Manuel de BD pour les enfants

Après Dessiner, illustrer mode d’emploi, les éditions Eyrolles proposent Manuel de BD pour les enfants signé Lorenzo Chiavini.

Alors que Dessiner, illustrer mode d’emploi s’adressait aux novices adolescents ou adultes, Manuel de BD pour les enfants est ciblé pour les plus jeunes.

Le premier mettait en scène avec humour l’auteur Yuio, le second est beaucoup plus didactique encore. Lorenzo Chiavini compose son ouvrage de 128 pages en quatre chapitres :

  • Le dessin avec pour bases des figures géométriques qui permettent ensuite de mettre les personnages en volume. Visage, corps et mouvements sont impulsés par ces constructions. Accessoires, expressions des visages, gestuelles, mains, pieds, cheveux, vêtements, animaux complètent ce chapitre 1.
  • Décors : les plans, reliefs, taille des éléments, silhouettes, perspectives, lumière, ombres, bulles, découpage, lettrage, onomatopées
  • l’histoire : ton du récit, schéma narratif, les formats des planches, différents plans, champ, contrechamp, hors champ et storyboard
  • la couleur : encrage, hachure, trame, crayon, aquarelle, gouache, acrylique, ordinateur

On apprécie beaucoup cet ouvrage simple et donnant de nombreux conseils. Tous les champs sont balayés. Les textes sont compréhensibles, les dessins lisibles et la composition aérée.

  • Manuel de BD pour les enfants
  • Auteur : Lorenzo Chiavini
  • Editeur : Eyrolles
  • Parution : février 2019
  • Prix : 15€

Résumé de l’éditeur : Un manuel tout en images pour apprendre aux enfants à créer leur première bande dessinée. Lorenzo Chiavini transmet son savoir-faire d’auteur de bande dessinée pour accompagner les 6-12 ans à chaque étape de conception : les bases du dessin, la création des personnages, du décor, de l’histoire, la composition et la mise en couleurs manuelle ou numérique. Un livre qui se lit cahier et crayon en main pour réaliser les exercices proposés et donner naissance, au fil des pages, à sa propre bande dessinée !

Assassin’s creed : bloodstone

Qui est vraiment Tomo, le jeune Assassin japonais ? Guillaume Dorison et Ennio Bufi dévoilent son passé dans Assassin’s creed : bloodstone, un album édité par Les deux royaumes.

Déclinaison en bande dessinée du célèbre jeu vidéo Assassin’s creed, ce premier volet de Bloodstone nous régale ! Rythmé, ce récit construit comme un polar est excellent. Si parfois les ressorts scénaristiques sont un peu classiques, le lecteur apprécie les rebondissements, le suspense et les combats imaginés par Guillaume Dorison.

L’animateur de la chaîne J-One propose une histoire plaisante entre passé et présent sur fond de vengeance. Le lecteur suit avec plaisir le jeune Tomo. Les retours sur son passé pendant la Guerre du Vietnam sont plutôt bien amenés.

La grande force de l’album est sa partie graphique. Quel plaisir visuel, ces planches de Ennio Bufi ! Dans la veine des excellents comics américains, il réalise une partition parfaite.

Aidé au story-board par Thibaud de Rochebrune et aux couleurs par Andrea Meloni, l’auteur italien (Carthago, Clandestino) maîtrise bien le style réaliste qui convient parfaitement à ce style de récit.

  • Assassin’s creed : bloodstone, tome 1/2
  • Scénariste : Guillaume Dorison
  • Dessinateur : Ennio Bufi
  • Story-board : Thibaud de Rochebrune
  • Editeur : Les deux royaumes
  • Parution : 29 mars 2019
  • Prix : 13.50€
  • ISBN : 9782918771685

Résumé de l’éditeur : Tomo est l’un des plus jeunes membres d’une cellule d’Assassins japonais. Plutôt technicien spécialiste du hacking que combattant invétéré, Tomo identifie un détournement massif de données opéré par une clinique en Suisse. Son enquête le mènera sur les traces d’une autre cellule d’Assassins cherchant à mener à bien un projet initié lors de la Guerre du Vietnam.

