Bad Ass Kitty Kitty Kill Kill

Notre avis : Le comics à la française débarque dans un nouveau tome toujours aussi pétillant et détonnant : Bad Ass Kitty Kitty Kill Kill

On vous a déjà parlé de Jack Parks alias Dead-End. Ce mercenaire a une chance incroyable, ce qui est d’ailleurs comparable à un super-pouvoir. Dans cet album, il est confronté à une nouvelle ennemie ou plutôt rivale, la super vilaine Amadeus Kitty. Ils sont tout deux à la recherche d’un vieux grimoire dans le musée d’Histoire naturelle de Los Angeles. Kitty est la première sur place, mais elle va être confrontée à une autre concurrence, les New Masters Of Crime. Même avec la pseudo-aide de Jack, cela s’annonce très serré pour Kitty, surtout que l’on va de surprises en surprises…

Bad Ass Kitty Kitty Kill Kill est un album très sympathique, pas vraiment tout public, mais terriblement amusant, divertissant et surtout 100% français.

Herik Hanna a publié l’Héritage du Kaiser ou encore La Grande Evasion. Il collabore avec Julien Motteler pour cet album, un auteur totalement autodidacte qui est dessinateur de la série Arkeod et du 5ème tome de Détectives.

Une bande dessinée à emporter avec vous sur la plage, à la montagne ou sur un autre continent, aux éditions Delcourt !

  • Bad Ass Kitty Kitty Kill Kill
  • Scénariste : Herik Hanna
  • Dessinateur : Julien Motteler
  • Editeur : Delcourt Comics
  • Parution : 16 mai 2018
  • Prix : 15,50 €
  • ISBN : 9782756094922

Résumé de l’éditeur : Alors qu’elle tente de dérober un vieux grimoire, la super vilaine Amadeus Kitty se retrouve piégée face aux New Masters of Crime, une équipe de criminels bien décidée à mettre la main sur le livre avant elle.

Batman Rebirth : la guerre des rires et des énigmes

Notre avis : Une petite pause dans la saga Rebirth pour revenir aux débuts du Chevalier Noir et d’une guerre de rires et d’énigmes épique entre le Joker et le Sphynx qui est à la fois sombre et délicieuse.

On vous parle régulièrement de l’événement actuel en France de l’univers DC Comics, le fameux Rebirth. Comme tous les personnages, Batman a lui aussi droit à sa nouvelle saga. Durant les tomes précédents, Batman a combattu de nombreux ennemis. Il est également parvenu à trouver un semblant de paix dans le tome 3 en demandant la main de la belle Selina Kyle alias Catwoman. Dans ce tome 4, on les retrouve tout juste après cette demande en mariage, mais cette fois, le sombre Bruce Wayne se dévoile à sa plus ancienne amante et lui parle d’un autre temps.

Cet autre temps, c’est celui de la guerre des rires et des énigmes. Cette guerre s’est déroulée bien plus tôt, à l’époque où Batman étrennait à peine son costume de chauve-souris. Une guerre terrible entre le Joker et le Sphynx a mis a feu et à sang sa ville. Gotham est plongée dans le chaos, et il se pourrait bien que le plus grand détective du monde sombre lui aussi dans l’obscurité…

Un album captivant, terrifiant mais délicieusement attractif. Tom King nous emmène dans les plus sombres pensées d’un Joker qui n’a plus le sourire, et dans l’esprit tordu d’un Sphynx avide de vengeance. Les dessins de Mikel Janin et de Clay Mann nous font plonger dans un Gotham froid, attristé et désemparé ce qui prouve que l’album est une fine réussite. A découvrir aux éditions Urban Comics.

  • Batman Rebirth : La guerre des rires et des énigmes
  • Scénariste : Tom King
  • Dessinateurs : Mikel Janin & Clay Mann
  • Editeur : Urban Comics
  • Parution : 18 mai 2018
  • Prix : 17,50 €
  • ISBN : 979102613514

Résumé de l’éditeur : Au début de sa croisade contre le crime, durant l’An Zéro, Batman créa sans le vouloir son pire ennemi, le Joker, et rencontra sa première némésis en la personne du Sphinx, le maître des énigmes. Quelque temps plus tard, ces deux criminels décidèrent de se mener une guerre sans merci, recrutant chacun un groupe d’ennemis du Chevalier Noir. Un conflit qui poussa Batman dans ses derniers retranchements.

