Rages 1

Dans un monde peuplé d’animaux, leur seule chance de survie semblerait être de l’autre côté d’un grand mur. Mais voilà, il faut traverser un faisceau de lasers pour y arriver. Tome et Dan dévoilent le premier volume de Rages, une très belle série fantastique noire.

Le scénariste Philippe Tome est à l’honneur chez Kennes avec deux publications simultanées. L’éditeur belge propose La mort à lunettes (avec Goffaux) et Rages (avec Dan).

Pour cette dernière, l’auteur du Petit Spirou (avec Janry) a imaginé un univers anthropomorphe glaçant.

Cela fait 10 jours que Za-Ill, Ra-Igg et Jin marchent pour atteindre le Mur et découvrir la ville de An-Amh. Pour franchir l’immense construction, l’ours blanc et les deux pandas doivent traverser le rideau de titane, un faisceau de lasers meurtrier…

Cette fable dystopique est ciselée de main de maître par Tome. Les lecteurs sont happés par une intrigue qui se met en place avec précision au fur et à mesure qu’ils tournent les pages.

L’on apprécie avant tout la complexité de la personnalité de ces animaux. Chacun porte en lui le bien et le mal. Tout n’est pas manichéen dans le récit du scénariste de Seul (avec Gazzotti). Il y a forcément des nuances dans ses personnages.

L’histoire est plaisante, la partie graphique l’est aussi. Les deux compères se connaissent pour avoir travaillé sur le dernier Soda. Le dessinateur dévoile un bestiaire où les personnages ont de vrais instincts animal. Sanglants ou affamés, ils sont très loin des clichés disnéens.

  • Rages, tome 1 : Le rideau de titane
  • Scénariste : Philippe Tome
  • Dessinateur : Dan
  • Editeur : Kennes
  • Prix : 16,95 €
  • Parution : 16 septembre 2020
  • IBAN : 9782380751482

Résumé de l’éditeur : Dans ce pays imaginaire (mais l’est-il tant que cela ?) peuplé exclusivement d’animaux, tout oppose le Nord et le Sud jadis en guerre et désormais séparés par un mur infranchissable : Le Rideau de Titane. D’un côté, la dictature, les persécutions ; de l’autre, ce qui apparaît comme la Liberté, la Terre promise. Dans cette amère fable politique, Saakhi et Jin, un couple de pandas, cherchent à se réunir. Mais le monde futuriste d’An-Ahm n’est pas le paradis espéré. La révolution éclate et le destin les porte bientôt à la tête de camps mortellement opposés.

Eat and Love Yourself

Jeune vingtenaire, Mindy se sent mal dans sa peau à cause de son poids. Cela est donc délicat dans son travail et dans sa vie intime. Sweeney Boo déroule son quotidien dans Eat and Love Yourself, un très bel album positif chez Ankama.

A 27 ans, Mindy n’est pas la plus heureuse des femmes. Si son amie Shaé tente de la faire sortir et de lui remonter le moral, cela ne fonctionne pas. Complexée par son poids, elle se renferme sur elle. Seuls son chat et le chocolat lui font du bien.

Son boulot de serveuse dans un café et sympa mais elle ne semble pas s’y épanouir et sa vie intime est au point mort.

Un jour après son service, elle passe à la supérette du coin pour acheter des friandises, notamment une nouvelle barre chocolatée Eat and Love Yourself. En en mangeant un bout, elle revit des bribes de son passée…

Eat and Love Yourself, c’est un très joli album positif sur l’acceptation de soi. Mindy vit mal son surpoids. Son trouble de l’alimentation lui joue des tours sur sa santé physique et mentale. Elle se renferme et n’ose plus. Ses troubles du comportement alimentaire (TCA) nous sont montrés par l’ingestion de la barre de chocolat, sorte de porte dimensionnelle vers son passé : ses parents, l’école et le regard des autres.

Ce côté fantastique est la très bonne idée de l’album. Eat and Love Yourself parle de cela. D’ailleurs, ces thématiques sont rarement abordées en bande dessinée. Il faut toute l’habileté et la bienveillance de Sweeney Boo pour bien les restituer.

Sans aucun jugement et même si parfois cela est dur pour Mindy, l’album est optimiste et ne donne pas de leçons.

