Comixtrip https://www.comixtrip.fr La bande dessinée du monde, le monde de la bande dessinée Sun, 24 Mar 2019 15:51:05 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.0.2 Le retour à la terre https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/le-retour-a-la-terre-ferri-larcenet/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/le-retour-a-la-terre-ferri-larcenet/#respond Sun, 24 Mar 2019 15:51:05 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=59721 Dix ans… Dix ans que c’est long ! Dix années que Manu Larcenet et Jean-Yves Ferri avaient laissé de côté Le retour à la terre, accaparés par d’autres projets de bande dessinée. On retrouve avec un bonheur non dissimulé Manu Larssinet, Mariette, Capucine, Mme Mortemont ou encore l’ermite. Joyeux et profond ! Une très belle […]

L’article Le retour à la terre est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
Dix ans… Dix ans que c’est long ! Dix années que Manu Larcenet et Jean-Yves Ferri avaient laissé de côté Le retour à la terre, accaparés par d’autres projets de bande dessinée. On retrouve avec un bonheur non dissimulé Manu Larssinet, Mariette, Capucine, Mme Mortemont ou encore l’ermite. Joyeux et profond !

Une très belle série

En 2002, Manu Larssinet et Mariette, sa campagne, venaient s’installer à Juvisy aux Ravenelles, un coin paumé en pleine cambrousse. Internet défaillant et ennui devenaient le nouvel monde du dessinateur.

Le couple allait alors découvrir tout un univers campagnard, entre déprime et calme, entre nature et vide culturel. En plus de leur chat – le fameux Speed – ils allaient faire la connaissance de voisins pour le moins surprenants : M. Henri, le propriétaire de leur maison, un ermite que consulte fréquemment Manu, M. Loupiot l’épicier, mais surtout Mme Mortemont, une vieille agricultrice bourrue qui deviendra la marraine de leur fille, Capucine. Parce que oui, le couple accueille une fillette qui grandit au fil des six albums.

Bébé, Astérix et Plast

Ravenelles. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes chez les Larssinet. Tout ? Non ! Manu ne se remet toujours pas de la nouvelle annonce de Mariette : elle est enceinte. Pour elle le ventre qui s’arrondit, pour lui le déni de grossesse. Ça le perturbe notre petit dessinateur ! Il ne sait plus où il en est. Surtout que d’habitude, tout tourne autour de sa petite personne.

Pas de chance, s’il termine Plast, une « bande dessinée morbide », Ferri, son comparse est trop accaparé par Astérix dont il est le nouveau scénariste. Il n’a plus le temps pour réfléchir à un autre album de leur série Le retour à la terre. Et ça, ça le mine notre petit dessinateur !

Capucine, smartphone et Nasty Bonzo

Pourtant, Capucine grandit et commence a faire des phrases. Cela devrait l’enchanter Manu. Mais non. Les chats  – de plus en plus nombreux – sont dans les cartons et Mme Mortemont vient d’acquérir un smartphone. Une gros smartphone auquel elle pose des tas de questions. M. Henri s’est cassé le col du fémur et papillonne, M. Loupiot doit se faire opérer de la cataracte et l’ermite est toujours autant énigmatique.

Et au milieu de tout ça, il y a Philippe, l’éditeur du Retour à la terre, qui doit venir à Ravenelles. Il doit proposer à Manu la reprise de Nasty Bonzo en version française. Le Parisien doit alors se préparer pour voyager vers l’inconnu…

Le retour à la terre : bonne nouvelle, ils sont de retour !

Cette surprenante et amusante mise en abîme fait tout le sel de la série de Larcenet et Ferri. Le retour à la terre, parle donc de deux auteurs qui imaginent leur série en même temps qu’ils la créent. Ce décalage est surprenant et très drôle.

La force réside aussi dans la galerie de personnages qui gravite autour de Manu Larssinet : Mariette, Capucine, l’ermite, Loupiot, Henri mais avant tout Mme Mortemont. Leurs relations est singulière, entre peur et amour, entre répulsion et amitié.

On est surtout surpris par les errements du dessinateur. On le voyait dans les tomes précédents, mais là c’est encore plus fort. En pleine déprime face à son nouvelle enfant, il rejette aussi le monde de la bande dessinée. Comme le fait aujourd’hui le talentueux Manu Larcenet.

Parce que oui, Le retour à la terre se pare aussi d’une autodérision salvatrice. C’est parfois cruel, parfois cynique mais toujours bienveillant et drôle.

Une comédie campagnarde intelligente

S’il n’y avait que des vannes ou des private joke, ce serait lassant, Le retour à la terre. Il a bien plus que ça dans cette belle série. Le duo Ferri-Larcenet y parle de nature, de campagne, de petits commerces qui ferment dans ces endroits reculés, de désertification, de mondialisation, de bio et de Zadistes.

Les gags sur demi-planches évoquent aussi le couple, la paternité, la famille, les amis, la vieillesse, les souvenirs, le travail, la création et l’inspiration. Le tout porté par un humour décapant et le très bon dessin de l’auteur du Rapport de Brodeck.

Le retour à la terre 6 : pour une bonne nouvelle, c’est une bonne nouvelle !

L’article Le retour à la terre est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/le-retour-a-la-terre-ferri-larcenet/feed/ 0
Le dernier Atlas https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/le-dernier-atlas/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/le-dernier-atlas/#respond Sun, 24 Mar 2019 11:27:28 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=59689 Une uchronie à la française écrite par quatre grands auteurs, voilà qui ne pouvait qu’être alléchant ! Fabien Vehlmann, Gwen de Bonneval, Fred Blanchard et Hervé Tanquerelle racontent la folle aventure d’Ismaël devant retrouver une pile électrique et devant sauver un robot géant dans Le dernier Atlas. Original et fascinant ! La tournée de prélèvements […]

L’article Le dernier Atlas est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
Une uchronie à la française écrite par quatre grands auteurs, voilà qui ne pouvait qu’être alléchant ! Fabien Vehlmann, Gwen de Bonneval, Fred Blanchard et Hervé Tanquerelle racontent la folle aventure d’Ismaël devant retrouver une pile électrique et devant sauver un robot géant dans Le dernier Atlas. Original et fascinant !

La tournée de prélèvements

Tassili, Algérie 2018. Le temps presse : les grands échassiers ne migrent plus vers le Nord. Un ex-ingénieur Roland Fabre et une journaliste Françoise Halfort sont sur place et ne peuvent que constater ce phénomène naturel étranger. Pourquoi ? Mystère. Et s’il s’agissait d’autre chose…

A des milliers de kilomètre de là, au Nord, à Nantes, Ismaël fait sa tournée. Accompagné de ses deux hommes-de-main, il vient récupérer de l’argent dans des bars. Ce bandit a la charge de prélever « l’impôt » pour son Jean Legoff, son parrain. En échange d’argent, la bande est là pour protéger les commerces.

David attend dans la voiture, tandis que Hamid doit faire peur à Fouad, patron de l’Atlas , un troquet de quartier. Le propriétaire sort alors un album Caselli, collecteur de vignettes, et en donne une à Ismaël : le commandant du George Sand.

Ismaël et la pile nucléaire

Contacté par son boss, Ismaël vient faire le ménage à L’oasis, une discothèque du coin. Ça dérape et il se retrouve au commissariat.

Plus tard, il est envoyé par Legoff en Algérie où il doit retrouver une pile nucléaire afin de faire fonctionner de nouveau un géant de l’Atlas.

Les souvenirs remontent dans la mémoire d’Ismaël : il rêvait d’appartenir à l’équipage du George Sand, un des colosses de fer fabriqué à Saint-Nazaire et envoyé en Afrique du Nord…

Le dernier Atlas : superbe polar uchronique

Il aura fallait huit ans pour que le projet Le dernier Atlas voit le jour. Huit années où Fabien Vehlmann, Gwen de Bonneval, Fred Blanchard et Hervé Tanquerelle ont réfléchi à cette saga haletante entre uchronie, Histoire, polar et aventure. Huit ans pour dévoiler un premier opus accrocheur et haletant, l’une des belles surprises de l’année 2019 !

Avant cela, le récit était paru sous forme de 10 petits livrets en noir et blanc, de quoi donner envie aux lecteurs de se procurer cet excellent album.

