouve sans dessus-dessous. Deux policiers sont dépêchés pour tenter de résoudre ces deux affaires. Sont-elles liées ? Javier Cosnova et Toni Carbos adaptent en bande dessinée le roman de Olivier Truc, Le dernier lapon, une formidable double enquête au pays des Sami.

Vol d’un tambour sami ancestral

Kautokeino en Laponie centrale, de nos jours. Dans la petite ville c’est la stupeur : un tambour multi-séculaire sami a été volé. Objet chamanique d’une rare importance, il n’en reste plus que 71 dans le monde.

Arrive alors au commissariat, Nanga Klemet, un policier lapon, le seul de la brigade. Il suppose que ce tambour a une grande valeur. Volé lors d’un transfert vers le musée de la ville, l’objet attise depuis longtemps les convoitises. Il est à noter qu’une conférence de l’ONU sur les populations autochtones se déroulera à Kautokeino dans trois semaines : une mauvaise publicité pour la ville que ce vol.

Le commissaire confie l’enquête à Rolf, son bras-droit peu avenant, tandis que Klemet et sa collègue Nina – ils font partis de la brigades de police des troupeaux de rennes – seront en renfort.

Une tension de tous les instants

Enfourchant leurs scooters des neiges, Nina et Klemet se rendent sur les lieux d’une manifestation sami. La tension est à son comble depuis le vol. Les manifestants pensent que le policier lapon est le seul à comprendre l’importance du tambour.

Le rassemblement est interrompu par le pasteur de la commune qui est bien décidé à passer pour se rendre dans son temple. Il faut dire que l’homme de foi ne porte pas dans son cœur les Sami et les peuples autochtones.

Après un tour au musée pour constater les dégâts, le duo de policiers se rend chez Mattis, un éleveur de rennes dont le père était chamane, pour lui poser des questions. Là-bas, Nina et Klemet retrouvent Rolf. Un peu plus loin, ils découvrent le corps sans vie du Lapon, les oreilles découpées…

Le dernier lapon : une roman multi-récompensé

Le dernier lapon est le premier roman d’un trilogie de Olivier Truc, journaliste et correspondant à Stockholm pour Le Monde. Documentariste pour la télévision, il est spécialiste des sujets de sociétés des pays nordiques et baltes.

Polar haletant et accrocheur, Le dernier lapon sera auréolé d’une vingtaine de récompenses dont notamment le Prix Quai du polar, le Prix mystère de la critique ou encore le Prix Michel-Lebrun. C’est un succès critique et public immédiat. Le titre sera suivi de Le Détroit du Loup en 2014 et La Montagne rouge en 2016.

Si Olivier Truc avait participé à l’élaboration du scénario de la série Infiltrés (avec Sylvain Runberg et Olivier Thomas), il n’en n’est rien pour Le dernier lapon. C’est Javier Cosnova (Insoumises avec Ruben del Rincon) seul qui s’est chargé de l’adaptation dessinée.

Une magistrale double-enquête

En choisissant de dérouler son récit au centre de la Laponie au moment où le soleil ne fait qu’une timide apparition par jour (27 minutes, entre 11h14 et 11h41), Olivier Truc apporte du suspense à son histoire. Cette ambiance propice au mystère est amplifiée par le vol du tambour couplé au meurtre chez les Sami.

Peuple ancestral autochtone, il ne reste que peu de représentants de Sami. Pourchassés par l’Eglise protestante depuis des siècles, ces femmes et ces hommes font aussi l’objet de menaces racistes de la part des Norvégiens, comme le lecteur peut le voir dans l’album par les personnages du commissaire, de Rolf ou l’un des membres du parti populiste. Cette entité d’extrême-droite ne veut pas entendre parler des Sami, qui ne seraient que des voleurs avinés. Un écho fort à la poussée extrémiste du Parti des Démocrates de Suède le week-end dernier. Ces pays nordique d’accueil et de tolérance se referment sur eux, comme ceux plus au Sud ou à l’Est de l’Europe.

Ce racisme aux yeux de tous est aussi mis en lumière par le passé du tambour – des flashbacks sont visibles dans l’album – qui permettent aussi aux lecteurs de découvrir une civilisation nomade fascinante. Par l’enquête de Nina et Klemet, ils peuvent aussi observer la vie parfois rude des éleveurs de rennes au milieu de la toundra enneigée. Ces retours sur le passé mettent aussi en lumière une expédition de Paul-Emile Victor, l’explorateur français.

Ajouter à cela l’assassinat de Mattis, l’éleveur sami, dont les oreilles ont été découpées méthodiquement et l’on obtient une double-enquête passionnante. Les freins et les obstacles sont nombreux (Rolf, le commissaire ou le Français venu travailler dans une exploitation minière, richesses inexploitées du sous-sol) et les pouvoirs du duo de policiers sont limités mais leur envie les comble.

Un dessin agrémenté de belles teintes de bleu

Illustrateur et dessinateur espagnol, Toni Carbos réalise de magnifiques planches aux teintes bleutées. Si en France, une seule de ses bandes dessinées a été publiée (Monsieur Levine, avec Cosnava, Sarbacane en 2015), il est à la tête de nombreux albums en langue espagnole. Avec Javier Cosnava, il a obtenu plus d’une trentaine de prix pour ses bandes dessinées.

Si son trait rond et un peu gros-nez peuvent surprendre au début de la lecture – par rapport à un polar – le lecteur se range rapidement à ses côtés. Les couleurs grises et bleues apportent aussi du suspense à ce récit de grande qualité.

Le dernier lapon : 168 pages de polar en Norvège, au pays des Sami, entre vol et meurtre. Une superbe adaptation d’un succès littéraire de Olivier Truc.

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La farce des Hommes foudre https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/la-farce-des-hommes-foudre/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/la-farce-des-hommes-foudre/#respond Mon, 17 Sep 2018 08:56:15 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=52657 Européen venu au Népal, Albertus prend fait et cause pour le peuple tibétain dans la guerre qu’il l’oppose à l’envahisseur chinois à la fin des années 50. Il prendra même les armes pour lutter avec des cavaliers nomades. Etonnante aventure historique et politique, La farce des Hommes foudre est signée Loïc Verdier et Matthieu Alexandre […]

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Européen venu au Népal, Albertus prend fait et cause pour le peuple tibétain dans la guerre qu’il l’oppose à l’envahisseur chinois à la fin des années 50. Il prendra même les armes pour lutter avec des cavaliers nomades. Etonnante aventure historique et politique, La farce des Hommes foudre est signée Loïc Verdier et Matthieu Alexandre aux éditions Casterman.

