Arrête de me chauffer, Nagatoro

Arrête de me chauffer, Nagatoro est un manga – tranche de vie – ambigu comme c’est pas permis. Une comédie romantique sadique chez Neove Grafx par Nanash. 

Nagatoro est une peste. Une jeune fille de seconde insupportable, moqueuse et sadique. C’est en tout cas la seule facette qu’elle montre à son aîné. Un garçon de première qu’elle a décidé d’appeler « Senpai » – le terme honorifique pour s’adresser à quelqu’un de plus âgée que soi.

Senpai dessine des mangas. Jeune homme à lunette, il est l’archétype du garçon timide, sérieux, sans amis, plutôt isolé. Une graine de souffre-douleur.
Nagatoro en profite. Elle met un point d’honneur à le faire souffrir le martyre. Elle se moque de lui, le discrédite, piétine sa – très maigre – confiance en lui. Pourtant tout est ambigu. Tout en le faisant tourner en bourrique, elle vient sans cesse à sa rencontre, passe de véritables moments avec lui, et semble se comporter ainsi uniquement avec lui. Quel est donc le sens véritable de son attachement pour son Senpai ?

Habitué aux railleries, ce dernier semble curieusement apprécier la compagnie de son envahissante cadette. Il commence peu à peu à la connaître. Il l’a supporte de plus en plus comme un ami plutôt que comme un souffre-douleur. Même si, admettons-le, c’était mal barré.

Arrête de me chauffer, Nagatoro est tout de même un titre assez parlant ….  Et il ne l’est pas pour rien. Tout fini plus ou moins par quelque chose de tendancieux. Une vanne ou un accident, une suggestion maligne de la sadique de service ou une coïncidence curieuse… Nagatoro le chauffe tellement qu’on ne sait même plus si elle plaisante ou si elle est sérieuse mais pas assez courageuse pour mener ses démarches à bien.

Sous couvert d’être une vrai peste, Nagatoro a mis le grappin sur son Senpai et il semble qu’elle ne veuille le laisser à personne d’autre.

Le graphisme de ce manga est un gag permanent, excentrique. Un peu surchargé en onomatopées et en bulles de texte explosives. Tout à fait à l’image de la personnalité de son héroïne. Nanashi, l’auteur, raconte des anecdotes par fois à la limite de l’obscène sans que son dessin n’en souffre. Il n’a rien d’excitant, si ce n’est par son récit. Chose étrange dans un manga, il faut l’admettre. Sous forme de petits sketchs, l’histoire de Nagatoro et son Senpai prend peu à peu forme. Une comédie au tournure romantique, ou une romance aux lourds accents comiques.

C’est très étrange à dire, mais malgré le comportement dérangeant de l’un et l’autre parti – c’est super énervant un personnage qui se laisse marché dessus – leur relation prend des accents mignons. Nanashi arrive à nous accrocher bizarrement. Comme dans une romance nous voulons absolument savoir comment vont évoluer les personnages et leur relation. Comme dans une comédie nous rions, parfois un peu gêné.

  • Arrête de me chauffer, Nagatoro
  • Auteur : Nanashi
  • Editeur : Noeve
  • Label : Noeve Grafx
  • Prix : 7,95€
  • Parution : 12 mars 2021
  • ISBN : 9782490676569

Résumé de l’éditeur : Nagatoro est une lycéenne de première année, dotée d’un caractère très moqueur et légèrement cruel, dont le passe-temps favori est de martyriser son « Senpai » chaque jour. Ce dernier est un garçon extrêmement timide et effrayé par les remarques et provocations de Nagatoro, qui toutefois est la seule personne à le remarquer dans cet établissement. Peut-être le début d’une attirance…

Moi Napoléon

Moi Napoléon, ce sont les grandes dates de la vie de Napoléon racontées comme s’il nous entraînait avec lui dans son histoire de 1769 à 1821. C’est un album hybride signé Vincent Mottez et Bruno Wennagel aux éditions Quelle histoire.

Il y a deux jours, c’était le bicentenaire de la mort de Napoléon Bonaparte, décédé à Sainte-Hélène le 5 mai 1821 d’un cancer de l’estomac (je ne vous parle pas d’arsenic). Alors oui, Napoléon, si on regarde bien (contrairement à ce que l’on a appris plus jeune à l’école) n’a pas fait que des grandes choses. Il y a des côtés sombres chez lui et des actes qu’il faut même dénoncer avec force. Mais Napoléon reste la personnalité française la plus connue dans le monde.

