Comixtrip https://www.comixtrip.fr La bande dessinée du monde, le monde de la bande dessinée Mon, 13 Jul 2020 14:42:03 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.4.2 Grand Orient https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/grand-orient-denis-franc-soleil-franc-macon/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=grand-orient-denis-franc-soleil-franc-macon https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/grand-orient-denis-franc-soleil-franc-macon/#respond Mon, 13 Jul 2020 14:29:32 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=73544 Lorsqu’un membre de la Loge du grand Orient raconte quelques anecdotes croustillantes et drôles sur les loges maçonniques, cela donne Grand Orient, une immersion dans l’un des univers les plus opaques et mystérieux en France. Une comédie douce et légère. Initiation abracadabrantesque 34 rue Salomon, Paris 20e. Philippe est invité à la loge maçonnique du […]

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Lorsqu’un membre de la Loge du grand Orient raconte quelques anecdotes croustillantes et drôles sur les loges maçonniques, cela donne Grand Orient, une immersion dans l’un des univers les plus opaques et mystérieux en France. Une comédie douce et légère.

Initiation abracadabrantesque

34 rue Salomon, Paris 20e. Philippe est invité à la loge maçonnique du Triangle bleu pour son initiation. A peine entré, une femme lui bande les yeux afin qu’il n’ait pas trop d’indices de l’endroit où il se trouve.

On lui demande d’attendre en silence dans une pièce. Il est rejoint par Cao Son, lui aussi futur initié. Philippe rit sous cape des déboires matériel de cette petite loge : rien n’est prêt (chaises et objets d’apparat) et le Vénérable n’est pas encore arrivé. Ils sont ensuite emmenés dans une autre pièce où le jeune homme ne peut plus tenir sa langue. Il parle à son camarade et enlève son bandeau. Ils font alors connaissance et découvrent qu’ils ont des vies très différentes. Et si la loge était plus ouverte qu’on ne le pensait ?

Du compagnonnage dans la loge du Grand Orient

Professeur de philosophie, Jérôme Denis sait de quoi il parle. Entré en Franc-maçonnerie à l’âge de 38 ans, il connait donc très bien les rouages des loges. Il a appartenu aussi bien à de petites obédiences qu’à celle plus importante de la Loge du Grand Orient de France.

Dans cet album, il manie avec subtilité un humour caustique et parfois cynique sur ces drôles d’endroits secrets. Sans jamais verser dans la méchanceté et avec une infinie tendresse, il imagine une très jolie comédie entre rires, situations cocasses voire pathétiques et personnages haut en couleur.

Philippe, Cao Son, Laura, le Vénérable… tous franc-maçons

Jérôme Denis invente des personnages sympathiques et drôles. Personnalités croisées dans des loges maçonniques, il n’hésite pas à les égratigner avec bienveillance. Ils font ce qu’ils peuvent pour tenir leur standing. Devant jouer des coudes entre les différentes petites obédiences, ils sont les garants de l’unité et de cette « fraternité ».

Entre une mamie qui préférait l’ancien temps des loges, Laura qui tient le Triangle bleu et qui est « convoitée » par une loge plus importante, Guy dont c’est la première cérémonie, qui doit faire un discours, le préposé aux agapes et un Vénérable en retard, tout ce petit monde est attachant.

Quant aux grandes loges, elles ne se mélangent pas trop avec les petites. Leur pouvoir étant plus important, elles toisent les petits francs-maçons avec dédain.

Des secrets en franc-maçonnerie

Si les secrets dévoilés dans Grand Orient ne sont pas non plus exceptionnels au point de faire vaciller la République française, ils permettent d’en savoir un peu plus sur ce monde si mystérieux. Il faut dire que la Franc-Maçonnerie traîne une image des plus opaques où se faire introniser est un enjeu social et politique fort.

On lui reproche tellement de chose et notamment de tenir le pouvoir démocratique mais aussi celui des affaires et de la presse, telle une gigantesque main qui manipulerait politiciens et patrons, imposant en ce sens sa vision du monde sur la société. Tous les grands dirigeants de notre pays auraient été de la partie : de Charles X à Benjamin Franklin, en passant par Félix Eboué, Pierre Brossolette, Pierre Dac, Gaston Monnerville ou La Fayette, on découvre souvent à leur mort qu’il fréquentèrent des loges.

Parfois, un reportage écrit ou audiovisuel nous montre ses secrets. Difficile de percer les mystères parce que le silence est d’or dans ces lieux de pouvoirs. On connait le compas, l’équerre, le soleil, le tablier ou les boules noires pour blackbouler mais souvent pas plus. On sait néanmoins que certaines loges impulsèrent de grandes réformes sociétales : la loi de séparations des églises et de l’état, le Code du travail, la loi sur l’IVG ou encore l’école gratuite et obligatoire. Mais pas plus. On ne dévoile jamais l’identité de ses « camarades » dans la vraie vie, d’où cette opacité.

Fondant ses principes sur le modèle des églises, les loges maçonniques n’en restent pas moins laïques. Ses valeurs sont « les bonnes mœurs et la pratique des vertus ».

Fantasmes déconstruits

Tout cela engendre beaucoup de fantasmes, idées fausses et autres sous-entendus autour de la Franc-maçonnerie. Souvent moquée et brocardée par l’extrême-droite, il semblerait qu’elle n’ait plus autant d’influence que cela dans les dossiers politiques. Dans Grand orient, on en est loin. Au Triangle bleu, pas de manipulation des masses et autres rumeurs farfelues, justes des initiés aimant la démocratie, la république, la laïcité et les Savoirs. On se retrouve donc plutôt face à des intronisations simples comme dans n’importe laquelle des associations françaises.

Grand Orient fait sourire, parfois rire par une fine connaissance du milieu. Jérôme Denis ne se moque jamais gratuitement. Oui, il y a des luttes d’influence, des envies de monter les échelons et des « prises de guerre » mais cela reste plutôt bon enfant. On notera parfois de la condescendance sociale, de la misogynie ou du racisme notamment chez les Frères plus anciens. Tout cela semble être bousculé par les nouveaux arrivants, plus ouverts et tolérants.

On se posera néanmoins la question de la volonté d’en faire partie. Pourquoi encore aujourd’hui des gens essaient-ils d’y entrer ? Est-ce uniquement pour faire sens à leur vie ou par volonté de ses créer des réseaux pour entrer en politique ?

De la douceur du dessin d’Alexandre Franc

Loin des premiers émois d’Antoine et la fille trop bien, Alexandre Franc se glisse avec facilité dans cet album dont le registre de la comédie convient bien à son dessin.

Son découpage ressemblerait d’ailleurs à s’y méprendre à une pièce de théâtre. Les scènes s’enchaînent souvent en huis-clos. Ses personnages de style gros nez sont sympathiques et leurs mimiques, elles aussi, font rire.

Parle sobrement avec les grands, prudemment avec les égaux, sincèrement avec tes amis, doucement avec les petits, tendrement avec les pauvres. (Code maçonnique de 1879)

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Incroyable ! https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/incroyable-zabus-hippolyte-dargaud/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=incroyable-zabus-hippolyte-dargaud https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/incroyable-zabus-hippolyte-dargaud/#respond Sat, 11 Jul 2020 09:23:28 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=73514 Il a des tocs, il connait tout sur les tiques et il lui faut une tactique pour aller voir le roi. 1, 2, 3 ! Lui, c’est Jean-Loup, un petit garçon drôlement intelligent, très angoissé et qui veut décrocher la lune. Zabus et Hippolyte racontent son surprenant périple dans Incroyable !, un album tendre, sensible, […]

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Il a des tocs, il connait tout sur les tiques et il lui faut une tactique pour aller voir le roi. 1, 2, 3 ! Lui, c’est Jean-Loup, un petit garçon drôlement intelligent, très angoissé et qui veut décrocher la lune. Zabus et Hippolyte racontent son surprenant périple dans Incroyable !, un album tendre, sensible, loufoque, poétique et drôle. Une merveille !

Jean-Loup, petit rat de bibliothèque, angoissé et bourré de tocs

Belgique, 1983.  Lorsque l’on a 11 ans, on aime sortir, jouer dehors ou s’amuser avec ses copains. Jean-Loup, lui, préfère – et de loin – passer son temps à la bibliothèque.

« Jean-Loup est un gamin un peu bizarre qui, du haut de ses 11 ans, s’est égaré quelque part entre son arrêt de bus et le cosmos. »

Ce petit bonhomme emmitouflé dans son anorak n’est en effet pas comme tous les autres enfants. Il est d’un naturel angoissé. Bourré de tocs, il attend tout le temps des signes du destin. Marcher sur les lignes blanches d’un passage piéton : trop peu pour lui. Jouer au basket à l’école : trop peu pour lui. Regarder les grands 6e dans les yeux : trop peu pour lui. Et c’est comme ça pour beaucoup de choses dans la vie de Jean-Loup. 1,2,3 !

De l’absence de ses parents

Jean-Loup est un petit garçon laissé à l’abandon. Dès qu’il rentre chez lui, il est seul. Seul avec ses livres. Seul avec son globe terrestre. Seul avec ces centaines de fiches. Son père ne lui répond que des : « Attends une minute Jean-Loup, j’arrive… », tandis que les cendres de sa maman se trouvent dans un boîte en fer agrémentée d’un cœur. Pas facile de grandir avec tant d’absences.

Lui, il grandit par ses rêves et les personnages qui se trouvent dans sa tête. La figurine du roi des Belges chevauchant son fier destrier lui parle. Surnommé Boubou par Jean-Loup, le souverain zozote à qui mieux mieux. Quant à ces aïeux – mes aïeux ! – ils le hantent et lui disent qu’ils n’est pas digne de la famille.

Du concours d’exposés

Plus intelligent que la moyenne, Jean-Loup connait beaucoup de choses, ce qui impressionne ce bon Boubou. Ce matin, son réveil a du retard et il va donc être en retard. Il est angoissé. Il faut dire qu’aujourd’hui c’est un grand jour : il doit présenter aux autres camarades son exposé sur Les loutres de nos rivières.

Dans la classe de mademoiselle Ophélie, tout le monde est excité. Les élèves attendent d’écouter des sujets plus passionnants les uns que les autres. Jean-Loup ouvre son cartable : rien ! Pas la moindre trace de son exposé. Dans un sursaut surprenant, il improvise et décide de parler des enterrements des morts de par le monde. Ses camarades sont à la fois fascinés et un peu dégoutés par les histoires racontées.