De Katmandou…

Février 1959. Accompagné de quelques amis, Albertus – artiste et dessinateur – est venu à Katmandou pour un trip sur le toit du Monde. Lorsque l’on fume, cela altère sa capacité de réflexion et les esprits viennent rapidement à s’échauffer dans ce petit groupe.

Alors qu’il se rend chez un Indien pour acheter du bicarbonate, Albertus a une étrange vision, la même que dans son dernier rêve nocturne, celle d’une cavalière armée donnant l’assaut contre des envahisseurs.

Alors qu’il tente de discuter avec elle, la jeune femme sort précipitamment du troquet. Albertus la suit et la retrouve dans une maison, énervée contre son hôte. Il est alors interpellé par un grand gaillard qui l’entraine à l’intérieur.

Mais des soldats chinois sont annoncés et tout ce petit monde doit déguerpir. Pas le temps de faire de sentiments, le dessinateur doit partir avec eux.

… aux steppes de l’Himalaya

La fuite se déroule à cheval sur les contreforts de l’Himalaya. Albertus ne se sent pas bien, le mal des montagnes le fait même divaguer. Après une nuit sous tente et un tisane pour guérir, le jeune Européen peut enfin se tenir droit sur sa monture.

Sanké et Dolma – la femme du rêve – ne sont pas d’accord sur la suite à donner à Albertus. Cette dernière souhaite s’en débarrasser, tandis que le premier pense qu’il pourra toujours « servir ».

Le dessinateur apprend alors que ces cavaliers font partis des Khampas, une tribu nomade en rébellion contre l’autorité chinoise. Ces Hommes foudre aimeraient lui reprendre le Tibet.

Après des jours de trajet, les cavaliers arrivent enfin au campement et Albertus est accueilli dans la tente du chamane de la tribu qui décidera bientôt de son sort…

La farce des Hommes foudre : très belle aventure en Himalaya

Imaginée avec Matthieu Alexandre, l’histoire de La farce des Hommes foudre plait dès les premières pages. Ce récit prenant et haletant glisse d’un trip à Katmandou à une vraie course-poursuite entre les Khampas et les Chinois.

En choisissant d’incarner cette guérilla  par Albertus, un jeune Européen, cela permet au duo de scénaristes de lui faire jouer le rôle de Candide, de faire comprendre aux lecteurs les tenants et les aboutissants de cette lutte armée. Arrivé dans cette tribu parce que certains pensaient qu’il était un espion, il se rend indispensable aux Khampas et devient alors un frère de lutte. Artiste en recherche d’inspiration sous herbes illicites, gentil et sans prétention, il s’avérera un allié loyal à Dolma et ses compagnons.

Depuis que le Tibet a été envahi et que le Dalaï-Lama a pris la route de l’exil vers Lhassa, les combats sont acharnés. Si les forces semblent très déséquilibrées – char et mitraillettes pour les Chinois, chevaux et vieux fusils pour les Khampas – le terrain montagneux est un allié solide pour les Hommes foudre. Ajouter à cela une aide financière et logistique de la part de la CIA pour ces cavaliers nomades et les rapports pourraient s’inverser.

D’une grande justesse, La farce des Homme foudre est fondé sur une solide documentation. Les relations dans la tribu sont bien campées. Cette très belle fiction romanesque est aussi une ode à toutes les personnes qui luttent dans le monde contre des régimes dictatoriaux et ceux qui aimeraient soulever le joug d’un envahisseur.

Le souffle épique jusque dans le dessin

Par son passé de globe-trotteur (Pakistan, Abu Dhabi, Singapour et Hong-Kong) Loïc Verdier sent et restitue admirablement les ambiances du bout du monde. Si La force des Hommes foudre est sa première bande dessinée, il imprime beaucoup d’énergie dans ses planches, comme le veut cette aventure qui glisse vers la course-poursuite en montagne.

Ses cadrages en plongée ou contre-plongées pour donner de la profondeur et de la hauteur à ses décors montagneux sont impeccables et efficaces. Il prête aussi une grande attention dans les scènes en vis-à-vis, notamment entre Dolma et Albertus. Au-delà de la lutte, il y a aussi une belle histoire d’amour qui se noue entre ses deux personnages.

La farce des Homme foudre : une superbe aventure romanesque faite d’amour, d’humour et de luttes. Un beau moment de lecture !

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Je vais rester https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/je-vais-rester/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/je-vais-rester/#respond Sun, 16 Sep 2018 19:00:54 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=52297 Avec Je vais rester (Rue de Sèvres), Lewis Trondheim et Hubert Chevillard imaginent un dramatique fait divers pour dresser le portrait d'un personnage sensible et attachant.

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On adore, lorsque l’on part en vacances estivales, emmener de quoi flâner au bord de la mer ou dans son hamac à l’ombre d’un soleil radieux. Et si on a eu la bonne idée d’emporter dans ses bagages cette petite pépite qu’est Je vais rester, on aura eu peut-être l’inconscient réflexe de regarder autour de nous, lors d’une promenade le long d’un quai. Pour cette association inédite, Lewis Trondheim & Hubert Chevillard nous parlent d’un couple fraîchement débarqué à Palavas. Roland a tout prévu pour que Fabienne et lui passent un séjour parfait. Tout, sauf ce qu’il ne pouvait pas présager.

DES VACANCES AU DRAME

Une semaine de vacances pour profiter de Palavas-les-Flots. Voilà ce qui attend Fabienne et Roland. Avant d’arriver à la résidence des Acacias, ils prennent le temps de déambuler le long des quais. Il fait beau, le vent souffle. Et en un instant, ils vont se retrouver dans la rubrique faits divers du journal local. Le destin qui les a fait arriver trop tôt pour accéder à leur location, aura la lourde conséquence de laisser Fabienne livrée à elle-même. Roland a perdu la tête… et une question demeure. Fabienne pourra t-elle relever la sienne face à la violence inouïe qu’elle vient de subir ?

Quatre. c’est le nombre de fois où l’on verra le visage de Roland dessiné sur une case. Bien qu’il disparaisse dès la quatrième planche, sa présence ne cessera de planer dans ce roman graphique qu’est Je vais rester. Et pour cause, on s’aperçoit, tout au long de l’histoire, que ce séjour en amoureux avait été minutieusement préparé par le compagnon de Fabienne. En témoigne cet agenda où il avait tout noté. Jusqu’à l’ultime soirée au restaurant, Roland n’avait absolument rien laissé au hasard.

