Sirocco

Sirocco, c’est la danse, la maladie, l’amour, l’amitié et l’homosexualité. Un album fort de Giulio Macaione publié par les éditions Ankama.

Une famille, trois générations vivent ensemble sous le même toit à Venise. La plus jeune, Mia, n’a qu’un rêve en tête, devenir danseuse. Son père qui tient un bar, le Sirocco, a mis sa vie intime entre parenthèses pour l’élever. Sa grand-mère, a dû, quant à elle, accepter de s’installer avec eux après avoir perdu son travail. La vie ne tient qu’à un fil et elle est parfois bousculée de manière violente. Tout comme le sirocco qui balaie tout sur son passage.

J’ai découvert Giulio Macaione et je suis tombé sous le charme de son travail avec Étoile de mer sorti en 2019. Après Basilico, il nous offre une histoire qui aborde la famille, la maladie, l’amour, l’amitié, l’homosexualité et les choix que l’on doit faire, non pas pour les autres, mais pour soi. Le graphisme, tout en nuance et en douceur, offre beaucoup de cœur à cette histoire alors qu’il est parfois mis à mal.

Sirocco : Un drame familial qui se veut positif, même dans les moments les plus durs. Comment ne pas être sous le charme de ce récit, de cette famille et de ce très beau graphisme tout en bichromie ? Encore une lecture qui a touché mon p’tit cœur tout mou.

  • Sirocco
  • Auteur : Giulio Macaione
  • Éditeur : Ankama
  • Prix : 19,90 €
  • Parution : 06 mai 2022
  • ISBN :  9791033513513

Résumé de l’éditeur : Mia termine le lycée et n’a qu’une idée en tête : devenir danseuse. Elle vit aux côtés d’un père affectueux, qui a mis entre parenthèses sa vie intime pour l’élever, et d’une grand-mère extraordinaire qui la pousse à trouver sa voie à tout prix. Mais une nouvelle inattendue va bousculer leur quotidien : serait-ce le signe que chacun doit suivre son propre chemin ? Un récit à la fois intime et choral, sur le rapport à l’existence et la liberté de choix à tout âge.

Djemnah

Et si on partait à la recherche d’une complète inconnue, juste parce qu’elle est hypnotique sur un dessin ? Philippe Donadille et Patrice Réglat-Vizzavona mettent en image cette enquête en Corse dans Djemnah aux éditions Delcourt.

Ange, antiquaire, découvre lors d’une de ses recherches pour un de ses clients, un dessin dans une revue corse. Il est immédiatement attiré par la femme qu’il voit sous ses yeux et par le texte intrigant qui l’accompagne : « Djemnah, je t’imagine au pied de la tour génoise. Tant de mystère et un trésor en toi. Protège-le. 7 juillet 1918 « . Alors qu’il n’a jamais mis les pieds sur sa terre natale, il se décide, sur un coup de tête, de partir à la recherche de Djemnah. Mais que va-t-il trouver en Corse ?

Moi aussi, je suis tombé sous le charme de cette si belle couverture. Et immédiatement je me suis mis à lire ce récit, sans même regarder qui étaient les auteurs. Puis au bout de quelques pages, je me suis arrêté. Je connaissais ce trait, je connaissais ce style magnifique que j’affectionne tout particulièrement, mais où avais-je bien pu le voir ? Je regarde le nom, et oui c’est bien lui, Patrice Réglat-Vizzavona qui m’avait subjugué dans Le passager. Je reprends ma lecture et cette fois, c’est le récit mêlant fiction, histoire de famille et Histoire de Corse de Philippe Donadille qui me captive. Je pars avec Ange à la découverte des liens qui l’unissent à Djemnah.

Envouté par le graphisme, intrigué par l’histoire, je me suis tout simplement R.É.G.A.L.É et bien plus encore. Laissez-vous surprendre par cette très belle bande dessinée et partez vous aussi à la recherche de Djemnah.

