Des souris et des hommes

Rebecca Dautremer s’attaque à l’adaptation du chef-d’œuvre Des souris et des hommes de John Steinbeck. Un prodigieux ouvrage !

George et Lennie sont deux amis que seule la mort peut séparer. Alors que Georges est plutôt petit et intelligent, Lennie est un grand gaillard un peu simplet. Ensemble ils espèrent un jour devenir propriétaires d’une ferme et élever des lapins en toute liberté. En attendant ils vont de ferme en ferme pour trouver du travail. Mais systématiquement il se font virer à cause des « bêtises » de Lennie qui ne contrôle pas sa force même quand il tient aux animaux dont il doit s’occuper. Alors qu’ils arrivent dans une nouvelle ferme, les choses ne semblent aller mieux pour Lennie. La femme du propriétaire lui tourne autour et le fils lui cherche des noises. Que va-t-il se passer ?

S’attaquer à un livre à succès n’est pas toujours simple. Et lorsqu’il s’agit d’un classique de la littérature américaine écrit par John Steinbeck en 1937 et plusieurs fois adapté au cinéma ou à la télévision ce n’est plus un risque mais cela devient un véritable projet audacieux.

Mais c’est quoi exactement ? Un roman graphique ? J’aurais plutôt tendance à dire que c’est un roman illustré. Rebecca Dautremer a repris le texte intégral et l’a mis en image avec une intelligence hors du commun. Elle n’illustre pas seulement le texte mais elle lui donne vie avec un dessin tendre et parfois plein de folie. A noter qu’il y a en plus un merveilleux travail d’édition sur l’objet en lui même.

Vous cherchez un cadeau à faire pour Noël ? Un livre différent et beau. Une histoire forte et un dessin magnifique alors vous l’avez trouvé.

  • Des souris et des hommes
  • Autrice : Rebecca Dautremer, d’après le roman de John Steinbeck
  • Éditeur : Tishina
  • Prix : 37 €
  • Parution : 14 octobre 2020
  • ISBN :  9791032707333

Résumé de l’éditeur : Le chef-d’oeuvre de John Steinbeck, adapté en roman graphique par Rébecca Dautremer. États-Unis, 1937 : John Steinbeck publie un court roman qui deviendra un chef-d’oeuvre de la littérature, mondiale. Des Souris et des Hommes, c’est l’histoire de George et Lennie, deux saisonniers qui voyagent à travers la Californie, rêvant d’une vie meilleure. Une histoire magnifique, qui nous raconte l’amitié, l’espoir mais aussi la cruauté des hommes, et qui a profondément ému des millions de lecteurs. France, 2020 : Rébecca Dautremer adapte ce grand classique dans un incroyable roman graphique. Pour cette deuxième collaboration avec les éditions Tishina, après Soie il y a quelques années, elle renouvelle brillamment son univers et sa palette, et pousse plus loin que jamais son talent. Un dialogue intense entre le texte intégral de Steinbeck et l’univers artistique de la plus célèbre des illustratrices françaises.

Le renard et le petit tanuki

La très jolie collection Kizuna des éditions Ki oon s’enrichit d’un nouveau très beau titre Le renard et le petit tanuki, un manga chaleureux pour toute la famille signé Mi Tagawa.

Après sa merveilleuse série Père & Fils, Mi Tagawa publie en français sa nouvelle : Le renard et le petit tanuki. Les lecteurs virevoltent de page en page et savourent avec délectation cette formidable fable animalière. On ne peut pas rester insensible à ce manga tant il est positif, chaleureux et bienveillant. Du bonheur en barre !

Cette histoire narre les aventures de Senzo, un renard, chef de meute, doué d’une grande puissance physique et dont les congénères le craignent.