Les personnages principaux de l’autrice sont avenants et attachants, tandis que les planches sont agréables à l’œil. Tout plait dans cet album, le propos comme le dessin. Une vraie réussite !

  • Eat, and Love Yourself
  • Autrice : Sweeney Boo
  • Editeur : Ankama
  • Prix : 19,99 €
  • Parution : 05 février 2021
  • IBAN : 9791033512493

Résumé de l’éditeur : Mindy a 25 ans et travaille dans un café de Montréal. Timide et mal dans sa peau, elle souffre d’un trouble du comportement alimentaire depuis l’enfance. Un soir, pour satisfaire une crise de boulimie, elle achète une tablette de chocolat qui va changer sa vie…

Athéna

Le délégué venu du froid est le troisième volume des aventures d’Athéna, la très jolie série jeunesse de Sibylline, Bagères et Voyelle aux éditions BD Kids.

Athéna, c’est une réécriture du mythe antique de la déesse protectrice d’Athènes. Prépubliées dans la revue Julie, le recueil reprend les histoires courtes parues dans le mensuel. Composé de neuf récits, il met donc en scène Athéna et ses ami.es dans de folles aventures fantastiques et humoristiques pour les jeunes lecteurs.

On retrouve ainsi les dieux et les déesses de toutes les mythologies – nordiques et égyptiennes y compris – alors adolescent.es. C’est sympathique et très drôle. Ce mélange syncrétique apporte de la vivacité et une belle folie-douce.

D’un kraken géant écrasant des bateaux à l’idylle naissante entre Osiris et Athéna, en passant par l’arrivée de Thor ou les cours de la professeure Thalie, tout est prétexte à l’aventure et à l’humour. Les personnages vivent ce que vivent nos adolescents : amitié et amour, le tout sur le Mont Olympe.

Les récits de Sibylline (Le trop grand vide d’Alphonse Tabouret, Rat et les animaux moches) et Frédéric Bagères (Panique au zoo) sont distrayants et amusants. Quant au trait de Marie Voyelle, il est tout en rondeur. La dessinatrice de C’est pas toujours pratique d’être une créature fantastique apporte elle aussi de l’humour par des personnages et des postures très modernes.

  • Athéna, tome 3 : Le délégué venu du froid
  • Scénaristes : Sibylline et Frédéric Barèges
  • Dessinatrice : Marie Voyelle
  • Editeur : BD Kids
  • Prix : 9,95 €
  • Parution : 14 octobre 2020
  • IBAN : 9782408022471

Résumé de l’éditeur : Pour Athéna, tout va pour le mieux : après des années d’attente, elle a enfin découvert son pouvoir ! Fini la jeune déesse qui se sentait inférieure et incapable, elle peut maintenant former des boucliers magiques pour se défendre et faire plein d’autres choses géniales ! Mais cette joyeuse ère qui démarre pour l’adolescente est vite troublée par l’arrivée dans leur collège d’un nouvel élève, Thor. Délégué de son établissement, il vient passer quelque temps au mont Olympe pour apprendre de ses camarades… en tout cas officiellement. Car, en réalité, ce nouvel élève s’avère particulièrement mauvais, jaloux, colérique et prétentieux ! De quoi troubler la joyeuse harmonie de notre groupe d’apprentis héros. L’amitié sera-t-elle plus forte que tout ? Pourra-t-elle réchauffer le délégué venu du froid ?

 

Anuki : Le grand voyage

Et si Anuki faisait Le grand voyage ? Celui entre les rêves, les délires et la mort ? Frédéric Maupomé et Stéphane Sénégas imaginent la dixième aventure de leur petit indien; un récit fort entre angoisse et onirisme.

A force de le répéter, les lecteurs de Comixtrip vous comprendre que l’on est de vrais amoureux d’Anuki. Cette merveilleuse-géniale-addictive série nous plait par son formidable dessin et les thématiques abordées.

Univers sans texte, Anuki parle avec intelligence et subtilité aux jeunes lecteurs (non ou primo). Série grand public d’excellente qualité, elle accompagne les enfants depuis maintenant 10 ans ! Succès critique et public (plus de 70 000 albums vendus), Anuki est la série sans parole ! (avec le merveilleux Petit Poilu).

