Pif Gadget, 50 ans d’humour, d’aventure et de BD

A l’occasion des 50 ans de Pif gadget, les éditions Hors Collection publient Pif gadget, 50 ans d’humour, d’aventure et de BD signé Christophe Quillien.

Après Valérian le guide des mille planète (Dargaud), Christophe Quillien propose ce sympathique ouvrage très documenté de 272 pages.

Composé de 12 grands chapitres, Pif gadget, 50 ans d’humour, d’aventure et de BD dévoile les coulisses de la création des séries cultes de l’hebdomadaire qui paraîtra entre 1969 et 1993.

  • Pif le chien. A tout seigneur, tout honneur. Six pages consacrées au personnage créé par José Carbrero Arnal.
  • Les justiciers avec notamment le célèbre Docteur Justice ou encore une belle version de Robin des bois
  • Les drôles de bêtes avec les stars du journal comme Gai Luron, Placid & Muzo, Pifou, La jungle en folie ou Ayak
  • Un peu plus à l’ouest et les séries western comme Teddy Tedd et Capitaine Apache
  • Bandes de gosses et notamment Totoche de Tabary, Les As de Greg ou Marine de Corteggiani et Tranchand.
  • L’aventure c’est l’aventure : De Bob Mallard à Cogan, en passant par Jérémie ou Corto Maltese, ces aventuriers qui ouvraient des horizons nouveaux aux jeunes lecteurs
  • Prodigieux, inouï, fantastiques, toutes les séries mettant en scène le surnaturel et la magie comme Le concombre masqué, Arthur le fantôme, Cythère ou Les Rigolus et les Tristus.
  • Histoire, histoires : Rahan la star, Masquerouge qui préfigure les 7 vies de l’épervier ou Yvain le chevalier.
  • Les lendemains qui chantent avec les séries de science-fiction : Les Robinson de la Terre ou Les pionniers de l’espérance

Enfin trois chapitres sont consacrés aux fameux gadgets (pois sauteurs, pifises ou sapin), aux jeux et aux années Pif.

Pif gadget, 50 ans d’humour, d’aventure et de BD : De l’aventure, de l’Histoire, de la science-fiction, de l’humour (le journal fut une vraie pépinière pour une nouvelle génération d’auteurs), mais surtout le gadget. Le bonheur pour des millions d’enfants !

  • Pif gadget, 50 ans d’humour, d’aventures et de BD
  • Auteur : Christophe Quillien
  • Editeur : Hors Collectif
  • Parution : 18 octobre 2018
  • Prix : 29€
  • ISBN : 9782258152601

Résumé de l’éditeur : Créé en février 1969, sucesseur de Vaillant, Le Journal de Pif est rapidement devenu un véritable phénomène de presse grâce à ses récits complets d’une part (et non des feuilletons comme on pouvait en lire à l’époque dans les journaux concurrents, Pilote, Tintin, Spirou, Le Journal de Mickey, qui cherchaient à fidéliser les lecteurs) et à ses gadgets d’autre part. Les séries étaient extrêmement variées, allant de l’aventure animalière en couleur (Pif, Placid et Muzo, Pifou), au récit historique de style réaliste en noir et blanc (Rahan, fils des âges farouches ; Docteur Justice ; Corto Maltese ; Teddy Ted, le « cow-boy aux yeux clairs » ; Les Pionniers de l’Espérance ; Ragnar le viking…) en passant par l’humour plus adulte comme Gai-Luron ou Corinne et Jeannot. Le jeune lecteur trouvait également chaque semaine une quinzaine de pages de jeux comprenant des tests, des mots croisés, des énigmes… Le gadget était bien évidemment « la cerise sur le gâteau », LE concept marketing absolument génial. Chaque semaine, l’équipe de rédaction devait trouver un objet, un jouet ou un jeu qui plaise autant aux garçons qu’aux filles et qui soit facile à assembler. Certains ont plus marqué les mémoires que d’autres : les pois sauteurs du Mexique, les Pifitos, ou la poudre de vie, les Pifises, atteindront des records de vente, plus d’un million d’exemplaires vendus ! Tabary (Corinne et Jeannot, Totoche), Gotlib (Gai-Luron), Greg (Les As), Mandryka (Le Concombre masqué, Ailleurs), Mordillo, Osvaldo Cavandoli (La Linea), Kamb (Couik, Dicentim), Turk (Léonard), Nicolaou (Placid et Muzo), Pratt (Corto Maltese), tous sont devenus par la suite des grands noms de la bande dessinée. Christophe Quillien revient en détails et en images sur cette sage passionnante, sur l’histoire de ce magazine qui a fait le bonheur de plusieurs générations.