Road to nowhere

Entre rêve et réalité, Road to nowhere est un étonnant album de Pao-Yen Ding édité par Misma.

Un adolescent consulte un carte de la Région de l’Inconnu dans le hall d’une gare. Il en sort et entre dans un taxi direction la Station S. Le conducteur percute alors un être difforme en pleine nuit.

Il descend, le transfuse, lui coupe un bras et l’éviscère. Il en sort alors un objectif d’appareil photo. Il a l’habitude de récupéré des organes pour les revendre…

Pao-Yen Ding surprend les lecteurs avec Road to nowhere, un étonnant manga fantastique. L’on suit un jeune adolescent croisant fréquemment des créatures difformes.

Ce récit horrifique est construit comme une fable initiatique où le personnage prend une route vers nulle part. Est-ce un rêve, est-ce la réalité ? Le mangaka taïwanais brouille les pistes et perd son lectorat pour son plus grand plaisir.

On est agréablement surpris par une partie graphique en noir et blanc au feutre et à la mine de plomb très réussie.

  • Road to nowhere
  • Auteur : Pao-Yen Ding
  • Éditeur : Misma
  • Prix : 15€
  • Parution : 18 janvier 2019
  • ISBN : 9782916254685

Résumé de l’éditeur : Devant son écran d’ordinateur, un jeune garçon tape les mots suivants dans un moteur de recherche : L’AUTRE BOUT DU MONDE. C’est là où il a décidé de partir. Sac sur le dos et carte en main, il saute dans un taxi pour rejoindre la station d’autobus. Dans la nuit, le taxi heurte de plein fouet une mystérieuse créature. Un être d’apparence humanoïde, la figure criblée d’yeux gît sur le bord de la route. Le jeune garçon n’avait jamais vu une chose pareille. Selon le chauffeur, il s’agit d’une espèce en voix d’extinction très prisée pour ses yeux qui sont des lentilles rares d’appareil photo, son sang délicieux comme du thé au lait et sa chair aussi tendre qu’une viande de boeuf de Kobé. Arrivé à la station, le bus que devait prendre le jeune garçon est annoncé avec un retard de 24 heures. Dans la gare déserte, il fait la rencontre d’une jeune artiste qui vit dans un vieux bus aménagé en atelier et qui lui propose de le conduire où il veut. Ensemble, il feront escale dans une vieille cité fossilisée et rencontreront « Le Doc » , scientifique marginal qui a le don de redonner vie aux créatures et qui connaît leur secret… Le secret du monde. Pao-Yen Ding est un jeune auteur et artiste taïwanais, né en 1988 à Taipei. Il participe à des expositions et remporte de nombreux prix à Taïwan, dont le premier prix Jeunes Talents de la ville de Pingtung en 2016, qui lui permettra d’être invité l’année suivante au Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême.

Aku le chasseur maudit 1

Aku est frappé d’une malédiction. Akeji Fujimura et Muneyuki Kaneshiro dévoilent Aku le chasseur maudit, un très bon manga aux éditions Pika.

30 000 ans avant notre ère. Dadâ est un homme respecté dans sa tribu. Excellent chasseur, c’est souvent lui qui fait manger son clan par ses proies rapportées.

En couple avec Lulu, il vit bien. En plus, sa compagne attend un bel événement. Pourtant, si son enfant nait une nuit de lune rouge, alors la tribu sera en danger. L’Ancêtre le répète : ce bébé sera maudit et il faudra le tuer.

Dadâ ne voudra pourtant pas le sacrifier. Pour le garder en vie, il faudra qu’il défie un Volga, seigneur des plaines noires.

Il faut souligner que le chasseur était un petit être sauvage et c’est au contact de Lulu qu’il s’est assagi…

Prévu en cinq volumes, Aku le chasseur maudit démarre fort ! Cette histoire de vengeance imaginée par Muneyuki Kaneshiro plait par un rythme enlevé. Le scénariste a choisi une tribu primitive pour son histoire et c’est une excellente idée. Cette période préhistorique est propice aux interprétations et aux hypothèses les plus folles. Le paléolithique permet d’inventer des récits où les Hommes sont assez évolués et ont déjà fabriqué des outils et des armes, vivant en clan et ayant développé des croyances animistes.

