Comixtrip https://www.comixtrip.fr La bande dessinée du monde, le monde de la bande dessinée Sat, 21 Sep 2019 16:53:07 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.2.3 Ninja-K https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/ninja-k-bliss-valiant/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/ninja-k-bliss-valiant/#respond Sat, 21 Sep 2019 15:51:20 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=64669 Des Ninjas, de l’action, un terrible secret et une porte d’entrée sur l’univers Valiant, tel est le programme de Ninja-K paru chez Bliss comics. UN BON SCENARIO D’ESPIONNAGE Pendant la première guerre mondiale, le MI6, les services secrets britanniques, créent un programme qui vise à former des guerriers furtifs quasiment invincibles, on les appelle les […]

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Des Ninjas, de l’action, un terrible secret et une porte d’entrée sur l’univers Valiant, tel est le programme de Ninja-K paru chez Bliss comics.

UN BON SCENARIO D’ESPIONNAGE

Pendant la première guerre mondiale, le MI6, les services secrets britanniques, créent un programme qui vise à former des guerriers furtifs quasiment invincibles, on les appelle les Ninjas. Pendant près d’un siècle, ils se succèdent, œuvrant dans l’ombre pour mettre fin aux plus grands conflits mondiaux. Mais lorsque Ninja-D est assassiné, Ninja-K, l’actuel guerrier décide d’enquêter sur les causes de la mort de son mentor.

Sans être elles-mêmes originales, l’association de chacune des idées de base de ce scénario promet un récit dans lequel l’action sera omniprésente.

Et c’est le cas, Christos Gage maîtrise la narration pour faire en sorte que le lecteur ne s’ennuie pas une seconde.

DÉCOUVRIR L’UNIVERS VALIANT

L’autre point fort de cet imposant volume de 400 pages, c’est de permettre à un lecteur totalement novice de découvrir et d’apprécier sans aucun problème l’univers et les héros Valiant.

En effet, après un premier arc narratif uniquement consacré au Ninja-K, le scénariste incorpore petit à petit d’autres héros et ennemis emblématiques sans pour autant complexifier le récit.

Qu’on connaisse ou pas ces protagonistes, l’intrigue reste totalement accessible. Libre à nous ensuite de compléter nos connaissances avec la lecture d’autres tomes des récits complets proposés par Bliss Edition dans son catalogue.

Mais alors, on pourrait se dire qu’un lecteur habitué à l’univers Valiant restera sur sa faim.

Il n’en est rien.

Ninja-K : UNE RÉÉCRITURE ASTUCIEUSE DU HÉROS

La véritable trouvaille scénaristique de Christos Gage réside en effet dans ce qui aurait pu n’être qu’un détail : Ninjak devient Ninja-K

Ainsi, alors que Colin King connu sous le nom de Ninjak, était un super-héros à part entière, il devient, sous la plume de Gage, le dernier représentant d’une lignée de Ninjas formés en secret par le MI6.

Les enjeux diffèrent et le concept prend ainsi de l’épaisseur en ajoutant une touche de programme top secret gouvernemental destiné à créer des super agents. De fait, Ninja-K partage bon nombre de points communs avec James Bond.

Mais on pense aussi bien évidemment à des personnages comme Captain America ou Wolverine issus de l’univers Marvel, ce qui n’est pas pour déplaire à un lecteur habitué aux comics.

Ces deux facettes du personnage sont assumées par le scénariste qui alterne des histoires d’espionnage avec des aventures de super héros avec beaucoup de maîtrise.

PLUSIEURS UNIVERS, PLUSIEURS DESSINATEURS

Pour illustrer ces univers graphiquement différents, Christos Gage s’est accompagné de dessinateurs choisis avec justesse.

Ainsi, les différentes ambiances sont magnifiées par des artistes qui mettent en avant leurs points forts. On prend donc plaisir à admirer les magnifiques planches de piliers de l’univers Valiant.

Le premier est Tomás Giorello (X-O Manowar), un habitué des super-héros dont la maîtrise des scènes d’action est à couper le souffle.

Roberto de la Torre (Rapture), avec son style rugueux, accompagne les histoires les plus noires du recueil.

Et pour compléter le tableau, les aventures mettant en scène les super-vilains les plus puissants sont illustrées par le talentueux Juan José Ryp (Britannia).

Notons enfin que les éditions Bliss complètent ces aventures d’une galerie de couvertures et de croquis en noir et blanc qui permettent d’admirer la maîtrise graphique des artistes qui donnent forme à Colin King, le désormais célèbre Ninja-K.

Avec la publication de Ninja-K, les éditions Bliss continuent leur politique visant à faire découvrir l’univers Valiant aux lecteurs français par le biais de volumes conséquents et cohérents. Il s’agit là d’une belle réussite, qui ravira les néophytes comme les habitués.

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La vie hantée d’Anya https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/la-vie-hantee-danya-brosgol/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/la-vie-hantee-danya-brosgol/#respond Thu, 19 Sep 2019 13:28:28 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=64575 Anya a du mal à se faire à sa nouvelle vie américaine, elle, d’origine russe. Sa rencontre avec le fantôme d’une adolescente va bouleverser son existence. Vera Brosgol raconte ces moments surnaturels dans La vie hantée d’Anya. Une belle surprise. Complexes à tous les étages Anya vit avec sa mère et son petit frère dans […]

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Anya a du mal à se faire à sa nouvelle vie américaine, elle, d’origine russe. Sa rencontre avec le fantôme d’une adolescente va bouleverser son existence. Vera Brosgol raconte ces moments surnaturels dans La vie hantée d’Anya. Une belle surprise.

Complexes à tous les étages

Anya vit avec sa mère et son petit frère dans un pavillon de banlieue des Etats-Unis. D’origine russe, sa famille continue d’avoir des rapports avec la diaspora de son pays dans celui de l’Oncle Sam.

L’adolescente a du mal à s’intégrer dans son lycée et souffre de nombreux complexes dont celui important du poids. D’ailleurs sa mère ne comprend pas pourquoi. Elle lui prépare toujours des repas trop caloriques. Anya préfère alors jeter ces paniers du midi à la poubelle.

En allant à l’école, elle retrouve sur son chemin, Shioban, sa meilleure amie au look très garçon, mais ne parle jamais avec Dima, élève tout chétif et très intelligent.

Drôle d’endroit pour une rencontre

Énervée par une discussion avec Shioban et la vue d’un couple s’embrassant, Anya repart furieuse chez elle. Perdue dans ses pensées, elle ne remarque pas un trou devant elle. C’est la chute !

Elle crie mais personne ne l’entend. Pire, elle tombe nez à nez avec un squelette. Apparaît alors le fantôme de ce tas d’os; celui d’une adolescente tombée elle aussi dans ce puits. Une étrange discussion s’engage entre elle…

La vie hantée d’Anya ou une rencontre effrayante

La vie hantée d’Anya est un très bon titre jeunesse. Récit fantastique, il plaira à un grand nombre de lecteurs tant les sujets abordés sont interpellant pour eux.

Après le formidable Un été d’enfer, Vera Brosgol accentue tout le bien que l’on pensait d’elle : c’est une excellente conteuse, une autrice qui sait capter l’attention.

Comme son précédent album, l’autrice américaine choisit une héroïne adolescente pour raconter son histoire. Comme Vera, Anya est une fille timide, complexée et ayant du mal à s’intégrer.

Premiers émois, tensions familiales et vie à l’école, Vera Brosgol aime conter des histoires adolescentes. Elle réussit parfaitement à décrire les émotions de cette période charnière si délicate. D’ailleurs le fantôme du récit se pose aussi ces questions existentielles.

Déracinement et intégration

Comme pour Un été d’enfer – récit autobiographique – Vera Brosgol choisit pour personnage principal, une adolescente d’origine russe. Elle même issue de ce grand pays européen, elle connait parfaitement les difficultés d’intégration et les problèmes liés au déracinement.

Fuyant un régime autoritaire et profitant de l’ouverture après la Perestroïka, de nombreuses familles ont choisi les États-Unis, terre de liberté (pas si sûr).

Comme de nombreuses communautés en Amérique, elles se regroupent, s’entraident et vivent souvent ensemble. Comme le montre La vie hantée d’Anya, la religion orthodoxe joue alors le rôle prépondérant dans ces moments de partage. Vera Brosgol, comme son héroïne ou celle de Un été d’enfer, semble ne plus être en phase avec ces préceptes religieux souvent durs.

Fantastique thriller

La vie hantée d’Anya bénéficie de tout le talent graphique de Vera Brosgol accroche son lectorat par une histoire rafraichissante et très moderne.

Elle imagine un récit fantastique qui glisse lentement vers le thriller angoissant mais accessible pour les plus jeunes. Et si le fantôme n’avait pas que de bonnes intentions ? Au départ, elle veut aider Anya mais son passé la rattrape rapidement. La jalousie est proche.