Après des poules, des castors, un lapin, un poney, une course ou les migrants, Frédéric Maupomé aborde les questions autour de la mort. Depuis deux albums, le série se fait plus noire et plus sérieuse. Un virage inattendu mais bienvenu.

Bien décidés à suivre le chamane du village dans son voyage secret, Nuna, Isha et Anuki ne pensaient pas vivre une aventure si angoissante; un véritable contre-la-montre pour tenter de sauver le petit indien d’une morsure de serpent…

Encore une fois, Frédéric Maupomé fait marcher son imagination à bloc pour nous mener vers un lieu encore plus lointain que les précédents albums : le royaume des morts.

On a peur pour Anuki, on a peur pour ses ami.es et on observe impuissants, les effets secondaires qui font délirer le malade. L’angoisse est là qui augmente au fil des pages. Oui, le scénariste de Supers et Sixtine peut parler de tous les sujets parce qu’il les maîtrise et les fait découvrir avec intelligence à son jeune lectorat. Il nous confiait dans un entretien d’ailleurs qu’« Anuki n’est pas vraiment une histoire d’indiens. En fait, c’est autant une histoire d’indiens que celle d’enfants qui jouent aux indiens dans la cour de récréation ». Un point que rejoint Stéphane Sénégas. Pour lui : « Anuki s’adresse à tout le monde. »

Le scénariste s’arroge le droit de parler de tout et il a bien raison; il le fait tellement bien. La mort fait partie de la vie alors pourquoi ne pas aborder ce thème.

Ne pas prendre les jeunes lecteurs pour des enfants dénués de sens et d’esprit, voici la grande réussite d’Anuki et par extension la ligne éditoriale de La gouttière.

Le grand voyage nous transporte, nous questionne et nous mène vers des contrées jusqu’à présent non explorées par la série. Le duo a bien fait. Chapeau !

  • Anuki, tome 10 : Le grand voyage
  • Scénariste : Frédéric Maupomé
  • Dessinateur : Stéphane Sénégas
  • Editeur : La Gouttière
  • Prix : 10.70 €
  • Parution : 22 janvier 2021
  • IBAN : 9782357960268

Résumé de l’éditeur : Le chaman du village part en expédition, loin du territoire, pour rencontrer d’autres sorciers. Anuki et ses amis décident de le suivre, malgré son interdiction. Le petit indien se retrouvera face à un grand danger et ne pourra plus compter que sur Isha et Nuna pour le sauver, ainsi que sur l’aide d’une petite chouette…

 

Les enfants du tonnerre

Élevés dans les rites indiens par un grand-père rock’n’roll, Nuage fou et Tornade céleste vivent de très jolies aventures sous la plume de Guillaume Guéraud et les pinceaux de Laurent Audouin dans Les enfants du tonnerre, une nouvelle série jeunesse chez Sarbacane.

Nuage fou et Tornade céleste sont frère et sœur. Élevés par Grizzly sage, ils sont la joie de vivre incarnée. Ils sont de véritables petits indiens contrairement à leurs camarades, plus à même de jouer du smartphone que de chasser à l’arc. Ils ignorent tout des technologies modernes et donc font figure d’OVNI. Pourtant, ils s’en accommodent bien et ne le vivent pas mal.

Mais voilà, Harmonie, leur institutrice est malade. Pour la soigner, les deux enfants partent en quête d’une queue bleue de lézard…

Un nouvel album de Laurent Audouin, c’est toujours un petit événement. Après les géniales séries Les enquêtes de Mirette (avec Fanny Joly), Cinémonstres (avec Stéphane Tamaillon), Sacré-Coeur et Victor & Adélie (avec Amélie Sarn), il régale les yeux des jeunes lecteurs avec Les enfants du tonnerre. Son dessin tout en rondeur et ses très jolies couleurs apportent de la chaleur au récit enthousiasmant de son comparse Guillaume Guéraud. Grandes illustrations pleine-page, sur une demi-page ou 3/4 de page sont idéales pour les enfants parce que très lisibles et amusantes.

Quant à l’histoire de Guillaume Guéraud, elle nous fait voyager dans une contrée reculée des États-Unis à l’époque actuelle. Si les clichés sur les indiens sont là, ce n’est que prétexte pour parler d’héritage et conter une quête initiatique prenante. Chercher un remède pour l’enseignante, croiser des personnes et passer des obstacles à dos de cheval sont au cœur de cette histoire positive et drôle. Un petit peu de frisson face à des animaux féroces et la folie-douce du remède donnent un livre jeunesse illustré sympathique et captivant.