C’est dans ce contexte que Muneyuki Kaneshiro (Billion dogs) peut faire courir son récit. Combat, lutte de clan et croyances ancestrales sont au cœur de ce très bon seinen.

Après Jeux d’enfants, le scénariste travaille de nouveau avec Akeji Fujimura. Son graphisme est extrêmement plaisant, très détaillé (notamment les décors et les animaux). Ce réalisme convient idéalement à cette aventure où la survie est le maître mot.

  • Akû le chasseur maudit, volume 1/5
  • Scénariste : Akeji Fujumira
  • Dessinateur : Muneyuki Kaneshiro
  • Editeur : Pika
  • Parution : 06 février 2019
  • Prix : 8.05€
  • ISBN : 9782811644925

Résumé de l’éditeur : Akû, petit homme des âges farouches naît un soir de lune rouge. L’ancêtre du village lui prédit un destin funeste, synonyme de destruction, et presse ses parents de sacrifier l’enfant. Mais Dadâ, son père, meilleur chasseur de la tribu est du genre à braver le destin et se moque des superstitions, il décide alors d’affronter une bête terrible pour racheter la vie de son fils…

Sur l’autre rive

Isatis témoigne de son périple en Equateur dans Sur l’autre rive, un joli roman graphique édité par Des ronds dans l’o.

Isatis se demande encore pourquoi elle a accepté cette mission en Equateur avant de partir. Pourtant, l’Amérique du Sud, elle en rêve depuis des années. Elle va travailler pour Una opcion mas – Une option de plus – une ONG qui apporte de l’aide à 14 associations locales. Ces entités développent des programmes pour des personnes en situation de handicap ou des femmes victimes de violence.

Isatis le sait, cela ne va pas être de tout repos, elle va arpenter de long en large ce petit pays hispanophone. A peine arrivée à Quito la capitale, elle rencontre Audrey, avec qui elle a façonné le projet. Avant de sillonner les routes, c’est chez elle qu’elle sera hébergée. Elle découvre un ville où l’on se perd facilement et où les inégalités dans la population sont immenses…

Très joli témoignage, Sur l’autre rive, nous emporte dans son sillon. Si la bande dessinée s’est souvent intéressée à l’Argentine, à la Colombie ou au Chili, elle s’est rarement aventurée en Equateur. Il faut dire que ce petit pays limitrophe du Pérou fait rarement parler de lui. Nous, Européens, le connaissons mal. Voilà aussi l’intérêt de cet album : découvrir Quito et cet état.

A l’image des récits de Guy Delisle, Sur l’autre rive donne avant tout la parole aux habitants et fait la part belle aux rencontres.

Ce très beau reportage est porté par un dessin jeté et moderne. A 23 ans, Isatis nous impressionne par le propos riche de son album et la qualité de son trait. Une première bande dessinée et une première réussite !

  • Sur l’autre rive, 6 mois de pérégrinations en Equateur
  • Autrice : Isatis
  • Editeur : Des ronds dans l’o
  • Prix : 18€
  • Parution : 13 mars 2019
  • IBAN : 9791035202095

Résumé de l’éditeur : L’autrice a travaillé 6 mois avec l’ONG franco-équatorienne Une Option de Plus basée à Quito qui appuie un réseau de 14 associations équatoriennes qui agissent dans le domaine social (aide aux enfants, femmes victimes de violences, personnes en situation de handicap, etc…). Durant ces 6 mois, Isatis réalise une bande dessinée documentaire sur 6 des associations de ce réseau. L’expérience très enrichissante lui donne envie de dessiner des histoires, de restituer des paroles et des regards venus des quatre coins d’Équateur. Depuis l’arrière des pick-ups sautillants sur les routes boueuses de la Costa, sur les toits à Quito, ou cheminant pieds nus dans des fleuves amazoniens. L’album tente de dresser des portraits des habitants de cet endroit du monde, et de décrire des initiatives solidaires, humaines.

Le grand méchant huit

Youpi-Land est un endroit enchanteur pour Rémi et son ami. Guillaume Long raconte leur périple dans ce parc d’attraction dans Le grand méchant huit.