A l’image du merveilleux Fantômes de Raina Telgemeier, l’autrice américaine parle du temps qui passe et de la mort.

La vie hantée d’Anya : Une très belle surprise !

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Les deux vies de Pénélope https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/les-deux-vies-de-penelope-vanistendael-le-lombard/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/les-deux-vies-de-penelope-vanistendael-le-lombard/#respond Wed, 18 Sep 2019 08:38:32 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=64419 Après le magnifique David, les femmes et la mort, Judith Vanistendael nous livre avec Les deux vies de Pénélope un splendide album, aussi profond qu’intimiste, édité chez Le Lombard. Médecin humanitaire, Pénélope travaille au sein d’un camp de réfugiés, mais comment oublier l’horreur pour retrouver son foyer ? Un voyage entre deux mondes C’est l’histoire […]

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Après le magnifique David, les femmes et la mort, Judith Vanistendael nous livre avec Les deux vies de Pénélope un splendide album, aussi profond qu’intimiste, édité chez Le Lombard. Médecin humanitaire, Pénélope travaille au sein d’un camp de réfugiés, mais comment oublier l’horreur pour retrouver son foyer ?

Un voyage entre deux mondes

C’est l’histoire de Pénélope, une chirurgienne pour Médecins sans frontière, une mère, une épouse, une sœur.. qui s’absente plusieurs mois de suite depuis dix ans pour tenter de sauver des vies dans les camp de réfugiés à Alep, en Syrie.
Mais après la guerre, la violence, la détresse omniprésente et les morts, comment revenir à sa vie d’avant? Comment retrouver son foyer ?

Après chaque mission, le retour dans sa famille est en effet de plus en plus dur, le décalage et l’incompréhension se font plus importants; cette fois elle ramène même le fantôme d’une petite fille dans ses bagages… Un fantôme symbolisé par des touches de rouge profond qui tranchent avec les autres couleurs apaisantes et poétiques du reste de l’album.

L’odyssée d’une Pénélope moderne

J’ai beaucoup aimé les nombreux clins d’œil à l’œuvre d’Homère, dont on savoure la réécriture. Dès les premières pages, on découvre le motif d’un fil, faisant référence au fil que tisse Pénélope dans l’Odyssée avant de le défaire la nuit, mais aussi au fil chirurgical, au fil fragile de la vie..

Ici la destinée des personnages est inversée : on accompagne une Pénélope qui finalement tient plus d’Ulysse que de son épouse. Le découpage dynamique et les dessins pleins de vie servent à merveille le propos de l’autrice.

Un choix cornélien

Avec un superbe dessin à l’aquarelle et au crayon, Judith Vanistendael évoque la souffrance de ne pas se sentir à sa place au près des siens, et la difficulté de s’accomplir pleinement en conciliant ses choix et les diktats de la société… Une mère a-t-elle le droit de partir loin de sa fille adolescente ? « J’ai une fille. Dans une semaine elle aura 18 ans. Je ne serai pas là. Cela fait quatre ans que je ne l’ai plus vue. »

Avec un ton et des mots toujours justes et sincères, cet album développe une réflexion sur la culpabilité toujours plus pesante des mères qui privilégient leur carrière à leur sens matriarcal. Pénélope doit faire un choix entre deux engagements forts : elle ne veut pas abandonner les personnes qu’elle aime mais elle veut plus que tout sauver des vies et se réaliser en tant que médecin.

Les deux vies de Pénélope : Un beau et touchant récit qui nous permet de découvrir le revers de la médaille d’une vie incroyable. À lire absolument !

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Le château des animaux #1 https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/le-chateau-des-animaux-dorison-delep/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/le-chateau-des-animaux-dorison-delep/#respond Wed, 18 Sep 2019 08:34:30 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=64430 Le château des animaux est la première BD du dessinateur Felix Delep qui est associé à un scénariste à l’actualité très chargée Xavier Dorison. Cette série de 4 tomes éditée chez Casterman est une revisite d’un des plus grands chefs-d’oeuvre de George Orwell « La ferme des animaux ». La répression sanguinaire La ferme des animaux a […]

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Le château des animaux est la première BD du dessinateur Felix Delep qui est associé à un scénariste à l’actualité très chargée Xavier Dorison. Cette série de 4 tomes éditée chez Casterman est une revisite d’un des plus grands chefs-d’oeuvre de George Orwell « La ferme des animaux ».

La répression sanguinaire

La ferme des animaux a été désertée par les hommes sans qu’on ne sache quelle en est la raison. Leurs maîtres partis, les animaux fous de joie, décidèrent de renommer la ferme en « Château« . Ce qui fut autrefois une prison allait devenir une « république« . Avec le temps, le peuple des animaux s’aperçoit que cette nouvelle entité dirigée par les forts ne correspond pas à leurs espérances. Le roi Sylvio dirige le château d’une main de fer avec ses lieutenants, les chiens. Ils répriment de manière sanguinaire la moindre révolte ou tentative de révolte.

Un rat aussi saltimbanque qu’itinérant

Au détour d’un échange secret entre Sylvio et les humains, un rat s’introduit dans le Château au nez et à la barbe des chiens . Le soir venu, il donne une représentation clandestine devant des animaux en recherche de réconfort. La pièce raconte l’histoire d’un peuple et d’un fakir qui lutte contre un roi en désobéissant civiquement. La pièce est immédiatement arrêtée par  les lieutenants du Roi et le rat pourchassé. Miss Bengalore, la seule chatte du royaume, prend le risque de sauver ce rat.

Une révolte sur le terrain du ridicule

Le rat, Miss Bengalor et le lapin vont alors commencer à mener des actions pacifiques en utilisant des armes dont ne disposent pas le Roi : Le ridicule et l’humour. Ils dessinent des marguerites (symbole de ceux qui sont morts sous la répression) sur les murs. Pour les animaux, un défouloir à l’effigie du roi est caché dans un recoin du château. Le roi tente d’endiguer cette révolte silencieuse mais il est une fois de plus ridiculisé. Pour la première fois depuis longtemps le peuple peut envisager des jours meilleurs.  La route sera longue mais l’espoir est là.

Le château des animaux : un conte toujours d’actualité

Le château des animaux est adapté de « la ferme aux animaux » de George Orwell qui déjà en 1945, à travers ses fables animalières, décrivait les différents processus allant à l’encontre de la démocratie. La recherche pacifique de liberté au XXe siècle a de nombreux exemples de réussite avec Gandhi et Mandela. C’est en ayant cette vision de l’Histoire que Xavier Dorison à réalisé cette série. Les dessins de Felix Delep sont magnifiques et le choix des couleurs en fonction des scènes est très judicieux. Quand le graphisme colle à l’histoire cela donne encore plus de relief au récit.

En savoir plus sur l’auteur et le dessinateur

Tout juste sorti de l’école Emile Cohl, Félix Delep , 24 ans, a été pressenti pour mettre en images Le Château des animaux en raison de son talent de dessinateur animalier. Il arrive à sublimer l’histoire très intense concoctée par Xavier Dorison.

Xavier Dorison n’est pas, quant à lui, à sa première bande dessinée. Il sévit depuis la fin des années 1990 sur de nombreux projets couronnés de succès.  Son actualité est assez chargée puisqu’il est scénariste d‘Aristophania (le tome 2 sort le 31 octobre 2019) ainsi que de la série Undertaker  avec Ralph Meyer (le tome 5 sort le 31 octobre 2019).

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Entrez dans la danse https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/entrez-dans-la-danse-guerineau-teule/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/entrez-dans-la-danse-guerineau-teule/#respond Wed, 18 Sep 2019 08:26:57 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=64520 Strasbourg danse, Strasbourg entre en transe. Richard Guérineau met en image le roman de Jean Teulé, Entrez dans la danse ou comment les habitants d’une ville ont soudainement été pris du mal étrange de la danse. Virevoltant. Strasbourg, ville de fléaux Strasbourg, 1518. Un voile noir assombrit la cité. Les fléaux s’abattent tour à tour […]

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Strasbourg danse, Strasbourg entre en transe. Richard Guérineau met en image le roman de Jean Teulé, Entrez dans la danse ou comment les habitants d’une ville ont soudainement été pris du mal étrange de la danse. Virevoltant.

Strasbourg, ville de fléaux

Strasbourg, 1518. Un voile noir assombrit la cité. Les fléaux s’abattent tour à tour sur elle : les maladies – peste, typhoïde, choléra, syphilis et suette anglaise – multiplient les morts.

S’ajoute à cela, une famine qui frappe toutes les populations fragiles. Il faut souligner que ce « joyau républicain enchâssé dans le Saint empire romain germanique » connut quatre années terribles de catastrophes naturelles qui eurent pour conséquence ces fléaux de Dieu.

Comment s’en sortir ?

Ne sachant plus comment s’en sortir, les uns mangent leur progéniture, quand d’autres s’en débarrassent du haut du pont du Corbeau. Des bouches de moins à nourrir !