La maison la nuit

Joub & Nicoby invitent les jeunes lecteurs à découvrir la vie d’une famille dans sa demeure, le soir venu. La maison la nuit est un bel album édité par La Gouttière.

Une mère, un père et leur fils habitent une grande maison sur trois étages. Après le travail alors que le couple a récupéré le jeune garçon, leur vie s’anime dans la très belle demeure.

Oiseaux, chat qui dort sur le fauteuil de la chambre, fantômes ou souris malicieuses qui mangent du fromage dans la cuisine, tout est fait pour passer une bonne soirée…

Pensé, écrit et dessiné en duo par Joub & Nicoby, La maison la nuit est un étonnant et singulier album. Construit sans texte et en gaufrier de 9 cases, l’album utilise toujours la même narration, la même disposition (du grenier à la cuisine) et le même angle de vue pour chaque pièce dans les vignettes. Ainsi, le jeune lecteur peut se contenter juste de suivre un personnage ou plusieurs en même temps. Il peut imaginer à sa guise les situations ou les dialogues. La lecture est donc avant tout interactive et ludique. L’album peut ainsi comporter de nombreuses combinaisons et jamais de la même manière. Un grande force !

Les personnages ou les objets essentiels à la compréhension sont soulignés par un trait noir plus épais pour les distinguer tout de suite dans la case. Le dessin de Joub (Max & Zoé, Il s’appelait Géronimo, Dans l’atelier de Fournier) et Nicoby (Histoire dessinée de la France, Mon petit Ponant) plait par sa sobriété et sa grande lisibilité.

  • La maison la nuit
  • Auteurs : Joub & Nicoby
  • Editeur : La Gouttière
  • Parution : 08 juin 2018
  • Prix : 10.70€
  • ISBN : 9791092111651

Résumé de l’éditeur : La journée se termine pour cette petite famille. Tout le monde s’apprête à passer une soirée tranquille, mais certains habitants en ont décidé autrement… La demeure du jeune garçon et de ses parents est en effet peuplée de quelques oiseaux, d’un chat et d’un petit groupe de souris, mais aussi de deux monstres facétieux… qui n’ont pas du tout envie de dormir ! Dans chaque planche de la bande dessinée, le lecteur visualise les 6 pièces de vie et les actions des différents personnages. Il voit tout, il sait tout ! La mise en couleur, entre teintes lumineuses et teintes plus sombres, met en valeur les multiples péripéties et gags de l’histoire. Une manière originale d’envisager la question du sommeil et des peurs nocturnes des jeunes enfants !

But I like it

Le génial auteur de BD-reportage (Gaza ou Reportages), Joe Sacco dévoile But I like it, un recueil d’histoires autour de sa passion pour la musique aux éditions Futuropolis.

Né à Malte en 1960, Joe Sacco est un auteur de bandes dessinées qui aime surprendre. Après Gaza 1956, Reportages, Jours de destructions, jours de révolte, Goradze ou The fixer, il avait réalisé l’œuvre monumentale La grande guerre de 136 mètres, reprise en album en 2014; un superbe livre-objet.

En 2002, les éditions Rackham avaient publié Le rock et moi (une version enrichie avait été éditée quatre ans plus tard). But I like it reprend cette dernière ainsi que des planches inédites.

Dans ce recueil de 136 pages, l’auteur qui vit actuellement au Etats-Unis rend un très bel hommage à la musique et plus particulièrement au rock’n’roll.

Ces mini-récits racontent ses tranches de vie entre 1988 et 2005. Ils sont regroupés en quatre grands chapitres. Avec beaucoup d’humour et d’autodérision, il met en scène ces moments si drôles.