Pourquoi graphique/illustré pour Moi Napoléon ? Parce que l’approche des auteurs est singulière et c’est ce qui rend ce très bel objet littéraire extrêmement intéressant. À partir de dates importantes dans la vie de Napoléon, on peut lire un texte écrit à la première personne du singulier, une illustration et des planches de bande dessinée le tout astucieusement mélangé. En utilisant le « je », le lecteur se trouve encore plus plongé dans le récit, comme s’il en faisait partie, que dis-je comme s’il était Napoléon lui-même.

La structure est simple, la lecture est fluide, le récit est intelligent et bien orchestré, tout comme l’est le graphisme.

La préface est signée Thierry Lentz, Directeur de la Fondation Napoléon. Pour compléter l’ensemble, une série d’audios librement adaptés du roman graphique avec la voix de Francis Huster est mise en ligne sur toutes les plateformes de podcast.

Moi Napoléon est un objet est magnifique, le format, le graphisme tout est d’une très grande qualité. J’ai aimé me plonger dans l’Histoire, son histoire, ses victoires, ses défaites, ses rencontres et sa mort.

  • Moi Napoléon
  • Scénariste : Vincent Mottez
  • Dessinateur : Bruno Wennagel
  • Editeur : Quelle histoire
  • Prix :  22,90 €
  • Parution : 07 avril 2021
  • ISBN : 978-2371046665

Résumé de l’éditeur : Moi Napoléon  est le premier roman graphique consacré à l’empereur des Français. Exilé à Sainte-Hélène, Napoléon revient sur les grands épisodes de sa vie, au fil d’un vibrant monologue intérieur : de sa naissance à Ajaccio à sa chute à Waterloo, en passant par son sacre et ses grandes batailles.

Cette confession fictive, appuyée par une solide documentation historique, est mise en scène par des illustrations qui revisitent l’iconographie impériale à travers l’univers sombre des  comics  américains.

Raven et l’ours 3

A la recherche du sceptre du Fleuve, Raven et Dimas font un très beau voyage sous l’eau dans Raven et l’ours de Bianca Pinheiro. Encore un formidable volume de cette belle série jeunesse !

Après la Cité des énigmes et Métodica, Raven et Dimas prennent du temps pour se reposer. Ils ont planté leur toile de tente le long d’un fleuve.

Le lendemain matin, l’ours est réveillé par une sensation d’humidité : la toile de tente prend l’eau ! En faisant glisser le zip de l’ouverture, Dimas constate que leur abris flotte sur le fleuve. Ils montent alors ensuite dans leur canoé et descendent le lit de la rivière. Ils sont surpris par la grande tristesse d’un géant. Le fleuve est chagriné parce qu’on lui a volé son sceptre.

Raven et Dimas décident alors d’aider le pauvre homme en se mettant en quête de retrouver l’objet du souverain. Ils plongent dans le fleuve…

Dès le premier volume de Raven et l’ours nous fûmes conquis par cette belle histoire de Bianca Pinheiro. Cette très jolie aventure fantastique jeunesse ne faiblit pas. Après un deuxième volet, ce troisième volume est toujours aussi réussi. Cette quête initiatique sous forme de voyage sous-marin est parfait. Des créatures, de la magie, des requins et un roi hors-sol sont les obstacles mis sur la route des deux héros.

L’humour est aussi présent dans ce nouvel opus, tout comme l’action et l’amitié. Les planches de Bianca Pinheiro sont toujours aussi belles. Son trait tout en rondeur et ses couleurs lumineuses sont idéales pour donner une ambiance d’aventure. Le dessin dans le fleuve est quant à lui légèrement différent de celui sur terre.

  • Raven & l’ours, volume 3
  • Autrice : Bianca Pinheiro
  • Editeur : La Boite à Bulles
  • Parution : 10 mars 2021
  • Prix : 19 €
  • ISBN : 9782849533925

Résumé de l’éditeur : Heureusement pour elle, elle trouve un précieux allié en la personne de Dimas, un gros ours un peu ronchon qui, malgré ses tendances pantouflardes, n’a pas le coeur de la laisser seule. Sac à dos chargé sur les épaules, ils s’engagent donc tous les deux dans une folle recherche. Leur point de départ ? Un portrait – pas vraiment ressemblant – des parents de Raven, dessiné au crayon de couleur sur du papier machine. Leur chemin les mènera jusqu’aux portes d’une étrange ville fortifiée où chaque question posée implique une énigme à résoudre. Comme s’ils n’avaient pas déjà assez d’un problème à régler ! Par chance, Raven et Dimas ont plus d’un tour dans leur sac et ne comptent pas se laisser duper par les absurdités de la ville. Leurs trépidantes aventures ne font que commencer ! Une aventure pleine d’humour, où l’extravagance côtoie le bon-sens et l’intelligence.