C’est le cas des Troffea. Enneline, la mère, bouleversée par cette famine, est allée jeter son nouveau-né dans le fleuve.

Le diable au corps

A peine ce terrible acte commis, Enneline se précipite dehors dans la rue et entame une danse, comme possédée par le diable. Elle est alors rejointe par Gebviller, un homme ayant bouloté son enfant. Ils s’animent. Leurs pieds et leurs corps ne répondent plus : ils dansent.

Malgré les supplications de son mari, rien n’y fait, Enneline danse. Le duo ne reste plus seul; d’autres habitants viennent ensuite danser avec lui.

Les autorités démunies

Sur une population de 16 000 habitants, 2 000 d’entre eux entrent en transe. Le maire, Drachenfels, réunit alors toutes les têtes pensantes de la ville. Le phénomène surnaturel ne leur dit rien qui vaille. Astrologue et médecins sèchent sur le sujet.

Quant à Guillaume de Honstein, élu à la tête du diocèse de Strasbourg, il veut éradiquer les possédés. Il assène d’ailleurs une vérité religieuse établie : « En dehors des jours de fête, la danse est une activité illicite. Par leur comportement lascif, ces briseurs de dimanches vont nous faire sombrer dans le stupre et la luxure ! »

Richard Guérineau aime Jean Teulé

Voilà un phénomène surnaturel qui vaut le détour ! Fondé sur une histoire vraie, Entrez dans la danse, nous fascine comme il nous laisse perplexe. C’est tellement gros que cela ressemble à une légende inventée. Comment une telle folie surgie de nulle part a-t-elle pu affecter les Strasbourgeois et seulement eux ?

Richard Guérineau s’est appuyé sur le roman éponyme de Jean Teulé pour construire cet album. L’auteur de la géniale série Le chant des Stryges (avec Eric Corbeyran) n’en est pas à son coup d’essai avec l’univers de l’ancien de Canal+. Il a déjà adapté avec beaucoup d’intelligence Charly 9 et Henriquet. Après la courte vie sanglante et démente de Charles IX et celle dissolue de Henri III, Richard Guérineau s’attaque à ce roman édité par Pocket en 2019.

Entrez dans la danse, voyez comme on danse, Sautez, dansez, embrassez qui vous voudrez

Si l’on adore la magnifique plume de Jean Teulé (Le magasin des suicides, Le Montespan ou Je, François Villon), la déclinaison dessiné d’Entrez dans la danse est rafraichissante.

Le lecteur retrouve toute la folie et l’humour de l’auteur de Bloody Mary (Flblb). Très documenté, ce récit plait aussi par l’opposition de Drachenfels, le maire républicain athée, aux représentants de l’Eglise catholique romaine. Leur vision est rigoriste, orthodoxe et abrupte. Haro sur les hérétiques et possédés est leur crédo. Pas de pitié pour ces danseurs.

En plus de cette confrontation, les autorités religieuses doivent faire face à l’avènement du protestantisme. Sale temps pour l’Eglise.

Le lecteur apprécie aussi la virtuosité du dessin de Richard Guérineau. Les scènes de danse sont très belles. Ces acteurs virevoltent sous ses pinceaux. Leurs mouvements de folie se transforment aussi en une immense orgie. Étonnant et jouissif !

Entrez dans la danse : et si le démon de la danse vous prenait ?

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Faut pas prendre les cons pour des gens https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/faut-pas-prendre-les-cons-pour-des-gens/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/faut-pas-prendre-les-cons-pour-des-gens/#respond Tue, 17 Sep 2019 12:30:50 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=63883 Emmanuel Reuzé et Nicolas Rouhaud se sont associés pour écrire et dessiner l’un des albums les plus impertinents de cette rentrée. Avec « Faut pas prendre les cons pour des gens », ils stigmatisent la bêtise ordinaire et les incohérences de notre vie en société. Réjouissant. DES QUESTIONS QUI FÂCHENT Peut-on remplacer les enseignants par des distributeurs […]

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Emmanuel Reuzé et Nicolas Rouhaud se sont associés pour écrire et dessiner l’un des albums les plus impertinents de cette rentrée. Avec « Faut pas prendre les cons pour des gens », ils stigmatisent la bêtise ordinaire et les incohérences de notre vie en société. Réjouissant.

DES QUESTIONS QUI FÂCHENT

Peut-on remplacer les enseignants par des distributeurs de diplômes ? Faut-il expulser du territoire son bébé ne parlant pas Français ? Doit-on incarcérer de futurs criminels pour éviter qu’ils ne commettent de futurs crimes sur de futures victimes ? Vous ne vous êtes probablement jamais posé ces questions. Nous non plus. Eux, si. Emmanuel Reuzé (« La vraie vie de Didier Super » ou encore « L’Art du 9 e Art » ) et son compère Nicolas Rouhaud nous jettent au visage l’absurdité de notre quotidien et la violence de la bêtise qui animent nos sociétés.

Avec un titre non moins provocateur « Faut pas prendre les cons pour des gens « , ils nous embarquent le temps de quelques planches dans un monde de gags où s’exerce leur talent. Côté langage, c’est beau comme du Audiard ou du Bedos (C’est d’ailleurs à lui qu’on doit la formule  » Il ne faut pas prendre les gens pour des cons, il y assez de cons qu’on prend pour des gens « ). Côté images, un graphisme soigné trouve sa place dans un rythme ternaire et six cases par page, cases souvent dédoublées comme pour appuyer les effets…

UNE CRITIQUE DE l’ÉCONOMIE

Ces histoires courtes, dont certaines ont été publiées dans le Psikopat au début des années 2000 et dans L’Echo des Savanes en 2008, comportent toutes une dimension sociale qui pointe par exemple les travers de la société de consommation. Ainsi ce sketch dans un supermarché où ce sont les clients eux-mêmes qui mettent les produits en rayon puis qui se transforment en caissiers. On vous laisse découvrir la chute. En une phrase, les auteurs en disent plus long sur la cruauté de l’économie de marché qu’un imposant manuel. Ou encore cette situation absurde dans un hôpital où un patient le bras en écharpe et la tête bandée vient en chercher un autre dans sa chambre pour qu’il l’opère. Absurdité des situations, inversion des rôles, basculement des valeurs…

RIRE EN GRINÇANT DES DENTS

Les auteurs abordent dans ces pastiches à peu près tous les grands thèmes qui traversent l’actualité. Les sans-papiers, le sexisme , les réfugiés, l’exclusion, le monde du travail. Nourri dans son plus jeune âge comme il le souligne lui-même de l’humour des Monty Python ou en BD des Goossens , Franquin, Masse et autres Alexis, Emmanuel Reuzé pousse le non sens aussi loin que possible sans jamais dérouter totalement son lecteur. Il semble avoir fait sienne une autre devise face à la cruauté sociale, Mieux vaut rire que pleurer . Tout en grinçant des dents… On en redemande.

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Forté https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/forte-heugel-consigny-dargaud-piano/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/forte-heugel-consigny-dargaud-piano/#respond Sun, 15 Sep 2019 10:37:55 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=64294 Pour son premier roman graphique, Manon Heugel accompagnée de Kim Consigny nous livre, Forté, une histoire mélodieuse éditée chez Dargaud. Flavia, après la mort de son père tué dans la favela de Belèm, met toute sa force et sa conviction dans l’apprentissage du piano pour quitter la misère et devenir célèbre.  Le père idéal parti […]

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Pour son premier roman graphique, Manon Heugel accompagnée de Kim Consigny nous livre, Forté, une histoire mélodieuse éditée chez Dargaud. Flavia, après la mort de son père tué dans la favela de Belèm, met toute sa force et sa conviction dans l’apprentissage du piano pour quitter la misère et devenir célèbre. 

Le père idéal parti trop tôt

Flavia est une petite fille sans histoire et très sage. Son père qui est un modèle pour tout le monde dans cette favela de Bélem au nord du Brésil est tué lors d’une risque entre deux gangs. Anna, sa mère, doit alors s’occuper d’elle toute seule. Afin de subvenir aux besoins de la famille et de permettre à Flavia d’avoir une bonne éducation, elle enchaîne les ménages. Parfois sa fille se joint à elle. Chez un nouveau client, alors qu’Anna fait le ménage, Flavia découvre le piano.

L’apprentissage et le départ

Plusieurs années plus tard Flavia, malgré les railleries qu’elle subit dans sa favela, ne pense et ne vit que pour le piano et monsieur Lima qui la forme depuis tout ce temps n’a plus le niveau nécessaire pour la faire aller plus loin. Après les cours avec des professeurs particuliers, le conservatoire de Bélem c’est à Sao Paulo qu’elle obtient une bourse pour aller se perfectionner dans la prestigieuse Ecole Normale de Paris fondée par Alfred Cortot.

