Comixtrip https://www.comixtrip.fr La bande dessinée du monde, le monde de la bande dessinée Sun, 22 Jul 2018 08:14:15 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.9.5 Suicide Squad Rebirth tome 4 : Terre Brûlée https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/suicide-squad-rebirth-tome-4/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/suicide-squad-rebirth-tome-4/#respond Sun, 22 Jul 2018 08:13:32 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=51312 La saga DC Rebirth en cours chez Urban Comics s’attaque à l’organisation criminelle la plus dangereuse de l’univers des comics. Découvert pour certains dans le film de 2016, la Suicide Squad revient pour de nouvelles aventures. Suicide Squad Les origines de la Suicide Squad, on vous les a exposées à l’occasion de la sortie des […]

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La saga DC Rebirth en cours chez Urban Comics s’attaque à l’organisation criminelle la plus dangereuse de l’univers des comics. Découvert pour certains dans le film de 2016, la Suicide Squad revient pour de nouvelles aventures.

Suicide Squad

Les origines de la Suicide Squad, on vous les a exposées à l’occasion de la sortie des archives de la Suicide Squad. Ce qu’il faut savoir, durant la période Rebirth, c’est que l’équipe a un peu évoluée. On retrouve Deadshot, Captain Boomerang et l’Enchanteresse de la version originale. L’équipe compte aujourd’hui en plus Harley Quinn, Killer Croc, Katana et désormais… Le général Zod. Harley Quinn est une habituée des comics et le film l’a rendu très populaire. C’est le seul personnage qui n’a pas eu sa première apparition dans un comics, mais dans une série animée. Killer Croc est un crocodile anthropomorphe avide de sang, et Katana est l’arme secrète de Waller (la directrice de l’agence A.R.G.U.S) qui lui sert de garde du corps.

Le petit nouveau, le général Zod

Mais une équipe, ça s’agrandit. Et récemment, Waller a décidé de recruter tout simplement le général Zod. Le général était un ami de Jor-El, le père de Superman, mais lorsque le premier à décidé de renverser le gouvernement kryptonien, le second n’a eu d’autre choix que de l’enfermer dans une de ses inventions, la Zone Fantôme. Celle-ci ne laisse filtrer ni l’espace, ni le temps au point qu’elle est la prison parfaite. Sauf que toute prison à sa faille, et Zod réussit à la trouver, découvrant son monde en miettes. Il décide de se rendre sur Terre retrouver le dernier fils de Krypton pour se venger et, en même temps, réduire la Terre en esclavage. Stoppé et enfermé à Belle Reve, prison pour super-vilains, Zod est détenu sous bonne garde. Mais voilà que Waller décide de l’intégrer à l’équipe, déjà bien cinglée.

De la kryptonite pour les gouverner tous

Seulement comment contrôler cet individu venu des étoiles. Avec le seul point faible des kryptoniens, la kryptonite. Le seul qui en possède encore est Lex Luthor, ancien ennemi de Superman qui est désormais gentil (ou pas ?). Waller décide de monter une opération avec l’escadron, mais va se retrouver devant plus de difficultés qu’elle n’avait envisagée et va devoir compter sur un allié inattendu. Va-t’elle réussir à obtenir la fameuse pierre ? Contrôlera-t’elle l’incontrôlable ? Devant quels autres dangers l’équipe va devoir se confronter ? Tout autant de questions qui trouve leurs réponses dans ce comics.

Rob Williams est un petit nouveau sur ce titre, mais réussit avec brio à reprendre le flambeau de ces prédécesseurs. Il est accompagné aux dessins par Tony S. DanielNeil Edwards et Stjepan Sejic. Suicide Squad Rebirth est publié chez Urban Comics.

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Eisner Awards 2018 : le palmarès https://www.comixtrip.fr/actualites/eisner-awards-2018-le-palmares/ https://www.comixtrip.fr/actualites/eisner-awards-2018-le-palmares/#respond Sat, 21 Jul 2018 07:22:40 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=actualites&p=51274 Eisner Awards 2018 : le palmarès. Le vendredi 20 juin furent décernés les Eisner Awards, prix prestigieux américains qui récompensent les meilleurs albums et les meilleurs auteurs publiés aux Etats-Unis en 2017 dans de nombreuses catégories. Le Comic Con de San Diego était en effervescence. Le public a donc découvert un palmarès fort avec notamment […]

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Eisner Awards 2018 : le palmarès. Le vendredi 20 juin furent décernés les Eisner Awards, prix prestigieux américains qui récompensent les meilleurs albums et les meilleurs auteurs publiés aux Etats-Unis en 2017 dans de nombreuses catégories. Le Comic Con de San Diego était en effervescence. Le public a donc découvert un palmarès fort avec notamment le triomphe de Monstress (Liu et Takeda), My Favorite Thing Is Monsters (Ferris) mais aussi Le mari de mon frère (Tagame), Spinning (Walden), Cumbe (D’Salete) ou En cuisine avec Kafka (Gauld). Enfin, Rumiko Takahashi entre au Hall of Fame !

LES EISNER AWARDS : DES PRIX PRESTIGIEUX

Comic-Con International de San Diego est le siège du Will Eisner Comic Industry Awards, la version mondiale des Oscars de la bande dessinée. Ces prix prestigieux furent créés par Dave Olbrich en 1988. Cette année est donc fêté les 30 ans de ces récompenses internationales

LES EISNER AWARDS 2018 : LE PALMARES

Voici le palmarès complet de la cérémonie. Quelques albums ont été chroniqués par Comixtrip. Pour le découvrir, il suffira de suivre le lien.

  • Best Publication Design : Akira 35th Anniversary Edition, designed by Phil Balsman, Akira Saito (Veia), NORMA Editorial, and MASH•ROOM (Kodansha)
  • Will Eisner Spirit of Comics Retailer : Norma Comics
  • Best Academic/Scholarly Work : Latinx Superheroes in Mainstream Comics, by Frederick Luis Aldama (University of Arizona Press)
  • Best Comics- Related Book : How to Read Nancy: The Elements of Comics in Three Easy Panels, by Paul Karasik and Mark Newgarden (Fantagraphics)
  • Best U.S. Edition of International Material—Asia : My Brother’s Husband, vol. 1, by Gengoroh Tagame, translated by Anne Ishii (Pantheon), lire notre chronique de Le mari de mon frère (Akata)
  • Best Cover Artist : Sana Takeda, Monstress (Image)
  • Best writter : Marjorie Liu, Monstress (Image) & Tom King, Batman, Batman Annual #2, Batman/Elmer Fudd Special #1, Mister Miracle (DC)
  • Best Lettering : Stan Sakai, Usagi Yojimbo, Groo: Slay of the Gods (Dark Horse)
  • Best Archival Collection/Project-Comic Strips : Celebrating Snoopy, by Charles M. Schulz, edited by Alexis E. Fajardo and Dorothy O’Brien (Andrews McMeel)
  • Best Publication for Teens (Ages 13-17) : Monstress, by Marjorie Liu and Sana Takeda (Image)
  • Best Publication for Kids (ages 9–12) :  The Tea Dragon Society, by Katie O’Neill (Oni)
  • Best Publication for Early Readers (up to Age 8) : Good Night, Planet, by Liniers (Toon Books)
  • Best Painter/Multimedia Artist (Interior Art) : Sana Takeda, Monstress
  • Best Penciler/Inker : Mitch Gerads, Mister Miracle (DC)
  • Best U.S. Edition of International Material : Run for It: Stories of Slaves Who Fought for the Freedom, by Marcelo D’Salete, translated by Andrea Rosenberg (Fantagraphics), lire notre chronique de Cumbe (çà et là)
  • Best Humor Publication : Baking with Kafka, by Tom Gauld (Drawn & Quarterly), lire notre chronique de En cuisine avec Kafka (2024)
  • Best writter/artist : My Favorite Thing Is Monsters, by Emil Ferris (Fantagraphics), bientôt édité en France par Monsieur Toussaint Louverture (Moi ce que j’aime c’est les monstres)
  • Best Graphic Album – New : My Favorite Thing Is Monsters, by Emil Ferris (Fantagraphics)
  • Best Coloring : Emil Ferris, My Favorite Thing Is Monsters (Fantagraphics)
  • Best Comics-Related Periodical/Journalism : The Comics Journal, edited by Dan Nadel, Timothy Hodler, and Tucker Stone, tcj.com (Fantagraphics)
  • Best Short Story : A Life in Comics: The Graphic Adventures of Karen Green, by Nick Sousanis, in Columbia Magazine (Summer 2017)
  • Best Single Issue/One-Shot : Hellboy: Krampusnacht, by Mike Mignola and Adam Hughes (Dark Horse)
  • Best Continuing Series : Monstress, by Marjorie Liu and Sana Takeda (Image)
  • Best Limited Series : Black Panther: World of Wakanda, by Roxane Gay, Ta-Nehisi Coates, and Alitha E. Martinez (Marvel)
  • Best New Series : Black Bolt, by Saladin Ahmed and Christian Ward (Marvel)
  • Best Anthology : Elements: Fire, A Comic Anthology by Creators of Color, edited by Taneka Stotts (Beyond Press)
  • Best Reality-Based Work : Spinning, by Tillie Walden (First Second), lire notre chronique de l’album (Gallimard)
  • Best Graphic Album—Reprint : Boundless, by Jillian Tamaki (Drawn & Quarterly)
  • Best Adaptation from Another Medium : Kindred, by Octavia Butler, adapted by Damian Duffy and John Jennings (Abrams ComicArts)

HALL OF FAME

Le Hall of fame est le Temple de la renommée ou Panthéon qui consiste à honorer des auteurs majeurs de la bande dessinée du monde entier. L’année dernière (2017), le jury avait choisi choisi : Milt Gross, H. G. Peter, Antonio Prohias et Dori Seda, cette année ce sont : Carol Kalish, Jackie Ormes, Karen Berger, Dave Gibbons &  Rumiko Takahashi, qui sont nommés au Hall of Fame.

Pour découvrir les deux derniers palmarès, parcourez nos deux autres articles :

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War Mother : nouvelle arrivée dans l’univers Valiant https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/war-mother-valiant/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/war-mother-valiant/#respond Fri, 20 Jul 2018 14:00:34 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=51265 War Mother, toute nouvelle héroïne, fait son apparition dans l’univers Valiant et amène une pierre supplémentaire à un édifice déjà colossal. War Mother : Mère de toutes guerres Nous sommes en l’an 4001. La Terre est ravagée par les guerres, les catastrophes naturelles ainsi que le temps qui a fait son office. Notre planète est […]

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War Mother, toute nouvelle héroïne, fait son apparition dans l’univers Valiant et amène une pierre supplémentaire à un édifice déjà colossal.

War Mother : Mère de toutes guerres

Nous sommes en l’an 4001. La Terre est ravagée par les guerres, les catastrophes naturelles ainsi que le temps qui a fait son office. Notre planète est divisée en plusieurs royaumes fortifiés qui luttent chaque jour pour sa survie. Parmi eux, le Bosquet qui est un refuge modifié biologiquement et qui abrite les connaissances scientifiques de l’humanité. Il peut cependant compter sur sa protectrice, War Mother.

Une course contre la montre

Malheureusement, ce refuge se meurt. War Mother va devoir emmener son peuple dans une autre contrée, dans laquelle elle affrontera mille dangers, en plus de devoir veiller sur les autres. Armée d’un fusil doué de conscience, elle va tout faire pour mener à bien sa mission et l’aventure promet d’être épique et pleine de monstruosités.

Ce récit est complet et accessible à tous, puisque l’univers Valiant n’est, pas encore, omniprésent dans l’univers de War Mother. Chacun peut donc découvrir ses folles aventures, qui connaîtront, peut-être un jour, un crossover avec d’autres têtes d’affiches de l’univers.