Fabien Velhmann (La colère du Marsupilami) et Gwen de Bonneval (Racontars arctiques) ont vraiment misé sur la psychologie de leurs personnages pour élaborer une intrigue solide. Ismaël et son passé de petit garçon qui ressort, ses deux sbires, plutôt durs mais pas très futés ou encore Legoff, patron autoritaire.

Uchronie à petit pas

Le dernier Atlas commence comme une histoire de gangsters plutôt classique pour rapidement glisser vers de la science-fiction. Le lecteur apprécie surtout l’intelligence de deux scénariste pour apporter par petites touches ces éléments uchronique. Sans y toucher, en lisant, ils nous emmènent encore plus loin que Nantes, Paris et Alger, dans univers hypnotique de robots .

En ancrant leur intrigue dans le réel, ils jouent avec le passé, le présent et le futur avec maestria. Leur récit coule de source et fascine. C’est cette justesse et cette crédibilité qui ajoutent à la force de l’album, à l’image de La guerre des mondes de H.G. Wells dont ils se sont aussi inspirés.

La décolonisation comme nouvelle histoire

Comme ils l’explique en post-face, les auteurs ont voulu réinventer l’Histoire, en partant de l’Algérie française et de sa décolonisation. Sans trop en dévoiler, cette réécriture plait par son intelligence. Solidement documenté, Le dernier Atlas tend vers l’action, l’aventure, le polar et le récit scientifique. Parfois, il tutoie aussi le mysticisme et les croyances indiennes ancestrales.

Mais, le lecteur apprécie aussi le sous-texte de ce premier volume. La science-fiction a cela de merveilleux, c’est que l’on peut y dénoncer les travers de nos sociétés actuelles. Ainsi, de Bonneval et Vehlmann peuvent parler de la crise des réfugiés, de racisme, de dérèglement climatique et d’écologie (la réserve naturelle de Tassili ou encore des déchets occidentaux « recyclés » dans des pays en voie de développement) mais aussi de l’Algérie et des blessures de sa décolonisation encore ouvertes aujourd’hui.

Géant de fer humains

A l’image du merveilleux film d’animation Le géant de fer dont il prend les caractéristiques physiques, les Atlas sont magnifiques sous les pinceaux de Hervé Tanquerelle et de Fred Blanchard. La mécanique de ses colosses de fer est quasiment humaine. Il suffit de regarder marcher les robots comme dans une sublime danse dégingandé pour se rendre compte de la force graphique de l’auteur de Star Wars, L’Héritier de l’empire. C’est en effet, Blanchard qui a réfléchi au design des géants et des véhicules motorisés.

Aidé aux couleurs de la brillante Laurence Croix, l’auteur de Groenland Vertigo dévoile des planches superbes. Son trait nerveux donne un rythme enlevé au récit. De plus, ses personnages semblent tout droit sortis de films noirs d’espionnage.

Prévue en trois tome, Le dernier Atlas est surprenant et génial. Vivement la suite !

L’article Le dernier Atlas est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/le-dernier-atlas/feed/ 0
Tête de gondole https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/tete-de-gondole-nicoby-tronchet/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/tete-de-gondole-nicoby-tronchet/#respond Thu, 21 Mar 2019 14:48:52 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=59669 Gérard est le patron d’un supermarché. Il sacrifierait tout pour sa réussite. Cette vie accomplie va être bouleversée par la découverte de malversations venues de sa hiérarchie. Didier Tronchet et Nicoby imaginent ses péripéties dans Tête de gondole, un album plus profond qu’il n’y parait. Cash, cash Quelque part en Bretagne. Un homme fait son […]

L’article Tête de gondole est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
Gérard est le patron d’un supermarché. Il sacrifierait tout pour sa réussite. Cette vie accomplie va être bouleversée par la découverte de malversations venues de sa hiérarchie. Didier Tronchet et Nicoby imaginent ses péripéties dans Tête de gondole, un album plus profond qu’il n’y parait.

Cash, cash

Quelque part en Bretagne. Un homme fait son jogging dans un magasin alors qu’il n’est pas encore ouvert. Cet homme c’est Gérard Mandon, le directeur du supermarché Cash.

En courant dans les rayons, cela lui permet d’en faire le tour et de remarquer tout ce qui ne va pas : étiquettes illisibles ou encore produits dans le mauvais rayon.

Gérard a même fait installer une douche dans son bureau. Après s’être lavé, il se tient face à la porte d’entrée de son supermarché. Il est 8h, le magasin ouvre. Il accueille alors les premiers clients.

Fête des pères, stagiaire et vol à l’étalage

Tout doit être au carré dans le Cash de Gérard. Il contrôle tout, tout le temps. Il accueille aussi un stagiaire – le fils de Hasler, le PDG du groupe – et l’envoie dans le service de surveillance. Pas trop son truc au stagiaire.

Gérard prend aussi le temps d’une réunion sur l’opération Fête des pères. Les idées fusent, surtout celles de Martel, mais sont un poil désuètes.

Après un tour au self, il retrouve Mathias, le responsable de la sécurité. Le vigile a appréhendé une voleur à l’étalage. Son argument est imparable et Gérard le laisse filer.

Malversations

Du côté sentimental, la vie de Gérard est comblée. Sa femme s’épanouit et part pour l’Equateur en mission humanitaire. Léa, sa fille, travaille comme serveuse dans un bar de quartier. Il ne la comprend pas. Il pourrait lui trouver un stage ou un poste plus important. Elle, elle, veut gérer sa vie comme elle l’entend.

L’existence du directeur de cash va être bouleversée. Il va être pris dans un engrenage venant de Hasler, qui veut le faire tomber. Gérard découvre alors les malversations du PDG…

Tête de gondole : Jolie comédie sociale

Débuté comme une comédie classique, Tête de gondole glisse vers le polar dans la deuxième partie de l’album. Didier Tronchet aime mélanger les genres (L’homme qui ne disait jamais non). S’appuyant sur le réel, il développe une comédie sociale pertinente et intelligente.

A travers la vie rangée et réglée de Gérard, il peut fustiger tour à tour la bourgeoisie de province mais aussi la surconsommation et le libéralisme. Ce patron loyal et rigoureux va tomber bien bas après ce guet-apens surprenant.

Belle galerie de portraits

S’il parait froid et dirigiste dans un premier temps, Gérard s’avère plutôt paternaliste avec certains de ses employés et n’hésitant pas à renvoyer l’ascenseur aux copains.

Plutôt empathique même si énergique, Gérard est entouré de rôles secondaires simples et bonhommes : Martel, le chef de la communication, Léa – plus à gauche que lui – ou encore Nelson voleur débrouillard et sympathique.

Si l’on y ajoute le fils Hasler roi de la caméra, Mathias vigile prêt à tout ou encore le PDG et l’on obtient un polar provincial très drôle.

UN dessin sympathique et moderne

Après Le meilleur ami de l’homme, Tronchet retrouve Nicoby pour Tête de gondole. L’auteur de Mon petit Ponant et La maison la nuit réalise de très belles planches modernes et dynamiques. Aidé aux couleurs par Philippe Ory, il possède le trait idéal pour restituer l’ambiance amusante et accrocheuse du récit.

Tête de gondole : très bon polar provincial humoristique à la belle fibre sociale. Une satire de la bourgeoisie, de la surconsommation et du libéralisme. Sympa !

L’article Tête de gondole est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/tete-de-gondole-nicoby-tronchet/feed/ 0
Les fleurs de grand frère https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/les-fleurs-de-grand-frere-geniller/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/les-fleurs-de-grand-frere-geniller/#respond Wed, 20 Mar 2019 10:08:03 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=59639 Et si la différence était un bel atout dans la vie d’un adolescent ? Gaëlle Geniller imagine Les fleurs de grand frère, un très joli album bienveillant sur l’acceptation de soi aux éditions Delcourt. Des fleurs sur la tête Un matin au réveil, Grand frère est surpris : des fleurs ont poussé sur sa tête […]

L’article Les fleurs de grand frère est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
Et si la différence était un bel atout dans la vie d’un adolescent ? Gaëlle Geniller imagine Les fleurs de grand frère, un très joli album bienveillant sur l’acceptation de soi aux éditions Delcourt.

Des fleurs sur la tête

Un matin au réveil, Grand frère est surpris : des fleurs ont poussé sur sa tête ! Effrayé, il se réfugie dans la chambre de ses parents qui le réconfortent : c’est le printemps, les fleurs poussent et sont très belles.