La recherche de la perfection

A Paris, elle doit redoubler d’efforts pour perfectionner sa technique. Entre petits boulots, niveau très élevé et intégration pas toujours simple dans une école où la compétition règne, Anna s’implique encore et encore pour réussir au détriment de sa vie personnelle. Elle doit choisir, la musique est toute sa vie. Elle n’a pas le choix, elle doit continuer et réussir. Le travail et l’abnégation fonctionne, Flavia est lauréate et première nommée à l’unanimité du diplôme supérieur de concertiste de piano.

Forté une mélodie composée de nombreux accords

Ce récit de Manon Heugel aborde plusieurs sujets tout au long de cette partition. Le dépassement de soi, les sacrifices pour réussir, les difficultés d’intégration, le besoin de faire ses preuves sont autant de notes que l’auteure nous a composé pour cette très belle mélodie. Les dessins de Kim Consigny viennent appuyer avec justesse cette magnifique partition.

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In Waves https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/in-waves-dungo-casterman-surf/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/in-waves-dungo-casterman-surf/#respond Sun, 15 Sep 2019 10:03:30 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=64376 Il y a des albums de bande dessinée et il y a In Waves… Puissant, beau, bouleversant, important, éloquent, éblouissant et admirable. AJ Dungo raconte son histoire d’amour avec Kirsten, atteinte d’un cancer. Entre rémissions et mort, entre liberté et surf, il nous emporte dans sa vague, tourbillon d’émotions, comme submergé par l’adrénaline du sport […]

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Il y a des albums de bande dessinée et il y a In Waves… Puissant, beau, bouleversant, important, éloquent, éblouissant et admirable. AJ Dungo raconte son histoire d’amour avec Kirsten, atteinte d’un cancer. Entre rémissions et mort, entre liberté et surf, il nous emporte dans sa vague, tourbillon d’émotions, comme submergé par l’adrénaline du sport et l’exaltation de cette très belle idylle.

« Lorsque je ne serai plus là, je veux continuer à exister par ton dessin. C’est tout ce que je veux. Promets-moi de raconter notre histoire »

AJ rencontre Kirsten alors qu’il n’est encore qu’au lycée. Il est tout de suite ébloui par sa beauté, « le plus bel être humain à avoir jamais foulé cette terre ». L’amour prend place peu à peu dans leur vie en même temps que la maladie envahit le corps de la jeune adolescente.

Repéré par les éditions Nobrow grâce à un travail de fin d’étude, le dessinateur d’une vingtaine d’année avait pour ambition de raconter l’histoire du surf pour son premier album. Après une très longue discussion avec les responsables éditoriaux du groupe, il se laisse convaincre de raconter son idylle avec Kirsten. Nait alors In Waves, sublime roman graphique de 360 pages.

A peine quelque mois après la disparition de sa fiancée, il débute l’écriture de son histoire. A l’image du bouleversant Fin d’Anders Nielsen (Atrabile), il prend le temps de conter huit ans d’un amour fou, entre maladie et surf. Entre joies immenses et chagrin incommensurable, entre rémissions et mort.

In Waves, vague d’émotions

« Au milieu, un visage inconnu. Lorsque je l’ai vue, le temps s’est ralenti. Elle était tout ce que je n’étais pas. A la fois belle et cool. Et la plus naturelle du monde avec ça. »

Avec une infinie justesse et une grande pudeur, AJ Dungo se livre comme jamais un auteur ne l’aurait fait pour un premier album. Délicat dans ses sentiments, fort dans le chagrin, l’auteur natif de Los Angeles happe le lecteur et l’emporte dans un tourbillon d’émotions.

Le surf comme thérapie ?

Grâce à Kirsten, AJ découvre le surf. Ensemble, ils parcourt des milliers de vagues, des milliers de kilomètres pour trouver le bon spot.

Hawaï, le berceau du surf, devient leur écrin pour leur amour. Malgré la maladie, le cancer et l’amputation de sa jambe droite, Kirsten ne renonce pas à monter sur sa planche. Le bruit des vagues, le vent dans les cheveux, l’adrénaline du danger, elle souhaite toujours les ressentir, s’en imprégner. Elle possède cette force mentale même si son corps diminue. Hors de question de laisser cette liberté l’abandonner.

Alternance de vague

AJ Dungo maîtrise aussi parfaitement l’art de la narration. In Waves alterne avec maestria les moments de sa vie avec Kirsten, dans une vague de bleus profonds et l’Histoire du surf, dans un sépia-ocre magnifique.

Comme il devait le conter avant le décès de son amoureuse, il plonge dans son amour de ce sport de glisse pour nous conter une belle fresque historique. Solidement documenté (voir la bibliographie en fin d’album), il convoque les deux figures majeures de la disciplines : Duke Kahanamoku et Tom Blake. Le premier était nageur et double médaillé d’or olympique. Il révolutionna la surf par ses figures novatrices et le fit connaître dans le monde par sa grande notoriété. Le second, athlète, inventeur et écrivain, fut le plus gros influenceur de la discipline. Premiers surfeurs hawaïens et Beach Boys, AJ Dungo n’oublie pas d’évoquer non plus, les origines du surf.

« Je n’ai jamais cesser de l’aimer »

Quelle force il a fallu à AJ Dungo pour mettre en page In Waves ! Il lui faudra trois années pour coucher sur le papier cette aventure à deux. A l’image de Sous les bouclettes de Mélaka, il délivre une sublime ode à l’amour, son amour avec Kirsten. Il ne cesse de lui prouver à chaque page, un bel amour suspendu dans le temps, un amour pur et éternel, tel des adolescents dans leurs premiers émois, qui continueraient de s’aimer comme aux premiers jours. Pourtant, il n’a duré que sept ans. C’est fou !

Le lecteur sent néanmoins que l’auteur américain a du beaucoup travailler pour rendre un travail si parfait. Faire son deuil est une chose que l’on a déjà vu et lu de centaines de fois, pourtant In waves est ailleurs, un ailleurs encore plus beau et plus fort; un bouleversement et une douleur à nulle autre pareil. Oui, le lecteur est touché, oui, il pleure mais c’est tellement saisissant qu’il est difficile de rester de marbre.

Le dessin de AJ Dungo est simple, d’une grande lisibilité, précis et fort. Sans fard, il montre la maladie, l’épuisement, le corps qui vacille, l’hôpital mais aussi la beauté du surf, la mer, le calme, la tempête et la liberté. S’il semble froid, c’est pour imprimer encore plus de distance dans une histoire qui le touche lui en premier lieu.

Attention, si vous ne voulez pas être submergé par l’émotion et le frisson, passez votre chemin; In Waves n’est pas fait pour vous.

In Waves : une claque dans cette rentrée littéraire. Un petit bijou !

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Prix Atomium 2019 https://www.comixtrip.fr/dossiers/prix-atomium-2019-bruxelles-schuiten/ https://www.comixtrip.fr/dossiers/prix-atomium-2019-bruxelles-schuiten/#respond Sat, 14 Sep 2019 22:15:48 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=dossiers&p=64360 Samedi 14 septembre s’est déroulée à Bozar la cérémonie des Prix Atomium 2019. Elle a récompensé notamment le Blake et Mortimer de Schuiten ou encore David Vandermeulen. Voici le palmarès complet. Prix Atomium 2019 : le palmarès Huit prix ont été décernés ce soir lors de la Fête de la BD à Bruxelles. D’une valeur […]

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Samedi 14 septembre s’est déroulée à Bozar la cérémonie des Prix Atomium 2019. Elle a récompensé notamment le Blake et Mortimer de Schuiten ou encore David Vandermeulen. Voici le palmarès complet.

Prix Atomium 2019 : le palmarès

Huit prix ont été décernés ce soir lors de la Fête de la BD à Bruxelles. D’une valeur totale de 90 000€, ils ont récompensé :

  • Prix Atomium Le Soir de la BD de reportage : Ali Aarrass de Manu Scordia (Vide-Cocagne)
  • Prix Atomium de Bruxelles :  Le dernier pharaon de François Schuiten, Jaco Van Dormael, Thomas Gunzig et Laurent Durieux (Dargaud)
  • Prix Atomium La Première du roman graphique : Malaterre de Pierre-Henry Gomont (Dargaud), lire notre chronique de l’album
  • Prix Atomium Fédération Wallonie-Bruxelles : David Vandermeulen, primé pour l’ensemble de son œuvre.
  • Prix Atomium Cognito de la BD historique : HMS Beagle aux origines de Darwin de Fabien Grolleau et Jérémie Royer (Dargaud), lire notre entretien du scénariste
  • Prix Atomium de la BD citoyenne : Le fils de l’Ursari de Xavier-Laurent Petit, Cyrille Pomès & Isabelle Merlet (Rue de Sèvres), lire notre chronique de l’album
  • Prix Atomium Willy Vandersteen : Yasmina et les mangeurs de patates de Wauter Mannaert (Dargaud), lire notre chronique de l’album
  • Prix Atomium Raymond Leblanc de la jeune création : La promotion de Victor Pellet (Futuropolis, à paraître en 2020)

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Apprendre à tomber https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/apprendre-a-tomber-ross-sarbacane/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/apprendre-a-tomber-ross-sarbacane/#respond Wed, 11 Sep 2019 08:37:15 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=64181 Pour sa troisième collaboration avec Sarbacane, après « Les pieds dans le béton » et « Totem »,  Mikaël Ross s’est immergé 2 ans à Neuerkerode dans un centre expérimental unique en Europe pour les handicapés mentaux. Il nous livre une bande dessinée imprégnée de cette expérience. Perdre tous ses repaires Noël est un jeune handicapé mental qui vit avec « mamoune » sa […]

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Pour sa troisième collaboration avec Sarbacaneaprès « Les pieds dans le béton » et « Totem »,  Mikaël Ross s’est immergé 2 ans à Neuerkerode dans un centre expérimental unique en Europe pour les handicapés mentaux. Il nous livre une bande dessinée imprégnée de cette expérience.

