Jacobs le rêveur d’apocalypses

Chanteur lyrique, Edgar Pierre Jacobs devint auteur de bandes dessinées sur le tard. La vie du créateur de Blake et Mortimer est contée dans Jacobs le rêveur d’apocalypses, une belle biographie de François Rivière et Philippe Wurm.

Longtemps, les lecteurs n’ont connu d’Edgar P. Jacobs que ses créations dessinées. Il fallut attendre 1982 et Un opéra de papier – son autobiographie – pour enfin découvrir toutes les facettes de cet auteur majeur du 9e art. Ses deux compagnes – Ninie et Jeanne – sa carrière de baryton à l’opéra, son amitié avec Jacques Van Melkebeke ou ses relations électriques avec Hergé, il eut un vie riche et mouvementée.

Dans Jacobs le rêveur d’apocalypses, tous ces aspects sont abordés. Il faut souligner que François Rivière est un spécialiste du créateur de Tintin mais aussi de celui de Blake et Mortimer. Il a publié des ouvrages sur ce dernier Edgar P. Jacobs ou Les entretiens du Bois des Pauvres, mais également avec Benoît Mouchart (Un pacte avec Blake et Mortimer).

A travers 144 pages, le scénariste de Victor Sackville, Albany et Le privée d’Hollywood nous plonge dans un univers entre airs d’opéras et science-fiction. Du Rayon U aux Trois formules du Professeur Satô, tout est là pour les amateurs des récits jacobsiens. C’est riche, c’est rythmé et c’est bourré d’anecdotes pour ceux qui ne connaitraient pas Jacobs.

Philippe Wurm, par son trait d’une grande lisibilité, donne forme à cette vie romanesque. Les couleurs de Benoît Bekaert rehaussent, avec intelligence, le dessin de l’auteur de Lady Elza.

  • Jacobs, le rêveur d’apocalypses
  • Scénariste : François Rivière
  • Dessinateur : Philippe Wurm
  • Editeur : Glénat, collection Hors-collection
  • Prix :  22,50 €
  • Parution : 08 décembre 2021
  • ISBN : 9782344003916

Résumé de l’éditeur : L’aventure dessinée d’Edgar P. Jacobs. Amateur d’art antique égyptien, collectionneur d’armes en tous genres, chanteur lyrique amoureux de la scène… Avant d’être le créateur de Blake et Mortimer, Edgar P. Jacobs est un homme d’une grande curiosité, animé par des passions nombreuses qui ont toute sa vie transporté son imagination. Ainsi, à 18 ans, il se rêve davantage en chanteur d’opéra qu’en dessinateur de bande dessinée. Malgré un passage à l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles, il préfère considérer le dessin comme un gagne-pain et non comme une véritable vocation. Mais la guerre arrive et dans les années 1940, les Allemands exigent que le contenu de la série américaine Flash Gordon soit repris et modifié. La tache revient à Jacobs qui fournit ensuite au journal les planches de sa première série : Le Rayon U. Plus tard, il rencontre Hergé, l’assiste sur Tintin – sans jamais être crédité – et finit par créer les aventures de deux héros anglais appelés à devenir des incontournables du genre : le colonel Francis Blake et le professeur Philip Mortimer. La bande dessinée est devenue son art et son métier, mais l’histoire de Jacobs ne s’arrête pas là…

La bière supérieure

Brasser de la bière en Terra Amata n’est pas chose aisée. Bonny va l’apprendre à ses dépens dans le tome 14 de Donjon Monster, La bière supérieure, un album drôle et sanglant de Lewis Trondheim, Joann Sfar et Bastien Quignon.

Quelle excellente idée ont eu Sfar et Trondheim de demander à Bastien Quignon de dessiner le nouveau Donjon Monster ! L’auteur de Sixteen Kennedy Express est vraiment à l’aise dans cet univers animalier. Il faut dire qu’il a l’habitude de mettre en image quelques animaux comme dans sa série Sacha et Tomcrouz. Son trait convient parfaitement à cet univers fantastique. On apprécie notamment son travail hachuré pour les ombres.