  • Les enfants du tonnerre, tome 1 : Des éclairs dans la vallée
  • Scénariste : Guillaume Guéraud
  • Dessinateur : Laurent Audouin
  • Editeur : Sarbacane
  • Prix : 14,95 €
  • Parution : 06 janvier 2021
  • ISBN : 99782377314553

Résumé de l’éditeur : Mais que font Nuage Fou et Tornade Céleste à cette heure de la journée, à galoper au fin fond de la vallée Loindetou ? Harmonie, leur maîtresse, a fermé l’école, désespérée de voir le village endormi devant les écrans… Heureusement, Grizzli Sage, leur grand-père adoptif, vieux chaman à moto aux pouvoirs surnaturels, a la recette pour les réveiller : grimper au sommet de la Dent Cassée et rapporter une queue de lézard bleue… et puis déclencher un orage !

Une nouvelle série réjouissante, à dimension politico-écolo, hors des sentiers moralisateurs. Avec une mise en page pleine de pêche, entre album jeunesse et bande dessinée !

Nosferatu

Des vampires mais pas vraiment. Et amnésique avec ça. Enfin c’est le cas de Laura. Si tel est bien son nom. Elle n’en est pas sûre.

Tout commence lorsqu’elle se réveille sans mémoire dans la forêt, sous un tas de gravas, étrangement sans os brisé. Mais la mémoire envolée. Puis elle demande de l’aide au village voisin et voilà qu’elle se fait attaquer par des humains aux yeux révulsés, hurlant de lui donner son sang, cherchant à tous prix à la dévorer. On est plutôt partie pour une histoire de zombie historique médiéval, non ?

Et bien non.

Les Nosferatus sont des créatures immortelles à l’apparence humaine qui brûlent au soleil et rendent les humains avides de sang jusqu’à la folie. Personne ne peut les approcher sans en payer le prix. Sauf… Sauf quelques olibrius.

Comment devient-on Nosferatu ? En buvant le sang de l’un d’eux. Mais seulement 1 personne sur 10 survit à l’expérience…

Et puis, il y a les Nosferatus qui fuient, les loups solitaires et ceux qui se rassemblent en Royaume. Il y a les hommes qui subissent, et les chasseurs de monstre. Qui ont un sens moral discutable.

Bienvenue dans l’univers de Nosferatu. Un manga de Dark Fantasy juteux ou la mémoire de Laura devrait se hâter de revenir. Car la jeune femme ne peut pas approcher les gens sans les rendre fous, ne supporte pas la lumière du soleil et ne peut pas mourir, même avec le cœur transpercé ou la tête tranchée. Et ses ennemis n’attendront pas qu’elle se souvienne d’eux.

Pourtant la jeune femme sans mémoire n’est pas d’un naturel solitaire. Elle aime le contact des gens et s’isoler lui coûte cher. Saura-t-elle se dénicher des compagnons qu’elle ne mettra pas en danger ? Saura-t-elle trouver son identité ? Qui est Arnolt, l’homme qui lui a promis de l’éduquer comme il se doit cette fois ?

Doté d’un design sombre qui sied à merveille aux mangas de dark fantasy, Nosferatu trouve son originalité dans la nature particulière de ses vampires. Plus ambigus de nos monstres traditionnels, les nosferatus promettent des combats sanglants et plein de rebondissement, autant qu’une géopolitique complexe intégrant une multitude d’acteurs. Montrant une fois de plus que les monstres ne sont pas toujours là où on les attend.

Un tome 1 et 2 pour public averti – c’est un manga de dark fantasy pour adulte (mais pas autant que Berserk je vous rassure) – écrit et dessiné par Shinjiro. La série est courte, publiée en 4 tomes aux éditions Soleil.

Une lecture amusante pour qui aime bien le gore, la géopolitique et la fantasy.