Sa maîtresse est agréablement surprise et lui propose de participer au Concours régional des exposés. Incroyable !

Incroyable ! : un album… incroyable

Vous ne connaissait pas Zabus et Hippolyte ? Alors, il va falloir y remédier. Ensemble, cet excellent duo d’auteurs avait imaginé Les ombres (éditions Phébus, réédité par Dargaud), l’un des plus beaux albums jamais parus sur l’exil et l’émigration. Sept ans plus tard, ils décident de retravailler ensemble sur Incroyable ! Quelle merveilleuse idée !

Comme son nom l’indique, cet album est incroyable ! Souvent généreux compliments lorsque les albums le méritent, nous n’avons pas assez de superlatifs pour qualifier cette sublime bande dessinée. Intelligente : trop faible. Superbe : un euphémisme.

Jean-Loup à la recherche d’un sujet

Tendre, loufoque, drôle, intelligent, philosophique, créatif, distrayant, passionnant, rythmé, moderne et touchant, Incroyable est l’un des albums à lire en 2020.

Vincent Zabus met en scène un jeune garçon, trop… Trop ceci, pas assez cela, Jean-Loup est à part. Introverti, pas compris par ses camarades, laissé de côté par ses parents, il doit grandir seul. Cette solitude, il la partage avec ses angoisses, ses démons et Boubou, figurine du roi Baudouin. Il se tape sur le nez en comptant 1,2,3 pour se calmer et compte les points de sa journée. Ordonné, il établit des fiches sur des tas de sujets.

L’auteur de L’éveil, Macaroni et Hercule agent intergalactique fait basculer son récit – et donc la vie de son personnage de papier – lorsque ce dernier cherche le nouveau sujet pour le concours d’exposés. Jean-Loup se met en tête de rencontrer le roi Baudouin afin que ce dernier l’aide à trouver une thématique. « Un sujet pour un sujet ». Ce périple se transforme alors en quête initiatique.

Superbe galerie de portraits

En plus de Boubou, de son père que l’on ne voit jamais dans l’album, du roi Baudouin, d’Ophélie son institutrice, Jean-Loup peut compter sur son parrain. Cet homme rondouillet est rock’n’roll. A bord de sa Simca 1000 couleur caca d’oie, le petit garçon va tenter d’accéder à son Graal. C’est toute cette galerie de portraits qui donnent de l’humour à cet album au charme fou.

Il y a du Amélie Poulain dans Incroyable. La voix off peut nous faire penser à celle d’André Dussollier dans le long métrage de Jean-Pierre Jeunet, un côté rétro nostalgique qui plaira aux quadra-quinqua. Il y a de nombreux clins d’œil, hommages et références dans l’album. Quant aux plus jeunes, ils seront attirés par cette aventure, teintée de fantastique, entre réalité, poésie et philosophie.

En plus, Vincent Zabus sait y faire pour tenir en haleine son lectorat. C’est un filou. Il sait manier avec talent la narration et glisse de ci, de là des objets qui donneront un rebondissement final surprenant. Incroyable, c’est aussi une très belle ode à la différence, un bel hymne à la Belgique.

De la beauté du dessin

On le savait, on le connaissait mais l’on peut l’affirmer encore plus fort : Hippolyte est un très grand dessinateur. Il y a de la poésie et du Sempé dans ses planches. Il réalise des pages douces, tendres et aériennes comme le veut le scénario. L’onirisme est aussi porté par de superbes couleurs entre craies grasses et aquarelles.

Né en 1976, l’auteur suit des cours à l’école lyonnaise Emile Cohl. Il travaille ensuite pour la presse (Le nouvel Obs, Le monde…) et publie son premier album, Dracula, une adaptation du roman de Bram Strocker. Viennent ensuite Maître de Ballantrae, puis La fantaisie des dieux, Les ombres et enfin Incroyable !

Incroyable ! : un album tout en délicatesse sur l’absence, sur le mal-être et sur l’amour. Une bande dessinée tendre, d’une grande sensibilité et d’une belle justesse. Un récit qui donne du baume au cœur et qui fait sourire.

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Hope https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/hope-broxton-adams-delcourt/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=hope-broxton-adams-delcourt https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/hope-broxton-adams-delcourt/#respond Mon, 06 Jul 2020 15:32:39 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=73387 La seconde guerre mondiale a laissé des traces et ce n’est pas Mallory Hope qui dira le contraire. Il a vu la mort de près et ne sera plus jamais le même. Revenu au pays pour exercer le métier de détective privé, il verse désormais dans la magie noire ; rarement pour le meilleur, et presque […]

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La seconde guerre mondiale a laissé des traces et ce n’est pas Mallory Hope qui dira le contraire. Il a vu la mort de près et ne sera plus jamais le même. Revenu au pays pour exercer le métier de détective privé, il verse désormais dans la magie noire ; rarement pour le meilleur, et presque toujours pour le pire.

Hope, scénarisé par Guy Adams et dessiné par Jimmy Broxton, est une œuvre de qualité mêlant polar noir et occultisme.

LE PRIVÉ

A une époque où les enfants stars fleurissent aussi vite qu’ils se fanent, celui que tous les studios s’arrachent a disparu. Il s’agit de Joey Fabrizzi, plus connu sous le nom de Buster Ritz. Pour le retrouver, Hope, un privé de Los Angeles est engagé.

Désabusé, cynique, sensible au charme des blondes énigmatiques et porté sur la boisson, le personnage s’inscrit dans la plus pure tradition des privés tels qu’on les connaît depuis Philip Marlowe, incarné par Humphrey Bogart.

De fait, les codes des films des années 40-50 sont parfaitement exploités et le lecteur les repère avec une certaine satisfaction, désireux de connaître le fin mot de l’histoire, à la recherche du moindre indice. Le premier étant bien entendu le héros éponyme.

A NEW HOPE.

Hope… « Espoir » … Rarement un nom a été aussi mal porté, car cet anti-héros, imbibé de whisky, hanté par son passé, possède une arme aussi terrifiante que destructrice : la magie noire.

Sans en être une pâle copie, Mallory Hope rappelle immédiatement et par bien des aspects John Constantine, le maître de la magie noire et du sarcasme. Mais Hope possède sa part d’originalités et des qualités qui lui sont propres.

Pendant la guerre, Hope a découvert l’art occulte, à moins que ce ne soit l’inverse…

Là où la mort rôde et s’incarne pour accompagner quiconque s’aventure sur les champs de bataille, il l’a aperçue, sous la forme d’un être gigantesque, encapuchonné et portant un masque à gaz. Depuis, ils ne se sont plus quittés.

Bien loin d’être un simple prétexte au développement d’une ambiance ésotérique, cette originalité permet à Guy Adams de développer par touches successives un univers subtilement alternatif.

DU SILENCE ET DES OMBRES.

Le scénariste britannique est un habitué du paranormal puisqu’il a officié à de nombreuses reprises sur la licence de Doctor Who.

Pourtant, dans Hope, point de voyage à travers l’espace-temps, mais plutôt une uchronie saupoudrée de sorcellerie.

En effet, pour gagner la guerre, l’Amérique a eu recours à la magie noire ; ce faisant, elle a vendu son âme au diable, ou à quelque chose qui lui ressemble. Et le prix à payer est élevé, si élevé que la réalité a été subtilement modifiée. Les États-Unis et ses symboles ne sont plus exactement ceux qu’on connaît.

Ainsi, meurtri par la pratique répétée des arts occultes, le cœur du président Roosevelt n’a pas tenu jusqu’en 1945 et c’est Wallace qui a pris sa place à la tête de la plus grande puissance du monde. Carole Lombard, la célèbre actrice n’a pas tragiquement disparu dans un accident d’avion et son union avec Clark Gable a donné naissance à un enfant. Les légendes Montgomery Clift et Rock Hudson ont pu partager l’affiche d’un même film : les Reines de Cisco…

Ces nombreux indices sont disséminés avec habileté au fil des pages.

Par ailleurs, loin d’être indispensables à l’intrigue, ils contribuent à l’élaboration d’un univers ingénieusement parallèle tout en invitant le lecteur curieux à retrouver ces modifications historiques.

Dès lors, entre une intrigue retorse et cette chasse aux indices uchroniques, la lecture de Hope devient bien vite captivante.

BLACK IS BLACK.

Pour donner vie à cette histoire à l’odeur de soufre, Guy Adams est accompagné de Jimmy Broxton (Sex & Violence).

Dès les premières cases, l’ambiance envoûtante propre à la fin des années 40 se fait ressentir et on est irrésistiblement happés par une aventure parfaitement illustrée, jouant à la perfection avec l’esthétique des polars noirs hollywoodiens. Le style réaliste, associé au noir et blanc, est parfaitement maîtrisé et sert avec brio l’intrigue.

Avec Hope, les éditions Delcourt livrent ce qu’on espère être le premier tome d’une longue série 2000AD. L’intrigue originale de Guy Adams est parfaitement portée par les magnifiques dessins de Jimmy Broxton. Un deuxième tome devrait sortir d’ici peu outre-manche, espérons qu’il parviendra jusqu’à nous.

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Les vacances de Nor https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/les-vacances-de-nor-surducan-aventuriers-de-letrange/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=les-vacances-de-nor-surducan-aventuriers-de-letrange https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/les-vacances-de-nor-surducan-aventuriers-de-letrange/#respond Mon, 06 Jul 2020 14:52:19 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=73365 Norbert n’est pas très content. Il va devoir passer ses grandes vacances chez ses grands parents. Le petit gardien des nuages va pourtant vivre des aventures surprenantes en croisant la route de Skaï et Lotzi. Maria et Ileana Surducan imaginent Les vacances de Nor, une très jolie fable fantastique jeunesse. Une belle surprise ! Devenir […]

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Norbert n’est pas très content. Il va devoir passer ses grandes vacances chez ses grands parents. Le petit gardien des nuages va pourtant vivre des aventures surprenantes en croisant la route de Skaï et Lotzi. Maria et Ileana Surducan imaginent Les vacances de Nor, une très jolie fable fantastique jeunesse. Une belle surprise !