  • Djemnah, les ombres corses
  • Scénariste : Philippe Donadille
  • Dessinateur : Patrice Réglat-Vizzanova
  • Éditeur : Delcourt
  • Prix : 24,95 €
  • Parution : 25 mai 2022
  • ISBN : 9782413039082

Résumé de l’éditeur : Le jeune Ange Pizarti découvre un dessin qui le met sur la piste d’un mystérieux héritage napoléonien, en Corse. Une quête toute à l’aquarelle, qui plonge dans l’histoire d’un peuple fier, épris d’indépendance quand la chasse au trésor tourne à l’histoire de famille. Le héros percera ses secrets, en parcourant la terre ancestrale, qui est aussi celle du dessinateur Patrice Réglat-Vizzavona.

Les yeux perdus

Trois enfants dans un orphelinat au début du XXe siècle. Du suspense. Les yeux perdus, un récit horrifique de Diego Agrimbau et Juan Manuel Tumburus chez Dargaud. Tremblez !

1916, entre la Pologne et la Russie, un orphelinat perdu au milieu d’un monde en ruines. Il ne reste plus rien, seuls trois enfants ont survécu… Mais comment ? Maurice Nunrk, ventripotent fils des directeurs de l’institution, dirige et impose ses décisions aux deux autres. Otto et Ofélia, orphelins doivent obéir pour survivre. Pour cela, ils attirent les soldats dans l’orphelinat. Et alors qu’ils s’apprêtent à déguster un bon repas, Maurice les décapite pour qu’ils servent de nourriture. Otto n’en peut plus et pour ne pas sombrer, il va être aidé par des poupées…

Comment ne pas penser à Chucky ou à l’affiche de The Game de David Fincher quand on voit cette couverture qui est bien plus subtile qu’on ne peut l’imaginer. Comme souvent, après avoir refermé Les yeux perdus, je la regarde à nouveau et y découvre de nouveaux indices. J’adore ça. Sinon, cette histoire parle de hache, de sang, de morts, de repas à base d’humain (bienvenue chez « Sweeney Todd : Le Diabolique Barbier de Fleet Street ») d’orphelins et de poupées vivantes. Et bien, vous savez quoi ??? Quel plaisir, j’ai été happé par l’histoire, le récit est diaboliquement bien construit et les personnages, enfin surtout Maurice, sont bien dérangés. Que dire du graphisme ? Le travail de Juan Manuel Tumburus est superbe, avec une mention spéciale pour les regards.

Et pour finir, entre le prénom d’un des personnages, l’histoire et le style graphique, on ne peut qu’y voir un clin « d’œil » à l’expressionniste Otto Dix !

Alors oui, on va éviter de faire lire Les yeux perdus aux enfants. Mais que c’est bon, c’est même très bon. J’ai pris malin plaisir à voir une tête coupée par un gosse dès la 8ème page (quand je vous dis que je suis un psychopathe moi aussi, vous ne me croyez pas)… Allez-y les yeux fermés, enfin non, surtout gardez-les … bien ouverts… Et ne les perdez pas…

  • Les yeux perdus
  • Scénariste : Diego Agrimbau
  • Dessinateur : Juan Manuel Tumburus
  • Éditeur : Dargaud
  • Prix : 16,50 €
  • Parution : 26 mai 2022
  • ISBN : 9782205089769

Résumé de l’éditeur : 1916, quelque part sur le front de l’Est, entre Pologne et Russie, trois orphelins sont les seuls survivants dans un orphelinat. Derrière le portail, tout n’est plus que dévastation, ruines et décomposition. Ils n’ont qu’un seul moyen de survie : attirer, tuer et manger les soldats blessés cherchant un endroit où s’abriter. Un des enfants ne peut plus supporter ce semblant de vie. Il découvre de nouveaux amis — les seuls ? — dans les magnifiques poupées victoriennes qui peuplent les étagères d’une des pièces vides de l’orphelinat. Les poupées acceptent de l’aider à une seule condition : qu’il leur donne des yeux pour remplir leurs orbites vides…

 

Tiff’Annie

Dans l’univers de la petite ville de Saint-Saturnin, Bruno Heitz dévoile sa deuxième bande dessinée Tiff’Annie, autour de la coiffeuse du village. Génial !