Perdre tous ses repaires

Noël est un jeune handicapé mental qui vit avec « mamoune » sa maman qui lui voue un amour immense et inconditionnel. La nuit de son anniversaire un grand bruit le réveille. Il sort de sa chambre, recherche sa mère, elle est là allongée et ne répond pas. Il doit appeler les secours mais quel est le numéro ? Quel est son adresse ? Il panique mais il y arrive et sa mère est admise à l’hôpital. Noël se retrouve seul, sans personne, il est pris en charge et est conduit à Neuerkerode.

Devoir se construire autrement

Noël n’est pas chez lui et tout lui semble compliqué et étranger. A qui peut-il se confier ? Comment faire sans « mamoune » ? Peut-il faire confiance à une autre personne ? Peut-il aimer ? Petit à petit, dans ce village particulier, il trouve des amis qui ont tout comme lui des difficultés. Ensemble et bien entourés, une vie en communauté se construit. Il participe aux activités et tombe amoureux de Pénélope sa princesse. Est-ce que Pénélope lui fera oublier la disparition de sa mère ?

Neuerkerode un lieu où l’on peut apprendre à tomber

La fondation protestante de Neuerkerode développe depuis 150 ans un projet aussi fou qu’ambitieux. Dans ce village des handicapés et des personne sans handicap vivent, partagent leur temps libre, travaillent et échangent librement au quotidien sans être enfermés. Parfois les esprits s’échauffent, les émotions sont démultipliées mais l’esprit de cette communauté peut se résumer en une phrase « tu t’appelles comment ? J’ai envie de te connaitre ». C’est un modèle unique d’intégration que nous fait découvrir l’auteur à travers cette bande dessinée.

Apprendre à tomber un roman graphique témoignage pour apprendre à se relever

Mikaël Ross en s’immergeant pendant 2 ans à Neuerkerode nous livre dans son roman graphique l’essence même de la vie de ce village à travers l’histoire de Noël. On y découvre la réalité, parfois compliqué, mais une réalité où la communauté joue un rôle essentiel. Le scénario est très intelligent et les dessins crayonnés apportent encore plus de profondeur à ce témoignage. Cette lecture est émouvante, triste, mais elle est pleine d’espoir, de joie et d’amour.

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Au coin d’une ride https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/au-coin-dune-ride-lambert/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/au-coin-dune-ride-lambert/#respond Wed, 11 Sep 2019 08:18:39 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=64320 Les éditions Des ronds dans l’o publient de nouveau Au coin d’une ride, un sublime album signé Thibaut Lambert, dont les thèmes centraux sont la maladie d’Alzheimer dans un couple homosexuel et la délicate question de la prise en charge dans un établissement médicalisé. Sentiment d’abandon… Dans une petite ville de province, Eric et Georges […]

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Les éditions Des ronds dans l’o publient de nouveau Au coin d’une ride, un sublime album signé Thibaut Lambert, dont les thèmes centraux sont la maladie d’Alzheimer dans un couple homosexuel et la délicate question de la prise en charge dans un établissement médicalisé.

Sentiment d’abandon…

Dans une petite ville de province, Eric et Georges arrivent dans une maison médicale spécialisée dans la maladie d’Alzheimer. Les deux hommes, depuis longtemps en couple, éprouvent les plus grandes difficultés à se séparer. D’ailleurs Georges ne veut pas descendre de la voiture, reprochant à son compagnon de l’abandonner. Aux premières loges, trois femmes âgées regardent la scène avec cynisme, lorsque des infirmiers arrivent pour aider Eric. Elles sont persuadées qu’ils sont père et fils.

Malgré un caractère affirmé, le vieil homme descend, découvre les lieux et sa chambre qu’il partagera désormais avec André, un homme mutique. Il défait sa valise remplie de canettes de bière, sa seule véritable compagnie.

… et tension dans le couple

De son côté, Eric est reçu par le directeur de l’établissement, qui lui conseille de garder sa relation avec le nouvel arrivant sous silence. Il pense que les anciens seront perturbés par cette nouvelle. Maugréant, il accepte pour le bien-être de son compagnon.

La première nuit est difficile pour les deux hommes : Georges ouvre canette sur canette, tandis qu’Eric se sent seul et n’arrive pas à dormir.

Le lendemain, le nouveau résident est en pleine forme, heureux de retrouver l’amour de sa vie mais, comme décidé le jour d’avant, celui-ci ne montre aucun signe de tendresse. C’est le début d’une grande tension entre eux…

Au coin d’une ride : de l’amour

Thibaut Lambert livre aux lecteurs un récit magnifique de tendresse, d’humanité et plein d’amour. A l’image de l’excellent Ceux qui me restent (Damien Marie et Laurent Bonneau, Grand Angle), voici un autre album abordant un thème délicat : la maladie d’Alzheimer. Si le premier traitait des relations père-fille, celui-ci s’attarde sur les relations dans un couple, mais pas n’importe lequel, celui de deux hommes, ensemble depuis de nombreuses années.

L’auteur de L’amour n’a pas d’âge avait déjà travaillé sur cette thématique dans un ouvrage précédent, Al Zimmer (éditions Coccinelle avec La ligue Alzheimer) qui mettait en scène la maladie et l’enfance. Un dossier qu’il maîtrise donc très bien et cela se ressent dans Au coin d’une ride. Il met en lumière des sentiments mêlés et diffus autour de l’abandon (le malade mais aussi celui qui se retrouve seul à la maison), la transmission, la fin d’un couple, l’amour immense de ces deux hommes, les sautes d’humeur du malade, le dévouement du personnel médical et la fragilité de la mémoire.

« C’est une histoire que j’ai lu; un petit article de quatre lignes sur ce couple à qui l’on demande de ne pas afficher leur relation. Cela m’intéressait parce que cela me permettait d’aborder le sujet sous un autre angle. » (Thibaut Lambert, entretien novembre 2017)

Du tabou de la sexualité du quatrième âge

Thibaut Lambert dénonce au passage les non-dits sur l’homosexualité et notamment lorsque le directeur demande de taire la relation entre Georges et Eric, pour le bien-être des autres patients, qui seront bien plus intelligents que ce sinistre individu. Cette tranche de vie ne concerne uniquement que l’arrivée dans la maison médicalisée.  L’auteur ne relate ni le passé des deux hommes, ni leur rencontre, ni la découverte de la maladie.

Comme il nous le confiait dans un entretien en novembre 2017, Thibaut Lambert parle aussi des non-dits de l’amour, de la sexualité et de l’homosexualité en maison de retraite : « L’homosexualité en maison de retraite est encore très tabou, on demande encore aujourd’hui de la taire. Et même la sexualité du quatrième âge en général. » Un sujet qu’il a de nouveau abordé dans son album précédent, L’amour n’a pas d’âge.

L’auteur belge vivant aujourd’hui à l’Ile d’Oléron n’hésite pas à aborder des thématiques taboues et délicates. Il se forge ainsi une œuvre singulière et touchante.

Au coin d’une ride : une très belle réédition d’un album fort et humain autour de la maladie d’Alzheimer dans couple d’hommes. Une très belle lecture !

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Touchées https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/touchees-zuttion-payot-femme/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/touchees-zuttion-payot-femme/#respond Tue, 10 Sep 2019 14:04:46 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=64262 Trois femmes victimes de violence sexuelles tentent de se reconstruire à travers un atelier d’escrime thérapeutique. Quentin Zuttion raconte leurs parcours dans Touchées, un album sensible et puissant. Lucie, la peur au ventre Mère célibataire d’un petit Léo, Lucie vit la peur au ventre. Violentée par un ex-conjoint, elle est toujours sur ses gardes, y […]

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Trois femmes victimes de violence sexuelles tentent de se reconstruire à travers un atelier d’escrime thérapeutique. Quentin Zuttion raconte leurs parcours dans Touchées, un album sensible et puissant.