Dans la salle de bain, Petit frère le raisonne : il ne faut pas qu’il les coupe. Elles lui vont merveilleusement bien. Elles font sa singularité.

L’été se passe, sa grand-mère est fier de lui. Les branches sont toujours là. Pourtant, Grand frère appréhende le retour en classe…

De la bienveillance comme leitmotiv

Bienveillance ! Voilà le maître mot de Les fleurs de grand frère. Sans jamais se moquer, en acceptant cette différence les parents, le frère et la grand-mère font preuve d’une justesse intellectuelle incroyable.

Gaëlle Geniller n’a pas voulu emprunter un chemin plutôt qu’un autre, c’est au lecteur de se faire sa propre interprétation. C’est cela, la grande force de cette très jolie histoire.

Sans manichéisme et sans être donneur de leçon, le récit plait par une douceur et une infinie tendresse. Ça fait un bien fou !

S’accepter

Comme l’entrée dans le monde de l’adolescence, les fleurs ne seront là que le temps d’une saison. Grandir et changer physiquement pendant cette période charnière n’est jamais aisé.

Ecouter son corps pour mieux s’aimer, c’est aussi cela que Gaëlle Geniller a voulu développer dans cette merveilleuse histoire.

L’acceptation de soi et des autres sont de très belles valeurs véhiculées par l’autrice originaire de Marcilly-le-Châtel dont c’est la première bande dessinée publiée.

Si d’habitude, c’est souvent le plus grand qui montre la voie (bonne ou mauvaise), dans Les fleurs de grand frère c’est le plus jeune qui le guide. Avec son innocence, il rassure son aîné.

Les fleurs de grande frère : dessin chaleureux

Entre rêve et réalité, ce récit fantastique et initiatique est porté par une très belle partie graphique tout en douceur. Les tons pastel apportent de la chaleur à l’histoire.

D’une belle modernité, les planches font la part belle aux personnages. Les visages sont lumineux sous les crayons de Gaëlle Geniller.

Les fleurs de grand frère : un merveilleux album jeunesse doux et touchant autour du thème de l’acceptation de soi. Une histoire moins innocente qu’il n’y parait.

L’article Les fleurs de grand frère est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/les-fleurs-de-grand-frere-geniller/feed/ 0
Lili Crochette, la tornade en promenade https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/lili-crochette-chamblain-supiot/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/lili-crochette-chamblain-supiot/#respond Wed, 20 Mar 2019 08:33:22 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=59595 Une tornade qui déménage tout dans le palais du gouverneur, il n’en fallait pas plus à Lili pour enquêter sur cet étrange phénomène météo. Joris Chamblain et Olivier Supiot imaginent La tornade en promenade, une nouvelle très jolie aventure de Lili Crochette. Accrochez-vous, ça décoiffe ! Coup de vent chez le gouverneur Le temps se […]

L’article Lili Crochette, la tornade en promenade est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
Une tornade qui déménage tout dans le palais du gouverneur, il n’en fallait pas plus à Lili pour enquêter sur cet étrange phénomène météo. Joris Chamblain et Olivier Supiot imaginent La tornade en promenade, une nouvelle très jolie aventure de Lili Crochette. Accrochez-vous, ça décoiffe !

Coup de vent chez le gouverneur

Le temps se gâte au dehors. Le palais du gouverneur ne semble pas être très sûr face à une tornade qui fonce sur la belle demeure.

Solange est inquiète et Elizabeth fait un vole plané dans sa chambre. Les deux se réfugient alors sous le lit de la fille du gouverneur de la province.

ça arrive et ça repart

Aussi vite qu’elle est arrivée, la tornade repart. Le gouverneur l’empêche d’entrer dans sa salle des trophées où il y a beaucoup d’or. Tout le monde est secoué mais sain et sauf.

Une mystérieuse et surprenante tempête, il n’en fallait pas plus à Elizabeth pour enquête sur cette magie surnaturelle. Direction sa cabane en bois, la petite fille enfile son costume de pirate, attrape son épée en bois et devient alors Lili.

Accompagnée de Monsieur Mouche, son colibri, elle grimpe dans sa barque, bien décidée à résoudre cette énigme…

Encore un belle aventure de Lili Crochette

Joris Chamblain est un vrai conteur. Il connait bien toutes les ficelles pour capter l’attention de son jeune lectorat. Encore une fois, cette nouvelle aventure de Lili Crochette nous emporte ! Le scénariste des Carnets de Cerise (avec Aurélie Neyret) imagine un récit fantastique enlevé et très mouvementé.

Cette histoire trépidante et bien écrite est construite comme une fable d’aventure, dans les pas de Robinson Crusoé. De l’humour, de l’amitié et une grande dose de magie sont au cœur de La tornade en promenade.

De très forts personnages

Ce cinquième opus repose de nouveau sur la qualité de la psychologie des personnages. En premier chef, Lili Crochette, jeune fille du gouverneur des Caraïbes. Intrépide et tête brûlée, elle peut parfois ne pas trop réfléchir pour partir à l’aventure. Rien ne lui fait peur lorsqu’elle troque sa belle robe pour son costume de pirate. Sabre de bois !

Lili Crochette est toujours accompagnée par Monsieur Mouche, son fidèle et loyal ami colibri. Il la suit et comme dans ce récit, n’hésite pas à se mouiller pour elle. Il la protège. Ces deux personnages – Lili et Mouche – sont aussi un superbe clin d’œil à Peter Pan de James Matthew Barrie.

Sans oublier, le père de Lili, un brin autoritaire, proche de son trésor et qui n’aime ni le vaudou ni la magie. Mais aussi Solange, la gentille gouvernante.

Sans trop en révéler, un mystérieux homme va se retrouver sur la route de Lili Crochette. Elle devra s’en dépêtrer.

De la puissance du dessin

Depuis de nombreuses années, nous suivons le travail de Olivier Supiot. Encore une fois, l’auteur de Marie Frisson nous impressionne et nous charme par un dessin fort et puissant.

Né en 1971, Olivier Supiot a reçu l’Alph-art Graine de pro en 1997 lors du Festival d’Angoulême et fut même lauréat du Prix du dessin en 2003 lors de la manifestation angoumoisine pour Le dérisoire (avec Eric Omond). De Les Aventures oubliées du baron de Münchhausen à Tatoo, en passant par Le narval ou Féroce, tout nous plait dans l’univers graphique de ce géant si attachant.

Pour Lili Crochette, il décline une gamme chromatique chaleureuse et colorée. De quoi plaire aux plus jeunes lecteurs. Ses personnages sont d’une grande expressivité. Son sens de la mise en scène apporte du rythme à cette aventure rocambolesque.

Lili Crochette : ça décoiffe, ça déménage dans ce cinquième excellent opus, porté par un merveilleux dessin !

L’article Lili Crochette, la tornade en promenade est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/lili-crochette-chamblain-supiot/feed/ 0
Errance https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/errance-asano-kana/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/errance-asano-kana/#respond Sun, 17 Mar 2019 21:29:13 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=59515 Les doutes et les affres de la création du mangaka Fukazawa sont superbement décrits dans Errance, un manga fascinant et d’une grande justesse de Inio Asano chez Kana. Formidable ! Gloire et déchéance d’un mangaka Sayonara Sunset est un succès éditorial ! Son créateur Kaoru Fukazawa devrait être heureux de cette belle réussite. Pourtant avec […]

L’article Errance est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
Les doutes et les affres de la création du mangaka Fukazawa sont superbement décrits dans Errance, un manga fascinant et d’une grande justesse de Inio Asano chez Kana. Formidable !

Gloire et déchéance d’un mangaka

Sayonara Sunset est un succès éditorial ! Son créateur Kaoru Fukazawa devrait être heureux de cette belle réussite. Pourtant avec ce quinzième et ultime volume, cette fin de récit ouvre un énorme moment de doute pour lui.

Ces appréhensions s’installent chez Fukazawa : arrivera-t-il a renouveler cette réussite ? Son prochain livre sera-t-il aussi bon que Sayonara Sunset ? Il n’arrive plus à trouver l’inspiration et n’arrive plus à dessiner.

Ses assistants et son éditeur lui préparent une fête mais le coeur n’y est pas. Pendant un certain temps, il demande à ses décorateurs de continuer à produire alors qu’il ne sait pas ce qu’il fera de leur travail. Pire, il va même les congédier.

