Les règles de l’amitié

Quatre jeunes adolescentes, amies au collège, se serrent les coudes dans cette période charnière dans Les règles de l’amitié, un joli album signé Lily Williams et Karen Schneemann aux éditions Jungle.

C’est le jour de la rentrée au collège Hazelton. Abby, Brit et Christie se réveillent doucement et se mettent en route pour l’école. Elles sont contentes de se retrouver pour cette nouvelle année riche en événements.

De son côté, Sacha vient tout juste d’arriver mais elle ne connait personne. Pour tenter de s’intégrer au mieux, elle décide de rejoindre le club d’athlétisme. Si les plus anciennes ne sont pas tendre avec elle, Sacha se fait de nouvelles amies. Le lendemain, la pauvre adolescente a ses règles et tache son pantalon…

Les règles de l’amitié est un très joli album sur un sujet très tabou, celui des règles. Lily Williams et Karen Schneeman ont réalisé cette histoire à quatre mains. Les deux autrices ont travaillé sur le scénario et le dessin, ensemble. Elles ont donc décidé de s’attaquer à ce thème central dans la vie des adolescentes : le début des menstruations.

Sans jamais être donneuses de leçon mais en abordant ce sujet sans fard, le duo d’autrices réussi le pari d’inventer une histoire simple mais très accessible pour le jeune lectorat. On est agréablement surpris par la place de l’amitié, de la solidarité et de l’entraide dans Les règles de l’amitié. Et c’est ce qui plait dans cet album.

Le dessin est efficace et très lisible. Sans énormément de décors, les deux dessinatrices se concentrent sur les personnages et leurs interactions.

Les règles de l’amitié : un sujet tabou abordé avec tact, humour et bienveillance.

  • Les règles de l’amitié
  • Autrices : Lily Williams et Karen Schneemann
  • Editeur : Jungle
  • Parution : 20 août 2020
  • Prix : 17 €
  • ISBN : 9782822231503

Résumé de l’éditeur : Au-delà d’une grande histoire d’amitié, un sujet important pour les jeunes filles, abordé en toute subtilité ! Sasha, la nouvelle de l’école est un peu à l’écart. Un jour, c’est la honte absolue, son pantalon est tâché, elle vient d’avoir ses premières règles ! Elle est soutenue par 3 amies qui se connaissent, elles depuis longtemps. Elles vont partager leurs expériences et  » l’initier  » : les premiers tampons, la gestion de la douleur, la famille, les non-dits et la honte. L’une d’elle, s’insurge notamment de l’indisponibilité des serviettes au collège. Sur un fond d’amitié féministe, le livre dédramatise et donne à voir la multiplicité des vécus autour des menstruations.

Louve y es-tu ?

Attraper un mouton lorsque l’on est un loup, c’est un jeu d’enfant. Mais pas pour cette pauvre louve qui n’y arrive jamais. Marie Manand, Armand Robin et Caroline Hüe imaginent ses déboires dans Louve y es-tu ?, un joli album jeunesse édité par BD Kids.

Louve y es-tu ? est prépublié dans la revue Mordelire des éditions Milan. Cette héroïne anthropomorphique fait le bonheur des jeunes lecteurs par ses ratés monumentaux dans sa chasse aux moutons. Maladroite, elle va de déboires en désillusions et ne peut jamais croquer ces gentilles bêtes afin de se sustenter.

Dans la veine de La renarde (Marie Blandin et Sébastien Chrisostome) et Le grand méchant renard (Benjamin Renner), Louve y es-tu ? est un très joli recueil d’histoires courtes idéal pour les jeunes lecteurs. Marie Manand et Armand Robin imaginent ses aventures par des gags en une planche très réussies. Les dessins de Caroline Hüe sont plaisants, très lisibles et très visuels pour mettre en lumière les gags et l’humour du duo d’auteurs.