À Saint-Saturnin en Provence, Annie est coiffeuse et, de son salon, elle voit le « magasin » du père Piquet (enfin surtout son horloge, quand il ne la cache pas). C’est un peu l’homme à tout faire du village, plomberie, cordonnerie, serrurerie, horlogerie, soudure etc. Et comme elle le dit :  » C’est un vieux chameau avare de surcroît. » Mais lorsqu’il disparaît de manière curieuse, le village enquête… Et on n’est pas au bout de nos surprises…
~
Après Le bistrot d’Émile, Bruno Heitz continue de nous faire découvrir Saint-Saturnin, ce petit village ainsi que ses artisans et commerçants. Avec humour et dérision, il nous embarque dans ce petit polar de village, et n’y voyez pas une critique ou une image péjorative, bien au contraire. Il reprend les mêmes ingrédients que dans pour le premier opus (chaque histoire est indépendante), des personnages marquants qui ont de vraies gueules et des intrigues humoristiques.

Comme pour le premier, Tiff’Annie est un petit polar qui donne le sourire et qui fait revivre nos campagnes. Merci Bruno Heitz. J’espère qu’il y aura d’autres albums, car des petits moments comme celui-ci font du bien, tout simplement.

  • Les dessous de Saint-Saturnin, tome 2 : Tiff’Annie
  • Auteur : Bruno Heitz
  • Éditeur : Gallimard BD
  • Prix : 14 €
  • Parution : 08 juin 2022
  • ISBN : 9782075170116

Résumé de l’éditeur : À Saint-Saturnin, le salon de coiffure Tiff’Annie fait face à la cordonnerie du pingre Monsieur Piquet. Un jour, ce misanthrope fortuné disparaît mystérieusement sans laisser de traces… provoquant aussitôt les recherches de son neuveu, qui l’espère mort! Mais quand des photographies compromettantes d’Annie, dénudée, font leur apparition au cours de l’enquête, la coiffeuse est bien obligée de s’en mêler…

 

Damien l’empreinte du vent

C’est un tour du monde en voilier que Gérard Janichon et Vincent mettent en image dans Damien, l’empreinte du vent édité par Vents d’Ouest. Celui du premier dans les années 1960.

À 17 ans, sur les toits de Grenoble, Jérôme Poncet et Gérard Janichon se sont fait une promesse, voyager pour découvrir le monde. En 1969, malgré le fait qu’ils ne soient pas très expérimentés, ils partent de La Rochelle sur un bateau de seulement 10 mètres, pour faire le tour du monde. Et ce voyage restera pour beaucoup une référence. Il aura duré presque cinq ans.

Comment décrire un voyage de cinq ans de pays en pays, via la mer, dans un si petit bateau ? Ce n’est forcément pas simple. Il faut choisir les moments les plus importants, sans oublier les autres et passer plus vite sur certaines zones, comme un bateau navigue au gré du vent. Les deux auteurs ont dû résumer cette extraordinaire expérience humaine et il en ressort un beau voyage autour du monde. Dès le début de Damien l’empreinte du vent, le lecteur est plongé au milieu du voyage, puis il remonte astucieusement au début de l’aventure, en faisant de manière régulière des bonds dans le temps.

Une découverte pour moi, car je ne connaissais pas cette histoire. Mais quelle aventure !!! Il fallait oser et ils l’ont fait !!! Rien que pour ça, cette bande dessinée mérite qu’on s’y intéresse vraiment.

  • Damien l’empreinte du vent
  • Scénariste : Gérard Janichon
  • Dessinateur : Vincent
  • Éditeur : Vents d’Ouest
  • Prix : 25 €
  • Parution : 04 mai 2022
  • ISBN : 9782749309514