Vie sentimentale en berne

Fukazawa est marié à Nazomi, une éditrice de manga. Leur couple bat de l’aile et chacun fait sa vie comme il l’entend. Elle préfère s’occuper de ses auteurs et plus particulièrement de Makiura. Elle l’accompagne partout, ce qui lui permet d’être le moins possible chez eux.

Lui passe son temps sur les réseaux sociaux à répondre aux sollicitations de ses admiratrices. Pire, il s’est fabriqué un profil sur un site de rencontre de call-girl. Il les choisit, souvent peu à leur avantage physique et couche avec elles moyennant une forte somme d’argent.

Pour Fukazawa, c’est la lente descente aux Enfers…

Les errance(s) de Ino Asano

Auto-fiction fascinante et parfois déroute, Errance est un formidable manga de Inio Asano. Pour créer son récit, il l’a fondé sur ses propres expériences de mangaka. Kaoru Fakazawa serait son double de papier. Surprenant !

Avec une justesse infinie et une narration forte, l’auteur de La fille de la plage nous bouleverse. Son récit est choc à l’image de son maître Minoru Furuya (auteur de Saltiness). Il dépeint avec une belle sensibilité les affres de la création et les tourments d’un homme qui n’a plus de repère. Cette petite mort – la fin d’un série – couplée à la fin de sa relation avec Nazomi donnent une histoire poignante. En effet, même si le lecteur n’est pas mangaka, il s’identifie avec facilité à Fukazawa. Changer de travail, finir un projet ou se séparer, ces thématiques sont finalement très universelles.

Errance est un sublime récit intimiste sans espoir et sans lumière. Cette longue plongée dans les Enfers est une mise en abîme émouvante et vibrante. Inio Asano a fait une pause dans sa série Dead Dead Demon’s Dedededestruction pour livrer ce one-shot dramatique et touchant.

Un merveilleux dessin

Cette destruction psychologique est portée par un merveilleux dessin. Les planches sont d’une rare et grande force graphique. Proches de ceux des auteurs franco-belges et européens, il plait par ce rapprochement.

Les seconds plans et décors parfois voilés sont magnifiques. Il y a aussi de la poésie dans le dessin de Inio Asano. Ses personnages semblent tout droit sortis d’œuvres littéraires.

Errance : récit semi-autobiographique bouleversant d’une star du manga contemporain. Superbe !

L’article Errance est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/errance-asano-kana/feed/ 0
Hector le boucher https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/hector-le-boucher-djian-chabert/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/hector-le-boucher-djian-chabert/#respond Sun, 17 Mar 2019 20:50:43 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=59146 Kolonel Chabert et Djian signent avec Hector le Boucher une étonnante fable écologique sur le destin d’un jeune homme qui se détourne peu à peu de la viande. Un délicieux récit d’apprentissage. TU SERAS BOUCHER MON FILS Le Plessis-Meunier, bourg imaginaire sans doute où commence cette étrange histoire, celle du jeune Hector, fils de boucher […]

L’article Hector le boucher est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
Kolonel Chabert et Djian signent avec Hector le Boucher une étonnante fable écologique sur le destin d’un jeune homme qui se détourne peu à peu de la viande. Un délicieux récit d’apprentissage.

TU SERAS BOUCHER MON FILS

Le Plessis-Meunier, bourg imaginaire sans doute où commence cette étrange histoire, celle du jeune Hector, fils de boucher normand. Un gamin facile qu’on incite déjà dès l’âge de six ans à marcher dans les traces de son père. Mais un soir que sa mère fait le ménage dans la boucherie paternelle, elle se brise les vertèbres après avoir reçu sur la nuque une étagère remplie de boîtes de conserve… Désormais orphelin de mère, Hector se rapproche de son père qui veut plus que jamais faire de lui le garçon boucher qui lui manque. Commence alors pour le petit un apprentissage accéléré du métier.

PUISQUE TOUT EST BON DANS LE COCHON

De la mise à mort de Jojo le cochon dont on fera force boudins et saucissons, Hector apprend vite. Et même avec un certain enthousiasme. Mais bientôt un nouveau drame s’abat sur la famille. Cette fois, c’est Nestor Boyaud, le père, qui trépasse, broyé sur sa moto par un train à un passage à niveau, un soir qu’il avait bien arrosé une livraison chez un client. « Sa mort fut immédiate, les enquêteurs parlèrent de boucherie sur le ballast » s’amuse le scénariste.

Hector est alors placé chez ses grands-parents, des fermiers. Il grandira « au milieu des bêtes et des tracteurs », avant de devenir à son tour un vrai professionnel, malgré les réticences de la belle Betty, sa tante qui aime aussi les animaux, mais vivants…

UNE CARRIÈRE AU POIL

Après un passage par les abattoirs où l’odeur et la couleur du sang déteignent jusque dans les têtes des tueurs, Hector débarque à Paris où par l’entremise de sa jolie tante végétarienne, il se fait embaucher dans la boucherie Cuissot ! Arrêtons-nous là quelques instants pour savourer l’un des morceaux de bravoure de cette histoire. Deux bonnes soeurs arrivent un jour au magasin pour acheter un morceau de viande et là Hector les invite à faire « un petit voyage « . Sa carte du tendre à lui, c’est le boeuf et tous ses beaux morceaux : « On attaque par un gros bout de poitrine, vous bifurquez en direction des basses côtes, vous rejoignez les aiguillettes et baronnes via la bavette de flanchet et on se retrouve au gîte à la noix en passant par la queue ».*

Devant les deux religieuses conquises, Hector se fait autant séducteur qu’il sera plus tard bon vendeur. Le voilà en tout cas meilleur ouvrier de France et reçu à l’Elysée. Et puis la tante Betty disparaît elle aussi dans un accident. On meurt décidément beaucoup autour d’Hector Boyaud… La tante lui a laissé une coquette somme en héritage qui va lui permettre d’ouvrir enfin sa propre boucherie avec l’aide d’un homme d’affaires qui lui ouvre son carnet d’adresses.

UN DESTIN QUI BASCULE

C’est la gloire et la consécration pour l’artisan-boucher devenu la coqueluche du Tout-Paris. Le boucher est médiatique. On le voit bientôt sur les plateaux télé fustiger l’ultra-libéralisme qui étrangle les petits agriculteurs, défendre les circuits courts et plaider pour un retour « à un système plus ancestral et aussi plus humain ».

La vie de cet étrange personnage imaginé par Alexis Chabert aurait pu continuer ainsi. Mais le destin va en décider autrement. Hector va peu à peu se détourner de ce qui jusqu’à présent faisait le sel de son existence. On laissera au lecteur de cette fable écologique et sociale, poétique et gouailleuse, le soin de découvrir comment et pourquoi le destin du boucher va basculer.

A l’opposé des clichés véhiculés sur le métier et ceux qui le pratiquent, les auteurs proposent une vision décalée et pleine d’empathie. A la fin de ce bel album de 120 pages, Le Kolonel, à qui l’on doit notamment de belles biographies dessinées de Gainsbourg,  Sacha Guitry ou encore De Funès, signe un court texte dans lequel il expose la genèse de son projet et son prétexte: « souligner les excès du libéralisme et de la surproduction. Je ne prends ici ni le parti des amateurs de viande, ni celui des végétariens, écrit-il. Je propose juste une réflexion sur notre mode de consommation étroitement lié aux conditions d’abattage des animaux de boucherie ».

L’article Hector le boucher est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/hector-le-boucher-djian-chabert/feed/ 0
Les classiques de Patrique https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/les-classiques-de-patrique/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/les-classiques-de-patrique/#respond Sun, 17 Mar 2019 11:32:49 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=59506 Qui a dit que la littérature pouvait être ennuyeuse ? Pas Delphine Panique en tout cas. Prépubliés dans le magazine Topo, Les classiques de Patrique font l’objet d’un recueil drôle et sympathique chez Gallimard. Patrique narrateur – motte de terre et conseiller littéraire Depuis 2016, le merveilleux magazine Topo propose tous les mois Les classiques […]

L’article Les classiques de Patrique est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
Qui a dit que la littérature pouvait être ennuyeuse ? Pas Delphine Panique en tout cas. Prépubliés dans le magazine Topo, Les classiques de Patrique font l’objet d’un recueil drôle et sympathique chez Gallimard.