Devenir gardien des nuages

C’est l’été. Norbert est content, il va pouvoir jouer aux jeux vidéo et avec ses copains. Mais ses parents ne sont pas de cet avis. Ils ont décidé de l’envoyer un mois chez ses grands-parents. Il est déçu et ne veut pas y aller.

A peine arrivé, Norbert râle toujours autant. Le lendemain, il accompagne son grand-père jusqu’à l’enclos des nuages. Le vieil homme, mage et gardien des nuages, lui propose de s’occuper des plus petits. Il accepte un peu à contre cœur.

Skaï, gardienne des chardons

Norbert se rend dans le pré accompagné de ses petits nuages. Il préfère jouer sur sa console portable que de les regarder gambader.

Il croise alors la route de Skaï, la gardienne des chardons. C’est une petite fille énergique et qui n’hésite pas à le bousculer. Le soir, il en parle à ses grands-parents et son papi décide de lui raconter l’histoire de sa mamie, marraine de la forêt qui a terrassé le grand Zméï.

Lotzi, le garçon invisible

Le lendemain, Norbert prend le chemin de la forêt. Il est surpris par Dagobert, le petit dragon qui vient de se faire harceler par un monstre.

Avec Skaï, ils décident de mener leur enquête. Le monstre, c’est Lotzi, le garçon invisible. Un peu hautain, l’adolescent armé de son lance-pierres terrorise les petits êtres de la forêt…

Les vacances de Nor : une très jolie fable fantastique

Best seller de la bande dessinée roumaine publié en 2018, Les vacances de Nor est une superbe fable fantastique jeunesse. Écrite par les deux sœurs Surducan, Ileana et Maria, c’est une belle ode aux pouvoirs de l’imaginaire de plus petits.

Après Le bal des douze princesses pour Maria et Le cirque, le journal d’un dompteur de chaises pour Ileana, elles conjuguent leur talent de conteuses pour offrir aux enfants de plus de 7 ans, une aventure proche des légendes populaires slaves de l’Europe de l’Est, notamment par les dragons et autres créatures fantastiques. Si l’intrigue est actuelle (les jeux vidéos des personnages…), le cadre chez les grands-parents semble suspendu dans le temps.

Chasse au Zméï

Pour Les vacances de Nor, Ileana et Maria Surducan mettent en scène de jeunes héros très marqués dans leur caractère. Skaï est très vivante, dynamique et enjouée, tandis que Norbert est dans un premier temps, très râleur et plutôt casanier, quant à Lotzi, un peu rustre, il aime toiser les autres par sa grandeur et sa force. Ils vont pourtant s’entendre et former un trio très complémentaire dans leur quête de chasser le Zméï.

L’album est très rythmé, empli d’action et surtout très drôle. Les gags visuels donnent de l’énergie et de la folie à cette histoire très agréable à la lecture. Les sœurs Surducan ajoutent un soupçon de mystère et de menace à leur intrigue pour le plus grand bonheur de leur jeune lectorat.

Un dessin moderne

Si le scénario est écrit par les deux sœurs, le dessin a été confié à Ileana. Aidée aux couleurs par Maria, l’autrice réalise de très belles planches modernes et très dynamiques comme le veut l’intrigue.

Son trait est tout en rondeur et les personnages sont très attachants. Si les décors sont peu fréquents, c’est pour laisser toute la place aux interactions entre les protagonistes. On apprécie aussi les différents ajouts autour des pouvoirs de chacun : les cheveux en forme de nuages pour les gardiens ou les mini-chardons dans la coiffure rose de Skaï.

Les vacances de Nor : de la magie, de l’humour, de l’action, de la solidarité, des mystères et des créatures fantastiques dans un album positif et drôle. Chouette surprise !

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Skateboard Chronicles https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/skateboard-chronicles-hamon-simonacci-marabulles/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=skateboard-chronicles-hamon-simonacci-marabulles https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/skateboard-chronicles-hamon-simonacci-marabulles/#respond Sun, 05 Jul 2020 09:50:01 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=73344 Placés en famille d’accueil, Nell et Mia fuient et se réfugient dans un parc d’attractions abandonné. Jérôme Hamon et Mattéo Simonacci racontent leur parcours dans Skateboard Chronicles, un récit doux-amer autour de l’adolescence et de l’enfance. Tendre et dur à la fois ! De fréquents oublis Encore une fois, Julia, la mère de Nell, n’est […]

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Placés en famille d’accueil, Nell et Mia fuient et se réfugient dans un parc d’attractions abandonné. Jérôme Hamon et Mattéo Simonacci racontent leur parcours dans Skateboard Chronicles, un récit doux-amer autour de l’adolescence et de l’enfance. Tendre et dur à la fois !

De fréquents oublis

Encore une fois, Julia, la mère de Nell, n’est pas venue à la réunion parents-professeurs du lycée. Pire, elle n’est pas venue chercher sa petite fille Mia à l’école.

En grand frère protecteur, Nell doit alors se rendre au commissariat pour la récupérer. Là, comme à son habitude, c’est Franck qui s’en est occupé. Le policier les ramène alors chez eux.

Nell et Mia sont placés

Accro au crack, Julia ne s’était pas réveillée pour aller chercher Mia. Les deux enfants sortent alors jouer dans la vieille voiture dans le jardin. Franck annonce à la jeune femme que le procureur a ouvert une enquête contre elle. En attendant, Mia et Nell vont être placés.

Si la famille d’accueil semble bienveillante dans un premier temps, le couple durcit les règles car les deux enfants sont trop libres dans leurs comportement. Contraints par ce tour de vis, Nell décide d’aller squatter dans l’ancien parc d’attractions abandonné. C’est le début d’une vie de bohème pas toujours rose, entre manque de nourriture, froid et jeu du chat et de la souris avec les autorités…

De l’amour, de l’amour, de l’amour

Ce que l’on apprécie au plus haut point chez Jérôme Hamon, c’est sa capacité à parler avec une très grande justesse de l’enfance et de l’adolescence. Loin de l’univers de la danse (Emma et Capucine) et de l’anticipation (Green Class), il imagine une famille qui éclate après les difficultés de la vie dans Skateboard Chronicles.

Si l’on pourrait croire qu’elle est dysfonctionnelle par l’attitude de Julia, elle ne l’est pas tant que cela. On ressent un immense amour entre Nell, Mia et Julia. Si elle se drogue et n’est plus en mesure de les élever, à aucun moment leurs sentiments ne sont altérés. C’est de l’amour, parfois maladroit, mais c’est de l’amour.

De l’âpreté de l’enfance

Dans Skateboard Chronicles, les lecteurs sont attendris et sont dans l’empathie pour ses deux gosses. S’ils se sont toujours élevés seuls, ils n’en sont pas malheureux pour autant. Cette liberté, Mia et Nell l’aiment par dessus tout. Cette mère parfois absente ne les a pas empêché de grandir et de s’épanouir.

Nell semble être un élève sérieux. Même s’il a grandi plus vite que la moyenne, il a la tête sur les épaules. Il est aussi ébranlé par cette jeune lycéenne qui lui apprend à faire du skate. Les premiers émois et les idylles naissantes, c’est aussi l’un des thèmes favoris de Jérôme Hamon.

Quant à Mia, elle est insouciante et pleine de vie. Dans sa bulle – comme dans un rêve – elle s’amuse souvent seule. Proche des animaux et des insectes, elle est végane. Elle représente ce côté poétique de Skatebaord Chronicles.

De la bienveillance en bande dessinée

S’il ne ménage jamais ses personnages (les sacrifices pour être danseuse de haut niveau dans Emma et Capucine, un virus dans Green Class), Jérôme Hamon a une infinie tendresse pour eux. Les faisant fuir le monde d’adulte qui ne comprennent pas, ils les fait s’émanciper et grandir par des obstacles que même un adulte aurait du mal à franchir. Parce que oui, ses personnages sont forts et s’élèvent avec abnégation contre les montagnes dressées sur leurs parcours. Ils sont braves et vaillants.

Nell et Mia connaissent la déchirure du placement en famille d’accueil, l’abandon d’une mère et le refuge dans un monde loin du confort mais ils sont épaulés par des êtres bienveillants. En premier lieu, il y a Franck, le vieux policier bientôt à la retraite. Toujours prêt à couvrir les méfaits de Julia, il a pris sous ses ailes cette famille particulière. Lui aussi les aime à sa manière. Il y a aussi les camarades du jeune adolescent qui viennent apporter nourriture et réconfort dans leur fuite.

Skatebaord Chronicles, un très beau dessin moderne et vivant

Comme à son habitude, Jérôme Hamon sait s’entourer de jeunes talents pour la partie graphique. Pour Skateboard Chronicles, il a choisi de faire équipe avec Matteo Simonacci. Né à Rome en 1982, il suit des cours à l’École Internationale de Comics. Il débute sa carrière avec une histoire publiée dans Heavy Metal, le magazine américain, petit frère de Métal Hurlant. Son premier album est signé aux Humanoïdes Associés : Delta, avec Roberto Ricci et Jean-Louis Fonteneau. Avec ce dernier, il dessine deux tomes de Furya chez Glénat.

Pour cette belle chronique sociale, il réalise des planches en noir et blanc, agrémentées de gris, de très belle facture. Un peu dans la même veine que sa camarade italienne Flavia Biondi (Les générations), il développe un trait moderne et très vivant.

Les lecteurs apprécieront aussi le magnifique clin d’oeil à la merveilleuse série Sunny de Taiyou Matsumoto. Dans le jardin de Nell et Mia trône une vieille voiture délabrée où ils peuvent jouer, à l’image de la Nissan jaune dans le manga. Le maître mangaka avait été placé dans un orphelinat comme il le montre dans son autobiographie, les deux enfants de Skateboard Chronicles le sont aussi dans une famille d’accueil.

Skatebaord Chronicles : une très jolie bande dessinée sur l’enfance, son âpreté, la vulnérabilité de l’adolescence, les dysfonctionnement d’une famille pas comme les autres et de la bienveillance. Une belle surprise !