  • Louve y -es-tu ?, tome 1 : Une faim de louve
  • Scénaristes : Marie Manand et Armand Robin
  • Dessinatrice : Caroline Hüe
  • Editeur : BD Kids
  • Parution : 09 septembre 2020
  • Prix : 9.95 €
  • ISBN : 9782408019228

 

 

Giant Days : Nos années fac, 1ère année – Hiver

Les héros de Giant Days sont étudiants à l’université. John Allison et Max Sarin content leurs aventures entre romance, amitié et cours dans le premier volume de Giant Days : nos années fac aux éditions Akileos.

Daisy, Esther et Susan sont des amies inséparables. En 2011, John Allison imagine Giant Days où il met en scène les trois copines colocataires à l’université. Les lecteurs découvrent leur vie estudiantine entre cours, leurs premiers vrais amours, leurs joies et leurs peines.

Toujours bienveillante et drôle, cette série à d’emblée eu du succès. Parfois ayant le blues de leur famille, parfois en prise avec des garçons dragueurs un peu lourds, elles vivent néanmoins de très belles années.

Nos années Fac 1ère année – Hiver est composé des chapitres 9 à 16, d’une histoire auto-publiée et une histoire courte. John Allison glisse aussi des intrigues autour du syndicat étudiant et du journal de la fac. C’est bien fichu et drôle. On passe un bon moment de lecture !

  • Giant Days, nos années fac, 1ere année – Hiver
  • Scénariste : John Allison
  • Dessinateur : Max Sarin
  • Encreur : Liz Fleming
  • Coloriste : Whitney Cogar
  • Editeur : Soleil, collection Policier/Thriller
  • Parution : 03 juin 2020
  • Prix : 22 €
  • ISBN : 9782355744679

Résumé de l’éditeur : Regroupe les tomes 3 et 4 de la précédente édition. Suzan, Esther et Daisy poursuivent leur premier semestre à l’université et celui-ci pourrait s’évérer être le plus mouvementé jamais vu.

Léo Loden, tome 27 : Sète à huîtres

Panique dans les parcs à huîtres ! Léo Loden et Tonton doivent éclaircir le mystère de la mort d’un ostréiculteur dans la 27e aventure du détective privé signé Loïc Nicoloff et Serge Carrère.

Depuis le précédent album, Loïc Nicoloff a pris la suite de Christophe Arleston dans ce que l’on peut qualifier de série polar grand public sympathique. Enquêtes souvent mouvementées, humour et très joli dessin sont les ingrédients de Léo Loden que de nombreux lecteurs plébiscitent. Sans révolutionner le genre, l’album permet de passer un très bon moment de lecture. C’est distrayant et c’est déjà beaucoup ! Toutes les séries polar au long court ne peuvent pas en dire autant.

Dans cette 27e aventure, les lecteurs suivent Léo et Tonton dans un imbroglio ostréicole. Antonin a invité Tonton, Léo, Marlène et les jumeaux sur son bateau pour deux jours en mer. Si tout le monde est content, l’ex-flic attend avec impatience de poser ses pieds sur la terre ferme, tant le vieux loup de mer l’exaspère à le prendre pour son moussaillon.

A peine descendus du bateau que la troupe part chez Etienne, l’ami ostréiculteur d’Antonin. Mais le pauvre s’est noyé dans ses parcs. Ni une ni deux, Léo et Tonton obtiennent l’autorisation de Marlène pour enquêter. Ils n’ont alors que 48h pour trouver le meurtrier. La noyade ne semble pas être un motif, Etienne avait trop l’habitude de travailler en mer.

Vols d’huîtres, jalousie entre éleveurs et policier à l’humour vaseux sont au cœur de Sète à huîtres, un bel album. On retrouve l’étang de Thau près de Marseille, haut lieu de l’ostréiculture du sud de la France. Sans oublier Marseillan et Sète, pour une enquête méridionale plaisante et drôle.