Pour son anniversaire, un petit garçon a reçu un ticket d’entrée pour Youpi Land, un parc d’attraction. Il y retrouve son ami Rémi. C’est une chouette journée qui s’annonce : Youpi-fleur, Youpi-car sont au programme mais surtout le grand huit…

Loin des recettes de cuisine de A boire et à manger, Guillaume Long propose une belle aventure jeunesse avec Le grand méchant huit. Quoi de mieux qu’un parc à thème pour imaginer une sympathique histoire. Tout est là pour que Rémi et son ami passent une grande journée, seuls, sans leurs parents.

Jolie parodie des grands groupes de parcs d’attraction, ce récit humoristique parle aussi d’enfance, d’amitié et de débrouille. Idéal pour les lecteurs à partir de 8 ans, Le grand méchant huit repose aussi sur un dessin agréable à l’œil. L’auteur de Plâtatras (La joie de lire) réalise de très belles planches. Son trait tout en rondeur et l’expressivité des visages apportent aussi leur lot d’humour.

Le grand méchant huit : une belle surprise, encore un bel album de Guillaume Long !

  • Le grand méchant huit
  • Auteur : Guillaume Long
  • Editeur : La Joie de Lire
  • Prix : 9.80€
  • Parution : 17 janvier 2019
  • IBAN : 9791035202095

Résumé de l’éditeur : A Youpi Land, tout le monde s’amuse : c’est le règlement.

K.O. à Cuba

Alors qu’il doit aller combattre à Cuba, Marcel le colosse boxeur commence à avoir des doutes sur son sport. Camille de Cussac dévoile K.O. à Cuba, un très joli album jeunesse aux éditions Thierry Magnier.

Marcel est un champion de boxe. Colosse de 100 kg, il n’a jamais connu la défaite. Il aligne les victoires comme il aligne les KO qu’il inflige à ses adversaires.

Sa coach Dany lui intime l’ordre d’aller combattre à Cuba. Ce nouvel affrontement aura lieu dans six jours. Court mais cela ne fait pas peur à Marcel. Il devra juste s’entrainer seul. Sa vie va être bouleversée par Pedrolito, un petit chien handicapé…

Et si un petit chien pouvait changer un vie ? Et si cet animal pouvait faire vaciller les convictions d’un colosse ? K.O. à Cuba, c’est avant tout cela : un très joli récit sur une amitié, un amour entre deux êtres différents. Marcel, on ne lui demande qu’une chose : boxer, mettre ses adversaires au tapis et engranger de l’argent. Pas besoin de réfléchir, on le fait à sa place. C’est aussi ça la vie d’un sportif de haut niveau, on mâche le travail et on attend rien de lui. Sourires et autographes aux enfants en plus pour faire plaisir.

Pedrolito, c’est pareil : personne n’attend rien de lui. Ses pattes arrières ne fonctionnent plus, on lui a mis des petites roues pour se déplacer. Ces deux-là étaient fait pour se rencontrer. Un colosse pas très futé et un petit chien malingre et handicapé.

La vie de Marcel va être transformée. Il va se rendre compte qu’il n’est aimé que pour ses muscles et qu’il ne réfléchit plus à sa vie, il ne peut même pas la changer, tout est fait à sa place.

Camille de Cussac imagine une belle histoire, simple mais très belle. L’autrice diplômée de l’école de Condé dévoile des planches aux grands aplats de couleurs extrêmement modernes et réussies. Les contours de personnages aux feutres apportent cette touche de naïveté et d’innocence comme l’est Marcel.

K.O. à Cuba : laissez-vous entrainer dans un voyage dans les Caraïbes entre boxe et amitié, entre rejet et découverte de l’autre.

  • K.O. à Cuba
  • Dessinatrice : Camille de Cussac
  • Editeur : Thierry Magnier
  • Prix : 20.50€
  • Parution : 09 janvier 2019
  • IBAN : 9791035202095

Résumé de l’éditeur : Marcel est un boxeur. Un champion. Le combat qui changera sa vie ? Cuba ! Une belle histoire d’amitié sur fond de musique cubaine et de ring de boxe.