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Entretien avec AJ Dungo : vainqueur du prix Bulles de sport 2020 https://www.comixtrip.fr/dossiers/entretien-avec-aj-dungo-vainqueur-du-prix-bulles-de-sport-2020-in-waves-casterman-surf/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=entretien-avec-aj-dungo-vainqueur-du-prix-bulles-de-sport-2020-in-waves-casterman-surf https://www.comixtrip.fr/dossiers/entretien-avec-aj-dungo-vainqueur-du-prix-bulles-de-sport-2020-in-waves-casterman-surf/#respond Fri, 03 Jul 2020 14:30:30 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=dossiers&p=73332 Quelques jours après la révélation du Prix Bulles de Sport 2020 pour In Waves, les membres du comité ont contacté Aj Dungo sur son compte Instagram pour solliciter un entretien. Quelques heures plus tard, il répondait favorablement et humblement à leur demande. C’est avec fierté et beaucoup de reconnaissance que nous vous livrons ces échanges. […]

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Quelques jours après la révélation du Prix Bulles de Sport 2020 pour In Waves, les membres du comité ont contacté Aj Dungo sur son compte Instagram pour solliciter un entretien. Quelques heures plus tard, il répondait favorablement et humblement à leur demande. C’est avec fierté et beaucoup de reconnaissance que nous vous livrons ces échanges.

Tout d’abord, pouvez-vous vous présenter en quelques mots?

Mon nom est AJ Dungo, j’ai 28 ans, et j’ai écrit In Waves.

Pouvez-vous nous parler de la naissance et de la réalisation de ce travail ?

Ce livre est né d’un voyage d’études à l’étranger pendant mes années d’université, mais ma compagne Kirsten avait planté l’idée dans mon esprit bien avant ce voyage. Au départ, j’ai créé un projet centré sur la vie du pionnier du surf Tom Blake. Il s’agissait d’une édition de boîtes de 5 x 7 pouces remplies d’impressions et de fanzines sur les réalisations de ce surfeur.

J’ai emmené ces boîtes à Londres, où j’ai rencontré des éditeurs, des directeurs artistiques, des studios de cinéma et des agences de publicité. Après avoir rencontré Nobrow, un éditeur anglais, ils m’ont contacté après mon voyage pour voir si je voulais faire un livre avec eux. C’était un rêve qui se réalisait.

La réalisation de In Waves était-elle une sorte de thérapie, une source d’apaisement ou une sorte de passage obligatoire (puisque vous l’aviez promis) plutôt éprouvante ?

Je pense que c’était les deux. Kirsten est décédée peu de temps avant de commencer le livre, j’étais donc plongé dans le chagrin et j’écrivais à travers ma douleur.

Cette promesse que je lui avais faite m’a assurément motivé à continuer à chaque fois que je me heurtais à des obstacles avec ce projet. Le début a été difficile et le processus a été interminable. C’était mon premier essai à l’écriture et l’illustration d’un livre, j’avais donc l’impression de chercher mon chemin dans l’obscurité.

Pourquoi avez-vous choisi le dessin si vous ne vous percevez pas comme un dessinateur pour raconter cette histoire ? Ce projet pourrait-il évoluer dans un format différent ?

Je pense que j’ai choisi de raconter cette histoire de la façon dont je l’ai fait car les bandes dessinées sont mon moyen de communication.

Mes compétences paraissaient être surtout liées aux bandes dessinées plutôt qu’à l’animation ou quelque chose d’autre. J’ai étudié l’illustration. J’ai toujours pensé que j’étais un bon écrivain. Je me suis alors lancé. J’ai reçu beaucoup d’aide au fur et à mesure en termes d’édition, de vérification orthographique et de grammaire. Je pense que cela pourrait certainement être traduit ou évoluer vers un film ou une animation.

Vous déclarez ne pas être un dessinateur mais ce travail très personnel a-t-il généré une envie de répéter l’expérience, avec peut-être des sujets moins intimistes ?

Absolument. Je pense que j’aimerais explorer la narration avec des sujets à la fois intimes et inconnus. J’y ai beaucoup pensé, et je suis prêt à relever ce défi.

La ligne de dessin est très nette, est-ce délibérément lié à l’arrière-plan de l’histoire ?

Merci ! Je pense que c’est juste un choix esthétique. C’est comme cela que j’aime dessiner : épuré et précis mais avec un soupçon de spontanéité pour garder le lecteur et moi, liés.

Ce travail a-t-il nécessité une recherche documentaire approfondie sur les origines du surf ou étiez-vous déjà un aficionado du sujet ?

Je partais de zéro. J’en savais autant qu’un lecteur moyen, c’est-à-dire que je ne connaissais vraiment rien. Dès que j’ai obtenu le contrat pour le livre, j’ai couru à la librairie la plus proche et j’ai lu tout ce que je pouvais sur le sujet. J’ai beaucoup lu et j’ai rencontré des personnes dans l’industrie du surf qui m’ont vraiment aidé. Je suis sans aucun doute toujours en train d’apprendre.

Pensez-vous pouvoir créer des histoires plus éloignées de votre quotidien ?

Je pense que oui, mais tout ce que j’écrirai sera à travers mon regard, n’est-ce pas ? Si j’écrivais à propos d’un sujet qui m’est complètement inconnu, toutes ces informations seront filtrées par mon expérience, ma vision du monde et ma perspective.

En tant qu’auteur de bande dessinée, êtes-vous un lecteur de bande dessinée ? Si oui, quelles sont vos influences ?

Oui, j’étais un fan de bandes dessinées bien avant d’en écrire. J’adore vraiment ce moyen de communication.
La liste est sans fin mais certains de mes préférés sont Connor Willumsen, Adrian Tomine, Jillian Tamaki, Charles Burns, Hayao Miyazaki, Tatsuhiro Otomo, Freddie Carrasco, Yoshihiro Tatsumi, Daniel Clowes, Simon Hanselmann, GG, Olivier Schrauwen, Rebecca Sugar, Sam Alden, Mike Mignola, Jose Munoz ou encore Richie Pope.

In Waves connaît un grand succès en France, en Belgique, avec de nombreux festivals, des productions éditoriales … Et aux Etats-Unis ?

Merci beaucoup ! Je pense que oui, mais rien n’est comparable à la France. La France est vraiment un niveau au-dessus. C’est difficile de décrire l’élan d’amour et de soutien qui vient de la France à mes amis et à ma famille ici aux États-Unis. C’est incroyable et je suis tellement reconnaissant. Aux États-Unis le livre a reçu quelques récompenses et une certaine reconnaissance, mais ce n’est certainement pas la sensation virale qu’il est devenu en France.

Quels sont vos projets actuels ? Quelque chose de plus sur le sport ?

Je travaille des dessins pour une exposition personnelle à la Galerie Barbier et ces derniers temps, j’ai travaillé en freelance dans l’édition. J’ai conçu des t-shirts dont les recettes servent à mettre fin aux incarcérations de masse et à l’injustice raciale et économique.

Lisez-vous des bandes dessinées sportives ? Si oui, quelles ont vos préférées ?

Bien sûr ! Mon amie Ellen Lindner a une excellente série sur le baseball. Hot Summer Nights de Freddie Carrasco tourne autour d’amis qui font du skate board. Il y a une histoire dans Killing and Dying sur les fans de baseball. Sam Bosma a une étonnante série intitulée Fantasy Sports sur les sports dans un monde fantastique. Sports is Hell de Ben Passmore concerne le football. Il y a beaucoup de bonnes choses.

Surfez-vous en ce moment ?

Il a été difficile de quitter la maison à cause du covid-19 mais pour la première fois depuis des mois, je m’y suis remis et c’était génial. Les vagues n’étaient pas très bonnes mais ça faisait du bien de faire tomber les toiles d’araignées et de se mettre à l’eau.

Êtes-vous un fan de sports ? Avez-vous des idoles sportives ?

Oui ! Je suis un grand fan de la NBA. Je suis un grand fan de Kawhi Leonard. J’ai grandi en suivant les Bulls de Michael Jordan et j’ai déménagé à Los Angeles quand Kobe et Shaq étaient au top. Je suis aussi skateur et surfeur. La liste est trop longue à faire, mais mes sportifs favoris les plus récents sont Dane Reynolds, Craig Anderson, Oscar Langburne, Kelia Moniz, Mikey February, Dylan Rieder, Tyshawn Jones, Jeff Grosso, Louie Lopez, Mango, Jeff Cheung, Ishod Wair, Grant Taylor, il y en a trop à dire ! J’aime aussi le football.

Êtes-vous impliqué dans la lutte contre le cancer ou les maladies en général ?

Pas directement. J’ai fait don d’une partie des recettes de ma première édition de In Waves (avec Nobrow) à City of Hope (un hôpital de recherche sur le cancer en Californie). C’était quelque chose que Kirsten a toujours voulu et j’espère continuer à donner de différentes manières.

Dernières questions AJ Dungo. Nous vivons actuellement un moment particulier avec le COVID-19. Que pensez-vous de ce moment ? Pouvez-vous imaginer écrire sur cette période ? Est-ce que vous pensez que cela va changer pour notre vie quotidienne ?

Je pense que nous vivons un moment historique. Non seulement à travers une pandémie, mais l’un des plus grands mouvements mondiaux de défense des droits civiques de tous les temps déclenché par le meurtre de George Floyd et les innombrables assassinats de Noirs non armés à travers le monde et à travers l’histoire. C’est très bouleversant. Je pense que peut-être avec le temps je pourrais écrire à ce sujet mais le vivre est irréel. Le monde semble en même temps si divisé et si uni. Il est difficile de supporter certains jours, mais je continuerai d’espérer et de me battre pour un avenir meilleur.

Merci AJ !

Entretien réalisé en juillet 2020

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Aubépine : La fin de tout https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/aubepine-la-fin-de-tout-karensac-pico-dupuis/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=aubepine-la-fin-de-tout-karensac-pico-dupuis https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/aubepine-la-fin-de-tout-karensac-pico-dupuis/#respond Fri, 03 Jul 2020 13:54:05 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=73319 Karensac et Thom Pico signent le quatrième épisode des aventures d’Aubépine, haut en couleurs et en aventures ! Ils clôturent le cycle des 4 saisons, et cet album va rassembler l’ensemble des personnages magiques rencontrés depuis l’installation d’Aubépine dans sa vallée montagnarde avec sa famille. Ici, place au Printemps ! La cérémonie de transmission de […]

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Karensac et Thom Pico signent le quatrième épisode des aventures d’Aubépine, haut en couleurs et en aventures ! Ils clôturent le cycle des 4 saisons, et cet album va rassembler l’ensemble des personnages magiques rencontrés depuis l’installation d’Aubépine dans sa vallée montagnarde avec sa famille. Ici, place au Printemps ! La cérémonie de transmission de la couronne des cimes entre le roi de l’Hiver et la Reine du Printemps, qui marque le changement de la saison, vous vous en doutez, ne va pas se dérouler comme prévu… et les rebondissements seront nombreux !