  • Léo Loden, tome 27 : Sète à huîtres
  • Scénariste : Loïc Nicoloff
  • Dessinateur : Serge Carrère
  • Coloriste : Cerise
  • Editeur : Soleil, collection Policier/Thriller
  • Parution : 26 août 2020
  • Prix : 10.95 €
  • ISBN : 9782302081789

Résumé de l’éditeur : Quelques semaines avant Noël, Léo est confronté à la mort d’un ostréiculteur qui vient interrompre ses vacances avec Marlène et leurs deux enfants. Deux jours, c’est tout ce qu’elle laisse à Léo et Tonton pour résoudre cette affaire à la place de gendarmes incompétents. Entre Bouzigues et le Cap D’Agde, pas facile d’y voir clair quand on nage dans les eaux troubles de familles d’ostréiculteurs rivales, d’ingénieurs aux méthodes modernes et de voleurs d’huitres… tout ça sans déranger Brassens.

 

L’épopée de la Franc-Maçonnerie

L’épopée de la Franc-Maçonnerie est la nouvelle série au long court des éditions Glénat supervisée par Didier Convard. Les deux premiers volumes sont sortis simultanément en librairie le 12 septembre.

Initié il y a 35 ans à la Grande loge de France, Didier Convard a toujours été attiré par les mystères entourant les obédiences. Il suffit de se pencher sur sa bibliographie pour voir apparaître en filigrane la Franc-Maçonnerie dans quelques unes de ses séries comme Neige ou Le triangle secret.

Pour les prolonger, il a proposé le projet d’une histoire de la Franc-Maçonnerie aux éditions Glénat et plus particulièrement à Frédéric Mangé, éditeur.

Sans vouloir être un documentaire précis et trop pédagogue, Didier Convard a préféré imaginer une histoire romanesque de la Franc-Maçonnerie comme le montre le premier volume autour de la légende d’Hiram, architecte du Temple de Salomon à Jérusalem. Ce mythe serait l’un des fondements de la Franc-Maçonnerie. Tout simplement parce que : « la Franc-Maçonnerie est une société initiée par des bâtisseurs » d’où les symboles du compas et de l’équerre.

L’épopée de la Franc-Maçonnerie comprendra 12 volumes sous la houlette de Didier Convard. Pour le premier tome, c’est lui-même qui scénarise. Pour l’accompagner, il a choisi Denis Falque, son compagnon de route sur Le triangle secret. Il écrira par la suite le 5e et le 8e opus. Les autres le seront par Pierre Boisserie et Jean-Christophe Camus.

Le premier tome est plaisant à lire. Très classique dans sa narration et son style graphique, il plaira aux amateurs de grandes épopées historiques. Ainsi, l’on suit Hiram et ses équipes qui mettent en œuvre la construction du Temple de Salomon. Machinations, complots et secrets sont au cœur de ce récit qui nous a fait passer un bon moment de lecture comme le fut celle de Grand Orient, un album humoristique signé Jérôme Denis et Alexandre Franc.

A noter que Vincent Wagner, Olivier Pâques et Pierre Wachs complètent le casting des dessinateurs. Les trois auteurs sont des habitués des récits historiques. De plus, la collection s’offre les services du peintre Julien Delval pour les 12 couvertures. Enfin, Angélique Césano donnera de l’harmonie à la série puisqu’elle a en charge les couleurs sur l’ensemble des volumes.

  • L’épopée de la Franc-Maçonnerie, tome 1 : L’ombre d’Hiram
  • Scénariste : Didier Convard
  • Dessinateur : Denis Falque
  • Coloriste : Angélique Césano
  • Editeur : Glénat
  • Parution : 09 septembre 2020
  • Prix : 10.95 €
  • ISBN : 9782344030431

