Emma et Capucine, tome 3

Alors que Capucine intègre le ballet de Casse-Noisette, Emma continue son exploration de la danse moderne. Troisième volet de Emma et Capucine, la sympathique série de Jérôme Hamon et Lena Sayaphoum autour de la danse.

Emma suit attentivement les cours de danse urbaine dispensés par Jack. Une audition pour participer à un clip-vidéo d’une célèbre chanteuse à lieu dans quelques jours. De son côté, Capucine – sa soeur – touche du doigt son rêve : faire partie du ballet de Casse-Noisette…

Comme les deux précédents volumes (tome 1 & tome 2), nous sommes attirés par le récit proposé par Jérôme Hamon. Même sans être amateurs de danse ou spécialistes, nous nous laissons prendre au jeu de ce duo de sœurs qui suivent des chemins différents. Adolescentes, leur temps est aussi pris par les garçons. Emma est d’ailleurs au centre de l’attention de deux d’entre eux. Quant à Capucine, la danse ne lui laisse que peu de moments pour autre chose. En effet, il faut énormément travailler pour réussir dans le petit milieu de la danse classique. Sinon d’autres filles s’engouffreront dans la brèche et prendront sa place. Cet univers est impitoyable !

Dans ce troisième volume, on voit moins les parents qui avaient pourtant eu un rôle très important dans le premier opus. En espérant qu’ils retrouveront une place dans le tome suivant.

Le scénariste de Nils (avec Antoine Carrion) a de nouveau choisi un formidable dessinateur – ici une dessinatrice – il sait s’entourer de vrais talents ! C’est en voyant des illustrations de Lena Sayaphoum qu’il lui a demandé de travailler avec lui. Quelle force dans les mouvements ! Un régal pour le yeux !

  • Emma et Capucine, tome 3 : Quand les paillettes disparaissent
  • Scénariste : Jérôme Hamon
  • Dessinatrice : Lena Sayaphoum
  • Editeur : Dargaud
  • Prix : 9.99€
  • Parution : 14 septembre 2018
  • IBAN : 9782505071402

Résumé de l’éditeur : Emma a intégré le groupe de hip hop de Jake, Misha et Héloïse qui s’entraine en vue d’une audition importante qui approche. Jake voit en Emma un énorme potentiel et il pousse la jeune fille à travailler de plus en plus afin d’améliorer son style. À moins que, comme le pense Héloïse, il ne s’agisse que d’un prétexte pour passer plus de temps avec elle ? De son côté, Capucine se rend à Londres pour une représentation de Casse-Noisette. Son rôle cette année est assez simple pour une danseuse de son niveau mais connaître une chorégraphie et la danser sur scène sont deux choses totalement différentes…

Sacha et Tomcrouz, tome 2

Véritable coup de cœur de la rédaction Comixtrip, Sacha et Tomcrouz est une très jolie série signée Anaïs Halard et Bastien Quignon chez Soleil.

A bord de Jojo – le bolide des Bazarec – Sacha, sa maman et Tomcrouz foncent vers Breiz manège, la fête foraine bretonne. C’est un lieu chargé d’histoire pour M. et Mme Bazarec. C’est ici qu’ils se sont rencontrés pour la première fois et qu’ils sont tombés amoureux. Depuis la disparition du papa, c’est un passage obligé chaque année pour le fils et sa mère.

Sur la plage, le petit garçon croise Jade dont il est secrètement amoureux. Ensemble, ils grimpent dans un nacelle de la grande roue. Mais c’était sans compter sur Taran, le pire cauchemar de Sacha. Armé d’une très vieille cuiller, le garnement envoie une boulette. Tomcrouz la reçoit, éternue et voilà le duo immédiatement transféré à la Cour du roi…

Après les Vikings, Sacha et Tomcrouz doivent composer avec un très jeune roi à Versailles. Le récit de Anaïs Halard est enjoué, sympathique et drôle. Elle embarque son duo à la Cour du roi, s’amuse avec les codes et l’étiquette de l’époque : vêtements, perruque ou toilette, tout y est.

La scénariste ajoute à cela, un jeune garçon très pauvre et chapardeur, une idylle naissante, une mère volubile et un père absent et l’on obtient une deuxième tome aussi accrocheur que le premier. Comme dans le premier opus, le fantastique est présent, l’Histoire et l’absence du père sont au cœur du récit.

Comme nous l’avait confié Bastien Quignon à Blois en 2017, Sacha et Tomcrouz est avant tout une idée de la scénariste : « Je pense que Anaïs voulait un duo d’aventuriers mais pas forcément classique. Tomcrouz s’il porte le nom d’un héros est tout chétif, maladif et il est l’opposé du héros ». D’ailleurs, il ajoute : « Sacha n’est pas un super-héros, il n’est pas irréprochable. Même s’il est un gamin, ses actes peuvent avoir de graves conséquences »

Si le récit est excellent, que dire de la partie graphique de l’auteur de Sixteen Kennedy Express (avec Aurélien Ducoudray) ! Pour ce deuxième volet, finit le papier, place au numérique. On note donc un grand changement sur les couleurs et l’effet de matières mais cela est compensé par un dessin plus rond, plus cartoon/dessin animé.