Oups !! Maman nous a vus…

Avec la fin de l’hiver, les activités habituelles des habitants reprennent leur cours, enfin… ça dépend du point de vue de chacun ! Pour Rose, la mère d’Aubépine, scientifique spécialiste d’une espèce particulière d’oiseaux qui l’ont amenée à venir avec toute la famille dans la vallée pour les étudier, il faut assurer le suivi de la nidification en installant des robots mimétiques qui permettront d’enregistrer des données précieuses pour mieux comprendre cette espèce.

Alors qu’elle s’apprête à terminer les opérations du jour sur le suivi d’un nid, la voilà agressée par l’un des parents et contrainte de fuir au cœur de la montagne. Arrivée au fond d’une galerie, elle évite une chute mortelle et se retrouve suspendue au-dessus d’une cavité. Et là, c’est la cata, pour elle bien sûr, car elle assiste à une cérémonie incompréhensible pour son esprit rationnel. Mais que font donc son mari et sa fille en compagnie de ces êtres bizarres !?! Elle vient pourtant de discuter à l’instant avec Aubépine au téléphone !! Mais de quoi parlent-ils au juste ? une cérémonie de transfert de pouvoirs et d’une couronne des cimes entre le Roi de l’Hiver et la Reine du Printemps ? Non c’en est trop… D’ailleurs, c’en est trop aussi pour la corde qui la soutient, et là patatra ! c’est la chute, justement sur cette rose, qui ne résiste pas, et l’onde de choc qui suit est phénoménale…

Aubépine, qui pensait enfin pouvoir profiter tranquillement de sa vallée, se retrouve projetée dans une course contre la montre pour rétablir les équilibres originels. En effet, la destruction de la couronne des cimes a pour conséquence de libérer le sortilège qui permettait de contrôler le génie Saligaud (voir tome 1). Le risque qu’il s’échappe et qu’il veuille assouvir sa soif de vengeance et de destruction est considérable…

Le seul moyen de le contrer consiste à reforger la couronne des cimes détruite, mais cela ne peut s’envisager que dans la forge d’origine qui se trouve dans le monde parallèle de la stèle… Aubépine n’a pas d’autre choix, elle y va !

Aubépine, Magie quand tu nous tiens…

La Magie est bien présente dans ce dernier album et nous tient en haleine ! Aubépine croisera sur son chemin de nouveaux personnages qui tantôt l’aideront, tantôt chercheront à la freiner dans sa quête de la Forge. L’esprit d’entraide est toujours bien présent car c’est grâce à cela qu’Aubépine arrivera au bout du chemin ! et cette solidarité sera nécessaire quand il faudra se rassembler pour résister au génie Saligaud.

La connexion à la nature reste un élément fondamental porté par l’album et les personnages, en laissant entrevoir ce qui pourrait advenir en cas de déséquilibres majeurs entre les éléments naturels. Cet album nous rappelle que les équilibres sont précaires et qu’il faut en prendre soin. Il témoigne aussi du changement car il n’est pas si loin le temps où Aubépine ne jurait que par les jeux vidéos et où tout semblait l’exaspérer dans cette vallée (voir tome 1) !

Il y est aussi question des rapports de confiance et de communication à établir avec les siens, car c’est bien parce que Rose n’a pas été informée de l’existence de phénomènes magiques dès le départ qu’elle se retrouve en rupture avec ses proches (ou inversement).

C’est un bouquet final explosif qui nous est livré par le duo Karensac/Pico. Le dynamisme du dessin, la palette des couleurs utilisées sont toujours aussi formidables pour illustrer les univers traversés par Aubépine, tout à tour angoissant du labyrinthe, palpitant dans la quête de la forge ou dynamisant lors de la renaissance du printemps avec ses tons pastels.

A nouveau un bon moment de lecture à partager en famille !

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Le culte de Mars https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/le-culte-de-mars/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=le-culte-de-mars https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/le-culte-de-mars/#respond Thu, 02 Jul 2020 13:54:02 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=73252 Pour son deuxième album qu'est le culte de Mars (Delcourt), Mobidic tente de rassembler autour de l’opposition. A moins que cela ne soit un leurre...

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Allez, on ose le dire. cinq ans qu’on attendait un nouveau titre de Mobidic qui nous avait tant séduit avec Le Roi Ours. Et patienter une demi-décennie aura été, certes long, mais à en croire la couverture de ce nouveau roman graphique qu’est Le culte de Mars, on sait qu’ à tout le moins, on retrouvera l’absorbante patte graphique de l’autrice. D’ailleurs, si on s’attarde à en faire la comparaison, la couverture du Roi Ours offrait toutes les grandes lignes du contenu de l’histoire. Pour celle proposée par le Culte de Mars, le décor est pensé de la même manière. Dans cette  aventure inédite imaginée par la brillante autrice, il faudra faire le lien entre une fusée en bois, un homme portant un gros livre dans une main et une plume dans l’autre, entourés d’un décor où la végétation aura pris le pas sur le réseau routier… Entrons sans plus attendre dans ce nouvel univers de Mobidic. 

BLEUE OU ROUGE

La Terre est vidée de toutes ressources. N’offrant plus d’intérêt à l’humanité, les plus chanceux ou riches la désertent pour peupler une autre planète : Mars. La nature reprend naturellement ses droits. Mais la planète bleue est encore investie de ces hommes et femmes qui attendent. Celles et ceux qui sont partis étaient leur espoir pour venir les chercher. Ils ne viendront jamais…

Le temps est passé et plusieurs générations se sont succédé. Les terriens d’aujourd’hui sont presque redevenus comme à l’origine de l’Humanité. Tels des êtres primitifs, ils s’appuient, malgré tout, sur des contes et légendes qui font de Mars le paradis. Condamnés à errer dans ce qu’ils comparent à l’enfer, hommes, femmes et enfants survivent sans beaucoup d’optimisme pour l’avenir.

Alors quand arrive de nulle part cet homme que tous appellent le messager de Mars ou autres connotations divines, il y a comme un espoir qui se lit sur leurs visages. Hermès de son prénom, ne se prétend pas pour autant être le Sauveur. Il se revendique plutôt comme un rassembleur de savoir. Dans son grand livre, il note tout. La moindre information qui émane des ancêtres est inscrit dans son manuscrit. Son seul but est de transmettre toutes ses découvertes pour ne pas oublier. Peut-être une fois les pages toutes remplies en découleront des réponses ou explications, mais Hermès en est persuadé : il est impossible d’aller sur Mars.

Cependant, certaines communautés préfèrent s’accrocher à ses écrits et croire que dans son livre se trouve le moyen de regagner la planète rouge. Après tout, il faut bien s’accrocher à quelque chose quand derrière soi, il n’y a plus rien.

UN FORMIDABLE RETOUR

Après la magnifique entrée dans le neuvième art avec Le Roi Ours, on attendait le retour de Mobidic. Non pas pour une confirmation. Car vu tout le talent déployé pour imaginer les aventures de cette jeune indienne proposée en offrande par son père mais sauvée par un ours, on trépignait seulement d’impatience d’entrer encore dans l’univers de l’autrice franco-mexicaine.

Et d’emblée, on y plonge sans retenue. La première fois, Mobidic nous avait bien eu quand sa couverture laissait penser qu’on allait lire un joli conte pour enfants qu’il ne fallait, en fait, surtout pas leur mettre dans les mains ! Ici, pas d’entourloupe. Le héros présenté à côté d’une probable fusée, ne tient certainement pas dans sa main de jolies histoires à raconter à nos bambins.

LE BEAU CHAOS

Des les premières planches, on comprend qu’on a affaire à un monde où l’apocalypse a fait son oeuvre. Mais la sensibilité de Mobidic ne va pas nous offrir de décors ou règnent destruction et chaos comme il est de coutume. C’est bien la nature qui domine. La végétation recouvre les routes, les panneaux de signalisation ou autre centre commercial. Comme si la disparition d’une partie de l’humanité avait, en fin de compte, sauver la planète. Tout un symbole…

Bien évidemment, dans ce joli cadre parsemé de quelques animaux (elle aime tant les dessiner…), Mobidic ne nous prend pas pour des naïfs pour autant. Son introduction sanglante rappelle que nous sommes bel et bien dans un monde à reconstruire. Enfin, plutôt dans un monde qu’il faut désormais déserter.

LE CULTE DE MARS : LA CULTURE DU SAVOIR

Sans pour autant être moralisatrice, Mobidic distille dans Le Culte de Mars de nombreux messages au travers d’Hermès, son personnage principal. Dès sa première apparition, il nous inspire une certaine quiétude. En fredonnant le fameux poème de François Villon, l’homme à la barbichette et aux grands yeux noirs semble parcourir le monde à la recherche de nouvelles richesses. Lui-même ayant beaucoup à en donner.

Adulé par beaucoup, son livre attise également toutes les convoitises. Mobidic ne méprend pas ses lecteur.ices. Hermès ne nous offre pas la même vision que ceux et celles qui le croisent dans l’histoire. C’est tout simplement et joliment un homme en soif d’apprendre avec toute la fragilité et la douceur qui le caractérisent. Et quelle belle manière de s’en rendre compte lorsqu’il rencontrera Caroline. Seule une personne dotée d’une grande humilité (avec un soupçon d’attirance) aurait pu trouver l’abnégation de parler le même langage que la jeune femme. C’est un très joli moment de ce livre.

MOBIDIC PARLE AVEC LES MAINS

Quant à la partie graphique de l’autrice, elle est toujours aussi envoûtante. Jonglant entre les scènes remplies de lumière et celles beaucoup plus sombres, Mobidic trouve toujours l’équilibre nécessaire pour offrir une belle intensité tout au long de son récit. Les visages des personnages donnent beaucoup d’expressions comme elle sait si bien faire. Mais bien plus encore, ce sont les mains qui sont à mettre en évidence. Elles sont très présentes et surtout elles disent beaucoup de choses.

Au final, on pourrait parler du Culte de Mars comme un magnifique roman graphique d’anticipation. Mais après l’avoir terminé, on a surtout une vraie envie. Celle de continuer quelques instants à refaire le monde avec Mobidic.