Patrique narrateur – motte de terre et conseiller littéraire

Depuis 2016, le merveilleux magazine Topo propose tous les mois Les classiques de Patrique, une chronique littéraire décalée pour les petits et grands adolescents imaginée par Delphine Panique.

Sur Terre, à ses tout débuts, il n’y avait rien, juste des tablettes d’argile avec le fameux texte de L’épopée de Gilgamesh. Arriva alors Patrique, motte de terre de son état et fin connaisseur de la littérature mondiale. Ce petit être difforme et gros allait alors devenir le narrateur des plus belles histoires écrites depuis la nuit des temps. Il prit ainsi la main des jeunes lecteurs pour les amener vers les coins les plus abscons de l’écrit. Il allait enfin ouvrir les portes de plus grands textes et les faire comprendre aux plus jeunes. Un défi relevé de main de maître.

De Madame Bovary à L’amant

Les classiques de Patrique regroupe huit chef-d’œuvre de la littérature contés par la motte de terre. De Madame Bovary à L’amant, en passant par L’Illiade, Orlando, Claudine à l’école, Le quart livre, Le meurtre de Roger Ackroyd, et Crime et châtiment.

Le conseiller littéraire nous plonge ainsi dans les méandres de ces récits pour nous délivrer les sous-textes et thématiques, mieux que les collections de décryptage pour passer les bac !

Sous le regard de Patrique, Madame Bovary de Gustave Flaubert devient une no-life, sans-vie qui passe son temps à lire et attend le grand amour. Regrettant amèrement de s’être marié à Charles, le gars bonhomme, elle papillonne avec ses amants. L’Illiade d’Homère devient le plus grand récit d’aventure, d’amour et de trahison des millénaires écoulés. La guerre est magnifiée et le sexe n’étant jamais loin.

Rabelais, Christie, Dostoïevski, Duras

Orlando – dont Delphine Panique en avait tiré une superbe adaptation  chez Misma en 2013 – de Virginia Woolf devient un amant passionnel tourmenté qui deviendra une femme. En plus, l’autrice britannique du roman semble blasée. Claudine à l’école de Colette devient un vrai roman initiatique et surtout très coquin. Le quart livre de Rabelais dévoile ses aspects les plus scatologiques et délurés. Patrique en explique même la grammaire rabelaisienne.

Le meurtre de Roger Ackroyd de Agatha Christie met en scène le bedonnant Hercule Poirot, à mille lieues de l’élégant Sherlock Holmes. Patrique dévoile même la farce du faux enlèvement de l’autrice britannique. Dans Crime et châtiment de Fédor Dostoïevski , Patrique nous emmène à Saint-Pétersbourg, cette ville qui respire la joie. Enfin, la supercherie de Marguerite Duras est révélée : elle aurait souvent réécrit la même histoire, celle de sa vie.

Pas de Panique, Les classiques de Patrique sont là

Les classiques de Patrique sont avant tout des adaptations amusantes et décalées de ces huit grands récits littéraires. Delphine Panique détourne les codes, apporte de la modernité à ces œuvres qui pourtant sont elles aussi encore très modernes. Le langage est actuel, les dialogues savoureux et les explications très drôles.

Patrique n’hésite pas à faire sauter les verrous des tabous : le sexe est simple, les mœurs policées sont déconstruites et les femmes sont des héroïnes fortes (les autrices comme les personnages principaux).

Très documentées – pour faire rire, il faut souvent être bien au fait des choses et maîtriser son sujet – ces histoires d’une douzaine de pages chacune sont enlevées et bénéficient du dessin tout en rondeur de l’autrice de En temps de guerreVol nocturne et L’odyssée du vice.

Les classiques de Patrique : de la fantaisie dans la littérature, les tabous déconstruits et une autrice au zénith de sa forme. On attend avec impatience d’autres récits racontés par Patriiiiiiiiiiique !

L’article Les classiques de Patrique est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/les-classiques-de-patrique/feed/ 0
Dans les yeux de Lya, 1 https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/dans-les-yeux-de-lya-1/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/dans-les-yeux-de-lya-1/#respond Fri, 15 Mar 2019 18:37:45 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=59446 Retrouver coûte que coûte le chauffard qui la laissa inanimée et handicapée à vie, voilà le but de la vie de Lya. Carbone et Justine Cunha imaginent Dans les yeux de Lya, une excellente bande dessinée chez Dupuis. Une vie, un but Alors piétonne et âgée de 17 ans, Lya se fait renverser par une […]

L’article Dans les yeux de Lya, 1 est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
Retrouver coûte que coûte le chauffard qui la laissa inanimée et handicapée à vie, voilà le but de la vie de Lya. Carbone et Justine Cunha imaginent Dans les yeux de Lya, une excellente bande dessinée chez Dupuis.

Une vie, un but

Alors piétonne et âgée de 17 ans, Lya se fait renverser par une voiture. Le chauffard prend la fuite. Elle sera paralysée à vie.

Quelques années plus tard, ses parents acceptent un gros chèque de cet homme via maître De Villegan. En contrepartie, ils s’engagent à retirer leur plainte et ne pas le poursuivre. Jamais, ils ne dévoileront le nom du fuyard à leur fille.

Lya découvre la vérité sans l’identité du conducteur. Pour réparer l’injustice, elle poursuit des études d’avocate.

Se rapprocher de maître de Villegan

Lya réussit l’exploit de se faire engager comme stagiaire dans le cabinet de De Villegan. Elle change son nom et choisit astucieusement maître Moraltet pour ses dix mois de stage.

Elle emménage chez Antoine, un ami. Son plan est sur les rails. Il faudra juste trouver une stratagème pour descendre au sous-sol et trouver le dossier du chauffard. Plus facile à dire qu’à faire surtout en fauteuil…

Dans les yeux de Lya : de la détermination pour réparer l’injustice

Décidément Carbone est une scénariste qui nous séduit par ses très belles histoires. L’ancienne professeure des écoles est à l’honneur ses derniers mois : les Zindics anonymes avec Christ James et La boîte à musique avec Gijé (Fauve jeunesse 2019 à Angoulême). Loin du royaume de Pandorient, elle tisse une aventure à suspense avec Dans les yeux de Lya.

Pour happer son lectorat, elle façonne avec soin le caractère de Lya. Jeune fille handicapée, elle est d’une détermination hors du commun. Elle met tout en œuvre (ses études, son plan au cabinet d’avocats) pour se faire justice et réparer une injustice.

Carbone n’oublie pas des touches d’humour pour égayer son récit, notamment par les relations très drôles entre Lya et Antoine.

Des personnages secondaires forts

Si ses parents avaient choisi la négociation, la paix et la protection de leur fille, Lya veut connaître la vérité, quitte à trop souvent foncer tête baissée sans réfléchir.

Cette soif de vérité est rythmée, intelligente et portée par des personnages secondaires qui sont loin d’être des faire-valoir : Antoine, le fidèle ami qui se mouillera pour Lya ou encore Adèle, l’assistante avocate qui deviendra une alliée. Sans oublier, De Villegan, avocat une brin tyrannique et hautain.

Un dessin moderne

Ce premier opus qui ressemble à un polar bénéficie du très bon dessin de Justine Cunha. Son trait numérique moderne est plaisant. Sans contour, ses personnages ont une très belle allure et apportent une grande lisibilité au récit. Une belle réussite, de belles planches.

Dans les yeux de Lya : un premier excellent tome autour de l’injustice porté par un personnage ultra-déterminé. La suite, vite !

L’article Dans les yeux de Lya, 1 est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/dans-les-yeux-de-lya-1/feed/ 0
Ada https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/ada-baldi-ici-meme/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/ada-baldi-ici-meme/#respond Thu, 14 Mar 2019 13:28:12 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=59400 La vie d’Ada n’est pas toute rose. Son père violent et sa mère absente ne constituent pas de bons repères pour une jeune fille. Son seul refuge : la peinture. Barbara Baldi imagine son quotidien si délicat dans Ada, une superbe album Ici Même. Vivre avec un père violent Autriche 1917. Ada et son père […]

L’article Ada est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
La vie d’Ada n’est pas toute rose. Son père violent et sa mère absente ne constituent pas de bons repères pour une jeune fille. Son seul refuge : la peinture. Barbara Baldi imagine son quotidien si délicat dans Ada, une superbe album Ici Même.