Il raconte le rock et le punk à Berlin où il était parti vivre avec un groupe mais aussi en Suisse. Ayant fait exprès d’oublier son appareil photo, il avait pris avec lui son carnet pour garder un instantané de ces moments.

But I like it : un album punk rock vivant et drôle.

  • But I like it
  • Auteur : Joe Sacco
  • Editeur : Futuropolis
  • Parution : 17 mai 2018
  • Prix : 20€
  • ISBN : 9782754825214

Résumé de l’éditeur : Si vous étiez au New Morning (à Paris) le 1er juin 1989 au concert des Miracle Workers, groupe grunge de Portland, vous avez pu croiser Joe Sacco, voire même lui acheter un tee-shirt. À défaut, vous pourrez découvrir dans ce livre le reportage de la tournée. Si vous avez vécu en Suisse ou à Berlin la décennie suivante, vous avez certainement vu les affiches de concerts ou pochettes de disques que Joe Sacco a réalisé à cette période. Si ce n’est pas le cas, vous allez pouvoir vous rattraper en lisant But I like it. Vous saurez alors tout sur le monde du rock, les rock stars vieillissantes, les chanteurs engagés, les groupies, les roadies, et bien sûr, le grand amour de Joe Sacco : The Rolling Stones. Divisé en 4 faces, comme un double LP, But I like it alterne reportages, BD humoristiques et illustrations, le tout commenté avec énormément d’humour par l’auteur lui même.

Retour aux sources, volume 1

Etudiants, Chen et Xia se rendent sur l’île de Taïwan pour un stage dans la communauté Daxi, un peuple que connait bien le jeune homme puisque c’est celle de sa famille. Zuo Hsuan dévoile le premier volume de Retour aux sources, un très joli manga chez Kana.

Département des Beaux-Arts. Chen ne sait pas ce qu’elle va faire pour ses dernières grandes vacances avant son année de master. Elle craque comme bon nombre d’étudiantes sur le beau Xia, étudiant en anthropologie.

Leur professeur leur demande d’effectuer une enquête de terrain et le jeune homme propose Taïwan et plus particulièrement la communauté Daxi qu’il connait bien pour y avoir vécu auparavant. Il n’y était pas retourné depuis 7 ans et n’a donc pas vu sa famille depuis. Là-bas, ils vont pouvoir travailler sur la célèbre Fête du 24 en l’honneur du Saint Empereur Guan

Sympathique manga, Retour aux sources – comme son nom l’indique – est un vrai bon dans le passé pour Xia. Le récit de Zuo Hsuan est chaleureux et d’une grande douceur. Teinté d’un bel humour, l’histoire parie aussi sur un rythme plus lent que les mangas classiques pour prendre le temps de la savourer. Le duo Xia-Chen est dissemblable : lui est timide, réfléchi et soucieux des traditions, tandis qu’elle est gaffeuse, extravertie et dynamique. C’est son personnage candide d’ailleurs qui apporte le plus fraîcheur au récit.

Taïwan est peu connue des Occidentaux – à part le fameux « Made in Taïwan » – son folklore fait l’effet d’un aimant sur le lecteur. Joyeux et chatoyant, il inspire la gaieté et le respect.

La partie graphique tout en douceur et élégante de Zuo Hsuan lui permet de restituer avec justesse la poésie et la mélancolie de l’histoire. Un très bon premier volume de diptyque.

  • Retour aux sources, volume 1/2
  • Autrice : Zuo Hsuan
  • Editeur : Kana, collection Made In
  • Parution : 04 mai 2018
  • Prix : 12.70€
  • ISBN : 9782505070467

Résumé de l’éditeur : Axun est étudiant. Pendant les vacances, il doit réaliser des recherches sur la ville de Daxi pour l’université. Cette petite ville est également le village de son enfance. Accompagnée de sa camarade Chen, il se rend là-bas pour y retrouver son père avec qui il n’a pas parlé depuis des années… Tout en s’imprégnant de la culture de Daxi et de ses fêtes folkloriques, Axun va renouer peu à peu les liens qui s’étaient rompus…

Black Torch tome 2

Notre avis : La suite de la série Black Torch nous emmène à la chasse aux Mononokés, dont le gibier n’est pas forcément celui que l’on croit… A lire absolument !