Confessions d’un canard sex-toy

Un album sexy à offrir ! Voici Confessions d’un canard sex-toy de Milly Chantilly. Les confidences de Sigmund, le canard pas toujours ravi de sa condition. Une belle intégrale éditée par Fluide Glacial.

Dans ses rêves les plus fous, Sigmund est un majestueux canard sauvage. Hélas,  le Tout-Puissant en a décidé autrement et il fait de lui un délicieux objet de plaisir : un canard sex-toy. On imagine trop vite une existence palpitante, faite de jouissance et de volupté… Mais quand on est un parfait objet de plaisir, la vie n’est rien de moins qu’un gag permanent ! Les confidences de Sigmund le canard pas toujours ravi de sa condition et ses conversations avec Elise son amie la vache-jouet, nous apprennent que sans être une vie de chien, la relation entre la propriétaire et son gadget fétiche n’est pas toujours de tout repos.

Les récits de Milly Chantilly (Mickaël Roux et Arnaud Poitevin), deux hommes donc  pour nous parler de plaisir féminin. Cette belle intégrale très drôle et sympathique, déroule ses gags sur demi-planche rappelant le travail de Arthur de Pins et sa série Les Pêchés Mignons.

  • Confessions d’un canard sex toy, intégrale
  • Auteur : Milly Chantilly
  • Editeur : Fluide Glacial
  • Parution : 13 mars 2019
  • Prix : 14.95€
  • ISBN : 9791097477042

Résumé de l’éditeur : Sigmund, le canard sex-toy, est le jouet favori de sa propriétaire mais leur relation n’est pas toujours au beau fixe et le travail peut se révéler pénible.

Champignac

Et si le comte de Champignac avait aidé les alliés lors de la Seconde guerre mondiale ? Béka et David Etien proposent Champignac, un excellent spin-off des aventures de Spirou et Fantasio.

Dans son château, le jeune Champignac avance sur ses expériences autour des caractéristiques des champignons. Un jour, sa gouvernante Nicolette lui apporte un lettre codée lui demandant de se rendre à Londres. C’est la guerre et sa vaste demeure est réquisitionnée par un gradé allemand. Il réussit néanmoins à fausser compagnie aux nazis et à partir pour le Royaume-Uni.

Après un autre message, il est attendu à Bletchley Park, lieu caché des services secrets britanniques. Il fait alors la connaissance de Miss McKenzie experte en mots croisés et Alan Turing le génie des mathématiques…

Quelle riche idée que d’imaginer un passé à Champignac ! Béka (Les rugbymen, Le jour où, L’atelier détectives) invente un récit construit comme un polar. Ce début d’aventure pendant la Seconde guerre mondiale est accrocheur notamment par un rythme enlevé et un suspense très présent.

Pour pimenter leur histoire, le duo de scénaristes fait rencontrer au comte des personnages historiques ayant existé : Turing, Churchill ou Fleming.

Le temps joue en leur défaveur, les nazis multiplient les bombardements et autres attaques en mer et sur terre. Champignac va mettre son intelligence au service de Turing et sa fameuse réplique de la machine Enigma.

Comixtrip aime énormément le travail de David Etien. Le dessinateur des 4 de Baker Street (avec Djian et Legrand) réalise de nouveau une partition de très haute qualité. Son trait semi-réaliste restitue admirablement l’ambiance enjouée du récit.

Champignac : un formidable départ pour ce spin-off sur le plus célèbre des comtes de la BD ! La suite, vite !!!

  • Champignac, Enigma
  • Scénaristes : Béka
  • Dessinateur : David Etien
  • Editeur : Dupuis
  • Parution : 04 janvier 2019
  • Prix : 14.50€
  • ISBN : 9782800174785