Sacha et Tomcrouz 2 : encore une sympathique aventure jeunesse. De la tendresse, de l’humour et de l’Histoire. On recommande vivement !

  • Sacha et Tomcrouz, tome 2 : La cour du roi
  • Scénariste : Anaïs Halard
  • Dessinateur : Bastien Quignon
  • Editeur : Soleil, collection Métamorphose
  • Prix : 16.95€
  • Parution : 03 octobre 2018
  • IBAN : 9782302071025

Résumé de l’éditeur : Comme tous les ans, la mère de Sacha a organisé une escapade au Breizh manège. Le jeu de la course à la cuillère est lancée, mais Tomcrouz éternue sur le précieux couvert royal. Sacha et Tomcrouz sont alors transportés à Versailles, à la cour du roi Louis XV, où Sacha découvre le rituel des dîners, l’hygiène, mais aussi la médecine d’antan et peut-être un indice sur la disparition de son père.

Assaut sur le nouvel Olympe

Pour contrer les plans diaboliques de Héra et d’Arès, les Avengers, Spider-Man et les agents de l’Atlas s’unissent dans Assaut sur le nouvel Olympe, un comic book de Greg Pak, Fred Van Lente, Rodney Buchemi et Reilly Brown.

Les dieux immortels de l’Olympe sont aujourd’hui sur Terre. Leurs histoires et rivalités sont elles aussi descendues sur notre planète. Ainsi, Héra – épouse de Zeus – continue de comploter pour se venger de son époux et de ses infidélités. Elle voue toujours autant de haine à Hercule, fils illégitime du Dieu des dieux et de Alcmène.

Ainsi, la femme bafouée se sert du Groupe Olympus, une société sur Terre, pour fomenter ses plans diaboliques contre Hercule. Il faut souligner que Zeus a été tué et que son fils est donc de plus en plus à la merci de Héra. Pour le protéger et contrecarrer les idées malfaisantes de cette femme, un aréopage de super-héros est constitué. Il y a les Avengers (Wolverine, Spider-Woman, Vif-Argent, Hank Pym, US Agent), Spider-Man ainsi que les gardiens de l’Atlas

Aucun temps mort dans cet album imaginé par Greg Pak (World War Hulk) et Fred Van Lente (nos chroniques de : Génération Zero, The Delinquents ou Ivar Timewalker). Le lecteur est pris dans ce tourbillon de combats et d’actions qui s’enchaînent. Publiée pour la première fois en 2010, les éditions Marvel ont donc décidé de publier de nouveau Assaut sur le nouvel Olympe. On est assez amusé de voir les super-héros Marvel faire des alliances ou combattre les divinités grecques antiques (premiers super-héros de tous les temps).

Rodney Buchemi et Reilly Brown font vraiment le job coté dessin. C’est très classique, propre mais d’excellente facture.

  • Assaut sur le nouvel Olympe
  • Scénaristes : Greg Pak et Fred Van Lente
  • Dessinateurs : Rodney Buchemi et Reilly Brown
  • Couleurs : Guillem Mari
  • Editeur : Marvel, collection Deluxe
  • Prix : 18€
  • Parution : 16 août 2018
  • IBAN : 9782809470451

Résumé de l’éditeur : Les Avengers, les agents de l’Atlas ou encore Spider-Man viennent prêter main-forte à Hercule dans son combat contre les troupes d’Héra et d’Arès. Une saga riche en rebondissements.

Chroniques métalliques et Chaos

Dans le troisième volume des Œuvres de Moebius, les éditions Les Humanoïdes Associés publient de nouveau Chroniques métalliques et Chaos dans un même recueil.

Comme le souligne Daniel Pizzoli dans une riche préface de 12 pages, afin de ne pas être enfermé dans un style strict  comme avec Blueberry (scénarisé par Jean-Michel Charlier), Jean Giraud explore d’autres territoires graphiques sous le pseudonyme de Moebius. Cette dualité graphique fait l’entièreté de l’œuvre de Giraud. Un même auteur pour deux univers diamétralement opposés même s’il y a parfois des points communs.

Après Arzach et Le garage hermétique, voici Chroniques métalliques et Chaos regroupant illustrations et matériaux divers en dehors de ses albums. Il y a donc dans ce recueil plus de 20 années de travaux : des recherches, des croquis, des publicités et autres peintures. Ces deux ouvrages avaient déjà été publié séparément en 2011.

Construit en 4 grands chapitres pour la première partie (La porte des étoiles, Les chroniques Hurlantes, Les années Métal et Les mystères de l’Érotisme) puis Chaos, l’album est une mine extraordinaire de pépites et de joyaux moebiusiens.