Lors du tome 1, nous avons fait la connaissance de Jiro Azuma, jeune ninja descendant d’une grande lignée. Jiro a sauvé d’une attaque un chat qu’il croyait tout à fait normal. En réalité, ce chat était un Mononoké appelé Rago. Rago est un Mononoké très puissant, mais il a récemment été affaibli. Après que Jiro l’ait remis sur pied, Rago a souhaité partir. Mais un autre Mononoké était à ses trousses. Jiro meurt en voulant défendre Rago. Avec toute sa force, Rago fusionne avec Jiro pour lui sauver la vie. Seulement le processus est irréversible. Jiro et Rago ne font qu’un, et cela ne plait pas à tout le monde. Repéré par une unité secrète du gouvernement chargé de traquer les Mononoké, Jiro va devoir intégrer la fameuse Black Torch pour ne pas être emprisonné.

Seulement voilà, cela ne plaît pas vraiment à Jiro. Il doit travailler sous les ordres de Ryosuke. En plus de cela, un petit nouveau rejoint l’équipe, et son intégration va faire des étincelles avec Jiro. Obligés de travailler ensemble, ils vont devoir s’allier pour faire face à quelqu’un de bien plus dangereux, têtu et puissant qu’eux…

Une suite qui est à la hauteur des espérances, orchestré par Tsuyoshi Takaka aux éditions Ki Oon !

  • Black Torch tome 2
  • Auteur : Tsuyoshi Takaki
  • Editeur : Ki Oon
  • Parution : 5 avril 2018
  • Prix : 6,90 €
  • ISBN : 9791032702468

Résumé de l’éditeur : Un ninja des temps modernes allié à un esprit surpuissant : le combat entre démons et exorcistes ne fait que commencer !
Depuis que Jiro a fusionné avec une étrange entité du nom de Rago, sa vie est devenue un enfer… Tous les Mononoke veulent l’affronter pour s’approprier la puissance du « Soleil noir’, et il a été enrôlé de force dans une mystérieuse organisation, le Bureau des investigations secrètes.

Avec Ichika Kishimojin, une combattante qui ne cache pas son antipathie pour lui, Jiro a rejoint une toute nouvelle unité : « Black Torch’ ! Le jeune agent doit encore faire la connaissance de ses autres équipiers, mais déjà la coopération s’annonce difficile..

Ant : femme, fourmie et amnésique

Notre avis : La toute nouvelle héroïne Ant débarque pleine d’entrain. Une nouvelle héroïne qui va faire du bruit, et c’est tant mieux !

Hannah Washington est une jeune femme amnésique. Tout ce qu’elle sait sur elle, c’est un inconnu qui lui a dit, grâce à ce qu’elle avait sur elle quand ils l’ont retrouvée. En maison de repos, elle sent bien que ce n’est pas dans son caractère de subir. Elle prend la fuite, a la recherche de quelqu’un qui pourrait lui en dire plus sur elle. Elle a souvent entendu parler d’un certain Steven Richards, et elle compte bien le retrouver.

Une fois dans New York, Hannah Washington cherche ce mystérieux inconnu, qui pourrait bien la connaitre. Mais une image la hante sans cesse. L’image d’une super-héroïne, Ant. Est-elle vraiment cette personne ? Pourquoi cette perte de mémoire ? Hannah compte bien trouver des réponses à toutes ces questions…

Les dessins de Mario Gully sont somptueux. Couplé à cela l’écriture du scénario qu’il a effectué avec Mark Hammond, Ant est une super série à suivre pour une héroïne qui l’est tout autant. Ant est publié aux éditions Reflexions.