L’épouse yéménite

Lorsqu’une journaliste nous raconte le Yémen, celui qu’elle aime, loin d’Al Qaïda, des émeutes et des enlèvements, cela donne L’épouse yéménite, un bel album témoignage de Laure Silvia Battaglia et Poala Cannatella.

Laura est journaliste et documentariste. Depuis 2015, il n’y a pas une journée où elle ne pense pas au Yémen et sa situation explosive. Elle prend régulièrement des nouvelles de ses amis ou de Almigdad son fixeur (accompagnateur, traducteur et facilitateur dans des régions de conflits). Elle se rappelle alors 2012 et le mariage yéménite d’une amie, un rite qui dure trois jours…

A travers cette cérémonie, Laura Silvia Battaglia témoigne de sa vision du Yémen, celui de la Reine de Saba, un pays cher à Pasolini. Si les tensions sont déjà palpables en 2012, le Yémen semblait encore loin des émeutes de 2015. Entre l’Occident qui livre des armes (comme la France) ou l’Orient avec Al-Qaïda qui veut faire régner la terreur, le pays est toujours actuellement à feu et à sang.

Le quotidien d’habitants lambda est mis en lumière dans ce bel album. Si cela peut paraître parfois très tendu, il y a souvent des rires dans le récit. L’on y découvre les conditions des femmes très strictes mais qui, lorsqu’elles sont ensemble sont comme de nombreuses femmes dans le monde : enjouées, souriantes et voulant plus de liberté.

Paola Cannatella livre une partie graphique singulière. Ses personnages arborent des têtes un peu disproportionnées sur de plus petits corps.

  • L’épouse yéménite
  • Scénariste : Laura Silvia Battaglia
  • Dessinatrice : Paola Cannatella
  • Editeur : Des ronds dans l’o
  • Prix : 18€
  • Sortie : 14 novembre 2018

Résumé de l’éditeur : Le Yémen est connu pour être le fer de lance du terrorisme d’Al-Qaïda et des enlèvements de touristes étrangers. Mais c’est aussi le pays qui a été le berceau de la reine de Saba, qui a tellement apaisé Pasolini et l’a amené à tourner ses films historiques sur cette terre. La journaliste Laura Silvia Battaglia nous raconte le Yémen à la première personne, à travers la vie de petites communautés locales, dans de petits gestes quotidiens qui vont au-delà des préjugés et des barrières.

La congrégation

La religion protestante rigoriste est très prégnante en Suède. Thomas Olsson raconte son enfance dans ce milieu rigide et fermé dans La congrégation, un album L’Agrume.

Tout commence par un sermon passéiste et très offensif d’un pasteur devant une salle comble. Parmi les fidèles, il y a Tommy, un jeune adolescent très à cheval sur la religion. Vivant avec ses parents fervents pratiquants, il ne manque aucune prière quotidienne ni ses trois messes hebdomadaires à l’église. Son rêve : devenir prédicateur, comme son modèle à la tribune.

Si les moqueries sont fréquentes de la part de ses camarades de sa classe ou ses amis, rien ne le détourne du chemin de la foi. Pourtant, ses rencontres adolescentes vont le faire douter…

Comme certaines bandes dessinées de Ville Ranta ou Anneli Furmark, ce récit de Thomas Olsson nous plonge dans un univers rigoriste, ultra-protestant de premier plan. Ce puritanisme poussé à l’excès plait toujours autant de nos jours. Patriarcat et domination masculine, tout est là par et pour Dieu.