Alors qu’il avait abandonné le pseudo de Moebius au début des années 60, il le reprend dans la décennie suivante pour le pan science-fiction de son travail. Il faut dire qu’à la fin des années 60, on lui propose d’illustrer des couvertures de romans ou des revues de science-fiction, c’est donc le bon moment pour lui de laisser libre court à ses envies graphiques. Bon nombre de ses pairs contemporains ou ceux qui viendront par la suite vont être influencés par le génie et talent de ce magistral auteur décédé en 2012. Sans parler des romanciers et des réalisateurs (souvent américains) qui pilleront ses idées. Tout y passe : illustrations, délires graphiques ou publicités.

On est subjugué par autant d’inventivité et de créativité. Les grands aplats noirs et les milliers de hachures s’animent devant nos yeux. Magique ! Sens de la composition, de la mise en scène, de la chute intra-vignette, il a défriché des contrées inexplorées à cette époque.

Chroniques métalliques et Chaos : pour la beauté des visuels, pour le génie, pour Moebius. A suivre !

  • Chroniques métalliques et Chaos (édition anniversaire 80 ans de Moebius)
  • Auteur : Moebius
  • Dossier de Daniel Pizzoli
  • Editeur : Les Humanoïdes Associés
  • Prix : 29.99€
  • Parution : 29 août 2018
  • IBAN : 9782731691122

Résumé de l’éditeur : Une échappée dans l’imaginaire de Moebius, entre illustrations, oevures complètes ou carnets personnels (pour la partie Chroniques métalliques) et cases, croquis, peintures (pour la partie Chaos). Un recueil qui permet d’apprécier la diversité des oeuvres de ce célèbre dessinateur, et pour ceux qui ne le connaissent pas encore, d’en découvrir le talent, mais aussi l’humour et le génie.

Héroïque fantaisie

Des démons rôdent autour de petits villages dans un futur rétro-inversé. Moreau, le héros, doit protéger ses congénères de leurs attaques. Olivier Texier dévoile Héroïque fantaisie, un étonnant album entre récit post-apocalyptique et tragédie homosexuelle aux éditions Les requins marteaux.

Vendée, 1972. Moreau est un chasseur de démons. Il doit veiller à la tranquillité et à la sécurité de petits hameaux menacés par ces hordes d’êtres mi-hommes, mi-zombies. Après un combat contre l’un d’eux, il est soigné dans un café : il a perdu un œil ! Il est réconforté par Guillaume, un jeune homme qui lui offre son corps.

Le lendemain, il décide d’aller acheter une nouvelle arme pour combattre les démons. Il tombe nez à nez avec Darrrius dont le charme opère sur lui…

Après Bite fighter – dans la collection BD Cul des éditions Requins Marteaux – Olivier Texier revient avec Héroïque fantaisie, un album très chaud et très viril. Comme avec le précédent ouvrage, les hommes sont les maîtres de ces univers. Ils sont là pour protéger et montrer leur domination. Ici par les combats contre des zombies mais aussi par le sexe entre eux. Complétement déjantée, cette histoire est un récit post-apocalyptique rétro-inversé (plus on avance dans le temps, plus on s’en éloigne, on revient dans les années précédentes) où les femmes n’ont que peu de place et où les hommes sont les vrais héros.

L’auteur de Grotesk (Même pas mal) livre des planches entre bastons à la Mad Max ou Ken le survivant et scènes explicites. C’est chaud, c’est hard et surprenant. On est étonné de se laisser happer par cette histoire décalée et foutraque.

Héroïque fantaisie : Mad Max chez les gays ou comment survivre dans un monde peuplé de zombies. La meilleure des armes : le sexe !

  • Héroïque fantaisie
  • Auteur : Olivier Texier
  • Editeur : Les requins marteaux
  • Prix : 20€
  • Parution : 19 septembre 2018
  • IBAN : 9782849612453

Résumé de l’éditeur : Dans une petite communauté rurale, la fin du monde a été provoquée par l’arrivée de démons sur Terre. Leur survenue a perverti les lois fondamentales de la nature : les animaux ont disparu, plus aucune réaction chimique ne fonctionne et les statues de la sainte Vierge sont toutes défigurées. Le temps est reparti à l’envers, ainsi le soleil se couche avant de se lever, la pluie jaillit du sol pour rejoindre les nuages… Les gens ont fui les villes pour se regrouper dans des hameaux mais les démons rôdent autour pour les exterminer. Moreau, héros de cette histoire, doit protéger un petit territoire au coeur de la campagne vendéenne. Il combat à l’arme blanche en suivant le code éthique des Chasseurs. Mais il est tiraillé entre son attirance pour le chasseur Darrius et l’amour que lui porte Guillaume. Tout ce fragile équilibre va être bouleversé par la mort du forgeron et l’arrivée du Chasseur Vipère. Entre scènes de sexe explicites, bastons sanglantes à l’arme blanche et peines de coeur dignes d’un soap opera mexicain, Héroïque Fantaisie est une pure tragédie homo-érotique à la Ken le survivant…

Sous la maison

Un peu solitaire, Daisy parcourt un monde coloré et chaleureux en entrant dans sa machine à laver. Pourtant, il va se détraquer lorsqu’elle va y faire entrer des copines de lycée. Jesse Jacobs imagine Sous la maison, un formidable album fantastique chez Tanibis.