  • Nosferatu
  • Auteur : Shinjiro
  • Editeur : Soleil
  • Prix : 7,99€
  • Parution : 15 octobre 2020
  • IBAN : 9782302083578

Résumé de l’éditeur : Les nosferatus, derrière leurs visages humains, font perdre la raison à toutes les créatures qui les approchent. Laura, découvre un village infecté et ne survit que grâce à l’intervention d’Arnold, un homme d’église chargé de purger les populations concernées. Bientôt elle découvre l’atroce vérité : Arnold est un nosferatu qui peut massacrer librement des cités entières. Elle doit trouver un moyen de l’arrêter.

Kingdom of Knowledge T2

Kingdom of Knowledge 2. Un royaume s’effondre et il faut rester en vie. Entre fuite et trahison, le prince Marc va-t-il pouvoir faire confiance à un enfant gnome, ancien serviteur de l’Empire ?

Telle est la question. le jeune Fei n’a qu’une idée en tête : se venger contre l’Empire qui a détruit les siens après les avoir utilisé pendant des années. Mais dans le monde extérieur, la version de la vérité est différente. Les gnomes ont travaillé main dans la main avec l’Empire pour asservir le monde. Alors lorsque le Royaume d’East Garden tombe aux mains de ses ennemis, il doit à nouveau faire preuve de bonne volonté et d’une résilience à toute épreuve pour sauver ce qui peut l’être : Le Prince Marc.

Gentil tout plein, avec un gros problème de confiance en lui, Marc est pourtant le seul espoir du Royaume, « fait pour être roi » selon son père. Fuir et rester envie pour retrouver des alliés qui lui permettront de sauver son foyer.

Mais la route est longue, les ennemis nombreux et malins, et les alliés difficiles à rallier.

Le tome 2 de Kingdom of Knowledge donne une nouvelle dimension au récit. Les personnages s’affirment. La relation de Fei et Marc est amenée à nous montrer de grandes choses. Une nappe de mystère persiste sur le caractère de l’antagoniste : l’empereur qui asservi le reste du monde.

Mais en attendant les enjeux se complexifient. On entre dans une course poursuite intellectuelle semée d’embûches et de défis.

Le manga de Dark fantasy, édité chez Dark Kana s’assombrit encore, et nous offre un voyage initiatique toujours plus original…

  • Kingdom of Knowledge T2
  • Autrice : Serina Oda
  • Editeur : Kana
  • Collection : Seinen
  • Prix : 7,45 €
  • Parution : 27 novembre 2020
  • ISBN : 9782505085171

Résumé de l’éditeur : Fei, le seul rescapé du massacre de son peuple, se joint à Nagi et se dirige avec elle vers le grand royaume d’East Garden dans le but de trouver des alliés pour venger ses semblables. Une fois à destination, il va rencontrer le prince Marc. Mais qu’est-ce que cette rencontre va apporter au jeune Fei ?

 

Lolicornes

A Loliland, il y a les Beaux et les Moches. Ced, Waltch et Gorobei imaginent ce monde mis complètement en désordre avec l’arrivée d’une jeune fille dans Lolicornes, un album très drôle chez Dupuis.

Loliland est un monde merveilleux géré par Mamy Loly, la maire de la ville. Cet endroit idyllique (euh, non en fait…) est divisé en deux : les Beaux, qui ont tous les avantages et les Moches, qui doivent bosser pour tous les autres. Telle Margaret Thatcher, la maire gouverne avec une main de fer. Parfois, Kurb se moque d’elle après une énième demande de la vieille dame.

Ce calme apparent vole en éclat après que la foudre a touché la ville. Avec ce tonnerre, au milieu de la forêt, une jeune fille se réveille dans un grand fracas. Pénélope, puisqu’elle se prénomme ainsi, fait peur dans un premier temps à Krub et ses amis.

Amenée manu militari chez Mamy Loly, elle est enthousiaste : autant de licornes en si peu de m², elle n’en avait jamais vu. Mais voilà, Loliland est menacé par un virus mutant transformant les infectés en zombis…

Loliland : de l’humour et des zombis

On connaissait déjà la folie de Gorobei dans Bushido (avec Thierry Gloris) et Atma gardien des esprits (avec Shuky), on découvre celle de Ced et Waltch (Island avec Mao). A eux trois, ils imaginent une histoire décalée et très drôle. Les personnages du premier sont délicieux, tout en rondeur et kawaï, et ses couleurs sont très pop.

