Wooly, la guerre des voisins

Les éditions Clair de lune dévoilent Wooly, la guerre des voisins, un album jeunesse signé Benjamin Gérard et Olivier Tichit.

Wooly est un petit mouton assez sympathique. Un jour qu’il est chez son pépé, ce dernier découvre que son nouveau voisin est un vieux loup contre lequel il avait combattu par le passé lors de la Guerre des moutons. Son sang ne fait qu’un tour et les animosités remontent à la surface. La hache de guerre est de nouveau déterrée et les explosifs sifflent aud-dessus les oreilles des deux anciens combattants.

Dans le même temps, Wooly se rapproche de Juliette, la petite-fille du vieux loup. Leur amitié se transforme en un bel amour. Comment les deux grands-pères vont-ils réagir lorsqu’ils vont découvrir cet idylle naissant ?

Surtout que la bataille qui avait recommencée est bouleversée par l’arrivée d’un chien de berger très autoritaire. Lui qui n’aime ni les moutons ni les loups, essaie de remettre de l’ordre dans ce capharnaüm…

Si l’idée de départ semble des plus sympathiques, je ne peux pas dire que je fus accroché par Wooly. La faute à un humour que je n’ai pas saisi, des thématiques quasi inexistantes, une mise en scène dans les vignettes peu inventive et de temps à autre des phylactères redondants par rapport aux cases. Seul, le dessin est agréable. Dommage, car le tout aurait pu être intéressant.

L’idylle entre Wooly et Juliette construite comme celle de Roméo et Juliette pouvait augurer de beaux moments dans une guerre entre les deux grands-pères. Mais voilà, l’humour ne m’a pas touché. Cet album jeunesse aurait pu plaire aux enfants. Patatras, les deux jeunes lecteurs ayant parcouru Wooly ne furent pas non plus emballés.

Cet album est en compétition pour le Prix ACBD jeunesse 2020.

  • Wooly, la guerre des voisins
  • Scénariste : Benjamin Gérard
  • Dessinateur : Olivier Tichit
  • Éditeur : Clair de lune
  • Prix : 19,95 €
  • Parution : 07 octobre 2020
  • ISBN : 9782353257737

Résumé de l’éditeur : Ancien officier pendant la grande  » Guerre des moutons « , le pépé du petit Wooly découvre que son nouveau voisin est un vieux loup ancien combattant… son pire ennemi… Wooly tente désespérément de calmer son grand-père lorsqu’il tombe éperdument amoureux de Juliette, la petite fille du vieux loup. C’est le début de moults accrochages explosifs, jusqu’à l’arrivée d’une nouveau venu, un chien de berger très pénible qui n’aime ni les loups, ni les moutons un peu trop autonome, et obsédé par l’ordre et la rigueur.

Wandering Souls

Zelihan c’est une jeune autrice française  qui nous présente un manga riche et plein de questionnement sur le simple fait d’être vivant. Il s’agit de Wandering Souls. Le récit des âmes errantes.

La jeune Ayten est une gamine étrange, bornée, solitaire, qui vole les autres et parle aux cadavres. Elle serait une simple originale, si les cadavres ne lui répondaient pas. Elle est le mouton noir du village, celle que l’on fuit pour son mauvais caractère et ses capacités étranges.

Lors d’une cueillette, Ayten tombe de la falaise. Elle n’aurait pas dû survivre. Personne n’espérait que ce soit le cas. Ce n’était même pas sensé être possible. Mais elle se relève, sans comprendre ce qu’il lui arrive. Pour le village s’en est trop. Les habitants la chassent, la laissant seule perdue dans la montagne…

Ayten entame une quête entre vivants et morts pour comprendre ce qu’il se passe avec son âme et son corps. Dans ces montagnes qui lui semblaient si familières, elle découvre les créatures magiques qui la peuplent et dont elle fait de plus en plus partie chaque jour. Sa rencontre avec Zêd, dans les ruines du temple achèvera de mettre sa vie sans dessus-dessous et lui apportera bien plus de question que de réponse. Mais au bout du chemin, la jeune fille solitaire et acerbe qu’elle est commence a apercevoir l’espoir de trouver une famille.