La nouvelle série, créée par Fred Van Lente (Archer and Armstrong, Ivar Timewalker) est illustrée par deux autres habitués de la maison Valiant, Stephen Segovia (Ninjak, Unity) et Tomas Giorello (X-O Manowar, Bloodshot Reborn). Comme toujours, c’est Bliss Comics qui s’occupe de la parution de l’univers Valiant en France.

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Sword Art Online : Project Alicization https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/sword-art-online-project-alicization/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/sword-art-online-project-alicization/#respond Tue, 17 Jul 2018 06:35:43 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=51233 Sword Art Online continue sur sa lancée et nous présente la toute nouvelle aventure de Kirito, le projet Alicization. La toute nouvelle série est toujours scénarisé par Reki Kawahara et est dessiné par Koutarou Yamada, aux éditions Ototo. Project Alicization Une toute nouvelle machine de réalité virtuelle révolutionnaire fait son apparition. Un fonctionnaire du ministère […]

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Sword Art Online continue sur sa lancée et nous présente la toute nouvelle aventure de Kirito, le projet Alicization. La toute nouvelle série est toujours scénarisé par Reki Kawahara et est dessiné par Koutarou Yamada, aux éditions Ototo.

Project Alicization

Une toute nouvelle machine de réalité virtuelle révolutionnaire fait son apparition. Un fonctionnaire du ministère des affaires générales recrute Kazuto Kirigaya, alias Kirito, pour tester et lui faire un rapport sur ce projet. Baptisé Alicization, Kirito rejoint un autre monde appelé l’Underworld. Mais il ne garde aucun souvenir de l’expérience, puisque la machine se base sur un transfert d’âmes. La vie qu’il vit là-bas, et celle qu’il vit dans son monde, sont totalement dissociées.

Kirito en danger

L’expérience ressemble à quelque chose sans danger, puisqu’il ne peut agir ni ressentir, aucun risque en soi pour le corps de Kirito. Seulement, notre jeune héros va se faire attaquer dans la vie réelle, et va se retrouver, en tant que Kirito, dans cet autre monde. Celui-ci paraît tellement réel que Kirito pourrait presque se demander si tout cela n’est pas la réalité. Contraint à l’explorer et à trouver un moyen d’en ressortir vivant. D’autant plus que son ancienne expérience dans ce monde va compliquer sa tâche de nouvel arrivant dans l’Underworld.

La toute nouvelle série Project Alicization commence sur les chapeaux de roues avec de nouveaux défis pour l’épéiste. Le monde des technologies paraît toujours aussi effrayant, mais très excitant, sous la plume de Reki Kawahara, qui récidive dans sa saga phare. Accompagné par un dessinateur très talentueux, Koutarou Yamada, Sword Art Online a encore de beaux jours devant elle.

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Talentless : combat contre les ennemis de l’humanité https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/talentless/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/talentless/#respond Sun, 15 Jul 2018 14:23:18 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=51126 Dans Talentless, de jeunes gens dotés de super-pouvoirs sont formés dans une école perdue sur une île en plein milieu de l’océan pour combattre les ennemis de l’humanité. Mais une nouvelle élève pourrait bien rendre cette existence bien différente. Talentless ou le sans-talent L’histoire démarre par la présentation de Nanao Nakajima. C’est lui qui nous explique […]

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Dans Talentless, de jeunes gens dotés de super-pouvoirs sont formés dans une école perdue sur une île en plein milieu de l’océan pour combattre les ennemis de l’humanité. Mais une nouvelle élève pourrait bien rendre cette existence bien différente.

Talentless ou le sans-talent

L’histoire démarre par la présentation de Nanao Nakajima. C’est lui qui nous explique ce qu’est exactement cette école. Il y a une cinquantaine d’années, est apparu les premiers ennemis de l’humanité, des monstres capables de nous anéantir. Les seuls capables de les arrêter, sont des jeunes gens dotés de super-pouvoirs qu’on appelle les Prodiges. Chacun possède un talent bien particulier. Contrôler le feu, devenir immortel, lire dans les pensées… Ces Prodiges sont là pour protéger les plus faibles. Seulement Nanao ne comprend pas réellement pourquoi il est là, il se considère sans-pouvoirs. Pourtant, son talent est très utile.

Une nouvelle élève

C’est dans ce contexte que l’on découvre Nana, nouvelle élève de l’école. Son talent ? Lire dans les pensées. Du moins, c’est ce qu’elle prétend. En réalité, elle reçoit des SMS très mystérieux, et elle n’a qu’un objectif, assassiner un de ses camarades, pour sauver l’humanité. Ayant pourtant l’air parfaitement inoffensive, Nana cache un redoutable secret qui pourrait bien mettre à mal la petite tranquillité de cette école.

Cette nouvelle saga commence sur les chapeaux de roues et nous présente une héroïne complexe, mais finalement très intéressante. La qualité du scénario de Looseboy est digne d’un roman de science-fiction/fantastique, et le graphisme de Furuya Iori ajoute une touche à la fois glamour, froide et surprenante à l’ensemble. Edité par Doki Doki (Re:Teen, Ken’en), ce manga est à découvrir au plus vite.

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Moins qu’hier, plus que demain https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/moins-quhier-plus-que-demain/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/moins-quhier-plus-que-demain/#respond Thu, 12 Jul 2018 14:04:39 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=51186 Les éditions Glénat viennent de publier « Moins qu’hier, plus que demain », le dernier album en date de Fabcaro. Sorti dans la collection GlénAAAArgh !, il s’agit d’une série de strips à six cases tenant sur une page et décrivant les aléas de la vie de couple.  Chaque page commence par un titre indiquant une […]

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Les éditions Glénat viennent de publier « Moins qu’hier, plus que demain », le dernier album en date de Fabcaro. Sorti dans la collection GlénAAAArgh !, il s’agit d’une série de strips à six cases tenant sur une page et décrivant les aléas de la vie de couple.

 Chaque page commence par un titre indiquant une heure et deux prénoms : celui d’un homme et d’une femme.

Moins qu’hier, plus que demain : un double objectif

Le ton est à l’humour, parfois léger, parfois potache, parfois acerbe. Le but est toujours le même : nous faire rire.

Mais en racontant le quotidien des couples modernes, Fabcaro poursuit un autre objectif : il en dénonce les faiblesses, les travers, les interrogations et cherche à nous faire réfléchir sur notre société et la vie à deux en ce début de XXIe siècle. Les sujets sont multiples allant de la fidélité aux relations avec les beaux-parents, de la gestion des enfants à la drague en passant par la jalousie ou le sexe.

Dans un format ultracourt et utilisant une teinte différente pour chaque histoire, l’auteur de Zaï, zaï, zaï zaï et de Et si l’amour c’était aimer ? réussit souvent à faire mouche : dans la cuisine, sur l’oreiller, à la plage, au salon, il multiplie les scènes humoristiques.

Le style de Fabcaro

En parcourant ces dessins aux traits minimalistes et au style si caractéristique, on glousse beaucoup, on rit souvent de bon cœur  mais on rit aussi jaune tant certaines situations ont un air de déjà-vu chez le lecteur. Comme si chacun d’entre nous avait déjà vécu ce genre de moments…

Enfin, une mention spéciale à la seule histoire récurrente de l’album : celle de Géraldine et Fabien qu’on retrouve à intervalles réguliers.

Seul petit bémol : l’album se révèle inégal. Certaines pages sont plus réussies que d’autres mais au final, on peut parler de réussite, Fabcaro parvient à nous faire marrer presque de bout en bout.

Alors si vous voulez passer un bon moment, n’hésitez pas : lisez « Moins qu’hier, plus que demain » !

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L’été fantôme https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/lete-fantome/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/lete-fantome/#respond Thu, 12 Jul 2018 09:02:26 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=51162 Comme chaque année, Louison passe quelques jours de ses vacances d’été chez sa grand-mère au bord de la mer. Elle fait alors la connaissance de Lise, le fantôme de sa grand-tante. A travers L’été fantôme, un très beau roman graphique, Elizabeth Holleville met en scène leur relation mais aussi celle de Louison avec sa sœur […]

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Comme chaque année, Louison passe quelques jours de ses vacances d’été chez sa grand-mère au bord de la mer. Elle fait alors la connaissance de Lise, le fantôme de sa grand-tante. A travers L’été fantôme, un très beau roman graphique, Elizabeth Holleville met en scène leur relation mais aussi celle de Louison avec sa sœur et ses cousines. Un petit bijou fantastique !

Chez mamie

Louison et Lydie sa sœur arrivent dans le très belle propriété de leur grand-mère chez laquelle elles vont rester quelques jours. Des vacances d’été au bord de la mer comme la jeune pré-adolescente aime ! La vieille femme est débordante d’amour même si elle commence à perdre la mémoire. Son compagnon de vie c’est Rodin, un vieux chien qui ne fera de mal à personne.

Comme tous les ans, leurs parents repartent vite et le lendemain arrivent leurs deux cousines. Si les autres années les quatre filles avaient des jeux en commun, les trois plus âgées ont maintenant des préoccupations très loin de celle de Louison : les garçons, l’épilation de leurs jambes ou la plage pour bronzer. La plus petite, elle, s’amuse toujours autant mais seule, l’adolescence, elle ne compte pas y arriver tout de suite : récupérer les pignons de pin, faire des châteaux de sable ou jouer avec son Troll, c’est ça des vacances !

Lise, la confidente

Depuis qu’elle est arrivée, Louison est intriguée par la vieille photo de deux petites filles accrochée sur le mur du couloir. Elle demande alors à sa grand-mère qui sont ces deux fillettes. C’est elle et sa grande sœur, Lise. Sans trop vouloir en dire, Louison apprend que sa grand-tante est morte à peu près au moment du cliché. Comment ? Pour l’instant cela reste un mystère.

Quelques jours plus tard dans la salle de bain, l’adolescente est surprise par la jeune fille de la photo ! Le premier contact est délicat et rapide. Le lendemain, Lise invite Louison à jouer au badminton. C’est le début d’une étrange relation, la fantôme devenant la confidente de la vivante…

L’été fantôme : superbe récit sur le passage à l’âge adulte

Petit bijou doux-amer, L’été fantôme est un récit initiatique sur le passage entre l’adolescence et l’âge adulte. Cette très belle bande dessinée imaginée par Elizabeth Holleville s’adresse aux enfants à partir de 10 ans mais aussi aux adultes. En effet, cette histoire fonctionne à merveille sur eux par son côté un peu rétro et nostalgique (la première cigarette fumée en cachette, les premiers baisers…).

Née en 1988, l’autrice a suivi des études en illustration à l’Ecole Estienne puis en bande dessinée à l’EESI d’Angoulême. Nous avions été attiré par son excellent travail dans le journal Biscoto : Des vacances très spatiales et nous sommes sous le charme de L’été fantôme, une histoire de genre très riches au niveau des thématiques.

Louison, la plus jeune des quatre, ne veut pas vraiment quitter le monde de l’enfance, contrairement à sa sœur et ses cousines. Elle préfère jouer que de regarder les beaux garçons sur la plage. Cet univers protecteur est incarné par Lise, la fantôme restée elle aussi dans l’enfance à sa mort. Cette alliée et confidente est à l’opposé des préoccupations des adolescentes, une bonne nouvelle pour elle.

A l’image des récits de Max de RadiguèsThéo Calmejane ou Riad Sattouf, Elizabeth Holleville imagine une très belle histoire sur cette période délicate qu’est l’adolescence.