Mais sous ses aspects de bonbons tout doux, Lolilcornes joue avec les code du genre horrifique pour enfant. Les zombis sont dans la ville et leurs corps changeant peuvent faire frissonner les plus petits.

Au-delà de l’effroi (relatif) de ces morts-vivants, Ced et Waltch prennent le temps d’aborder les thèmes de l’exclusion (les Beaux, les Moches) et de l’apparence dans cette aventure qui devient haletante dans la deuxième partie de ce premier tome.

Pas de grise-mine à la lecture de Loliland. On rigole et on en redemande !

  • Lolicornes, tome 1 : La grise-mine
  • Scénaristes : Ced et Waltch
  • Dessinateur : Gorobei
  • Éditeur : Dupuis
  • Prix : 9,90€
  • Parution : 08 janvier 2021
  • ISBN : 9791034747719

Résumé de l’éditeur : « Lolicornes », c’est un monde joyeux et coloré peuplé de créatures mythiques ou éteintes dans notre monde : licornes, cyclopes, dodos… Mais derrière cette façade se cache en fait une société hautement inégalitaire : dès son plus jeune âge, chaque habitant de Loliland est rangé dans la catégorie « beau » ou « moche » en fonction d’un certain nombre de critères très subjectifs. La vie des « beaux » est idyllique alors que celle des « moches » est remplie de corvées et de dangers. Mais l’équilibre de cette société va être bouleversé par l’arrivée de Penny, une gamine humaine amnésique. Plus grave encore : une crise de « grise-mine » va attaquer une bonne partie de la population… mais uniquement les beaux ! Mamy Loly, dirigeante implacable de Loliland, va directement lier l’arrivée de Penny à cette maladie et charger Moe, un moche à tout faire, et ses copains pas beaux d’emmener Penny très loin… et de s’en débarrasser !

Corps public

Morgan veut disposer de son corps comme elle l’entend. Camille Ulrich et Mathilde Ramadier imaginent sa vie lorsqu’arrive Pierre et son envie d’enfant dans Corps public. Un très bel album publié par les éditions du Faubourg.

Depuis qu’elle est toute jeune Morgan a l’impression que son corps ne lui appartient pas. On veut lui imposer la pilule, décider quand elle doit avoir un enfant, choisir son métier. Mais tout ça c’est pour son bien… Mais Morgan fait comme elle veut quand elle le veut : Son corps n’est pas un Corps public.

L’histoire de la vie de Morgan, de sa jeunesse à son accouchement est construite sur la base de multiples témoignages de femmes et pour autant on n’en a pas l’impression tellement le récit est fluide.
Les autrices nous montrent à quel point cette société patriarcale veut systématiquement s’emparer et décider pour les autres et en particulier pour les femmes.

Habilement et à juste titre, Mathilde Ramadier et Camille Ulrich nous rappellent que les femmes n’ont pas besoin des autres pour décider ce qu’elles doivent faire et quand elle doivent le faire. Cette bande dessinée n’est pas pour autant contre les hommes bien au contraire, elle souhaite juste faire évoluer les mentalités et c’est tellement intelligent.

Une très belle lecture que je conseille aux hommes, aux femmes, aux parents, aux amis, à la famille… Pour apprendre, comprendre et ne plus faire les même erreurs. En somme une lecture pédagogique que j’ai véritablement aimé.

  • Corps public
  • Scénariste : Mathilde Ramadier
  • Dessinatrice : Camille Ulrich
  • Éditeur : Editions du faubourg
  • Prix : 20,90€
  • Parution : 04 février 2021
  • ISBN : 9782491241537

Résumé de l’éditeur : Le corps de Morgan est sans cesse une affaire publique. Dès douze ans, le gynécologue veut la mettre sous pilule. A vingt ans, ses parents la verraient mieux babysitter qu’ouvreuse. Son prof de théâtre prend les comédiennes pour des « hystériques » , son sex-friend confond ébats et narcissisme… Puis Pierre entre dans sa vie. Ils veulent un enfant. Comment faire face à ce désir bouleversant ?

La gameuse et son chat

Célibataire, Kozakura décide d’adopter un chat. Les aventures humoristiques sont contées dans La gameuse et son chat, un manga de Wataru Nadatani aux éditions Doki Doki.