Résumé de l’éditeur : L’aventure devenue référence. Damien est l’histoire d’un voyage devenu légendaire. Damien, c’est aussi le nom du petit voilier en bois qui, dans les années 70, effectua ce tour du monde exceptionnel de cinq ans, aujourd’hui inscrit en référence dans le domaine de l’aventure. Alors copains d’école à Grenoble, Jérôme Poncet et Gérard Janichon, décident à 17 ans de consacrer leur jeunesse à courir le monde. Leur cap est la liberté, la découverte, l’accomplissement, la voile aux extrêmes du globe. Inexpérimentés mais portés par leur idéal, ils quittent La Rochelle en mai 1969. Ils y reviendront en septembre 1973, après un voyage initiatique de plus de 55 000 milles. On les appellera « Les Défricheurs d’océans ». C’est que malgré son équipement précaire et son manque de confort, Damien accumule les grandes premières inédites : Arctique, remontée de l’Amazone à la rencontre des populations locales reculées, Cap Horn, Tropiques et trois saisons de suite dans les latitudes rugissantes du Grand Sud. Leur but est d’aborder le continent Antarctique, ce qui est fait en février 1973. Souvent malmené, chaviré, démâté, chahuté par les glaces et les coups du sort, Damien ne renonce jamais et son équipage tient bon. En dépassant les notions géographiques, les 2 jeunes marins ont apprivoisé les éléments turbulents; par l’amitié et la persévérance, ils ont su donner une dimension humaine inoubliable à leur périple. Classé monument historique et accessible au public, Damien a été refait à neuf en 2019. Fidèlement adaptée par Gérard Janichon, servie par la finesse des aquarelles de Vincent, cette odyssée maritime poétique et humaniste nous fait vivre des pages d’amitié profonde jusqu’à l’approche de la mort, et d’envoûtement avec l’Océan, le vent, la glace, la grande forêt amazonienne et le gré des rencontres humaines, éphémères et intenses.

Le convoyeur 3

Voici le troisième opus de la série Le convoyeur de Tristan Roulot et Dimitri Armand, toujours aussi accrocheur et beau !

Minerva, scientifique, a mis sa vie en danger pour trouver une solution à ce mal qui ronge la planète. Son combat a failli mener à sa fin toute sa famille. Maintenant elle prend les armes, pour retrouver l’homme qu’elle aime et lui sauver la vie….

Le convoyeur est une série tout simplement surprenante. J’avais été bluffé par l’univers post-apocalyptique et par le second tome qui rabat les cartes de ce que nous pensions avoir entrevu dans le premier. Le troisième tome nous plonge dans l’histoire de Minerva, celle qui est, pour tous, une sorcière. Et on découvre pourquoi elle se bat contre celui qui donne des œufs en échange d’un service.

Accompagné du renifleur (assez versatile), elle part à la recherche du convoyeur, enfin d’un convoyeur en particulier, son mari. Tout est bien pensé au niveau du scénario dans ce nouveau tome qui nous laisse entrevoir l’arrivée, pour les prochains tomes, d’un nouveau personnage important qui va sans aucun doute faire évoluer l’histoire et nous surprendre. Cette série est un page-turner particulièrement efficace avec un dessin de Dimitri Armand qui convient parfaitement au récit. C’est un pur plaisir.

La fin du troisième tome tout comme la fin du second nous fait dire, qu’il va falloir encore attendre pour avoir la suite et que ça va être long… Mais c’est tellement bon, qu’on a tout simplement hâte.

  • Le convoyeur, tome 3 : Ces ténèbres qui nous lient
  • Scénariste : Tristan Roulot
  • Dessinateur : Dimitri Armand
  • Editeur : Le Lombard
  • Parution : 20 mai 2022
  • Prix : 14.75 €
  • ISBN : 9782808203623

Résumé de l’éditeur : La « Rouille » a peut-être fait disparaître toute trace de fer, mais pas celui qui caractérise la volonté de Minerva. Scientifique devenue sorcière aux yeux du monde, elle a juré de retrouver l’homme qu’elle aime. L’homme qui l’aima avant de répondre à l’appel et devenir le Convoyeur. Ou plutôt… un Convoyeur ! Minerva s’est adjoint les services du Renifleur pour mener à bien sa mission. Mais une femme seule peut-elle faire face à l’inexorable destin de l’humanité, cette multitude au visage unique qu’est le Convoyeur ?

Ursa

Edité par Sarbacane, Ursa c’est un album fort et bouleversant d’Adrienne Barman et Manu Causse autour du thème du viol. Percutant !