Ici point de petit garçon, son chien et des voyages dans le passé, mais une lapine prête à tout pour vendre sa bière. Dans Donjon Monster, les deux scénaristes mettent en lumière des personnages secondaires de l’univers Donjon. Les lecteurs font donc la connaissance de Bonny, une serveuse d’un troquet, ayant démissionné après un rixe entre des clients et son patron.Ce dernier, blessé, lui demande d’aller sur les chemins et de vendre la bière brassée par l’estaminet.

Comme dans les plus de 40 volumes de Donjon, le lecteur s’amuse à lire une aventure sympathique, bien écrite et très drôle. Dans La bière supérieure, les épées sont de sorties tout comme les répliques cinglantes des personnages. Encore un excellent volume de la série d’héroïc fantasy la plus folle de ces dernières décennies !

  • Donjon Monster, tome 14 : La bière supérieure
  • Scénaristes : Joann Sfar et Lewis Trondheim
  • Dessinateur : Bastien Quignon
  • Editeur : Delcourt, collection Humour de rire
  • Prix :  11,95 €
  • Parution : 20 0ctobre 2021
  • ISBN : 9782413037682

Résumé de l’éditeur : Dans le monde de Terra Amata, rares sont les lapins qui s’éloignent de Zautamauxime. C’est pourtant le chemin qu’emprunte Bonny Malone, une jeune lapine mandatée par un maître brasseur pour vendre son breuvage. Mais cette nouvelle arrivante sur le marché n’est pas du goût de tout le monde. Un assassin est embauché pour se débarrasser de cette encombrante concurrence.

 

Sans complexe

Jeune fille diplômée du bac, Tsubomi se sent mal dans sa peau. Obligée de tout de suite travailler, sa patronne devient une bonne alliée dans ce moment délicat. Sans complexe est un très joli manga de Ryo Ikuemi chez Akata.

Elle devrait être heureuse Tsubomi parce qu’elle vient de réussir son bac. Mais voilà, l’adolescente de 18 ans est complexée. Elle ne se sent pas belle. Même ses copines le lui rappellent sans ménagement. Surtout que dans sa famille, on n’a d’yeux que pour Noni, la cousine ayant fait une publicité. Alors, elle fait comme elle peut, Tsubomi, entre un corps qu’elle n’aime pas et un moral dans les chaussettes.

Ne pouvant poursuivre ses études, l’adolescente est embauchée dans un magasin de dvd-vidéo. Son collègue, Shiroshita, semble particulier. Heureusement, la propriétaire de la boutique se prend d’affection pour elle. C’est le début d’un long chemin pour l’acceptation de soi…

Prépublié au Japon depuis 2005 dans la revue Zipper des éditions Shôdensha, Sans complexe est un très joli josei autour des thématiques du rejet, de l’estime de soi et de la confiance. La mangaka Ryo Ikuemi (Honey Bunny, Dites-moi que j’existe, Puzzle) les aborde avec délicatesse. Même si des personnages secondaires peuvent être désagréables avec Tsutomi, la bienveillance semble être le coeur de ce manga. Les amours adolescentes, les premiers émois et l’acceptation de son corps rythment aussi l’intrigue de ce premier opus prometteur.

On s’attache vraiment à cette lycéenne complexée. Qui n’a jamais eu de complexes dans son enfance ou encore à l’âge adulte ? Ce n’est jamais simple de s’y confronter et de s’en relever. Ce manga est idéal pour engager ce sentiment si destructeur. A lire que l’on soit ou que l’on fut complexé.

  • Sans complexe, volume 1
  • Autrice : Ryo Ikuemi
  • Traductrice : Anaïs Koechlin
  • Editeur : Akata, collection Medium
  • Prix : 8,05 €
  • Parution : 08 janvier 2022
  • ISBN : 9782369743866

Résumé de l’éditeur : Sous la plume de Ryo Ikuemi, les êtres humains sont toujours très nuancés. Ceux de Sans complexe ?, série prépubliée dans un magazine de mode, ne font pas exception. Entre amours contrariées, société des apparences et complexes, l’autrice dresse le portrait d’une jeunesse qui se cherche…

Tsubomi vient de finir le lycée, mais contrairement à la plupart de ses camarades, pour elle, les études s’achèvent ici ! Sans passer par la case université, elle commence à travailler à temps partiel dans un vidéoclub de quartier… tout en squattant chez ses parents. Sans avenir, sans rêve, elle prend le quotidien comme il vient, tandis que sa cousine, de son côté, débute une carrière dans l’entertainment. En comparaison, Tsubomi se trouve bien ordinaire. Mais quand, au travail, elle rencontre Shiro et Nasukawa, le propriétaire d’un petit restaurant, la jeune femme complexée décide de se prendre en main. Cependant, la route est longue pour s’accepter…

Schappi

Après The Artist, Anna Haifisch dévoile Schappi, son nouveau recueil d’histoires, édité par Misma. Place aux animaux anthropomorphes qui s’interrogent sur le monde qui les entoure !