Résumé de l’éditeur : Et la fraternité chassa les ténèbres…En mourant, le roi David confie Israël au plus sage de ses fils : Salomon. Outre la mission de maintenir la paix dans son royaume, conservant les alliances âprement établies par son père, Salomon a la charge de bâtir la Maison de Dieu, le Temple qui accueillera l’Arche d’Alliance… Mais l’oeuvre est telle qu’elle nécessite un maître en architecture, initié par les Anciens, héritier des bâtisseurs de Der el Medineh. Le roi de Tyr, ami d’Israël, connaît cet homme qu’il emploie dans la conception de ses plus grands travaux et qu’il va envoyer auprès de Salomon. Il se nomme Hiram. L’Épopée de la Franc-maçonnerie commence alors, Hiram devenant le légendaire fondateur de l’Ordre… Mais plus tard, à la destruction du Temple de Salomon, la pierre comportant les trois symboles « gravés » par Dieu, une étoile, un croissant et une croix, sera brisée en trois parties. Trois veuves en récupèrent chacun une…

Le mangeur d’espoir

Après la formidable série La femme et l’orage, Karim Friha imagine Le mangeur d’espoir, un nouvel album fantastique jeunesse aux éditions Gallimard. Intelligent et accrocheur !

Né en 1980, Karim Friha est l’un des auteurs les plus intéressants et doués de sa génération. En seulement six albums depuis 2010, il a su se créer un univers original et personnel très identifiable. Ses deux précédentes séries La flamme et l’orage & Le réveil du Zélphire nous ont enchanté.

Le mangeur d’espoir suit les pas de la jeune Rachel dont le père vient tout juste de décéder d’un cancer. Quant à sa mère, elle a sombré dans une grave dépression à la suite du décès de son époux. La vie est donc délicate pour la jeune adolescente de 16 ans : son père n’est plus là physiquement, tandis que sa mère n’est plus là, psychologiquement.

L’arrivée inopinée d’Adrian Stern va changer la donne. Le médecin en est sûr : il faut aider la mère de Rachel. Pour cela, la jeune fille doit entrer dans la mémoire de sa génitrice…

Mystères, pressions extérieures et fantastique sont au cœur de Mangeur d’espoir. Ce one-shot est prenant et accrocheur. Il aborde avec habileté les sujets de la dépression, du deuil, de l’entraide d’une fille envers sa mère dans un univers fantasy maîtrisé.

  • Le mangeur d’espoir
  • Auteur : Karim Friha
  • Éditeur : Gallimard BD
  • Prix : 18 €
  • Parution : 09 septembre 2020
  • ISBN : 9782075121514

Résumé de l’éditeur : Il se passe des choses étranges à Montmartre. Le quartier est hanté par des créatures surnaturelles et des esprits maléfiques… À 16 ans, Rachel est loin de partager l’insouciance des adolescents de son âge. Elle vient de perdre son père d’un cancer foudroyant, ce qui a déclenché la grave dépression de sa mère… Mais d’après l’étrange Docteur Adrian Stern, la mère de Rachel est victime du Mangeur d’espoir, une entité démoniaque qui envahit l’esprit pour se nourrir des plus beaux souvenirs. Pour sauver sa mère, Rachel doit pénétrer dans sa mémoire pour y traquer le monstre…

Transparente

A travers un récit saupoudré de fantastique, Transparente, de Jun Ogino édité chez Kurokawa, raconte avec justesse l’impact des violences conjugales sur l’ensemble d’une famille.

Le père d’Aya est violent. Sa mère, sous le joug de la terreur, garde l’espoir de protéger ses enfants. Pendant que son frère détourne le regard, Aya n’en peut plus. Les années passent, elle se sent prisonnière de ce foyer dominé par la violence. Elle ne sait pas qu’est un père “normal”, un père qui ne frappe pas sa femme. Désormais même hors de la maison, elle voit le mal partout. Elle voudrait disparaître de ce monde.

Et c’est curieusement ce qui lui arrive. Un jour, son image s’efface dans le miroir, elle devient invisible. D’expérience en expérience, Aya s’approprie son nouveau pouvoir. Et si cette capacité lui permettait de faire disparaître la peur de son quotidien ? Et si être invisible lui permettait de faire disparaître son père ? Dotée de cette surprenante compétence, Aya porte un nouveau regard sur ce qui l’entoure. Au fils du temps, elle se fraye un chemin vers le bonheur effacé par son père… Mais à quel prix ?