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Les bons gros bâtards de la littérature https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/les-bons-gros-batards-de-la-litterature-fernandez-popesie-lapin/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=les-bons-gros-batards-de-la-litterature-fernandez-popesie-lapin https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/les-bons-gros-batards-de-la-litterature-fernandez-popesie-lapin/#respond Wed, 01 Jul 2020 14:52:07 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=73260 Aurélien Fernandez et PoPésie dévoilent tout, mais vraiment tout, sur les autrices et auteurs de la littérature. Mais surtout leur côté sombre, celui peu reluisant mettant en lumière leur sexisme, leurs violences physiques ou verbales et leur homophobie. Ils compilent ces travers et ces lâchetés dans Les bons gros bâtards de la littérature. Instructif et […]

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Aurélien Fernandez et PoPésie dévoilent tout, mais vraiment tout, sur les autrices et auteurs de la littérature. Mais surtout leur côté sombre, celui peu reluisant mettant en lumière leur sexisme, leurs violences physiques ou verbales et leur homophobie. Ils compilent ces travers et ces lâchetés dans Les bons gros bâtards de la littérature. Instructif et drôle !

Aux grandes autrices et aux grands auteurs, la patrie reconnaissante. Vraiment ?

A travers 128 pages, Aurélien Fernandez et PoPésie ont décidé d’explorer le côté obscur de la littérature. Loin de leurs chefs-d’œuvre, de leurs ouvrages merveilleux et de leurs écrits sublimes, ils dévoilent avec malice et drôlerie les faces sombres de ces autrices et auteurs pourtant le top des écrivaines et écrivains mondiaux. Ça désacralise à tout va !

Parfois, pour contextualiser leurs récits, les professeurs ou certains écrits sur leurs romans – ah la fameuse collection rouge Profil d’une œuvre chez Hatier – avancent quelques pistes mais souvent cela peut être survolé, voire ignoré de tous.

Parce que oui, Les bons gros bâtards de la littérature nous permet d’apprendre des choses (inavouables parfois) sur ces femmes et ces hommes et leurs comportements. Il faut souligner que Guillaume Plassans, aka PoPésie, est auteur et professeur de lettres et qu’il tient un compte twitter suivi par 98 0000 abonnés.

Les bons gros bâtards de la littérature : secrets et mensonges

Comme le mentionnent les deux auteurs en préface, s’ils sont de très belles plumes, reconnus internationalement, certains peuvent être vraiment de gros bâtards. « Petits secrets, mensonges, violence, insultes et sales coups » sont leur lot quotidien. Néanmoins, Aurélien Fernandez et PoPésie mettent en garde leur lectorat quant à la véracité des anecdotes de leur livre. Les sources sont parfois inconnues et les déformations de citations peuvent être légion. Pour ne rien divulguer et donc gâcher votre plaisir de lecture, nous ne donnerons pas trop de détails.

Pour ouvrir notre appétit de potins, ils débutent leur album par un portrait au vitriol de François Villon, le célèbre poète de La ballade de pendus. Ils poursuivent aussi avec des Bâtards de l’Antiquité ou de la Mythologie. Les conseils de séduction d’Alfred Jarry, de Corneille ou Tolstoï sont à tomber, tandis qu’Ernest Hemingway avait de drôles de relations avec les animaux.

Citations de gros bâtards

Les bons gros bâtards de la littérature est parsemé de Citations de gros bâtards. Et nous pouvons vous dire qu’on adore cela. C’est souvent écrit avec talent. Ça pulse, ça cogne et ça éparpille façon puzzle ! Les écrivain.es entre eux ne sont jamais très tendres. A côté les bad buzz entre les rappeurs aujourd’hui, c’est de la gnognote. Leur plume appuie là où ça fait mal, en plein dans la plaie. Les passes d’arme entre eux sont nombreuses. Morceaux choisis :

« C’est un crapaud qui empoisonne toutes les eaux dans lesquelles il nage » (Alfred de Vigny à propos de Sainte-Beuve)

« Quel grand poète il eut été, s’il avait eu quelque chose à dire » (Mallarmé à propos de Hugo)

Et il y en a des dizaines comme cela. Néanmoins, certaines citations sont moins heureuses, mettant en lumière les pires saloperies et idées nauséabondes de certains. Ainsi, nous découvrons, le racisme, l’antisémitisme, la misogynie (pour beaucoup d’écrivains, une femme ne pouvait et ne devait pas écrire) et l’homophobie de ceux que l’on vénère en littérature. Nous éviterons de leur faire trop de publicité en ne les retranscrivant pas. Les plus infâmes de ce côté-là, étaient les frères Goncourt, multipliant les citations assassines envers les autrices et auteurs.

Comportements à la limite de la loi

Aurélien Fernandez et PoPésie arrivent aussi à nous distraire et nous faire rire de comportements parfois à la limite de la loi. Les violences physiques sont nombreuses chez certains. On aime aussi les armes et les duels chez les auteurs. Choderlos de Laclos a participé à l’élaboration de l’obus. Lucien Carr, Liu Yongbiao ou William Burroughs avaient la main leste de ce côté-là et devinrent même des meurtriers !

Les amis n’hésitent d’ailleurs pas à attaquer leurs collègues en groupe. Guy de Maupassant a fait les frais de canulars souvent méchants. Lequel aimait le sexe et se vantait de ses MST. Quant à Camille Claudel, la célèbre sculptrice, elle fut envoyée dans un asile par son frère, Paul, l’écrivain. Il ne viendra la voir que rarement et la pauvre mourra de malnutrition.

Pour écrire des chefs-d’œuvre, doit-on être dans un état second par l’alcool ou la drogue ? Certain.es s’y sont penché.es pour augmenter (?) leur production. Ces addictions ont parfois engendré des déboires à leurs auteurs.

Les auteurs de Les bons gros bâtards de la littérature abordent aussi les problèmes de plagiats (Mary Shelley, Molière, Houellbecq ou Alexandre Dumas qui faisait écrire ses romans par les autres).

Dessin au diapason

Pour mettre tout cela en musique, Aurélien Fernandez a usé de tout son talent. L’auteur de Bougre de bonhomme a une maison sur la tête (éditions Lapin) réalise des planches d’une très belle lisibilité. Ses personnages ont des têtes géométriques, tels de bons Playmobil. Son trait épais est agrémenté de grands aplats noir et bleu.

Les bons gros bâtards de la littérature : pour faire tomber de leur piédestal les autrices et auteurs que l’on vénère ! Un très joli album, drôle, passionnant et instructif.

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3 papas https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/3-papas-nando-von-arb-misma-editions/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=3-papas-nando-von-arb-misma-editions https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/3-papas-nando-von-arb-misma-editions/#respond Mon, 29 Jun 2020 14:45:51 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=73103 Nando Von Arb, dans son autobiographie dessinée, publié chez Misma , nous dévoile son enfance où trois hommes ont eu leur importance. Par la force de son dessin, il construit un récit d’une justesse émouvante. C’est cela 3 papas. Un loup, un fou et un roc Nando raconte sa vie dans laquelle trois hommes, chacun […]

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Nando Von Arb, dans son autobiographie dessinée, publié chez Misma , nous dévoile son enfance où trois hommes ont eu leur importance. Par la force de son dessin, il construit un récit d’une justesse émouvante. C’est cela 3 papas.

Un loup, un fou et un roc

Nando raconte sa vie dans laquelle trois hommes, chacun à leur manière, ont tenu un rôle singulier et important. Les enfants sont enfant par leurs questions et leur dessin en bonhomme bâton, petits comme des œufs. Sous les ailes d’une maman malheureuse, les petits grandissent, jonglant entre question et passion, jeux et inquiétude.

Parmi les 3 hommes, il y a son papa biologique parti du foyer. C’est un amateur d’art qui emmène son fils dans les musées. Au côté d’un papa qui tente de recoller les morceaux, les tableaux et les sculptures prennent un sens particulier. C’est un papa qui essaye de retrouver sa place dans le cœur de son fils. Il y a aussi Kiko, l’ancien compagnon de sa maman. C’est le papa de la grande sœur de Nando. Il a beaucoup d’humour Kiko. Il fait le fou, essaye d’être le perchoir rigolo d’une mère-oiseau épuisée. Puis il y a Zélo, son nouveau compagnon. Il est solide, plein d’une énergie rassurante, avec la force d’un volcan. Inébranlable. Il y a le loup qui fuit, le fou qui reste et le roc qui tient la route.

A travers les pérégrinations d’un enfant, Nando adulte fait cohabiter les certitudes, les doutes et les changements de chacun des personnages.

Un dessin d’impact

Le style graphique de 3 papas nous plonge brutalement dans son univers. Il est rustique, fort, énergique. Il permet toutes les allégories et toutes les hyperboles. Comme un enfant à la taille variable face aux adultes immenses, des personnages écrasés sous le poids des bulles de dialogues ou un arbre alambiqué qui cache en son sein tous les mots qu’un père ne dit pas, mais les pense de toutes ses forces.  C’est un mélange sensible de métaphores, qui tranche directement dans le vif nos émotions pour y déposer ses graines de réflexion.

Nando conjugue dialogue en noir et blanc et tranche de vie en couleur.  En noir et blanc, il pose des dialogues ou des petits instants du quotidien. Une goutte de couleur peut alors apparaître et y apporter beaucoup de douceur. Parfois, elles sont partout. Vives et très contrastées, elles donnent une forte impact aux images. Ensemble, couleur, noir et blanc composent un vaste tableau de moment important dans la vie de Nando.

La famille de Nando Von Arb

3 papas est une bande-dessinée autobiographique subtile  dans son archaïsme et criante de vérité. Nando grandit entouré de trois figures paternelles qui lui ont donné goût à l’art, au dessin et l’ont aidé à se construire. Ce sont trois modèles masculins différents, qui ont participé à leur manière au développement du jeune Nando. 3 papas est une autobiographie qui se conclue par une évidence : Nando a 3 papas. Mais bon, les psy ne le voient pas comme ça.

3 papas est une bande-dessinée puissante, émouvante et pleine de sagesse. L’univers allégorique de Nando nous immerge dans les méandres de son enfance, dans une famille-puzzle qui nous touche en plein cœur.