Dans Schappi, Anna Haifisch met en scène cinq courtes histoires dont les personnages principaux sont des animaux.

L’art, le snobisme et l’opulence sont au cœur du Salon des approuvés où un homme ultra riche scrute le bas peuple…

Alors qu’un sommet pour la paix se déroule dans Le verre à souris, les invités haut dignitaires préfèrent se bâfrer, tandis que les problèmes importants sont laissés de côté…

Marcel, l’émeu, court très vite. D’ailleurs, tous ses congénères disent qu’il danse lorsqu’il sprinte. Mais son sort ne tient qu’à un fil…

Fuji-san est un vieil homme. Ses jours sont rythmés par le dessin, tandis que ses semaines le sont par la venue d’un poulpe…

Une belette reçoit une lettre très importante pour la suite de son existence. Elle ne l’ouvre pas. Elle préfère rêvasser sur le banc d’un abribus…

Comme les humains à qui ils ressemblent, les animaux ont de soucis dans leur vie. Rien ne leur est épargné. Mélancolique, Schappi est un recueil intelligent d’Anna Haifisch. Comme dans ses albums précédents, elle nous surprend et parfois même nous désarçonne. Si ses couleurs électriques faites de grands aplats laissent penser l’inverse  – à savoir de la joie et de la bonne humeur – ses cinq récits mettent en scène des personnages déstabilisés, perdus et déconnectés des réalités. Même Fuji-san ou la Belette ne semblent pas si heureux de leur sort…

  • Schappi
  • Autrice : Anna Haifisch
  • Traducteurs : Damien et Guillaume Filliatre Borja
  • Editeur : Misma
  • Prix : 18 €
  • Parution : 20 août 2021
  • ISBN : 9782916254876

Résumé de l’éditeur : Ne vous y trompez pas, on est ici bien loin de 30 Millions d’amis ou des histoires de Babar l’Eléphant ! Même si les animaux veulent nous faire croire qu’ils se sont mis à la politique pour défendre les droits des espèces et le bien-vivre ensemble, rien n’a changé. Tout le monde se fiche pas mal du sort des poissons, les hyènes sont mises à l’écart, les guépards continuent d’attaquer les autruches en toute impunité et les serpents finissent de toute façon par bouffer les souris. Il n’y a que les belettes que ça rend triste. Heureusement, SCHAPPI, recueil de nouvelles animalières, réunit tout ce beau monde dans de grandes illustrations pleine page aux couleurs chatoyantes où chaque scène est décrite par une ligne de texte à la façon des livres pour enfants. Et si l’Homme semble être définitivement exclu de ce règne animal, il est singé dans ses moindres travers par cette faune humanisée qui nous donne en spectacle une parodie tendre et cinglante de la société humaine, façon Fables de La Fontaine 2.

Mezkal

A la mort de sa mère, un jeune américain part à l’aventure. Il tente d’aller sauver sa petite amie, aux mains d’Hells Angels. Kevan Stevens et Jef dévoilent Mezkal, une road-movie qui pulse chez Glénat !

Vananka n’a pas ri depuis l’âge de quatre ans quand son père est parti de la maison et l’a laissé seul avec sa mère avec pour seul signe de vie, une carte d’anniversaire chaque année. Il vient de se faire virer et de perdre sa mère à cause d’un savant cocktail alcool médicaments et ne voit qu’une alternative, partir loin, très très loin.

Direction le Mexique où il rencontre un vieux monsieur chaman, son petit-fils aveugle aux pouvoirs étranges et la belle Leila. Alors qu’il pensait avoir trouvé un début de sens à sa vie tout part en c…. Il se retrouve au milieu d’une guerre sans merci entre un cartel mexicain, les Hells Angels et la police. Arrivera-t-il à sauver sa peau ?