Par un maléfice, il est endormi plus de 300 ans. Ce charme noir sera rompu s’il accepte d’élever Manpachi, un tanuki tout mimi. Impossible pour Senzo de s’abaisser à jouer les chaperons. Surtout qu’il découvre que son potentiel protégé est doté d’un pouvoir immense…

Loin des humains de Père & Fils, Mi Tagawa propose un univers d’animaux anthropomorphiques. Dans sa précédente série, elle mettait en lumière les relations entre un papa et son fils, ici dans Le renard et le petit tanuki, elle réitère ce schéma. Si Senzo n’est pas le père de Manpachi, il devra agir de la même manière, en protecteur. L’intrigue fantastique repose donc sur des métamorphes, des animaux pouvant se transformer. La mangaka n’oublie pas l’humour dans son récit, afin de tenir en haleine son lectorat, notamment par Manpachi, chien viverrin fougueux et amusant.

La partie graphique est tout en douceur et agréable à l’œil. Mi Tagawa joue avec les codes du folklore japonais et de ses croyances ancestrales, notamment concernant les tanukis, bêtes à poil, esprits de la forêt.

Le renard et le petit tanuki : un début de saga prometteur, entre humour et action. Une jolie surprise !

  • Le renard et le petit tanuki, volume 1
  • Autrice : Mi Tagawa
  • Éditeur : Ki oon, collection Kizuna
  • Prix : 7,90 €
  • Parution : 05 novembre 2020
  • ISBN :  9791032707333

Résumé de l’éditeur : Il était une fois Senzo, un renard surpuissant craint de tous les animaux, qui semait la terreur sur son passage… à tel point que les dieux, pris d’une vive colère, le plongèrent dans un profond sommeil… 300 ans plus tard, à notre époque, ils décident de l’en sortir… à une condition ! Privé de sa force destructrice, le voilà chargé d’une mission spéciale : élever le petit tanuki Manpachi pour faire de lui un digne serviteur de la déesse du Soleil. Manpachi a été rejeté par sa famille car il possède des pouvoirs immenses, qu’il a encore du mal à contrôler. Allergique à toute autorité, Senzo refuse de s’embarrasser d’un disciple, aussi mignon soit-il… Sauf qu’au moindre signe de rébellion, il est parcouru d’une douleur insoutenable ! Le voilà bien obligé d’accepter le marché… Impossible de rester de marbre face à cette fable animalière ultra-craquante ! Mi Tagawa est de retour dans un récit plein de tendresse, après nous avoir déjà fait fondre avec sa peinture poignante des liens familiaux dans Père & Fils. À la manière d’un film de Ghibli, Le Renard et le Petit Tanuki touchera le coeur des petits comme des grands !

Citéville

Nommé dans la Sélection officielle du Festival d’Angoulême, Citéville de Jérôme Dubois chez Cornélius, intrigue, attire autant qu’il repousse et pose de nombreuses questions sur notre société.

Avec un dessin si singulier et délicat au premier abord à cause des mines patibulaires des personnages, Citéville semblerait repoussant. Il faut pourtant prendre le temps d’aller au delà et de savourer ce trait si spécial.

Récit d’anticipation inquiétant et angoissant, Jérôme Dubois livre dans cet album, une prestation qui attire.

Citéville c’est un endroit conçu pour ses habitants n’aient pas à trop réfléchir. Supermarché, Pôle enfant ou maison de retrait pour personnes âgées, tout est fait pour le bonheur de tous. Pourtant, l’on ne peut pas être heureux si on le décrète pour vous. Le bonheur n’est pas recopiable à l’infini et n’est pas transposable d’un être humain à l’autre. Mais tout cela vole en éclat avec des choses si déstabilisantes comme du mobilier urbain anti-SDF ou encore l’allée Jobland. Pire, les enfants peuvent être renvoyés de chez eux s’ils ne plaisent pas à leur famille.

Les courts récits de Citéville furent publiés dans un premier temps dans l’excellente revue Nicole des éditions Cornélius. Pendent cinq ans, Jérôme Dubois a façonné une ville où la cruauté des habitants transpire à chaque page. Cette belle dystopie dépeint avec habileté les travers de nos sociétés contemporaines. C’est très sombre et c’est rehaussé par un humour noir très bien senti.

Et si le monde que Jérôme Dubois décrit dans Citéville était le futur véritable que nous allons vivre ? Glaçant !