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Les sœurs Grémillet https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/les-soeurs-gremillet-di-gregorio-barbucci-dupuis/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=les-soeurs-gremillet-di-gregorio-barbucci-dupuis https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/les-soeurs-gremillet-di-gregorio-barbucci-dupuis/#respond Thu, 25 Jun 2020 14:41:20 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=73170 Giovanni Di Grégorio et Alessandro Barbucci lancent avec ‘le rêve de Sarah’ une nouvelle série jeunesse, dont les héroïnes sont trois sœurs, les sœurs Grémillet, autrement dit le Club des Trois Frangines : Sarah, Cassiopée et Lucille. Nous accompagnons ce jeune trio pétillant dans une quête qui les mènera dans ce premier tome jusqu’aux secrets […]

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Giovanni Di Grégorio et Alessandro Barbucci lancent avec ‘le rêve de Sarah’ une nouvelle série jeunesse, dont les héroïnes sont trois sœurs, les sœurs Grémillet, autrement dit le Club des Trois Frangines : Sarah, Cassiopée et Lucille. Nous accompagnons ce jeune trio pétillant dans une quête qui les mènera dans ce premier tome jusqu’aux secrets de leur mère.

Les sœurs Grémillet : Drôle de rêve…

Tout démarre dans une ambiance mystérieuse, aquatique, qui conduit Sarah, la sœur aînée de Cassiopée et Lucille, au pied d’un arbre centenaire, guidée par une cohorte de méduses phosphorescentes. Cet espace féérique semble vouloir lui transmettre un message… Mais quel est-il ? et, systématiquement, à l’instant où une information nouvelle semble sur le point de lui être communiquée, Sarah se réveille en sursaut.

Ce rêve la poursuit régulièrement, et même si elle partage ses inquiétudes avec ses deux sœurs, rien ne semble pouvoir la libérer. Et quand Sarah questionne sa mère Magda pour tenter d’en comprendre le sens, elle voit bien que celle-ci se ferme et ne souhaite plus communiquer… Il doit bien y avoir un sens à tout cela…

Mais que nous cache-t-elle ?

La préparation d‘un présent pour la fête des mères sera sans doute pour les trois sœurs l’occasion de renouer avec leur mère mais aussi d’enquêter sur son passé. Le Club des Trois Frangines va donc ressortir de sa tanière pour une nouvelle mission ! Encore faudra-t-il trouver des indices fiables et réussir à tirer les vers du nez des copines de Magda, qui ne sont pas forcément à l’aise pour répondre aux questions insistantes des jeunes filles…

Le grenier sera certainement une source d’informations de haute qualité, c’est là que les recherches vont débuter… et la découverte d’une photo va renforcer leur volonté d’en savoir plus.

Où la parole vient libérer le passé

Cet album scénarisé par Giovanni Di Gregorio aborde de façon subtile la question de la transmission entre générations de l’histoire familiale, voire des secrets de famille, à travers les relations entre Magda et ses filles. A cela s’ajoute l’articulation du récit autour de modèles familiaux assez classiques tels que la place de l’aîné dans la fratrie, qui vient souvent soutenir les parents dans l’éducation des plus jeunes, complétée par une approche plus contemporaine avec une histoire ayant comme support une famille monoparentale. Les relations au sein de la fratrie présentées dans l’album feront sourire les lecteurs ayant eu grande sœur ou petit frère, ainsi que les réactions explosives liées à l’entrée dans l’adolescence ! Les tempéraments des trois frangines sont ainsi très attachants, entre la chef de troupe dynamique, l’artiste fleur bleue ou la grande amie des animaux.

Les auteurs ont également su implanter leur histoire dans un cadre qui rayonne : une ville aérée et lumineuse, sans voiture, qui laisse place aux cyclistes et aux piétons mais aussi au végétal. Une ville à l’architecture riche et proposant un cadre de vie vivant, avec de belles verrières et des habitations où il fait bon se retrouver en famille justement.

Les dessins et les couleurs choisis par Alessandro Barbucci sont une ode à la lumière. Elle est omniprésente, qu’il s’agisse des scintillements des objets du quotidien des jeunes adolescentes, les étoiles sous la nuit, ou encore les couchers de soleil somptueux visibles de la terrasse de l’appartement.

Un vrai plaisir de lecture parfait pour toutes les tranches d’âge édité par Dupuis !

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Harald et le trésor d’Ignir https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/harald-et-le-tresor-dignir-brivet-bamboo/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=harald-et-le-tresor-dignir-brivet-bamboo https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/harald-et-le-tresor-dignir-brivet-bamboo/#respond Thu, 25 Jun 2020 13:00:39 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=73145 Parce qu’il a commis le double affront de voler le trésor d’Ignir et de se croire supérieur au terrible dragon des mers, le roi Dagmar a été plongé dans un sommeil magique qui le pousse chaque jour un peu plus vers le trépas. Pour le sauver, son fils, Harald va tenter d’apaiser la colère du […]

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Parce qu’il a commis le double affront de voler le trésor d’Ignir et de se croire supérieur au terrible dragon des mers, le roi Dagmar a été plongé dans un sommeil magique qui le pousse chaque jour un peu plus vers le trépas. Pour le sauver, son fils, Harald va tenter d’apaiser la colère du monstre.

Suite et fin des aventures de Harald, le vaillant viking, dans le second tome d’une série très réussie, parue chez Bamboo Édition, Harald et le trésor d’Ignir.

HARALD LE JEUNE.

Pour Harald, le temps presse. En effet, plus les jours passent, plus son roi et père dépérit, funestement assoupi par le sort d’Ignir le maléfique.

Qui plus est, au village, Silke, sa mère, secondée de son oncle Heidrek, tente tant bien que mal de maintenir l’autorité de Dagmar. Mais la tâche est ardue car Gudrun la voyante du village semble mener son propre jeu…

Ainsi, si le jeune héros ne rapporte pas son joyau magique au dragon, s’en est terminé du village et de ses habitants.

Harald est prêt à aller jusqu’au bout du monde et à affronter des créatures légendaires s’il le faut pour sauver son père. Mais pour mener à bien cette quête, le guerrier devra encore apprendre que c’est l’union qui fait la force.

UNE ODYSSÉE VIKING.

Dans ce second tome, l’histoire reprend là où l’avaient laissée Antoine et Matthieu Brivet.

On retrouve donc avec enthousiasme ce monde des Vikings du VIIIe siècle, avec ses valeurs, ses croyances et sa magie. Très loin d’être un simple prétexte, l’univers choisi pour ces aventures nourrit l’histoire et la psychologie des personnages.

Ainsi, au fil des pages, ces derniers gagnent en épaisseur psychologique et deviennent sans cesse plus attachants.

Par ailleurs, qui dit Viking, dit action, et heureusement, cette dernière est omniprésente et les péripéties nombreuses.

On suit réellement avec beaucoup de plaisir et d’intérêt les aventures de ces Vikings dans un monde dont la connaissance est en constante expansion.

Ainsi, les ennemis inconnus d’un jour sont les frères d’armes du lendemain, car dans Harald et le trésor d’Ignir, la bravoure finit par prendre le pas sur les différences.

Le fait est, par exemple, que tout semblait opposer le jeune Viking Harald et la guerrière Sayaline, venue de Bagdad. Mais Odin en avait sans doute décidé autrement…

Dans l’histoire présentée par les frères Brivet, on comprend bien vite que les qualités humaines dépassent les différences et les préjugés.

Harald et le trésor d’Ignir : UNE AVENTURE HUMAINE.

C’est là un des points forts de cette mini-série : on ressent sans l’ombre d’un doute que les héros sont mus par des valeurs universelles. L’amour filial, la loyauté, l’amitié guident les actes et les cœurs. Et le respect de ces qualités s’avère bien souvent être le seul moyen de survivre face à un monde qui recèle des dangers aux nombreux visages.

Ce n’est qu’en avançant main dans la main que les héros viendront à bout de nains maléfiques, d’un géant mythique, de Magyars, de la sorcellerie, de la traitrise et d’un dragon sorcier.

On l’aura compris, les embûches sont nombreuses, mais les auteurs les exploitent sans caricature, avec beaucoup de justesse, pour entretenir le rythme haletant d’une aventure exaltante. L’intrigue est globalement linéaire, mais on déroule avec intérêt et parfois angoisse le fil de cette histoire parfaitement maîtrisée.

UNE AFFAIRE DE FAMILLE.

Le fait que cette bande dessinée soit l’œuvre de deux frères n’est sans doute pas étranger à l‘exploitation de toutes ces qualités.

On sent bien que les personnages sont guidés par des valeurs que scénariste et dessinateur partagent.

Ainsi, le scénario et les personnages de Matthieu prennent parfaitement vie sous les crayons et les pinceaux d’Antoine.

Le rendu final s’avère très éloigné de l’image des guerriers sanguinaires qui colle parfois à la peau des Vikings. Les dessins et la colorisation y sont d’ailleurs pour beaucoup : les visages ronds et parfois souriants bien que balafrés, tout comme la palette de couleurs utilisées, souvent douces et même parfois pastel, viennent adoucir l’ambiance et les combats les plus violents.

Avec le second tome de Harald et le trésor d’Ignir, viennent se clore les aventures du jeune Vikings. Harald va suivre un voyage initiatique guidé par la sagesse et les valeurs qui feront de lui un héros aussi brave qu’attachant.

Cette mini-série s’avère être une réussite de bout en bout. Son intrigue, ses personnages tiennent en haleine un lecteur conquis.

Les frères Brivet sont au diapason et l’harmonie dans leur création est sincère et perceptible.

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Ama https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/ama/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=ama https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/ama/#respond Wed, 24 Jun 2020 14:44:04 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=72890 Ama, le souffle des femmes de Franck Manguin et Cécile Becq édité chez Sarbacane nous plonge dans l’univers sous-marin des pêcheuses japonaises.  Ce récit nous montre combien il est difficile d’allier modernité et coutumes ancestrales. été 1962 – Nagisa Nagisa , une jeune citadine tokyoïte débarque chez sa tante Isoé sur Hegura, une petite île  […]

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Ama, le souffle des femmes de Franck Manguin et Cécile Becq édité chez Sarbacane nous plonge dans l’univers sous-marin des pêcheuses japonaises.  Ce récit nous montre combien il est difficile d’allier modernité et coutumes ancestrales.

été 1962 – Nagisa

Nagisa , une jeune citadine tokyoïte débarque chez sa tante Isoé sur Hegura, une petite île  japonaise au Nord de Kyoto.

