Allons z’enfants tome 3 Louise et Gaspard (1945-1963)

Après avoir suivi l’histoire de François et Josette (de la guerre de 1870 à celle de 14-18), puis de Jean et Suzanne (jusqu’à la guerre 39-45), voici celle de la dernière génération de la famille Quélennec (1945-1963). Ce dernier tome d’Allons z’enfants  est scénarisé par Yan Le Gat, dessiné par Pierre Fouillet et édité chez Sarbacane.

Couverture Allons z'enfants tome 1 Couverture Allons z'enfants tome 2

Une autre vie en France

La Seconde guerre mondiale est terminée et à Brest comme dans beaucoup d’autres villes détruites, c’est le tamps de la reconstruction. Louise et Gaspard habitent dans des baraques de l’armée américaine. Celle-ci a aidé la France  à se libérer de l’occupant nazi avec le Débarquement du 6 juin 1944 en Normandie.

Cet album permet de découvrir le quotidien des enfants dans l’après-guerre. Même si les conditions de vie ne sont pas faciles à cause des pénuries, Louise et Gaspard vont découvrir un nouveau mode de vie importé des États-Unis avec le cinéma en plein air ou le jazz.

Couverture Allons z'enfants tome 3

Des conflits qui continuent à l’étranger

Même si le pays est dorénavant en paix, d’autres conflits impliquant la France se déroulent ailleurs dans le monde. La guerre d’Indochine, la Guerre d’Algérie. La partition de Berlin, le procès Eichmann en Israël font également partie des événements abordés dans cet album.

Allons z’enfants, une série des plus intéressantes

Voici le dernier tome de cette très intéressante série orchestrée par Yan Le Gat (scénario) et Pierre Fouillet (dessin). À travers le regard de trois générations d’enfants de la même famille bretonne, elle permet de balayer l’Histoire de France et du monde pendant presque un siècle.
L’approche est à la fois très sérieuse, mais très ludique. Les événements s’enchaînent et permettent d’avoir une vision globale de cette période marquée par de nombreux conflits.

À utiliser en classe

Voici le genre d’ouvrages qui peuvent figurer en lecture libre en cycle 3 (CM1 et CM2). Ils permettent une immersion dans ce qui sera au programme au collège.

Les élèves ne manqueront pas de poser des questions sur ce monde qui n’est pas si loin d’eux, puisqu’étant celui de leurs grands-parents.

Cette série, qui s’adresse aux enfants et aux adolescents, n’empêchera pas les adultes de se plonger dedans. Voici un bon moyen de se remettre à jour, sur cette période allant de 1870 à 1963.

Allons z’enfants, une série à continuer ?

Le seul regret quant à cette série est qu’elle s’arrête un tome trop tôt. J’aurais aimé découvrir un 4e tome qui aurait couvert la période 1964 à 1989, avec la chute du mur de Berlin et l’effondrement du bloc de l’Est.

  • Allons z’enfants, tome 3  : Louise et Gaspard (de 1945 à 1963)
  • Scénariste : Yan Le Gat
  • Dessinateur : Pierre Fouillet
  • Éditeur : Sarbacane
  • Prix : 13,90 €
  • Parution : 04 mai 2022
  • ISBN : 9782377318186

Résumé de l’éditeur : Brest, 1950. Cinq ans après la guerre, l’heure est à la reconstruction… et aux grands projets, pour les Quélennec, logés dans des baraques prêtées par l’armée américaine. Les enfants de Jean et Suzanne ont bien grandi : Louise, jeune fille au caractère bien trempé, se rêve grande reporter, tandis que Gaspard, son petit frère, se passionne de culture américaine, et en particulier de cette musique nouvelle, le jazz, diffusé dans toutes les radios! Ça tombe bien, la famille est sur le point d’acheter un hôtel-restau-salle de bal en plein centre-ville, ça va swinguer ! Après cent ans de conflit, un tout nouveau monde s’offre aux Quélennec : de Diên Biên Phu à Jérusalem, en passant par Berlin-Ouest et l’Algérie, ils ne nous auront jamais autant fait voyager!

Rooster Fighter

Quand le Japon est menacé par des monstres géants effroyables, les humains n’ont pas à s’en faire. Un coq les protège coûte que coûte. Rooster Fighter est une parodie de Shonen décoiffante de Shu Sakuratani, chez Mangetsu.

Keiji est un coq blanc, la crête bien droite, un regard de tueur. Il correspond en tout point à l’expression « fier comme un coq« . Il est tellement fier qu’il en est insupportable. Mais surtout, c’est un coq guerrier. Keiji parcourt le Japon à la recherche du monstre qui a tué sa sœur. Sur son chemin, il affronte d’innombrable Kijû.