  • Ant tome 1
  • Scénaristes : Mario Gully & Mark Hammond
  • Dessinateur : Mario Gully
  • Editeur : Reflexions éditions
  • Parution : 14 juin 2018
  • Prix : 16,50 €
  • ISBN : 9791093603254

Résumé de l’éditeur : Hannah Washington est une jeune femme qui a tout perdu et qui court après son passé oublié, comme si elle s’était réveillée après un long et traumatisant cauchemar. Mais le peu de souvenirs qui lui reste seraient le résultat d’un mécanisme d’adaptation décrit comme un « fantasme de pouvoir juvénile ». Qui est Ant ? Est-elle réelle ou seulement le fruit de son imagination ?

HVK la traque de l’espace

Notre avis : HVK la traque de l’espace est une bande dessinée à la fois de science-fiction, humoristique et d’aventure. Un vrai petit bonheur de lecture.

Héléna Von Krazth est aux commandes d’un vaisseau à propulsion mégaphasique. Ce type de moteur est l’idéal pour partir à la conquête de l’espace, ou pour explorer l’univers à la recherche d’artefacts. C’est plutôt ce dernier point, la spécialité de HVK. En rentrant d’une mission qui, pour une fois, est un véritable succès, la malchance lui sourit. Son équipage et elle se font aborder par des pirates. Ces derniers les enferment dans une capsule de sauvetage et les laisser dériver. Lorsque leurs employeurs les rapatrient, ce n’est pas pour les tarir d’éloges. Bien au contraire, ils leur laissent une chance de se rattraper en retrouvant les pirates et en ramenant le vaisseau et sa cargaison à bon port.

Mais bien sûr, l’entreprise ne va pas être aisée. Il faut dire qu’entre un vaisseau de prêt qui tient à peine en vol, un coéquipier incapable de penser à faire le plein et des pirates au summum de leur art, HVK a bien du souci à se faire.

HVK la traque de l’espace est une bande dessinée très drôle, avec de splendides graphismes qui nous font voyager à travers l’espace comme s’il on était de la partie. Un album à découvrir de [MC] aux éditions Makaka (Le cirque, journal d’un dompteur de chaises, Rouge, l’île des gribouilleurs).

  • HVK la traque de l’espace
  • Auteur : [MC]
  • Editeur : Makaka éditions
  • Parution : 6 avril 2018
  • Prix : 17 €
  • ISBN : 9782917371992

Résumé de l’éditeur : Aux commandes de son vaisseau à pulso-réacteur mégaphasique, Héléna Von Krazth arpente l’espace, repoussant inlassablement les limites de l’univers connu, portant toujours plus haut l’étendard de l’humanité conquérante. Héléna Von Krazth est exploratrice. La fortune et la gloire l’attendent… En théorie. Rejoignez l’équipage et embarquez pour un road-trip de science-fiction humoristique et décalé !

RIO #3 – Carnaval sauvage –

Notre avis :  Pendant que la ville de Rio se prépare à fêter son traditionnel carnaval, Rubeus pleure toujours sa sœur disparue un mois plus tôt. Lui qui a déjà vu sa mère mourir sous ses yeux alors qu’il était enfant, assistera, impuissant, au même dénouement pour Nina. Tourmenté et affaibli, il cherche des réponses auprès de Capitu, une médium qui prétend tout connaître du passé du jeune adulte. Sur la plus haute crête qui domine la Favela Beija Flor, Rubeus sera victime du pouvoir de persuasion de la sorcière vaudou.

Au moment où son père adoptif  s’apprête à mettre la lumière sur ce qui s’est passé le soir du massacre de la Candelária, Rubeus emploie toute son énergie pour l’ONG de John White. En ne respectant pas certaines « règles » établies par des communautés peu scrupuleuses et avides de pouvoir, Rubeus n’accorde aucune importance aux risques qu’il encourt face à Zé Rico. L’homme à la tête du cartel, et en passe d’être élu aux prochaines élections législatives, offre de multiples casquettes en étant également directeur de l’école du quartier. Un vrai symbole de la corruption omniprésente au sein de la ville brésilienne.