Ce beau témoignage autobiographique met en lumière les doutes et le cheminement zigzaguant de l’auteur suédois. S’éloignant timidement et par petits pas de la religion, Thomas Olsson s’en détache sans heurt ni drame. Comme le profane et la vraie vie qui prennent le pas sur l’irréel et le spirituel. Son trait cartoonesque proche des américains apaise apaise le propos, atténue les conflit pour mieux happer le lecteur.

  • La congrégation
  • Auteur : Thomas Olsson
  • Editeur : L’Agrume
  • Parution : 29 août 2018
  • Prix : 22€
  • ISBN : 9791090743762

Résumé de l’éditeur : Les semaines de Tommy sont rythmées par les réunions de l’église. Au sein de la congrégation dans laquelle sa famille est très impliquée, il est bien entouré et il sait que pour accéder au Paradis, il suffit d’appliquer les règles de Dieu. S’il ne le fait pas, le jour de l’Armageddon (le jugement dernier), il finira en enfer. Pendant son temps libre, Tommy accompagne souvent le Frère Dahlman faire du porte-à-porte pour informer les gens et les encourager à se tourner vers la rédemption. À l’école, Tommy subit la violence de certains élèves, mais rien se saurait ébranler sa foi. Pourtant, avec l’adolescence, il accorde de moins de temps au prêche. Avec d’autres jeunes de son église, il monte un groupe de rock et adopte un comportement subversif qui déplaît aux membres de la congrégation…

Mystery : passé décomposé

Notre avis : Sympathique, super et audacieux, le héros Mystery est une vraie cure de jeunesse pour la culture super-héroïque.

Chicago en 1942, Jerry Jingle, le « monsieur météo » d’un journal local, décide de sauter le pas. Il veut avouer à Margot Muffin sa véritable nature, celle de son alter ego, le super-héros Mystery. Alors qu’il s’apprête à le faire, une version de Mystery venue du futur l’en empêche et va l’entraîner dans une histoire où il lui faut, une fois de plus, sauver le monde, mais aussi la réalité. L’occasion pour ce super-héros aux origines mystérieuses de lever le voile sur l’apparition de ses super-pouvoirs dont il ignore tout.

Mystery : passé décomposé, une véritable plongée grave-mmaticale et pleine de paradoxes temporels dans les origines de ce super héros drôle, enthousiaste, incroyable mais aussi très rafraichissant. Un album à découvrir aux éditions Makaka (HVK, Remous dans le bayou).

  • Mystery : Passé décomposé
  • Auteurs : Stivo & Ced
  • Editeur : Makaka éditions
  • Parution : 7 septembre 2018
  • Prix : 17 €
  • ISBN : 9782367960975

Résumé de l’éditeur : Chicago, 1942. C’est décidé ! Jerry veut percer le mystère qui entoure l’origine de ses super-pouvoirs. Mais il ne sera pas seul dans cette quête… Il lui faudra défier son pire ennemi, combattre une créature quantique, faire équipe avec deux versions de lui-même et voyager dans le temps. Bref, la routine pour Mystery !

Battle Game in 5 seconds : un shônen d’action à ne pas manquer

Notre avis : Épique, bouleversant, haletant et revigorant, le tout nouveau shônen d’action Battle Game in 5 seconds va vous étonner.

Jeune lycéen passionné de jeux vidéo, Akira se retrouve dans un combat en pleine rue lors d’une journée normale. Ne pouvant compter que sur lui-même et son intelligence hors du commun, il parvient à terrasser son adversaire bien plus fort que lui. Ce combat n’est malheureusement que le premier d’une longue série, menant Akira tout droit dans les griffes d’une mystérieuse organisation s’amusant à faire combattre des cobayes d’expériences rayés de toute trace de passage sur Terre. Muni de son expérience des jeux vidéo, avec notamment son grand esprit de stratège, son obstination déroutante et son intelligence à faire pâlir de grands esprits, Akira va tout faire pour enrayer la menace.