Les Kijû sont des monstres nés d’humains. Les humains stressés, traumatisés, frustrés peuvent se transformer en Kijû. Leurs formes et leurs attribues varient. Mais souvent leurs actes sont les mêmes : ils détruisent tout sur leur passage et tentent de manger les gens. Alors quand Keiji en croise un sur sa route, il lui fait la misère. Il le taille en pièce.

Rooster Fighter est une sacrée parodie.

On y retrouve tous les ingrédients du bon vieux shonen. Un héros tout petit face à une menace gigantesque et méconnue. Une quête personnelle qui le ronge de l’intérieur. Un adversaire principale impressionnant. Une poule guerrière plus stylée que lui, une petite acolyte folle amoureuse et mignonne…..

Le lecteur saute de scénette en scénette. L’univers de Shu Sakuratani se déploie doucement et la quête de Keiji avance de bon pas. Cette comédie applique tous les codes du shonen pas prise de tête. Une bonne lecture, dynamique, drôle avec juste ce qu’il faut d’énigme pour captiver le lecteur.

Dans son graphisme, Shu Sakuratani nous embarque directement. Son trait et sa mise en scène sont claires, volontaires et énergiques. Ses scènes d’actions sont particulièrement agréable à suivre.

C’est une parodie totale qui se veut drôle parce qu’elle se prend au sérieux.

Malgré son sale caractère, Keiji est attachant (il est vraiment insupportable) et son histoire donne envie de le suivre jusqu’au bout.

Rooster Fighter entre dans une lignée de parodie et de modernisation du genre shonen déjà bien entamé par One Punch Man, avec son héros littéralement trop fort. Ainsi que par le déconcertant No Longer Rangers, qui fait des « stormtroopers » les personnages principaux. Le titre souligne le désir de renouvellement du genre que met déjà en avant Kaiju n°8 avec son personnage trentenaire qui prend le contre-pied des petits jeunes qui monopolisent habituellement le rôle de héros.

Le shonen à la peau dure, mais une réalité s’est installée dans les consciences : c’est l’overdose. Le genre a besoin de se renouveler, de descendre de son piedéstal, de proposer autre chose que les mêmes récits initiatiques encore et encore.

Alors pourquoi pas en rire ?

Rooster Fighter est une bonne comédie, mais aussi une bonne histoire de Kaiju. Avec ce titre de Shu Sakuratani, Mangetsu renforce encore son identité de label de dure à cuir décalé.

  • Rooster Fighter T1 -T2 
  • Auteur : Shu Sakuratani
  • Traducteur : Alexandre Fournier
  • Editeur : Mangetsu
  • Prix :  7,95€
  • Parution :  4 mai / 6 juillet 2022
  • ISBN : 978238281086-6

Résumé de l’éditeurTandis que Keiji poursuit sa quête de vengeance, la menace des kijû se renforce. Jusqu’ici dépourvus d’émotions et dotés d’un faible intellect, ils semblent avoir évolué pour devenir plus intelligents, plus « humains », et surtout, bien plus redoutables que ceux que notre coq a pu croiser auparavant. Heureusement, pour les combattre, Keiji peut compter sur de nouveaux alliés… plus ou moins coopératifs. Malgré tout, il pourrait bien y laisser quelques plumes…

The Ice Guy & the Cool Girl

Himuro est le descendant de la célébre Femme des neiges. Il travaille dans une entreprise comme un citoyen normal. Sauf qu’à la moindre émotion, il gèle son bureau…. Un drôle de collègue pour Fuyutsuki qui commence d’ailleurs à faire fondre son coeur.

Miyuki Tonogaya, l’autrice, modernise une légende nipponne pour nous raconter une douce histoire d’amour.

L’histoire de la Femme des neiges connaît plusieurs versions. Elle personnifie les tempêtes de neige qui font parfois des victimes. A la fois décrite comme cruelle, en tuant des innocents, on raconte aussi qu’elle aurait sauvé des vies. Elle aurait même partagé la sienne avec un homme, et aurait eu des enfants, avant de disparaître de nouveau dans la tempête.

Quoi qu’il en soit dans The Ice Guy & the Cool GirlHimuro est son descendant. Et il ne peut pas vivre normalement. Dès qu’il est joyeux ou qu’il ne fait pas attention, il déclenche un tempête de neige dans les bureaux. Quand il est stressé il se solidifie dans un glaçon. La vie n’est pas de tout repos. Surtout pour ses collègues qui subissent les tempêtes de neige à chaque fois.