Pourvu d’un graphisme léger et fin, foisonnant de nature, Wandering Souls a le charme des récits où la mort est partout mais jamais anxiogène. Comme un mystère qui se tient là sous notre nez, mais reste entier. Les personnages, au nombre de deux (et demi), sont tout aussi mystérieux. Ayten incarne une fille forte, puissante, mais surtout perdu et arrogante. C’est encore une enfant pleine de solitude mais avec des ambitions d’adulte. Ce qui fait de Wandering Souls, une histoire où les questionnements des enfants sont traités avec beaucoup de maturité.

C’est un voyage onirique que nous propose Zelihan, aux édition H2T. La jeune autrice française entre dans le monde de l’édition avec un manga fort. Une quête du sens de la vie pour des enfants qui ne voient pas d’avenir.

Wandering Souls fait partie de la sélection du Prix des collèges du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême. En attendant le festival, vous pouvez continuer l’aventure avec le  tome 2 qui sort le 13 janvier 2021.

  • Wandering Souls
  • Autrice : Zelihan
  • Editeur : H2T
  • Prix : 7,95 €
  • Parution : 17 juin 2020
  • ISBN : 9782377772230

Résumé de l’éditeur : Ayten est une jeune orpheline qui vit dans un village de chasseurs au cœur des montagnes. à cause de sa capacité à communiquer avec les dépouilles d’animaux, elle mène une vie isolée des autres membres de sa tribu. Mais alors qu’elle fait une chute mortelle du haut d’une falaise, Ayten se régénère sous les yeux des villageois qui, terrorisés, décident de la bannir.

Pour la jeune exilée, ce jour marquera le début d’un voyage extraordinaire à travers les terres des dieux oubliés, les Shagaï. Et c’est dans un temple abandonné qu’Ayten fera une rencontre inattendue qui bouleversera sa vie à jamais.

Wind Fighters 1 & 2

Christophe Cointault revient avec un nouveau shônen. L’auteur français de Titan Run débarque cette fois avec Wind Fighters, édité chez Glénat. Une histoire d’aventuriers, de lutte contre le Régime et de pouvoir magique.

Helio et Hope sont deux enfants de la montagne. Ils ne connaissaient rien du monde extérieur avant que le jeune homme décide d’aller en ville, entraînant sa petite sœur avec lui. A peine arrivés, ils font face aux agents du régime. En secourant Hope, Helio découvre en lui une force insoupçonnée, un pouvoir encore inexploité. C’est cette émanation d’énergie folle qui permet à Billy Banjo et le panda roux Toaster de les retrouver et de les sauver des mains du Régime.

Billy Banjo est un aventurier. Puissant et mystérieux, il est à la recherche de l’Oasis, place forte des Wind Figthers, un groupe d’aventuriers près à tout pour affronter le Régime. Or depuis toujours, Helio rêve de rejoindre cette bande de combattants chevronnés. Pour les enfants de la montagne, c’est une nouvelle vie qui commence.

Helio est un personnage shônen sympa, avec l’atypique caractéristique d’avoir un handicap. Il a un fragilité cardiaque qui l’empêche de faire les choses à fond sans être exténué. A chaque fois qu’il force, il s’épuise. Et pourtant ce n’est pas l’énergie ni l’envie qui lui manque. Sa sœur, Hope, d’une nature beaucoup plus calme, le suis partout, tempère son caractère explosif et devient surexcitée lorsqu’elle est face à des trucs mignons. Comme un panda roux parlant.

Dans ce monde, le Régime contrôle les actions des citoyens. Seul les aventuriers, vivant en nomades braves et bienveillants, pour ne pas dire casse-cous et impulsifs, osent défier les ordres du Régime. Certains d’entre eux ont des pouvoirs acquis grâce à des pierres étranges. C’est un défilé de combats explosifs, de challenges inventifs et de rebondissements mystérieux.

Le hic, c’est qu’on a du mal à rentrer dedans. Les codes du shônen sont là, mais on a la sensation que Christophe Cointault a dû tricoter pour que tout tienne ensemble (attention, le tricot c’est très bien, ça fait des super pulls, mais ce que je veux dire, c’est qu’on voit les mailles). Et là, en enfilant le pull,  on se prend un peu les doigts dans les mailles. Mais de fil en aiguille, on finit par suivre où il veut en venir, se laisser prendre par la main, et grimper la montagne avec Hélio et Hope. Objectif : le sommet. Pour devenir le plus grand des Wind Fighters.