Pour Rubeus les peurs et les doutes surgiront de par ses amis d’enfance. Ceux qu’il considérait, entouré de sa sœur, comme sa véritable famille, sont devenus de véritables trafiquants. Même si Le Rat n’a jamais été fiable, Bakar semble entre deux eaux. Sa loyauté envers Rubeus pourrait bien lui être de bien mauvaise augure pour la fin de cette aventure…

Si on ajoute sa petite amie Luana, dont il est suspicieux envers ses confidences, on assiste à une soif de vengeance, un besoin insatiable dans les yeux de Rubeus, de découvrir la vérité envers la mort de sa mère et de sa sœur. Le sang va couler, les traîtres vont tomber. La haine habitée par l’albinos ne semble pas prête à être assouvie…

Pour cette avant dernier-tome de Rio, la tension est à son comble. Louise Garcia ne ménage aucun de ses personnages dans cette série dont l’intrigue est d’une crédibilité redoutable. Au dessin, Corentin Rouge n’en finit pas de nous épater. Son trait et ses couleurs apportent la complémentarité nécessaire pour que le lecteur se sente en plein cœur de Rio.

Avec un final dont on ne voit comment il pourrait s’apparenter à un happy end, Louise Garcia et Corentin Rouge ont d’ores et déjà réussi leur pari. Ils connaissent bien leur terrain de jeu et nous font une sacrée visite guidée.

Rio est une série haletante dès qu’on y plonge dans les premières pages et ce, à ne point douter, jusqu’à la dernière.

  • Rio : Tome 3, Carnaval sauvage
  • Auteurs : Louise Garcia & Corentin Rouge
  • Dessinateur : Corentin Rouge
  • Éditeur : Glénat
  • Prix : 17,50 €
  • Parution : janvier 2018

Résumé de l’éditeur : Alors que la période de carnaval approche, Rio et ses favelas sont en ébullition. Rubeus, lui, se remet difficilement de la mort de sa sœur. Investi dans l’ONG de son père adoptif, il distribue vivres et médicaments aux défavorisés. Mais il découvre en même temps que, dans son milieu, la frontière entre politique, humanitaire et criminalité est souvent bien mince. Ses amis d’enfance sont devenus des trafiquants et le propre directeur de l’école avec qui il collabore est associé avec Mozar, le chef de gang local. Alors que la lumière se fait sur les meurtres de sa mère et de sa sœur, Rubeus, lui, s’enfonce un peu plus dans l’ombre… Série haletante nous montrant tous les aspects de la société contemporaine brésilienne, Rio est une fiction ancrée dans une réalité brutale. Corentin Rouge s’y pose en héritier des plus grands dessinateurs réalistes comme François Boucq ou Jean Giraud.

Histoires incroyables de la Coupe du Monde en BD

Alors que du 14 juin au 15 juillet 2018 se déroulera la 21e Coupe du Monde de football en Russie, réunissant 32 équipes et que l’on célèbre les 20 ans de la victoire de la France dans cette compétition, les éditions Petit à Petit dévoilent Histoires incroyables de la Coupe du Monde en BD.

Imaginé et conçu par Olivier Petit, Charlotte Delavigne et Pauline Veschambres, cet album de 192 pages revient sur des moments, des anecdotes plus ou moins folles sur la Coupe du Monde, cet événement planétaire qui réunit sportifs, amateurs du jeu et nations. Des moments éminemment politiques.

Construit de la même manière que le Guide 14-18 en bandes dessinées ou Le guide de Paris en BD, Histoires incroyables de la Coupe du Monde plait par son originalité, son accessibilité de lecture mais aussi par le nombre impressionnant d’anecdotes et d’informations.

Ainsi, chaque grand chapitre (au nombre de 30, plus 4 pages explicatives) s’ouvre sur une page de présentation indiquant l’année de la compétition, le pays organisateur et le vainqueur de l’épreuve. Au-dessous un petit texte et des photographies, viennent ensuite 3 planches de bande dessinée en lien avec le thème du chapitre et enfin une double-page avec des informations sur l’épreuve (un joueur qui l’a marqué, une fiche technique sur la Finale, des clichés…).