Marvel-verse Deadpool

Le père Noël, Madcap, le Caméléon ou des membres d’une comédie musicale, rien ne fait peur à Deadpool, le plus badass des super-héros. Marvel propose Marvel-verse Deadpool un petit recueil de ses meilleures histoires déjantées.

Les éditions Marvel / Panini ont l’habitude de publier des mini-recueils des meilleurs récits des super-héros dans la maison des Idées. A un petit prix (6,95 €), l’on retrouve trois histoires décalées de Deadpool. Mises en image par Nic Klein, Tradd Moore, David Nakayama et Ryan Stegman, elles sont signées Skottie Young, Christopher Hastings et Daniel Way.

Deadpool est en prise, tour à tour avec le Père Noël (des gamins mécontents paient le superhéros pour lui faire la peau), Madcap ou des membres d’une comédie musicale.

On passe un excellent moment de lecture par des récits complètement fous, où les répliques et les prises de décision farfelues de Deadpool font mouche. Wade Wilson et Marvel-verse Deadpool sont à son zénith pour notre plus grand bonheur !

  • Deadpool
  • Scénaristes : Skottie Young, Christopher Hastings et Daniel Way
  • Dessinateurs : Nic Klein, Tradd Moore, David Nakayama et Ryan Stegman
  • Editeur : Marvel
  • Prix :  6,95 €
  • Parution : 07 avril 2021
  • ISBN : 9782809496246

Résumé de l’éditeur : Est-il encore besoin de présenter Wade Wilson, alias Deadpool, alias le Mercenaire Disert, alias le Meilleur Ami de Spider-Man, alias Le Trentenaire le Plus Séduisant de l’Asile de Fous ? Bien sûr que oui car on ne se lasse pas du personnage ! Voici cinq aventures qui permettront aux lecteurs jeunes et moins jeunes, de découvrir l’univers du héros le plus déjanté de la Maison des Idées !La collection Marvel-Verse propose des histoires emblématiques des plus grands personnages Marvel à petit prix. Une belle manière de célébrer les trente ans de Deadpool !

Tout est vrai

Après Acte de dieu, Giacomo Nanni dévoile Tout est vrai, un album dont le personnage principal, une corneille, est le témoin des attentats terroristes parisiens de 2015.

Animal ayant une très mauvaise réputation, la corneille est pourtant beaucoup plus intelligente qu’il n’y parait et a un vrai rôle dans l’écosystème. C’est ainsi qu’Alfred Hitchcock en fit un personnage majeur de son long-métrage Les oiseaux. Tippy Hedren en gardera de très mauvais souvenirs, elle qui fut traumatisée par les volatiles.

De nos jours, l’une d’elles est le témoin de la préparation d’attentats à Paris. Dans le parc des Buttes-Chaumont, elle assiste à l’entrainement de futurs kamikazes…

Tout est vrai : une corneille observe des terroristes

Dans la même veine qu’Acte de dieu – qui lui valut d’obtenir le Fauve de l’audace à Angoulême en 2021 – Tout est vrai est aussi hypnotique et attire autant les lecteurs. Par l’entremise d’une corneille qui parle, qui pense, Giacomo Nanni brosse le portrait de notre époque, celle qui bascule dans l’horreur des attentats terroristes.

La douceur, le vol, le ciel et le recul du volatile sont contrebalancés par la fureur des armes et l’embrigadement des ces fous de dieu. Cela lui permet de parler de Charlie Hebdo, des dessinateurs, des policiers tués par la folie de ces êtres inhumains. En filigrane, on suit aussi les pas d’Ahmed Merabet, le policier assassiné sur le trottoir en face des locaux du journal satyrique.

Acte de dieu mettait en scène, un chevreuil apeuré, Tout est vrai s’élève pour prendre de la hauteur par une corneille. Les lecteurs sont happés par une narration très efficace, très simple. Ils sont surpris par les pages autour de la cage qui piège les oiseaux.

Comme dans son précédent album, cette histoire est mise en image par une procédé de trames colorées originales. Les planches sont très belles grâces à de grands aplats de couleurs.