Comme nous le confiait Pat Perna : « Il faut flinguer Ramirez a ouvert la voix à Valhalla hôtel » et maintenant à Mezkal. Ça défouraille dans tous les sens, il y des têtes coupées, de la drogue, des morts, de l’humour à revendre et surtout, surtout des millions (bon je vais un peu loin) de références au cinéma et à la pop-culture. Les couleurs sont vives, le sang gicle, les balles transpercent dans un scénario qui va à 100 km l’heure.

Vous aimez les road-movies, le cinéma américain, la pop-culture, et vous avez envie de passer un bon moment en rigolant alors Mezkal est fait pour vous.

  • Mezkal
  • Scénariste : Kevan Stevens
  • Dessinateur : Jef
  • Editeur : Soleil, Hors collection
  • Prix :  26,50 €
  • Parution : 05 janvier 2022
  • ISBN : 9782302096387

Résumé de l’éditeur : Un jeune américain part à l’aventure après la mort de sa mère. Il va croiser une jeune femme au sang indien sur laquelle veille un chaman aux étranges pouvoirs. Mais aussi l’un des plus grands cartels mexicains pour qui il va être forcé de travailler. Vananka n’aura qu’une idée en tête : retrouver sa bien-aimée, détenue par une famille de Hell’s Angels

Fjällbacka

Si le mot Fjällbacka ne signifie vraiment rien pour vous, alors c’est que vous n’êtes pas encore tombés dans les filets de Camilla Läckberg.

Des polars suédois

C’est dans cette petite ville portuaire et balnéaire de la mer du Nord que la romancière suédoise situe toutes les enquêtes menées de front par le couple Erica Falck, biographe et Patrick Hedström, inspecteur de police.

À ce jour cette prolifique autrice de romans policiers a publié une série de dix romans les mettant en scène. Des romans qui à chaque fois mettent en lumière une intrigue actuelle mais liée à des événements du passé.

Avec cette intégrale, ce sont les trois premiers romans de Camilla Läckberg qui ont été adaptés par Léonie Bischoff et Olivier Bocquet, « La princesse des glaces », « Le prédicateur » et « Le tailleur de pierres ».

   

Les enquêtes d’un couple attachant

Parallèlement aux enquêtes policières, c’est à la vie d’un couple que nous assistons. Depuis leur rencontre puis l’arrivée de leur premier enfant.
De nombreux personnages, qui gravitent autour d’eux, sont récurrents et se retrouvent bien souvent mêlés à de sordides affaires.

En effet, ne vous fiez pas à la douceur des couleurs de la couverture de cette intégrale renommée Fjällbacka et édité chez Casterman.

Celles des romans sont d’ailleurs plus noires et plus proches du contenu des histoires. D’ailleurs, heureusement que le quotidien du couple Erica Patrick est là pour permettre de reprendre son souffle au milieu de ces affaires de meurtres, d’enlèvements, de maltraitance…

Bien souvent, il s’agit d’histoires de famille avec des ramifications anciennes. Et vous n’en découvrirez l’horrible réalité que dans les toutes dernières cases.

Une intégrale bienvenue

Si comme moi, vous avez aimé les romans, vous ne serez pas déçus en vous plongeant dans ces adaptations. Elles sont vraiment très réussies et vous permettront de mettre des visages sur des noms.
Il vous faudra d’ailleurs prévoir un peu de temps pour cette lecture. En effet, vous ne vous arrêterez pas à la lecture du premier tome. Vous enchaînerez les deux suivants.

  • Fjällbacka
  • Scénariste : Olivier Bocquet
  • Dessinatrice : Léonie Bischoff
  • Editeur : Casterman
  • Parution : 17 Novembre 2021
  • Prix : 30 €
  • ISBN : 9782203231337

Résumé de l’éditeur :  Les trois adaptations en BD des best-sellers de Camilla Läckberg en un volume (La princesse des glaces, Le prédicateur, Le tailleur de pierres) ! À Fjällbacka, il n’y a pas de rideaux aux fenêtres. Ce n’est pas qu’il n’y ait rien à cacher : c’est que tout le monde regarde ailleurs. Ce qui permet à certains secrets de rester enterrés pendant des décennies. Mais quand ils refont surface, personne n’en sort indemne. Personne.