Salariée d’une société commerciale, Kozakura est une célibataire de 29 ans. Appliquée dans son travail, elle ne fait jamais d’heures supplémentaires et se sort jamais avec ses collègues. Discrète sur sa vie privée, ce qu’elle apprécie le plus ce sont les jeux vidéo. C’est une vraie gameuse.

Une jour dans sa boîte, l’agent du quartier propose aux employés d’adopter un des chats qu’il a trouvé dans la rue. En voyant l’un d’eux, Kozakura fond. Elle décide de le ramener chez elle. Elle qui n’a jamais eux d’animaux, est perdue…

La gameuse et son chat est un petit manga sans prétention. On le sait, les Japonais.es adorent les chats et leur vouent un vrai culte (voir notre top sur les chats). De nombreux mangakas en ont même fait des séries ou des one-shot (Junji Ito, Osamu Tezuka, Le vieil homme et son chat…).

Ici, la dose d’humour est importante par les situations quotidiennes cocasses qui se transforment en vraie folie. Kozakura n’y connait rien en chat mais rapidement doit s’y pencher. Elle apprendra à ses dépens.

La gameuse et son chat : Chat et jeux vidéo dans un très joli titre manga assez drôle.

  • La gameuse et son chat, tome 1
  • Autrice : Wataru Nadatani
  • Éditeur : Doki Doki
  • Prix : 7,50 €
  • Parution : 06 janvier 2021
  • ISBN : 9782818978337

Résumé de l’éditeur : Kozakura, 29 ans, célibataire et fière de l’être. Son but dans la vie : consacrer la moindre minute de son temps libre aux jeux vidéo. Mais voilà qu’un nouveau joueur fait son apparition dans sa vie : un petit chat tout ce qu’il y a de plus réel, qui va bien l’occuper entre deux parties… Car cohabiter avec un félin plein de vie, ce n’est pas pour les petits joueurs, et la gameuse va le découvrir à ses dépens !

Des assassins

Chen Uen met en image les mémoires historiques de Sima Qian dans le très beau recueil Des assassins. Dépaysant et passionnant !

Après la collection Petit Patayo mettant en lumière des lianhuanhua, les éditions Patayo s’enrichissent d’un nouveau label Des cases, des langues, des mondes, dirigé par Laurent Mélikian. Pour le premier album publié dans cette collection, il a été choisi Des assassins de Chen Uen.

Ce recueil regroupe sept histoires issues des mémoires historiques de Sima Qian, un historiographe chinois du 1er siècle avant notre ère.

Après une mise en contexte de Marie Laureillard, maître de conférence à l’université de Lyon 2, les lecteurs découvrent une salve de cinq histoires courtes. Chacune d’elle met en scène de puissants guerriers en prise avec des complots de cour ou des batailles.

Tels des contes populaires, Des assassins sont portés par une partie graphique somptueuse de Chen Uen. Avant les deux derniers récits, Laurent Mélikian brosse le portrait de cet artiste d’une soixantaine d’années. On y apprend que les cinq premiers épisodes des Assassins furent publiés par Jay Comics, un bimensuel chinois créé en 1985.

Les vignettes de Chen Uen sont de véritables tableaux en elles-mêmes. Le coup de pinceau du dessinateur chinois apporte de la matière assez bluffante.

  • Des assassins
  • Auteur : Chen Uen
  • Éditeur : Patayo, collection Des cases, des langues, des mondes
  • Prix : 30 €
  • Parution : 15 janvier 2021
  • ISBN : 9782491277338

Résumé de l’éditeur : « De Cao Mo à Jing Ke, il en est parmi ces cinq personnages qui réussirent à faire prévaloir leur volonté, d’autres qui échouèrent dans leur entreprise. Mais tous furent animés du même idéal inflexible qu’ils ne renièrent jamais. Aussi il n’est que justice que leur nom se transmette à la postérité ! » Sima Qian, historien (145-86 av JC). Adaptée par Chen Uen, le Maitre de la BD de Taiwan en 1986, cette épopée des Assassins provoqua un choc graphique par l’énergie calligraphique de ses encres de couleur. Les codes de cette BD combinent les influences orientales et occidentales, pour un manhua épique, théâtral et très moderne. Pour s’immerger dans les intrigues de la Chine Antique, ce livre contient également les textes de Marie Laureillard, Maître de conférences en études chinoises à l’université Lyon 2, de Laurent Melikian, Journaliste BD. Ainsi que pour la première fois en France, traduite par Soline Le Saux, la biographie par Sima Qian des 5 assassins.