Un bémol : on regrettera un prix très élevé (26 €) pour cet album.

  • Tout est vrai
  • Auteur : Giacomo Nanni
  • Éditeur : Ici Même
  • Prix : 26 €
  • Parution : 16 avril 2021
  • ISBN : 9782369120995

Résumé de l’éditeur : A Paris, une corneille est témoin d’un attentat terroriste. Se remémorant l’anecdote selon laquelle Rod Taylor, l’acteur principal des Oiseaux d’Hitchcock, aurait durant tout le tournage été harcelé par l’une des corneilles utilisées pour le film, Giacomo Nanni part du postulat selon lequel l’animal est capable didentifier et de se souvenir des visages humains. De là, il imagine l’une delles en témoin des préparatifs d’attentat de la filière jihadiste dite « des Buttes-Chaumont » , suspecte des attentats survenus en France en janvier 2015. Il reprend pour ce faire le procédé si original et poétique déployé dans Acte de Dieu de l’enchaînement et du croisement des regards et points de vue. La vision d’une corneille a la même valeur que celle d’une petite fille, le Parc des Buttes-Chaumont comme le piège à corneilles deviennent des protagonistes à part entière. Selon Giacomo Nanni, le but de cette histoire n’est « pas seulement de raconter la violence d’un attentat terroriste, mais aussi d’évoquer la brutalité des faits par rapport à linvention littéraire et artistique » . Comme d’habitude chez Nanni, cette évocation est d’une subtilité et d’une poésie rares.

La vie sur terre

La collection Mon DOCdessiné dévoile son premier opus, La vie sur Terre, un documentaire illustré signé Stéphanie Ledu, Stéphane Frattini, Matthieu Roda et Alex Langlois, édité par Larousse jeunesse.

Larousse dévoile le premier album illustré dans sa nouvelle collection Mon DOCdessiné, La vie sur terre. Il se présente sous la forme de pages cartonnées reliées par une spirale. Cela permet aux plus jeunes de pouvoir le manipuler facilement et de moins abimer les planches.

La vie sur terre est signé, Stéphanie Ledu (écrivaine ayant publié plus de 200 livres dont de nombreux documentaires) et Stéphane Frattini (auteur de plus de 130 livres). Composé de quatre grands chapitres (de 15 thèmes), il aborde toutes les formes de vie sur notre planète :

  • La planète Terre : une partie géologique et géographique avec les continents, les fleuves, les roches, les nuages ou les étoiles
  • Les secrets des plantes : une partie biologie du vivant avec entre autre les épines, les champignons, les arbres ou les graines
  • Le monde animal : une partie biologie animale avec les dinosaures, les baleines, les lézards, les moustiques ou les chats
  • L’homme sur Terre : une partie biologie humaine avec les habitats, les langues, l’écologie, les poils ou les villes

La vie sur Terre : un très beau documentaire pour les 7-9 ans

Chaque double-page aborde ainsi une problématique sous forme de questions. Les réponses apportées par Stéphanie Ledu et Stéphane Frattini sont déclinées sous forme de dessins très lisibles, explicatifs et très didactiques (plus de 700 cases). Ces questions se terminent par un mini-quiz très drôle.

En ce qui concerne les illustrations, elles sont l’œuvre d’Alex Langlois pour les chapitres La planète Terre et Le monde animal, et de Matthieu Roda pour Les secrets des plantes et L’homme sur Terre.

Le premier a fait une incursion dans le monde du 9e art par la publication de Prince Gédéon avec Didier Millotte (Dupuis), tandis que le second a publié deux tomes de Râ & Cie (Sarbacane) et la série Super-héros mythos avec Benjamin Richard (Gautier-Languereau). Primé Jeune Talent à Angoulême, Matthieu Roda illustre également la couverture de cet opus de Mon DOCdessiné.

La vie sur Terre : un très joli livre documentaire pour les 7/9 ans autour des mystères terrestres. Le monde végétal et le monde animal n’auront plus de secrets pour les jeunes lecteurs !

  • Mon DOCdessiné : La vie sur Terre
  • Scénaristes : Stéphanie Ledu et Stéphane Frattini
  • Dessinateurs : Matthieu Roda et Alex Langlois
  • Editeur : Larousse Jeunesse
  • Prix :  15,95 €
  • Parution : 21 avril 2021
  • ISBN : 978-2035988881

Résumé de l’éditeur : Les animaux, les plantes, les humains, les continents…Nous vivons tous sur la même boule géniale faite de roches, d’eau et de feu.
Découvrir les secrets du monde vivant, au fil des cases BD et des histoires,
c’est tout simplement fascinant  !