JE VAIS RESTER ENCORE UN PEU AVEC TOI

D’abord stoïque, puis totalement démunie lorsque un agent de police lui énonce les procédures habituelles, Fabienne va prendre sa décision en un instant. Dès lors qu’elle aura répondu à un appel téléphonique, elle sait qu’elle va rester. Là où tant de personnes auraient fui ce cadre idyllique devenu le théâtre d’un horrible événement. Est-ce du déni, du courage, de l’inconscience ? Certainement un mélange de tout ça, au début.

Mais, lorsque les pages se dévoilent une à une, subsiste cette sensation beaucoup plus poétique autour du comportement de Fabienne. Si l’on s’attarde sur ses occupations, que ce soit les promenades, lorsqu’elle emprunte le transcanal, ou même lorsqu’elle s’assoit sur un banc public, la présence de Roland à ses côtés est évidente. Accompagnée du mémorandum de son compagnon, elle se laissera porter et ne donnera place qu’à une rencontre inopinée. Voire deux. Celle avec cet étrange mais tendre collectionneur Paco, mais aussi avec un chien…

DEUX AUTEURS POUR UNE BELLE COHÉSION

Lewis Trondheim délivre dans Je vais rester, une histoire d’une belle authenticité. Partant d’un drame qui, à l’image des touristes qui s’agglutinent autour, pourrait n’être qu’un malheureux épisode estival que les vacanciers ramèneraient dans leurs souvenirs, devient une formidable quête existentielle. Imaginer son héroïne bouleverser les codes légitimes de la femme éplorée, et la voir faire son deuil en respectant le programme imaginé par Roland, forcent l’admiration du lecteur. Bien plus encore, le scénariste permet cette idée que, malgré l’absurdité de certaines séquences de notre vie, nous pouvons choisir comment la recevoir. Soit en la subissant ou en la contrôlant.

Que dire du coté graphique réalisé par Hubert Chevillard.  Dès la première page, on sent la brise sur nos joues. Souvent découpées en gaufriers, ses planches ne possèdent aucune surcharge. Allant à l’essentiel, il donne tout à ses personnages. L’exemple de Fabienne est le plus significatif. Le visage de ce personnage est plusieurs fois dessiné avec deux billes rondes pour les yeux et des sourcils très hauts. Non sans rappeler un célèbre héros de bande dessinée, H. Chevillard donne une multitude d’expressions à la protagoniste du récit. Alors même que ses traits ne laissent rien paraître. Si on s’attarde sur les quelques dessins pleine page ainsi qu’à une colorisation remarquable selon le moment relaté, le dessinateur prouve qu’il s’est complètement approprié l’ambiance de Je vais rester.

Au final, le duo Trondheim/Chevillard délivrent une jolie intrigue qui fonctionne du début à la fin. Nous avons eu, nous aussi, envie de rester avec Roland jusqu’au bout des vacances…

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Panique au zoo https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/panique-au-zoo/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/panique-au-zoo/#respond Fri, 14 Sep 2018 08:41:11 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=52236 C’est la panique au zoo du Chanoine : les animaux sont victimes de mutations génétiques. Les deux détectives, Le Poulpe et Castor Burma, sont dépêchés pour tenter de résoudre cette mystérieuse affaire. Frédéric Bagères et Marie Voyelle content leurs péripéties dans Panique au zoo, un excellent polar animalier, très drôle. Mutations génétiques inexpliquées Le zoo […]

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C’est la panique au zoo du Chanoine : les animaux sont victimes de mutations génétiques. Les deux détectives, Le Poulpe et Castor Burma, sont dépêchés pour tenter de résoudre cette mystérieuse affaire. Frédéric Bagères et Marie Voyelle content leurs péripéties dans Panique au zoo, un excellent polar animalier, très drôle.

Mutations génétiques inexpliquées

Le zoo du Chanoine est unique en son genre, ce sont ses occupants qui le gèrent au quotidien. Aujourd’hui, c’est l’effervescence. Le Directeur, un oryctérope à lunettes, reçoit les deux célèbres détectives privés, le Poulpe et Castor Burma. Il souhaite les engager pour enquêter sur les mutations inexpliquées qui touchent certains pensionnaires ces derniers mois : des loutres transformées en loutre-épics, des oursins polaires, un serpent-pie-thon pour n’en citer que quelques-unes. Un vrai méli-mélo de poils, de plumes et d’écailles ! Le Directeur compte sur tous pour aider les détectives à élucider ces mystères. Le Poulpe et Castor Burma vont alors rencontrer une-à-une chaque victime et pénétrer dans les coulisses de ce zoo atypique.

Panique au zoo : un joli méli-mélo de policier et d’humour

Frédéric Bagères (auteur de Vendangeur de Paname, 2018) nous plonge dans une intrigue policière menée de mains de maître par le Poulpe et Castor Burma en référence à la collection littéraire qui suit les aventures de Gabriel Lecouvreur dit «Le Poulpe» et du célèbre détective Nestor Burma de Léo Malet. Tout y est : les fausses pistes, les coupables qui n’en sont pas, les déductions logiques …

Le scénariste, bien aidé par la dessinatrice Marie Voyelle (dessinatrice de Une journée avec Bérangère Krief et de la série C’est pas toujours pratique d’être une créature fantastique), nous livre une bande dessinée pleine d’humour jouant sur tous les registres du comique :

  • Avec des «surnoms stupides» pour les drôles de créatures mutantes et des jeux de mots, tel que ce chef de cuisine raton-« laveur» maniaque du lavage…
  • Avec des situations burlesques concernant par exemple le chef de la sécurité du zoo du groupe des gorilles ;
  • Avec les mimiques, les grimaces, l’ambiance …. des dessins de Marie Voyelle mis en valeur par les couleurs de Jérôme Alvarez

L’intrigue est aussi un prétexte pour nous faire découvrir des personnages tous plus caricaturaux les uns que les autres et nous faire réfléchir sur l’identité, sur le monde de l’entreprise, les luttes de pouvoir ou la vie en communauté. Chaque entretien évoque un aspect particulier de la vie en société.

Panique au zoo : une intrigue policière très réussie, emplie d’humour, portée par un dessin très expressif. A lire sans modération par toute la famille.

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L’âge d’or https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/lage-dor/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/lage-dor/#respond Thu, 13 Sep 2018 09:56:13 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=52532 Petit bijou narratif et graphique, L’âge d’or est sans nul doute l’une des plus belles bandes dessinées de cette rentrée. Roxanne Moreil et Cyril Pedrosa imaginent une somptueuse fable médiévale entre complots, tensions et combats épiques. Formidable chanson de geste féministe, elle emporte le lecteur dans un âge sombre du Moyen-Age. Sublime ! Tilda promise […]

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Petit bijou narratif et graphique, L’âge d’or est sans nul doute l’une des plus belles bandes dessinées de cette rentrée. Roxanne Moreil et Cyril Pedrosa imaginent une somptueuse fable médiévale entre complots, tensions et combats épiques. Formidable chanson de geste féministe, elle emporte le lecteur dans un âge sombre du Moyen-Age. Sublime !