Il a bien une collègue que ça n’a pas l’air de déranger, c’est Fuyutsuki. C’est la fille cool du travail. Toujours attentionnée, gentille, d’un calme olympien.  Cette fille sereine en toute circonstance, mais un peu timide, a le don de faire craquer Himuro.

The Ice Guy & the Cool Girl est une jolie histoire d’amour. Elle raconte le quotidien de ces deux employés, comment ils se rapprochent, se font mutuellement craquer sans franchir le premier pas. C’est doux, comme un chocolat chaud sous une bond plaid en hiver. Et c’est chez Mangetsu.

  •  The Ice Guy & the Cool Girl
  • Auteur : Miyuki Tonogaya
  • Éditeur : Mangetsu
  • Prix :  9,95€
  • Parution : 13 juillet 2022
  • ISBN : 978238281043-9

Résumé de l’éditeur : « Quand je suis avec toi… mon cœur se réchauffe. »

D’un côté, nous avons Himuro, descendant des temps modernes de la célèbre femme des neiges. De l’autre, Fuyutsuki, sa collègue aussi gentille qu’unique…

Mais aussi frais qu’ils puissent paraître, aucun des deux n’est doué en relations amoureuses. Himuro, dont les sentiments envers Fuyutsuki déchaînent en lui une véritable tempête de neige, n’arrive pas à faire le premier pas, alors que Fuyutsuki semble totalement incapable d’exprimer ses propres émotions. Comment ces deux grands timides vont-ils briser la glace ?!

Komi cherche ses mots

Komi est la plus belle fille du lycée. Adulée par ses camarades, elle n’a même pas besoin de décrocher un mot pour qu’ils soient tous à ses pieds. Le hic, c’est que même si elle le voulait, elle ne peut pas. Komi souffre d’anxiété sociale et elle voudrait bien s’en débarrasser !

Quand Tadano arrive au lycée, il a un objectif : passer inaperçu. C’est raté. Dès le premier jour, il devient la coqueluche de la classe. D’autant qu’à côté de lui, siège Komi. La belle, gracieuse et  intouchable, Komi. Grande et élancée, elle regarde les autres de ses yeux de glace et fige tout le monde sur place.

Dès leur première rencontre, Tadano est subjugué. Mais un truc le chiffonne. Komi ne parle pas. Même lorsqu’elle doit se présenter, elle va écrire son nom au tableau. Alors peut-être bien que la distance gigantesque qu’elle met entre elle et les autres, ce n’est pas du fait de son aura quasi divin. Mais un truc beaucoup simple et humain : la peur de dire des bêtises. Une peur tellement intense qu’elle est incapable de s’exprimer avec sa propre voix.

Tadano a mis le doigt dessus : Komi souffre d’anxiété sociale.

Commence alors un dialogue entre eux. Par messages écrits, sur papier, sur le tableau, par texto, Tadano apprend à connaîre Komi et Komi lui fait part de son rêve. Elle veut se débarrasser de son anxiété. Car cela l’isole totalement du monde, alors qu’elle aimerait bien avoir des amis.

Les deux acolytes se lancent dans un sacré défis : Que Komi se fasse 100 amis.

Komi cherche ses mots est un manga jeunesse attendrissant. Par l’intermédiaire de son souci relationnel, Komi est un personnage courageux et mignon. Au fil des tomes, on découvre des personnages très différents les uns des autres. Tomohito Oda, l’auteur, rend hommage à l’individualité de chacun.

Les 25 tomes déjà dépassés au Japon, la série prend son temps pour atteindre les objectifs de Komi. L’histoire est avant tout une bonne excuse pour mettre en scène des moments de vie charmants et drôles. C’est une bonne série, chez Pika Edition pour se détendre et se vider la tête.

  • Komi cherche ses mots
  • Auteur : Tomohito Oda
  • Traducteur : Kevin Stocker
  • Editeur : Pika Edition
  • Prix : 7, 20€
  • Parution : 6 juillet 2022
  • ISBN : 9782811670382

Résumé de l’éditeur : Dès la rentrée, Komi ne passe pas inaperçue : la beauté si singulière de cette fille et son élégance délicate en font une véritable déesse vénérée de tous ses camarades. Mais en réalité, son mutisme n’a rien de raffiné pour elle : en proie à une terrible anxiété sociale, Komi tente en vain de briser le mur du silence et de communiquer avec les autres… Tadano, son voisin de classe on ne peut plus ordinaire, découvrira son secret et décidera de l’aider dans ses incommensurables efforts pour s’ouvrir aux autres afin de réaliser son rêve : avoir cent amis !