Transparente est un manga fort. Il montre avec poigne l’impact des violences conjugales. Les répercussions terribles qu’elles ont sur l’ensemble du foyer. Jun Ogino nous donne la sensation que le manga est un huis-clos, nous montrant l’effet d’isolation créé autour du foyer.

Rapidement nous sommes oppressés par la présence de ce père violent. Comme Aya, on espère se sortir de là. Aya invisible s’éloigne de son rôle de spectatrice pour entrer en scène. C’est à la fois une prise de distance et le moyen pour elle de s’intégrer au monde.

En tant que personnage pour raconter les enjeux de l’histoire, les répercussions des violences conjugales, Aya est parfaite. Cependant, son caractère contemplatif l’efface un peu. C’est peut-être volontaire, mais on a du mal à s’attacher à elle en tant que personne.

Transparente est un récit terrible et d’actualité doté d’une touche surnaturelle pour donner corps au métaphore de la guérison. C’est une histoire poignante où Aya n’est pas au bout de ses surprises et ses doutes : sur la moral et l’injustice.

  • Transparente
  • Auteur : Jun Ogino
  • Éditeur : Kurokawa
  • Prix : 7,65 €
  • Parution : 12 mars 2020
  • ISBN : 9782368526910

Résumé de l’éditeur : Aya Kinomiya, 9 ans, grandit entre un père violent, un frère apathique et une mère qui tente de protéger ses enfants. Un quotidien insupportable qui donne à Aya l’envie de disparaître. L’envie se mue en réalité quand la jeune fille se découvre le pouvoir de devenir transparente aux yeux des autres. Pourtant, au sein de sa famille, rien ne change. Jusqu’à ce que son don d’invisibilité la pousse à commettre un geste au-delà de l’imaginable. Sa vie va s’en trouver transformée, mais de quelle façon ?

Show Me Love

Show Me Love est le premier manga d’Ami Fushimi. Elle nous glisse dans une tendresse ambiante et aborde la thématique de la famille, composée, recomposée, décomposée, rafistolée.

Nami et sa mère surbookée emménagent dans leur nouvel appartement. Elle découvre vite qu’un de ses professeur de lycée, M. Nagakawa, habite juste en dessous de chez elle. Nami, abandonnée par son père, est en rupture avec les autres. Tandis que Nagakawa est un père divorcé, séparé de son fils. Pourtant le petit Kenta passe son temps à venir chez lui en catimini, sans prévenir sa mère. Très vite Nami se lie d’amitié avec l’enfant.

Ce one shot d’Ami Fushimi orbite autour du rôle du père. Entre une adolescente qui n’a plus de contact avec le sien, un père qui ne sait pas comment montrer son amour et un petit garçon qui ne trouve pas sa place entre ses deux parents, un équilibre fragile se met en place. Grâce aux uns et aux autres, Nami, Kagakawa et Kenta retrouvent l’amour qu’ils avaient oubliés.

C’est une histoire pleine de douceur, où des personnages amorphes en terme de relations humaines se réveillent peu à peu et retrouvent le goût de l’amour parent-enfant. Cependant on sent comme un manque de fluidité. Certaines évolutions scénaristiques arrivent comme un hoquet.

Cela tient peut-être du fait qu’Ami Fushimi a dû faire des concessions. Pour des raisons éditoriales (ndlr : mot fourretout pour dire que ce n’est pas le choix de l’auteur) son histoire devait être achevée en 5 chapitres. Show Me Love en aurait bien mérité un ou deux de plus.

Ami Fushimi dévoile avec Show Me Love, publié aux éditions Akata, la douceur de ses histoires et des thématiques à fleur de société dans un mélange de pudeur et d’affirmation de son style.