  • Citéville
  • Auteur : Jérôme Dubois
  • Éditeur : Cornélius
  • Prix : 22,50 €
  • Parution : 20 août 2020
  • ISBN : 9782360811694

Résumé de l’éditeur : Venez découvrir Citéville, charmante agglomération fictive aux milles activités. Grâce à son réseau de transport qui vous dépose directement en vacances ou encore son super-marché Buy More qui vous permet d’acheter des objets inqualifiables à des prix approximatifs, Citéville offre un ensemble d’infrastructures de premier choix. Pour les parents insatisfaits, le Pôle Enfant simplifiera votre quotidien en vous proposant des offres de moutards adaptées à vos besoins. Quant aux seniors, ils couleront des fins de jours heureux à proximité de nombreux distributeurs de billets au sein de la Maison de retrait. Depuis plus de cinq ans, Jérôme Dubois construit la Citéville, un espace urbain imaginaire où l’absurde côtoie le quotidien. Autour de neuf lieux emblématiques, qui sont autant de chapitres du livre, se dessine les contours d’une ville austère où les aménagements modernes sont détournés au profit d’un environnement déshumanisé. Cynique et grinçant, Citéville est un ouvrage qui explore avec humour la violence les rapports sociaux et les contradictions de notre société. En miroir de Citéville, Jérôme Dubois dessine Citéruine, un univers parallèle où la ville est à l’abandon. Chaque case est minutieusement reproduite, vidée de ses habitants et plongée dans un décor délabré. Il a été confié aux éditions Cornélius de porter le destin de Citéville, tandis que les Éditions Matière accueillent Citéruine. Les deux villes communiquent et se complètent en deux ouvrages distincts dont les lectures simultanées ou différées sont autant de perturbations d’un même espace par le temps et ses affres.

Chinese Queer

Seven brosse le portrait d’une jeunesse chinoise dans Chinese Queer, un récit trash et sous acide édité par Sarbacane.

Haimen, en Chine. Tian Fushi est un jeune gay chinois. Toute sa vie, il veut la passer à en profiter sans trop se poser de question. Mais son compagnon B ne l’entend pas ainsi. Il passe son temps à lui mettre la pression et à le torturer psychologiquement.

Ces questions incessantes vont alors le faire douter de qui il est. D’ailleurs qui est vraiment Tian ? Un chinois ? C’est sûr. Un jeune homo ? Certain. Le reste, il ne le sait pas trop. Il navigue alors dans des eaux troubles où il s’égare souvent.

En prenant un peu de recul, il découvre que sa vie n’est pas folichonne, pas celle dont il aurait rêvée. En somme, elle n’a pas de goût !

Après Red Angels, qui nous avait marqué, Seven poursuit son cheminement autour de la jeunesse chinoise. A travers 200 pages, cet étonnant roman graphique nous interroge, nous dépasse parfois mais nous fascine.

Par l’entremise de Tian, l’auteur dessine une certaine jeunesse chinoise. Tian est gay, il a un compagnon mais il ne sait plus qui il est. Se définir reste un chose des plus complexes pour le jeune homme.

Seven ne l’épargne pas comme il n’épargne pas son lectorat. Son récit est cru, trash et parfois violent. Il torture son héros, le bouleverse et le fait vaciller.

Visuellement, Chinese Queer est surprenant ! Le dessin est percutant comme le veut le propos. Le trait est nerveux, les couleurs saturées et le découpage très cinématographique. Les trames soulignent la richesse de la partie graphique. Le mouvement quasi permanent nous emporte dans un tourbillon de sentiments.

  • Chinese Queer
  • Auteur : Seven
  • Éditeur : Sarbacane
  • Prix : 24,50 €
  • Parution : 02 septembre 2020
  • ISBN :  9782377314423

Résumé de l’éditeur : Peter Pan en pays Queer… Portrait acide d’une jeunesse chinoise. Ébouriffant ! Qui es-tu, Tian Fushi ? Un artiste incompris de l’industrie du manga, un citoyen dépravé de la Chine pornographique, un jeune gay égaré dans un monde ultraviolent, un garçon perdu de Peter Pan ? Comment vas-tu rassembler les morceaux fragmentés de toi pour découvrir qui tu es vraiment ? Queer : étrange, qui ne rentre pas dans les cases ; c’est assurément le cas de ce roman graphique. Portrait acide d’une jeunesse chinoise en recherche d’amour et de sens, Chinese Queer et une quête identitaire moderne intime et saisissante.