Cette série est un énorme succès au Japon avec 800 000 exemplaires écoulés en peu de temps. Ce shônen d’action, mêlant stratégie, amitié et conspiration promet d’être un véritable monument de l’univers du manga. Battle Game in 5 seconds s’inscrit dans la lignée des Battle Royale, ressortis récemment chez Soleil Manga, assurant ainsi la relève et un univers plus moderne que la légende. À découvrir aux éditions Doki Doki.

  • Battle Game in 5 seconds tome 1
  • Scénariste : Harawata Saizou
  • Dessinateur : Kashiwa Miyako
  • Éditeur : Doki Doki
  • Parution : 3 octobre 2018
  • Prix : 7,50 €
  • ISBN : 9782818949702

Résumé de l’éditeur : Akira est un lycéen passionné de jeux vidéo tombé dans les griffes d’une mystérieuse organisation. Ses compagnons d’infortune et lui sont désormais les participants d’un jeu d’un genre nouveau. Radiés des registres de l’état civil, les voilà devenus des sujets d’expérimentations et ils vont se découvrir, chacun leur tour, des pouvoirs dévastateurs.
Akira est bien décidé à utiliser ces nouvelles facultés pour détruire l’organisation qui les retient captifs.
Ses armes : un pouvoir que personne n’attend et un sens de la stratégie hors du commun. Mais attention, pour tous les participants, le danger peut survenir à tout moment…

Orc Stain tome 1 : bienvenue chez les Orcs

Notre avis : Crétins, violents et obsédés, ces Orcs répondent bien à la norme et nous le prouve dans cet album à la fois foutraque et spectaculaire de James Stokoe, Orc Stain.

L’univers d’Orc Stain est simple. Le grand TsarOrc a décidé de rallier à sa cause toutes les tribus d’Orcs existantes afin de régner sur la Terre en seul maître mais surtout pour pouvoir mettre la main sur le Membre Divin. Ce petit bonheur risque bien d’être de courte durée, puisque un oracle lui prédit sa fin. Un Orc pas comme les autres, visiblement beaucoup moins crétin, pourrait bien mettre à mal son autorité, pire même son pouvoir. Cet Orc, que l’oracle décrit comme borgne, va faire l’objet d’une chasse épique menée par les armées les plus sanglantes de l’Histoire.

Un univers fantastique, des orcs en pagaille, une raison qui n’est plus, bref un univers à la James Stokoe, à la fois foutraque, délirant mais terriblement addictif. Plongez au cœur de ce tout nouvel album, Orc Stain aux éditions Casterman, éditeur de Negalyod et La farce des Hommes foudre.

  • Orc Stain tome 1
  • Auteur : James Stokoe
  • Éditeur : Casterman
  • Parution : 26 septembre 2018
  • Prix : 17 €
  • ISBN : 9782203166875

Résumé de l’éditeur : Le grand Orcstar a accompli ce que nul autre avant lui n’était parvenu à faire : unifier toutes les tribus d’Orcs, ce peuple brutal et dégénéré, pour régner sans partage sur la Terre et mettre enfin la main sur le Chibre Divin. Mais un oracle lui apprend qu’un mystérieux borgne pourrait bien mettre à bas son empire. Commence alors une chasse à l’orc, et le début des ennuis pour le pauvre Qu’un-Oeil…

La croisade des innocents

Voilà un album surprenant et original dans sa thématique. Chloé Cruchaudet imagine le saint périple d’enfants vers Jérusalem dans La croisade des innocents, un récit dense et intelligent.

Colas s’enfuit de chez lui après avoir provoqué la mort accidentelle de sa petite sœur Margotte. Suivant le chemin indiqué par sa noix, il se retrouve dans un ferme où des enfants sont exploités. Son salut, il le doit à Jésus qui lui serait apparu sous la glace d’un lac gelé.