Sur cette île, la culture est différente de celle de la capitale. La société est matriarcale et les habitants vivent de la pêche en apnée selon des techniques ancestrales que seules les femmes (ama) peuvent pratiquer. Les hommes (tomaé) accompagnent ces pêcheuses pour les remonter dès qu’elles ont trouvé les ormeaux.

Isoé est aussi la chef des ama. Elle est rustre, brute mais Nagisa comprend vite que c’est une femme d’honneur et de convictions.

Petit à petit, la jeune fille pudique s’ouvre aux autres. Elle s’adapte à ce monde où la nudité est naturelle et où le corps n’est pas tabou.  Nagisa apprend consciencieusement ce dur métier et devient une ama à part entière.

L’intégration et les coutumes

Si Nagisa vient sur cette île, c’est qu’elle cache un lourd secret mal accepté par son père. Sa mère, ancienne ama, savait que ce serait dur physiquement et mentalement mais elle savait aussi que Nagisa ne serait pas jugée.

Maintenant que Nagisa est une ama, elle doit se trouver un tomaé comme le veut la tradition. Et même si le mariage n’est pas obligatoire, les coutumes poussent les ama à ne pas vivre seule.

Comme vous êtes mon tomaé… cela veut-il dire que l’on va devoir se marier ? …

C’est vrai qu’un jour la question va se poser …

A-t-on déjà vu une ama vivre seule ? Hmm Impossible.

Cette nouvelle va obliger Nagisa à faire un choix.

Ama, une magnifique fresque japonaise

Franck Manguin est un passionné du Japon, de sa culture et c’est ce qui lui a donné envie d’écrire ce scénario qu’il devait initialement illustrer.

Finalement, c’est Cécile Becq qui est en charge de la partie graphique, pour sa première bande dessinée et c’est tout simplement magnifique. Elle croise les bleus tendres et le blanc crème, ce qui donne une extrême douceur au récit. En s’inspirant d’images d’archives elle entraîne le lecteur au cœur du Japon des années 60.

Ama est une histoire de famille, une histoire où les générations et les cultures  s’opposent, une histoire de relations entre les hommes et les femmes, une histoire où l’amour ne peut être contraint, une histoire de tradition et d’évolution.

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L’homme qui tua Chris Kyle https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/lhomme-qui-tua-chris-kyle-nury-bruno-dargaud-eastwood/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=lhomme-qui-tua-chris-kyle-nury-bruno-dargaud-eastwood https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/lhomme-qui-tua-chris-kyle-nury-bruno-dargaud-eastwood/#respond Tue, 23 Jun 2020 15:09:01 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=73106 Héros de la guerre d’Irak, Chris Kyle fut assassiné par Eddie Ray Routh. L’histoire de ce sniper aux records effarants a dans un premier temps eu l’honneur de voir sa vie mis en scène par Clint Eastwood dans American Sniper et aujourd’hui en bande dessinée sous la plume de Fabien Nury et Brüno. L’homme qui […]

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Héros de la guerre d’Irak, Chris Kyle fut assassiné par Eddie Ray Routh. L’histoire de ce sniper aux records effarants a dans un premier temps eu l’honneur de voir sa vie mis en scène par Clint Eastwood dans American Sniper et aujourd’hui en bande dessinée sous la plume de Fabien Nury et Brüno. L’homme qui tua Chris Kyle, un album fascinant et glaçant.

Chris Kyle, une légende américaine

Chris Kyle n’est pas un inconnu pour les Américains. Vétéran de la guerre d’Irak, il fut un sniper hors-norme. Ancien de la Navy, il tua au moins 160 personnes pendant sa carrière. Soit un mort par semaine pendant trois ans ! Glaçant.

Si le chiffre officiel est déjà très élevé, il se pourrait même que celui-ci soit plutôt de 255 assassinats. Entre les confirmés par les témoins et les dire du soldat, cela est quoi qu’il arrive faramineux !

Depuis son retour des combats et sa retraite, il a cofondé la Craft International, une société de sécurité privée. Atteint de PTSD (post traumatic stress disorder) le syndrome post-traumatique lié à la guerre, il lutta longtemps contre la dépression. Son couple avec Taya ne tenait alors qu’à un fil. Avant de retrouver un peu de calme et de sérénité avec son entreprise.

Mort du héros ?

Entre l’Irak et ses exploits après l’ouragan Katrina – il lutta contre les pillards en les abattants – sa légende était forgée. Celle d’un patriote pur et dur, l’Américain dans toute sa splendeur. Invité sur les plateaux télé de Fox News pour y présenter son autobiographie, Chris Kyle est l’homme que l’on admire chez les conservateurs.

Mais les héros ne sont pas fait pour durer. Lui et son ami Chad Littlefield furent abattus lors d’un séance sur un pas de tir par Eddie Ray Routh, un homme déséquilibré. Avec cette fin tragique, Chris Kyle est-il alors devenu un martyr aux yeux de ses compatriotes ?

L’homme qui tua Chris Kyle : de l’ambiguïté des hommes

Après la formidable série, Tyler Cross, et le merveilleux album Atar Gull ou le destin d’un esclave modèle, Fabien Nury et Brüno poursuivent leur œuvre en commun avec L’homme qui tua Chris Kyle, une biographie précise mais parfois déstabilisante.

Il faut souligner que le héros de cette bande dessinée n’est pas un saint. Mis en scène, son destin fut conté par Clint Eastwood dans American Sniper, d’après l’autobiographie de Chris Kyle. Fabien Nury va plus loin que le long métrage du réalisateur. Avec un plus grand recul – le scénariste de Charlotte impératrice n’est pas américain -il peut faire vaciller le mythe de cette légende militaire.

Car un soldat, reste un soldat. Même après une retraite, un vétéran se sent toujours investi d’un patriotisme exacerbé. C’est le cas du personnage principal. N’hésitant pas à tuer pour le pays (voir ces records de sniper), il poursuit sa carrière dans le privé avec une société de protection. Conservateur, pro-armes et pro NRA (le même profil que Eastwood), il se sent un vrai Américain. Propre sur lui, avec femme et enfant, il n’en reste pas moins un meurtrier. C’est aussi cela qui plait dans l’album du scénariste de Katanga, c’est qu’il pose sur la table toute l’ambiguïté de son héros de papier, entre légende et martyr.

Nous pouvons aussi y ajouter Taya, l’épouse de Chris, elle aussi dans un rôle des plus ambigus; comme si elle voulait prolonger la légende, mais plutôt d’un point de vue pécuniaire. Une surprenante femme tireuse d’élite !

Pourquoi tuer un héros ?

Comme Chris Kyle, son assassin, Eddie Ray Routh, lui aussi n’est pas un saint. Amateur de drogue et perdu dans la relation toxique qu’il entretient avec sa petite amie, il passe du côté obscur de la force avec le meurtre du héros de toute l’Amérique.

Il faut dire que nous, Européens et même Français, nous avons beaucoup de mal avec les armes et le fait de s’armer pour se protéger. Pour nous, le deuxième amendement (dévoyé de son sens initial. Ah les relecteurs et interprètes des textes anciens … !) est incompréhensible et malsain. C’est aussi cela dont parle L’homme qui tua Chris Kyle, ce sentiment profond de vengeance dont tous Américains peuvent se servir.

Fabien Nury aborde aussi le fameux PTSD, ce syndrome traumatique des vétérans de guerre, des formes multiples de dépressions très bien racontées dans l’album PTSD de Guillaume Singelin. Comment se reconstruire après avoir côtoyé l’horreur du front ? Comment dépasser les morts et les blessés ? Comment vivre avec l’assassinat de soldats ou d’innocents ?

S’il est magnifiquement raconté, que sa narration est d’une grande précision et ciselée, il reste ce malaise pour l’héroïsation des soldats tueurs dans cette histoire d’une belle puissance vertigineuse. Les lecteurs en ressortent hallucinés de cette histoire hallucinante.

Un récit documentaire d’une grande beauté graphique

L’homme qui tua Chris Kyle est aussi un très grand récit documentaire sur le système judiciaire américain, mais aussi sur le tribunal populaire télévisé et par la même occasion celui des réseaux sociaux qui érigent les héros – comme ils les déboulonnent – en peu de temps. La réalité dépassant parfois la fiction.

Quelle excellente idée que Fabien Nury a eu de demander à Brüno de mettre en image cette histoire ! Il faut le crier, ce dessinateur est un grand ! Son trait anguleux est d’une grande lisibilité. Rehaussées par de grands aplats de couleurs, les planches de l’auteur de Junk et Biotope nous régalent les yeux. Les scènes de combats en Irak (Chris sortant des décombres), l’assassinat du héros, le Texas, les hallucinations d’Eddie ou les plateaux TV, tout est fort dans le travail du dessinateur. Un bel hommage aux westerns.

L’homme qui tua Chris Kyle : de la légende américaine à l’ambiguïté des personnages, un récit déstabilisant et brillant !

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Les 10 indispensables de l’été 2020 de l’ACBD https://www.comixtrip.fr/actualites/les-10-indispensables-de-lete-2020-de-lacbd/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=les-10-indispensables-de-lete-2020-de-lacbd https://www.comixtrip.fr/actualites/les-10-indispensables-de-lete-2020-de-lacbd/#respond Mon, 22 Jun 2020 13:25:37 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=actualites&p=72989 Toute l’année, les journalistes de l’ACBD, spécialisés en bande dessinée, ont la chance de lire des milliers d’albums… et souhaitent orienter les lecteurs parmi la masse des nouveautés. Pour vous aider à choisir les BD que vous emporterez en vacances, ils proposent Les 10 indispensables de l’été 2020, voici par ordre alphabétique les 10 titres […]

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Toute l’année, les journalistes de l’ACBD, spécialisés en bande dessinée, ont la chance de lire des milliers d’albums… et souhaitent orienter les lecteurs parmi la masse des nouveautés. Pour vous aider à choisir les BD que vous emporterez en vacances, ils proposent Les 10 indispensables de l’été 2020, voici par ordre alphabétique les 10 titres qui ont le plus retenu leur attention ces derniers mois :

Quelques-uns des titres de cette belle sélection Les 10 indispensables de l’été 2020 ont été chroniqués par l’équipe de Comixtrip. Pour voir les articles, vous pouvez cliquer sur les liens.

Les 10 indispensables de l’été 2020 de l’ACBD :

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