Récit à la lisière du fantastique

En abordant et en discutant avec Lise, Louison frôle ainsi le fantastique. Est-ce une vision fantasmagorique de cet être sans vie dans l’imagination de la pré-ado ?  Sans être une BD de filles comme Elizabeth Holleville le confie, il s’agit « bien d’un récit de fantôme et d’amitié avant tout ». Les apparitions du spectre, mais aussi de la cabane dans l’arbre sont bien des éléments surnaturels de cette bande dessinée. En entrant dans son monde, le temps n’a plus de prise sur la petite fille vivante.

L’été fantôme est aussi un excellent récit sur le temps qui passe mais aussi la mort ou comment l’accepter. La grand-mère ne peut pas parler de celle de sa grande sœur, cette plaie est encore béante dans sa vie. Pourtant il y a les photos et elle continue d’habiter les lieux du drame comme si pour elle c’était une façon de continuer à vivre à ses côtés. Ajouter à cela, la mémoire qui quitte petit à petit cette vieille femme, qui ne sait plus par exemple si elle a nourri ce pauvre Rodin.

Un superbe dessin

Alors qu’elle fait référence à Summer of love de Debbie Dreschler,  Château de sable de Frederik Peeters ou les récits de Gilbert Hernandez pour les bandes dessinées, Elizabeth Holleville a aussi lorgné du côté des films comme les Contes de la crypte ou Le scaphandre et le papillon pour réaliser L’été fantôme.

Ses planches pastel très colorées sont superbes grâce à un beau trait épais qui pourrait se rapprocher de celui de Oriane Lassus (Le meilleurisime repaire de la terre), les deux autrices participant régulièrement à Biscoto. Elle a pris un grand soin pour le découpage à la manière d’un film (quelques très belles séquences sans texte) et les cadrages singuliers qui impriment une ambiance douce-amère au récit. Les décors du jardin ou le sable sur la plage sont magnifiques, multipliant les détails.

L’été fantôme : un petit bijou graphique et narratif sur l’adolescence, la mort et le temps qui passe.

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Simone Veil, l’immortelle https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/simone-veil-limmortelle/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/simone-veil-limmortelle/#respond Wed, 11 Jul 2018 14:38:08 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=51120 Alors qu’elle est entrée au Panthéon avec Antoine son mari le 1er juillet dernier, Simone Veil fait l’objet d’une très belle biographie – Simone Veil l’immortelle – mettant en lumière deux moments importants de sa vie : la loi pour l’interruption volontaire de grossesse en 1974 et son internement avec sa sœur et sa mère […]

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Alors qu’elle est entrée au Panthéon avec Antoine son mari le 1er juillet dernier, Simone Veil fait l’objet d’une très belle biographie – Simone Veil l’immortelle – mettant en lumière deux moments importants de sa vie : la loi pour l’interruption volontaire de grossesse en 1974 et son internement avec sa sœur et sa mère dans le camp de concentration de Auschwitz-Birkenau en 1944. Parcours d’une immortelle sous la plume de Pascal Bresson et sous les crayons de Hervé Duphot.

Un parcours

Nommée au poste de ministre de la santé par Jacques Chirac alors Premier ministre de Valéry Giscard d’Estaing en 1974, Simone Veil fait ses premiers pas en politique à ce moment-là. Ancienne déportée du camp d’Auschwitz-Birkenau, elle avait obtenu auparavant une licence de droit et un diplôme de l’Institut d’études politiques à son retour de ses années d’enfer en Pologne. Pendant la Guerre d’Algérie, le ministre de la Justice Edmond Michelet lui confia la mission de transférer des prisonnières algériennes menacées de mauvais traitements mais aussi d’hommes menacés de peine de mort. En 1970, elle devint la première femme à occuper le poste de Secrétaire générale du Conseil supérieur de la magistrature.

Simone Veil : entrer dans l’Histoire

Après de nombreuses heures de travail intensif et de nuits blanches, le 26 novembre 1974, Simone Veil se rend à l’Assemblée nationale pour défendre le texte de loi le plus important de sa carrière : l’interruption volontaire de grossesse, qui dépénalise l’avortement. Accompagnée par Jean-Paul son fidèle assistant, elle arrive devant le Palais Bourbon, accueillie par une foule hostile de pro-vie. Les insultes pleuvent mais elle fait face : « Si je dois faire mon entrée dans l’Histoire, autant qu’elle soit fracassante ! »

La majorité est divisée, la Gauche la soutient, l’Eglise veut rester silencieuse et Jacques Chirac est frileux. Cela est donc un vrai combat qu’elle mènera devant des députés, certains opposants ayant des mots indicibles et violents. Après une dernière cigarette dans la Salle des 5 colonnes, elle fait son entrée dans l’hémicycle comme on entre en Histoire…

« Monsieur le président, mesdames, messieurs,

Si j’interviens aujourd’hui à cette tribune, ministre de la Santé, femme et non parlementaire, pour proposer aux élus de la nation une profonde modification de la législation sur l’avortement, croyez bien que c’est avec un profond sentiment d’humilité devant la difficulté du problème, comme devant l’ampleur des résonances qu’il suscite au plus intime de chacun des Français et des Françaises, et en pleine conscience de la gravité des responsabilités que nous allons assumer ensemble.

Mais c’est aussi avec la plus grande conviction que je défendrai un projet longuement réfléchi et délibéré par l’ensemble du gouvernement, un projet qui, selon les termes mêmes du président de la République, a pour objet de ‘mettre fin à une situation de désordre et d’injustice et d’apporter une solution mesurée et humaine à un des problèmes les plus difficiles de notre temps. »

Comme elle le confira à 80 ans dans ses mémoires – Une vie, éditions Stock – Simone Viel restera a jamais marqué par sa déportation dans le camp de Auschwitz-Birkenau. Pascal Bresson a donc choisi de mettre en parallèle ce moment douloureux avec sa plus grande bataille politique que fut la loi sur l’IVG. Il aurait fallu plusieurs volumes si le scénariste avait voulu raconté toute la vie de cette grande figure du féminisme français, mais il s’est concentré sur ces deux événements. Ainsi l’auteur de Plus fort que la haine (avec Réné Follet) fait des allers-retours entre ses deux périodes et le lecteur n’en n’est pas pour autant déboussolé.

A l’image de Si c’est un homme de Primo Levi – raconté en BD dans Une étoile tranquille de Pietro Scarnera – elle décrit avec une grande précision ces moments durs de captivité, où elle laissera derrière elle sa mère, son père et son frère. Dans l’album, il y a quelques passages parfois difficiles pour le lecteur parce que l’horreur est là présente toutes les minutes : les morts qui jonchent le sol, les fumées des chambres à gaz à l’odeur indescriptible, le tatouage indélébile pour déshumaniser, la faim, le froid, les violences mais aussi des moments d’espoir : Stenia, cette kapo qui lui sauva la vie ou Marceline Loridan-Ivens, amie de détention, qui le restera jusqu’à la fin de sa vie.

Un album coloré

Si les deux moments choisis dans la vie de Simone Veil ne sont pas les plus joyeux de sa vie, Hervé Duphot a décidé de les rendre plus « doux » par des couleurs marquées : du bleu pour les débats à l’Assemblée, du jaune l’adolescence et avant arrestation et du gris pour Auschwitz.

Le dessinateur dont le premier album fut publié en 2009 (Le tour d’écrou) a déjà travaillé sur la période de la Seconde guerre mondiale à travers Les combattants (avec Laurent Rullier, Delcourt) ou Le combat des Justes (collectif, Delcourt). Pour la biographie de Simone Veil, il réalise des planches saisissantes dans les camps de Drancy, Auschwitz et Bergen-Belsen. L’auteur originaire de Créteil a parfaitement réussi à camper la première Présidente du Parlement européen, ce qui n’est jamais simple lorsque l’on s’attaque à une biographie.

Simone Veil l’immortelle : une superbe biographie à mettre entre toutes les mains pour découvrir la vie passionnante de cette grande femme politique, pour comprendre les coulisses de la loi sur l’IVG et connaître la vie dans les camps de concentration. Une belle manière pour entamer un dialogue entre parents et enfants, entre enfants et professeurs. Un témoignage fort à conserver précieusement; il ne reste plus en effet, beaucoup de survivants de la Shoah. Une femme admirable !

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Après notre première salve de suites de séries jeunesse, voici quatre sagas à suivre et un livre illustré pour les jeunes lecteurs : Cléopâtre princesse de l’espace 3 de Mike Maihack, Klaw 9 de Antoine Ozanam et Joël Jurion, La guerre des Lulus la perspective Luigi de Régis Hautière et Damien Cuvillier, Pépin Cadavre 2 de Olivier Milhaud et Cédric Kernel & Le pré aux vaches de Rémi Farnos.

Cléopâtre princesse de l’espace, tome 3 : Les tablettes du temps (Mike Maihack – Grafiteen)

Série coup de cœur Comixtrip à destination des adolescents, Cléopâtre princesse de l’espace est de retour dans un troisième volume toujours aussi bon ! Pourchassée par l’infâme Octavian, la pharaonne tente de lui échapper à bord d’un bus scolaire pas très rapide. Dans son périple, elle est accompagnée de Akila, Brian, Zaïd et Khensu. Avec les deux premiers, elle se pose sur Hykosis City où elle devra récupérer un maximum d’informations sur les tablettes du temps…

Si vous ne connaissez pas Cléopâtre princesse de l’espace, précipitez-vous chez votre libraire pour acheter les trois premiers volumes (nos chroniques du tome 1, du tome 2). De l’action, des combats, de la magie, un monde futuriste, des nouvelles technologies, des méchants vraiment méchants et une héroïne intelligente et attachante. Tous ses ingrédients distillés par l’américain Mike Maihack plairont aux adolescents mais aussi aux adolescentes, c’est assez rare pour le souligner.

Alors qu’elle se retrouve sur une planète, Cléo va découvrir des secrets bien enfouis, sera rejointe par Anthony – le voleur d’épée du premier tome – qui deviendra son allié et devra combattre en vis-à-vis Octavian.

Les auteurs américains sont forts pour imaginer des récits d’aventures pour les jeunes lecteurs. A l’image de Ben Hatke (Jack le téméraire, Zita la fille de l’espace), Mike Maihack réussit la prouesse de tenir en haleine son lectorat par une histoire exigeante et une partie graphique moderne et très dynamique. Et en plus, vous en aurez pour votre argent puisque chaque volume fait plus de 180 pages !

Klaw, tome 9 : Panique à Détroit (Antoine Ozanam & Joël Jurion – Le Lombard)

Pourquoi Ange Tomasini se retrouve-t-il sous les décombres d’un immeuble de Détroit, ville complètement dévastée ? Antoine Ozanam fait remonter le fil de cette histoire dans le tome 9 de sa superbe série Klaw. Il égraine les derniers jours avant l’impact pour que le lecteur reconstruise le puzzle et faire monter une ambiance de tension dans son récit.

Une des séries les plus appréciées des jeunes amateurs d’aventures fantastiques, Klaw arrive à point nommé juste avant les vacances. Si vous ne connaissez pas cette saga, n’hésitez pas à emprunter les tomes précédents à la bibliothèque ou à les acheter vous ne serez pas déçus. Comme nous l’avions expliqué dans notre chronique du volume 6, la magie se trouve au cœur des Dizhis, ces êtres mi-hommes mi-animaux à la puissance surnaturelle.

Pour pimenter son récit (fin du 3e cycle), le scénariste invente le personnage de l’Archiviste, un spécialiste de l’Histoire des Dizhis et qui vient en aide à Ange. Des récits parallèles se développent loin de Détroit mais auront – on se doute – un destin commun.

Aidé aux couleurs par Yoann Guillé, Joël Jurion magnifie la série par ses dessins modernes et très vivants. Il suffit d’observer les animaux (et les scènes de combats) pour tomber sous le charme de ses sublimes planches.