Genesis

Quand un groupe d’étudiants en archéologie recherche leur sujet de thèse de fin d’étude en Australie, quand ce même groupe découvre une grotte préhistorique par hazard dans un vigneron, quand l’entrée de cette même grotte s’effondre et les enferme avec les peintures rupestres… Alors Kouji Mori, aux éditions Vega Dupuis, nous embarque dans un voyage dans le temps. 

Littéralement.

Taiga et ses amis était en voyage en Australie. Passionnés d’archéologie, lorsqu’ils découvrent une grotte dans les vignerons, ils ne peuvent pas s’empêcher d’y entrer. Ils s’engouffrent dans cette grotte et aussitôt s’étalent sous leurs yeux des peintures rupestres d’une qualité rare.

Ils ont trouvé leur sujet de thèse. Et Taiga sent que quelque chose est en train de s’animer en lui.

Lui qui se sent banal à mourir, qui a du mal à ressentir des émotions, qui ne sait pas prendre de décision, pour la première fois de sa vie, une soif inconnue monte en lui, irrépressible.

Puis la terre tremble, l’entrée de la grotte s’effondre. Le groupe d’amis se retrouve bloqué à l’intérieur. Ils décident de prendre un des chemins que la grotte leur offre pour trouver une sortie. Mais une fois de l’autre côté, ce n’est plus l’Australie. Ils sont ailleurs. Ailleurs dans le monde et surtout ailleurs dans le temps. Devant eux se trouvent des loups gigantesques, des Chalicotherium, sorte de cheval à bras d’orang-outan, et surtout, surtout…. Des Mammouths.

Pas de doute, ils ont quitté le 21e siècle et ils sont quelque part entre le Miocène et le Pliocène de l’ère Cénozoïque, il y a 66 millions d’années.

Dans cet environnement hostile, le groupe va devoir s’adapter et survivre. Et peut-être découvrir qu’ils ne sont pas si fragiles que cela. Surtout Taiga qui depuis leur arrivée se révèle astucieux, déterminé, parfaitement adapté à leur nouvelle époque. Ont-ils une chance de s’en sortir ? Face à la nature peut-être. Mais il y a 66 millions d’années, les hommes étaient déjà là. Les homo-sapiens tout comme les néandertaliens….

Genesis est un récit captivant pour la découverte d’un nouveau monde. Qui plus est, le monde fantasmé de la Préhistoire. Kouji Mori joue avec les inconnues de l’histoire : Pourquoi et comment l’homme a-t-il totalement dominé le monde ? Quoi de mieux pour répondre à cette question que de revenir au croisement des chemins. Alors que deux humanités foulaient le sol de la Terre.

  • Genesis
  • Auteur : Kouji Mori
  • Éditeur : Vega Dupuis
  • Prix : 8€
  • Parution : 4 mars 2022
  • ISBN : 9782379501548

Résumé de l’éditeur : Alors qu’ils se promènent dans la campagne australienne, Taiga et ses amis découvrent une grotte où sont peintes des fresques rupestres très anciennes. La joie de cette découverte est de courte durée car un tremblement de terre les enferme dans la grotte. Trouvant néanmoins une sortie, les jeunes gens découvrent qu’ils ont été transportés en pleine Préhistoire, à l’époque de l’affrontement entre hommes de Neandertal et Homo sapiens. Mammouths, crocodiles géants, meutes de loups géants… Chaque mammifère est une menace pour leur survie. Pourront-ils dépasser leurs habitudes et retrouver l’instinct animal qui leur permettra de vivre ?

Colocataires à leur manière

Mettez un mysanthrope et un chat de gouttière au mauvais caractère dans la même pièce et vous obtenez Colocataires à leur manière. Minatsuki nous raconte, chez Nobi Nobi une rencontre entre deux êtres esseulés qui vont devoir s’apprivoiser. 

Subaru n’a jamais aimé les contacts humains, ni le bruit, ni la lumière. Il aime être seul dans son coin, le plus souvent en bougonnant que les choses et les gens sont nuls. Personnage au mauvais caractère, il est insupportable pour la plupart de ses relations. Or ses relations sont avant tout professionnelles.

Subaru est écrivain. Son style, c’est plutôt les romans policiers. Son inspiration, il la trouve dans des livres. Simple, conçis, précis. Il ne sort jamais de sa zone de confort et le fait bien savoir à l’univers tout entier.