A chaque fois qu’elle pénètre dans le tambour de la machine à laver dans le sous-sol de sa maison, Daisy est projetée dans un monde parallèle coloré où des créatures fantastiques l’accueillent avec bienveillance. Plutôt timide et sans véritable amie, la jeune lycéenne invite Jeanne-Claude à découvrir cet univers merveilleux. Elle pense ainsi qu’elles seront plus proches.

Alors qu’elle avait fait promettre à sa copine de ne rien révéler de leur secret, Daisy est coincée par deux autres filles qui ont appris la vérité. Elle accepte de les faire pénétrer dans ce monde fantaisie mais les averti qu’il faut que leurs intentions soient pures…

Après Et tu connaîtras l’univers et les dieux & Safari lune miel, les éditions Tanibis publient un troisième album de Jesse Jacobs, Sous la maison. Comme pour la précédente histoire qui nous avait vraiment accrochée, celle-ci fait le même effet. L’auteur canadien de 37 ans nous charme et nous envoute avec Sous la maison.

Il imagine un lieu paradisiaque où seuls les êtres purs peuvent pénétrer. Coloré, psychédélique, géométrique et empli de courbes, cet univers hypnotise Daisy, ses amies et le lecteur. Entre dessins très 70’s, culture indienne ou amérindienne, Jesse Jacobs dévoile de sublimes planches. Ce jardin d’Eden arc-en-ciel est contrebalancé par un univers en monochromie (noir et blanc) qui représente le réel. Les idées noires et solitaires de Daisy dans la vraie vie est éclatant et joyeux dans la machine à laver. Ainsi Sous la maison parle aussi de solitude, d’adolescence et d’un « ailleurs meilleur » qui réconforte et protège.

On peut aussi voir dans Sous la maison un message écologiste. Ce lieu pur avec des créatures chatoyantes est mis à mal et détruit par les Hommes. Comme si l’on devait faire attention aux lieux préservés.

Cette histoire a été récompensée par le Doug Wright du meilleur album au Canada et nommé aux Eisner Awards cette année.

  • Sous la maison
  • Auteur : Jesse Jacobs
  • Editeur : Tanibis
  • Prix : 18€
  • Parution : 19 septembre 2018
  • IBAN : 9782848410456

Résumé de l’éditeur : La voie de l’éveil intérieur est longue et délicate. Sauf si l’on trouve un raccourci dans son sous-sol, via une machine à laver magique… C’est ce qui arrive à Daisy, une jeune adolescente nouvellement arrivée dans son lycée et qui a du mal à se faire des amis. Une dimension supérieure, pleine de vibrations étranges et de sensations bizarres, habituellement cachée et uniquement accessible aux esprits éclairés, devient son terrain de jeux sacré. Mais la pureté et l’innocence n’ayant qu’un temps, ce jardin d’Eden sera rapidement envahi et profané par d’autres, moins sensibles à sa fragilité. En 96 pages, Jesse Jacobs nous raconte cette fable new age de paradis perdu et d’enfants plus tout à fait innocents avec un dessin faussement naïf et une approche détonante des couleurs, opposant la monochromie de la réalité suburbaine subie par les personnages à la palette acidulée du monde artificiel dans lequel ils se réfugient. Comme dans ses autres ouvrages publiés chez Tanibis, les pages purement narratives sont entrecoupées de séquences fantasmagoriques dans lesquelles Jacobs, mêlant régularité géométrique et imagination psychédélique, donne à voir les créatures et les sensations indicibles qui peuplent cet espace secret. Sous la maison, initialement publié au Canada par Koyama Press, est le troisième roman graphique de Jesse Jacobs.

In-humus

Voyage visuel dépaysant, In-humus est un étonnant album de science-fiction signé Linnea Sterte aux éditions de la Cerise.

Sur une planète quasi désertique, une baleine s’échoue et meurt. Sa lente décomposition apporte « une abondance soudaine de viande ». Des êtres humains entrent à l’intérieur pour y récupérer son cœur et de la chair. Pendant ce temps, des insectes et des animaux en profitent aussi. En explorant son être intérieur, un homme découvre dans un cloaque, sa « pilote »…

Surprenant récit de science-fiction In humus raconte la puissance de la nature sur les Hommes; celle qui nourrit pour la nourriture de l’autre. « Rien ne se perd, tout se transforme » disait Lavoisier, c’est ainsi qu’un corps en décomposition permet d’apporter l’énergie aux vivants.