La guerre des Lulus, 1916, La perspective Luigi 1 (Régis Hautière et Damien Cuvillier – Casterman)

Alors qu’en novembre dernier se terminait la série principale de La guerre des Lulus avec un tome 5 était déjà annoncée une suite La perspective Luigi. Sans Hardoc remplacé par Damien Cuvillier au dessin mais toujours avec le talentueux scénariste Régis Hautière. Cette formidable saga historique pour jeunes lecteurs connait donc un prolongement se centrant sur les 4 héros (un diptyque chacun).

Pour ce premier volet de nouveau cycle, c’est Luigi qui tient le rôle principal. Nous sommes en 1936, soit un vingtaine d’années après le début des aventures des Lulus. Un journaliste veut tout connaître de leur périple en Allemagne; il invite donc le jeune homme à se confier à lui. Il débute alors son histoire avec l’erreur concernant le train qui devait les emmener vers la Suisse mais au lieu de cela, les 4 amis se retrouvèrent en territoire ennemi.

Si la série La guerre des Lulus est ciblée pour les enfants-adolescents, elle convient aussi pour les parents. Intelligente dans le traitement du propos et ses multiples rebondissements, elle happe le lecteur avec une redoutable efficacité. Petit mensonge – ils se font passer pour des Suisses – les quatre semblent passer de bons moments sous le regard affectueux de leurs copains de débrouille allemands .

Nous aimions le dessin de Hardoc, nous ne sommes pas déçus par celui de Damien Cuvillier qui avait déjà travaillé avec Régis Hautière sur La guerre secrète de l’espace. Ses personnages sont très expressifs et ses décors très beaux. Il faut ajouter à cela, une colorisation majestueuse de David François (Un homme de joie). Ce dessinateur est un magicien de la couleur (il travaille aussi sur Les spectaculaires de Hautière & Poitevin) !

Pépin Cadavre, tome 2 : Les bacchantes du Rescator (Olivier Milhaud & Cédric Kernel – Glénat)

Il aura fallu attendre 3 ans pour enfin avoir une suite à Pépin Cadavre, la très sympathique série fantastique de Olivier Milhaud et Cédric Kernel ! Nous avions bien fait de patienter ! Nous retrouvons avec bonheur cet univers singulier entre dons surnaturels et magie.

Sébastien Melmoth est un drôle de détective : il chasse les créatures fabuleuses mais nuisibles qui s’échouent sur Terre. Il a ouvert son agence occulte Pépin Cadavre qu’il dirige avec 3 chats intelligents et doués de parole. Dans un endroit paradisiaque, il consulte un vieux médecin concernant son bras qui a tendance à ne plus trop répondre. En plus de repos qu’il lui demande d’observer, il le tatoue pour endiguer le mal qui le ronge. Pas le temps  pour Sébastien qui se retrouve entrainé dans une étranger mission autour de moustaches de l’enfer.

Le récit du scénariste Olivier Milhaud est enlevé, vif, fait de nombreux rebondissements et compte nombre de créatures fabuleuses. Parfait pour le jeune lectorat, qui pourra s’identifier à ce jeune garçon – qui a lui aussi quelques zones d’ombres dans son passé – sera accroché à ses aventures non dénuées d’humour. Magie, secrets enfouis dans un passé profond et combats sont au cœur de ce deuxième volet de Pépin Cadavre. Si le premier volume était plutôt joyeux et amusant, ce deuxième volet est plus sombre.

Le trait de Cédric Kernel est d’une grande singularité. Le dessinateur de Prunelle fille du cyclope s’inspire de la culture japonaise pour la forme des visages de ses personnages mais aussi leurs mouvements. Une bonne surprise !

Le pré aux vaches (Rémi Farnos – La joie de lire)

Auteur de bande dessinée que nous apprécions (Alcibiade, Thomas et Manon & Le monde des végétanimaux), Rémi Farnos propose un récit illustré pour les tout-petits à partir de 2 ans. Il imagine une histoire-promenade autour de l’art.

Trois vaches blanches et noires sont étonnées de voir arriver dans leur pré plusieurs femmes et hommes qui s’activent. Sans être effrayées, elles observent leur étrange manège : ils transportent des objets et les transforment.

Rémi Farnos invente cette histoire avec peu de dialogues par 8 illustrations sur double-page. Ses dessins sont magnifiés par un très grand format (26 x 34 cm) et un cartonnage fort qui permet la manipulation par les plus jeunes.

A travers Le pré aux vaches, il rend un bel hommage à des artistes qui comptent pour lui : Piet Mondrian, Joseph Kosuth, Yves Klein, César, Thomas Malenfant, Daniel Buren, Calder, Damien Hirst et Pablo Picasso. Ainsi, les tout-petits pourront être initiés à l’Art par cette belle ballade dans une vallée verte au milieu des montagnes.

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Bandes dessinées jeunesse : 6 suites de séries https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/bandes-dessinees-jeunesse/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/bandes-dessinees-jeunesse/#respond Mon, 09 Jul 2018 16:00:00 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=51031 Pour bien commencer les vacances d’été, Comixtrip vous conseille la suite de séries de Bandes dessinées jeunesse : Enola Holmes 5 de Serena Blasco, Philippine Lomar 3 de Dominique Zay et Greg Blondin, Bushido 2 de Thierry Gloris et Gorobei, Tosca des Bois 2 de Teresa Radice et Stefano Turconi, L’étrange boutique de Miss Potimary […]

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Pour bien commencer les vacances d’été, Comixtrip vous conseille la suite de séries de Bandes dessinées jeunesse : Enola Holmes 5 de Serena Blasco, Philippine Lomar 3 de Dominique Zay et Greg Blondin, Bushido 2 de Thierry Gloris et Gorobei, Tosca des Bois 2 de Teresa Radice et Stefano Turconi, L’étrange boutique de Miss Potimary 2 de Ingrid Chabbert et Séverine Lefèbvre & Sorceline de Sylvia Douyé et Paola Antista.

Les enquêtes de Enola Holmes, tome 5 : L’énigme du message perdu (Serena Blasco – Jungle)

Les enquêtes de Enola Holmes est une série qui nous a tout de suite plu dès le premier volume. Les aventures de la sœur de Mycroft et Sherlock Holmes sont intelligentes, haletantes, emplies de suspense et magnifiquement mises en image par Serena Blasco, comme nous l’avions souligné dans les chroniques du tome 2 et du tome 4.

Encore une fois, la jeune autrice d’Aix-en-Provence réussit admirablement à adapter le roman de Nancy Springer (The case of the crytptic crinoline). Dans ce cinquième volet, Enola part à la recherche de Mrs Tupper, sa logeuse qui vient d’être enlevée. Cryptologie, Guerre de Crimée, infirmière réputée, déguisements et envie d’émancipation sont au cœur de cette enquête où Sherlock tente de retenir une énième fois – en vain – sa sœur.

Cette enquête qui peut se lire indépendamment des quatre autres (il est néanmoins intéressant de connaître l’évolution de Enola en lisant les précédentes publications, mais aussi de sentir l’ambiance de la série) bénéficie de tout le talent graphique de Serena Blasco : de merveilleuses aquarelles et un soin dans les costumes.

Bushido, tome 2 : Un pour tous, tous pour un (Thierry Gloris & Gorobei – Dupuis)

Alors que le premier volume de Bushido avait été récompensé par le Prix des écoles à Angoulême début 2018, le duo Gloris-Gorobei poursuivent les aventures du commis de cuisine rondouillard. Uki Jon et Kuso tentent de récupérer les Sai que deux yôkai viennent de voler, en vain. Ils doivent alors se mettre en route pour les reprendre aux deux voleurs. C’est le début d’une quête aventureuse pour le deux amis, rejoints par Akira et Strosso Kano l’animal lubrique.

Cette bande dessinée « européenne »  est construite comme un manga shônen. Ici, il y a une quête initiatique, un secret révélé, des combats épiques, des marches très longues et des créatures fantastiques. Ce sympathique deuxième opus de Bushido n’oublie pas l’humour pour le plus grands bonheurs des jeunes lecteurs. On pourra voir dans le personnage de Strosso Kano, une sorte de Tortue Géniale de Dragon Ball, un personnage qui ne pense qu’au sexe et qui saigne du nez lorsqu’il est surexcité (comme cela est la coutume dans de pareilles scènes de manga). Bushido quand à lui ressemblerait à un mélange de Son Goku qui aurait trop mangé ou Po (Kung Fu Panda) : naïf, l’estomac criant toujours famine mais un vrai guerrier.

Gorobei (Atma gardien des esprits) imprime de la souplesse dans ses personnages et ses décors ce qui lui permet de mettre beaucoup de vitalité dans ses planches.

Les enquêtes polar de Philippine Lomar, tome 3 : Poison dans l’eau (Dominique Zay, Greg Blondin & Dawid – La Gouttière)

Enquêtrice en herbe, futée, intelligente, débrouillarde et qui n’a pas sa langue dans sa poche, Philippine Lomar nous a plus dès les premières pages de la série ! Après le racket dans le volume 1 et le harcélement dans le tome 2, la jeune adolescente est confrontée à une pollution volontaire d’une rivière voisine de Amiens.

Comme pour les deux précédentes publications, Dominique Zay (auteur de théâtre, de polar et dont c’est la première série BD) met de l’énergie et de l’humour dans cette troisième aventure. Elle sait y faire concernant Philippine : elle aide Mok le caïd de sa cité qui lui renvoie toujours l’ascenseur, elle est toujours couverte par Gégé le gars de la casse, elle aime sa maman sourde et muette (cet aspect est mis en scène d’une manière intelligente et sensible), elle a toujours la pêche et le sourire malgré les ennuis qui se multiplient et en plus elle tombe amoureuse d’un bellâtre blond. Quand on vous dit que Philippine Lomar n’est pas une adolescente comme les autres !

Aidé aux couleurs par le talentueux Dawid, Greg Blondin est l’auteur parfait pour rendre l’ambiance chaleureuse et emplie de suspense de la série. Ses personnages principaux donnent envie de devenir amis avec eux !

Tosca des Bois, tome 2 : Complots, fuites, secrets et enlèvements (Teresa Radice et Stefano Turconi – Dargaud)

Saga médiévale d’aventures, Tosca des Bois est une série agréable de Teresa Radice et Stefano Turconi. Après un premier volet qui mettait en place l’intrigue et un peu plus, le deuxième va emmener nos trois jeunes héros sur les routes de l’Italie du Moyen-Age. Comme à son habitude, le père de Lucilla – seigneur très puissant – veut la marier, mais c’était sans compter sur l’adolescente qui préfère l’aventure aux belles robes de princesse. Elle monte dans la charrette d’un moine pour partir à l’aventure. Ils sont rejoints par Tosca et son frère Rinaldo. Le très long trajet prend alors l’allure d’un voyage initiatique agréable.

Teresa Radice sait y faire pour accrocher les jeunes lecteurs ! Bandits de grands chemins, course -poursuite à cheval (un hommage à La grande vadrouille de Oury ?), acrobaties et secrets sont au cœur de Tosca des Bois. Son récit est emprunt d’un mysticisme qui ne choquera pas les non-croyants. Le moine récite du Saint-François-d’Assise pendant le voyage.

Stefano Turconi (Léonid, Violette autour du monde) nous régale encore une fois de ses magnifiques planches. Celui qui travailla pour les studio Disney est un stakhanoviste du dessin – il réalise des planches avec rapidité et aisance – pour le plus grand bonheur de ses lecteurs.

L’étrange boutique de Miss Potimary, tome 2 : Toutes ailes déployées (Ingrid Chabbert & Séverine Lefèbvre – Jungle)

Après avoir acheté une boîte mystérieuse dans la Boutique de Miss Potimary, Betty ne veut plus l’ouvrir malgré l’insistance de Dare-Dare sa souris. Deuxième volume de cette très belle série fantastique jeunesse ! Ingrid Chabbert poursuit cette étrange aventure emplie de suspense. Betty décide d’aller rendre l’objet magique à Miss Potimary mais étonnamment, la boutique est fermée, pire, un homme explique qu’elle n’a jamais existé, lui qui habite le quartier depuis 10 ans !