Jusqu’au jour où il croise un chat errant. Un chat errant qui, comme Subaru, fait tout le temps la tête et se méfie de tout le monde. Ce chat va lui donner un éclair de génie pour son nouveau roman.

Afin de puiser dans cette nouvelle source d’inspiration, il adopte ce chat.

Sauf que qu’il ne sait pas plus s’y prendre avec un chat qu’avec des humains. Il est balourd. Le chat, lui, est boudeur. Il ne reste que parce-que la nourriture est toute prête chez Subaru. C’est le début d’une colocation maladroite entre deux êtres qui globalement n’aiment pas le contact. Ils apprennent à s’apprivoiser. Et petit à petit, à sortir de leur zone de confort, à s’ouvrir aux autres.

A regarder derrière soi aussi. Car Subaru n’a pas toujours été seul. Mais isolé du reste du monde, il n’a pas vraiment commencé à faire son deuil.

Colocataires à leur manière est une comédie mignonne, rapide et simple à lire. Agréable pour commencer le genre manga, et pour quiconque aime les chats.

Série en 8 tomes (en cours)

  • Colocataires à leur manière
  • Auteur : Minatsuki
  • Dessin : As Futatsuya
  • Traductrice : Claire Olivier
  • Éditeur : Nobi-Nobi
  • Prix : 7,20€
  • Parution : 1er juin 2022
  • ISBN : 9782373495713

Résumé de l’éditeur : Auteur d’histoires policières, Subaru Mikazuki se distingue par sa nature introvertie et misanthrope. En effet, considérant les gens comme une source de nuisance dans son processus d’imagination et de création, il fait tout pour éviter de sortir de chez soi et d’avoir des contacts humains. Un jour, il tombe sur un chat errant qui déclenche un éclair d’inspiration pour le nouveau roman qu’il doit écrire. Il décide alors de l’adopter et de l’appeler Haru. C’est en observant son comportement énigmatique qu’il développe petit à petit l’intrigue de son histoire. Ces deux personnages attachants nous partagent le bonheur de leur nouvelle vie à deux, chacun à travers leur point de vue !

Sirocco

Sirocco, c’est la danse, la maladie, l’amour, l’amitié et l’homosexualité. Un album fort de Giulio Macaione publié par les éditions Ankama.

Une famille, trois générations vivent ensemble sous le même toit à Venise. La plus jeune, Mia, n’a qu’un rêve en tête, devenir danseuse. Son père qui tient un bar, le Sirocco, a mis sa vie intime entre parenthèses pour l’élever. Sa grand-mère, a dû, quant à elle, accepter de s’installer avec eux après avoir perdu son travail. La vie ne tient qu’à un fil et elle est parfois bousculée de manière violente. Tout comme le sirocco qui balaie tout sur son passage.

J’ai découvert Giulio Macaione et je suis tombé sous le charme de son travail avec Étoile de mer sorti en 2019. Après Basilico, il nous offre une histoire qui aborde la famille, la maladie, l’amour, l’amitié, l’homosexualité et les choix que l’on doit faire, non pas pour les autres, mais pour soi. Le graphisme, tout en nuance et en douceur, offre beaucoup de cœur à cette histoire alors qu’il est parfois mis à mal.

Sirocco : Un drame familial qui se veut positif, même dans les moments les plus durs. Comment ne pas être sous le charme de ce récit, de cette famille et de ce très beau graphisme tout en bichromie ? Encore une lecture qui a touché mon p’tit cœur tout mou.

  • Sirocco
  • Auteur : Giulio Macaione
  • Éditeur : Ankama
  • Prix : 19,90 €
  • Parution : 06 mai 2022
  • ISBN :  9791033513513

Résumé de l’éditeur : Mia termine le lycée et n’a qu’une idée en tête : devenir danseuse. Elle vit aux côtés d’un père affectueux, qui a mis entre parenthèses sa vie intime pour l’élever, et d’une grand-mère extraordinaire qui la pousse à trouver sa voie à tout prix. Mais une nouvelle inattendue va bousculer leur quotidien : serait-ce le signe que chacun doit suivre son propre chemin ? Un récit à la fois intime et choral, sur le rapport à l’existence et la liberté de choix à tout âge.

Djemnah

Et si on partait à la recherche d’une complète inconnue, juste parce qu’elle est hypnotique sur un dessin ? Philippe Donadille et Patrice Réglat-Vizzavona mettent en image cette enquête en Corse dans Djemnah aux éditions Delcourt.