Inscrit dans la première liste pour le Prix Artémisia 2019, In-humus est l’œuvre de Linnea Sterte. Premier titre édité pour cette jeune autrice suédoise, il est hypnotique. Avec une économie de mots mais un festival graphique, Linnea Sterte joue sur les codes de la bande dessinée. Il n’est pas simple d’entrer dans ce récit minimaliste en tout, tant il est vif, exigeant, notamment par cette approche esthétique à la palette numérique. Il faut souligner que c’est au lecteur de combler les manques, de s’inventer l’histoire. Les formes des êtres sont aussi très surprenantes.

Cette fable de science-fiction écologique bénéficie de la vivacité et la modernité du trait de l’autrice mais aussi de la palette de couleurs pastel très réussie. Cette histoire peut nous faire penser à Moebius, mais aussi aux mondes de Léo ou encore à Beta civilisations de Jens Harder.

In-humus : le très beau cycle de la vie au cœur d’un monde d’anticipation. Surprenant !

  • In-humus
  • Autrice : Linnea Sterte
  • Editeur : Editions de la Cerise
  • Prix : 20€
  • Parution : avril 2018
  • IBAN : 9782369902577

Résumé de l’éditeur : Autour de la dépouille d’une baleine à l’agonie s’éveille à la vie un désert extraordinaire. Insectes, animaux et peuples anciens rivalisent pour la dépecer et trouvent refuge dans ses ossements, au fil des millénaires de sa putréfaction.

Hiver indien

Oh la belle surprise que voilà ! Un bel album ! La marraine de Manon est de retour de New-York pour le réveillon. Les deux musiciennes se comprennent, elles, si solitaires. Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini dévoilent Hiver indien, une très belle histoire de transmission.

Comme tous les ans, Noël est une plaie pour Manon. L’adolescente déteste au plus haut point ces dîners à rallonge où elle ne se sent pas à l’aise. Il faut dire que les deux sœurs aînées de son père – Stéphane – ne sont pas tendre avec lui, lui reprochant ses maladresses dans l’éducation de sa fille depuis qu’il l’élève seul.

Mais ces fêtes risquent d’être plus sympathiques que les autres depuis que Manon a appris que Nadia, sa marraine, serait de la partie. Musicienne reconnue internationalement, cette quinquagénaire est installée à New-York depuis plus de cinq ans. C’est la première fois qu’elle revient en France.

Néanmoins, l’adolescente est stressée. Elle sait que sa marraine va lui demander de jouer du piano. Manon est pourtant douée pour cet instrument…

Le récit de Charlotte Bousquet est à la fois tendre et poignant. Elle imagine une belle histoire de transmission entre deux êtres liés par la musique. Mal dans sa peau, tenue à l’écart par cette famille paternelle détestable, Manon a énormément de points communs avec Nadia. Seule à New-York malgré le succès et les salles remplies, elle déprime aussi depuis qu’elle connait le verdict : un mal incurable qui la fait vivre ses dernières heures. Ces deux solitudes vont se retrouver autour de la musique, vecteur de plaisir et d’amour. Elles vont s’entraider mutuellement.

Par moment bouleversant, Hiver indien bénéficie d’une partie graphique de grande qualité. Stéphanie Rubini apporte de la rondeur à ce récit fait de pics et de cassures.

Hiver indien : Très belle lecture et découverte que ce titre !

  • Hiver indien
  • Scénariste : Charlotte Bousquet
  • Dessinatrice : Stéphanie Rubini
  • Editeur : Marbout, collection Marabout
  • Prix : 15.90€
  • Parution : 22 août 2018
  • IBAN : 9782501122290

Résumé de l’éditeur : Une jeune pianiste en herbe apprend tout du milieu de la musique auprès de sa marraine qui se révélera gravement malade. Histoire de la transmission d’une passion. Une famille ordinaire, avec ses rancoeurs, ses non-dits. Jeanne et Sophie, les deux aînées, ont souffert de la préférence de leur mère pour leur frêre, Stéphane. Celuici, la quarantaine, est un peu paumé, se laisse écraser par ses aînées. Malheureusement, cela rejaillit sur sa fille Manon. L’adolescente, mal dans sa peau, est la cible favorite de ses tantes et de ses cousins, qui ne lui laissent aucune chance de trouver sa place parmi eux. L’arrivée pour le réveillon, de Nadia, marraine prodigue exilée à New-York, brise ce schéma. Nadia est une violoncelliste de renom, Manon prend des cours de piano. Entre la vieille dame et l’adolescente naît une relation singulière, presque fusionnelle, dont la musique est le médiateur. Manon, peu à peu, apprend à s’affirmer et à dépasser ses craintes. Nadia, elle, trouve en Manon un regain de vie. La musicienne a un secret : si elle est revenue en France, c’est pour faire ses adieux. Elle souffre d’une maladie incurable et il ne lui reste que peu de temps. Mais quand Nadia, victime d’un malaise, est emmenée aux urgences, Manon découvre la vérité. L’ultime cadeau de Nadia pour la jeune fille, une place pour un concert lui permettra d’accepter son départ et d’aller de l’avant.