Vivre avec un père violent

Autriche 1917. Ada et son père habitent dans un maison isolée de Gabitz. Seuls depuis le départ volontaire de la mère, l’adolescente passe son temps à servir son géniteur : repas, ménage et travaux du quotidien. Tout cela ne lui laisse que peu de répit.

Pire, son père lui en fait voir, l’insultant pour tout et rien. Cette violence verbale, Ada l’accepte sans broncher. En a-t-elle vraiment le choix ?

Le dessin comme échappatoire

Dans ce quotidien pas toujours rose, Ada peut compter sur Gertha, sa chienne, unique compagne d’infortune. Son père n’aime pas l’animal, lui interdisant d’entrer dans la maison. Qu’importe, l’adolescente la fait venir dans son lit pendant la nuit. Son seul réconfort physique.

Pour échapper à cet univers de violence, Ada s’enferme dans une vieille cabane en bois où elle dessine…

Dans la tête d’Ada

Après La partition de Flintham, superbe album, les éditions Ici Même proposent la deuxième bande dessinée de Barbara Baldi. Ce drame bouleversant vous prend dès la première page sans vous lâcher jusqu’à la fin.

C’est le rythme imposé par la jeune autrice qui prend aux tripes. La lenteur fait monter le malaise. Sans grandes effusions et sans heurts, elle délivre un récit chargé d’émotions et poignant.

Avec une économie de mots et un superbe dessin très contemplatif, Barbara Baldi nous attrape par le main pour nous faire entrer dans la tête de sa jeune héroïne.

Conditions délicates des femmes

Non seulement, la vie quotidienne était dure à la campagne au début du XXe siècle mais qui plus est lorsque l’on était une femme. La double peine ! La vie modeste dans un grand dénuement couplée à la violence des mots, cela endurcit n’importe qui. Si on y ajoute le temps troublé de la Première guerre mondiale et l’on obtient une histoire forte et délicate.

Ada rencontrera de grands artistes à Vienne. Ainsi, Barbara Baldi met en lumière la force des arts pour s’évader du quotidien et pour s’élever socialement.

De l’élégance du trait

Puisque le dessin est au cœur de Ada, il semblait logique que l’autrice italienne réalise ses planches dans la veine des artistes-peintres. Quelle beauté !

Par de sublimes aquarelles (aidées par l’ordinateur), Barbara Baldi peint ses pages. Les lecteurs sont éblouis et charmés par la force de ce dessin si délicat et élégant. Les matières ont un rendu d’une belle justesse.

Ada : Quand l’odieux se mêle à la beauté, quand la violence tutoie la lumière ! Superbe !

L’article Ada est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/ada-baldi-ici-meme/feed/ 0
Concerto pour main gauche https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/concerto-pour-main-gauche/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/concerto-pour-main-gauche/#respond Wed, 13 Mar 2019 09:06:55 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=59378 Paul Wittgenstein perd son bras à  la guerre. Maurice Ravel composera pour lui son célèbre Concerto pour main gauche. Yann Damezin met en scène sa biographie dans un superbe album aux éditions La Boîte à Bulles. Envoutant ! Enfance douloureuse Vienne en Autriche, 1887. Paul Wittgenstein était l’un des membres d’une grande famille très aisée. […]

L’article Concerto pour main gauche est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
Paul Wittgenstein perd son bras à  la guerre. Maurice Ravel composera pour lui son célèbre Concerto pour main gauche. Yann Damezin met en scène sa biographie dans un superbe album aux éditions La Boîte à Bulles. Envoutant !

Enfance douloureuse

Vienne en Autriche, 1887. Paul Wittgenstein était l’un des membres d’une grande famille très aisée. Léopoldine, sa mère, ne se remis jamais du suicide de ses trois garçons par noyade ou revolver. Tandis que son père jouait les durs, lui le patron d’une usine d’acier. La mort accompagnait les Wittgenstein comme la musique. Surprenant attelage de la vie.

Piano douloureux

Violoncelle, piano, harpe ou flûte traversière, tous les membres de la famille jouaient d’un instrument. Fasciné par le piano, Paul tenta de dompter les cordes et les marteaux. Ce fut douloureux. Tout le monde détestait lorsqu’il mettait ses mains sur les touches noires et blanches. Le talent ne l’avait pas touché. Malgré les leçons, la musique ne suivait pas. Son piano était trop brusque.

Son père décéda d’un cancer. La mort continuait de jalonner la vie des Wittgenstein. L’élan musical de Paul fut stoppé net par la Première guerre mondiale.

Bras douloureux

Très patriote, vrai nationaliste, à 26 ans, Paul devint chef d’une petite unité. Avec six hommes, ils se firent canarder et le pianiste perdit son bras.

Après avoir été prisonnier du camp d’en face, il revint chez lui et reprit ses leçons. Il fallut tout réapprendre de la main gauche…

Concerto pour main gauche : tourment d’un pianiste

Lorsque l’on nous dit dans un communiqué de presse que l’album est un chef-d’œuvre, nous nous méfions. La force de la communication ! Pour une fois, le terme n’est pas galvaudé. Concerto pour main gauche est un très grand album : fort, plein de poésie et d’une rare intelligence.

En choisissant de raconter la vie romanesque et tourmentée de Paul Wittgenstein, Yann Damezin a eu le nez fin. Lorsque les affres de la création sont inhérents à un problème physique, cela donne une foisonnement intéressant et fascinant.

Lorsqu’une personne souffre d’une gène ou d’un handicap, elle trouve toujours des stratégies pour contourner le problème plus ou moins fort. Ce sera le cas pour Paul : il réapprendra à tout faire de l’autre main. Sa renommée de pianiste, elle sera fondée sur des concerts d’œuvres commandées à des grands compositeurs Prokofiev, Strauss ou Ravel, qui inventera pour lui Concerto pour main gauche. C’est aussi l’argent qui lui permit tout cela.

De la force du dessin

Dans Concerto pour main gauche, la vie se mélange à la mort, la musique à l’effort, le piano à l’évasion. Ce superbe voyage introspectif bénéficie d’une superbe partie graphique.

Les 112 pages sont puissantes. Yann Damezin, dont c’est le premier album publié, donne sa pleine mesure par un découpage méticuleux, rythmé et redoutable d’efficacité. Rappelant le trait de David B, son dessin est inventif. Il arrive à restituer les tourments de Paul Wittgenstein par des démons et autres créatures fantastiques. Pour les signifier, il n’hésite pas à les faire entrer dans le corps du pianiste. Les courbes, entrelacs et volutes rappellent celles de Zeina Abirached dans le Piano Oriental. Les gueules cassées et les mutilés sont à la fois effrayants et beaux sous ses crayons.

Concerto pour main gauche : le destin extraordinaire d’un pianiste amputé, porté par un onirisme éblouissant et un dessin sublime !

L’article Concerto pour main gauche est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/concerto-pour-main-gauche/feed/ 0
Saccage https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/saccage/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/saccage/#respond Mon, 11 Mar 2019 14:28:31 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=59355 Frederik Peeters nous étonnera toujours ! Le voici, délivrant les errances fantasmagoriques d’un homme dans Saccage, un roman graphique sans texte puissant et beau aux éditions Atrabile ! Saccage de notre belle Terre A bicyclette, un homme tout jaune avec des bandages sur les cuisses erre dans un monde dévasté. Il entre dans une maison […]

L’article Saccage est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
Frederik Peeters nous étonnera toujours ! Le voici, délivrant les errances fantasmagoriques d’un homme dans Saccage, un roman graphique sans texte puissant et beau aux éditions Atrabile !

Saccage de notre belle Terre

A bicyclette, un homme tout jaune avec des bandages sur les cuisses erre dans un monde dévasté. Il entre dans une maison sans toit et complétement explosée. Il se souvient alors de lui plus jeune. Rejeté par les autres parce que différent, il aimait regarder par la fenêtre le monde qui l’entourait.

Ce petit garçon n’est plus. A jamais enterré avec ses rêves et son insouciance. Dans cet univers post-apocalyptique, il se traine, son double sur son porte-bagage. Il croise de ci, des animaux modifiés génétiquement, de là, une baleine échouée qui implose.

Rien ne va plus

Tout va à vau-l’eau dans Saccage : les Hommes sont surexploités dans une mine à ciel ouvert, l’agriculture est productiviste, les riches sont très riches et les pauvres, très pauvres. Les enfants africains doivent travailler dans des décharges où les composants de téléphone ayant appartenu aux Occidentaux sont néfastes pour leur santé.