La scénariste de Tine & Junior aime raconter des histoires pour les enfants (elle est à la tête de plus d’une soixantaine de livres). Il faut dire que ses récits sont idéaux pour les plus petits. Elle excelle dans les histoires fantastiques (Lulu et son dragon) et encore une fois elle met de l’énergie positive dans Miss Potimary. Passé à recomposer, avion et mystères à toutes les pages accrochent le jeune lectorat. Betty – jeune fille débrouillarde – est accompagnée par sa souris et Tristan son ami. Un cliffhanger sur la dernière planche invite avec force à acheter le tome 3.

Le dessin de Séverine Lefèbvre est toujours aussi agréable à l’œil. Un trait élégant, dynamique et moderne apporte de la chaleur à cette belle série.

Sorceline, tome 1 : Un jour, je serai fantasticologue ! (Sylvia Douyé & Paola Antista – Vents d’Ouest)

Pour déroger à la règle, voici le premier volet de Sorceline, une géniale nouvelle série fantastique de Sylvia Douyé et Paola Antista. Nous n’avions pas pris le temps de vous en parler, or ce début de saga nous ayant tellement plu qu’il ne fallait pas passer à côté. On commence à le savoir, les jeunes lecteurs sont friands de fantasy et avec Sorceline, ils sont servis !

Sorceline – la bien prénommée – se rend sur l’île Vorn dans l’école de cryptozoologie du professeur Archibald Balzar. Elle y entre pour devenir elle aussi spécialiste des animaux mythiques et légendaires. Avec ses cinq camarades, elle va être l’observatrice d’étranges phénomènes surnaturels : une gorgone évanouie ou des fadettes qui deviennent blafardes… Entre la jalousie de certaines filles, Mérode un bellâtre trop sûr de lui et Alcide son amoureux secret, il y a de quoi pimenter le récit.

Une ambiance de Poudlard, des créatures magiques qui ne sont pas dans leur assiette, un don qui se révèle sont au cœur de ce premier volet prometteur !

Diplômée de l’académie Disney, Paola Antista met tout son talent au service de Sorceline. Un peu comme Stefano Turconi, elle dévoile de très beaux personnages aux grands yeux. Son trait élégant lui permet de dessiner de très belles créatures fantastiques.

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C’est arrivé demain le retour https://www.comixtrip.fr/dossiers/cest-arrive-demain-le-retour/ https://www.comixtrip.fr/dossiers/cest-arrive-demain-le-retour/#respond Sun, 08 Jul 2018 08:58:44 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=dossiers&p=50971 La bande dessinée de science-fiction envahit Poitiers ! Le Miroir présente l’Exposition interactive C’est arrivé demain le retour,  la deuxième saison de ce vaste projet. Quatre albums sont à l’honneur : Shangri-La de Mathieu Bablet, Universal War One de Denis Bajram, Dans la combi de Thomas Pesquet de Marion Montaigne & Mondial TM de Beb […]

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La bande dessinée de science-fiction envahit Poitiers ! Le Miroir présente l’Exposition interactive C’est arrivé demain le retour,  la deuxième saison de ce vaste projet. Quatre albums sont à l’honneur : Shangri-La de Mathieu Bablet, Universal War One de Denis Bajram, Dans la combi de Thomas Pesquet de Marion Montaigne & Mondial TM de Beb Deum.

Quand un vaisseau rétro-futuriste atterrit dans une chapelle

Lorsque les visiteurs entrent dans la Chapelle Saint-Louis de Poitiers (à côté du collège Henri IV), ils sont impressionnés par les deux immenses capsules qui trônent en son centre ! Six modules métalliques reliés par des sas leur permettent de découvrir les 4 albums d’une manière très originale. Il n’y a pas de lecture en tant que telle mais une adaptation singulière des ouvrages. Ils ont l’impression que ces lieux sont sortis tout droit d’une bande dessinée ou d’un film de science-fiction. Les 6 modules ont été magnifiquement scénographiés pour s’immerger totalement dans les univers des auteurs.

  • Premier sas : Dans la combi de Thomas Pesquet, d’après l’album de Marion Montaigne. C’est au laboratoire du CNRS XLIM (Poitiers et Limoges) qu’a été confié ce premier lieu. Les enseignants-chercheurs ont opté pour la reconstitution de l’intérieur de l’ISS où le spationaute est resté plusieurs mois pour effectuer des expériences scientifiques. Dans une vidéo, il invite les personnes à visiter la station internationale en orbite au-dessus de la Terre. L’association poitevine Nyktalop Mélodie a travaillé sur les sons et les décors de ce premier sas. Elle a décliné trois expériences à tenter par les visiteurs
  • Deuxième sas : Shangri-La de Mathieu Bablet. Eweryware, un collectif de trois jeunes artistes numériques diplômés de l’Ecole Supérieure de l’Image de Poitiers (Lucile Thierry, Clément Sipion & Nicolas Leray) ont décliné une sélection de vignettes issues du magnifique space-opéra en réalité virtuelle sur tablette numérique. Les passages entre les cases s’effectuent à travers de longs couloirs oppressants.
  • Troisième sas : Universal War One de Denis Bajram. Comme nous l’explique l’auteur de bande dessinée et le chef du projet de Studio Nyx, Camille Besneville ci-dessous, les visiteurs posent sur leur tête, un casque de réalité virtuelle pour s’immerger dans la sublime série de Bajram.
  • Quatrième sas : Mondial TM de Beb Deum. A travers les textes du romancier Alain Damasio (La horde de contrevent) et la performance graphique de Philippe Boisnard – Databaz, une relecture magnifique de cet ouvrage édité par Les impressions nouvelles.
  • Au centre des 6 modules : deux sas de transition proposés par Marion Tampon-Lajarriette artiste plasticienne et  Grégoire Lorieux du collectif Ars Nova permettent de faire une rupture entre les quatre lieux.

Après une première saison (notre chronique de C’est arrivé demain), une autre ambiance et une autre manière d’aborder la bande dessinée de science-fiction avec cette saison deux : immersive et interactive, une véritable réussite de la part des équipes du Miroir de Jean-Luc Dorchies, directeur des Beaux-Arts de Poitiers !

3 interviews pour découvrir c’est arrivé demain le retour

  • Camille Besneville, directeur artistique du Studio Nyx qui a adapté virtuellement Universal War One de Denis Bajram

Comment ce projet a-t-il vu le jour ?

J’ai choisi Denis Bajram parce que je suis un grand fan de Universal War One et de Denis Bajram, mais aussi de bandes dessinées en général. Lorsque nous avons eu l’opportunité de faire une réalisation immersive en réalité virtuelle avec un auteur de bande dessinée, j’ai tout de suite dit à mes collègues qu’ils fallait qu’on le fasse avec Denis Bajram.

Grâce au Miroir de Poitiers et Jean-Luc Dorchies, directeur de l’Ecole des Beaux-Arts de la ville, nous avons pris contact avec Denis et nous l’avons rencontré l’année dernière à Poitiers alors qu’il venait faire une masterclass. Lors d’un dîner, nous lui avons présenté le projet et tout de suite il a été enthousiaste.

C’est donc un projet que vous aviez déjà dans les cartons ?

Pas du tout. A titre personnel en tant que graphiste il y a quelques années, j’avais réalisé le vaisseau de Universal War One en 3D. A cette époque, je devais rencontrer Denis Bajram pour lui montrer ce travail mais cela ne s’est jamais présenté.

Où se situe le Studio Nyx ?

Nous sommes basés à Angoulême.

Combien de temps vous a pris la réalisation de ce projet ?

Nous avons rencontré l’auteur en octobre et à partir du moment où tout a été validé en terme administratif, nous avons commencé la production, il y a environ un mois.

Combien de personnes ont été concernées par le projet ?

Plusieurs graphistes et un développeur ont travaillé dessus. Tous sont intervenus à un moment ou à un autre de la production. Certains ne font que de la modélisation, d’autres ne font que de l’animation, d’autres travaillent sur la texture et d’autres sont plus polyvalents.

Quels sentiments avez-vous éprouvé lorsque le projet fut accepté, vous, fan du travail de Bajram ?

Pour moi, la boucle est un peu bouclée. Je suis originaire de Normandie, non loin d’où il habite et je devais le rencontrer pour le modèle 3D du vaisseau à son atelier. Et il a donc fallu quatre ans pour que le projet se concrétise.

Je suis ravi que le script et la réalisation lui plaise. C’était très important pour moi, j’avais un peu la boule au ventre que cela ne fonctionne pas. Je suis ravi du travail de mon équipe et de la qualité du produit que l’on présente au public aujourd’hui et c’est ce qui est le plus important !

  • Denis Bajram, auteur de Universal War One (Casterman)

Après quelques planches l’année dernière, vous voilà à l’honneur dans cette saison 2 de C’est arrivé demain avec un projet interactif. Quelles sont vos premières impressions ?

J’ai arrêté de dessiner sur papier en 2001, c’est donc quelque chose de très vieux pour moi. Lorsque l’on est venu me dire qu’il y aurait un deuxième volet « haute technologie » – moi qui ait été Monsieur Je vais faire de la BD avec Photoshop – cela ne pouvait que me faire plaisir.

J’avais trouvé l’exposition vraiment très belle l’année dernière. Il y a une culture ici à Poitiers que l’on ne retrouve pas forcément dans le milieu de la bande dessinée, de l’Art Contemporain. On sort du côté Gros nez de la BD et ça j’aime beaucoup. J’étais intéressé de voir ce qu’ils allaient pouvoir faire avec mon travail. J’ai donc tout de suite dit oui à Jean-Luc Dorchies.

Quelles ont été les passerelles entre le Studio Nyx et vous ?

Nous avons eu une grande discussion au départ où je leur ai dit précisément ce que je ne voulais pas. Assez vite, nous nous sommes mis d’accord que l’expérience sensorielle devait être la clef du projet.

Je leur ai dit : « Allez-y, ne vous posez pas de questions, donnez votre feeling de scènes de la bande dessinée, je vous fais confiance ! »

Vous n’avez donc rien vu avant aujourd’hui ?

Je n’ai quasiment rien vu, c’était vraiment l’idée. C’est comme pour le film qui se fera peut-être un jour sur la série, c’est une adaptation et j’ai en face de moi d’autres artistes. Leur vision est donc intéressante. En plus, ils étaient fans donc je savais qu’ils ne trahiraient pas les albums.

Il y avait vraiment l’envie de traduire en virtuel, le feeling qu’ils avaient eu en lisant la bande dessinée ; l’émotion de l’image. J’arrive là et je suis hyper content du résultat !

Les albums c’est mon bébé et quelqu’un ose y toucher et il se prend deux claques mais ici nous sommes sur une adaptation. Il faut donc que je respecte aussi leur proposition.

Est-ce que cela vous a plu ?

Le résultat, c’est plus que « plaire » parce que j’étais à deux doigts de pleurer. J’ai adoré. C’est magique !

Les moyens de la bande dessinée sont très limités. J’essaie de faire croire aux gens à des choses avec des moyens limités. Nous n’avons pas d’animation, pas de musique, pas de son. Il faut tordre la bras des lecteurs pour leur faire croire à des choses.

Voir le résultat de manière transparente, si simple, comme si j’y étais, c’est magique ! Ils ont réussi à rendre vraie la taille du vaisseau amiral. Il est gigantesque lorsque l’on est dedans.

En rentrant, je vais conseiller à tous mes lecteurs de venir. Ils ont touché le truc et ça c’est fort !

