Helvetica, tome 1

Encore aujourd’hui, il existe des sorcières sur Terre. Leur chasse est donc toujours active. Shizuka Tsukiba et Tsumugi Somei dévoilent Helvetica, un très bon manga fantastique Kurokawa.

Asahi Mayuzumi est un étudiant tout ce qu’il y a de plus ordinaire. Bon en cours, il a une grande passion pour les mangas.

Après avoir reçu deux potes pour dîner, il est surpris par un tambourinement à sa porte. Entre alors en trombe, une jeune fille qui l’agresse et qui semble bien connaître son chat, Koma. Elle lui fait peur et repart aussi vite qu’elle est arrivée. Qui est-elle ? Pourquoi avoir fait irruption dans son appartement ?

Le lendemain, en sortant de la librairie dans laquelle il travaille, Asashi aide une jeune fille fortement importunée par une gros balèze. Etonnament, il le tue parce que des flammes sortent de ses mains. Il est alors emmené dans une limousine…

Prépublié dans le célèbre magazine Young Jump des éditions Shûeisha au Japon depuis 2017, Helvetica est un très bon manga imaginé par Shizuka Tsukiba. L’auteur japonais surfe sur la mythologie des sorcières, un genre décliné sur plusieurs supports depuis la nuit des temps. Les mangakas en sont très friands. Dans son récit, il poursuit la fameuse chasse aux sorcières, un courant qui tente d’éradiquer ces femmes puissantes.

Asahi Mayuzumi apprend à ses dépens qu’il en fait partie, lui le jeune étudiant propre sur lui. Il est vite confronté à des consœurs, dont l’une est charismatique, rejetant les hommes et assez brut de décoffrage avec lui. Les relations de ce trio de personnages commence d’ailleurs sur les chapeaux de roues. Ajouter à cela, un groupe d’hommes affublés de masque à gaz et l’on obtient un premier très bon volume.

Helvetica est un manga qui plaira à un grand public, par son histoire simple et efficace, ainsi qu’une partie graphique de Tsumugi Somei très réussie.

  • Helvetica, tome 1
  • Scénariste : Shizuka Tsukiba
  • Dessinateur : Tsumugi Somei
  • Editeur : Kurokawa
  • Parution : 04 juillet 2019
  • Prix : 7.65€
  • ISBN : 9782368526897

Résumé de l’éditeur : Asahi Mayuzumi est un fan de mangas et de dessins animés. Un jour, une jeune femme mystérieuse accompagnée d’un chat noir sonne à sa porte. A la recherche de « sorcières », celle-ci n’a qu’une aversion : les garçons ! Mais pour défendre les plus faibles contre l’oppression, tous deux vont rapidement devoir, contre leur gré, mettre leurs efforts en commun ! Garçon, filles. Alliances, oppositions. Voici le prologue d’une aventure extraordinaire où l’espoir et la jeunesse ont pour adversaire la folie des hommes !

Catamount, tome 3

La justice des corbeaux est le troisième opus de Catamount, l’excellente série western signée Benjamin Blasco-Martinez chez Petit à Petit.

Niobrara, janvier 1891. Le capitaine Clark et le trappeur Pad doivent s’unir afin de retrouver Catamount. Pourtant, leur passé en commun ne parle pas pour eux. Leur rancœur est tenace mais elle laisse place à cette quête insensée.

Au cœur d’une forêt, ils découvrent le cadavre du cheval de «celui qui porte le nom d’une bête». Et si Catamount était mort lui aussi ? Surtout qu’ils entrent sur le territoire des Crows, des indiens sanguinaires. Ils sont arrêtés par la tribu. Avec grand étonnement, ils se retrouvent face à face avec Catamount

Un vent épique souffle sur le western avec Catamount ! Benjamin Balsco-Martinez sait y faire pour tenir en haleine son lectorat. Dans la veine des grands récits de bande dessinée du genre – Giraud, Toppi, Serpieri ou Boucq – l’auteur nous entraine dans une folle aventure entre passé trouble, secrets, rebondissements et violence. Un western que Tarantino ou Eastwood n’auraient pas renié !

Adapté librement des romans d’Albert Bonneau, il s’est adjoint les services de l’excellent Gaet’s (Un léger bruit dans le moteur) pour le scénario de ce troisième volume. Ainsi, leur récit est empli de mystères et de tensions à toutes les pages. Le héros Catamount est charismatique. Le trio constitué avec Pad et Clark est excellent et augure encore des étincelles par la suite.