Ange, antiquaire, découvre lors d’une de ses recherches pour un de ses clients, un dessin dans une revue corse. Il est immédiatement attiré par la femme qu’il voit sous ses yeux et par le texte intrigant qui l’accompagne : « Djemnah, je t’imagine au pied de la tour génoise. Tant de mystère et un trésor en toi. Protège-le. 7 juillet 1918 « . Alors qu’il n’a jamais mis les pieds sur sa terre natale, il se décide, sur un coup de tête, de partir à la recherche de Djemnah. Mais que va-t-il trouver en Corse ?

Moi aussi, je suis tombé sous le charme de cette si belle couverture. Et immédiatement je me suis mis à lire ce récit, sans même regarder qui étaient les auteurs. Puis au bout de quelques pages, je me suis arrêté. Je connaissais ce trait, je connaissais ce style magnifique que j’affectionne tout particulièrement, mais où avais-je bien pu le voir ? Je regarde le nom, et oui c’est bien lui, Patrice Réglat-Vizzavona qui m’avait subjugué dans Le passager. Je reprends ma lecture et cette fois, c’est le récit mêlant fiction, histoire de famille et Histoire de Corse de Philippe Donadille qui me captive. Je pars avec Ange à la découverte des liens qui l’unissent à Djemnah.

Envouté par le graphisme, intrigué par l’histoire, je me suis tout simplement R.É.G.A.L.É et bien plus encore. Laissez-vous surprendre par cette très belle bande dessinée et partez vous aussi à la recherche de Djemnah.

  • Djemnah, les ombres corses
  • Scénariste : Philippe Donadille
  • Dessinateur : Patrice Réglat-Vizzanova
  • Éditeur : Delcourt
  • Prix : 24,95 €
  • Parution : 25 mai 2022
  • ISBN : 9782413039082

Résumé de l’éditeur : Le jeune Ange Pizarti découvre un dessin qui le met sur la piste d’un mystérieux héritage napoléonien, en Corse. Une quête toute à l’aquarelle, qui plonge dans l’histoire d’un peuple fier, épris d’indépendance quand la chasse au trésor tourne à l’histoire de famille. Le héros percera ses secrets, en parcourant la terre ancestrale, qui est aussi celle du dessinateur Patrice Réglat-Vizzavona.

Les yeux perdus

Trois enfants dans un orphelinat au début du XXe siècle. Du suspense. Les yeux perdus, un récit horrifique de Diego Agrimbau et Juan Manuel Tumburus chez Dargaud. Tremblez !

1916, entre la Pologne et la Russie, un orphelinat perdu au milieu d’un monde en ruines. Il ne reste plus rien, seuls trois enfants ont survécu… Mais comment ? Maurice Nunrk, ventripotent fils des directeurs de l’institution, dirige et impose ses décisions aux deux autres. Otto et Ofélia, orphelins doivent obéir pour survivre. Pour cela, ils attirent les soldats dans l’orphelinat. Et alors qu’ils s’apprêtent à déguster un bon repas, Maurice les décapite pour qu’ils servent de nourriture. Otto n’en peut plus et pour ne pas sombrer, il va être aidé par des poupées…

Comment ne pas penser à Chucky ou à l’affiche de The Game de David Fincher quand on voit cette couverture qui est bien plus subtile qu’on ne peut l’imaginer. Comme souvent, après avoir refermé Les yeux perdus, je la regarde à nouveau et y découvre de nouveaux indices. J’adore ça. Sinon, cette histoire parle de hache, de sang, de morts, de repas à base d’humain (bienvenue chez « Sweeney Todd : Le Diabolique Barbier de Fleet Street ») d’orphelins et de poupées vivantes. Et bien, vous savez quoi ??? Quel plaisir, j’ai été happé par l’histoire, le récit est diaboliquement bien construit et les personnages, enfin surtout Maurice, sont bien dérangés. Que dire du graphisme ? Le travail de Juan Manuel Tumburus est superbe, avec une mention spéciale pour les regards.

Et pour finir, entre le prénom d’un des personnages, l’histoire et le style graphique, on ne peut qu’y voir un clin « d’œil » à l’expressionniste Otto Dix !