  • Show me love
  • Auteur : Ami Fushimi
  • Éditeur : Akata
  • Prix : 8,05€
  • Parution : 28 mai 2020
  • ISBN : 9782369747420

Résumé de l’éditeur : Nami vient d’emménager avec sa mère dans un nouvel appartement. Abandonnée par son père, l’adolescente désabusée est en rupture avec les autres. Mais elle découvrira avec stupeur qu’un de ses professeurs habite désormais dans le même immeuble qu’elle. Ce dernier, divorcé, vit séparé de son ex-femme et de son fils, Kenta. Très vite, la collégienne se prend d’affection pour le petit garçon…

Le prix du reste de ma vie T2

Le prix du reste de ma vie pourrait s’arrêter là. Sur ce tome 2,  une dernière page subtile où l’histoire pourrait changer de sens, nous prendre à revers, par surprise. Peut-être , ou peut-être pas. Le tome 2 du Prix du reste de ma vie se termine en suspens.

Après avoir vendu presque toute sa vie, Kusunoki réalise ses derniers souhaits avant de mourir. Parmi lesquels, il y a : retrouver Himeno, son amie d’enfance. D’ailleurs, elle n’est pas exactement une amie d’enfance. Elle est plutôt la seule personne avec qui Kusunoki était en concurrence pour les meilleurs notes aux examens. Ils étaient deux enfants à part qui, à défaut d’avoir de vrais amis, s’étaient promis de se marier si 10 ans plus tard ni lui ni elle n’avait de partenaire.

L’histoire voulut qu’ils ne gardent pas contact. Jusqu’à une drôle de nuit où une fête agite le temple de leur ville natale. Un hasard ? L’alignement mystérieux des planètes ? Il se trouve que la seule nuit où Kusunoki était là, Himeno passait par là.

Mais tout ne se passe pas comme prévu.

Ce deuxième tome du prix du reste de ma vie a un goût doux-amer. Kusunoki vogue entre son passé et ses désirs, bloqué par l’absence d’avenir. Pourtant lorsqu’il s’aperçoit que le passé n’a pas le visage qu’il lui prêtait, il conclut « C’est à ce moment que, dans le peu de temps qu’il me restait à vivre, je me suis découvert un but ». Dans sa quête, il est toujours suivi par Miyagi, sa surveillante. Au fils du temps, son comportement stricte et distant s’assouplit un peu, rend les journées de Kusunoki plus légères.

Kusunoki continu d’évoluer, ainsi que Miyagi. Mais avec un rythme tempéré et une intensité pianissimo. Ces deux personnages se tiennent comme dans une bulle tandis que le temps passe plus vite autour d’eux, rendant le décalage entre le monde et leur personnalité plus grand.

Ce sentiment d’être « à côté de la plaque, mais faisons avec » ressort dans les trois mangas de Sugaru Miaki. Dans chacun d’eux, l’auteur aborde la question sous un angle différent. Le tome 2 du prix du reste de ma vie permet de voir ses questionnements évoluer, s’accentuer, nous surprendre et nous interroger.

Une série définitivement à suivre, car on s’y plonge complètement et on en ressort trempé de nouvelles questions. Tant mieux, car le tome 3 est prévu dans les bacs pour février 2021.

  • Le prix du reste de ma vie T2
  • Auteur : Sugaru Miaki et Shouichi Taguchi 
  • Éditeur : Delcourt/Tonkam
  • Prix : 7.99€
  • Parution : 26 août 2020
  • ISBN : 9782413026587

Résumé de l’éditeur : Kusunoki était un enfant plein de rêves et d’ambition. Devenu un jeune adulte désargenté, il entend alors parler d’une boutique dans laquelle il était possible de revendre son espérance de vie, son temps ou sa santé. Après estimation, il découvre qu’il lui reste trente ans et trois mois d’une vie insipide, évaluée à … 2.500 3. Kusunoki décide alors de vendre son espérance de vie, à l’exception des trois derniers mois qu’il passera sous la supervision de Miyagi, une jeune femme chargée de veiller à ce qu’il ne commette rien de répréhensible durant ce laps de temps…

Le vieil homme et son chat boivent du petit lait

Quelle merveille ! Quelle petit écrin de douceur ! Nekomaki dévoile le quatrième opus de sa très jolie série Le vieil homme et son chat.