Lucie, la peur au ventre

Mère célibataire d’un petit Léo, Lucie vit la peur au ventre. Violentée par un ex-conjoint, elle est toujours sur ses gardes, y compris la nuit où elle dort avec un couteau de cuisine.

Sa mère vient chercher son fils de six ans pour le week-end. Cela va lui permettre de débuter l’atelier d’escrime…

Tamara, un lourd passé familial

Jeune vingtenaire, Tamara est souvent en conflit avec la terre entière. Son secret longtemps caché à sa famille, ne lui permet pas encore vraiment d’avancer dans sa vie.

Avec son compagnon, leur couple est basé sur le rapport de force et le sexe. Comme Lucie, elle décide de suivre l’atelier d’escrime…

Nicole ou l’art de l’effacement

Quinquagénaire, Nicole vit seule avec son chien. Se dépréciant au plus haut point, elle ne peut plus voir son corps fait de formes et de bosses.

Malgré un traitement de fond, elle n’arrive pas à s’estimer à sa juste valeur. Elle souhaite juste s’effacer. Comme Lucie et Tamara, elle décide de suivre l’atelier d’escrime…

L’escrime pour se libérer

Lucie, Tamara et Nicole se retrouvent alors avec d’autres femmes dans ce cours dirigé par Vincent, le maître d’armes. Accompagné d’Eva, la psychothérapeute spécialisée en violences sexuelles et conjugales, il leur présente le but de l’atelier : s’aérer l’esprit, bouger son corps, attaquer, contre-attaquer, toucher sans être touché…

« Votre corps parle. Ecoutez-le. Extirper vos sensations les plus profondes et utilisez-les. Déchargez la colère, transpercez la culpabilité, tuez la honte, libérez-vous. »

Touchées, reprendre vie

A travers le destin de ces trois femmes (dans la vingtaine, dans la trentaine et dans la cinquantaine), Quentin Zuttion dévoile un vrai album coup de poing, fort et sensible !

Si leurs parcours sont différents, leurs vies différentes, leur point commun réside dans une blessure profonde, celui d’avoir un jour croisé le chemin d’un homme violent.

A l’image de De rose et de noir de Thibaut Lambert qui mettait en scène la reconstruction d’une femme battue auprès de son nouveau compagnon, Quentin Zuttion choisit de raconter leur vie d’après, sous le prisme d’une thérapie sportive originale. Des séances qui existent et dont l’auteur s’est inspiré pour Touchées.

Au départ lointaines, voire méfiantes, la solidarité s’installe rapidement entre elles. Ce passé douloureux – qui ne s’effacera jamais et qui les a brisé pour toujours – elles savent qu’elles peuvent en parler et se serrer les coudes. C’est aussi cela Touchées, un album porteur d’espoir.

Quentin Zuttion, un auteur qui se frotte à des sujets sensibles

Si Touchées peut parler aux femmes ayant eu des parcours similaires à ceux de Tamara, Lucie ou Nicole, il parle aussi à toutes les femmes; mieux, il parle à tout le monde, homme et femmes.

Alors que le mouvement #metoo a amorcé un bel élan, un frémissement pour les prises de consciences et alors que les féminicides ne cessent d’augmenter en France (121 femmes sont mortes sous les coups de leurs conjoints en 2018), le chemin reste encore très long, tant le patriarcat est encore dans de nombreuses mentalités et impose toujours sa vision sur celui des femmes. Ainsi, Touchées fait sens et contribue à continuer le débat.

Après Sous le lit (la maladie, l’amour et le sexe chez les homosexuels) et Appelez-moi Nathan (sur la transidentité), Quentin Zuttion poursuit son petit bonhomme de chemin dans le monde du 9e Art. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne choisit pas la facilité, contant des histoires aux sujets sensibles. Il s’y frotte, s’y essaie et c’est toujours intelligent. Avec déjà quatre albums, il commence à se forger une œuvre singulière, authentique et puissante !

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Stéphane Sénégas : entretien avec le dessinateur d’Anuki https://www.comixtrip.fr/dossiers/stephane-senegas-maupome-anuki/ https://www.comixtrip.fr/dossiers/stephane-senegas-maupome-anuki/#respond Tue, 10 Sep 2019 12:06:00 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=dossiers&p=63107 Anuki s’est imposé comme une référence en bande dessinée sans texte. Le petit indien imaginé par Frédéric Maupomé et Stéphane Sénégas est un vrai terrain de jeu pour les deux auteurs. Nous sommes allés à la rencontre du dessinateur pour parler avec lui de cette merveilleuse série. Plongée dans l’univers d’un artiste enjoué à l’accent […]

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Anuki s’est imposé comme une référence en bande dessinée sans texte. Le petit indien imaginé par Frédéric Maupomé et Stéphane Sénégas est un vrai terrain de jeu pour les deux auteurs. Nous sommes allés à la rencontre du dessinateur pour parler avec lui de cette merveilleuse série. Plongée dans l’univers d’un artiste enjoué à l’accent chantant.

Stéphane Sénégas, peux-tu nous décrire ta rencontre avec Frédéric Maupomé ?

J’avais déjà fait 3/4 albums illustrés chez Kaléidoscope et je cherchais alors un scénariste. Il se trouve qu’avec Frédéric, nous allions tous les deux dans la même librairie à Toulouse, Terres de légendes.

Un jour, je leur ai demandé si par hasard ils connaissaient un scénariste. Ils m’ont alors proposé Frédéric. Ils m’ont présenté un mec qui était prof de maths, alors que moi je rêvais d’un scénariste avec qui je me drogue, que je fasse la fête et que je picole. Et je suis tombé sur lui, tu vois !

Il m’a proposé une histoire – de mémoire – sur les croisades ou les Cathares dans une basilique albigeoise, tu vois le truc ? Un récit historique qui ne me correspondait pas du tout. Je lui ai alors dit : « on va boire une bière » et il m’a répondu : « non, plutôt un jus de pomme ». Là, je me suis dit que ça n’allait pas le faire du tout.

Comment cela s’est décanté ?

Je lui ai alors dit que je voulais réaliser une histoire avec des enfants pirates. Je lui ai proposé quelques personnages. De cela, il a écrit Piraterie. L’album est sorti chez Kaléidoscope. Il a d’ailleurs pas mal marché. Il a été même recommandé par le Ministère de l’éducation nationale. Puis, il y a eu Jungleries, une sorte de suite à Pirateries.

De mon côté, j’ai continué à faire des livres chez Kaléidoscope. C’est à cette période que nous avons commencé à parler de bande dessinée.

C’était un genre nouveau pour toi ?

Oui. Ni lui, ni moi n’en avions fait auparavant. J’ai toujours apprécié la bande dessinée, mais je ne rêvais pas d’en faire parce que je ne me baladais pas assez en dessin pour cela.

Nous avons monté des petits projets jusqu’au jour où est arrivé Anuki. Au départ, c’était un livre illustré, pas une bande dessinée, que nous avions présenté à la même éditrice que nos deux autres albums. Frédéric avait eu l’idée de raconter une histoire avec très peu de texte.

L’éditrice a trouvé le personnage très bien mais que le récit faisait beaucoup trop bande dessinée. Nous l’avons alors retravaillé en bande dessinée. Nous l’avons proposé à Dupuis et Glénat, ainsi qu’à La Gouttière.

Pourquoi eux ? Parce que j’avais sur mon bureau La carotte aux étoiles de Murat et Lejonc. Nous avons eu que des retours positifs. Nous sommes alors partis avec Dupuis pour le publier. C’est l’époque où la collection Punaise et Puceron s’est arrêtée. Nous n’avons alors plus eu de nouvelles.

Comment la série Anuki s’est-elle retrouvée au catalogue La Gouttière ?

J’étais très branché par La Gouttière et par le discours de Pascal Mériaux. Le feeling est très bien passé entre nous et lui. C’était une jeune maison d’édition à l’époque, puisque nous étions le troisième livre à être publié chez eux.

Quelles sont les interactions entre Frédéric et toi ?

Nous habitons à 80 km l’un de l’autre. Nous avons appris à nous connaître artistiquement mais aussi humainement. Nous sommes maintenant un espèce de vieux couple. C’est très riche parce que nous avons grandi ensemble dans ce monde de la bande dessinée que nous ne connaissions pas.

« Frédéric est un mec qui a du talent, qui bosse beaucoup et humainement, c’est un type bien. »

Est-ce difficile de mettre en image ses idées, qui peuvent aussi être les tiennes ?

Non, pas du tout. Nous fusionnons artistiquement et humainement parlant, nous nous entendons super bien. Ce qui prône pour nous, c’est la narration même si nous avons des idées parfois différentes.

Il m’arrive souvent de refaire des planches que pourtant j’avais super bien travaillé. Simplement parce qu’il y avait mieux à faire pour la narration ou que cela ne servait pas assez le scénario. La même chose dans l’autre sens lorsque nous avons de nouvelles idées, Frédéric réécrit l’histoire.