La très grande force de Catamount est la partie graphique de Benjamin Blasco-Martinez. Le jeune auteur né en 1990 nous émerveille par des planches d’une grande puissance. Pour sa vraie première série en bande dessinée – ce fut son travail de fin d’études à l’école Emile Cohl – il réalise des pages au découpage époustouflant. Son  trait énergique apporte un rythme fou au récit. Les visages sont particulièrement réussis, les yeux très expressifs et les scènes de combats très beaux.

Catamount : un western d’excellente qualité, tant narrative que graphique. Un must dans le genre !

  • Catamount, tome 3 : La justice des corbeaux
  • Scénaristes : Benjamin Blasco-Martinez et Gaet’s
  • Dessinateur : Benjamin Blasco-Martinez
  • Coloristes : Benjamin Blasco-Martinez et Emilie Beaud
  • Editeur : Petit à Petit
  • Parution : 29 mars 2019
  • Prix : 14.90€
  • ISBN : 9791095670575

Résumé de l’éditeur : Catamount a disparu. Pad le trappeur et le capitaine Clark suivent sa piste. Celle-ci les mènent au coeur de l’hiver en plein territoire Crow, devant la carcasse putréfiée du cheval de Catamount. On le croit mort… alors qu’il va devenir une légende. Bien vivante !

Agora

Les éditions 6 pieds sous terre proposent Agora, un merveilleux album de Matthias Lehmann, le talentueux auteur de La favorite.

De ville en ville, Matthias Lehmann vogue, papillonne et donne sa vision des lieux. De Paris à Belo Horizonte, en passant par Alger ou Naples, l’auteur de La favorite nous envoûte par des très grandes illustrations pleine page.

Comme il l’explique dans la préface de Agora, Matthias Lehmann a toujours été attiré par les espaces urbains et les personnes qui les composent : « Mon envie, dans ces dessins, est de raconter un moment et un lieu, d’en faire la synthèse et d’imaginer ce qui se trame derrière ». Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il atteint avec aisance ce but. C’est fort et c’est beau !

S’il  n’est pas photographe dans l’âme, Matthias Lehmann est un talentueux dessinateur. Par son trait, il arrive à faire ressentir l’ambiance de ces lieux pourtant si connus. Il croque ces espaces puis imagine leur destin.

Au Brésil comme à Conakry ou l’Italie, il met en scène le bouillonnement de ce grandes villes. Les habitants vivent et impriment une atmosphère différente à leur capitale. Le tourbillon de la vie s’étale alors sous nos yeux et c’est puissant !

Son trait hachuré en noir et blanc, agrémenté de touches de couleur, donne le tournis. Les détails sont multiples dans ses illustrations. Pour accompagner ses planches, il écrit des textes en vis-à-vis, traduit en portugais et en anglais.

Agora : laissez-vous charmer par la vision urbaine de ces immenses villes ! Un régal pour les yeux !

  • Agora
  • Auteur : Matthias Lehmann
  • Editeur : 6 pieds sous terre
  • Parution : 18 avril 2019
  • Prix : 25€
  • ISBN : 978-2352121480

Résumé de l’éditeur : Agora, recueil de dessins contemporains, dresse un portrait, entre réalité, symbolisme et imaginaire, de la rue, de la vie qui s’y déroule et des personnes qui la peuple. Matthias Lehmann cartographie ainsi la faune et la flore de villes à travers des séries d’images composites, sortes de fausses photographies reconstituées à partir de croquis pris sur le vif et de souvenirs.

Entre Europe, Amérique de sud et Afrique, Agora, recueil de dessins contemporains, dresse un portrait, entre réalité, symbolisme et imaginaire, de la rue, de la vie qui s’y déroule et des personnes qui la peuplent.

E.V.A, chroniques de l’Inframonde

Les éditions Graph Zeppelin dévoilent E.V.A, une série d’anticipation signée Marco Turini ou comment tenter de s’élever socialement dans un monde cloisonné.