La misère, la famine et la guerre sont les fléaux d’hier, d’aujourd’hui et de demain. La religion, la malbouffe et l’argent sont rois sur une planète qui ne sait plus où elle en est.

Frederik Peeters : du génie en bande dessinée

Frederik Peeters est un immense artiste. Changeant d’univers et de style à chaque album, il n’est jamais là où on l’attend et c’est ce qui nous plait chez lui ! En moins de vingt ans, il s’est construit une œuvre unique et singulière, un univers rare et riche.

Depuis son chef-d’œuvre Les pilules blues jusqu’à L’homme gribouillé (avec Serge Lehman), en passant par Constellation, Lupus, Koma, Aâma, Les miettes (avec Ibn Al Rabin) ou L’odeur des garçons affamés (avec Loo Hui-Phang), tout est génial chez lui. Les albums se succèdent avec une aisance narrative et graphique qui confinent au génie.

Du pessimisme de Frederik Peeters

Dans Saccage, Frederik Peeters met tout son pessimisme et son dégoût de l’âme humaine. Celle décevante, celle qui avilie et détruit la Terre. Mais, en même temps, il illumine les rages et les révoltions des Hommes. Inclassable, cet album démentiel se pare d’une graphisme énorme. Les illustrations sans texte sont époustouflantes et les couleurs électrisantes.

Cette surprenante fable d’anticipation est à la fois onirique et baroque, simple et complexe, lisible et fourmillante de détails. Puisque sans texte, chacun pourra y voir et interpréter ce qu’il veut.

Frederik Peeters mélange à l’envi les époques historiques (dinosaures, Lincoln, le char de Tinanmen…) et les lieux géographiques. Comme il l’indique en post-face, Saccage fut inspiré par des travaux de personnalités et artistes divers. Ainsi, le lecteur pourra déceler des clins d’œil  aux romans, à la peinture, aux dessins animés ou à la sculpture. Les hommages aux grands maîtres de la bande dessinée sont nombreux : Druillet, Giraud-Moebius, Otomo, Burns, Darrow, DeForge, Dix, Hergé, Jodorowsky ou encore Kirby.

Saccage : un livre unique par un auteur unique. Fascinant !

L’article Saccage est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/saccage/feed/ 0
Prix Bulles de sport : nouvelle récompense https://www.comixtrip.fr/dossiers/prix-bulles-de-sport/ https://www.comixtrip.fr/dossiers/prix-bulles-de-sport/#respond Sun, 10 Mar 2019 12:01:35 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=dossiers&p=59334 Une nouvelle récompense dans le monde du 9e art arrive bientôt : le Prix Bulles de sport, récompensant un album de bande dessinée dont la thématique principale est le sport. En attendant le dévoilement des 4 finalistes à la fin du mois, Meddy, le coordonnateur, nous en dit plus à travers une petit entretien. Meddy, […]

L’article Prix Bulles de sport : nouvelle récompense est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
Une nouvelle récompense dans le monde du 9e art arrive bientôt : le Prix Bulles de sport, récompensant un album de bande dessinée dont la thématique principale est le sport. En attendant le dévoilement des 4 finalistes à la fin du mois, Meddy, le coordonnateur, nous en dit plus à travers une petit entretien.

Meddy, tu es le coordonnateur du Prix Bulles de Sport. Pourquoi avoir voulu créer cette récompense ?

Je suis fan de sports et de bande dessinée. Or il n’existait aucun prix récompensant les bandes dessinées sportives, d’où cette idée du Prix Bulles de Sport !

Quelle en est l’idée principale ?

Le Prix Bulles de Sport a pour objectif de récompenser les bandes dessinées traitant du sport et de mieux faire connaître le genre de la bande dessinée sportive.

Qui sont les membres du jury ?

Nous sommes neuf. Homme ou femme. Plus ou moins âgés. Exerçant diverses activités professionnelles et habitant aux quatre coins de la France. Et nous avons un point commun : nous sommes tous fans de bande dessinée et de sport.

Nous sommes totalement libres, affiliés à RIEN. Il s’agit donc d’un vote populaire, de citoyens anonymes. En ces temps de spécialistes pour tout et n’importe quoi, nous désirons clamés haut et fort cette différence ! Ce prix est une initiative de gens qui veulent juste prendre du plaisir en toute indépendance. Sans aucune prétention d’expertise mais dans un souci de franchise.

Sur quels critères reposent les choix des œuvres ?

Nous privilégions les one-shots ou les séries courtes (trilogie maximum). Et les bandes dessinées pour adultes. Si l’œuvre respecte ces critères et qu’elle parle de sport, elle est éligible et nous devons la lire !!

Combien d’albums avez vous lu pour établir votre sélection ?

Nous avons lu plus d’une vingtaine de titres pour notre prix 2019. Certaines bandes dessinées ont été écartées car elles n’évoquaient pas assez le sport. Toutes les autres sont en course pour le titre final !

Pourquoi ne vouloir retenir que quatre titres ?

Parmi tous les albums éligibles, nous allons en retenir quatre en avril. Ce seront nos quatre finalistes : un premier tri sera fait.

Peux-tu nous présenter les albums en lice ? Pourquoi ces choix ?

Parmi les titres en compétition, il y a de nombreux sports représentés : la boxe (avec Blue Corner, El Boxeador, Zéro), l’athlétisme (Zatopek), le cyclisme (Raymond), le baseball (Le rêve de mon père), le basket (Silencio), le football (Les Lumières de Niteroi, 90 minutes, Football District, Deathfix, Rêve sur le toit du monde), les sports mécaniques (Gordini, le Prix de la vitesse) et le tennis (Rodger).

Comment va être désigné le vainqueur du Prix Bulles de Sport ?

Il sera choisi, par vote du jury, parmi les quatre finalistes.

Quand l’annonce sera-t-elle dévoilée ?

Le lauréat du Prix Bulles de sport sera connu début mai.

Y a-t-il un trophée récompensant l’album lauréat ?

Non. On gagne uniquement le titre de meilleur bande dessinée de sport de l’année… selon nous. C’est tout à fait subjectif… comme la majorité des prix ou des palmes… On assume à 150 % !

Entretien réalisé le vendredi 8 mars 2019

L’article Prix Bulles de sport : nouvelle récompense est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
https://www.comixtrip.fr/dossiers/prix-bulles-de-sport/feed/ 0
Magus of the library https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/magus-of-the-library/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/magus-of-the-library/#respond Sun, 10 Mar 2019 09:52:51 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=59312 Et si un livre pouvait changer la vie d’une personne ou pouvait changer le monde ? Rejeté par les autres, Shio se réfugie tous les jours dans la lecture. Son rêve est de partir à la capitale pour découvrir la plus grande bibliothèque du pays. Un jour, les gardiennes de ce lieu de culture arrivent […]

L’article Magus of the library est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
Et si un livre pouvait changer la vie d’une personne ou pouvait changer le monde ? Rejeté par les autres, Shio se réfugie tous les jours dans la lecture. Son rêve est de partir à la capitale pour découvrir la plus grande bibliothèque du pays. Un jour, les gardiennes de ce lieu de culture arrivent dans son village… Les éditions Ki oon proposent le premier volume de leur nouvelle série Magus of the library, un magnifique hymne à la lecture et aux savoirs signée Mitsu Izumi. Enchanteur et divin !

« Le livre. Une source de savoir, une accumulation de signes chargés de sens, un précieux héritage qui relie passé et futur. C’est un mage qui me l’a dit un jour : protéger les livres, c’est tout simplement… protéger le monde ! »

Shio interdit de bibliothèque

Petit garçon vivant seul avant sa sœur Tifa, Shio aime plus que tout au monde, lire. Son livre favori : Les aventures de Shagrazat. Il s’identifie au personnage principal dont le but est de découvrir le monde.

Mais Ossé Ménès, le propriétaire de la bibliothèque du village d’Amun, n’est pas d’accord pour que le garçon vienne lire dans son établissement. Il lui en interdit l’accès parce qu’il est un habitant des faubourgs. Pour lui, tous sont menteurs, voleurs et abîment les livres.

Shio rejeté par les autres

Shio ne comprend pas pourquoi on lui interdit de lire. Il est précautionneux, il sait lire et n’est pas un voleur. Il remet alors son foulard sur sa tête pour cacher ses oreilles en pointes.