Frédéric est un mec qui a du talent, qui bosse beaucoup et humainement, c’est un type bien.

Anuki, ce n’est pas vraiment une série sur les indiens, c’est surtout un prétexte pour raconter des histoires ?

Oui, c’est une histoire d’enfants, comme dans une cour d’école où il n’y a pas beaucoup d’adultes. Ce sont des gamins qui se débrouillent entre eux.

L’important pour nous, c’est qu’Anuki apprenne quelque chose dans chaque album. D’ailleurs, le point commun de toutes les histoires de Frédéric, c’est le manque et l’absence de parents.

« Frédéric te dirait qu’il calque cela sur mon mauvais caractère. »

Anuki, en plus, à chaque fois, il se met dans des situations pas possibles…

Frédéric te dirait qu’il calque cela sur mon mauvais caractère. Alors que moi, je dirais que c’est un personnage qui a du caractère. Il se crée des problèmes parce qu’il a du caractère. Mais au bout du compte, il en sort grandi et il apprend des choses.

En plus, nous le mixons avec du cartoon pour que cela reste très attractif et parce que nous sommes de cette génération de Tex Avery. Quand nous en parlons dans les écoles, nous disons que nous sommes de la génération de RécréA2.

Il me semble que tu as suivi des cours d’animation…

J’ai suivi des cours à l’école Emile Cohl où j’ai touché au dessin animé, l’illustration, la bande dessinée ou la vidéo. J’ai passé de très belles années là-bas. C’est une super école !

Dans Anuki, il n’y a pas de texte. Est-ce que cela veut dire que tu as plus de pression puisque c’est par ton dessin que passe la compréhension de l’histoire ?

C’est là où je me régale parce que c’est très théâtral. Je le montre comme les phases-clé en dessin animé. Pendant les phases de story-board, avec Frédéric, nous prenons beaucoup de plaisir. Il me propose un découpage très léger puis nous faisons le story-board et la mise en scène ensemble. C’est un moment hyper intéressant et stimulant.

« J’ai une vraie tendresse pour ce personnage. »

Que représente le premier album d’Anuki dans ton parcours professionnel ?

La fierté déjà ! Je me lance souvent des challenges dans la vie. Celui-là, c’était de faire de la bande dessinée. Je ne me doutais pas que cela aurait un tel impact. En plus, c’est une belle histoire avec La Gouttière qui a grandi en même temps. Il y a une histoire humaine forte avec des gens comme Pascal, l’association On a marché sur la bulle et le Festival BD d’Amiens. Je suis rentré comme un gamin dans un magasin de jouets. C’était un vrai rêve d’enfant.

J’ai une vraie tendresse pour ce personnage. Cela m’a prouvé certaines choses graphiquement, avec une évolution permanente dans le mise en scène. Maintenant je me sens plus à l’aise.

Je ne m’amuse pas autant lorsque je réalise des albums illustrés. Mes prochains challenges, ce sera des histoires plus ado-adultes.

En plus, autour d’Anuki, La Gouttière a fait un énorme travail…

Oui, c’était étonnant. Ils voulaient vraiment faire entrer Anuki dans les bibliothèques et les écoles. Il y a des outils de médiation de folie ! Pour chacun des cinq premiers albums, nous avons un outil différent de médiation : une expo interactive, un raconte-tapis, un kamishibaï, un théâtre d’ombres, une application I-Pad. Et pour le sixième, avec Frédéric, nous avons imaginé une lecture dessinée.

Le crédo des éditions La Gouttière, c’est de rendre accessible le livre au plus grand nombre mais aussi de le montrer différemment.

« ça me plaît de ne pas avoir de plan de travail trop figé. »

Comment réalises-tu tes planches ? Tes couleurs ?

En fait, ça varie souvent. Pour les premiers, une case c’était au minimum un A4, voire même du A3. Je me suis rapidement retrouvé avec une quantité incroyable d’originaux. Je dessine au crayon à papier et la couleur est réalisée sous Photoshop en numérique.

Puis, j’ai fait des albums avec des planches en entier. Puis j’ai fait le mixte des deux. Maintenant, je travaille avec une Cintiq et même le story-board, je le fais avec. Je m’enflamme parfois en faisant tout dessus. Puis, je me dis : et les originaux ? Alors, j’en fais en plus à part. Si c’est handicapant, ça me plaît de ne pas avoir de plan de travail trop figé.

Avec Frédéric, on se complète bein. Lui est très rigoureux et pragmatique, tandis que moi, c’est moins organisé.

Quel sera le thème du nouvel Anuki qui sortira dans quelques jours ?

Il y aura un côté un peu écologique, sur le réchauffement climatique et les réfugiés. Les enfants jouent dans un endroit où il y a de l’eau. Ils doivent aller en chercher. Il y a alors un incendie qui se déclenche. Une forêt entière brûle. Et de là, sortent quelques indiens d’une autre tribu qui sont des migrants.

Leur accueil n’est pas le meilleur du monde. Anuki est jaloux de cette arrivée. Tandis que la petite fille, elle, est très accueillante avec un gamin qui a le même âge qu’elle. Anuki, lui, n’est pas très sympa avec lui.

« Anuki s’adresse à tout le monde. »

Anuki est-elle une série jeunesse ?

Anuki s’adresse à tout le monde. Visuellement, c’est pour les enfants mais ça fonctionne sur tout le monde. Je ne réfléchis pas comme cela. Je fais une mise en scène et je ne sais pas à qui cela s’adresse.

Je me suis mis à faire de la jeunesse parce que c’est là que je sentais qu’il y avait le plus de liberté. C’est par la suite que je me suis rendu compte de l’impact que ça pouvait avoir.

La série Anuki te laisse-t-elle du temps pour d’autres projets ?

Oui, nous venons de sortir deux albums avec Frédéric. La ligne chez Frimousse. C’est l’histoire d’un enfant dans une cour d’immeuble qui lit. Une petite fille arrive, faisant trop de bruit parce qu’elle veut jouer. Il prend alors une craie et coupe la cour en deux. C’est un récit sur la colère, sur le fait de gagner du terrain sur l’autre et de ne plus s’écouter.

Et le deuxième, On l’a à peine remarqué, toujours chez Frimousse. D’un seul coup apparaît un trait au milieu d’une marelle. Puis, le lendemain arrive une ligne de parpaing, puis une deuxième etc. Au début, les enfants se disent que ce n’est pas grave parce que l’on peut sauter par-dessus le mur, puis on peut grimper. On ne se voit plus, mais c’est pas grave, on peut s’envoyer des papiers…

Le texte de Frédéric est magnifique. Il m’a fallu six mois avant de pouvoir sortir un bon dessin. Les couleurs, quant à elles, sont aux crayons de couleur.

Dernière question Stéphane Sénégas : pourquoi est-ce important de s’adresser aux plus jeunes lecteurs ?

Oui, parce que c’est magique les gosses. Ce n’est pas flatteur pour soi, notamment lorsque l’on est dessinateur. Quand tu fais de l’adulte, ce sont les lecteurs qui te parlent de ton livre ; avec les enfants, c’est toi qui leur parle.

Lorsque j’anime des rencontres scolaires – j’en fais entre 80 et 100 par an – il y a des moments waouh, magiques !

Entretien réalisé le vendredi 25 janvier 2019 à Angoulême

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Dans la forêt https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/dans-la-foret-lomig-sarbacane-hegland/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/dans-la-foret-lomig-sarbacane-hegland/#respond Mon, 09 Sep 2019 13:40:51 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=64212 Lomig redonne vie au célèbre roman « Dans la forêt » de Jean Hegland avec ce superbe roman graphique édité chez Sarbacane. Deux sœurs apprennent à survivre au cœur de la forêt, dans un monde privé de ressources. Un isolement salutaire pour mieux se réinventer ? UNE FABLE SURVIVALISTE Les traits fins et soignés de Lomig nous dressent […]

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Lomig redonne vie au célèbre roman « Dans la forêt » de Jean Hegland avec ce superbe roman graphique édité chez Sarbacane. Deux sœurs apprennent à survivre au cœur de la forêt, dans un monde privé de ressources. Un isolement salutaire pour mieux se réinventer ?

UNE FABLE SURVIVALISTE

Les traits fins et soignés de Lomig nous dressent le paysage d’un monde post-apocalyptique, dans lequel deux jeunes filles se retrouvent livrées à elles-mêmes après le décès de leurs parents, enfermées dans leur maison qui semble leur offrir un abri sûr. Mais comment survivre coupées de la civilisation ?

Ces deux sœurs que tout séparait vont devoir apprendre à cohabiter, à se protéger mutuellement, à gérer leurs ressources : deux vies qui basculent, qui s’adaptent, qui avancent.