  • Wind Fighters 1 & 2
  • Auteur : Christophe Cointault
  • Editeur : Glénat Manga
  • Parution : 17/06/2020
  • Prix : 6,90€
  • ISBN : 9782344040775

Résumé de l’éditeur : Le Régime fait régner l’ordre d’une main de fer. La population courbe l’échine et ceux qui osent se rebeller – les courageux aventuriers – se font rares. Pourtant, lorsqu’un jeune garçon décide de sauver sa sœur en s’opposant au terrible commissaire Bud, l’espoir renaît. Surtout si un baroudeur et un panda roux bipolaire déboulent dans le conflit… Un tel vent de liberté n’avait pas soufflé depuis les exploits de mythiques aventuriers… Les Wind Fighters !

Spartiate, tome 1 : L’invincible Achille

La jeune spartiate Pyrha doit être mariée de force au fils du roi de la cité. Elle décide alors de fuir. Charlotte Rousselle, Elisabeth Jammes et Matthieu Martin dévoilent le premier volume de Spartiate, une belle série jeunesse éditée par Jungle.

Sparte, dans l’Antiquité grecque. Mégapinthe est de nouveau humilié par Pyrha, la jeune adolescente très doué dans les combats. Le fils du roi de la cité ne supporte plus d’être la risée des habitants, surtout que la fille n’hésite pas à se vanter de ses exploits.

Mais sa joie est de courte durée lorsqu’elle apprend qu’elle doit être mariée de force à Mégapinthe. Son père l’enchaîne afin qu’elle ne se sauve pas avant le lendemain et la cérémonie. Elle est par sauvée par Hermès, le dieu des messagers alors transformé en tortue. Il lui demande alors de mettre hors d’état de nuire Achille, le héros spartiate grec dans son envie de renverser les Troyens.

Pyrha se coupe alors les cheveux et fuit Sparte. En chemin, elle vient en aide à Athilios, un esclave du roi…

Voilà un début prometteur de saga jeunesse ! Spartiate possède tous les ingrédients pour accrocher les enfants. Charlotte Rousselle, Elisabeth Jammes et Matthieu Martin imaginent une version complétement folle du mythe de la guerre de Troie. Ils utilisent les dieux et les héros d’Homère dans une fable drôle et intelligente. La liberté souffle sur cette aventure épique.

Pour cela, le trio d’auteurs mise sur Pyrha, une jeune spartiate qui ne se laisse pas faire. La jeune adolescente veut gérer sa vie comme elle l’entend. Forte dans les combats, elle n’hésite pas à humilier ce pauvre Mégapinthe. Mais la vengeance du fils du roi de Sparte risque d’être terrible !

Fuyant la cité antique, Pirha sera confrontée au tyran mais également aux dieux. Son compagnon d’arme, Athilios deviendra quant à lui, un héros grec sans le vouloir.

Humour, complots, combats et féminisme sont au cœur de ce premier très bon volume de Spartiate, une série qui plaira aux jeunes lecteurs.

  • Spartiate, tome 1 : L’invincible Achille
  • Auteurs : Charlotte Rousselle, Elisabeth Jammes et Matthieu Martin
  • Éditeur : Jungle
  • Prix : 11,95 €
  • Parution : 08 octobre 2020
  • ISBN : 9782822230049

Résumé de l’éditeur : Une jeune héroïne bouleverse les codes de la Grèce antique avec l’aide du plus malin des dieux ! Et si, dans un monde mythologique d’hommes centré sur les exploits guerriers, une fille bousculait les codes ? Pyrha, une jeune spartiate doit être mariée contre sa volonté à Mégapinthe le fils du Roi Ménélas de Sparte. Ne supportant pas cette situation, elle décide alors de s’enfuir. Seulement elle est rattrapée par le dieu Hermès qui lui propose un marché : si elle veut rembourser sa dette, elle doit l’aider à anéantir Achille seul espoir de Sparte dans la guerre contre les Troyens. Hermès annonce à Pyrha qu’Achille se trouve sur l’île de Skyros, il lui demande de le trouver avant le roi Ménélas, Pyrha part alors à l’aventure accompagnée de l’esclave Athilios.