Roucou

Alberto Montt raconte les joies et les affres du métier de dessinateur mais aussi son passé dans Roucou aux éditions Çà et là.

Auteur équatorien reconnu dans toute l’Amérique du Sud, Alberto Montt est un grand illustrateur. A travers 148 pages, il donne ses sentiments – souvent très partagés – d’auteur de dessins d’humour. De ses inspirations à partir de scènes du quotidien qu’il observe à l’organisation de ses idées, tout est là, brut, sans filtre mais empli de tendresse et d’humour. Il met aussi en scène des anecdotes de son enfance comme chez le coiffeur ou encore les colères violentes de son père, mais aussi son adoption de Jorge Proano, un cochon d’Inde. Tout cela l’a forgé, lui le grand dessinateur installé depuis des années au Chili.

Le lecteur passe un bon moment de lecture avec Alberto Montt, les pages défilent apportant des sourires et des rires. Pour son premier album publié en France, les éditions Çà et là ont eut la riche idée d’éditer un livre agréable et drôle malgré des sujets très sensibles comme la maltraitance infantile ou la mort d’un ami d’enfance.

Tout se joue sur la chute et le don de l’auteur pour des fins parfois surprenantes. A travers de courts chapitres, le lecteur perçoit tout le talent de celui qui tient un blog Dosis Diarias très fréquenté (100 000 vues par jour). Pas de phylactère mais de grandes vignettes et des couleurs éclatantes permettent de donner un rythme singulier à cet ouvrage.

Roucou : on recommande pour une lecture surprenante et originale !

  • Roucou
  • Auteur : Alberto Montt
  • Editeur : çà et là
  • Prix : 16€
  • Parution : 19 septembre 2018
  • IBAN : 9782369902577

Résumé de l’éditeur : Roucou est le premier ouvrage publié en France de l’auteur équatorien Alberto Montt. Connu pour ses dessins d’humour dans toute l’Amérique du Sud, Alberto Montt s’est livré pour la première fois à l’exercice du récit autobiographique dans Roucou, initialement édité en 2014 au Chilie puis en Argentine en 2015 par la maison d’édition de Liniers. Dans Roucou, Alberto Montt se remémore douze moments qui ont d’une façon ou d’une autre marqué sa vie, de son enfance à l’âge adulte ; son premier amour, un accident de coiffure à huit ans, la mort d’un ami… Sa longue pratique du dessin d’humour (noir) se retrouve dans le rythme de la narration et dans le découpage, Montt maniant avec dextérité l’art de l’ellipse et de la chute qui donnent une tonalité singulière à ses histoires tragi-comiques.

Le grand banditisme

Après Crédulité et rumeurs, Naissance de la Bible et Le conflit israélo-palestinien, la Petite bédéthèque des savoirs s’enrichit d’un vingt-cinquième titre : Le grand banditisme signé Jérôme Pierrat et David B.

Comme les précédents volumes, les éditions Le Lombard – sous la direction de David Vandermeulen – ont réuni un spécialiste et un dessinateur pour raconter un sujet en bande dessinée. Pour Le grand banditisme, c’est l’historien-journaliste, auteur d’ouvrages sur la criminalité mais aussi coscénariste de la série télévisée Braquo, Jérôme Pierrat et David B., l’auteur du merveilleux L’ascension du Haut Mal ou Hâsib et la reine des serpents qui collaborent sur ce titre.

A travers 72 pages, ils font le pari de raconter une histoire de la pègre française. Culotté mais pari tenu ! Ainsi se déroule sous nos yeux, ces récits courant des années 40 aux années 70. Du Gang des tractions avant au trafic de drogue, tout y est. Braquages, cambriolages, démêlés avec la police ou la justice, prostitution, assassinats (on oublie souvent que les années 70 furent une décennie des plus meurtrières contrairement à nos jours) mais aussi le glissement des trafics cigarettes vers l’héroïne. Les malfrats se sont toujours adaptés au marché. D’ailleurs, Jérôme Pierrat l’explique, du code d’honneur et d’une certaine classe, ils passent au rendement et ne sont plus spécialistes d’un seul type d’infraction.

Etonnament, la pègre française (malgré la French Connection) n’a pas vraiment pesé sur le pays. Loin de la Cosa nostra, de la Mafia ou des Yakuzas, il n’y a pas eu de « dynasties » comme aux USA, en Italie ou au Japon. Même si certains ont frayé avec les politiques pour des malversations, cela restait « à la marge ».

L’univers graphique de David B. sied à merveille avec celui du banditisme. Son trait est idéal pour magnifier une certaine classe et les costumes de ces grands bandits.