L’arabe du futur 5

La série phénomène L’arabe du futur est de retour dans un cinquième tome, plus angoissant et plus sombre que les précédents. Reste le génial humour de Riad Sattouf, un maître de la bande dessinée.

Riad Sattouf nous avait laissé sur un suspense de folie à la fin du quatrième volume. Son père avait enlevé Fadi pour l’emmener avec lui en Syrie. L’homme si cultivé avait glissé inexorablement vers le fanatisme religieux au point de kidnapper son propre fils afin de l’élever dans les préceptes du rigorisme coranique.

De son côté, Riad est tiraillé entre les beaux yeux d’Anaïck et son envie d’être positif devant sa mère malgré la situation délicate. S’il redoute toujours autant de se lancer avec les filles, il veut surtout passer inaperçu, se fondre dans la masse.

En classe, sa professeure de dessin l’encourage dans cette voie. C’est aussi le début de sa transformation physique et morale. En effet, il découvre Kurt Cobain. Sa vie est donc rythmée entre la fille de ses rêves, ses deux amis, les bandes de petites frappes qui lui font peur, Nagui à la télé et le dossier explosif de Fadi.

Ce cinquième volume prend donc un nouveau virage, plus sombre à cause du père. Riad, lui, se cherche une personnalité. Ses bouleversements psychologiques le font grandir mais il est encore un enfant. Pas simple.

L’arabe du futur ne serait pas L’arabe du futur sans son humour. Un humour dévastateur, une soupape de décompression dans un moment délicat à passer.

Il semblerait que l’opus suivant soit déjà le dernier de cette formidable saga autobiographique d’un auteur de bande dessinée drôle, agréable et intelligent. On a hâte !

  • L’arabe du futur, tome 5 – Une jeunesse au Moyen-Orient (1992-1994)
  • Auteur : Riad Sattouf
  • Éditeur : Allary Editions
  • Prix : 22,90 €
  • Parution : 05 novembre 2020
  • ISBN :  9782370733528

Résumé de l’éditeur : Le cinquième tome du succès mondial L’Arabe du futur couvre les années 1992-1994. Riad Sattouf y raconte son adolescence.

Le repas des hyènes

Lorsque deux frères assistent à une cérémonie autour de hyènes, cela donne Le repas des hyènes, le nouvel album d’Aurélien Ducoudray et Mélanie Allag. Un joli conte africain.

Le précédent album du duo Ducoudray-Allag, L’anniversaire de Kim Jong-Il, nous avait enthousiasmé et nous attendions avec impatience leur deuxième collaboration. Mais voilà, si le merveilleux dessin de l’autrice nous charme toujours autant, l’intrigue du Repas des hyènes nous a beaucoup moins accroché.

Pourtant l’idée de départ avait de quoi nous séduire mais cela s’effiloche un peu sur la longueur. Il faut souligner que cela n’est pas simple de faire vivre un album jeunesse sur 112 pages.

Néanmoins, malgré ce bémol, nous sommes toujours impressionnés par la qualité de la recherche psychologique des personnages d’Aurélien Ducoudray. Loin de la Corée du Nord ou de la Tchétchénie, le scénariste de Mort aux vaches imagine un conte africain où la tradition est secouée par la curiosité de Kana, un jeune berger, exclu d’une cérémonie car trop jeune. En effet, son frère jumeau Kubé est plus âgé que lui et peut donc s’y rendre.

La malédiction de la cheffe hyène s’abat sur Kana, Kubé et leur père. Le premier est enlevé par la cheffe de meute afin d’épargner leur village.

Nommé dans la Sélection 12-16 ans du Festival d’Angoulême, Le repas des hyènes plaira aux enfants en quête de dépaysement, amoureux de l’Afrique ou amateurs de contes.