Léo et la méduse

Léo veut protéger sa ville d’Athènes. Pour cela, il trouve des stratagèmes pour éloigner les créatures mythiques. Léo et la méduse est le nouvel opus de la très belle série La famille Vieillepierre de Joe Todd-Stanton.

Athènes dans l’Antiquité grecque. Léo Vieillepierre vient étudier dans l’auguste cité. Le jeune garçon suit de nombreux cours sur la mythologie et notamment sur le rôle prépondérant d’Athéna sur la ville.

Léo décide alors d’espionner la discussion entre la déesse et Persée. Athéna confie au héros grec de chasser Céto, le terrible serpent de mer. Le petit garçon décide alors de suivre le guerrier mais chute sur la plage. Il tombe alors nez à nez avec Céto, effroyable créature marine. Il aperçoit alors une jeune fille qui enlève une flèche dans le flanc du serpent. Celui-ci devient alors aimable et très doux. Afin de montrer à tout le monde qu’il a réussi sa mission, Léo prend la flèche et retourne à Athènes.

Léo devient alors le tueur de serpents et est acclamé par les habitants. Rapidement, Athéna lui confie d’autres missions…

Après Le voyage de Kaï, Joe Todd-Staton poursuit sa très belle série La famille Vieillepierre. Si le précédent album nous avait plu, Léo et la méduse nous enchante davantage. L’intrigue est plus fouillée, plus ambitieuse et surtout plus drôle.

Dans ce nouvel opus, l’auteur anglais revisite la mythologie grecque par l’entremise d’un petit garçon somme toute valeureux mais plutôt timide. Comme avec Le voyage de Kaï, les personnages de Joe Todd-Stanton sont avant tout intelligents. Ils font d’abord marcher leur cerveau avant leur force. Ainsi, Léo – qui n’est pas une montagne de muscles – peut rivaliser avec les plus cruelles créatures grâce à son ingéniosité. D’ailleurs les monstres mythologiques s’avèrent moins sauvages et sanglants que dans les mythes après avoir croisé la route du petit garçon

Alors qu’il a menti sur Céto, Léo devient un héros. Il ne doute néanmoins pas pour aller débarrasser la cité des créatures fantastiques.

Dans Léo et la méduse, l’auteur britannique s’appuie sur de très jolies valeurs pour accrocher son jeune lectorat. Intelligence, ingéniosité, amitié et entraide sont au cœur de ce nouveau très joli tome de La famille Vieillepierre.

Léo et la méduse : une très belle surprise jeunesse !

  • La famille Vieillepierre : Léo et la méduse
  • Auteur : Joe Todd-Staton
  • Éditeur : Sarbacane
  • Prix : 13,50 €
  • Parution : 07 octobre 2020
  • ISBN : 9782377314782

Résumé de l’éditeur : Et si le monstre n’était pas celui qu’on croit ? La famille Vieillepierre nous embarque cette fois-ci… en Grèce antique ! Le jeune héros Léo, ami des créatures magiques, se voit confier par Athéna une mission délicate… tuer la Gorgone ! Devra-t-il trahir les principes de la famille Vieillepierre pour protéger Athènes ? Une farandole de créatures mythologiques défile dans cette aventure, pour le plus grand bonheur du lecteur. Couleurs éblouissantes, charme et humour : tout est réuni pour une histoire mémorable. Mais dans celle-ci, deux ingrédients secrets viennent encore améliorer la recette : un message de protection des animaux et… une histoire d’amour ! Assurément l’un des meilleurs volumes. À partir de 7 ans.

Le voyage de Kaï

La série La famille Vieillepierre des éditions Sarbacane s’enrichit d’un nouveau titre avec Le voyage de Kaï, un très beau conte jeunesse de Joe Todd-Stanton.

Dans la Chine éternelle  vivent Wen et sa fille Kaï, deux redoutables guerrières. Un beau jour, les habitants d’un village reculé leur demandèrent de l’aide : une mystérieuse bête dévore tout sur son passage. Elles acceptèrent cette dangereuse mission.