Alors oui, on va éviter de faire lire Les yeux perdus aux enfants. Mais que c’est bon, c’est même très bon. J’ai pris malin plaisir à voir une tête coupée par un gosse dès la 8ème page (quand je vous dis que je suis un psychopathe moi aussi, vous ne me croyez pas)… Allez-y les yeux fermés, enfin non, surtout gardez-les … bien ouverts… Et ne les perdez pas…

  • Les yeux perdus
  • Scénariste : Diego Agrimbau
  • Dessinateur : Juan Manuel Tumburus
  • Éditeur : Dargaud
  • Prix : 16,50 €
  • Parution : 26 mai 2022
  • ISBN : 9782205089769

Résumé de l’éditeur : 1916, quelque part sur le front de l’Est, entre Pologne et Russie, trois orphelins sont les seuls survivants dans un orphelinat. Derrière le portail, tout n’est plus que dévastation, ruines et décomposition. Ils n’ont qu’un seul moyen de survie : attirer, tuer et manger les soldats blessés cherchant un endroit où s’abriter. Un des enfants ne peut plus supporter ce semblant de vie. Il découvre de nouveaux amis — les seuls ? — dans les magnifiques poupées victoriennes qui peuplent les étagères d’une des pièces vides de l’orphelinat. Les poupées acceptent de l’aider à une seule condition : qu’il leur donne des yeux pour remplir leurs orbites vides…

 

Tiff’Annie

Dans l’univers de la petite ville de Saint-Saturnin, Bruno Heitz dévoile sa deuxième bande dessinée Tiff’Annie, autour de la coiffeuse du village. Génial !

À Saint-Saturnin en Provence, Annie est coiffeuse et, de son salon, elle voit le « magasin » du père Piquet (enfin surtout son horloge, quand il ne la cache pas). C’est un peu l’homme à tout faire du village, plomberie, cordonnerie, serrurerie, horlogerie, soudure etc. Et comme elle le dit :  » C’est un vieux chameau avare de surcroît. » Mais lorsqu’il disparaît de manière curieuse, le village enquête… Et on n’est pas au bout de nos surprises…
~
Après Le bistrot d’Émile, Bruno Heitz continue de nous faire découvrir Saint-Saturnin, ce petit village ainsi que ses artisans et commerçants. Avec humour et dérision, il nous embarque dans ce petit polar de village, et n’y voyez pas une critique ou une image péjorative, bien au contraire. Il reprend les mêmes ingrédients que dans pour le premier opus (chaque histoire est indépendante), des personnages marquants qui ont de vraies gueules et des intrigues humoristiques.

Comme pour le premier, Tiff’Annie est un petit polar qui donne le sourire et qui fait revivre nos campagnes. Merci Bruno Heitz. J’espère qu’il y aura d’autres albums, car des petits moments comme celui-ci font du bien, tout simplement.

  • Les dessous de Saint-Saturnin, tome 2 : Tiff’Annie
  • Auteur : Bruno Heitz
  • Éditeur : Gallimard BD
  • Prix : 14 €
  • Parution : 08 juin 2022
  • ISBN : 9782075170116

Résumé de l’éditeur : À Saint-Saturnin, le salon de coiffure Tiff’Annie fait face à la cordonnerie du pingre Monsieur Piquet. Un jour, ce misanthrope fortuné disparaît mystérieusement sans laisser de traces… provoquant aussitôt les recherches de son neuveu, qui l’espère mort! Mais quand des photographies compromettantes d’Annie, dénudée, font leur apparition au cours de l’enquête, la coiffeuse est bien obligée de s’en mêler…

 

Damien l’empreinte du vent

C’est un tour du monde en voilier que Gérard Janichon et Vincent mettent en image dans Damien, l’empreinte du vent édité par Vents d’Ouest. Celui du premier dans les années 1960.

À 17 ans, sur les toits de Grenoble, Jérôme Poncet et Gérard Janichon se sont fait une promesse, voyager pour découvrir le monde. En 1969, malgré le fait qu’ils ne soient pas très expérimentés, ils partent de La Rochelle sur un bateau de seulement 10 mètres, pour faire le tour du monde. Et ce voyage restera pour beaucoup une référence. Il aura duré presque cinq ans.

Comment décrire un voyage de cinq ans de pays en pays, via la mer, dans un si petit bateau ? Ce n’est forcément pas simple. Il faut choisir les moments les plus importants, sans oublier les autres et passer plus vite sur certaines zones, comme un bateau navigue au gré du vent. Les deux auteurs ont dû résumer cette extraordinaire expérience humaine et il en ressort un beau voyage autour du monde. Dès le début de Damien l’empreinte du vent, le lecteur est plongé au milieu du voyage, puis il remonte astucieusement au début de l’aventure, en faisant de manière régulière des bonds dans le temps.

Une découverte pour moi, car je ne connaissais pas cette histoire. Mais quelle aventure !!! Il fallait oser et ils l’ont fait !!! Rien que pour ça, cette bande dessinée mérite qu’on s’y intéresse vraiment.