Une cabane au milieu des bois, un refuge plus exactement, pour Jeanne qui a fuit les coups qui ont marqué son corps. La tranquillité, elle hiberne comme une ourse, espérant une vie meilleure… Puis vient le moment où la solitude devient trop pesante, une rencontre dans un bar, elle baisse sa garde et le Loup en profite. Un sachet dans le verre qu’elle va boire… Il la viole… et laisse en elle une partie de lui qui grandit…

Femme maltraitée, violentée, puis violée et enceinte…
Comment se reconstruire ?
Comment vivre et faire à nouveau confiance après ces traumatismes ?
Comment devenir mère sans en vouloir à son enfant ?
Comment oublier ?
Comment se réconcilier avec soi-même ?
Comment se défendre ?
Comment VIVRE ?

Il se dégage d’Ursa, une véritable puissance où la place de l’animal prend tout son sens et image avec intelligence les différentes facette de l’être humain. Le loup pour l’homme prédateur, l’ourse qui hiberne et défend sa progéniture. Un récit haletant où on n’a pas le temps de reprendre son souffle, mais le dessin très imagé nous permet de prendre un peu de recul. Manu Causse & Adrienne Barman ont trouvé un équilibre délicat qui donne encore plus de force au récit.

Derrière cette couverture intrigante, voilà une nouvelle lecture qui vient encore nous brasser et nous révolter. J’en ressors chamboulé une fois de plus. Un récit bouleversant.

  • Ursa
  • Scénariste : Manu Causse
  • Dessinatrice : Adrienne Barman
  • Éditeur : Sarbacane
  • Prix : 19,50 €
  • Parution : 04 mai 2022
  • ISBN : 9782377317868

Résumé de l’éditeur : Prends garde au loup, ma fille… Cette fois, Jeanne voulait y croire. Que tout irait bien. Qu’elle pourrait recommencer sa vie à zéro dans cette toute petite cabane au milieu des montagnes dont elle avait hérité. Qu’elle pourrait hiberner comme une ourse, loin de la violence des hommes. Que rentrer dans ce bar lui changerait les idées. Que ce type souriant qui lui avait proposé un verre – juste après y avoir glissé un cachet -lui voudrait du bien. Ce soir-là, Jeanne a baissé sa garde. Elle n’a pas vu le danger, ni la gueule du loup caché derrière le sourire. De cette nuit, il n’y a rien dont elle puisse, – ou veuille ? – se souvenir. Mais au creux de son ventre, l’homme lui a laissé quelque chose qui grandit et l’empêche d’oublier ce qu’il lui a fait… À mesure qu’elle s’arrondit, Jeanne s’interroge : doit-elle s’en débarrasser ou bien accueillir ce cadeau maudit ?

 

Mortel imprévu

lent Mortel imprévu est une belle aventure signée Dominique Monféry, publiée par les éditions Rue de Sèvres.

Edith vient de quitter Londres pour vivre en Amérique. Elle a fui son mari médecin, et surtout sa violence. Sur place, elle recommence sa vie au plus bas de l’échelle et pourtant elle se sent enfin vivante et libre. Rapidement, elle tombe amoureuse d’un charpentier et ensemble, ils décident de partir, à la ruée vers l’or dans le Grand Nord, accompagnés de trois autres hommes. L’or est bien au rendez-vous (même si la quantité est moins importante que prévue) mais ce sont surtout le froid et l’hiver extrêmement rude qui les piègent sur place… Le froid, l’isolement, la peur… L’Homme peut vite renier ses principes pour survivre…

Comme je le dis souvent, j’aime quand la couverture me parle, quand elle m’intrigue et m’attire, sans trop m’en dire. Et surtout quand elle ne me ment pas ! Ici, c’est le cas. On est tout de suite plongé dans l’ambiance. En plus d’être magnifique, on ressent bien qu’il va se passer quelque chose, mais quoi ? Et bien, l’intérieur est totalement à cette image. Dans ce thriller, la tension monte, les rebondissements sont bien présents et le graphisme accompagne magnifiquement bien l’ensemble. On en prend plein les yeux.

Mortel imprévu est un thriller où l’instinct animal n’est jamais loin. J’avais envie de visiter le Canada, mais là, j’avoue que je me demande si c’est bien judicieux… Dominique Monfery nous offre une pépite (d’or oui elle est facile) à découvrir mais surtout… Attention, votre instinct peut vous faire faire des choses que vous n’auriez jamais imaginées.