Dans la bibliothèque de la cite, Wen tente de chercher des indices sur cette créature sanglante. De son côté, Kaï s’ennuie. Elle aimerait plus d’actions et partir à l’aventure. En parcourant les étagères, la petite fille découvre le parchemin de l’histoire de Sun Wukong, le Roi des singes. Elle commence à lire le texte et découvre que le puissant singe est enfermé dans la main de Bouddha. Elle décide alors d’aller le délivrer et de lui demander de l’aide pour le village…

Avec Le voyage de Kaï, Joe Todd-Stanton poursuit le développement de son très bel univers de La famille Vieillepierre, un clan légendaire. Chaque volume est indépendant et peut donc se lire seul ou dans le désordre. Chaque opus se concentre sur un personnage – un.e enfant – de la famille qui vit des aventures fantastiques.

Pour ce nouveau tome, l’auteur britannique joue avec la légende de Sun Wukong, le Roi des singes, l’un des personnages fictifs les plus connus de la littérature populaire chinoise, celui-là même qui servit de base à Dragon Ball, le manga d’Akira Toriyama.

Joe Todd-Stanton fait croiser la route de ce puissant guerrier à Kaï, une jeune fille intrépide, valeureuse et ingénieuse. Elle fait un pacte avec le Roi singe – le délivrer – en contrepartie d’une aide pour terrasser la méchante créature. Mais Sun Wukong trahit son serment.

Entre action, aventure, fantastique, légende chinoise, combats et trahison, Le voyage de Kaï est un récit agréable pour les jeunes lecteurs. Le trait de l’auteur né à Brighton est enchanteur, doux et ses couleurs chaleureuses.

Le voyage de Kaï : un beau conte jeunesse porté par une héroïne attachante et un très beau dessin.

  • La famille Vieillepierre : Le voyage de Kaï
  • Auteur : Joe Todd-Staton
  • Éditeur : Sarbacane
  • Prix : 13,50 €
  • Parution : 10 juin 2020
  • ISBN : 9782377314430

Résumé de l’éditeur : Dans la légendaire famille Vieillepierre, l’intrépide Kaï et sa douce mère, Wen, sont deux aventurières inséparables. Inséparables… jusqu’au jour où Kaï, impatiente de relever enfin un défi à sa mesure, fausse compagnie à sa mère pour vivre sa propre aventure. C’est ainsi qu’elle rencontre l’impétueux Roi des Singes, combat le dragon des mers, et pénètre dans le jardin de l’empereur de Jade !… Après Arthur et la corde d’or et Lucie et l’énigme du sphinx, voici une nouvelle aventure extraordinaire de la Famille Vieillepierre ! Des couleurs lumineuses et chatoyantes, des compositions d’une richesse délicieuse, et des petits héros touchants : une série d’une qualité sans cesse renouvelée.

Les croques 3

Bouquet final met un point de conclusion à la superbe série de Léa Mazé, Les croques. Encore plus fort, plus mouvementé et plus angoissant que les deux précédents opus.

Après un premier volume qui posait les base d’un polar jeunesse accrocheur, un deuxième tome qui accélérait les tensions, le troisième opus plonge les jeunes lecteurs dans une aventure encore plus haletante et passionnante.

Léa Mazé, que nous avions rencontré à Saint-Malo en 2018 pour nous parler des Croques, sait manier avec habileté le suspense, les tensions et les rebondissements dans un intrigue des plus sombres.

Dans ce Bouquet final, les jeunes lecteurs retrouvent Céline et Colin, toujours à l’affût du moindre détail concernant leur enquête sur une disparition mystérieuse. La jeune adolescente découvre dans des archives, une lettre dont l’écriture n’est pas celle de Poussin. Arrive alors Martin dans la boutique de pompes funèbres, comme déboussolé. Son angoisse et ses yeux le trahissent…

Sans trop en dévoiler afin de ne pas gâcher votre plaisir de lecture, l’on peut dire que les 90 pages de ce troisième volume sont prenantes. Le temps défile devant les très belles planches de Léa Mazé. Tout est là pour apporter un suspense de folie à cette histoire qui glisse indubitablement vers le thriller.