Tel l’appelé du Christ, il convainc ses pauvres camarades de prendre la route vers Jérusalem pour délivrer le tombeau de Jésus des mains des Mahométans. Puisque les armes ont failli, le cœur pur des enfants sauvera la chrétienté…

Après les merveilleux Mauvais genre et La poudre d’escampette, Chloé Cruchaudet dévoile La croisade des innocents, un récit fort, poignant et intelligent. Ayant entendu parler d’un groupe d’enfants parti en croisade vers la Terre Sainte, elle lui invente un périple. Cet album à la thématique religieuse, finalement ne l’est pas tant que cela. Ces enfants  mués par une volonté commune auraient très bien pu l’être par autre chose que la religion.

Tel Bernadette Soubirous ou Fatima, Colas aurait reçu un message du Christ. C’est cette parole qui envoute ses camarades. Ah le pouvoir de la parole sur un groupe ! Mais aussi tel Rahan et son coutelas, il suit le chemin tracé par une noix céleste.

Néanmoins, la religion n’a pas le beau rôle notamment dans la soumission des femmes et des enfants aux gens d’Eglise. Le pédophilie y est déjà très développée.

Ce très joli conte met aussi en lumière la passation de la mémoire par les arts : les marionnettes et le théâtre. Les conteurs sont des passeurs d’histoire.

Ce Moyen-Age non daté permet à Chloé Cruchaudet de développer une foule de thèmes contemporains. Un grand et bel album !

  • La croisade des innocents
  • Autrice : Chloé Cruchaudet
  • Editeur : Soleil, collection Noctambule
  • Parution : 17 octobre 2018
  • Prix : 19.99€
  • ISBN : 9782302071278

Résumé de l’éditeur : Début du XIIIe siècle. Colas, douze ans, vit dans un climat de pauvreté et de terreur. Un jour où il craint la violence paternelle, il décide de s’enfuir et trouve refuge dans une brasserie parmi d’autres enfants exploités. Un soir d’hiver, Colas a une vision : Jésus lui apparaît, et lui ordonne d’aller délivrer son tombeau à Jérusalem. Avec l’aide de son ami Camille, il réussit à convaincre les autres enfants de constituer une croisade : sans adultes, sans puissant chevalier, ils arpentent les routes, persuadés que, grâce à leurs coeurs purs, rien ne pourra leur arriver…

Team Méluche

Après avoir découvert Jean-Luc Mélenchon, trois macronistes marcheurs quittent leur séminaire pour rencontrer des Insoumis. Hervé Bourhis imagine Team Méluche, un joli album très drôle chez Delcourt.

Camp En walk. Plusieurs jeunes marcheurs se réunissent dans un somptueux château pour une semaine 3.0. Au menu : édification d’un projet en groupe.

Parmi ces marcronistes, il y a Marie-Tajine, Ghislain et Luc-Cinpa. Ils cherchent pendant  la nuit un projet à mener. En surfant sur le net, ils découvrent alors la France Insoumise et son leader charismatique quasi christique Jean-Luc Mélenchon. Ils décident d’échafauder le projet d’intégrer le mélenchonisme dans la start-up nation, une fusion marcheurs-insoumis. En entrant dans la forêt voisine, ils découvrent une ZAD avec de jeunes gauchistes…

Après Poisson Pilote et Shampooing, les éditions Delcourt veulent redynamiser leur catalogue dans le genre humour. Pour cela, les dirigeants de la maison d’édition ont confié cette mission à James (Amour, passion et CX diesel, Dieu point zéro) pour créer une nouvelle collection, Pataquès.

Au menu pour les premières publications : Guerse et Terreur Graphique (Pan ! T’es mort !), Raphaël B (Medley), Marc Dubuisson (Amour, djiah et RTT), Guerse et Pichelin (Les aventuriers du Mékong) et donc Hervé Bourhis et son Team Méluche.

Pour cet album, l’auteur de Naguère les étoiles et du Petit livre de la bande dessinée joue avec la politique et cela fait un bien fou ! Très drôle, ce pastiche tourne gentiment en ridicule les fans de Jean-Luc Mélenchon et ceux de Emmanuel Mancron, ainsi que leurs discours. Les deux camps étant irréconciliables. Entre la start-up nation libérale et la gauche radical 6e République, cette belle parodie fait beaucoup rire. Le trio un peu niait et qui ne connait finalement que très peu la politique, accumule les clichés et les situations cocasses.