Ce premier titre de la collection BD Doc, La vie sur Terre, à l’approche novatrice puisqu’entièrement illustrée façon BD, est divisé en 4 thèmes  :
•La Terre, les plantes, les animaux, les hommes.
•15 questions par thème,
•60 questions au total, expliquées pour chacune d’entre elles, sur une double-pages de cases dessinées,
•12 cases dessinées en moyenne par double-pages, illustrées par des bédéistes de renom.
•Un quiz humoristique finalise chaque double-page.

 

Je ne suis pas là

Lorsqu’une photographe amateur découvre son sosie cela la trouble. GG dévoile cette rencontre dans Je ne suis pas là, un album édité par Tanibis.

Elle, c’est une jeune femme qui s’occupe, seule, comme elle le peut, de ses parents malades. Sa vie est monotone, triste voire ennuyeuse. Pour s’évader elle aime faire des photos pour capturer le monde, la nature, les gens. Un jour, elle prend une photo d’une femme qui lui ressemble trait pour trait. Intriguée, subjuguée et si elle pouvait vivre la vie de cette femme !

Gg est canadienne et c’est son premier roman graphique après plusieurs histoires courtes. Avec peu de mots, un récit intimiste et un dessin qui joue sur les nuances de couleurs, elle arrive à nous plonger dans la mélancolie de l’histoire de cette femme qui rêve d’être et de vivre.

Je trouve la couverture somptueuse. Elle arrive, avec justesse, à nous captiver en nous en disant juste assez pour avoir envie de savoir ce qu’il y a et ce qu’il se passe à l’intérieur.

Les éditions Tanibis ont pour habitude de me surprendre et c’est encore le cas après le magnifique Connexions dont nous vous avons parlé il y a quelque temps. Je ne suis pas là est une lecture qui ne pourra pas laisser le lecteur insensible. Dépouillé, allant à l’essentiel, cet album m’a totalement envoûté.

  • Je ne suis pas là
  • Autrice : GG
  • Éditeur : Tanibis
  • Prix : 15 €
  • Parution : 16 avril 2021
  • ISBN : 9791032706657

Résumé de l’éditeur : Premier album de l’autrice canadienne gg après plusieurs récits courts, Je ne suis pas là délivre une réflexion subtile sur l’impermanence des choses, la mémoire et l’aliénation. Une jeune femme, immigrée de seconde génération, s’occupe tant bien que mal de ses parents âgés. Seule face à ses responsabilités familiales, elle semble trouver un exutoire dans la pratique amateure de la photographie au cours de dérives urbaines. Au cours d’une balade, elle photographie par hasard quelqu’un qui lui ressemble. Le récit bascule, l’héroïne se retrouvant confrontée à ce que sa vie pourrait être… Formellement, Je ne suis pas là fait à la fois preuve de sophistication et de sobriété. Avec son dessin semi-réaliste aux niveaux de gris profonds, un montage qui semble emprunter au cinéma de la nouvelle vague certains, gg parvient à créer une atmosphère trouble et mélancolique, à nulle autre pareille.

BL métamorphose 5

Le cinquième tome de BL métamorphose marque la fin de cette formidable série signée Kaori Tsurutani. Ce manga entre une jeune adolescente et une vieille femme reste, à ce jour, le meilleur dans cette catégorie. Amitié, joies et bienveillance sont au cœur de cette très belle histoire.

Nous avions laissé Yuki Ichinoise et Urara dans un moment très important pour cette dernière dans le tome 4 de la série. Son manga est maintenant imprimé. Mieux, la vieille dame s’est occupée de la promotion du livre en louant un stand lors du salon manga.

Mme Ichinoise sort très fatiguée de cette journée où elle a tenu le stand. De son côté, Urara doit commencer ses révisions et penser à ce qu’elle va faire l’année prochaine. Quant à Yuki, elle est prête à aller voir sa fille quelques jours. Elle n’a pas fait le voyage depuis onze ans, depuis que son mari est décédé…

En seulement 5 volumes, Kaori Tsurutani a su captiver son lectorat par l’entremise d’une histoire entre une adolescente et une vieille femme. Si l’idée de départ semblait très simple, elle y a apporté de l’humanité, beaucoup de bienveillance et un espoir, celui que les gens malgré leur différence générationnelle peuvent se comprendre et s’apprécier.