  • La petite bédéthèque des savoirs n°25 : Le grand banditisme, une histoire de la pègre française
  • Scénariste : Jérôme Pierrat
  • Dessinateur : David B.
  • Editeur : Le Lombard
  • Parution : 14 septembre 2018
  • Prix : 10€
  • ISBN : 9782803671618

Résumé de l’éditeur : Depuis la Deuxième Guerre mondiale jusqu’à nos jours, Jérôme Pierrat retrace l’histoire passionnante du Grand Banditisme. Braquages, proxénétisme, trafic de cigarettes, trafic de drogue et règlements de compte ; une plongée sombre et fascinante dans les arcanes du Milieu, où les borsalinos, les colts et les volutes de fumée prennent vie sous le magnifique trait de David B.

FRNCK, tome 4 : L’éruption

Alors que Franck laisse un message sur son portable, une éruption s’avance dans la vallée où s’est installée la tribu dans laquelle il évolue. Olivier Bocquet et Brice Cossu mettent un point final au premier cycle de FRNCK, une sympathique série Dupuis.

Alors qu’il est dans cette tribu d’hommes préhistoriques depuis déjà très longtemps, Franck veut envoyer un message aux habitants futurs via son smartphone. Malgré une batterie quasiment vide, il filme les mammouths, mais aussi la tribu ou les végétaux qui l’entoure. Il veut ainsi garder une trace. Il ne reste que quelques pourcents lorsqu’il décide de jeter son téléphone dans le lac de la grotte, l’endroit d’où il a jailli. C’est à ce moment-là qu’une irruption débute dans ce lieu, ce qui n’a pas l’air d’affoler tant que ça la tribu…

Dès le début, la série FRNCK a séduit la rédaction de Comixtrip (chroniques tome 1, tome 2 et tome 3) et la fin de ce cycle ne dément pas cet enthousiaste. Olivier Bocquet achève cette quadrilogie aussi bien qu’il l’avait entamée. L’éruption du volcan va charrier des réponses aux questions de son héros de papier. Sans la gâcher, l’on peut vous dire que la fin est surprenante.

En choisissant la période de la Préhistoire, le coscénariste de Ailefroide avec Jean-Marc Rochette peut jouer avec ses codes. En confrontant Franck – adolescent de 2018 – à une tribu, il peut aussi distendre le temps, jouer aussi avec. Le lecteur découvre que ces femmes et hommes préhistoriques ne sont pas si sauvages que cela, ils sont même plus proches que l’on peut le penser. Cette série grand public bénéficie d’un bel humour, tel qu’on pouvait le voir dans les grandes séries Spirou.

Après Rémission, Paradis perdu, Le dauphin héritier des ténèbres et Enquêtes du Misterium, Brice Cossu s’attèle à la réalisation de la partie graphique de FRNCK et il nous enchante par des planches très réussies, très propres et très efficaces. Son trait moderne et vivant est idéal pour restituer l’ambiance joyeuse et loufoque de la série.

FRNCK 4 : une fin étonnante d’une série sympathique et grand public ! On lit !!!

  • FRNCK, tome 4 : L’éruption
  • Scénariste : Olivier Bocquet
  • Dessinateur : Brice Cossu
  • Coloriste : Yoann Guillo
  • Editeur : Dupuis
  • Parution : 17 août 2018
  • Prix : 10.95€
  • ISBN : 9782800173290

Résumé de l’éditeur :  Adopté par une tribu d’Homo sapiens, Franck commence à trouver le temps long… et à douter qu’il reviendra un jour au XXIe siècle. Il décide donc de laisser un message à destination des générations futures en filmant avec son smartphone la vie, les personnages, la faune et la flore qu’il croise quotidiennement. Puis il jette son téléphone dans le lac par lequel il est arrivé, en espérant qu’il fera le chemin inverse et qu’on viendra à son secours. Mais quand le volcan au pied duquel la tribu est installée entre en éruption, Franck va devoir jouer au héros pour aller chercher le bébé de Grrd er Brbr dans un déluge de feu et de lave. Au bout du compte, il retrouvera Gargouille… mais également la réponse à ses questions dans une fin de cycle époustouflante mais néanmoins totalement logique !

Sixtine, tome 2

En passe d’être expulsées de leur maison, Sixtine et sa mère font les cartons et le moral n’est pas au beau fixe. Alors qu’elle veut toujours connaître ses racines, la jeune adolescente est menacée par une mystérieuse ombre. Frédéric Maupomé et Aude Soleilhac dévoilent le deuxième tome de Sixtine, une série vraiment au top !

Depuis le décès de François – le père – la famille Vernon a beaucoup de difficultés financières. La mère de Sixtine n’arrive pas à combler les dettes et les huissiers ont procédé à la saisie de la maison. Les cartons s’accumulent avec les souvenirs qu’ils charrient comme celui que prend l’adolescente pour en savoir plus sur le passé de son papa.