L’an 3125 sur Terre. Après une grande catastrophe, les habitants de la planète bleue ont été obligés de se terrer. Ils sont regroupés selon quatre niveaux. Cette organisation ségrégationniste permet aux autorités de bafouer les droits individuels et de garder un semblant de sécurité. Il faut souligner que les habitants d’un niveau ne peuvent aller dans un autre. A Janis, au sommet de la pyramide, il y a les puissants. E.V.A, une habitante surentrainée et puissante tente de braver les obstacles et d’atteindre Janis…

E.V.A chronique de l’inframonde est une belle dystopie de Marco Turini. L’auteur italien imagine la Terre dans des milliers d’années où les têtes dirigeantes règnent en maître sur des habitants qui sont surexploités. Sans révolutionner le genre, Turini fait le job, simplement mais avec efficacité. Il y a donc des messages sociaux et politiques en sous-texte. Trop parfois !

Il faut être bien concentré pour comprendre l’album tant l’auteur nous malmène par un récit alambiqué. Les séquences parfois manquent d’enchainements logiques. Dommage parce qu’il y avait un énorme potentiel dans cet univers. La Maire qui joue de ses charmes pour obtenir des votes (forcés ?) mais aussi E.V.A pour lequel le mystère reste entier. Pourquoi veut-elle s’élever socialement ?

Si le récit est complexe et ne nous convainc pas, la partie graphique en revanche est très réussie. Dans la veine des récits de science-fiction des années 80/90 type Humanoïdes Associés, Marco Turini dévoile des planches aux décors très bons. Telle de la peinture, il réalise de belles pages.

  • E.V.A chroniques de l’Inframonde
  • Auteur : Marco Turini
  • Editeur : Graph Zeppelin
  • Parution : 16 avril 2019
  • Prix : 19€
  • ISBN : 9791094169100

Résumé de l’éditeur : Nous sommes en 3125. Toute la population vit sous la surface de la Terre sur cinq niveaux. Nous nous trouvons au niveau le plus profond – le cinquième. C’est le niveau le plus proche du centre de la Terre. Ceux qui y vivent sont principalement tous des cyborgs dont les membres artificiels résistent aux hautes pressions infra-terrestres. C’est ici qu’ E.V.A vit. Dans ce monde de dictatures et de répressions, la jeune femme projette de découvrir les niveaux supérieurs et voir pour la première fois ce que l’on appelle le Soleil. Arrivera-t-elle à braver les interdits et les étapes pour remonter jusqu’à la surface de la Terre ?

Un rêve d’ailleurs

Les éditions du Long bec dévoile Un rêve d’ailleurs, le voyage initiatique de Kim l’auteur de L’aile brisée.

Joaquin Aubert – dit Kim – avait mis en image l’histoire des parents et des grands-parents d’Antonio Altarriba dans L’aile brisée et L’art de voler; le voilà seul aux manettes de sa propre histoire.

Un rêve d’ailleurs, c’est son récit de vie, celui de l’exil. Alors qu’il veut échapper au régime mortifère de Franco en 1963, il se retrouve sur les routes du Sud de la France. Il avait de l’or dans les mains puisqu’il étudiait aux Beaux-Arts, il décide pourtant de prendre sa vie en main et de changer d’air.

Il pensait trouver un travail facilement. Il ira de désillusions en désillusions. Il quitte la France pour l’Allemagne. Il doit tout recommencer, tout inventer dans un pays non-latin. Recherche d’appartement et d’un job, pas facile pour un dessinateur ibérique…

On aime Kim ! Il nous happe à chaque fois qu’il publie un album ! Cette autobiographie construite comme une quête initiatique est très belle. Il raconte, il rencontre et il nous charme par tant de justesse et de sincérité. Dans cette Allemagne RFA, il grandit. Ce pays a besoin de main d’œuvre (comme un éternel cycle qui recommence, cf. la politique de Merkel, il y a quelques années) et il peut compter sur une corvéable à merci. L’eldorado attire les foules.

Il y a de la tendresse dans les portraits des personnes croisées. Il y en a de plus marquantes que d’autres pour Kim, futur grand dessinateur espagnol. C’est cela qui nous les rend attachants aussi. En plus des galères, il y a aussi les femmes qui jalonnent ce parcours. Toutes plus belles les unes que les autres.

Le trait épais en noir et blanc agrémenté de teintes de gris de Kim est simplement beau. L’encrage est d’une grande puissance. Le découpage est classique mais très efficace.

Un rêve d’ailleurs : laissez-vous porter par cette très jolie tranche de vie d’un auteur espagnol entre déracinement et nouveau pays d’adoption.