  • Le repas des hyènes
  • Scénariste : Aurélien Ducoudray
  • Dessinatrice : Mélanie Allag
  • Éditeur : Delcourt, collection Mirages
  • Prix : 17,50 €
  • Parution : 02 septembre 2020
  • ISBN : 9782413002116

Résumé de l’éditeur : Kubé et Kana sont jumeaux mais Kubé, né le premier, a le privilège d’accompagner leur père au repas des hyènes dont le rire strident peut faire revenir les défunts d’entre les morts. Kana ne se fait pas à l’idée d’être berger et décide d’assister à la cérémonie d’intronisation de son frère. Malheureusement, le garçon perturbe son déroulement et réveille l’esprit maléfique d’un Yéban. Ce démon va passer un marché avec Kana…

Megumi & Tsugumi

Les éditions Taifu dévoilent Megumi & Tsugumi, un yaoi fantastique signé Mitsuru Si, entre alpha et phéromones.

Dans un futur proche, il existe trois types de populations : les omégas, les alphas et les bêtas. Les premiers (hommes et femmes) peuvent donner la vie. Pendant leurs chaleurs, ils émettent des phéromones dont les seconds ne peuvent y résister. Les troisièmes sont assez neutres mais les plus nombreux sur terre.

Tsugumi est alerté par les cris d’une jeune fille harcelée par deux hommes. Armé d’une barre de fer, il les met en fuite.

De retour dans leur établissement scolaire, les deux adolescents sont accueillis fraichement par Megumi. Ce dernier tente de retrouver Tsugumi. A peine arrivé, le vengeur masqué est en chaleur et produit des phéromones. Il est sensé pouvoir les contrôler avec des réducteurs mais il n’a pas envie. Il fait cela qu’à force de volonté. Énervé, Tsugumi défie Megumi

Voilà un yaoi original. Se basant sur du fantastique – ce qui est assez rare – il met en scène une dystopie assez réaliste où les phéromones des uns agissent sur le corps des autres. Envolé les stéréotypes de genres, les hommes et les femmes s’accouplent indifféremment; mieux, les hommes omégas peuvent enfanter.

Le récit de Mitsuru Si est à la fois bestial mais aussi très drôle. Les alphas souvent ne pouvant pas se contrôler pour ne pas sauter dessus des omégas. S’ensuit un jeu du chat et de la souris entre Megumi et Tsugumi, entre répulsion et attirance.

Megumi & Tsugumi : un belle romance entre deux hommes sur toile de fond de genres. Une lecture plaisante !

  • Megumi & Tsugumi
  • Autrice : Mitsuru Si
  • Éditeur : Taifu Comics
  • Prix : 8,99 €
  • Parution : 23 octobre 2020
  • ISBN : 9782375061909

Résumé de l’éditeur : Megumi, né Alpha, cherche à venger ses amis qui ont été battus par un délinquant avec une barre de fer. Prêt à lui infliger une correction digne de ce nom, il ne sattendait pas à se retrouver face à Tsugumi, un oméga qui gère ses chaleurs par sa simple volonté et déstabilise ses ennemis à coups de phéromones. Tsugumi déteste les alpha qui ne voient en les oméga que de simples moyens de reproduction et sest juré de leur en faire baver. Une philosophie de vie qui laisse Megumi confus, partagé entre rage et désir.

Everyday is a good day

Toki voit sa vie bouleversée lorsqu’il doit accueillir quelques semaines Asahi son neveu orphelin. Il est bientôt aidé dans sa tâche par Chihiro, un garçon amoureux de lui. Noeko Nishi imagine Everyday is a good day, un manga tout en douceur et bienveillance chez Akata.

Comme tous les soirs après son travail, Toki passe prendre un verre dans le bar tenu par Kazu. Depuis le décès de sa sœur, ce célibataire homosexuel a le coeur lourd. Ce sont ses parents qui ont hérité de la garde d’Asahi, son neveu.

Grisé par la vue de Chihiro, un jeune homme de 20 ans, frère de Kazu et qu’il n’a pas vu depuis cinq ans, il se met à boire au point qu’il est ivre.