La fin de BL métamorphose correspond aussi à la fin de la publication Je serai ton ange gardien, le boy’s love qui a réuni Yuki et Urara. Les relations amicales entre les deux femmes sont toujours aussi intéressantes, justes et positives. L’une épaule l’autre et inversement. Rarement, deux femmes si éloignées générationnellement ont pu se comprendre aussi bien. Leur isolement s’est transformée en amitié sans anicroches.

Sans rien dévoiler de la fin de BL métamorphose pour ne pas gâcher le plaisir de lecture, l’on peut dire que cela est conforme à la ligne narrative de Kaori Tsurutani, se laissant même une porte ouverte, si un jour elle souhaite reprendre l’histoire.

Merci à la mangaka et à Ki oon pour ce superbe titre. Si la maison d’édition a dans ses cartons une nouvelle série de la Japonaise, qu’elle n’hésite pas à la publier, nous la lirons avec empressement.

  • BL Métamorphose, volume 5
  • Autrice : Kaori Tsurutani
  • Éditeur : Ki oon, collection Seinen
  • Prix : 7,95 €
  • Parution : 15 avril 2021
  • ISBN : 9791032706657

Résumé de l’éditeur : Depuis qu’elle a compris qu’Urara s’était lancée dans l’écriture de son propre manga, Mme Ichinoi fait tout pour la soutenir, jusqu’à lui trouver un imprimeur professionnel en jouant de ses relations. La réalité de ce qu’elle est en train de créer s’impose finalement à la lycéenne : c’est le moment de se donner à fond ! Pendant ses dix jours de vacances, elle met les révisions de côté et se démène pour terminer dans les temps. Quand arrive la date du salon, le livre est prêt ! La retraitée a pensé à tout, du décor de la table au ravitaillement… mais est-ce que sa jeune amie réussira vraiment à vendre son histoire ? Effleurez une dernière fois les vies d’Urara et de Mme Ichinoi avec ce tome final de BL Métamorphose, un récit touchant et drôle qui montre que quand il s’agit de partager la même passion, l’âge importe peu…

Blue Flag 8

Le huitième tome de Blue Flag marque la fin de cette formidable série signée Kaito. Ce manga autour de lycéens reste, à ce jour, le meilleur dans cette catégorie. Amour, amitié, joies et peines sont au cœur de cette très belle histoire.

On le sait depuis le tome 6, Tôma est amoureux de son meilleur ami Taichi. L’avant-dernier volume mettait en lumière les troubles que pouvaient ressentir le jeune adolescent, lui qui fut déjà déstabilisé par ses sentiments envers l’ancien sportif avant d’être en couple avec Mami.

Dans ce formidable épilogue, Taichi n’est pas revenu au lycée depuis plusieurs jours. Il ne se sent pas prêt à affronter les regards des autres. Quant à Futaba, l’ex-petite amie de Tôma, elle est aussi troublée par cette situation. Surtout qu’elle l’aime toujours…

Blue Flag : le must des mangas autour de l’adolescence

Quelle série ! Nous le clamons haut et fort depuis la parution du premier volet, cette histoire est formidable. Souvent, les mangas autour de romances lycéennes sont mièvres, sans intérêt, mal écrist et n’ont de but que de mettre en scène des histoires trop légères. Pas chez Blue Flag. L’intelligence des relations, les troubles, les premiers émois et la psychologie des adolescents sont parfaitement scrutés et mis en scène par Kaito.

La distance entre les trois protagonistes augmentent. Rien n’est plus pareil depuis que Tôma a avoué ses sentiments à Taichi. Comment ses trois héros vont pouvoir surmonter l’épreuve ? Rester amis ? Ne plus se fréquenter ? Quels choix cornéliens pour eux !

Sans rien dévoiler de la fin de Blue Flag, nous pouvons dire que l’intrigue est toujours aussi soutenue, que les liens se tendent, se distendent et qu’une tierce personne va entrer en jeu pour dénouer tout cela.

Si Kurokawa a dans ses cartons la prochaine série de Kaito, nous sommes preneurs ! Merci à cette mangaka pour les huit épisodes de cette belle série !