Tilda promise au trône

Dans des temps troublés où la faim est présente chez les plus démunis, le roi Armand est au crépuscule de sa vie. A son chevet, Tilda sa fille aînée est désignée comme sa successeure au trône. Cette désignation n’est pas du goût de tout le monde, notamment des plus anciens conseillers de Armand mais aussi son épouse.

Il faut dire que la future reine est plus au fait des sujets du royaume et de leurs difficultés du quotidien. Elle recadre là un seigneur voulant encore augmenter les impôts sur ses terres, là des conseillers trop présents.

Jeune adulte à la santé fragile, elle a souvent prise d’étourdissements mais elle peut compter sur Tankred et Bertil, ses deux fidèles alliés. Ce dernier la connait depuis sa tendre enfance où ils aimaient s’amuser dans les jardins du château.

Tilda expulsée du château

Alors que tous les seigneurs ont été invités au sacre de la reine, Tilda vient se recueillir devant la dépouille de son père.

« Calmez-vous ma sœur… Posez cette dague derrière laquelle vous êtes bien seule, je le crains et agenouillez-vous devant votre roi. »

Tous les vassaux viennent de prêter allégeance au frère de Tilda. Ce complot fomenté par sa propre mère déstabilise la reine déchue. Le nouveau roi étant trop jeune, le royaume est confié à un régent jusqu’à ce que le souverain soit capable de régner seul.

Tilda est alors jetée dans un carrosse-prison afin d’être bannie du royaume. Mais c’était sans compter sur la loyauté de Tankred et Bertil, venus la sauver. Après un combat sanglant, la jeune femme est libérée mais fortement blessée. Le trio emprunte alors les chemins de l’exil…

L’âge d’or : sublime fable médiévale

Si l’on peut lire L’âge d’or comme une épopée médiévale classique, le récit imaginée par Roxanne Moreil regorge de mille et une thématiques et c’est cela qui plait à sa lecture. Pour son premier scénario, l’ancienne étudiante en Histoire des Arts et ex-libraire, touche juste. Le lecteur le sent, cet album a connu une longue maturation pour connaître sa forme définitive.

Les mots sont recherchés et pesés, la documentation solide. La scénariste – elle coprésida la Maison Fumetti – propose un vrai livre politique. Si l’intrigue se déroule dans un Moyen-Age non-daté, les échos sont très actuels. L’âge d’or est une fable sur le pouvoir, les complots et les trahisons.

Dans une interaction permanente avec son compagnon – il a aussi participé au scénario – Roxanne Moreil utilise ce coup d’état pour parler de féminisme. En effet, dans le royaume de France, il était impossible pour une femme d’accéder au trône (la fameuse loi salique qui réglemente la succession au Trône de France, écartant les femmes). Les codes sont alors inversés dans L’âge d’or faisant d’une très jeune femme, l’héritière. En étant bannie, elle devient alors l’héroïne de ce premier opus. Malgré une santé chancelante, le lecteur la découvre forte, engagée, prête au sacrifice et véritable meneuse d’hommes. Nous pouvons donc la qualifier de « preuse chevaleresse ».

L’âge d’or : donner la parole aux femmes et aux plus pauvres

Si la religion catholique – ici absente pour ne pas brouiller le récit – a régenté la vie des Hommes; elle a surtout  imposé le patriarcat à la société; les femmes étant voué à la procréation et à la tenue du foyer. Dans les hautes sphères de la société, cela était moins oppressant, certaines étaient lettrées. La reine déchue est ainsi le symbole de rébellion au pouvoir des hommes. Sans trop en dévoiler, la communauté de femmes qui recueille Tilda et ses deux fidèles chevaliers, est elle aussi un endroit étonnant; un lieu de vie paisible et de savoirs.

Donner la parole aux femmes était donc central dans L’âge d’or. Cette fable très politique mais d’une rare justesse fait aussi la part belle aux plus démunis. Les scènes des trois pauvres hères confirment cette volonté des deux auteurs de leur rendre honneur. Il faut dire que les guerres, la famine et les épidémies ne les ont pas épargné. Si Tilda semble proche du bien-être de ses sujets, cela semble encore qu’une utopie tant le pouvoir seigneurial est fort. L’on pense aussi aux révoltes de paysans au Moyen-Age dans certaines campagnes françaises, réprimées dans le sang par les seigneurs locaux.

De la force de la partie graphique

Lorsque que le lecteur prend en main l’album, tout de suite il est subjugué par une partie graphique de haut vol dévoilée par Cyril Pedrosa. Après Auto-bio, Sérum ou les superbes Les Equinoxes et Portugal, l’auteur natif de Poitiers confirme son statut de très grand dessinateur avec L’âge d’or.

Ancien élève de l’Ecole des Gobelins et intervalliste aux studios Disney (sur le Bossu de Notre-Dame puis Hercule), cela se ressent dans ses merveilleuses pages. Cet enrichissement professionnel lui permet d’imprimer beaucoup de mouvements à ses personnages, notamment dans les scènes de combats ou parfois dans leur cheminement intra-vignette comme le faisait admirablement Fred.

Nous le connaissions formidable coloriste, cela se confirme avec ce premier tome. Il élève encore le niveau de son dessin et de ses couleurs. Il s’est inspiré de tissus, de fresques et de tapisseries médiévales pour réaliser ses planches. Il y a aussi un travail proche des enluminures ou encore des Très riches heures du duc de Berry. D’abord traitées à l’encre, ses planches sont rehaussées par des couleurs sous Photoshop. Par ce magnifique travail, le lecteur ressent même les matières des costumes ou des arbres de la forêt.

Après ce premier volume absolument merveilleux, l’on a hâte de découvrir la suite et la fin de L’âge d’or, un diptyque qui démarre de façon magistrale. Puissant, passionnant et fascinant !

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Kimi le vieux chien https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/kimi-le-vieux-chien/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/kimi-le-vieux-chien/#respond Tue, 11 Sep 2018 09:48:32 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=52447 Etre seul n’est jamais facile, encore plus lorsque l’on est au crépuscule de sa vie. Kimi le vieux chien parcourt la campagne pour trouver là de la nourriture, là un endroit pour se reposer. Nylso raconte son périple entre nostalgie et philosophie dans ce superbe roman graphique édité par Misma. Encore une grande bande dessinée […]

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Etre seul n’est jamais facile, encore plus lorsque l’on est au crépuscule de sa vie. Kimi le vieux chien parcourt la campagne pour trouver là de la nourriture, là un endroit pour se reposer. Nylso raconte son périple entre nostalgie et philosophie dans ce superbe roman graphique édité par Misma. Encore une grande bande dessinée de Nylso !