Ne pouvant pas rentrer seul chez lui, Toki est raccompagner par Chihiro. Le lendemain, ses parents lui annoncent qu’ils partent deux mois en croisière. Comme Asahi est trop jeune, le couple lui en laisse la garde. Dépassé par ce petit garçon mutique de 4 ans, il est aidé par Chihiro qui voit cela comme une chance de se rapprocher de lui…

D’une grande bienveillance et d’une infinie douceur, Everyday is a good day est un manga yaoi sympathique. Réalisé par Noeko Nishi, il plonge le lecteur dans un petite parenthèse enchantée où les personnages interagissent avec intelligence et bons sentiments.

Les deux hommes se proches plus jeunes, se retrouvent unis par un petit garçon au regard si expressif. Repas, école ou courses, tout est là pour les rapprocher. Chihiro devient ainsi l’homme de ménage de Toki.

On apprécie encore une fois la qualité du manga proposé par Akata, qui s’est fait une spécialité de ce style de récits LGBT. Everyday is a good day n’est pas un yaoi paresseux, le fond de son récit est plus profond que la 4e de couverture pourrait le laisser penser.

Le trait de Noeko Nishi convient parfaitement à l’intrigue. Il est doux, chaleureux, simple et très lisible.

  • Everyday is a good day
  • Auteur : Noeko Nishi
  • Editeur : Akata, collection Large
  • Prix : 8,05 €
  • Parution : 05 novembre 2020
  • ISBN : 9782369748748

Résumé de l’éditeur : Toki est un salaryman ordinaire, mais il est en deuil depuis le décès de sa sœur, un an auparavant. Un jour, tandis que ses parents partent en voyage, il se retrouve à garder Asahi, son jeune neveu orphelin. Ce dernier, traumatisé par la mort de son père et sa mère, ne décroche plus un mot. Toki, pas du tout habitué aux enfants, va devoir s’adapter… C’est dans ce contexte déjà compliqué à gérer pour lui qu’il croise la route de Chihiro. Les deux hommes sont attirés l’un par l’autre, mais peuvent-ils entamer une relation alors que chacun d’entre eux souffre en silence ?

Les complotistes

Que ceux qui sont complotistes, lèvent la main ! Ils sont de plus en plus nombreux aujourd’hui dans notre société hyper-connectée. Jorge Bernstein et Fabrice Erre en font le portrait dans Les complotistes, un bel album humoristique chez Dupuis.

Celia-Nessa, Kevin l’a dans la peau. Mais la jeune collégienne pour l’instant ne le calcule même pas ! Surtout qu’elle est la plus belle fille de l’établissement. Comment lui faire comprendre son amour pour elle ? Kevin va utiliser ses cours pour cela. Pas n’importe lesquels. Il va user des mécanismes du complotisme. Pour cela, il choisit cette option en 3e : le club des gardiens de la vérité…

A l’ère des réseaux sociaux, des programmes informatiques démocratisés et des chaînes d’info en continu, les complotistes sont partout, derrière leurs écrans. Fabrice Erre et Jorge Bernstein ont décidé de se moquer d’eux dans ce très bel album d’une grande force comique. Mais l’art de la comédie est la plus délicate. Il faut souvent connaître correctement son sujet pour le déformer.

Jorge Bernstein (Flic & Fun) a scruté ces nouvelles théories fumeuses pour appuyer là où ça fait mal : la réflexion et l’intelligence de l’Homme. Il démontre pour mieux démonter. Et ça fonctionne !

Le tout est mitonné par Fabrice Erre (Mars, Walter Appleduck). Le trait du prof-dessinateur est idéal pour cela. Son dessin apporte lui aussi sa dose d’humour à un récit complétement décalé. Jouissif !