Team Méluche : vive la tarte-up nation !!!

  • Team Méluche
  • Auteur : Hervé Bourhis
  • Editeur : Delcourt, collection Pataquès
  • Parution : 29 août 2018
  • Prix : 12€
  • ISBN : 9782413009238

Résumé de l’éditeur : Dans une ambiance de co-working à la campagne, de jeunes étudiants vont brainstormer en mini-teams de trois pour trouver des concepts novateurs au service de leur champion, « Prez Macron ». Marie-Tajine, Ghislain et Luc-Cinpa, après avoir découvert Mélenchon sur Internet, montent une Team Méluche pour synergiser les Insoumis avec les walkers, une sorte de fusion-acquisition pour « uberiser le chavisme ».

Voyages en Egypte et en Nubie de Giambattista Belzoni

Après un premier volume enchanteur, Grégory Jarry, Nicole Augereau et Lucie Castel poursuivent les Voyages en Egypte et en Nubie de Giambattista Belzoni par un deuxième volume réussi aux éditions FLBLB !

Sarah Belzoni est furieuse : elle ne peut pas suivre Giambattista son mari dans son nouveau voyage. Son problème d’ophtalmie doit la faire renoncer.

En attendant d’embarquer, le pionnier en égyptologie visite son nouveau navire très bien apprêté par Beechley. Si la tente berbère installée sur le pont est du plus bel effet, cela est contrarié par Baghos qui ne veut plus être le traducteur de Belzoni. A sa place, il hérite de Hassan peu amène sur les traductions et peu baratineur…

Série intelligente et drôle, le premier tome de Voyages en Egypte et en Nubie de Giambattista Belzoni fut nommée en sélection officielle à Angoulême en janvier 2018. Comme le précédent volume, le lecteur se prend d’affection et d’empathie pour Giambattista, véritable inventeur de l’égyptologie. Il faut souligner que sa vie est un vrai roman  avec des situations souvent inextricables, de la passion et de fabuleuses découvertes. Les petits arrangements avec les autorités locales mais aussi les rivalités entre les des grandes puissances coloniales (France et Angleterre) apportent aussi leur lot d’humour. Le scénario de Grégory Jarry, associé à Nicole Augereau pour les carnets de l’égyptologue, est truffé de moments de grâce et très drôle. Si on y ajoute le dessin de Lucie Castel, on obtient l’une des plus belles séries d’aventure historique de ces deux dernières années.

  • Voyages en Egypte et en Nubie de Giambattista Belzoni, deuxième voyage
  • Scénaristes : Grégory Jarry et Nicole Augereau
  • Dessinatrice : Lucie Castel
  • Editeur : Flblb
  • Prix : 20€
  • Sortie : 20 septembre 2018

Résumé de l’éditeur : Après avoir ramené à Alexandrie la tête de Ramsès II, Giambattista Belzoni retourne en Nubie pour terminer les travaux de désensablement du temple d’Abou Simbel et, peut-être, avoir la chance d’y pénétrer. Mais sa rivalité avec le consul de France Bernardino Drovetti tourne à la guerre ouverte… Pendant ce temps, Sarah Belzoni entreprend un grand voyage à Jérusalem, accompagnée de son serviteur James. Adaptation en bande dessinée du journal d’un géant de 2 mètres que rien ne prédisposait à devenir le pionnier de l’égyptologie. Comme dans le 1er tome (sélection officielle FIBD 2018), Grégory Jarry adapte le journal de Giambattista Belzoni, Nicole Augereau celui de Sarah, et Lucie Castel dessine le tout sur fond de gravures d’époque.

Le plus long des chemins

Méditer n’est pas un exercice de tout repos. Huang en perd la notion du temps et de l’espace lorsqu’il s’y penche. Nicolas Arispe imagine son trajet retour dans Le plus long des chemins, un album Le Tripode.

Jeune renard, Huang Liu commence à méditer au cœur de la forêt. Il ne se rend pas compte du temps qui passe ni du chemin pour revenir chez son maître. Alors qu’il est touché par la grâce, il tente d’aller avertir ses pairs mais ne sait plus comment retrouver son chemin.