UN HUIS CLÔT AU CŒUR DE LA FORÊT

« Dans la forêt » est avant tout une réflexion sur notre rapport à la nature. J’ai beaucoup apprécié l’évolution du regard que Eva et Nell portent sur leur environnement : autrefois hostile et inquiétante, la forêt de séquoias qui les entoure se révèle être à même de leur offrir des ressources insoupçonnées !

Cette grande et majestueuse forêt devient peu à peu un des protagonistes de cette histoire : « C’était comme si la forêt m’enlaçait telle une mère avec son enfant. Je me laissai aller… Je n’étais plus ni seule, ni angoissée, ni vulnérable… Ma peur m’avait complètement quittée. J’étais en paix. »

Une place centrale dédiée à la nature, à sa force, à son pouvoir protecteur et à son intemporalité, majestueusement mise en valeur par Lomig grâce à son attention portée aux détails et ses cadrages ingénieux. J’ai aimé la douceur de cette bande dessinée et l’atmosphère de repli, silencieuse et contemplative, que libèrent ses pages.

Dans la forêt : UN SUPERBE OBJET LIVRE

J’ai été d’emblée séduite par cette belle édition avec son dos toilé, sa couverture douce et intrigante, son papier épais et mat. Après « Le cas Fodyl » publié en 2017 et ses larges aplats de couleur, Lomig adopte ici un graphisme en noir blanc, au crayonné, jouant sur le clair-obscur. Il réussit à donner une grande douceur aux visages, une force aux regards et donc une expressivité aux personnages qui nous plonge au plus près de l’action.

Le travail de la couleur est très épuré, ce qui laisse place à l’éclosion d’une palette d’émotions; les scènes alternant entre une tension palpable et une pesanteur hypnotique… C’est sublime !

DES PROBLÉMATIQUES ACTUELLES

Lomig amène le lecteur à se questionner sur la place toujours plus importante que la technologie occupe dans notre société, et comment cela affecte la relation qu’entretient l’homme à son environnement : comment ferions-nous sans électricité ni carburant ? Dans notre société de surconsommation où l’on privilégie l’instant au long terme, comment apprendre à gérer nos besoins en adéquation avec nos usages ?

Cela nous pousse à nous questionner sur notre propre capacité d’adaptation. Une dystopie finalement pas si dystopique que ça ; une histoire d’une grande sagesse qui résonne comme un avertissement et nous laisse une inquiétude lancinante une fois la dernière page tournée…

C’est une lecture nécessaire, à faire découvrir aux jeunes et aux moins jeunes : tout le monde doit lire ce roman graphique ! Un beau coup de cœur.

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Ody-C https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/ody-c-fraction-ward-glenat-odyssee/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/ody-c-fraction-ward-glenat-odyssee/#respond Mon, 09 Sep 2019 13:12:09 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=64196 Muse, raconte-moi l’histoire de l’homme aux mille ruses. Celui qui erra sans fin après avoir pillé la ville sacrée de Troie, Celui qui vit les cités de tant d’hommes et comprit leur esprit, Qui à travers les mers connut en son être tant de douleurs, Qui a lutté pour la vie et le retour de […]

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Muse, raconte-moi l’histoire de l’homme aux mille ruses.

Celui qui erra sans fin après avoir pillé la ville sacrée de Troie,

Celui qui vit les cités de tant d’hommes et comprit leur esprit,

Qui à travers les mers connut en son être tant de douleurs,

Qui a lutté pour la vie et le retour de ses compagnons,

Mais dont la volonté n’a pu cependant les sauver…

Tels sont les premiers mots de l’Odyssée d’Homère, cette œuvre mythique qui a inspiré tant d’auteurs. Parmi ces derniers, on peut désormais compter Matt Fraction qui, avec Ody-C, paru en France aux éditions Glénat Comics, raconte sa version de la légende. Mais en s’attaquant au mythe de « l’homme aux mille ruses », l’ingénieux scénariste entend bien démontrer qu’il a lui aussi plus d’un tour dans son sac.

LES MILLE RUSES DE MATT FRACTION

Matt Fraction l’a démontré avec sa version de Hawkeye : lorsqu’il raconte une histoire, il aime s’approprier son univers et ses personnages, quitte à surprendre.

Hé bien le moins que l’on puisse dire, c’est qu’avec Ody-C, Fraction surprend.

Ainsi, l’aventure se déroule au XXVIe siècle, les nefs achéennes ont laissé place à des vaisseaux spatiaux et les protagonistes livrent désormais bataille avec des épées laser.

Autre trouvaille scénaristique et non des moindres, le genre des personnages a été inversé. Ainsi, là où l’œuvre originale mettait en scène bon nombre de héros masculins et une minorité de personnages féminins, dans Ody-C, c’est Odyssia qui tient le premier rôle, accompagnée des guerrières Gamen et Enée (dont le nom il est vrai aurait pu être celui d’une femme). Et de l’autre côté, on rencontre He (en anglais, et malheureusement nommé « Lui » en français) transposition masculine d’Hélène de Troyes.

Bien entendu, ces astuces scénaristiques sont somme toute mineures et ne vont pas à elles seules modifier l’histoire d’Homère. Pourtant, elles permettent de moderniser le récit et d’introduire des réflexions actuelles, tout en proposant un aspect ludique qui consiste, parfois avec une certaine difficulté, à reconnaître tel ou tel personnage ou tel ou tel épisode mythologique.

LES ODYSSÉES

Et c’est précisément sur ce point que Fraction apporte un élément qui complexifie le récit : il ne va pas se contenter de réécrire l’Odyssée, mais va conter tour à tour les odyssées des trois des plus grands héros ayant survécu à la guerre de Troyes. Il s’agit d’Ulysse, devenu Odyssia, d’Enée et enfin d’Agamemnon, féminisé en Gamen. Les trois grandes parties de l’œuvre suivent leurs aventures, leurs rencontres, leurs combats.

Mais Fraction n’en reste pas là et introduit même les personnages Rémus et Romulus désormais renommés Hryar et Zhaman. Ces deux héros, dont les noms difficilement identifiables rappellent néanmoins la mythologie mésopotamienne, vont entre autres faits d’arme, terrasser le grand djinn Humbabaddon qui rappelle le démon Humbaba vaincu par le héros éponyme de l’Epopée de Gilgamesh…

Les mythes se mélangent et les sources antiques se mêlent. Homère côtoie alors Virgile, Tite-live et autres mythes mésopotamiens comme si la moindre allusion dans le texte antique était l’occasion de créer des liens entre les œuvres légendaires.

Le concept est complexe et il faut bien admettre que bien souvent, le lecteur a besoin de pauses pour identifier les personnages et les aventures dont il est question.

On le sait, la pensée de Matt Fraction est parfois difficile à suivre, mais avec Ody-C, elle est à ce point absconse qu’on en vient à regretter une postface explicative ou bien des notes, des références comme Alan Moore l’a judicieusement fait avec From Hell.

A la lecture d’Ody-C, on est submergés par une vague de références et il faut bien le reconnaître, il est parfois complexe de suivre les méandres imaginés par Fraction, d’autant plus que les thèmes abordés sont eux-mêmes perturbants.

ÂMES SENSIBLES S’ABSTENIR

La mythologie est souvent associée à des aventures merveilleuses vécues par des grands héros hors du commun.

Cependant, la réalité des textes est bien plus crue car dans la mythologie gréco-latine, les viols, les assassinats, les massacres et même le cannibalisme sont abordés sans aucun détour.

Fidèle aux sources antiques, Matt Fraction ne s’interdit rien. Tout peut être montré, donc tout sera montré dans des planches d’une qualité exceptionnelle.

UNE PARTIE GRAPHIQUE HORS DU COMMUN

Aux pinceaux, on retrouve l’artiste Christian Ward, connu pour ses travaux chez Marvel. Avec Ody-C, le dessinateur laisse libre cours à son talent et son imagination pour donner vie au concept imaginé par Matt Fraction.

Les attentes mythologiques sont comblées avec des personnages comme la cyclope ou les déesses de l’Olympe Zeus et Poséidon (souvenons-nous que les personnages sont féminisés). Et à l’instar du projet du scénariste, tous les excès sont rendus explicites : le sang coule à flots, He prend les traits d’un esclave sexuel en combinaison de latex… Rien n’est épargné, mais pour rendre ce spectacle acceptable, Christian Ward incorpore ces excès à un univers de science-fiction particulièrement travaillé.

Les détails sont magnifiquement soignés et la mise en page est à ce point élaborée qu’elle donne parfois le tournis. Les couleurs sont vives, frappantes, en cohérence avec les thèmes abordés.

On l’aura compris, l’œuvre de Matt Fraction et Christian Ward est complexe, exigeante et pourra en lasser plus d’un. Mais ce qui est certain, c’est que cette réécriture de l’Odyssée constitue à elle seul un voyage conceptuel et visuel qui mérite qu’on s’y attarde.

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