Résumé de l’éditeur : Berlin, 1938. Des ingénieurs allemands présentent à Hitler Enigma, une machine à crypter des messages au code inviolable. Ni plus ni moins qu’une invention qui devrait permettre aux nazis de gagner la guerre… Juin 1940. L’Allemagne a attaqué la France et la Belgique, qui ont capitulé. Au château de Champignac, le comte, un jeune scientifique spécialiste des champignons, reçoit une étrange missive cryptée. Un défi excitant pour Pacôme (Hégésippe Adélard Ladislas), qui ne tarde pas à en découvrir la clé. Surprise : le message vient de son vieil ami Black qui lui demande de le rejoindre à Londres pour une mission de la plus haute importance. Alors que le château est réquisitionné par l’armée allemande, Champignac arrive à fuir et à traverser la Manche. À Londres, un nouveau message l’envoie dans le petit village de Bletchley où, aidé du professeur Black, d’Alan Turing et de Miss Mac Kenzie, il va s’attaquer au décryptage de la machine Enigma. Une aventure passionnante qui mettra ses facultés intellectuelles à rude épreuve mais qui lui permettra également de croiser Churchill, de découvrir l’amour (non, pas avec Churchill) et de changer le cours de la guerre.

Hot Space, 1

Quelle belle surprise que ce premier volume de Hot Space ! Cet excellent récit de science-fiction est signé Le Pixx chez Kamiti Editions.

Ouranos, planète reculée. Nohraïa Kovaski va effectuer une mission d’observation. Après les recommandations d’usage du colonel Tower, elle monte dans sa navette.

A peine arrivée, un lance-rocket touche son appareil. Elle est sauvée par une Kadisse, femme autochtone des lieux. Dans la station c’est la stupéfaction : Tower et l’officier Spector découvrent que cela n’était pas un accident et qu’ils sont en danger. Un complot aurait été fomenté par les autorités…

Si le résumé semble des plus classiques, ne vous méprenez pas, Hot Space est un excellent récit de science-fiction ! Dès les premières pages, le lecteur est happée par ce suspense original et bien mené de Le Pixx.

Le professeur d’illustration et de culture ludique à l’école Supinfocom/Supinfogame réussit admirablement son tout premier album de bande dessinée. Solide dans ses dessins, cet auteur né en 1968 distille rapidement le doute dans le tête de ses personnages comme dans celle des lecteurs.

Nohraïa serait une pilote à sacrifier. Par qui ? Pourquoi ? Pour l’instant l’intrigue ne le dit pas. La femme miraculée n’a pas dit son dernier mot et ne se laissera pas faire. Son passé parle pour elle.

Dans la veine des récits de science-fiction des années 80-90, Hot Space pioche de ci et de là vers Moebius, Andréas ou Schuiten.

Aidé par Véra Daviet pour les couleurs, les planches de Le Pixx sont superbes. Découpage redoutable d’efficacité et trait semi-réaliste sont idéaux pour étayer son propos.

  • Hot Space, tome 1 : Crash Program
  • Auteur : Le Pixx
  • Coloriste : Véra Daviet
  • Editeur : Kamiti
  • Parution : 21 février 2019
  • Prix : 14.95€
  • ISBN : 9791097477042

Résumé de l’éditeur : Dans la tradition des comics US populaires dits « Pulp », Hot Space est un récit de SF facile d’accès, bourré d’action et avec ce qu’il faut de mystère et d’humour. Nohraïa, une jeune pilote indisciplinée, est affectée sur une base proche d’Aoba, une planète reculée et aride présentant à priori peu d’intérêt stratégique. Mais parce qu’Aoba renferme en réalité une ressource qui pourrait changer à jamais la nature même de l’humanité, La République Terrienne va chercher à l’annexer. Pour ce faire, l’amirauté de la flotte va créer un incident diplomatique. Nohraïa sera donc la pilote à sacrifier…

Freaky Mouse

Décalé et drôle, Freaky Mouse de Alexandre Arlène, Gyom et Mista Blatte est un recueil de petits saynètes parodiques autour de l’univers de Disney.

Dans la même veine que Bloody Harry, Alexandre Arlène propose des gags en une ou deux planches dans l’univers disnéen. Fini la « mignonitude », bonjour l’humour noir et décalé. Cela fait rire par ce côté parodique. Les auteurs s’amusent surtout avec les codes chers à Walt Disney : pas de sang, pas de sexe et les morts tout juste évoqués. Alexandre Arlène prend le contrepied de tout cela et ça fonctionne plutôt bien. On ne rit pas aux éclats à chaque page mais on sourit, ça oui !