L’autrice de Elma une vie d’ours (avec Ingrid Chabbert) ne ménage pas ses deux héros. Ils doivent beaucoup réfléchir, réagir vite et sans cesse courir. L’ambiance est magnifiquement mis en scène par la Bretonne. Tout est fort dans cet ultime tome.

Cela faisait longtemps que nous n’avions pas éprouvé de tels sentiments après la lecture d’une série jeunesse. Saluée par la critique (Prix ACBD Jeunesse en 2018) et le public, elle fera date dans la carrière de l’autrice de Nora et dans le catalogue toujours aussi exigent et qualitatif de La Gouttière.

Un superbe final en apothéose pour Les croques ! Enjoy !!!

  • Les croques, tome 3/3 : Bouquet final
  • Autrice : Léa Mazé
  • Éditeur : La Gouttière
  • Prix : 14,70 €
  • Parution : 23 octobre 2020
  • ISBN : 9782357960183

Résumé de l’éditeur : Découvrez enfin le fin mot de l’enquête de Céline et Colin avec le dernier tome de la trilogie des Croques ! Un bouquet final explosif !

Don Vega

Quand Pierre Alary s’attaque à la légende de Zorro, cela donne Don Vega, une très belle aventure. Virevoltant !

Loin de la série diffusée sur France 3, loin des films avec Alain Delon ou Antonio Banderas, Don Vega est un beau récit populaire des éditions Dargaud. Le souffle épique est bien là dans une version plus proche de celle du roman de Johnston McCulley, édité en 1919.

Californie, 1849. La région est tenue de main de maître par des gouverneurs avides d’or et de richesses. Ils font régner la terreur sur les péons, les paysans d’origine mexicaine.Parmi eux, Gomez s’est installé dans le domaine des Vega.

Pour entretenir la flamme et tenter de résister, les habitants se déguisent en Zorro, mais ils sont toujours repris voire tués par les hommes de Gomez.

Pendant ce temps, Don Vega arrive de Madrid et constate que la maison familiale a été réquisitionné par ce chef tyrannique…

Porté par un dessin virevoltant, Don Vega est une saga plaisante à la lecture. Complots, vengeance, secrets et combats émaillent cette histoire haletante. Tous les coups sont permis pour que Zorro fasse régner la justice et que de son côté son rival Gomez continue ses exactions. Le renard est de retour pour le chasser mais cela ne va pas se dérouler comme prévu.

Pierre Alary (Mon traitre, Silas Corey) distille savamment les éléments tout au long de l’intrigue. Sa version de Zorro est très cinématographique, très enlevée. Ses planches sont belles, ses décors fouillés, ses scènes de combats rageuses et son découpage ultra dynamique.

Don Vega : Zorro n’est pas mort ! Il est là pour le bien du bas peuple et c’est une bonne nouvelle !

  • Don Vega
  • Auteur : Pierre Alary
  • Éditeur : Dargaud
  • Prix : 16,50 €
  • Parution : 02 octobre 2020
  • ISBN : 9782505084976

Résumé de l’éditeur : Madrid, 1848. Don Vega, héritier d’une riche famille californienne, reçoit une lettre lui annonçant le décès de ses parents. L’auteur du courrier, le père Delgado, l’incite à rentrer  » dans les plus brefs délais « . A son retour, Don Vega découvre que le domaine familial est désormais géré par un ancien général, Gomez. Celui-ci s’appuie sur Borrow, une brute sadique et sans scrupules, pour mettre la Californie en coupe réglée en rachetant des terrains à bas prix afin de les revendre plus cher. Des peons ont le courage de se révolter. Le visage couvert d’une cagoule, ils se réclament d' » el Zorro « , un mythe populaire local. Le peuple les voit comme des héros. Don Vega décide de suivre leur exemple : il revêt un costume noir et est bien décidé à faire payer les spoliations commises envers sa famille. La légende de Zorro est en marche… Le personnage de Zorro renaît de ses cendres dans cette relecture enthousiasmante d’un classique de la culture populaire, né en 1919 dans un roman de Johnston McCulley avant d’être immortalisé par le cinéma et la série télévisée de Walt Disney.

Yakari 41 : Le fils de l’aigle

Dans ce nouvel opus de Yakari, le petit indien doit venir en aide à un aiglon coincé dans une crevasse. Encore une belle aventure de l’ami des animaux.