  • Damien l’empreinte du vent
  • Scénariste : Gérard Janichon
  • Dessinateur : Vincent
  • Éditeur : Vents d’Ouest
  • Prix : 25 €
  • Parution : 04 mai 2022
  • ISBN : 9782749309514

Résumé de l’éditeur : L’aventure devenue référence. Damien est l’histoire d’un voyage devenu légendaire. Damien, c’est aussi le nom du petit voilier en bois qui, dans les années 70, effectua ce tour du monde exceptionnel de cinq ans, aujourd’hui inscrit en référence dans le domaine de l’aventure. Alors copains d’école à Grenoble, Jérôme Poncet et Gérard Janichon, décident à 17 ans de consacrer leur jeunesse à courir le monde. Leur cap est la liberté, la découverte, l’accomplissement, la voile aux extrêmes du globe. Inexpérimentés mais portés par leur idéal, ils quittent La Rochelle en mai 1969. Ils y reviendront en septembre 1973, après un voyage initiatique de plus de 55 000 milles. On les appellera « Les Défricheurs d’océans ». C’est que malgré son équipement précaire et son manque de confort, Damien accumule les grandes premières inédites : Arctique, remontée de l’Amazone à la rencontre des populations locales reculées, Cap Horn, Tropiques et trois saisons de suite dans les latitudes rugissantes du Grand Sud. Leur but est d’aborder le continent Antarctique, ce qui est fait en février 1973. Souvent malmené, chaviré, démâté, chahuté par les glaces et les coups du sort, Damien ne renonce jamais et son équipage tient bon. En dépassant les notions géographiques, les 2 jeunes marins ont apprivoisé les éléments turbulents; par l’amitié et la persévérance, ils ont su donner une dimension humaine inoubliable à leur périple. Classé monument historique et accessible au public, Damien a été refait à neuf en 2019. Fidèlement adaptée par Gérard Janichon, servie par la finesse des aquarelles de Vincent, cette odyssée maritime poétique et humaniste nous fait vivre des pages d’amitié profonde jusqu’à l’approche de la mort, et d’envoûtement avec l’Océan, le vent, la glace, la grande forêt amazonienne et le gré des rencontres humaines, éphémères et intenses.

Le convoyeur 3

Voici le troisième opus de la série Le convoyeur de Tristan Roulot et Dimitri Armand, toujours aussi accrocheur et beau !

Minerva, scientifique, a mis sa vie en danger pour trouver une solution à ce mal qui ronge la planète. Son combat a failli mener à sa fin toute sa famille. Maintenant elle prend les armes, pour retrouver l’homme qu’elle aime et lui sauver la vie….

Le convoyeur est une série tout simplement surprenante. J’avais été bluffé par l’univers post-apocalyptique et par le second tome qui rabat les cartes de ce que nous pensions avoir entrevu dans le premier. Le troisième tome nous plonge dans l’histoire de Minerva, celle qui est, pour tous, une sorcière. Et on découvre pourquoi elle se bat contre celui qui donne des œufs en échange d’un service.

Accompagné du renifleur (assez versatile), elle part à la recherche du convoyeur, enfin d’un convoyeur en particulier, son mari. Tout est bien pensé au niveau du scénario dans ce nouveau tome qui nous laisse entrevoir l’arrivée, pour les prochains tomes, d’un nouveau personnage important qui va sans aucun doute faire évoluer l’histoire et nous surprendre. Cette série est un page-turner particulièrement efficace avec un dessin de Dimitri Armand qui convient parfaitement au récit. C’est un pur plaisir.

La fin du troisième tome tout comme la fin du second nous fait dire, qu’il va falloir encore attendre pour avoir la suite et que ça va être long… Mais c’est tellement bon, qu’on a tout simplement hâte.

  • Le convoyeur, tome 3 : Ces ténèbres qui nous lient
  • Scénariste : Tristan Roulot
  • Dessinateur : Dimitri Armand
  • Editeur : Le Lombard
  • Parution : 20 mai 2022
  • Prix : 14.75 €
  • ISBN : 9782808203623

Résumé de l’éditeur : La « Rouille » a peut-être fait disparaître toute trace de fer, mais pas celui qui caractérise la volonté de Minerva. Scientifique devenue sorcière aux yeux du monde, elle a juré de retrouver l’homme qu’elle aime. L’homme qui l’aima avant de répondre à l’appel et devenir le Convoyeur. Ou plutôt… un Convoyeur ! Minerva s’est adjoint les services du Renifleur pour mener à bien sa mission. Mais une femme seule peut-elle faire face à l’inexorable destin de l’humanité, cette multitude au visage unique qu’est le Convoyeur ?