Cette caractéristique physique, son teint pâle et ses cheveux aux reflets dorés font de lui un être à part. Les autres enfants de son âge le rejettent aussi pour cela. Il est donc exclu pour son savoir et sa différence physique. Une double peine délicate pour ses frêles épaules.

L’arrivée des Kahunas

Heureusement, Shio pouvait compter sur sa grande sœur, ainsi que ses amis les animaux de la forêt et plus particulièrement Kukuo, un étrange chien. Tifa travaille énormément pour pouvoir payer l’école de son petit frère. Si elle n’a pas eu la chance de pouvoir y aller longtemps, elle veut que Shio puisse étudier et avoir un métier convenable.

Alors qu’il traverse le village, le garçon est de nouveau embêté par d’autres enfants. La tension retombe lorsqu’une belle jeune femme sur un cheval intervient. Sedonna – c’est son prénom – est un Kahunas. Trois d’entre elles sont venues à Amun depuis Afshak, la capitale. Elles ont une mission importante : elles veillent sur les livres de la grande bibliothèque, les réparent et diffusent le savoir dans tout le pays…

Magus of the library : hymne à la lecture et aux savoirs

Quelle très belle surprise que ce premier volume de Magus of the library ! Ce manga grand public (dans la collection Kizuna) est un régal pour les yeux et d’une intelligence rare. Le récit de Mitsu Izumi emporte le lecteur avec une facilité déconcertante. La jeune mangaka de 30 ans a un sens appuyé de la narration.

Son cœur d’intrigue est simple : le rejet d’un être différent physiquement et l’élévation dans la société par le savoir. Demi-sang, Shio n’est pas accepté par les autres (les enfants et le directeur de la bibliothèque). Pourtant bienveillant, calme et introverti, il ne comprend pas ce rejet systématique par tout le monde. Sa seule échappatoire : les livres. Sa sœur se tue au travail – elle en cumule trois –  pour son instruction. Un bien précieux pour ce petit être à la vie modeste.

Sortir de sa condition et éviter le déterminisme social, tels sont les valeurs de Magus of the library. C’est la lecture et l’accès aux savoirs qui pourront sûrement « sauver » Shio. Les messages universels sont forts dans ce manga jeunesse : l’acceptation de soi et des autres mais aussi l’instruction pour tous. Ainsi, Mitsu Izumi met ainsi à mal les discriminations.

« Les récits ont parfois un grand impact sur la vie des lecteurs, c’est un pouvoir extraordinaire »

Ce très joli début de quête initiatique est révélé par l’arrivée des Kahunas. A l’image des Vestales dans la Rome Antique, ces femmes mystérieuses sont les gardiennes du savoir. Elles sont belles et pratiquent la magie, une curiosité forte lorsque l’on est un petit garçon.

Si le scénario de l’autrice japonaise (7th Garden, Ano Hana) est merveilleux et parfois poignant, sa partie graphique est fabuleuse ! Quelle puissance dans le dessin ! Le découpage est maîtrisé, les personnages expressifs mais que dire des décors et des vêtements ! Ils sont magistraux. Il suffit de se pencher sur les arbres, les plaines et les montagnes, le village au loin, la bibliothèque de Afshak ou encore les façades des bâtiments pour tomber sous le charme de ces planches merveilleuses. Quant aux costumes, ils sont riches d’une précision rare.

Magus of the library : entre savoir, aventure et magie, un premier opus de grande qualité pour toute la famille. On en redemande encore et encore !

L’article Magus of the library est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/magus-of-the-library/feed/ 0
La ZAD c’est plus grand que nous https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/la-zad-azuelos-rochepeau-futuropolis/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/la-zad-azuelos-rochepeau-futuropolis/#respond Thu, 07 Mar 2019 15:31:17 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=59228 A partir de 2009, sur le site du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes, des centaines de personnes s’organisent pour lutter contre ce projet et préserver l’écosystème des tractopelles. Ils constituent alors une ZAD. Simon Rochepeau et Thomas Azuelos y sont restés plusieurs semaines et en ont créé un album militant de grande valeur, La ZAD c’est […]

L’article La ZAD c’est plus grand que nous est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
A partir de 2009, sur le site du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes, des centaines de personnes s’organisent pour lutter contre ce projet et préserver l’écosystème des tractopelles. Ils constituent alors une ZAD. Simon Rochepeau et Thomas Azuelos y sont restés plusieurs semaines et en ont créé un album militant de grande valeur, La ZAD c’est plus grand que nous aux éditions Futuropolis.

L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes : un vieux projet irréalisable et coûteux

En 1963, un projet naissait dans la tête des hommes politiques : l’aéroport du Grand Ouest au sud du bourg de Notre-Dame-des-Landes. Il devait désengorger ceux de la capitale mais aussi permettre une plus grande mobilité géographique du côté de la Bretagne.

Mis en sommeil dans les années 70 à cause de la crise des chocs pétroliers, il est remis au goût du jour par Lionel Jospin alors Premier ministre. Deux syndicats mixtes sont créés pour piloter le projet. Déclaré d’utilité public, il devait ouvrir en 2017.

Projet coûteux (plus de 550 millions d’euros au départ), irréalisable et écologiquement destructeur, l’aéroport agrège de nombreuses personnes opposées au projet. Dès 1972, la lutte débute et s’intensifie pour se transformer en ZAD (Zone à défendre) à partir de 2009.

La ZAD Notre-Dame-des-Landes : une vie de lutte(s)

Au plus fort de la lutte, à partir de 2012, des centaines de femmes et d’hommes s’organisent pour un siège très long. C’est dans ce contexte que Simon Rochepeau et Thomas Azuelos s’y rendent dans le but de faire connaitre la lutte à travers un album de bande dessinée.

La vie prend racine(s) dans cette zone à l’écosystème de grande valeur. Des paysans du coin sont rejoints par des idéalistes et des radicaux. Ils rêvent d’une vie meilleure, d’une modèle économique et sociétal plus juste et plus humain.

Parmi eux, il y a Gildas et Christine, un couple de paysans en passe d’être expropriés. Ils viennent lutter avec les autres parce que tous les recours administratifs pour sauver leur exploitation ont échoués.

Il y a aussi Kat et Scoot, radicalisés et prêts à lutter physiquement mais aussi Cloé, toute nouvelle arrivée sur le site et qui tombe sous le charme de Maxime, un ancien. Si chacun veut défendre la ZAD, tous n’ont pas la même vision de la lutte et même du futur des lieux…

Destructions et blessés : de la dureté du conflit

D’une grande force narrative et graphique La ZAD c’est plus grand que nous, happe les lecteurs, les entrainent et les fait réfléchir sur notre rapport à la notre terre, au pouvoir et à l’obéissance civile.

A travers 208 pages, Simon Rochepeau et Thomas Azuelos essaient de nous faire comprendre ses années de lutte, démêler le vrai du faux. Les zadistes sont beaux sous leur plume et deviennent attachants malgré leur caractère parfois fort. S’ils sont tous fictifs, ils sont inspirés par des personnes existantes que les auteurs ont rencontré sur place.

Le duo avait déjà travaillé ensemble sur L’homme aux bras de mer (2018), Le fantôme arménien (2015) et Douce France (2013). Ce regard croisé fonctionne à merveille. Solidement documenté et de l’intérieur, La ZAD c’est plus grand que nous souligne aussi la dureté du conflit. Blessés , destructions de cultures et d’habitats, tout est âpre. Simon Rochepeau met aussi en lumière le jeu subtil du chat et de la souris entre les zadistes et les forces de l’ordre.

Entre abstractions et silences, les planches de Thomas Azuelos sont magnifiques. Il arrive à nous faire ressentir tous les aspects de la lutte et plus particulièrement les moments de combats avec les autorités policières. Et c’est cela qui est très fort !

De l’obscurité nait la lumière et l’espoir. Malgré les obstacles, la vie a tenu bon dans la ZAD. Le projet est abandonné le 17 janvier 2018, et même si l’évacuation fut tendue, le camp des zadistes a gagné. Une victoire qui en appelle d’autre à Sivens, à Bure, à Gonesse, à Drucat ou encore à Plaisance du Touche mais ce sont d’autres histoires…

L’article La ZAD c’est plus grand que nous est apparu en premier sur Comixtrip.

]]>
https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/la-zad-azuelos-rochepeau-futuropolis/feed/ 0