  • Mortel imprévu
  • Auteur : Dominique Monféry
  • Éditeur : Rue de Sèvres
  • Prix : 19 €
  • Parution : 11 mai 2022
  • ISBN : 9782810202676

Résumé de l’éditeur : Mariée à un riche mais violent médecin de Londres, Edith décide de partir en secret vers la lointaine Amérique pour une nouvelle vie, et y fera la rencontre de Hans, un charpentier dont elle tombe rapidement amoureuse. Poussée par ses sentiments, elle décide de suivre ce dernier dans sa ruée vers l’or, dans le grand nord canadien. Sur place, ils établiront un camp avec trois hommes rencontrés durant leur voyage. Malgré ses personnalités éclectiques, le groupe d’apparence soudé entreprend d’affronter le rude hiver, son froid glacial et les loups affamés rôdant aux alentours. Mais l’isolement et l’avidité peuvent aussi pousser bien des hommes vers les plus sombres et primitifs de leurs aspects…

Mister Mammoth

Pacifiste, Mister Mammoth est un fin limier. Matt Kindt et Jean-Denis Pendanx mettent en image son enquête dans un album vraiment excellent publié par Futuropolis.

Comme son nom l’indique Mister Mammoth est un grand gaillard, qu’on pourrait s’attendre à retrouver videur en boîte de nuit. Mais sous son apparence disgracieuse, qui fait quand même peur, se cache le plus grand des détectives de la ville… S’il s’engage dans des affaires, c’est qu’il ne pense pas pouvoir les résoudre et pourtant, à chaque fois, il réussit… Il cherche des défis… Est-ce que cette enquête va en être un ? Des images de son enfance refont surfaces… Pourquoi ?

Matt Kindt est au scénario et c’est un habitué des très bons polars, ses deux dernières séries Grass Kings et Mind MGMT montrent encore plus l’étendue de son talent. Côté graphisme, c’est le très talentueux Jean-Denis Pendanx que l’on connaît notamment avec A fake story. Alors quand ces deux noms s’associent, on se dit tout de suite … ça va être du lourd (oui facile le jeu de mot avec Mr Mammoth)… Ce premier volet sur deux installe l’histoire et l’auteur nous distille des indices nous permettant d’imaginer de nombreuses révélations pour le second opus.

Une histoire intrigante tout comme notre détective, un graphisme magnifique, il ne m’en faut pas plus… J’attends avec impatience la sortie du second tome prévue pour le 22 juin.

  • Mister Mammoth, tome 1 / 2
  • Scénariste : Matt Kindt
  • Dessinateur : Jean-Denis Pendanx
  • Éditeur : Futuropolis
  • Prix : 13,90 €
  • Parution : 02 mars 2022
  • ISBN : 9782754831222

Résumé de l’éditeur : Mr Mammoth est un détective hors du commun:géant à l’apparence monstrueuse, il refuse la violence. Brillant, il continue de vivre modestement, dans un bureau insalubre, et refuse même d’avoir une assistante. Quand un richissime client vient le voir pour enquêter sur un mystérieux maitre chanteur qui le menace, alors qu’il prétend n’avoir rien à se reprocher, le détective décide de relever le défi. Et si derrière cette enquête se cachait des secrets bien enfouis? Si cette enquête semble simple, elle va devenir obsessionnelle pour Mr Mammoth car elle va réveiller des souvenirs douloureux de son enfance qui vont remonter à la surface.Une première création transatlantique inédite:Matt Kindt a relevé le défi d’écrire pour la première fois un récit «franco-belge» spécialement pour Jean-Denis Pendanx. Un récit ciselé aux multiples chausse-trappes par un maître du genre, augmenté d’un cahier graphique inédit de 8 pages dans la première édition.

Blissful Land T2

Au coeur du Tibet, au XVIIIe siècle, Kang Zhipa a rencontré sa fiancée, Moshi Lati. Mais leur rencontre est récente et leur relation plus amicale qu’amoureuse. Zhipa et Lati construisent leur vie pas à pas, au rythme de la montagne. 