Chevauchant Petit Tonnerre, Yakari est interrompu par Grand Aigle. Le rapace vient demander de l’aide au petit indien. Alors qu’il effectuait son premier vol hors de son nid, un aiglon est tombé dans une crevasse où seul Yakari peut descendre pour le sauver. En chemin vers les Serres d’aigle, les deux amis récupèrent Tilleul, le jeune castor qui s’était caché de sa famille…

Depuis 1969, Yakari fait le bonheur de plusieurs générations de lecteurs. Avec ses 41 albums, le petit indien en a vécu des aventures ! Créée par Derib et Job, ce dernier a laissé sa place depuis trois volumes à d’autres scénaristes (Joris Chamblain et Xavier Giacometti).

La magie Yakari opère toujours ! Entraide, amitié, la nature, les animaux et la protection de l’environnement sont toujours au cœur des préoccupations des auteurs. Saupoudrée de fantastique et d’aventure, la série est toujours aussi agréable à suivre.

Si l’intrigue de Xavier Giacometti semble moins complexe et moins forte que les opus précédents, on se laisse bercer par les 48 pages. La grand force de ce 41e volume réside encore dans le magnifique travail graphique de Derib, maître de la bande dessinée jeunesse depuis 50 ans.

Yakari 41 : c’est drôle, c’est distrayant et c’est beau ! Que demander de plus ?

  • Yakari, tome 41 : Le fils de l’aigle
  • Scénariste : Xavier Giacometti
  • Dessinateur : Derib
  • Coloriste : Rébékah Paulovich
  • Editeur : Le Lombard
  • Parution : 02 octobre 2020
  • Prix : 10,95 €
  • ISBN : 9782803678921
Résumé de l’éditeur : Depuis qu’il est un jeune papoose, Yakari a toujours pu compter sur le soutien de Grand-Aigle, son animal-totem. Aujourd’hui c’est Grand-Aigle qui appelle son ami à l’aide. La vie d’un petit aiglon est menacée. Et seul Yakari est en mesure de le sauver !

Les idées folles d’Anatole

Héros facétieux des jeunes enfants, Anatole Latuile connait une nouvelle vie dans Les idées folles d’Anatole, une recueil d’Olivier Muller, Anne Didier, Anne Schmauch et Clément Devaux.

Anatole Latuile, tous les enfants le connaissent bien. Avec plus d’un million d’exemplaire vendus des premiers tome de la série et de trois romans mais également une série animée diffusée sur France Télévisions, il fait la joie de toute la famille.

Après la série-mère, Anatole Latuile s’offre un second souffle avec des histoires courtes sur deux pages. Ces gags sont très agréables et plutôt très réussis. Il y en a peu qui ne nous ont pas emballés. Il faut souligner qu’ils mettent en scène, les bêtises d’Anatole et de sa sœur Sidonie.

Olivier Muller et Anne Didier – rejoints par Anne Schmauch sur ce titre – ont bien fait fonctionné leurs trois cerveaux pour ces récits courts sympathiques.

De l’accident de voiture avec le poisson rouge Coquelicot aux vacances en collectivité toujours avec leur animal aquatique, en passant par la partie de Mollky avec des rondins de bois ou les sculptures en saucisses pour les chiens, tous les ingrédients sont réunis pour faire rire les jeunes.

Le trait de Clément Devaux est idéal pour cela. Son dessin apporte lui aussi énormément d’humour à la série.

  • Les idées folles d’Anatole, tome 1 : Splatch
  • Scénaristes : Olivier Muller, Anne Didier et Anne Schmauch
  • Dessinateur : Clément Devaux
  • Editeur : BD Kids
  • Parution : 4 novembre 2020
  • Prix : 8,95 €
  • ISBN : 9791036323799

Résumé de l’éditeur :

 

Le rituel

Nicolas Mahler raconte une tranche de vie d’un japonais spécialiste des effets spéciaux dans Le rituel, une agréable surprise à L’Association.