  • Blue Flag, tome 8
  • Autrice : Kaito
  • Éditeur : Kurokawa
  • Prix : 7.65 €
  • Parution : 11 mars 2021
  • ISBN : 9782380711042

Résumé de l’éditeur : Tôma a une discussion à cœur ouvert avec Futaba pour la première fois depuis l’incident. De son côté, pris entre deux feux, Taichi se sent tiraillé, et submergé par la situation, il met de la distance entre Tôma et lui. Tôma finit par ne plus se montrer au lycée… Que vont décider Taichi et Futaba ? Quels choix vont-ils faire ? Quel avenir les attend ?

Ortie et Douce

Ortie et Douce sont excitées : elles entrent à l’école. Mais pas n’importe laquelle : une école d’apprenties héroïnes. Elodie Shanta dévoile leurs premiers pas dans ce premier volume de série jeunesse édité par BD Kids.

École Écorce. Ortie et Douce sont heureuses. Elles ont été acceptées dans cette école de magie dirigée par Madame Suprême, prof d’éloquence. Lors de la première heure, elles font la connaissance des autres membres du corps enseignant  : Monsieur Velour, prof de style, Madame Sésame, prof de bravoure ou encore Madame Puissance, prof d’éducation physique.

Ortie possède le don de se transformer en chat, tandis que Douce peut devenir invisible. Les premiers jours, les deux amies tentent de découvrir leurs deuxième et troisième dons surnaturels. Tout cela est amplifié par les mystères entourant les professeurs de l’école Écorce. Rien ne pouvait faire plus plaisir à Ortie : elle aime enquêter…

Elodie Shanta aime le fantastique, et elle aime raconter aux plus jeunes des histoires fantastiques. Ainsi après la merveilleuse série Crevette, elle a réalisé Cécil et les objets cassés puis Résine. Ces univers toujours chaleureux et bienveillants sont construits avec finesse par la jeune autrice. Ils sont aussi idéaux pour les plus petits.

Ainsi, avec Ortie et Douce, elle poursuit son œuvre autour de la fantasy. Les deux copines ont des dons surnaturels qui les embrigadent dans des situations cocasses. La curiosité mal placée de la première se confronte au recul de la seconde. Les enquêtes sont amusantes et accrocheuses. Pas d’effusion de sang ni de grandiloquences fantastiques dans ce premier volume, mais de l’humour, les relations entre les protagonistes et de la folie-douce.

Ortie et Douce : un premier volet de série fantastique jeunesse réussi. De l’humour, de l’amitié et de l’entraide.

  • Ortie et Douce, tome 1 : L’école des pouvoirs
  • Autrice : Elodie Shanta
  • Éditeur : BD Kids
  • Prix : 9,95 €
  • Parution : 14 avril 2021
  • ISBN : 9782408024178

Résumé de l’éditeur : Ortie adore le danger, résoudre des enquêtes et être la meilleure. Et surtout elle sait se transformer en chat ! Douce est plus calme, studieuse et à l’écoute. Elle aime lire, et elle est capable de devenir invisible. Elles forment un duo d’enfer et sont prêtes à devenir un jour de géniales et imbattables super-héroïnes. Mais, en attendant, il leur reste encore pas mal de choses à apprendre. Et ça tombe bien : c’est la rentrée à l’école Écorce ! Aidées par leurs talentueux et redoutables professeurs, Ortie et Douce vont tout faire pour découvrir trois de leurs pouvoirs, ce qui leur permettra de passer en classe supérieure. Ça ne sera pas de tout repos pour les deux amies, mais ça tombe bien : les aventures, elles adorent ça ! Une nouvelle série magique et acidulée, par la géniale Élodie Shanta

Finnele 3 : allers-retours

Allers-retours est le troisième opus de la sublime série d’Anne Teuf, Finnele. Dans ce nouveau tome, Finnele débarque à Paris pour travailler comme femme de chambre dans la grande bourgeoisie de la capitale.

Soulignons-le tout de suite : avec Finnele, Anne Teuf dévoile la vie de sa grand-mère du début du XXe siècle à la fin de la Seconde guerre mondiale. Cette fresque historique est magistrale. Par l’entremise de son aïeule, elle raconte le destin d’une jeune alsacienne et par conséquent l’Histoire. Quand la petite histoire rencontre la grande Histoire, cela donne une série de très grande qualité, tant narrativement que graphiquement. Le tout est solidement documenté. Grand public, Finnele est une saga Delcourt que des collégien.ne.s ou des lycéen.ne.s peuvent facilement lire et donc peuvent leur permettre d’aborder des questions centrales de cette période.