  • Les complotistes
  • Scénariste : Jorge Bernstein
  • Dessinateur : Fabrice Erre
  • Editeur : Dupuis
  • Prix : 16,95 €
  • Parution : 02 octobre 2020
  • IBAN : 9791034738120

Résumé de l’éditeur : Kevin_Néo51 a choisi de prendre une option un peu chelou, pour sa 3e… Il va intégrer « Les gardiens de la vérité », une organisation complotiste cherchant à dénigrer les autres organisations complotistes en révélant leurs mensonges. Caché dans une cave du collège, il va donc suivre les cours de Patrick_Mulder427, un prof totalement parano qui va tout lui révéler au sujet de l’assassinat de Kennedy, des Reptiliens ou encore du plan secret de la prof d’anglais pour dominer le monde. Mais Kevin va également apprendre à bâtir une rumeur, ou à repérer les fake news… Autant de savoirs précieux que l’ado va pouvoir utiliser pour mener à bien son plan secret à lui : séduire Célia-Nessa, la plus belle fille du collège…

 

Droit au but 17

Démarrée en 2006, la série jeunesse autour du football, Droit au but, en est déjà à son 17e tome. Signée Thierry Agnello, Charles Davoine, Jean-Luc Garréra et Pedro J. Colombo, elle met en scène les aventures du minot footballeur Nino.

La jalousie est un vilain défaut dit-on. C’est le sentiment que va éprouver Nino à l’arrivée de Rayan, un super footballeur.

Alors qu’il revient gentiment de blessure, Nino fait toujours le bonheur de ses coéquipiers. Son talent balle au pied est un régal pour Mandanda, Thauvin et compagnie.

Cette parenthèse enchantée se referme lorsque débarque le surdoué Rayan. D’un seul coup, Nino n’est plus l’attraction de l’équipe fanion de l’OM. Malgré les tentatives de rapprochements, le nouveau ne souhaite que travailler sur son foot…

Avec 550 000 exemplaires vendus au compteur, Droit au but est une série qui compte beaucoup dans le monde du 9e art. Dix-sept tome plus tard, Nino est maintenant un pilier – jeune, il est vrai – de l’équipe star de l’OM. Ses aventures sont toujours plaisantes, même si les intrigues ne sont pas révolutionnaires. Ici, l’arrivée de Rayan bouleverse la petite vie tranquille de Nino. Le talent du premier fait naître un malaise chez le second. Sera-t-il levé grâce aux matchs des deux minots ? Vous le saurez en lisant Challenge, le 17e volume de Droit au but !

  • Droit au but, tome 17 : Challenge
  • Scénaristes : Agnello et Davoine
  • Dessinateurs : Garréra et Colombo
  • Editeur : Hugo BD
  • Prix : 10.45 €
  • Parution : 08 octobre 2020
  • IBAN : 9782755649055

Résumé de l’éditeur : Alors que Nino se remet progressivement de sa blessure, il découvre que le club a recruté Rayan, un jeune joueur prometteur du même âge que lui, jouant au même poste et disposant des mêmes atouts. Débordant d’énergie et d’initiative, ce dernier s’acquiert rapidement le respect et l’admiration de ses coéquipiers de l’OM. Ses prouesses sont d’autant plus surprenantes que le jeune garçon a tout appris sur le tas, dans sa région d’origine, le nord de la France, sans passer par un centre de formation. D’abord inquiet de la concurrence que pourrait lui faire la nouvelle recrue, Nino se rapproche de Rayan à l’occasion d’un match particulièrement difficile pour ce dernier. Et pour ce faire, quoi de mieux que de lui faire apprécier la ville de Marseille et ses habitants ? Désormais complices, les deux jeunes joueurs font merveille lors des entraînements et surtout à l’occasion d’un match contre l’OL au Vélodrome. Une rencontre décisive dont l’issue proclame une fois de plus que l’union fait la force !

 

Croc-Blanc

Pierre-Emmanuel Dequest dévoile son adaptation de Croc-Blanc, le chef-d’œuvre de Jack London. Une belle aventure pour toute la famille !

Jack London est la bande dessinée, c’est une grande histoire d’amour. Les œuvres de l’auteur américain (1876-1916) ont souvent fait l’objet de déclinaison par ce médium. Nous pensons évidemment au chef-d’œuvre de Chabouté « Construire un feu », le merveilleux « Le loup des mers » de Riff Reb’s, le formidable « Koolan le lépreux » de Carlos Gimenez ou encore « L’appel de la forêt » de Fred Simon. Que d’excellents albums !