De Fantasia à Là-haut, en passant par Le roi lion, La reine des neiges, Lilo et Stitch, Kuzco ou autre Tarzan, ils sont tous là.

Pour plus de drôlerie, le scénariste change les noms des héros, en restant proche pour bien faire la connexion. Peut-être par peur d’un procès ?

Aidé aux couleurs par Mista Blatte, Gyom est au diapason des récits de son comparse. Le dessinateur découpe ses planches en 2,3 ou 4 vignettes pour plus de rythme. Son trait lisible et ses personnages de la taille d’un enfant apportent aussi leur lot d’humour.

  • Freaky Mouse
  • Scénariste : Alexandre Arlène
  • Dessinateur : Gyom
  • Coloriste : Mista Blatte
  • Editeur : Jungle
  • Parution : 13 février 2019
  • Prix : 15€
  • ISBN : 9782822226448

Résumé de l’éditeur : Cette bande dessinée, à l’humour fin et subtil, empreinte de poésie et de romantisme, a été écrite, dessinée, colorisée, imprimée et façonnée, pour votre plaisir uniquement. Pour personne d’autre. Pas même pour la personne qui se tient à côté de vous. (D’ailleurs, on ne l’aime pas beaucoup, il serait judicieux de vous éloigner.) C’est donc là le concentré -pas du tout- intégral des célèbres films d’animation en un livre d’une dimension tout à fait respectable de 21 par 16 centimètres. Un concentré des films de notre enfance, et même ça déborde un peu.

Le cauchemar d’Obi

Obiang Nguema est le président autocratique de la Guinée Equatoriale. Un jour, il se réveille dans une maison délabrée d’un quartier pauvre du pays. Tout s’écroule. Chino, Tenso Tenso et Jamonyqueso dévoilent Le cauchemar d’Obi, un album sympathique et drôle chez L’Harmattan BD.

Depuis 1979, Teodoro Obiang Macias règne en maître incontesté sur la Guinée Equatoriale. Le petit pays hispanophone est une état autocratique. Obi ne s’embarrasse de rien. L’argent coule à flots et il multiplie les passes d’un soir. Il a placé sa famille aux endroits stratégiques du pouvoir. Son seul problème : un cancer des testicules qu’il soulage avec des poches de glace. Sinon tout va pour le mieux, jusqu’au jour où il se réveille dans un quartier pauvre du pays…

Véritable pamphlet et satyre sur le pouvoir de Obiang Macias, Le cauchemar d’Obi est jouissif et drôle ! Prix couilles au cul 2018, remis pendant le dernier Festival d’Angoulême en janvier, ses auteurs prennent de vrais risques en publiant cet album.

Si les deux scénaristes Chino et Tenso Tenso utilisent un pseudonyme afin de ne pas être inquiétés, ce n’est pas le cas de Jamonyqueso. Caricaturiste et illustrateur pour de nombreux journaux, il use de sa plume pour apporter son lot d’humour à ce récit qui n’en manque pas.

Tous les travers de cette démocrature sont balayés et tournés en dérision. Quoi de mieux que le rire pour dénoncer !

  • Le cauchemar d’Obi
  • Scénaristes : Chino et Tenso Tenso
  • Dessinateur : Jamonyqueso
  • Editeur : L’Harmattan BD
  • Parution : 31 octobre 2018
  • Prix : 15.90€
  • ISBN : 978-2343146669

Résumé de l’éditeur : Un soir, Teodoro Obiang Nguema (dénommé «  »Obi » »), président de la Guinée équatoriale depuis presque 40 ans, s endort comme d habitude. Le lendemain matin, il se réveille sans un sou dans une mansarde, simple citoyen lambda dans un quartier pauvre de la capitale. Il découvre alors la rudesse de son pays, asphyxié par la corruption, le manque de liberté d expression, d accès aux soins ou à un système éducatif basique. Les auteurs livrent une satire mordante et grinçante décrivant les conséquences d une dictature sur la vie quotidienne des citoyens. Tout y passe, dans un joyeux foutoir et sans épargner aucun pan de la société guinéenne où la bêtise, la cupidité, la cruauté et l égoïsme sont devenus les qualités les mieux partagées.