A la recherche du réconfort…

Seul depuis que son maître est mort dans un accident de voiture précipitée au fond de l’océan, Kimi le vieux chien erre. Sa truffe lui faisant défaut et ses os lui faisant très mal, il n’a que deux buts : trouver de la nourriture et des endroits pour se reposer. Il quitte alors la ville et la maison où il a vécu plusieurs années pour cette nature qu’il arpente de long en large.

« Je passais tout mon temps à suivre mes désirs »

Ces longs moments de solitude lui permettent alors de réfléchir sur lui même et sur son passé doux et chaleureux chez son maître. « Je cherche un endroit pour dormir. Comment y parvenir quand on a perdu son ouïe ? Perdu sa raison d’être, sa vitesse, sa souplesse, perdu ses forces… Je m’endors n’importe où, là où je me trouve, dans un rayon de soleil, de préférence. »

… jusqu’au dernier soupir

Entre chagrin et désespoir, il traine sa vieille carcasse. Parfois quelques minutes de bonheur auprès d’un arbre, à manger un os, à observer une femelle lui redonne du courage et de la confiance pour repartir plus loin et découvrir autre chose.

Tel un pachyderme qui chercherait le cimetière des éléphants, Kimi le vieux chien marche inexorablement vers la fin de sa vie, le crépuscule d’une existence riche. Jusqu’à son dernier soupir, il pense et philosophe – son cerveau fonctionnant encore à merveille – dans cette nature qui sera son dernier écrin, sa vraie maison.

Kimi le vieux chien : une fin de vie précaire

Quel bonheur de lire une nouvelle bande dessinée de Nylso ! Comme il nous en avait parlé lors de notre entretien en juin dernier, cet album est avant tout un monologue intérieur où il se livre personnellement. Ces échanges autour de Gros ours et Petit lapin mais aussi sur Kimi le vieux chien nous avait mis l’eau à la bouche. Sans trop en dévoiler, l’auteur de Porsmeur (avec Marie Saur) avait ajouté : Je ne sais pas si cela fonctionne sur le public mais j’ai rarement eu autant de plaisir à finir un livre que dans ses conditions ».

Aidé dans ce nouvel album par son frère aîné, Nylso embarque son lecteur avec une grande aisance narrative. On est capté par ce long périple à travers la nature. Les mots sont pesés; l’écrit étant fondamental dans les récits de cet auteur singulier, intelligent et attachant. Pour raconter son histoire, qui de mieux que Kimi le vieux chien ! Avec la force du « je », il concerne tout son lectorat et entre dans l’intimité de cet animal en fin de parcours. Nous sommes dans le dénuement le plus total entre Kimi et lui même, dans une forme de vie précaire. Tout est simple, sans artifice.

Si parfois, le lecteur est à deux doigts de verser une larme, non sur l’apitoiement que l’on pourrait avoir pour Kimi – mais sur les émotions véhiculées et le miroir réfléchissant de sa propre existence. Il y a aussi des moments de grâce et d’humour – extrêmement subtil, qu’il faut aller chercher – pour donner un livre exceptionnel.

En choisissant le crépuscule d’une vie d’un animal – cela pourrait fonctionner pour un être humain – cela permet à Nylso de parler du temps qui passe, la solitude, l’abandon, le rejet, le fait de ne pas être un poids pour les autres plus vaillants, le corps qui vieillit et fait mal mais aussi de la mort. Ce personnage qui n’est pas très beau – arqué, sans flair ni ouïe – pourtant nous charme et devient aux yeux du lecteur un bel être. Il n’est pas défaitiste, juste nostalgique; sans avoir peur de la mort qu’il veut accueillir en simple amie.

Hymne à la nature

« Le matin quand je me lève, je fais cela : des traits, ça fait partie de l’hygiène et j’en ai besoin. C’est aussi une discipline mentale » parce que la particularité du dessin de Nylso, ce sont des hachures, des petits traits fins extrêmement rapprochés pour livrer des illustrations éblouissantes.

De Kimi le vieux chien, on voit que son pelage, quelques traits pour ses pattes et une truffe. Ce minimalisme donne pourtant toute sa force à ce personnage. D’ailleurs, c’est bien le seul de cet album, nul humain que quelques poissons, juste lui et la nature. Comme Gros ours et Petit lapin, Kimi se fond dans cette nature immense et quasi luxuriante. Arbres, fleurs, plantes ou rivière, il passe inaperçu comme s’il n’existait plus, comme s’il allait disparaître derrière un buisson.

Kimi le vieux chien : et si l’on prenait du temps pour regarder l’autre, celui qui est seul, celui qui part ?

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Darnand, le bourreau français https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/darnand-le-bourreau-francais/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/darnand-le-bourreau-francais/#respond Sun, 09 Sep 2018 19:00:49 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=52189 Le duo Bedouel et Perna poursuit son triptyque consacré à « Darnand, le bourreau français », l’un des personnages les plus sombres de l’histoire de l’Occupation. Une fiction très documentée qui explore sans concession la trajectoire de ces hommes perdus. UN HÉROS DES TRANCHÉES « Sous-officier d’élite, d’une bravoure hors pair, le sous-officier Darnand a été, en tout […]

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Le duo Bedouel et Perna poursuit son triptyque consacré à « Darnand, le bourreau français », l’un des personnages les plus sombres de l’histoire de l’Occupation. Une fiction très documentée qui explore sans concession la trajectoire de ces hommes perdus.

UN HÉROS DES TRANCHÉES

« Sous-officier d’élite, d’une bravoure hors pair, le sous-officier Darnand a été, en tout point, un serviteur modèle et un de nos artisans de notre victoire finale. C’est un beau brave ». Ainsi s’exprimaient en 1927 ceux qui remirent la légion d’honneur à Joseph Darnand pour ses faits d’armes pendant la Première Guerre mondiale. A cette époque, ce Darnand-là, « Jo » pour les intimes, est un héros des tranchées, ancien combattant de 14, issu d’une famille catholique aux origines modestes.

Et c’est dans ces tranchées où de part et d’autre les hommes n’étaient que chair à canon que Darnand se fit un nom. C’est dans ces tranchées encore, du côté des monts de Champagne que commence le triptyque Darnand, le bourreau français, écrit et dessiné par le duo Fabien Bedouel et Patrice Perna.