  • Jean-Pierre Dionnet, producteur, journaliste, éditeur de bande dessinée et co-fondateur de Métal Hurlant, expert sur l’exposition

Pourquoi avoir accepté de vous engager dans ce projet C’est arrivé demain ?

En fait, je fonctionne à l’instinct. J’ai connu une époque où lorsque l’on étaient sollicité alors que l’on venait du monde merveilleux de la bande dessinée et de la science-fiction, étaient très rares, donc on disait oui généralement. Puis les invitations se sont multipliées et nous avons pu choisir.

Ce que je fais maintenant, c’est que je veux rencontrer les gens. J’ai donc rencontré Jean-Luc Dorchies dans une brasserie à Paris. On a sympathisé, je suis venu à Poitiers et j’ai senti l’endroit.

Je nous sentais complémentaires. Il n’avait pas d’idées préconçues et me laissait partir dans mes délires. Je me souviens par exemple que j’avais écrit des notes sur que ce qu’est la science-fiction : c’est à la fois l’écriture extra-terrestre, la faune, les véhicules de l’espace… Cela représentait des pages et des pages et il me disait que c’était beaucoup. Puis finalement, il est revenu en me disant que telles et telles choses, on pourrait les faire ainsi… Après, c’était un rêve et ça c’est fait tout seul.

Il m’a expliqué que cela se ferait en plusieurs parties. Je trouvais que l’année dernière, c’était très riche et je me demandais ce qu’il allait faire après. En gros, on est en l’an 2000 avec cette idée que tout va changer en l’an 2000. Ça ne concerne pas vraiment les amateurs de SF puisque eux croient connaître ces changements. Ça intéresse certains fans de BD, ceux qui s’intéressent à ce que l’on appelle la futurologie, donc qui ne veulent pas qu’une bonne histoire mais une vision de l’univers.

Je trouve que la mise en scène, les sas, le côté que l’on est nombreux dans un espace confiné, tout cela m’a plu. Je vous avoue que la ville aussi m’a plu. Ce qui est important, c’est qu’il faut que la ville ait sa propre culture artistique, une histoire, une fierté. Il faut qu’il y ait magie, d’ailleurs presque toujours la magie a lieu.

La magie passe aussi par les lieux où se tiennent les événements. Cette magnifique chapelle – elle est intemporelle – a une magie particulière, que l’on soit croyant ou non. Quand le passé et le futur se rejoignent, c’est très beau, c’est magique !

Entretiens réalisés le vendredi 6 juillet 2018

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Nylso : entretien avec l’auteur de Gros ours et Petit lapin https://www.comixtrip.fr/dossiers/nylso-gros-ours-et-petit-lapin-misma/ https://www.comixtrip.fr/dossiers/nylso-gros-ours-et-petit-lapin-misma/#respond Fri, 06 Jul 2018 20:08:48 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=dossiers&p=50668 Comixtrip a pris quelques minutes du temps de Nylso, le talentueux auteur de Gros ours et Petit lapin chez Misma. Nous lui avons posé des questions sur cet album et sur son parcours d’artiste. Plongée dans l’univers minimaliste d’un dessinateur qui a beaucoup réfléchi sur la notion d’art, sur sa profession et sur sa pratique. […]

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Comixtrip a pris quelques minutes du temps de Nylso, le talentueux auteur de Gros ours et Petit lapin chez Misma. Nous lui avons posé des questions sur cet album et sur son parcours d’artiste. Plongée dans l’univers minimaliste d’un dessinateur qui a beaucoup réfléchi sur la notion d’art, sur sa profession et sur sa pratique.

Nylso, quelle sensation cela vous procure de voir que vos dessins font l’objet d’un exposition ?

J’avoue que je n’y ai pas pensé. Ma première réaction c’est de me dire qu’en fait il y a une nécessité que cela soit présenté. D’une certaine manière cela équivaut à une publication.

Quand je dessine, j’essaie d’oublier au maximum que je vais en faire un livre. J’essaie de faire durer l’écriture le plus longtemps possible. Le dessin, je le fais sans but, juste par la recherche d’une certaine forme de cohérence dans ma vie d’artiste.

Comme disent les américains, je fais partie de «comics writter», les «écrivants» autour de la bande dessinée, qui ont la nécessité de dessiner tous les jours, comme une espèce de rituel.

Pendant longtemps, je travaillais sur le même format et tous mes dessins pouvaient être réutilisés comme une matière. J’ai entendu il y a très longtemps une émission sur France Culture – Nuits magnétiques – un écrivain qui était critique d’art et qui racontait comment il écrivait. Il parlait de «faire son eau» : il y a un rituel d’écriture, de flux permanents, on avance comme ça, on fait des choses et puis elles se décantent, tombent au fond de l’eau. Quand c’est clair on s’y remet, on retravaille, une boue se reforme… Un moment donné, on attend que tout soit aplanit. Il n’y pas d’excitation, de surexcitation ou de fatigue qui pourraient venir d’éventuelles publications. Il y a une forme de gratuité.

« Comme lorsque j’ai sorti Gros ours et Petit lapin, c’était au bout de six ans d’écriture et de recherche avant d’en faire un livre. Il y avait une étape de franchie et je pouvais avancer »

Comme pour le projet Cabanes ?

Quand j’ai dessiné pour sa galerie, Michel Lagarde m’a demandé des formats plus grands pour des raisons de vente, des raisons commerciales; pour que les gens soient fixés et ensuite achètent des petits.

J’ai donc changé mon format. J’ai continué à faire mon A5 dans un format plus grand, il y a donc une continuité du A5. Je n’ai pas agrandi la taille des cabanes et des arbres pour autant. J’ai continué à faire la même chose, mais j’avais plus d’allonge pour mes bras, je pouvais aller plus loin.

En ce qui concerne l’exposition, dans le même état d’esprit que de ne pas être dans une anxiété de production, ça donne une date précise, j’ai une date de production, ça me permet de me régénérer et de repartir sur autre chose. Il y avait un cadre.

Comme lorsque j’ai sorti Gros ours et Petit lapin, c’était au bout de six ans d’écriture et de recherche avant d’en faire un livre. Il y avait une étape de franchie et je pouvais avancer.

Est-ce que vous auriez pu vous dire cela il y a une trentaine d’années, de voir vos dessins accrochés ?

Non jamais. Avant j’ai travaillé quatre ans dans un laboratoire de chimie. A cette époque, je n’avais pas de talent pour le dessin. J’ai toujours pensé que je serais dessinateur. Je m’étais fixé comme objectif de devenir dessinateur un jour. Dans ma tête, j’ai fait un petit livre Porsmeur, je m’étais dit que quand je saurais dessiner, je ferais un livre sur ce thème. Ça voulait donc dire qu’un jour je me mettrais à dessiner mais il n’y avait pas d’urgence à cela.

Je ne sais pas pourquoi mais je savais que j’avais la qualité et le potentiel, je sentais que j’avais assez de force et de caractère pour arriver à produire une œuvre artistique sans avoir la nécessité de m’y coller tous les jours. Puis un jour, je m’y suis mis mais je m’y suis mis à fond !

« [Mon frère] Je savais comment dessiner puisque je le regardais et que lui savait »

Cela veut dire que vous avez appris seul ?

Oui enfin pas exactement tout seul puisque j’ai un frère aîné qui a toujours été surdoué en dessin depuis tout petit. Je me mettais au bout de son bureau – on était dans la même chambre – je le regardais dessiner très attentivement. Je savais comment dessiner puisque je le regardais et que lui savait.

On avait une forme de gémellité – on a qu’un an d’écart – ça me suffisait en fait. Je voyais à travers sa pratique, ses yeux et sa façon de faire, je voyais tout ce dont j’avais besoin. Ça me permettait de me dire que c’était possible. Je me disais, il va entrer dans une forme d’écriture, toujours avec le même papier, le même crayon et toujours le même objectif. En le regardant je savais que 25 ans plus tard, ça donnerait quelque chose.

Ça ne valait pas la peine que je me rende malade. Je savais qu’avec cette discipline je ne devais pas m’angoisser pour l’avenir.

« C’est comme si dans le dessin j’avais réussi à contourner mes défauts »

Est-ce encore le cas actuellement ?

Je suis quelqu’un de fragile à ce niveau là. Ma priorité est de ne pas tomber dans quelque chose qui pourrait me rendre malade. Je pense que quelqu’un de fort ne tourne pas toujours autour de cette idée d’anxiété et de perte de moyens. J’ai du mal à me concentrer mais je fais de l’hyper-concentration. A cause du stress, j’ai déjà loupé des examens mais dans la discipline du dessin, j’arrive à un contrôle complet. C’est paradoxal. C’est comme si dans le dessin j’avais réussi à contourner mes défauts.

Cela veut donc dire que vous n’êtes jamais sûr de ce que vous faites, de ce que vous produisez ?

Disons que je n’ai aucun enjeu, je ne prévois jamais ce que je vais produire et je n’ai pas d’ambition par rapport à cela.

Pour Gros ours et Petit lapin cela a été relu des milliards de fois jusqu’à ce que cela soit exactement comme je pense par rapport à la matière que j’avais produit pendant 6 ans et que je pouvais obtenir de plus cohérent.

Comment s’est faite cette transition entre votre ancien métier et celui de dessinateur ?

Je ne me suis jamais vraiment investi dans le métier de chimiste. Je le faisais correctement. Mon objectif c’était d’arriver à un bon salaire et une bonne entente avec mes collègues, que cela se passe bien, et lorsque cela se passerait bien, je quitterais mon boulot.

Est-ce à ce moment-là que vous avez commencé à dessiner ?

Pas tout de suite, parce que je ne savais pas quoi faire. Je savais que je voulais être artiste mais dans quel domaine pas encore. Je n’avais pas de compétences définies. J’ai essayé la vidéo, la photo, la peinture et l’écriture. Comme mon frère avait fait de la bande dessinée, que j’étais vide, creux, sans rien, j’ai pris sa passion.

Vous étiez vierge d’influences en bande dessinée ?

Pas complètement, j’en lisais un peu. J’avais aussi des références en film, en journalisme ou en musique.

Lorsque vous réalisez vos planches vous avez un fond sonore ?

Un mélange de tout ça : de cinéma, de photos, du livre sur la lumière de Henri Alekan et de peinture. Je dessine avec un certain tempo, une toute petite musique intérieure que j’essaie de mettre en cohérence avec mes goûts.

Ce que je prétends connaître en terme de productions artistiques diverses, ce sont toujours à peu près les mêmes livres, j’écoute les mêmes disques puis j’ajoute, j’enrichis. Je relis les mêmes livres pour être sûr que j’ai pu avancer, que je comprends plus et que je suis en progression.

« Je leur ai alors proposé Gros ours et Petit lapin. J’ai tout redessiné pour eux avec l’idée de ce qu’était leur regard »

Les frères Misma m’ont aussi raconté que lors d’un séjour chez eux, vous les aviez encouragé à monter leur structure. Entrer dans leur catalogue douze ans après sa création avec Gros ours et Petit lapin, était-ce logique ?

Non, non, non, parce que je ne voulais pas les embêter avec mes productions. J’avais une théorie : j’avais eu la chance d’être éditeur avec Le Simo (dans une sociologie particulière, dans un champ particulier et dans une époque particulière, avec mes goûts qui correspondaient aux gens de ma génération, même un peu plus jeune puisque j’ai commencé à 30 ans – je suis en décalage : ma génération de dessinateurs elle a 10/15 ans de moins que moins – eux arrivant bien après), je voulais leur foutre la paix.