Finnele dans le tourbillon de la guerre

Le premier tome mettait en scène Joséphine, surnommée Finnele, au début de la Première guerre mondiale. La jeune alsacienne portait ainsi un regard de petite fille – elle est née en 1906 – sur le conflit mondial.

Dans le deuxième volume, les lecteurs retrouvaient Finnele à l’heure de la reconstruction de son village d’Alsace après la Première guerre mondiale.

Finnele arrive à Paris

Le troisième opus consacre l’arrivée de la jeune fille à Paris. Nous sommes en 1928, dix ans après le premier conflit mondial. Finnele vient travailler au service de Mme Declerc, en tant que femme de chambre. Cette maison et cette tache sont tout nouveau pour elle. L’univers des grands bourgeois parisiens est à des milliers de lieues de sa modeste vie en Alsace.

Elle fait la connaissance d’Yvonne, la cuisinière mais aussi de la responsable des domestiques, peu commode. Elle loge dans une toute petite chambre sous les toits. Pour réussir son intégration, elle décide de passer du temps dans un foyer de jeunes filles catholiques alsaciennes…

Ce que l’on apprécie dans cette belle fresque historique, c’est le regard très juste d’Anne Teuf sur les différentes classes sociales de l’époque. Ce travail, qui pourrait s’apparenter à de la sociologie, met donc en lumière les conditions spartiates et peu encourageantes des domestiques dans les maisons bourgeoises. Les strates et l’étiquette y sont très bien montrées.

L’intelligence de l’autrice est d’imprimer une vraie ambiance dans son récit. Les tensions sont palpables. Surtout que ce troisième opus est aussi traversé par la Seconde guerre mondiale, une période délicate et de doutes pour Finnele.

Le trait en noir et blanc d’Anne Teuf participe de la grande réussite de cette série. L’absence de cadres de vignette apporte de la légèreté à ce récit qui peut parfois être dur. Le dessin est d’une belle lisibilité.

  • Finnele, tome 3 : Allers-retours
  • Autrice : Anne Teuf
  • Éditeur : Delcourt, collection Encrages
  • Prix : 16,95 €
  • Parution : 03 mars 2021
  • ISBN : 9782756090948

Résumé de l’éditeur : 1928. Finnele, 22 ans, débarque à Paris pour occuper un poste de femme de chambre. Les domestiques alsaciennes y sont réputées pour être « propres, actives et honnêtes ». La jeune femme apprécie la vie trépidante et moderne de la capitale. C’est décidé, elle veut désormais s’offrir des habits élégants, se marier avec un « Monsieur », installer son ménage en ville. Mais comme souvent avec les grands projets, rien ne se passe comme prévu…

 

Presque

Pour son premier roman graphique, Cathy Karsenty met en scène tous les Presque, tous les rendez-vous manqués, toutes les décisions (petites ou grandes) prises dans sa vie. Un bel album aux éditions du Seuil.

J’ai presque rencontré mon père…
Je suis presque sortie avec Jean-Paul D…
J’ai presque fait du cinéma…
J’ai presque fait une psychanalyse…
Et J’ai presque fait plein d’autres choses…

L’abum ce sont toutes ces petites ou grandes choses que nous avons tous presque faites. Ces choses qui peut-être auraient pu changer notre vie ou pas d’ailleurs. Ces moments de doutes d’incertitudes, ces stratagèmes foireux, ces tournants de notre vie. Quand on regarde derrière nous, on a tous des « presque » qui sont là.

Cette lecture fait du bien, elle fait sourire même, on peut s’y reconnaître ou pas d’ailleurs. Mais finalement ces « Presque » sont aussi ce qui fait qu’on est nous-mêmes. Ces chemins que l’on n’a pas pris sont aussi ceux qui font qu’on est ce que l’on est pas une autre personne. J’ai vraiment passé un bon moment avec cette lecture qui se lit facilement et agréablement dans un format qui est totalement adapté à ces petites histoires.

  • Presque
  • Autrice : Cathy Karsenty
  • Éditeur : Seuil
  • Prix : 17 €
  • Parution : 1er avril 2021
  • ISBN : 9782021463415

Résumé de l’éditeur : Tous les rendez-vous manqués, tous les chemins que l’on n’a pas pris, tous ces « presque » sont des valises que l’on transporte toujours avec soi… Cathy Karsenty est une illustratrice confirmée. Elle est l’auteure de plusieurs livres adultes ou jeunesse ; Presque est son premier roman graphique.