Fungirl

Qui est cette femme grande gigue, très libre dans sa tête et dans son corps ? Qui est cette Fungirl, fille parfois maladroite et hyper enthousiaste ? Elizabeth Pich dévoile sa vie rocambolesque dans ce recueil déjanté édité par Les requins marteaux.

Après Des sorcières et des hommes (éditions First), de nouveaux strips d’Elizabeth Pich sont traduits en français. Si l’on semble loin des sorcières du premier recueil, et bien Fungirl n’en n’est finalement pas si éloignée que cela. Elle est libre dans sa tête et son corps comme ses illustres prédécesseures.

Attention ! Cet album n’est néanmoins pas à mettre entre toutes les mains ! En 260 pages, l’autrice allemande décline les aventures complétements décalées d’une femme se comportant parfois comme une ado. Toujours hyper enthousiaste, impulsive et gaffeuse, Fungirl enchaine les catastrophes et autres bévues. Filiforme mais surtout dégingandée, elle est sans filtre pour le plus grand bonheur des lecteurs. Finalement, le recueil est très féministe. Fungirl agit comme elle l’entend et c’est en cela qu’elle est libre. Si elle habite avec un couple d’amis, elle est un peu seule, seule physiquement et dans sa tête.

C’est fun, c’est drôle, c’est déjanté et c’est génial !

  • Fungirl
  • Autrice : Elizabeth Pich
  • Traducteur : Stéphane Corcoral
  • Editeur : Les requins marteaux
  • Prix : 30 €
  • Parution : 05 novembre 2021
  • ISBN :  9782849613139

Résumé de l’éditeur : Fungirl ressemble à une grande gigue et a le tempérament d’un enfant hyperactif. Elle aime se masturber, faire tout se qui lui passe par la tête comme inviter un sdf au restaurant ou passer pour une femme enceinte dans le bus, elle aime emmerder Peter, le copain trop patient de sa coloc, qui n’a jamais rien demandé. Elle picole dans les bars la nuit, travaille dans une maison fun-éraire le jour, où elle y fait n’importe quoi, n’importe comment. Même les morts pourraient craindre sa fun-este impulsivité, s’ils n’étaient pas si morts. Avec son allure d’Olive Oyl, Fungirl relève du Gaston Lagaffe féminin qui serait tombée enfant dans une bassine d’ecstasy. Loin de se cantonner à une longue suite de gaffes, Fungirl raconte l’histoire d’une fille un peu paumée, trop enthousiaste, qui agite les bras pour se faire remarquer et ne pas rester seule. Et si par hasard vous rencontrez Fungirl : elle vous fera rire, elle vous fera pleurer, elle vous fera vomir. Et ça c’est pas fun ?

Quand Globy reste à la maison

En 2017 débarquait sur Terre, U-B-R, un extra-terrestre créé par Ferdinand Lutz. Les éditions Frimousse proposent une deuxième aventure de cet alien avec Quand Globy reste à la maison.

U-B-R, Hubert pour les intimes, continue de découvrir notre planète. L’un des endroits où il peut observer au mieux des habitants, c’est le métro. Mais son expérience est de courte durée à cause de Globy, son alien qui peut prendre toutes les formes.

Arrivé dans son appartement, Hubert fait la morale à Globy et lui demande de ne pas sortir. Pourtant, pendant qu’il s’amuse avec Lara et Nico, son œil volant endommage son télescope à pulsar…

Nous avions apprécié les premières aventures d’U-B-R et nous attendions la suite. Il a fallu 4 ans pour que les éditions Frimousse puissent publier de nouveaux récits créés par Ferdinand Lutz. Les récits en petits chapitres s’inscrivent dans une histoire globale complète. Les jeunes lecteurs prennent plaisir à suivre Globy dans ses catastrophes et Hubert dans ses observations des gens autour de lui. C’est simple mais c’est très efficace.