Dans ce second tome de Blissful Land, une amie d’enfance de Zhipa fait son apparition. Une jeune femme magnifique au caractère bien trempé. Lati qui construit lentement sa relation avec Zhipa, accueille cette vieille connaissance avec méfiance. Au fil des pages, elle se découvre jalouse et peut-être plus attachée à son fiancé qu’elle en l’imaginait.

Zhipa en fier médecin, se consacre à sa patientèle avec toujours plus d’entrain. Oubliant parfois le reste du monde. Mais il découvre de jour en jour la bienveillance de Lati et savoure cette douce rencontre, sans pourtant le montrer. On aperçoit un déséquilibre dans leur relation. L’amitié bâtit entre eux mue à son rythme vers une autre forme. Mais ne risque-t-elle pas de vaciller ?

Cette sérénité ambiante, les paysages tibétains nous l’apportent sans mesure. La délicatesse du graphisme nous apaise. Mélange de simplicité pour les paysages, non moins impressionnants, et de minucie pour les vêtements et habitations. Le tout rehaussé d’une pointe d’humour dans l’expression des personnages. Blissful Land T2 est une lecture aussi relaxante que son premier volume.

Mais également tout aussi instructif. Nourriture, médecine, teinture, tradition. Blissful Land nous offre le Tibet, avec tous ces charmes et sa poésie.

  • Blissful Land, 2/5
  • Autrice : Ichimon Izumi
  • Traducteur : Yohan Leclerc
  • Editeur : nobi nobi!, collection Genki
  • Prix :  7,20 €
  • Parution : 4 mai 2022
  • ISBN : 9782373494501

Résumé de l’éditeur : Tibet, XVIIIe siècle, dans un village au milieu des montagnes. Kang Zhipa, apprenti médecin, fait la connaissance de sa fiancée, Moshi Lati, venue d’une contrée lointaine. Pour ces futurs mariés aussi tendres que naïfs, apprendre à se connaître est déjà toute une aventure. Pas à pas, au rythme des cueillettes d’herbes médicinales et des préparations de remèdes ou de plats traditionnels se tisse le récit du quotidien chaleureux d’une terre qu’on dirait bénie des cieux.

No Longer Rangers

Vous vous êtes déjà demandé ce que devient le menu fretin quand les héros remportent la bataille face à l’envahisseur ? En guise de réponse, Negi Haruba propose, dans No Longer Rangers, chez Pika Edition, une véritable caricature de la figure du Héros. 

Depuis 13 ans, les 5 Dragons Keepers, luttent contre l’envahisseur. Des aliens venus s’emparer de la Terre qui ne lâchent pas l’affaire. Dans des combats grandioses au coeur de la ville, les héros affrontent des monstres toujours plus puissants et originaux. La foule s’accumule alors sur la ligne de front, prête à encourager leurs sauveurs, confortablement installées dans les gradins de l’arène. Les caméras sont braquées sur la piste, attendant que les aliens face leur entrée.

C’est le contrat. La guerre continue tous les dimanches depuis 13 ans.

Des envahisseurs, il ne reste que le menu fretin. Des ploucs que l’on tue presque par inadvertance. Ils sont sensés faire leur entrée en scène dans deux minutes, mais au bout de 13 ans à inventer le nouveau monstre du dimanche, ils sont à court d’idée. S’ils ne donnent pas de spectacle,  les Dragons Keepers pourraient bien les tuer pour de vrai cette fois.

Parmi eux est à bout. Il en a assez de faire semblant de perdre toutes les semaines. Il en a assez de se sentir faible et tout petit. A la botte de l’ennemi qui profite d’eux comme une attraction familiale. veut changer les choses. Il veut détruire les Dragons Keepers. Pour cela, il va infiltrer l’organisme des Super-héros et ils n’ont qu’à bien se tenir !

Negi Haruba inverse les rôles. Les troupiers sans importance deviennent nos protagonistes. Avec toutes leur maladresse et leur conscience d’être des moins que rien même aux yeux du lecteur. De l’autre côté les héros, sous le modèle des Power Rangers, sont-ils vraiment des héros ?