« JE SUIS UN SOLDAT »

Après Kersten, le médecin d’Himmler, remarquable diptyque paru chez Glénat en 2015, les auteurs retracent ici l’itinéraire d’un homme passé du statut de héros à celui de salaud, un des personnages les plus craints et les plus haïs de l’Occupation, devenu dès 1940 suppôt de Vichy puis dirigeant de la Milice, nommé en décembre 1943 secrétaire général au maintien de l’ordre après avoir en août de cette même année prêté serment à Hitler et s’être engagé dans la Waffen SS française.

Mais avant d’en arriver là, les deux premiers tomes montrent un Darnand batailleur, avec à ses côtés un certain Ange (ce dernier est un personnage de fiction), ancien compagnon d’armes recruté par la Résistance pour infiltrer la milice et convaincre Darnand de la quitter pour rejoindre le camp des Alliés. Londres et la France libre entrent dans le jeu des manipulations, tentant de rallier à elle l’ancien héros de 14. En vain. Echouant dans cette mission, Ange se verra confier la tache d’éliminer Darnand. Mais ce dernier ne se laissera pas fléchir. Droit dans ses bottes, il entend suivre ce qu’il croit être son destin.  « Je suis un soldat, je n’ai pas une âme de vendeur de meubles, disait-il. Les gars comme moi sont faits pour mourir à la guerre…. Pas pour vivre une existence de petit bourgeois. »

ENGAGÉ DANS UNE IMPASSE

Avec un scénario coupé au cordeau et des personnages forts, s’inspirant de faits réels, ajoutant des situations imaginaires, les auteurs rendent captivant un des épisodes les plus noirs de l’Occupation. Perna (Forçats, Morts par la France) a tissé un scenario qui ne connaît aucun temps mort, Bedouel (L’or et le sang) dessine des gueules et des décors très convaincants.

Joseph Darnand sera exécuté en octobre 1945, après avoir consacré jusqu’à l’infâme une partie de sa vie au service d’une cause qu’il croyait juste. A la fois traître et tortionnaire, comme ces quelques milliers d’hommes que compta la milice Française, Darnand incarne la figure du salaud, engagé dans l’impasse de la collaboration.

Les deux premiers tomes (parus chez Rue de Sèvres ) font revivre sous nos yeux ce bourreau français, non pas pour nous le rendre sympathique mais pour mieux comprendre, à quasiment un siècle de distance, comment un homme au comportement d’abord héroïque put basculer dans l’horreur. Le tome 3 apportera peut-être des réponses…

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Arcanum : deux âmes, un seul combat ! https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/arcanum-deux-ames-un-seul-combat/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/arcanum-deux-ames-un-seul-combat/#respond Sat, 08 Sep 2018 14:11:57 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=52413 Sur une Terre constamment attaquée par de mystérieuses créatures, seul le courage, la détermination et une arme hors du commun de quelques pilotes d’Arcanum en viendront à bout. Une série à la fois horrifique, passionnante et époustouflante. Arcanum vs Idra Depuis dix ans, des créatures d’un genre inconnu ont attaquées et entièrement dévastées la ville […]

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Sur une Terre constamment attaquée par de mystérieuses créatures, seul le courage, la détermination et une arme hors du commun de quelques pilotes d’Arcanum en viendront à bout. Une série à la fois horrifique, passionnante et époustouflante.

Arcanum vs Idra

Depuis dix ans, des créatures d’un genre inconnu ont attaquées et entièrement dévastées la ville de Washington D.C. Ces créatures sont appelées Idra, sont de tailles différentes mais sont incroyablement résistantes. Pour les combattre, l’humanité a réussi à concevoir une arme redoutable que l’on appelle Arcanum. Les Arcanum sont des armes pilotées à distance par des humains aux capacités extraordinaires. Courage, détermination et une connexion sans faille avec leur appareil est la clé du succès. Mais comme dans toute guerre, tout n’est pas rose.

Un choix crucial

Ilya Kravitz est un jeune garçon paralysé depuis ses 5 ans. Après avoir sombré dans la dépression, l’espoir d’une vie meilleure s’offre à lui un jour lorsqu’il assiste à un combat entre une Idra et un Arcanum. Pris de passion, il se rend compte que même les gens paralysés peuvent piloter ses armes puissantes et efficaces contre la menace qui pèse sur le monde. Ilya n’a plus qu’un seul but dans la vie, devenir pilote d’Arcanum. Sa sœur Anna le soutient au maximum, au point qu’elle va devoir faire un choix crucial dans sa carrière, pour exaucer le rêve de son petit frère…

Et ce choix est d’une importance capitale, et va être un tournant majeur dans l’histoire de ce garçon passionné et déterminé à devenir pilote d’Arcanum, jusqu’à risquer la vie de ses proches. Mais quel est ce choix déterminant ? Comment Ilya va-t-il parvenir à ses fins ? Vous en saurez plus en lisant le passionnant premier tome du triptyque Arcanum, de Erubo Hijihara aux éditions Dark Kana (Gleipnir, Last Pretender).

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Les rigoles https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/les-rigoles/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/les-rigoles/#respond Sat, 08 Sep 2018 08:10:48 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=52341 Découvert avec Les noceurs, le talentueux auteur belge, Brecht Evens propose Les rigoles, un nouveau formidable récit choral autour de la ville, le quotidien d’habitants lambda et de la fête. Sublime ! Brecht Evens : aquarelles et imaginaire au pouvoir Né en 1986 à Hasselt en Belgique, Brecht Evens est l’un des auteurs de bandes […]

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Découvert avec Les noceurs, le talentueux auteur belge, Brecht Evens propose Les rigoles, un nouveau formidable récit choral autour de la ville, le quotidien d’habitants lambda et de la fête. Sublime !

Brecht Evens : aquarelles et imaginaire au pouvoir

Né en 1986 à Hasselt en Belgique, Brecht Evens est l’un des auteurs de bandes dessinées les plus doués de sa génération. Après des études dans la prestigieuse Ecole Saint-Luc de Gand, il propose Les noceurs, son dossier de fin d’études à plusieurs éditeurs en 2010. Âgé de seulement 22 ans, son premier contrat , il le doit à Actes Sud BD. Tout de suite, les critiques et le public décèlent en lui un énorme potentiel narratif et graphique. Il obtient ses premiers prix pour ce premier ouvrage : le Prix Willy-Vandersteen ainsi que le Prix de l’Audace au Festival d’Angoulême.