  • U-B-R, tome 2 : Quand Globy reste à la maison
  • Auteur : Ferdinand Lutz
  • Traducteur : Brice Germain
  • Editeur : Frimousse, collection BD Mousse
  • Prix : 16 €
  • Parution : 30 septembre 2021
  • ISBN : 9782352414728

Résumé de l’éditeur : UBR est un extraterrestre. Il vient d’une lointaine galaxie où l’on reste enfant toute savie. Il est accompagné de Globy, un oeil volant qui peut prendre toutes formes (ce qui est pratique parfois et gênant souvent…) Sur terre, U-B-R étudie de très près l-…les humains ! Ils sont si étranges. Seuls deux amis connaissent son secret : Lara, une jeune fille avide de sciences, et Nico, un garçon fan de jeux vidéo. Tu imagines un peu si ton voisin était un extraterrestre qui restait un enfant toute sa vie ? Et que son animal domestique pouvait prendre n’importe quelle apparence ? Et que vous parcouriez ensemble le pays à toute vitesse et que viviez une foule d’aventures ? Eh bien ce serait l’histoire de Lara, de son voisin U-B-R et de son fidèle compagnon Globy. Ce serait l’histoire de ce livre. Et ce serait « extraterrestrement drôle ! » !

 

Yuzu la petite vétérinaire

Mingo Itô dévoile les premières aventures de Yuzu la petite vétérinaire, un manga sympathique, doux et tendre aux éditions nobi nobi!

Clinique vétérinaire Miawouf dans la ville d’Aozora. Yuzu débarque dans l’établissement dirigé par son oncle Akihito. Jeune fille de 11 onze, elle doit rester chez le frère de sa mère parce que cette dernière est hospitalisée pour une grave maladie.

Pas simple d’arriver dans un endroit inconnu pour elle. Pire, elle n’est pas du tout à l’aise avec les animaux. Qu’à cela ne tienne, elle deviendra l’assistante d’Akihito !

Après des présentations mordantes, Yuzu fait face à son premier patient : Léone le chien de Yûki. Affaibli, ce gros chien n’en a que pour peu de temps avant de rejoindre le paradis des animaux…

Proposé dans la collection Kawaï des éditions nobi nobi!, Yuzu la petite vétérinaire va faire fondre le cœur des tout jeunes lecteurs. Plutôt bien écrit – même si les situations ne sont guère originales – ce manga est d’essence sympathique et émouvant. L’on suit les premiers pas d’un adolescente de onze ans dans le milieu très spécial des vétérinaires. Si elle n’est pas à l’aise avec les animaux au début, rapidement Yuzu se révèle être à l’écoute des hommes et de la faune venue se faire soigner. Les patients sont adorables et son oncle est bienveillant. Ajouter à cela de l’humour (Yuzu est maladroite) et une histoire parallèle autour de la maladie de sa maman et l’on obtient une premier volume chaleureux et bien ficelé.

Cette série terminée en 7 tomes au Japon fut réalisée en collaboration avec un jeu vidéo Nintendo 3DS intitulé La clinique vétérinaire Miawouf – Toi aussi deviens vétérinaire !

  • Yuzu la petite vétérinaire, volume 1
  • Autrice : Mingo Ito
  • Traductrices : Manon Debienne et Sayaka Okada
  • Editeur : nobi nobi!
  • Prix : 6,95 €
  • Parution : 13 octobre 2021
  • ISBN : 9782811643881

Résumé de l’éditeur : La clinique vétérinaire Miawouf a une nouvelle assistante !Suite à l’hospitalisation de sa mère, la petite Yuzu va devoir vivre un moment avec son oncle qui travaille comme vétérinaire. Seul problème : la jeune fille n’est pas très à l’aise avec les animaux ! Cependant, au fil des rencontres avec ses nouveaux patients, Yuzu va se découvrir un talent pour comprendre le coeur de ces petites bêtes, et apprendre également beaucoup à leur contact…Poussez la porte de la clinique vétérinaire Miawouf et venez rencontrer ses adorables patients !

Criminelles fiançailles

Attention mariage arrangé dans le milieu sensible des yakuzas japonais ! Yoshino se retrouve dans le clan rival de Kirishima pour apaiser les tensions entre les deux familles. Criminelles fiançailles, c’est cette rencontre qui fait des étincelles, imaginée par Asuka Konishi et édité par Pika.

D’un côté, nous avons Yoshino, la petite-fille de Renji, chef du gang Somei d’Osaka; et de l’autre Kirishima, le petit-fils de Gaku, le chef du clan Miyama de Tokyo. Les deux familles ne s’entendent pas et sont toujours à couteaux tirés. Rien de mieux que des fiançailles arrangées pour réconcilier les deux clans ! Et ça tombe sur les épaules de Yoshino, qui n’avait absolument rien demandé.