L’album débute donc en 1930 avec la première Coupe du Monde en Uruguay pour s’achever en 2014 au Brésil avec la victoire de l’Allemagne. Le lecteur découvre ainsi Lucien Laurent, le joueur qui restera comme le premier buteur de la compétition, Matthias Sindelar qui refusa de jouer pour l’équipe allemande sous le IIIe Reich, l’épreuve en France en 1938 puis 1998, le Onze d’or hongrois qui perdit en finale en 1954, Just Fontaine et ses 13 buts qui lui permettront de rester à jamais comme le meilleur buteur de tous les temps en phase finale, le sacre brésilien en 1958 avec Pelé, le Zaïre de Mobutu premier pays de l’Afrique Noire en phase de poules de la compétition, la junte militaire argentine organisant la Coupe en 1978, le match d’anthologie entre la France et l’Allemagne en 1982, la main de dieu (Maradonna) en 1986, les lions indomptables de Roger Milla en 1990 ou encore la premier compétition sur le continent africain en 2010.

Les pages de bandes dessinées sont coordonnées par Emmanuel Marie qui s’est chargé des scénarios de chaque chapitre. Pour mettre en dessin ses planches, 28 dessinatrices et dessinateurs se sont relayés. On pourra néanmoins souligner le travail de certains qui nous ont tapé dans l’œil comme Michela Cacciatore, Michael Malatini, Salvatore Bevacqua, Arjula Sisini, Kan Takahama, Cédric Benoist, Rafael Ortiz, Kyung Eun Park et Vincent Dutreuil.

  • Histoires incroyables de la Coupe du Monde en BD
  • Scénariste : Emmanuel Marie
  • Dessinateurs : collectif
  • Editeur : Petit à Petit
  • Parution : 18 mai 2018
  • Prix : 19.90€
  • ISBN : 9791095670483

Résumé de l’éditeur : Un Docu-BD pour raconter l’histoire de la Coupe du monde de football, à travers trente moments d’anthologie en bandes dessinées ! Épisodes mythiques ou anecdotes inconnues du grand public retracent l’épopée sportive de 1930 à aujourd’hui, en partenariat avec France Football. De Sindelar à Neymar, du Maracana à Maradona, ce livre vous emmène sur tous les terrains de la compétition internationale, qui se révèle autant un événement sportif qu’un enjeu économique et politique. Pour célébrer le 20e anniversaire de la coupe du monde 1998 en 192 pages.

Ajax, tome 2 : Chat s’arrange pas !

La série Mortelle Adèle connait un succès phénoménal qui dépasse ses auteurs – Diane Le Fayer & Mr Tan – le duo a décidé de décliner un spin-off de la série Ajax, centrant leurs histoires sur le chat de la petit fille.

Comme nous vous la présentions dans Big bisous baveux, le tome 13 de Mortelle Adèle, la petite fille quasi misanthrope (qui n’aime personne), adore son chat Ajax, au point de vouloir l’envoyer à trépas. Pour soutenir le malheureux félin, il y a Fizz le cochon d’Inde râleur et Snow la chatte de la voisine.

Malgré les sévices endurés, Ajax aime sa mini-maîtresse, il s’ennuie même lorsqu’elle est à l’école : le syndrome de Stockholm !

L’album de 64 pages met donc en scène les déboires d’Ajax mais aussi son journal intime qui court sur une semaine complète. Il détaille ainsi les moments importants de sa journée en y indiquant les heures : repas, attente de Adèle ou expérimentations de la petite fille sur son félin.

Nous avions beaucoup rit lorsque nous avions lu le tome 13 des aventures de Mortelle Adèle, notamment grâce à l’humour noir et trash de Mr Tan qui grossit les traits et les maltraitances de son héroïne envers Ajax. Les enfants adorent et les parents adhèrent aussi à la série. Plus c’est fou et plus ça va loin, plus ils aiment ! En mettant la lumière sur le chat, l’auteur de Saker Monster (avec Mathilde Domecq) peut laisse parler son imagination et les pires sévices sur ce pauvre chat qui aime sa maîtresse malgré tout.

A noter que le 23 mai est sorti un nouvel opus de Mortelle Adèle – Prout atomique – qui alterne les moments présents mais aussi des scènes où la petite fille est un bébé. Mortel !