Ils m’ont proposé d’être dans leur journal Dopututto au début, j’ai accepté puis je me suis retiré pour qu’ils fassent leur propre cuisine et leurs propres goûts. Je suis en quelque sorte leur «tonton» mais je ne veux rien leur imposer, ni ma raideur mentale, ni mes principes. Leurs goûts ne peuvent pas se faire en cohérence avec les miens, en principe. Lorsqu’ils ont fait Dopututto Max, ils m’ont dit qu’ils avaient besoin de plus de matière et qu’ils avaient besoin de moi. Je me suis réinvesti. J’ai proposé plusieurs histoires différentes qui ne leur plaisaient pas plus que ça et quand j’ai fait Kimi le vieux chien et ils ont dit : «c’est exactement ça que l’on veut !»

Je leur ai alors proposé Gros ours et Petit lapin. J’ai tout redessiné pour eux avec l’idée de ce qu’était leur regard. Au début, j’avais fait cet album pour Judith et Marinette – le journal de Sébastien Lumineaux et Tofépi – puis j’ai tout recomposé quand ce fut pour Misma.

Qu’est-ce que représente Gros ours et Petit lapin dans votre parcours d’artiste ?

C’est mon premier livre tout seul. Pas complètement seul à 100 % puisque quelques parties ont été écrites par Marie Saur.

J’avais pensé à une idée avant d’être dessinateur, je pensais que Bilal avait fait l’histoire de sa vie avec La foire aux immortels mais il ne s’était pas complètement affranchi de Christin parce qu’il avait encore sa petite voix sur son épaule – fais ci fais ça – puis après il s’est cru trop beau et à continué sans lui et il l’a oublié. Je n’ai pas voulu faire la même erreur. J’ai appris à écrire en contact avec Marie. Je lui ai fait lire le manuscrit et je voulais qu’elle le valide en quelque sorte. Si je m’affranchis trop vite de «mon maître», je vais droit à la catastrophe. La maîtrise d’un texte, cela reste très mystérieux et très difficile.

« [Kimi le vieux chien] Je ne sais pas si cela fonctionne sur le public mais j’ai rarement eu autant de plaisir à finir un livre que dans ses conditions »

Est-ce important pour vous d’avoir toujours ce regard extérieur ?

Pour Kimi le vieux chien, il y a un humour très particulier. Dans ma période « en creux », j’ai capté l’humour de mon frère aîné. J’ai pris son humour comme base à mon propre humour. J’ai eu une maturité intellectuelle assez précoce et je l’ai incité à lire parce que c’était mon camarade. J’échangeais beaucoup avec lui sur le rock et la musique. Il me poussait à écouter des trucs plus complexes et moi je le poussais en littérature. Il écrit depuis 25 ans sans publier. Je sais donc qu’il a une grande expérience de l’écriture, une expertise et surtout une expertise dans le domaine de l’humour. Il a réécrit l’ensemble du manuscrit de Kimi et j’ai validé la totalité.

Quand j’ai relu après, j’étais hyper content. Je ne sais pas si cela fonctionne sur le public mais j’ai rarement eu autant de plaisir à finir un livre que dans ses conditions. Je me suis dit : « pourquoi je n’y avais pas pensé avant ? »

Réaliser Gros ours et Petit lapin ne fut pas si simple puisqu’il vous a fallu six années. Pourquoi ?

La cohérence de l’album s’est faite petit à petit. Dominique Hérody – professeur à l’Ecole des Beaux Arts d’Angoulême – m’a parlé de Pour un oui, pour un non, la pièce de Nathalie Sarraute quand j’étais en résidence dans la ville : deux personnages qui entrent en conflit. Ça entrait tellement en résonance avec l’album que j’ai regardé la pièce filmée par Doillon, j’ai tout repensé et tout réécrit.

Quelle est la nature de leur relation ?

Il y a deux choses qui se mêlent. J’ai travaillé sur l’échange entre cerveau droit et cerveau gauche que l’on trouve dans Les tropismes de Sarraute. Le principe consiste à écrire avec le cerveau droit et en même temps d’écrire la partie du cerveau gauche du commentaire au moment où tu écris. Ça peut donc être intéressant de faire jouer les deux parties par deux personnages.

Je vivais en même temps un conflit avec un de mes amis – je ne suis plus en conflit avec lui – donc écrire comme cela me semblait naturel.

Pourquoi avoir voulu les faire réfléchir sur leur condition de vie, leur posture ou la nature qui les entoure ?

C’est vraiment cela le rapport cerveau droit, cerveau gauche. Cela donne un espèce d’autoportrait, à travers mes propres tropismes. Le conflit avec mon ami m’a aidé pour le démarrage et cela m’a aussi servi de catharsis. Nous nous sommes réconciliés parce que j’avais fait ce livre.

« Le matin quand je me lève, je fais cela : des traits, ça fait partie de l’hygiène et j’en ai besoin. C’est aussi une discipline mentale »

Vous m’aviez confié à Angoulême que vous multipliez les hachures pour camoufler votre manque d’académisme dans votre dessin. Est-ce que créer, faire de l’Art, c’est trouver des stratégies pour détourner l’attention ?

C’est très intéressant parce que je me suis rendu compte qu’en discutant avec les auteurs notamment ici à Niort qu’en fait je néglige la maîtrise que j’ai du trait aujourd’hui. Tout en ayant cet art du camouflage, cela m’a permis depuis 25 ans de faire une œuvre et de progresser en gardant un lien, une cohérence du début à la fin. Dans Cabanes, il y a des dessins qui datent d’il y a 25 ans mais aussi des dessins récents et la différence n’est pas considérable.

En parallèle de cela, je travaille le trait. Pour mon prochain livre, j’ai travaillé sans filet et directement dans le trait. J’ai fait des personnages plus complexes qu’à l’habitude avec des nez, des yeux, des chapeaux, des vestes et des plis. J’arrive donc à maîtriser mais sans me forcer. C’est comme si j’avais attendu d’avoir cette maîtrise pour le faire, de manière à ne pas avoir de rupture dans ma pratique donc j’avance dans mon carnet, sans filet sans crayonnés. Je ne savais pas non plus que j’avais cette maîtrise du trait avant d’avoir commencé. Le fait est qu’aujourd’hui j’aurais moins besoin de camoufler qu’avant.

Le matin quand je me lève, je fais cela : des traits, ça fait partie de l’hygiène et j’en ai besoin. C’est aussi une discipline mentale.

Est-ce toujours vrai que vous dessinez tôt le matin et dans votre lit ?

J’aime bien dessiner dans mon lit ou sur mon lit mais peut-être moins en ce moment. Là où j’ai changé c’est que je dessine directement dans un carnet et donc je pense que je suis revenu à mes débuts : j’ai ce carnet tout le temps avec moi et je dessine, je dessine. J’interromps parfois le carnet pour faire des grands formats.

« Ils me donnent encore plus confiance en moi car ils sont extrêmement généreux et ont cette forme d’intelligence rare »

A chaque fois qu’il y a un projet, est-ce que cela part d’une rencontre ?

Comme je disais tout à l’heure : je ne pense pas que j’aurais pu faire un livre seul sans Misma. Ils me donnent encore plus confiance en moi car ils sont extrêmement généreux et ont cette forme d’intelligence rare.

Dernière question, Nylso : en septembre paraîtra Kimi le vieux chien chez Misma. Quelle en sera la teneur ?

C’est un monologue intérieur. Là encore, je livre des choses extrêmement personnelles mais en même temps ce n’est pas moi, c’est Kimi. Je m’inspire de ce qui a déjà été fait des milliards de fois en littérature mais peu en bande dessinée : j’appelle cela «la bande dessinée de gîte rural». C’est à dire que tu arrives fatigué dans un gîte rural et tu ne peux rien faire d’autre que de lire une bande dessinée, une bande dessinée que tu as déjà lue des centaines de fois. Il y a toujours Blueberry, XIII ou les Bidochons et tu es bien content d’avoir ça !

Je pense que la BD a cette vocation : être là pour d’instaurer cette forme de lecture facile mais ce n’est pas pour autant que le lecteur mérite un dessin et un texte tout pourris.

Dans cette approche, j’ai soigné la typographie; elle n’est pas générée par un ordinateur. C’est une typo pour que ce soit facile à lire.

Entretien réalisé le samedi 16 juin 2018

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Courtes distances https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/courtes-distances/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/courtes-distances/#respond Thu, 05 Jul 2018 21:25:54 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=50846 Chaque tentative de gagner de l’argent en faisant quelque chose qui me tenait à cœur ou me plaisait s’était soldé par un désastre… Il s’agirait donc de trouver un petit boulot, un gagne-pain, en faisant quelque chose dont j’ignorais tout et qui ne me disait rien. C’était là le projet.

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« Chaque tentative de gagner de l’argent en faisant quelque chose qui me tenait à cœur ou me plaisait s’était soldée par un désastre… Il s’agirait donc de trouver un petit boulot, un gagne-pain, en faisant quelque chose dont j’ignorais tout et qui ne me disait rien. C’était là le projet. »

Courtes distances ou l’ours et la sauterelle

Dans un univers tout de bleu et un peu triste, que l’on croirait de loin réalisé au stylo bille, Sam a 27 ans et ne trouve pas sa place dans le monde. Revenu dans la maison de sa mère après plusieurs échecs et une dépression, il ne dort toujours pas la nuit mais souhaite prendre un «nouveau nouveau départ». Il accepte donc la proposition de travail d’un lointain cousin de la famille, dont personne ne sait expliquer réellement le métier. Le jeune homme n’attend de ce travail rien d’autre qu’une certaine stabilité financière, et peut-être un peu de vie sociale.

Keith, son employeur, est son exact opposé : aussi petit et épais que Sam est grand et malingre. Passée une première période de « formation », Sam comprendra que son travail consiste essentiellement à attendre Keith dans la voiture pendant qu’il fait signer d’obscurs papiers à toutes les entreprises du coin. Ils se rejoignent ensuite le temps d’atteindre l’entreprise suivante, ou la boulangerie dans laquelle ils achètent invariablement leur déjeuner. Sur ces courtes distances d’un point à l’autre, Keith discoure à n’en plus finir sur ses histoires de jeunesse.

Portrait de deux solitudes

Ne pas avoir de réelle tâche à effectuer convient parfaitement à Sam, cela a le mérite de lui laisser non seulement le temps de se remettre sur pieds sans pression, mais aussi de nous faire partager son sens aigu de l’observation. Car si ses oreilles n’entendent pas la moitié de ce qu’on lui raconte, c’est parce c’est parce que ses yeux sont occupés ailleurs. À défaut d’apprendre un métier, le jeune homme s’ancre peu à peu dans la vie grâce aux détails qui le touchent ou l’interpellent.

Sous ses dehors sûr de lui, Keith cache lui aussi un grand vide, que l’on découvrira peu à peu. Et cet étrange emploi apparaît finalement comme une nécessité pour tous deux, une manière d’atténuer leur extrême solitude. Pudiques mais rassemblés par les circonstances dans l’habitacle de l’Audi, Sam et Keith créent à coup de réponses angoissées et de tentatives de blagues une forme de relation particulière. Mais derrière son rôle auto-attribué de mentor et de figure paternelle, Keith a une idée bien précise en tête.

Avoir le sens du détail

Joff Winterhart peint avec acuité et nuances deux hommes plus subtils que l’on ne croit, dans une petite ville comme il en existe des dizaines de milliers, parsemée de zones d’activités économiques et peuplée de personnages secondaires au caractère bien affirmé. Avec un réalisme presque dérangeant, il guide l’œil du lecteur vers des doigts massifs, un regard bienveillant ou des cernes profonds comme un canyon, et nous fait découvrir les multiples usages que peut avoir le toit d’une voiture. On se prend à espérer que Sam et Keith trouveront remède à leur mal être et un sens à leur vie. Etonnant comme une intrigue si menue peut nous embarquer totalement ! Courtes distances a d’ailleurs été sélectionné par les membres de l’ACBD dans leur liste des 20 indispensables de l’été 2018.