L’adolescente de 17 ans est seule, au grand désespoir de son papy. L’homme fort d’Osaka a donc tout manigancé pour arriver à ses fins, sans demander l’aval de sa petite-fille.

A peine arrivée chez les Miyama que Ysohino est prise en main par Kirishima. Le trouvant un peu trop tactile à son goût et bravache, elle décide néanmoins de rester à Tokyo. Entre le lycée, les nombreuses filles tournant autour de son fiancé désigné, rien n’est simple. Surtout que l’adolescent peut avoir des moments surprenant, voire sombres…

On est en face d’un début de série prometteur ! Criminelles fiançailles est un manga qui part sur les chapeaux de roue ! Ce seinen d’Asuka Konishi dénote dans le monde du manga de mafia. Si les histoires de yakuzas sont légion au Japon, Criminelles fiançailles est à bien des égards très différent de ce que l’on connait.

La première partie de ce premier opus se base sur la rivalité, l’opposition entre les deux tourtereaux. Ils n’ont rien en commun, ni la vie, ni les buts, ni les envies. Yoshino est forte mais parfois naïve en ce qui concerne les hommes. Bonne élève, elle n’aurait pas voulu quitter Osaka. Surtout pas pour se retrouver à Tokyo, une ville qu’elle ne connait pas et qui plus est, avec un fiancé imposé par papy ! Lui, est très (trop ?) sûr de lui, charmeur et prêt à tout pour garde la confiance du clan.

Avec le personnalité de Renji, les premières pages de Criminelles fiançailles sont donc très drôles. La rencontre et les premiers mots entre Yoshino et Kirishima font des étincelles ! La suite sera plus surprenante !

Si les décors sont à minima – pour laisser toute l’interaction entre le duo – le graphisme d’Asuka Konishi est d’une redoutable efficacité. Les hachures et les aplats noirs ne sont pas saturants pour la lisibilité de l’histoire.

Criminelles fiançailles : un début prometteur pour une série qui mérite que l’on se penche sur les prochains volumes.

  • Criminelles fiançailles, volume 1
  • Autrice : Asuka Konishi
  • Traductrice : Anne-Sophie Thévenon
  • Editeur : Pika Edition
  • Prix :  7,95 €
  • Parution : 05 janvier 2022
  • ISBN : 9782811643881

Résumé de l’éditeur : Yoshino, petite-fille du boss du plus grand clan de yakuzas d’Osaka, a été élevée au coeur de la pègre. Une éducation qui lui a mis du plomb dans la tête, mais qui ne l’a pas empêchée de mener une vie paisible. Jusqu’au jour où son grand-père décide de la fiancer avec le très avenant Kirishima, petit-fils d’un puissant clan rival tokyoïte en vue d’unir les deux familles. Embarquée dans ces fiançailles arrangées, Yoshino accepte d’aller vivre à Tokyo afin d’apprendre à le connaître, sans se douter que cet individu dissimule derrière son sourire une personnalité très spéciale…

Diablomachia

Afin de protéger les gentils démons des Enfers, Neve a imaginé un refuge pour les accueillir. Da Hosoi dévoile le premier volume de Diablomachia, un manga fantastique sympathique aux éditions Glénat Manga.

Non loin de Rosabianca, dans un repaire secret. Neve, 62 ans alors qu’il en parait 15, doit s’occuper de ses gentils démons. Cueillette de baie et repas rythment sa vie. Mais qui sont ces démons si particuliers ?

Tout doux et gentils, ces créatures fantastiques étaient harcelées dans les Enfers. Grâce à un pouvoir magique, Neve les a fait venir sur Terre pour les protéger de leur sort funeste. Alors que Don Verso vient le chercher pour accueillir Makia, ce dernier ne s’avère pas si pacifique que cela…

Ce pur shônen débute parfaitement bien. Diablomachia est à la fois sympathique, drôle et dynamique. Da Hosoi fait reposer son histoire sur Neve, un garçon de 62 ans ! Bienveillant et altruiste, il a décidé de s’occuper aux mieux des démons opprimés. Ainsi, le mangaka d’origine italienne aborde dans sa série, les thèmes de la différence et du rejet.