  • Ajax, tome 2 : chat s’arrange pas
  • Scénariste : Mr Tan
  • Dessinatrice : Diane Le Fayer
  • Editeur : BD Kids, collection P’tit Globulle
  • Parution : 18 avril 2018
  • Prix : 9.95€
  • ISBN : 979-1027604371

Résumé de l’éditeur : « À la maison, chat s’arrange pas ! Adèle a toujours de bonnes idées d’expériences, mais je finis souvent avec des bosses… et quand Adèle n’est pas là, elle me manque ! Heureusement, Fizz et ma nouvelle amie Snow sont là pour me tenir compagnie ! » Lorsqu’il n’est pas en train de dormir, roupiller ou faire la sieste, Ajax n’a pas une vie facile ! Lorsqu’Adèle, son horrible maîtresse adorée, n’est pas à la maison, il doit protéger son territoire au péril de sa vie ! Mais, quand elle rentre, c’est sa vie qu’il doit protéger… SAUVE QUI PEUT !

Naufragés

Avec Naufragés, nous suivons les pas de Alexandra et Julio en couple dans l’Espagne des années 80-90. Laura Perez et Tablo Monforte peuvent ainsi dresser le portrait d’une génération aux éditions Des ronds dans l’o.

En faisant alterner fréquemment des scènes entre 1981 à Madrid et celles à Barcelone en 1991, le scénariste Tablo Monforte réussit la prouesse de ne pas perdre ses lecteurs. Il faut souligner qu’il met en scène Alexandra et Julio en prenant un grand soin à développer leurs psychologies. Ainsi, il peut les faire évoluer au mieux entre la fac, la famille, les amis et le travail.

Si les premiers temps sont beaux, joyeux et amoureux, les années 90 sont plus délicates et le couple prend ses distances. Le lecteur apprécie leurs histoires simples mais universelles ponctués par des moments de doutes et de reproches. Lui s’ennuie dans son travail, elle veut changer d’orientation; l’hôpital ce n’est plus pour elle. Ajouter à cela des questions concernant les années fac autour de Jardin metalico, un fanzine dans lequel le jeune homme aimait écrire. C’est d’ailleurs grâce à cet imprimé qu’ils se sont rapprochés.

Alors que Génération Y de Mauryn Parent ne nous avait pas enchanté, Naufragés c’est le contraire. Pas d’effusions spectaculaires mais une lenteur qui pousse le lecteur en prendre le temps de découvrir l’histoire. Les relations dans le couple sont assez fortes pour tenir en haleine le lectorat jusqu’à la dernière page. Ainsi, les thèmes de la nostalgie et du temps qui passe sont au cœur de ce très bon album de 200 pages. Tout n’est pas rose entre Alexandra et Julio – comme dans tous les couples – mais c’est cela qui attire.

Si le scénario est bon que dire de la partie graphique, c’est superbe ! Laura Perez sublime ses planches par des couleurs très bien senties (du sépia pour 1981 et du bleu pour 1991). La dessinatrice espagnole réalise des pages très modernes, dans un style semi-réaliste très sobre. Ses cadrages serrés sur les visages sont magnifiques !

A noter que Naufragés a remporté le Prix FNAC Espagne en 2017.

  • Naufragés
  • Scénariste : Tablo Monforte
  • Dessinatrice : Laura Perez
  • Editeur : Des ronds dans l’o
  • Parution : 16 mai 2018
  • Prix : 24€
  • ISBN : 9782374180533

Résumé de l’éditeur : Deux lieux deux époques : Madrid dans les années 1980, une ville en pleine ébullition, et Barcelone, dix ans plus tard, une ville tout aussi bouillonnante. Naufragés raconte la relation d’Alexandra et Julio dans cet espace urbain poétique où rêves, amours et incertitudes s’entrecroisent. Ils vont partager expériences et réflexions, mais leurs obligations professionnelles et familiales vont finir par les éloigner. Naufragés dresse le portrait d’une génération qui a du mal à se repérer.