Aozora Yell

Tsubasa rêve de faire partie de la fanfare de son lycée. Les éditions Panini Manga dévoilent ses aventures dans Aozora Yell, un très joli shôjo signé Kazune Kawahara.

Prépublié dans la revue Betsuma des éditions Shueisha au Japon depuis 2018, Aozora Yell suit les pas des Tsubasa, une lycéenne timide.

Toujours à regarder ses chaussures parce qu’elle est introvertie, l’adolescente arrive tout juste dans son nouvel établissement scolaire de Shirato. Elle est déterminée à entrer dans la fanfare du lycée. Mais voilà, jusqu’à présent, elle n’a jamais tenu d’instrument de musique dans ses mains.

Il faut souligner que le lycée est réputé grâce aux nombreux trophées glanés par le groupe de musique mais également par l’équipe de baseball.

Dès le premier jour dans sa classe, Tsubasa rencontre Daisuke, un baseballeur. Malgré son imposante stature et son charisme, il est d’une grande gentillesse. Tous ne sont pas aussi bienveillant avec elle. C’est le cas de la professeure de musique, plutôt sèche dans ses paroles. Pour faire partie de la fanfare, elle lui demande de gonfler un ballon de baudruche. Impossible. Tsubasa décide alors de faire du sport afin de relever le défi…

Si l’on a l’impression d’avoir déjà lu des centaines de fois des mangas de ce type, on est surpris à être accroché par Aozora Yell. Jouant vraiment classiquement avec les codes du shôjo, Kazune Kawahara imagine des personnages attachants. En premier lieu, Tsubasa dont on entre rapidement en empathie avec elle. Timide mais très volontaire, cette jeune fille navigue dans cette période charnière qu’est l’adolescence avec des difficultés.

En plus des changements physiques et son attirance pour Daisuke, elle se rajoute un obstacle avec la musique. Si elle réussit, elle sait que cela sera plus simple avec ses camarades de lycée. C’est en effet, un bon moyen de sociabilisation et se faire des amis.

Le sport et la culture sont au cœur de ce très bon manga. Univers assez éloignés, ils permettent de s’intégrer, de faire groupe, de faire bouger son corps et son esprit.

Les planches de Kazune Kawahara sont efficaces, très équilibrées et très lisibles.

Aozora Yell : un petit shôjo sympathique, sans prétention mais qui se lit avec plaisir !

  • Aozora Yell, tome 1
  • Autrice : Kazune Kawahara
  • Éditeur : Panini Mangas
  • Prix : 6,99 €
  • Parution : 06 janvier 2021
  • ISBN : 9782809493887

Résumé de l’éditeur : Complexée et timide, Tsubasa Ono rêve d’entrer dans la célèbre fanfare de son nouveau lycée pour y jouer de la trompette. Mais elle n’a jamais joué d’un instrument, et celui qu’elle a choisi n’est pas le plus facile à maîtriser. En plus, l’orchestre de son école est très réputé, seuls les meilleurs musiciens peuvent y accéder. Sa rencontre avec Daisuke Yamada, un sportif accompli et membre du club de base-ball du lycée, va être pour elle une révélation. Elle qui jusque-là avait toujours marché les yeux baissés, relève enfin la tête. Entourée d’une bande d’amis, elle est prête à relever tous les défis.Kazune Kawahara, l’auteur de Koko Debut est une mangaka reconnue par ses pairs et très appréciée des lecteurs français. Fidèle au magazine Betsu Margaret, édité par Shueisha, la plupart de ses séries sont devenues des histoires phares de la revue. Aozora Yell a rencontré un vif succès auprès des adolescents japonais qui se sont retrouvés dans les difficultés rencontrées à cet âge et abordées avec une grande finesse. Comme d’habitude les personnages sont bien construits et font preuve de beaucoup de sensibilité. Par ailleurs, le nombre de héros est l’assurance de ne pas s’ennuyer. Ce sera un plaisir d’encourager tout ce joli monde à atteindre ses objectifs !