L’intrigue est sympathique. Les relations entre Neve et ses compagnons sont piquantes et amusantes. Gentil et parfois naïf, l’adolescent frêle ne peut rivaliser avec les tapes amicales bodybuildées de ses amis.

Diablomachia : un shônen pour les plus jeunes, attractif, drôle. On fonce !

  • Diablomachia, volume 1
  • Auteur : Da Hosoi
  • Traductrice : Federica Guiliano
  • Editeur : Glénat Manga
  • Prix : 6,90 €
  • Parution : 05 janvier 2022
  • ISBN :  9782344041031

Résumé de l’éditeur : Adopte (un gentil) démon !! Neve est un invocateur qui coule des jours heureux avec de gentils démons. Sa mission: les invoquer sur Terre car ils sont harcelés en Enfer pour leur nature bienveillante.Mais ce stratagème est vu d’un mauvais oeil par les autres démons qui vont tenter de s’infiltrer dans leur refuge pour le réduire à néant.Neve va devoir se battre pour préserver ce qui lui est cher en utilisant d’étranges et puissants nouveaux pouvoirs. Cependant, il est loin de se douter que ce combat va remettre en question toutes ses certitudes…Da Hosoi est un auteur d’origine italienne, mais après quelques formations au Japon, il a acquis un trait typiquement shonen, qui n’est pas sans rappeler celui de My Hero Academia ! Résultat :un shonen dynamique qui mérite sa place dans le coeur de tous les amateurs du genre.

Je suis Sofia

20 ans après avoir été fille au pair à Rome, Céline retourne voir la famille de Gioia et Massimo, avec qui elle avait tissé des liens si forts. En 1996, les deux garçons de la famille avaient 5 ans pour Edoardo et 18 mois pour Amedeo. En 2016, à l’aéroport, Gioia présente sa fille Sofia. Passé le léger embarras, Celine comprend qu’Edoardo est devenu Sofia.

Après quelques jours avec cette famille qu’elle aime tant, elle rentre en France, la tête pleine de souvenirs et d’interrogations. C’est alors qu’elle décide, avec l’accord de Sofia, de faire une bande dessinée sur la transition.

Sans tabou, Céline, Sofia et sa famille parlent de cette cette transition. On découvre l’expérience de cette famille. L’acceptation, les peurs quant aux conditions des transgenres dans un société qui ne les accepte pas encore, la transformation (opération) physique M to F, la dilatation (je vous laisse découvrir). Tout y passe, les moments difficiles, la douleur, l’incompréhension et la tristesse, mais aussi l’amour, la joie et l’envie de faire découvrir pour mieux accepter.

Céline Gandner apprend, comprend, nous fait comprendre qu’il faut accompagner et non stigmatiser et s’engage à travers cette BD pour que la société progresse. Une belle découverte.

  • Je suis Sofia
  • Scénariste : Maël Nahon
  • Dessinatrice : Céline Gandner
  • Editeur : Marabulles
  • Prix : 18,95 €
  • Parution : 21 avril 2021
  • ISBN :  9782501146746

Résumé de l’éditeur : Je suis Sofia, résonne telle une affirmation. Le récit est raconté de l’intérieur au plus près des personnages. Céline la scénariste invite à vivre la transition de genre de l’aîné de la famille dans une famille catholique à Rome. En 1996, Céline est fille au pair à Rome et elle s’occupe alors de deux petits garçons italiens : Edoardo 5 ans et Amedeo 18 mois. 21 ans plus tard, elle part les retrouver… les petits bambini ont bien dû grandir ! Céline n’est au courant de rien. Arrivée à l’aéroport, on lui présente Sofia. Mais qui est donc Sofia ? Et là, en un battement de cil, elle reconnait Edoardo sous les traits féminins de Sofia. Le choc. Sofia vient de faire son coming out transgenre. Céline partage un week-end avec toute la famille. Elle y retournera en 2019 après l’opération de Sofia en Thaïlande pour la transition Male to Female. C’est à ce moment que Sofia veut se confier et tout raconter sans détour au plus près de ses émotions et de son corps. Son frère Amedeo et ses parents l’accompagnent au mieux, chacun avec l’ouverture d’esprit qui lui est propre. C’est troublant de vérité. Sofia a attendu ses 26 ans pour oser parler de son désir de transition.