Kaiju Eiga, ce nom ne vous dit peut être rien. Pourtant les quadragénaires et les quinquagénaires en ont forcément vu sans en connaître le substantif. Les Kaiju Eiga sont les films ou séries japonaises mettant en scène des monstres, tel que X-Or, San Ku Kaï, Ultra-Man ou Bioman mais également les Godzilla. Ces longs-métrages ou séries étaient fabriqués sans effets spéciaux numériques mais avec ceux analogiques. C’est ainsi que l’on se souvient des monstres en caoutchouc moins vrais que nature.

Dans Le rituel, Nicolas Mahler met en scène un maître japonais spécialisé dans ces Kaiju Eiga. Ce très joli album tout en douceur alterne les moments de la vie de cet homme avec des scènes de son long-métrage.

Il aime ses monstres et ses films, c’est ainsi qu’il les défend avec sincérité; ce qui fait de lui un personnage très attachant.

Si l’ambiance est à la mélancolie, il réside néanmoins une brin d’humour notamment dans les trucs et astuces du maître pour rendre ses films fidèles et les plus réalistes possibles. Librement inspiré par la vie de Eiji Tsuburaya, maître des effets spéciaux, Le rituel se lit avec délectation.

  • Le rituel
  • Auteur : Nicolas Mahler
  • Éditeur : L’Association, collection Ciboulette
  • Prix : 16 €
  • Parution : 08 octobre 2020
  • ISBN : 9782844147868

Résumé de l’éditeur : Assis devant son bol de thé, un maître japonais des effets spéciaux fait le bilan de ses échecs et de ses succès. Parmi ces derniers, il a rayé Tokyo plusieurs fois de la carte, fait naître des papillons géants sur des cordes et fait s’affronter des monstres des abysses. Un album librement inspiré de la vie d’Eiji Tsuburaya (1901-1970), créateur, entre autres, des effets spéciaux de Godzilla.

Mao tome 3

C’est le face à face. Mao peut enfin affronter Byoki tandis que Nanoka démêle les nœuds de sa propre malédiction. Rumiko Takahashi nous réserve encore des surprises avec un tome 3 haut en couleur.

Le troisième tome de Mao commence en pleine bataille. L’affrontement contre son ennemi de toujours, le démon Byoki, est enfin venu. Mais avec lui, le passé est déterré, ramené à la surface. Mao doit bien se rendre à l’évidence : il se trompe sur ce qu’il s’est passé il y a 900 ans, lorsqu’il a été maudit par le chat-démon. Peu à peu de nouvelles pièces du puzzle se mettent en place.

Tandis que Nanoka se rapproche de la vérité sur sa propre malédiction, Mao fait face à de nouveaux questionnements sur son passé. Le drame qui a provoqué la chute de son clan 900 ans plus tôt ne s’est peut-être pas déroulé comme il le pensait. Désormais il doit démêler le vrai du faux. Et peut être qu’en 1923, il n’est pas le seul à se souvenir de ces événements.

Rumiko Takahashi nous emmène plus profondément dans son univers, et plus profondément dans l’intimité de ses personnages. Mao tome 3 apporte une multitude de nouvelles émotions, d’informations et avive notre suspicion de lecteur, notre addiction à l’aventure.

Mao devient de plus en plus intéressant à chaque tome. Ses personnages prennent corps, s’anime avec une telle évidence qu’ils donnent l’impression de bouger librement dans le théâtre bâtit par Rumiko Takahashi. Comme le disait l’auteur français Gustave Flaubert : « l’auteur dans son œuvre doit être comme Dieu dans l’univers, présent partout, et visible nulle part ».  Cette citation correspond tout à fait au travail de la Reine du Shônen.

Après un Mao tome 3 dense et dynamique, le tome 4 débarque dans les bacs le 6 janvier 2021. Il promet rebondissements, nouvelles rencontres et de nous rendre encore plus accro à ses personnages.

  • Mao T3
  • Autrice : Rumiko Takahashi
  • Éditeur : Glénat
  • Prix : 6,90€
  • Parution : 21 octobre 2020
  • ISBN : 9782344043646

Résumé de l’éditeur : Alors que le séisme tant redouté sème finalement la destruction dans la région de la capitale, Mao se retrouve face à son ennemi de toujours, Byoki. Cette confrontation ravive chez le maître onmyo des souvenirs vieux de plusieurs siècles.

Mao avait un rôle à jouer, autrefois. Un rôle oublié mais lourd de sens…