Après Le Livre & La Mère et la Mort/Le départ, les éditions Le Tripode poursuivent la publication de l’œuvre de l’argentin Nicolas Arispe. Si les deux précédents ouvrages étaient destinés aux ado-adultes, Le plus long des chemins est un album jeunesse.

Ce livre met en lumière la méditation, le bien-être, les connections avec la nature, la transmission et le temps qui passe. Très (trop ?) court, il convient aux plus jeunes, notamment par son ambiance japonisante (les décors, les animaux et le bouddhisme).

Nicolas Arispe a imaginé ce magnifique album illustré après avoir vécu une expérience avec la communauté asiatique de Buenos Aires. Comme les deux autres ouvrages, nous sommes envoutés par le dessin en noir et blanc de l’auteur argentin. Une très belle élégance du trait par une multiplication des hachures bien senties.

Le plus long des chemins : encore un album fascinant et hypnotique de Nicolas Arispe. Somptueux !

  • Le plus long des chemins
  • Auteur : Nicolas Arispe
  • Editeur : Le Tripode
  • Parution : 18 octobre 2018
  • Prix : 13€
  • ISBN : 978-2370551832

Résumé de l’éditeur : Huang Liu est un jeune renard décidé à apprendre la sagesse intérieure et comprendre les secrets de l’univers. Parti méditer au cœur de la forêt et dans la plus profonde solitude, loin de la demeure de son maître, les saisons passèrent. Un jour, il pensa avoir atteint l’illumination. Il s’en alla retrouver le maître. Tout au long de son voyage, Huang Liu aurait pu profiter de paysages merveilleux et de mille aventures qui se présentaient à lui. Mais Huang Liu était bien pressé d’annoncer la nouvelle au maître… Mais le maître avait une dernière leçon pour son disciple …

L’invitation

Comment appréhender une invitation à un anniversaire lorsque l’on est partagé entre excitation et honte ? Loïc Dauvillier, Monia Lyorit et Sess imaginent L’invitation, un très joli album jeunesse aux éditions Frimousse.

Tom est partagé entre joie et répulsion : il vient d’être invité à l’anniversaire de Gwen, le plus cool des garçons de l’école. « Je ne veux pas aller à l’anniversaire de Gwen », écrit-il dans son journal de bord. Il prévient alors son ami qu’il a un rendez-vous chez « l’ostréiculteur » avec sa maman et qu’il ne pourra pas venir…

Affronter ses peurs, ne pas être ridicule aux yeux des autres et cacher la vérité à ses proches, voilà quelques unes des thématiques de L’invitation. Loïc Dauvillier et Monia  Lyorit les développent dans un sympathique album BD jeunesse. Alors qu’il trépigne d’envie d’y aller, il ne peut pas franchir le cap. Sans dévoiler la raison, l’on peut aisément comprendre les doutes qui s’installent dans la tête du petit garçon. Le scénariste de Myrmidon & Monsieur Lapin et sa collègue n’accablent en rien le pauvre Tom; leur récit est plutôt extrêmement positif.

L’on découvre une maîtresse attentive aux maux des élèves, une maman compréhensive et un père un peu renfrogné. En discutant avec leur fils, les parents le réconfortent, le poussent à franchir l’obstacle et donc à grandir.

Au dessin, on a plaisir à retrouver Sess, l’auteur de Tess (avec Christine Nauman-Villemin). Son trait tout en rondeur convient idéalement à ce style d’histoires pour jeunes lecteurs. Il joue avec les grands yeux et les bouches de ses personnages pour apporter énormément d’expressivité. Comme il nous l’avait confié lors d’une interview pour la sortie de son précédent ouvrage : « Ce que j’aime dessiner c’est le quotidien de gens ordinaires comme Marc Boutavant, Larcenet ou Trondheim ».