  • Un rêve d’ailleurs
  • Auteur : Kim
  • Editeur : Le Long Bec
  • Parution : 17 avril 2019
  • Prix : 22€
  • ISBN : 9782379380150

Résumé de l’éditeur : En octobre 1963, le jeune Joaquim Aubert fait de l’auto-stop sur une route du sud de la France. Avant de faire son service militaire, il souhaite partir en Allemagne, sur les traces de tant d’autres Espagnols qui ont traversé l’Europe à la recherche d’un travail.

Mages, tome 1 : Aldoran

Shannon tente de faire recouvrer la mémoire à Tyrom, un vieil homme isolé. Dans le même temps, son village va être rattaché à la couronne. Jean-Luc Istin et Kyko Duarte dévoilent le premier volume de Mages, une belle série d’héroïc-fantasy.

Castleleck, un village autonome côtier. Shannon prend le temps de vivre. La jeune bergère est d’une rare curiosité. Elle aime épier Tyrom, un vieil ermite.

Alors qu’il est parti, elle entre chez lui et est intriguée par une boîte que personne ne peut ouvrir. Elle est surprise par Tyrom qui lui explique qu’il a perdu la mémoire. Elle tente alors de l’aider en l’emmenant chez l’archiviste.

Dans le même temps, le roi Gérald souhaite que Castleleck entre dans son giron…

Après Orcs et Gobelins, les terres d’Arran accueillent le nouvel arc narratif : Mages. Comme pour la précédente série, c’est Jean-Luc Istin qui est aux manettes. Le créateur de cet immense univers d’heroïc-fantasy fait le travail avec Aldoran.

Après les Elfes et les Nains, les lecteurs découvrent une nouvelle espèce proche des hommes : les mages. Doté de puissance magique, ils sont tantôt adulés, tantôt rejetés. Est-ce le cas de Torym ? A-t-il volontairement oublié son passé ?

Le duo Torym/Shannon augure de belles étincelles, entre attirance et répulsion. Il faut dire que le calme relatif du premier tranche avec le dynamisme de la seconde. Ajouter à cela la quiétude de Castleleck mise à mal et l’on obtient un premier tome plutôt réussi et accrocheur…

Après quelques tomes de Elfes dessinés, Kyko Duarte s’attaque à Mages. L’auteur de Chroniques de la Guerre des Fées réalise de belles planches où les décors sont particulièrement réussis. Si les visages de Torym et Shannon nous convainquent moins, ceux du vieil archiviste est top.

  • Mages, tome 1 : Aldoran
  • Scénariste : Jean Luc Istin
  • Dessinateur : Kyko Duarte
  • Coloriste : J. Nanjan
  • Editeur : Soleil
  • Parution : 19 juin 2019
  • Prix : 14.95€
  • ISBN : 9782302076624

Résumé de l’éditeur: Tyrom, un vieil ermite, s’attache bien malgré lui à Shannon, une gamine espiègle de Castlelek. Cette cité indépendante est convoitée par le roi Gerald qui entend l’annexer à son royaume. Alors, quand Tyrom voit un mercenaire menacer Shannon, il s’interpose. L’instant d’après, la dépouille fumante du mercenaire git à ses pieds. Il ne comprend pas ce qu’il vient de se passer. Est-il un mage ? Et si oui ? Pourquoi a-t-il perdu la mémoire ?

Akû, le chasseur maudit 2

Après un premier tome réussi, Muneyuki Kaneshiro et Akeji Fujimura dévoilent le deuxième volume de Akû le chasseur maudit, édité par Pika.

Alors que le village de Akû est détruit, il s’en prend au mammouth fautif. Il est alors séparé de Ipin. Le voilà de nouveau seul. Assoiffé et fatigué, il croise la route de Shuri et Shurava, qui ont le même statut que le héros…

Le premier volume de Akû le chasseur maudit nous avait beaucoup plu, notamment par son dynamisme, son histoire de sort et de vengeance, le deuxième suit avec moins de facilité cette même voix. Le jeune chasseur maudit va donc devenir ami avec les deux autres adolescents, dans la même situation que lui. Une unité et une solidarité va donc naître.

Les actions et les combats sont plutôt réussis même si l’on aurait aimé plus de consistance dans la durée de ce deuxième volume. Quelques incohérences et erreurs sont parmi les points faibles qui nous laisse un petit goût d’inachevé. Dommage parce que l’univers a un énorme potentiel !!