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Ayako https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/ayako/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/ayako/#respond Wed, 04 Jul 2018 10:04:22 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=50821 Pour le 90e anniversaire de la naissance de Osamu Tezuka, les éditions Delcourt ont décidé de publier de nouveau quelques-uns de ses titres faisant partis de son catalogue, dans une version prestige. Avec L’histoire des 3 Adolf parait Ayako, le célèbre drame familial du maître mangaka. Secrets, séquestration, trahisons, meurtres et complots politiques sont au […]

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Pour le 90e anniversaire de la naissance de Osamu Tezuka, les éditions Delcourt ont décidé de publier de nouveau quelques-uns de ses titres faisant partis de son catalogue, dans une version prestige. Avec L’histoire des 3 Adolf parait Ayako, le célèbre drame familial du maître mangaka. Secrets, séquestration, trahisons, meurtres et complots politiques sont au cœur de ce chef-d’œuvre de Tezuka. Sublime !

Le retour du fils

Japon, 1949. Jiro Tengé est fait prisonnier par les forces américaines pendant la Seconde guerre mondiale. Il débarque à Yokohama. Sur le quai l’attendent Iba, sa mère, Shiro son frère et Naoko sa soeur. Il apprend alors qu’une nouvelle petite fille est venue agrandir le foyer : Ayako. Seulement, la fillette n’est pas celle de la mère de Jiro.

Etonnament, le soldat borgne ne part pas de suite avec sa famille, il se rend au Quartier général des forces d’occupations. Après une fouille en règle, il est reçu par un lieutenant à qui il remet un microfilm. Lors de sa captivité, Jiro est devenu un agent spécial pour les Américains ! Personne n’est au courant de cette double vie.

Il retrouve alors sa famille et monte dans le train pour un retour dans le foyer familial, mais il n’est pas le bienvenu, notamment pour son père.

Ayako, fille adultérine

Sakuémon, le père de Jiro, n’est pas un homme facile. Le revenant découvre que Ayako, quatre ans, est le fruit d’une relation adultérine entre Sué -la femme de Ichiro l’aîné de la famille – et le patriarche Tengé. Tout le monde le sait mais personne ne parle. La maison est tenue par Oryo, une jeune fille un peu simplette mais très dévouée.

Sakuémon et Ichiro sont persuadés que Jiro est revenu pour les dépouiller de leurs terres et ainsi demander sa part. Il faut souligner que les Tengé sont une vieille famille terrienne de plus de 500 ans, qui a cumulé un nombre impressionnant des champs et des forêts.

Meurtre, chemise ensanglantée et resserre

Quelques jours plus tard, Jiro est contacté par les services américains. Il doit exécuter une basse œuvre : maquiller le meurtre d’un opposant communiste révolutionnaire en suicide.

En filant le membre du Parti populaire des travailleurs, il découvre que Naoko sa sœur fait aussi partie de l’organisation et qu’elle est en couple avec le futur défunt. Le grand frère tente alors d’alerter sa sœur sur la dangerosité de le fréquenter. Sans succès.

Jiro effectue le travail en plaçant le corps sur la voie de chemin de fer. Ainsi plusieurs train passeront sur le cadavre effaçant les preuves.

De retour le soir dans son foyer et en pleine nuit, il décide de laver sa chemise pleine de sang. Il est alors surpris par Ayako. Le lendemain, le conseil de famille se réunit et la sentence est forte : Ayako devra vivre recluse dans la resserre jusqu’à ce que l’affaire s’étouffe d’elle-même. Une séquestration qui va durer 23 ans…

Ayako : chef-d’oeuvre de Tezuka

Prépublié dans la revue Big Comic des éditions Shôgakukan entre janvier 1972 et juin 1973 au Japon, Ayako est l’un des récits majeurs de Osamu Tezuka. Il faut attendre 2003 pour découvrir ce chef-d’œuvre du maître mangaka en France par l’intermédiaire de Akata (en sélection Patrimoine à Angoulême en 2004). Les trois volumes feront l’objet d’une réédition pour les 25 ans de Delcourt et enfin cette intégrale, cette année.

Ce formidable drame de Tezuka (Mako, Rumi et Chii, Néo Faust…) est d’une grande justesse narrative, multipliant les rebondissements et les entremêlements tout au long de l’histoire, ce qui en fait un manga passionnant et accrocheur. Les meurtres, les secrets, les complots politiques et les histoires de gros sous émaillent le récit.

Un fond historique fort

La fiction de Tezuka se fonde aussi sur des réalités historiques : Shimokawa, patron des Chemins de fer japonais serait inspiré par Shimoyama, le vrai directeur qui a péri de la même manière que le personnage de papier du mangaka. Il faut ajouter à cela le fort ressentiment des Japonais envers les Américains qui sont une force d’occupation qui dirige tout. C’est cette période que dépeint avec force Tezuka.

Cet extraordinaire gekiga (manga pour les adultes abordant des sujets graves, sociaux ou historiques) met aussi en lumière les bouleversements post-guerre : l’exil rural, l’industrialisation, le développement des mégalopoles mais aussi les grèves dans les chemins de fer à cause des milliers de licenciements. C’est une période de changements profonds de la société (ère Shôwa de 1926 à 1989).

Des caractères forts

Osamu Tzeuka (qui a fait l’objet d’une fantastique exposition à Angoulême en janvier 2018) a pris un grand soin pour développer la psychologie de ses personnages. Tous ont des fêlures, des secrets et une force de caractère qui frise l’entendement.

Entre les femmes qui doivent tenir la maison, qui sont au joug des hommes (humiliées, frappées et tuées), un petite fille qui ne connaitra la lumière du jour qu’à 27 ans et des hommes surpuissants, Ayako est un modèle de personnification des protagonistes. De par sa séquestration et son origine adultérine, tout le monde aime Ayako, parfois d’un amour qui ne devrait pas (entre frères notamment).

Tezuka ajoute aussi du piment en réalisant le portrait des liaisons dangereuses entre les hommes politiques et les yakuzas (mafia japonaises). Jiro changera d’identité, deviendra patron d’une grosse société et fraiera avec la pègre.

Alors que la collection 90 ans de Tezuka est annoncée par des titres formidables (L’histoire des 3 Adolf, La vie de Bouddha, Barbara, MW, Phénix, Princesse Saphir et Kirihito), Ayako est un titre fort pour ceux qui voudraient découvrir l’œuvre du maître par un premier manga.

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La troisième population https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/la-troisieme-population/ https://www.comixtrip.fr/bibliotheque/la-troisieme-population/#respond Tue, 03 Jul 2018 10:18:22 +0000 http://www.comixtrip.fr/?post_type=bibliotheque&p=50801 En partenariat avec le festival Bd Boum à Blois, les deux auteurs Aurélien Ducoudray et Jeff Pourquié se sont rendus plusieurs fois à la clinique psychiatrique de La Chesnaie, un lieu médical unique en France de par son organisation et son attention aux patients. Leur séjour en résidence est conté dans La troisième population, un […]

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En partenariat avec le festival Bd Boum à Blois, les deux auteurs Aurélien Ducoudray et Jeff Pourquié se sont rendus plusieurs fois à la clinique psychiatrique de La Chesnaie, un lieu médical unique en France de par son organisation et son attention aux patients. Leur séjour en résidence est conté dans La troisième population, un album humaniste, bienveillant et drôle chez Futuropolis.

La Chesnaie : lieu unique en France

Après entre autres, Paroles de taulards, Paroles de sourds, Immigrants, Papa ne sait pas, Arthur ou la vie de château ou encore Gaspard et le phylactère magique, le Festival Bd Boum de Blois a proposé un nouveau projet d’album à Jeff Pourquié – dessinateur – et Aurélien Ducoudray – scénariste – autour de La Chesnaie, une clinique psychiatrique singulière en France. Pour cela les deux auteurs se sont rendus plusieurs fois sur le site afin de recueillir les témoignages de soignants ou de patients.

Alors que leur GPS ne reconnaît pas le lieu, Aurélien et Jeff arrivent tant bien que mal à La Chesnaie. Pendant le trajet, le dessinateur a le temps de lire un document internet sur la clinique afin de se glisser tranquillement dans leur projet.

Créée en 1956 par Claude Jeangirard, La Chesnaie bénéficie du savoir de ce médecin psychiatre, fondée sur la Psychothérapie institutionnelle qui met l’accent sur la dynamique de groupe et la relation entre soignés/soignants, en tentant d’humaniser les établissements recevant les patients (voir les pages 7 et 8 de l’album).

« Les Stones, un bar juif… Où on est ? »

Sans murs d’enceinte ou de grillage, La Chesnaie se fond dans le très beau décor de la campagne du Loir-et-Cher. « Purée tout le monde a l’air normal, t’es sûr qu’on est dans une institution psychiatrique ? » demande Aurélien à Jeff, tant il est étonné que les patients se déplacent librement, sans entrave.

Les présentations se font d’ailleurs le plus naturellement possible, tout le monde discute facilement. Pas trop le temps pour les deux auteurs de découvrir les lieux, Cathy les emmènent au Conseil d’administration du Club. En effet, toutes les idées, les projets sont débattus ensemble. Le Club étant une association de type Loi 1901 qui tente de créer des liens entre La Chesnaie et l’extérieur…

La troisième population : entre bienveillance et humour

Etre bienveillant, ce n’est plus très tendance de nos jours, pire on se moque des personnes qui en sont porteuses. Pourtant dans La troisième population, c’est ce qui transpire. Aurélien Ducoudray et Jeff Pourquié – peut être sans le vouloir – ont réalisé un album bienveillant, simple, chaleureux et humaniste. Ce n’était pourtant pas gagné dès les départ. Le scénariste (A coucher dehors, Mort aux vaches, Bots, L’anniversaire de Kim Jung-Il…) ne sait pas vraiment comment il va pouvoir utiliser la matière brute de La Chesnaie dans une bande dessinée. Il est perdu, tandis que le dessinateur est plus cool et confiant.

Pourquoi cette impression étrange pour Ducoudray ? Tout simplement parce que le lieu est toujours en effervescence – ça pulse, ça grouille, ça s’anime tout le temps – et qu’il y a tellement à dire. Les patients ont des pathologies différentes mais vivent en harmonie quasi parfaite et c’est ce qui est aussi étonnant ! Les soignants – qui choisissent vraiment de venir y travailler – ont une philosophie pour accompagner les patients très différentes des cliniques psy que l’on connait. Les deux entités travaillent ensemble pour le bien-être de tous et non de façon pyramidale. Chacun met la main à la pâte pour les tâches collectives.

En plus de cette ambiance douce, le lecteur apprécie l’humour que glisse Aurélien Ducoudray dans son album. Comme il nous l’avait confié en 2016 dans une interview, le scénariste aime construire des histoires où les émotions des lecteurs font des montagnes russes. C’est encore le cas dans La troisième population. Il n’a pas peur de se donner le mauvais rôle, celui de l’angoissé, du Candide et ça plait !

Mélange sympathique de techniques graphiques

Pour La troisième population, Jeff Pourquié réalise de très belles planches. Son trait réaliste convient parfaitement pour mettre en image le propos de Ducoudray. Il mélange avec une grande aisance et intelligence différentes techniques graphiques (le feutre, l’aquarelle, le crayon de couleur…), ce qui attire encore plus le regard du lecteur.

On notera une scène amusante autour de la production d’un tableau. Là encore, Aurélien Ducoudray se heurte à la notion même de l’Art. Lui a du mal à se lâcher tandis que son compère est plus libre.

La troisième population : enfin une album non-stigmatisant sur des patients atteints de troubles mentaux !

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