Lazarus #4

Six mois après la parution du 3e chapitre, c’est avec ce nouvel épisode, intitulé Poison, que revient Lazarus. Dans notre chronique précédente, nous avions clairement affiché notre engouement pour cette série. Greg Rucka et Michael Lark nous entraînent cette fois dans deux univers distincts : les conflits d’intérêt entre puissantes familles d’un coté, le terrain & ses violentes querelles de l’autre. Chaque tome de Lazarus, délivrant de précieuses informations, celui-ci ne déroge pas à la règle. Prenant.

Interlude. Nous retrouvons le temps de quelques planches, la religieuse rencontrée dans Ascension, le 2e tome où elle accompagnait et soignait les familles se dirigeant vers la Montée et espérant accéder au statut de Serf. Avec un rôle beaucoup moins anodin, elle semble devoir accomplir une mission périlleuse. Ce sont ses confidences notées dans une sorte de journal (précisons que la vue du lecteur est mise à rude épreuve tant la police choisie pour le rendu manuscrit demande une concentration ardue) qui nous indiquent l’avancée de son parcours et le but qu’elle doit atteindre. Ce passage introductif est assez déstabilisant puisqu’il ne fait pas de lien avec le reste de l’histoire. Purement informatif, ce préambule a toutefois le mérite de donner au compte-gouttes des indications géographiques et stratégiques intéressantes. Nul doute que Soeur Bernardine sera un élément clé dans les prochaines parutions.

LA GENTE FÉMININE ULTRA PRÉSENTE

En y intégrant cette dernière, ce n’est pas moins de cinq femmes (et une petite fille…) qui sont mises à l’honneur dans ce nouvel opus de Lazarus. Avec des rôles différents, chacune d’entre elles se démarque par des caractéristiques particulières.

– Casey Solomon, est une miraculée mais avant tout une guerrière connue également dans le 2e épisode. Sauvée grâce à son abnégation et son courage par Forever, le Lazare phare de cette série, quoi de plus normal de la trouver au cœur même du conflit qui oppose la famille Carlyle à Hock. Fraîchement nommée Caporal, elle devra, avec sa petite équipe, défendre ardemment un territoire dont la localisation a une importance tactique essentielle pour les Carlyle.

– Forever, l’héroïne, est bien sûr très présente. Volontaire pour se battre sur le terrain aux cotés de Casey, elle suit son unique but qui est de protéger les siens. La psychologie du personnage décryptée antérieurement, c’est un Lazare en pleine action qui est détaillé ici. Peu de mots, beaucoup de rixes. On prend pleine mesure de sa force considérable au fil des pages.

– Un autre Lazare (blessé) est à l’honneur en la personne de Sonja Bittner. Initialement membre de la coalition Hock, elle est néanmoins devenue amie avec la protectrice de la famille Carlyle (actrices d’un duel légendaire dans le 3e tome, c’est Forever qui l’épargnera), au point de la rejoindre. Elle se démène pour reprendre des forces et ainsi se battre aux côtés de son alliée.

– Et puis il y a Johanna Carlyle. L’une des trois filles du patriarche. Depuis le début de cette série on n’a que peu de doutes sur ses intentions. Grande manipulatrice, elle va profiter de la faiblesse des hommes qui l’entourent (son frère, Stephen, incapable d’assumer une quelconque décision, Jonah qui est aux abonnés absents, et son père luttant entre la vie et la mort), pour s’imposer et obtenir une influence de taille.

Sans oublier Bethany, la troisième sœur dont les qualifications en médecine lui imposent de trouver le remède nécessaire à la guérison de leur père. Elle demandera main forte à Michael Barret (ex-compagnon (?) de Casey Solomon) pour accélérer les recherches salvatrices.

NE PAS PERDRE LE FIL

Beaucoup de révélations et de rebondissements dans Poison. Mal en point, les Carlyle luttent sur différents fronts. Dans cet album, Greg Rucka prouve cette parfaite maitrise à répandre des indices avec parcimonie. Il ne faut pas pas hésiter à relire ou avoir à côté de soi les trois premiers tomes de Lazarus. On se rend ainsi compte que des personnages parfois laissés pour compte, réapparaissent logiquement et offrent un peu plus d’épaisseur à l’intrigue.

CE LAZARUS OFFRE DES AFFRONTEMENTS ÉPIQUES

Michael Lark, rappelons-le, est un dessinateur issu du monde Marvel. Et cela s’en ressent. Notamment pour les scènes de combat où il s’est fait plaisir. Il faut dire qu’elles sont extrêmement réussies. Ses différents plans et cadrages font l’effet d’un mouvement perpétuel et donnent ainsi une dynamique supplémentaire à l’action. Il avait déjà été souligné le peu d’expressions sur les visages des protagonistes. Cette petite gêne ressentie face à ces regards « vides » ne doivent pas dénigrer le talent de M. Lark tout comme celui de Santiago Arcas, dont le travail à la colorisation offre une belle complémentarité.

On devra encore attendre pour obtenir certaines réponses, et ce n’est pas pour nous déplaire. Il va juste falloir un peu de patience.

Article posté le vendredi 27 mai 2016 par Mikey Martin

4e tome de la très bonne série Lazarus de Rucka et Lark aux éditions Glénat décrypté par Comixtrip le site BD de référence
  • Lazarus : Tome 4, Poison
  • Auteur : Greg Rucka
  • Dessinateur : Michael Lark
  • Coloriste : Santi Arcas
  • Editeur : Glénat
  • Prix : 15,95 €
  • Parution : mai 2016
  • ISBN : 978-2-344-01598-8

Résumé de l’éditeur : On n’est jamais mieux trahi que par les siens…
Le monde est en guerre. La famille Carlyle doit maintenant se battre pour se défendre. Alors que Malcolm Carlyle est aux portes de la mort, ses frères et soeurs ont du mal à garder le contrôle. D’ autant que la guerre et la trahison vont de pair. Et une révélation surgissant du passé pourrait bien changer la vie de Forever pour toujours…
Acclamée par la critique (en sélection dans les meilleures séries du New York Times) et le public, un projet d adaptation série TV en cours, Lazarus s’est imposée au fil des tomes comme la série à succès du catalogue Glénat Comics. Découvrez Poison : son 4ème arc, plus dramatique et plus épique que jamais !

À propos de l'auteur de cet article

Mikey Martin

Mikey Martin

Mikey, dont les géniteurs ont tout de suite compris qu'il était sensé (!) a toujours été bercé par la bande dessinée. Passionné par le talent de ces scénaristes, dessinateur.ice.s ou coloristes, il n'a qu'une envie, vous parler de leurs créations. Et quand il a la chance de les rencontrer, il vous dit tout !

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