Après un premier volume qui  nous avait fait fondre par les émotions véhiculées, Nekomaki poursuit son petit bonhomme de chemin avec le quatrième opus de Le vieil homme et son chat.

A travers de courtes histoires, les mangakas (ce serait un couple de dessinateurs) rendent un hommage vibrant et tout en pudeur des vieilles personnes mais également des chats. Amoureux de ces félins, ils imaginent de très jolis récits entre amitié, humour et amour. Il y a toujours de la bienveillance et de l’optimisme dans Le vieil homme et son chat. Sans jamais tomber dans la mièvrerie, Nekomaki illustre la vie d’habitant.es d’une île avec douceur.

Comme arrive l’hiver, l’épicerie doit fermer. La population doit donc s’organiser pour se ravitailler sur le continent. Daikichi se voit confier la mission de haute importance de réceptionner les colis pour ses pairs les plus âgés de l’île.

Encore un très beau volume du Vieil homme et son chat. Sans conteste, l’une de plus belle série manga sur les chats !

  • Le vieil homme et son chat, tome 4 : Le vieil homme et son chat boivent du petit lait
  • Auteur : Nekomaki
  • Éditeur : Casterman
  • Prix : 15 €
  • Parution : 1er juillet 2020
  • ISBN : 9782203179240

Résumé de l’éditeur : Les saisons se suivent sur l’île aux chats, mais détrompez-vous, elles ne se ressemblent pas ! L’épicerie ferme, obligeant la population à organiser des missions de ravitaillement sur l’île voisine… Et voici Daikichi en charge du colis des vieux ! Au café de l’île, au contraire, on embauche. Et quelle nouvelle recrue : une jeune femme qui va faire chavirer bien des cœurs et va donner aux anciens de l’île une envie de jouer les entremetteurs avisés…

Cuisine centrale

L’auteur de bandes dessinées Troubs a suivi le travail d’employés de l’ESAT Montclairjoie de Sainte-Livrade-sur-Lot. Il fait le compte-rendu de cette immersion dans Cuisine centrale, une très joli album édité par Les requins marteaux.

Troubs est un auteur que l’on apprécie énormément à Comixtrip. Sensible, proche des gens et grand dessinateur, il a développé une œuvre très humaniste. Après Sables noirs, La longue marche des éléphants, Chemins de pierre, le puissant Humains, la Roya est un fleuve ou encore Mon voisin Raymond, il a été choisi pour une « résidence en entreprise ». Ainsi, il a pu monter des ateliers avec des élèves de lycées professionnels de Nouvelle-Aquitaine mais il a aussi été observé la vie dans un ESAT (établissement médico-social de travail protégé, réservé aux personnes en situation de handicap et visant leur insertion ou réinsertion sociale et professionnelle).

Il a donc suivi le quotidien de travailleurs dans une cuisine centrale de Sainte-Livrade-sur-Lot. Ce qui frappe dans cet album, c’est la richesse des parcours de ces employés : tous différents, tous uniques. Entre ceux qui n’avaient jamais travaillé dans la restauration ou ceux « cassés par la société », ils sont beaux sous les pinceaux de Troubs. Ces mini-portraits sur une page donnent de la chaleur à la lecture de Cuisine centrale. Sans les connaître et avec une description de quelques lignes, on s’attache à ces personnes dont le travail est essentiel à la commune. Ils préparent notamment les repas pour les écoles.

Avec Cuisine centrale, Troubs démontre une fois de plus la bienveillance de son œuvre, sa volonté de raconter l’intime pour dévoiler une grande histoire. On est séduits, on est conquis, vivement le prochain album !