  • Akû le chasseur maudit, volume 2/5
  • Scénariste : Akeji Fujumira
  • Dessinateur : Muneyuki Kaneshiro
  • Editeur : Pika
  • Parution : 09 mai 2019
  • Prix : 8.20€
  • ISBN : 9782811644925

Résumé de l’éditeur :  Le village d’Akû est décimé par l’attaque du « Grash », un gigantesque animal. Seuls survivants avec son ami Îpin, et confrontés à une nature hostile, les deux garçons entament un périple parsemé de dangers. Lorsque Akû est victime d’une chute, les voilà séparés. Heureusement, il fait la connaissance de Shuri et Shurava, un frère et une soeur qui deviendront ses nouveaux compagnons de route…

King Kong

King Kong, le mythique est de retour sous la plume de Michel Piquemal et les pinceaux de Christophe Blain. Un bel album illustré chez Robinson.

New York, 1933. Carl Denham, réalisateur, n’a toujours pas trouvé l’actrice principale de son nouveau long-métrage qu’il doit tourner dans une île de Sumatra.

Il est alors charmé par Ann, une jeune femme prise à partie par un marchand de glace. Il la tire de ce mauvais pas et l’embarque avec lui sur son tournage. La traversée sur le bateau ne se déroule pas de façon très simple : Jacques Driscoll, le capitaine, tombe amoureux d’Ann

Tout le monde connaît l’histoire de King Kong soit par le film de Marian C. Cooper datant de 1933 ou la version de Peter Jackson de 2005. Ce récit d’une jeune femme frêle qui séduit un mastodonte gorille. Tout le monde connait la scène où King Kong grimpe sur l’Empire State Building. Et bien cette déclinaison de Michel Piquemal reprend toutes les étapes de l’histoire originale.

Le livre illustré – une nouvelle mouture de celui édité en 2004 chez Albin Michel – est une belle réussite. Tout y est pour nous faire passer un excellent moment de lecture. Pas de fausse note donc. L’auteur de littérature jeunesse (Moi Sitting Bull, Paroles de fraternité, Tornade) fait équipe avec Christophe Blain pour la partie graphique. Le dessinateur de Quai d’Orsay réalise de belles illustrations. En effet, à part quelques cases en gaufrier, l’essentiel du récit est orné de grandes images en plus du texte. Et c’est très beau !

  • King Kong
  • Scénariste : Michel Piquemal
  • Dessinateur : Christophe Blain
  • Editeur : Robinson
  • Parution : 05 juin 2019
  • Prix : 14.95€
  • ISBN : 9782017076339

Résumé de l’éditeur : Sur une île lointaine vit une incroyable créature d’un autre âge que les indigènes appellent Kong. Carl Denham, un cinéaste, part la filmer, accompagné d’une douce jeune fille, à qui il veut faire jouer le rôle de la Belle face à la Bête… Christophe Blain (Quai d’Orsay, Isaac le Pirate) met en scène un classique du récit d’aventures et sublime le gorille géant dans de superbes illustrations !

Le sceau du dragon, tome 1

Manuel Gutiérriez et Xulia Vicente imaginent le premier volume de leur série jeunesse Le sceau du dragon, publié par les éditions Les aventuriers de l’étrange.

Dans la veine de Bjorn le morphir, Le sceau du dragon est accrocheur et très bien écrit. Après Et le village s’endort – qui nous avait agréablement surpris – le duo Gutiérriez/Vicente invente une saga fantastique jeunesse qui plaira aux amateurs du genre.

Sans temps mort et avec beaucoup d’action, le scénariste espagnol imagine Niilak, un monde pris dans un hiver permanent et rude, un univers qui se glace. Cette ambiance qui fait vivre ses habitants en quasi autarcie, permet d’imprimer une atmosphère de fin des temps où les dragons ont un rôle important. Il met en scène Ari, un chasseur de ces monstres fantastique. Brave mais aussi tête brûlée, il n’a besoin de personne pour mener à bien sa vie et ses missions. Il se rend dans une grotte où il va pouvoir vendre le dragon qu’il vient de mettre en pièce…

La solitude de Ari va être bouleversée par l’arrivée d’un groupe de jeunes qui eux aussi sont chasseurs. Amitié, embuscades et combats sont le cœur de cette belle saga.

Si le récit nous plait, le dessin de Xulia Vicente aussi. Son trait moderne et vif est idéal pour restituer l’ambiance chevaleresque et dynamique du récit.

Le sceau du dragon : une belle aventure fantastique grand public, un premier volume (sur 3) très réussi !