Elle découvre avec étonnement un livre Ma vie avec les fantômes qui le fascine. Malgré les réticences de ses pères-fantômes, elle est heureuse d’en apprendre plus sur les spectres.

Martin, son ami, lui sert même de porte-monnaie pour aller acheter des livres sur le sujet dans une boutique spécialisée. Elle rencontre le propriétaire et mieux elle voit un autre fantôme dans cette librairie. La pile des bouquins est importante, de quoi assouvir la soif de connaissance de Sixtine ?

Alors que le premier volet de Sixtine nous avait emballé et charmé, ce deuxième tome est tout aussi prenant ! Le récit de Frédéric Maupomé est intelligent parce qu’il utilise à bon escient l’écrin du fantastique pour parler de sujets contemporains. Comme avec Supers, il imagine une histoire autour de l’adolescence et de ses affres (la construction de la personnalité, l’affirmation de soi, le regard des autres, les premiers émois). En choisissant une héroïne, il peut amplifier ces thématiques. Positive, pas très studieuse, sportive et ne se laissant jamais marcher sur les pieds (elle peut se battre pour défendre l’honneur de sa mère), Sixtine est une adolescente moderne et vivante. Elle n’a que faire de son apparence et ne cultive pas ses différences. Elle est comme elle est, point !

En véritable quête de ses racines – son père est décédé – elle peut compter sur un trio de fantôme un peu crétins mais tellement humains pour la faire avancer dans la vie. Ils sont la figure paternelle qu’elle n’a pas, protecteurs et anges-gardiens.

Aude Soleilhac présente d’ailleurs Sixtine comme « une adolescente qui a grandi sans son père, avec sa mère et qui a été «élevée» par trois fantômes de pirates, qui sont un peu crétins (rires). Par eux, elle a hérité de ce côté un peu casse-cou. Ce n’est pas quelqu’un qui est dans la norme – j’aime beaucoup cela – elle est androgyne et pour elle, l’apparence cela n’est pas important.

Elle a surtout beaucoup moins peur que la plupart des adolescents de son âge, elle se moque du «qu’en-dira-t-on», cela ne la dessert pas d’être à part. Elle est positive mais possède aussi ce charme de la naïveté. Elle est accompagnée par des amis qui eux ont bien les pieds sur terre. » (interview pour Comixtrip le 23/08/17).

Elle peut aussi compter sa mère aimante. L’intelligence du récit du scénariste de Anuki réside aussi dans la précarité dans laquelle la famille Vernon se trouve. Comme Philippine Lomar habitant avec sa mère sourde dans une HLM de Amiens ou le trio de Supers caché par des SDF, Sixtine et sa mère font face à un fléau très présent de nos jours, celui de la pauvreté. Rarement mis en avant dans les bandes dessinées jeunesse, il faut souligner que ce sujet est toujours abordé de façon pudique et optimisme par Frédéric Maupomé. D’ailleurs, l’adolescente le dit très bien : « Je m’en fiche qu’on soit pauvres. Je suis juste contente qu’on ne quitte pas notre maison ». Un moment fort et poignant !

Comme nous le confiait le scénariste à Saint-Malo en octobre dernier dans un entretien : « Je trouve que ce qu’a apporté Aude à Sixtine, c’est très beau. Elle n’est pas super jolie et plutôt androgyne. Elle l’a fait évoluer dans le bon sens. Elle avait complètement raison quand elle m’a fait voir ses recherches. » Et on ne peut qu’être d’accord avec lui. Sixtine ce sont deux très beaux albums !

Si les dialogues sont souvent drôles, Aude Soleilhac apporte aussi son lot d’humour par un dessin tout en rondeur, notamment à travers les trois pirates fantômes. Cette aventure pertinente et accrocheuse bénéficie de tout le talent graphique de l’autrice angoumoisine. On apprécie aussi  la grande expressivité dans le visage des protagonistes.

Sixtine : c’est moderne, vivant, intelligent, drôle, tendre, fantastique et beau ! On adopte toutes et tous Sixtine !

  • Sixtine, tome 2 : Le chien des ombres
  • Scénariste : Frédéric Maupomé
  • Dessinatrice : Aude Soleilhac
  • Editeur : La Gouttière
  • Prix : 13.70€
  • Parution : 28 septembre 2018
  • ISBN: 9791092111781

Résumé de l’album :  En pleine préparation de cartons pour le futur déménagement, Sixtine tombe sur une boîte ayant appartenu à son père, contenant plein de vieux films, de vieux romans et de souvenirs. La jeune fille est notamment attirée par un livre s’intitulant « Ma vie avec les fantômes » et passe sa nuit à le dévorer. Ses trois amis-pirates Igor, Archembeau et Tranche-Trogne ne sont pas loin et ne voient pas cette découverte d’un très bon œil. Serait-ce (de nouveau) le début des ennuis pour Sixtine ? Ou va-t-elle enfin en apprendre davantage sur ses origines ?