  • Cuisine Centrale
  • Auteur : Troubs
  • Éditeur : Les requins marteaux, Association Pollen & Ouïe dire
  • Prix : 13 €
  • Parution : 16 juin 2020
  • ISBN : 9782849612590

Résumé de l’éditeur : Nostalgique des petites barquettes en alu servies à la cantoche ? Derrière ces plats préparés des cantines scolaires, buffets pour pince-fesses et autres nourritures en batterie, se cachent des femmes et des hommes, qui font tourner les fourneaux de la Cuisine Centrale pour toute une communauté. La communauté, ils connaissent, dans l’ESAT de cette ZAC du Lot-et-Garonne, c’est amitiés aux fourneaux, cuisine en famille et confessions sur canapés ! Troub’s, envoyé spécial équipé d’une charlotte et de sabots, nous raconte ainsi l’histoire d’une grande cuisine qui nourrit des plus petites, et surtout celle de gens qui mettent des petits plats dans les grands.

Swan & Néo, tome 1 : Bienvenue à Dranqart Parc

Les éditions Soleil dévoilent le premier volume de Swan & Néo, la déclinaison en bande dessinée des aventures de deux jeunes youtubeurs. Cet album est signé Winslow, Sophie & Greg et Paolo Campinoti.

Stars d’une chaine Youtube à leur nom, Swan est en primaire et Néo au lycée. Avec leurs 5 millions d’abonné.es, ils égayent leur quotidien. Dans leurs vidéos, les deux frères s’amusent et c’est l’essentiel.

Dans ce premier opus, ils sont à peine levés qu’ils décident d’ouvrir le courrier de leurs fans. Swan découvre alors une carte pour un jeu vidéo venant de Mystery Games. Ni une, ni deux, ils la glisse dans leur console et s’installent pour jouer. Ils sont alors happés dans ce monde virtuel…

Sans révolutionner le genre, Swan & Néo est une petite aventure qui se lit vite et bien. On referme la bande dessinée et l’intrigue s’est déjà évaporée. Cet album est uniquement ciblé pour le jeune lectorat et pour leurs jeunes fans. Winslow, Sophie & Greg imaginent un récit de science-fiction avec une porte virtuelle, ici le jeu vidéo envoyé par un amateur de leur chaine Youtube. Ils les font arriver à Dranqart Parc. Dans un premier temps, le deux frères sont heureux parce qu’ils vont pouvoir utiliser les attractions toute la journée. Mais c’était sans compter sur les policiers des lieux qui les pourchassent.

La partie graphique signée Paolo Campinoti est simple et lisible. L’auteur italien de Mikido (chez Soleil) propose des planches modernes qui lorgnent du côté des comics jeunesse. Les couleurs d’Alessandro Russotto sont pétillantes !

  • Swan & Néo, tome 1 : Bienvenue à Dranqart Parc
  • Scénaristes : Winslow, Sophie & Greg
  • Dessinateur : Paolo Campinotti
  • Coloriste : Alessandro Russotto
  • Editeur : Delcourt, collection Humour
  • Parution : 19 août 2020
  • Prix : 10.95 €
  • ISBN : 9782302083226

Résumé de l’éditeur : Stars incontestées de Youtube, Swan et Néo ont désormais leur propre BD ! Dans cette première aventure, nos deux frères préférés sont propulsés dans un jeu vidéo très étrange où ils devront résoudre plusieurs énigmes… Comme chaque matin, Swan et Néo reçoivent du courrier de leurs abonnés. Mais une fois n’est pas coutume, on leur envoie un jeu vidéo totalement inconnu. Ils s’empressent d’en débuter une partie et les voici propulsés dans un parc d’attractions où ils devront résoudre des énigmes, affronter un robot géant et retrouver leur hamster Nuts ! Vont-ils pouvoir revenir chez eux avant l’heure du diner ?