« Le plus extraordinaire poète actuel de la bande dessinée flamande » (Daniel Couvreur, Le Soir)

Son dessin et ses couleurs sont tout de suite reconnaissables. Il joue avec les transparences par des aquarelles, des encres et des gouaches splendides.

Viennent ensuite Amateurs en 2011 et Panthère en 2015 couronné du Prix Bédélys monde la même année et du Prix Rudolph-Dirks du meilleur dessin en 2016. Entre temps, le belge néerlandophone s’installe à Paris pour y travailler. Il illustre de nombreux articles dans la presse et la mode.

Les rigoles : époustouflant récit choral

Dans la veine de son album Les noceurs, Les rigoles met en scène plusieurs histoires concernant des anonymes. Cet époustouflant récit choral a pour toile de fond une superbe ville de tous les possibles, un lieu chatoyant de fêtes et de petits plaisirs du quotidien.

Il y a là Iona qui découvre un oiseau mort devant sa porte, Rodolphe virevoltant prince de la nuit ou encore Victoria qui tombe sous le charme d’une danseuse de pole-dance. Le lecteur suit leurs récits en parallèle, avec envie et étonnement. Tous se préparent le jour pour passer des nuits inoubliables où ils peuvent faire ce qu’ils veulent, jouer un autre personnage et se laisser happer par des endroits où le temps est suspendu.

Nom du café de Belleville où il a ses habitudes, Les rigoles ressemble ainsi à ce mélange si particulier de ces lieux où l’on passe du bon temps, on s’ennuie et on s’enivre. Un faune bigarrée s’y presse pour le plus grand bonheur de l’auteur, fin observateur du monde. Il réussit à mettre en scène des ambiances variées avec virtuosité.

Avec ses aquarelles, sa marque de fabrique se situe aussi dans la profusion de détails dans ses planches comme s’il avait trop de choses à raconter. Illustrations pleine-page, vignettes avec ou sans cadre, découpage en gaufrier minuscule ou multiplication de formes dans les décors, tout plait dans Les rigoles. Brecht Evens jouit d’une totale liberté dans sa partie graphique; il invente et c’est fort ! Il lui aura fallu presque quatre ans pour réaliser cet imposant pavé de plus de 300 pages inspirés par les grands auteurs littéraires ou les grands peintres.

Les rigoles : prouesse narrative d’une grande puissance graphique !

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Les croques #1 https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/les-croques-1/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/les-croques-1/#respond Thu, 06 Sep 2018 08:36:30 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=52304 Après Elma une vie d’ours dont nous vous parlions il y a quelques jours, Léa Mazé est de nouveau à l’honneur avec Les croques, sa série jeunesse autour de Céline et Colin, enfants d’un couple de croque-morts. Suspense, trésor et  relations difficiles avec leurs parents sont au cœur d’un premier tome prometteur. Etre enfants de […]

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Après Elma une vie d’ours dont nous vous parlions il y a quelques jours, Léa Mazé est de nouveau à l’honneur avec Les croques, sa série jeunesse autour de Céline et Colin, enfants d’un couple de croque-morts. Suspense, trésor et  relations difficiles avec leurs parents sont au cœur d’un premier tome prometteur.

Etre enfants de croque-morts : pas simple tous les jours

Encore une fois, Colin se retrouve en dehors de la classe, puni. Forte tête comme sa sœur jumelle Céline, l’école ce n’est pas vraiment pour lui. Pas simple de se sentir bien au collège, puisque qu’ils sont constamment pris à partie par d’autres élèves. Leur « problème » : être les enfants d’un couple de croque-morts.

Entre les railleries et les harcèlements, ils préfèrent se dépêcher de rentrer chez eux à vélo. Ce qu’ils aiment c’est s’amuser, se chamailler et passer du temps devant la télé. Cela ne plait pas toujours à leurs parents tout ce chahut. Il faut dire qu’ils habitent au-dessus de la boutique de pompes funèbres et qu’il faut vraiment être discret pour ne pas choquer les clients qui viennent de perdre un proche.

Poussin : graveur-raconteur d’histoires

Le lendemain, cela se passe encore mal au collège après une bagarre dans la classe. Leurs parents sont alertés par la direction et après une discussion à la maison, ils décident de les punir en nettoyant l’ensemble du cimetière dont ils ont la charge.

Le seul à un peu les comprendre c’est Poussin, le graveur de pierres tombales. Céline et Colin aiment passer du temps avec lui. Il faut dire que l’homme leur raconte des histoires dont il a le secret, faites de morts violentes ou de zombies. Après encore un récit qui les captivent, ils découvrent un « V » gravé sur une tombe. Ils en sont sûrs, cela est un signe. Qu’est-ce que cela peut représenter ?

Les croques : le cimetière comme grand terrain de jeux

Alors que nous avions été charmé par son premier album Nora, une superbe fable fantastique sur la mort, l’amour et l’entraide, voici la nouvelle série de Léa Mazé : Les croques. Dans ce premier volet, le lecteur fait la connaissance de Céline et Colin, jumeaux, mal dans leur peau. En choisissant de conter une tranche de leur existence à travers leurs yeux, l’autrice peut aborder des thématiques liées à l’adolescence.

Ainsi, l’on découvre qu’ils sont mis à l’écart à cause de leurs caractères et leurs comportements mais aussi à cause de la profession exercée par leurs parents. Ce qui engendre des moqueries, des violences verbales et physiques. Ils sont en révolte contre tous les adultes qui les entourent : les professeurs qui ne les comprennent pas et leurs parents qui sont las de leurs bêtises. Savent-ils vraiment que ces dernières peuvent être le fruit de ce harcélement, comme un appel au secours ? Le tableau semble donc noir dans leurs relations aux plus grands. Ils n’aspirent qu’à s’amuser ou regarder la télévision. Comme ils ne se sentent pas en sécurité au collège, ils déjouent et ne sont pas de « bons » élèves.

Le cimetière est le seul endroit qui les fait frémir, un vrai terrain de jeux. Ils sont alors sous la protection de Poussin, le graveur funéraire qui leur raconte des histoires d’horreur.

Vers une chasse au trésor

La deuxième partie de la série glisse lentement vers une enquête, vers une belle chasse au trésor. Colin et Céline, qui s’ennuient ferme, sont happés par ces gravures intrigantes. La tension monte petit à petit au fil des pages.

Prévu en trois tomes, Les croques bénéficie du superbe dessin de Léa Mazé. L’autrice de La porte des pluies (avec Jérémy Semet) est vraiment talentueuse. Nous l’avions déjà souligné pour Nora et Elma une vie d’ours, sa partie graphique est somptueuse, notamment par son traitement des couleurs qui installe une ambiance de suspense et de mystères. Si pour Elma, elles étaient chatoyantes dans la forêt, pour Les croques, elles sont plus froides.