En ce qui concerne Croc-Blanc, Jean Ollivier et SOn s’y sont frottés en 1984 mais également Walter Venturi et Caterina Mognato en 2019. Cette année, Pierre-Emmanuel Dequest fait de même aux éditions du rocher.

L’auteur de Akki, le clan disparu chez Sarbacane livre une prestation des plus correctes et fidèles à Croc-Blanc. Ses couleurs pastel sont douces et lumineuses. Cet album grand public pour toute la famille se lit avec aisance et l’on peut y prendre du plaisir.

  • Croc-Blanc
  • Auteur : Pierre-Emmanuel Dequest, d’après le roman de Jack London
  • Editeur : du rocher
  • Prix : 14,95 €
  • Parution : 14 octobre 2020
  • ISBN : 9782268104270

Résumé de l’éditeur : Croc Blanc est un classique de la littérature américaine. Il fut écrit en 1906 par Jack London et relate la vie d’un chien-loup confronté à l’impitoyable vie sauvage du Grand Nord puis à la violence des hommes. Ne connaissant que la loi du plus fort, livré à la haine, l’animal va renaître au contact d’un homme. Il va apprendre le respect et la confiance puis faire le deuil de sa liberté. Au delà de cette histoire, l’auteur souligne des valeurs universelles qui sont le socle de la meilleure éducation possible.

Aduna, monde visible, monde invisible

Après Au pied de la falaise, By Möko dévoile Aduna, monde visible, monde invisible, un nouveau très bel album sur l’Afrique.

Présenté comme un complément à Au pied de la falaise, Aduna, monde visible, monde invisible est une petite douceur signée By Möko.

Condensé de pays africains, son précédent ouvrage était un hymne aux cultures de ce continent. On le sent de nouveau dans ce livre de 40 pages, By Möko aime l’Afrique. Cette belle déclaration d’amour aux femmes, aux hommes, aux enfants et aux paysages du continent de l’hémisphère sud réchauffe le cœur des lecteurs européens.

Construit sur des doubles-pages, Aduna, monde visible, monde invisible fascine par un sublime dessin. Pleines de vie, d’humanité et de chaleur, les planches peuvent quasiment se suffire à elles-même, sans texte. Un non-lecteur pourra parcourir les vignettes et s’inventer des histoires.

Pour chacune des doubles-pages, trois vignettes et un texte sur la gauche et à droite, une grande illustration. By Möko décline ce qui lui semble essentiel dans les cultures africaines. Des masques au dieu créateur Mawu Lisa, en passant par la case, le devin et les anciens, les thématiques invitent au questionnement et à la contemplation. Les premières pages abordent le monde visible, tandis que les suivantes, celui invisible.

Aduna, monde visible, monde invisible : encore un très joli ouvrage de By Möko ! Si l’Afrique nous était contée…

  • Aduna, monde visible, monde invisible
  • Auteur : By Möko
  • Editeur : Soleil, collection Noctambule
  • Prix : 18,95 €
  • Parution : 04 novembre 2020
  • ISBN : 9782302081772

Résumé de l’éditeur : Après Au pied de la falaise, Aduna aborde la mythologie de l’Afrique subsaharienne et offre une nouvelle immersion dans un monde de traditions. Ce très bel ouvrage n’a aucune visée ethnologique, ce n’est ni un dictionnaire des coutumes africaines ni un ouvrage à valeur anthropologique. Il ne s’agit pas non plus d’un livre sur « LA » culture africaine. Même si la religion traditionnelle semble commune, chaque ethnie en a son interprétation propre. ByMöko s’intéresse à l’Afrique subsaharienne, et propose l’interprétation de quelques-unes de ses coutumes, légendes et entités. Il a ainsi laissé oeuvrer son crayon, sans le contraindre ni le refréner, l’important à ses yeux était d’y insuffler son amour pour l’Afrique et de démontrer que tout est lié au passé, au présent et au futur. Le monde visible et le monde invisible sont deux mondes jumelés. L’un ne peut exister sans l’autre. Tous deux reliés, ils se répondent indéfiniment.