  • L’invitation
  • Scénaristes : Monia Lyorit et Loïc Dauvillier
  • Dessinateur : Sess
  • Editeur : Frimousse
  • Prix : 14€
  • Sortie : 04 octobre 2018

Résumé de l’éditeur : Gwen m’a invité ! Waouh ! Etre invité à son anniversaire c’est comme monter dans le vaisseau de Chewbacca. C’est l’endroit où tout le monde veut être. Et j’y serai ! Mais en ouvrant l’enveloppe, je perds pieds, j’ai mal au coeur. J’ai chaud, j’ai froid… « Je t’invite à venir fêter mon anniversaire. J’espère que tu es libre samedi 2 juin à partir de 14h00. Gwen. Ps : Et surtout, n’oublie pas ton maillot de bain ». Je ne vais pas y aller. Je suis si déçu. Mais impossible de faire autrement. Tout le monde va se moquer de moi. Une seule solution. PLAN B ! À moins que…

Renaissance, tome 1 : Les déracinés

Lorsque des extra-terrestres interviennent sur Terre pour tenter des sauver l’Humanité, cela donne Renaissance, une excellente série de science-fiction de Fred Duval, Fred Blanchard et Emem.

Paris 2084. La Seine a débordé et les Parisiens ont les pieds dans l’eau. Cette montée des eaux est due au réchauffement climatique. La dame de fer sert d’ailleurs d’habitation à plusieurs citoyens de la capitale. Hélène, Luc et leur fils décident de quitter les lieux tant qu’il est encore possible pour rejoindre leur famille à la montagne. Mais leur plan est contrecarré par la mise en quarantaine de la Tour Eiffel à cause d’une grippe.

Du côté du Texas, ce n’est guère mieux, de gigantesques incendies se propagent. Pire, des extra-terrestres arrivent sur les lieux. Qui sont-ils ? Pourquoi sont-ils là ? Parmi eux, il y a Swänn, chasseur intelligent et aguerri, envoyé sur notre planète pour sauver l’Humanité…

Cela faisait vraiment longtemps que nous n’avions pas lu une si bonne histoire de science-fiction ! Il faut dire que le scénario est concocté aux petits soins par Fred Duval, un des tous meilleurs conteurs dans ce genre littéraire. L’avantage de la science-fiction c’est qu’avec ce style de récits, on peut mettre en lumières les errements de nos sociétés sous couvert d’anticipation ou de planètes explorées.

Ainsi avec Renaissance, l’auteur de Golden City et de Carmen McCallum peut pointer du doigt les agissements des hommes sur la nature. En imaginant le monde dans un avenir très proche (66 ans), il peut alerter sur les changements climatiques liés au dérèglements météorologiques. C’est cette fuite en avant qu’il fustige avec intelligence. En choisissant 2084, il fait aussi référence à 1984 de George Orwell.

Cette fois-ci, il inverse les rôles de belle manière : ce sont les extra-terrestres qui viennent aider les humains. Autant si ce n’est plus évolués que nous, ils tentent d’apporter leurs savoirs sur la faune, la flore et les interconnexions avec elles.

Si le scénario est très bon, le lecteur est aussi charmé par la partie graphique de Emem. D’après les designs de Fred Blanchard, il réalise de très belles planches. Ses décors naturels sur la planète Nakan et ses extra-terrestres sont vraiment bons, dans la veine des personnages de Philippe Buchet sur Sillage. Les vaisseaux noirs des hommes en vert sont formidables !

  • Renaissance, tome 1 : les déracinés
  • Scénariste : Fred Duval
  • Design : Fred Blanchard
  • Dessinateur : Emem
  • Editeur : Dargaud
  • Prix : 14€
  • Sortie : 05 octobre 2018

Résumé de l’éditeur : 095, les pires scénarios prédisant la funeste destinée de la Terre se sont réalisés. La Fédération des Intelligences Mammifères décide d’engager une intervention sur cette planète en voie d’extinction. Swänn, jeune extraterrestre droit et ouvert, se porte volontaire. Originaire d’une planète apparaissant comme une version réussie de notre monde, il souhaite contribuer à pacifier la Terre et empêcher son anéantissement. Sa rencontre avec Liz, au Texas, marque le début du choc des deux mondes?