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L’odyssée d’Hakim https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/lodyssee-dhakim/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/lodyssee-dhakim/#respond Wed, 05 Sep 2018 08:58:35 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=52266 Qu’est-ce qu’être réfugié ? Pourquoi quitter son pays ? Où aller lorsque l’on a plus rien ? Comment s’adapter à une nouvelle vie loin des siens ? Tout cela et bien d’autres choses dans le premier volume de L’odyssée d’Hakim, le formidable témoignage bouleversant et puissant de ce jeune Syrien venu s’installer en France, sous […]

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Qu’est-ce qu’être réfugié ? Pourquoi quitter son pays ? Où aller lorsque l’on a plus rien ? Comment s’adapter à une nouvelle vie loin des siens ? Tout cela et bien d’autres choses dans le premier volume de L’odyssée d’Hakim, le formidable témoignage bouleversant et puissant de ce jeune Syrien venu s’installer en France, sous la plume de Fabien Toulmé. Passionnant !

Pourquoi vouloir raconter l’histoire d’un réfugié ?

Mars 2015. Auteur de Les deux vies de Baudouin, Fabien Toulmé est stupéfait par le crash d’un avion de la compagnie aérienne Germanwings. A son bord, le second pilote dépressif récupère les commandes de l’avion et le fait précipiter sur un versant d’un mont des Alpes. Cent cinquante personnes décèdent. Les chaînes de télévision sont en boucle sur ce drame. L’émotion est immense mais les téléspectateurs sont moins émus par le terrible chiffre de 400 migrants qui se sont noyés en Méditerranée le même jour. Un simple brève clôt le journal, comme si cela était devenu banal. Tous les jours, des femmes, des enfants et des hommes meurent dans ce nouveau cimetière marin. L’ONU les évalue à 16 000 depuis 2013; l’Aquarius ayant sauvé 28 000 réfugiés en 3 ans.

« Je me suis dit qu’un truc n’allait pas »

Nous Européens, nous nous serions habitués au pire concernant les migrants. Fabien Toulmé décide alors d’aller à la rencontre de ces gens, anonymes et déracinés. Peut-être qu’il se sent plus proche de ses sujets, lui qui est marié à une Brésilienne et qui a vécu dans le pays natal de son épouse quelques années (il l’a raconté dans le bouleversant mais ô combien nécessaire Ce n’est pas toi que j’attendais). Le métissage, l’ouverture et l’humanisme sont ses moteurs.

Hakim et la Syrie

Avec l’aide d’une amie journaliste, Fabien prend contact avec Hakim, installé à Aix-en-Provence, réfugié Syrien prêt à lui raconter son périple. Ainé d’une famille de neuf enfants, il n’aimait pas vraiment l’école. Alors que ses sœurs et frères ont tous suivi de longues études, lui préféra la compagnie des plantes. Après avoir appris les rudiments dans la serre de son père, il décida d’ouvrir une pépinière avec Mahmoud, son cousin. Rapidement leur entreprise prospéra, le jeune homme pouvant acheter une belle voiture et un appartement.

A peine installé, le lendemain « une nouvelle vie a commencé ». De grandes manifestations contre le régime de Bachar el Assad se déroulèrent dans les rues de son quartier. Il du composer avec cela, lui qui n’y participa pas. Le lendemain de cette première journée réprimée par les autorités, il vint en aide à un homme blessé qui gisait à terre. C’est ce geste qui bouleversa sa vie…

L’odyssée d’Hakim : témoignage bouleversant d’un homme déraciné

Comme il l’explique dans un avant-propos, Fabien Toulmé prend des précautions quant à L’odyssée d’Hakim. Prévu en trois volumes, il a recueilli le témoignage de cet homme ayant vécu un drame dans sa vie, sa vision en est donc parfois altérée. De plus, en prenant des notes, l’auteur de bandes dessinées interprète à son tour ce périple de tous les dangers. Peu importe, l’intention est là et c’est l’essentiel.

De plus, pour ne pas trop charger les vignettes, Fabien Toulmé a aussi décidé de ne pas faire figurer l’interprète; Hakim et sa femme ne parlant pas très bien le français.

Si les moments sont d’une grande intensité et qu’ils sont parfois très durs (les morts qui jonchent le sol, les intimidations et la torture), l’humour est souvent présent; Hakim possède toujours cet artifice qui lui permet de prendre du recul sur sa situation. Il dit notamment : « Il n’y a pas beaucoup d’avantages à être un réfugié, mais s’il y en a bien un, c’est qu’on n’a pas grand chose à déménager ».

Avant d’être réfugiés, se sont des êtres humains

A travers L’odyssée d’Hakim, Fabien Toulmé veut aussi démontrer qu’avant d’être Syrien, réfugié, Hakim est avant tout un être humain. Si l’endroit où il est né, où il a vécu et la langue qu’il pratique sont différents, il est comme nous.

Lorsque le lecteur prend connaissance du parcours de Hakim, il a peur pour lui et peut parfois entrevoir les émotions qu’il a pu vivre en direct. Loin de l’humour potache de L’atelier Mastodonte dont il fait partie, l’auteur raconte sans détour, sans artifice et avec intelligence comment un homme qui a réussi, se retrouve sans rien et loin des siens.

Il met aussi en lumière le fait de devoir s’intégrer dans un pays que l’on ne connait pas ou peu. Heureusement, Hakim peut compter sur Najmeh sa femme, Hadi et Sébastien ses deux enfants.

Avec justesse, le jeune homme met des mots sur la Syrie de son enfance. Un rapide historique depuis la prise en main de Hafez le père de Bachar mais aussi la manière dont le pays est gouverné : « L’Etat contrôle absolument tout : les entreprises, les gens… Tout ! Il n’hésite pas à se servir dans la caisse des entreprises. Des fois, l’armée venait me voir à la pépinière… Mais le plus oppressant, c’est le contrôle des gens. Un contrôle qui enveloppe le pays dans un voile de peur.. » confiera Hakim à Fabien.

Pour ne pas perdre de vue que le plus important c’est l’histoire de Hakim, Fabien Toulmé mise avant tout sur la visibilité dans son dessin, une sobriété dans le trait et les couleurs, à l’image des albums de Guy Delisle (S’enfuir, récit d’un otage, Pyangyang ou encore Shenzen).

L’odyssée d’Hakim : le bouleversant témoignage d’un réfugié porté par un dessin sobre. Passionnant !

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