Un auteur aux multiples facettes

Negi Haruba aime l’improbable. C’est lui, l’auteur du shôjo à succès, The Quintessential Quintuplets. Série terminée en 14 tomes chez Pika Edition. Si on retrouve la touche d’absurde dans les deux séries, No Longer Rangers est saupoudré d’une touche de folie cynique inconnue des Soeurs Nakano.

Autant No Longer Rangers nous assomme de situation risible, autant Negi Haruba rend ses personnages uniques très vite. Ils sont à la fois attachant, mais aussi inquiétants…

Negi Haruba pose un univers ridicule. Absurde, surprenant et cynique. Et derrière le ridicule, siège les notions de justice, d’honnêteté et d’estime de soi. En fin de compte, dans ce monde humain, les troupiers extraterrestres sont peut-être les moins cinglés de la planète.

  • No Longer Rangers
  • Auteur : Negi Haruba 
  • Editeur : Pika Edition
  • Prix : 7, 20€
  • Parution : 8 juin 2022
  • ISBN : 9782811665845

Résumé de l’éditeur :  Les cinq Dragon Keepers et leur escadron sont la seule ligne de défense de l’humanité contre l’armée maléfique qui tente de conquérir le monde ! Du moins, c’est ce qui est dit à la télévision. En réalité, cela fait douze ans que les envahisseurs ont capitulé face aux justiciers de la Terre. Ces troupiers sans chefs ne sont désormais plus que des faire-valoir condamnés à enchaîner les défaites devant les caméras, tels des pantins indignes du titre de “méchants” ! Pourtant, après la 1000e défaite des pseudo-envahisseurs, un des troupiers va jouer les éléments perturbateurs. Il brave les interdits et infiltre le grand escadron, décidé à anéantir de l’intérieur les imposteurs que sont les Dragon Keepers !

Soleil noir

Soleil Noir est un très joli album de Dario Sicchio, Letizia Cadonici et Francesco Sagala, publié par les éditions Shockdom.

Ces dernières années, un phénomène non expliqué a vu apparaître deux fois un Soleil Noir. Lors des ces apparitions, la population a eu des comportements anormaux, commettant des actes horribles. Tous les enfants conçus pendant l’apparition de ce « Soleil » sont eux aussi spéciaux… Ils ont tous les cheveux blancs, la peau cendrée et les yeux rouges … Depuis la population a peur d’une nouvelle apparition et regardent ces enfants d’un regard accusateur…

Commençons par cette couverture, comment ne pas être intrigué ? Comment ne pas avoir envie d’en savoir plus ? Et le scénario l’est tout autant. On a envie d’en savoir plus à chaque page. Ces enfants sont-ils spéciaux au-delà de leurs particularités physiques ? Le soleil va-t-il revenir ? La religion peut-elle sauver le monde ? Côté graphisme, j’ai aussi été séduit par celui de Letizia Cadonici et par les couleurs de Francesco Sagala.

Ce récit de science-fiction, très bien rythmé, qui joue avec les peurs, est une très belle lecture que l’on a pas assez vue sur nos réseaux, à mon avis.

  • Soleil noir
  • Scénariste : Dario Sicchio
  • Dessinatrice : Letizia Cadoni
  • Coloristes : Francesco Sagala
  • Editeur : Shockdom
  • Prix : 18 €
  • Parution : 25 mars 2022
  • ISBN : 9788893364133

Résumé de l’éditeur : Deux fois au cours des années, un soleil noir s´est levé : une aube sombre dont les rayons ont causé des terribles troubles chez les gens, les poussant à accomplir des actes horribles. Les enfants conçus lors de ces deux étranges événements présentent des particularités : cheveux blancs, peau cendrée, proportions anormales et yeux rouges comme le feu : les Enfants du Soleil Noir. La ville de Brightvale, une communauté avec une présence importante d´Enfants du Soleil Noir, s´apprête à célébrer l´anniversaire de l´apparition du Deuxième Soleil Noir, mais le Troisième est aussi sur le point de se manifester, celui qui éveillera chez les jeunes d´étranges réactions qui vont bouleverser toute la communauté.