  • Le sceau du dragon, tome 1 : Ari, le chasseur
  • Scénariste : Manuel Gutiérrez
  • Dessinatrice : Xulia Vicente
  • Editeur : Les aventuriers de l’étrange
  • Parution : 27 juin 2019
  • Prix : 14.50€
  • ISBN : 9782490195084

Résumé de l’éditeur : Niilak, un monde de glace en perdition peuplé de dragons. Ari est un jeune chasseur impitoyable et solitaire jusqu’à sa rencontre avec une redoutable cavalière. Son destin s’en retrouvera changée à jamais. BD tout public en 3 tomes, cette énergique aventure aborde tout en finesse les thèmes de l’appartenance et du handicap. Entre franco-belge et touches orientales, le dessin est un délice.

Capitaine Albator, tome 1

Avec l’autorisation du maître Leiji Matsumoto, Jérôme Alquié donne sa version de Capitaine Albator, une nouvelle série chez Kana.

Après Capitaine Albator et Queen Emeraldas, les séries populaires et célèbres de Leiji Matsumoto, les éditions Kana dévoilent une nouvelle série autour du capitaine corsaire. Si l’univers est là, le récit est original. Né en 1975, Jérôme Alquié a l’honneur de reprendre les personnages du maître mangaka. Il faut souligner que dans les années 90, il avait déjà réalisé une vingtaine de pages sur le capitaine au grand cœur.

Le dessinateur du tome 5 des Mythics et de la série Les surnaturels livre une histoire simple mais efficace. Sans révolutionner l’univers, ses Mémoires de l’Arcadia est un bel hommage au monde de Matsumoto. Un peu trop propre à notre goût. L’auteur n’a peut être pas les coudées franches car la licence est lourde à porter et les impositions trop importantes.

Il débute ce premier volume par une brève présentation des personnages et de la volonté des Sylvidres de conquérir la Terre, notamment avec l’aide du premier ministre. On retrouve ainsi Tadashi, le fils du professeur assassiné, l’esprit de Tochiro, Miimé, Kei Yuki et Albator, ainsi que tous les habitants de l’Arcadia.

Le capitaine et son équipage tentent de barrer la route aux créatures végétales qui continuent de coloniser la planète bleue…

On suit avec intérêt cette quête d’Albator et le dessin de Jérôme Alquié est à la hauteur de l’enjeu, efficace et plutôt dynamique.

Capitaine Albator : un premier volume agréable. On attend plus de folie dans le deuxième…

  • Capitaine Albator, Mémoires de l’Arcadia, tome 1/3
  • Auteur : Jérôme Alquié d’après l’univers de Leiji Matsumoto
  • Editeur : Kana, collection Classics
  • Parution : 28 juin 2019
  • Prix : 11.99€
  • ISBN : 9782505070511

Résumé de l’éditeur : Format BD. Dans cette aventure inédite du Capitaine Albator, une équipe de scientifique a découvert un mausolée de Sylvidres et des informations où il est fait mention de manipulations génétiques et d’un pouvoir destructeur terrifiant. Pouvoir capable de rendre les Sylvidres immortelles ou au contraire de provoquer leur destruction. La vague de froid extraordinaire qui frappe la planète bleue pourrait bien être liée à l’une de ces Sylvidres mutantes. Le Capitaine Albator et son équipage parviendront-ils à élucider ce mystère et sauver la Terre de ce nouveau péril ?!

Raowl, tome 1

Tebo est de retour et ça se sent ! Il imagine le premier volume de Raowl, sa série fantastique décalée et humoristique chez Dupuis.

Raowl est un preux chevalier. Son but dans la vie : secourir les belles princesses. Sa technique : il dézingue tout sans réfléchir. Sa récompense : un bisou des personnes secourues. Son manque de tact, d’intelligence et sa brutalité font fuir les belles jeunes filles. Résultat : il ne repart jamais avec un doux baiser, pire, il repart toujours seul chez lui…

Tébo pulvérise les contes pour enfants pour notre plus grand bonheur ! Si les codes sont là, l’auteur de La jeunesse de Mickey les secoue et les détourne. Raowl est un prince pas charmant, brut épaisse et tête brûlée. Tel Ryo dans City Hunter, il est obsédé par les femmes. Il les aide mais il n’a jamais rien en retour. Les situations sont cocasses et le tempo enlevé ! Le trait est simple, lisible et redoutablement efficace.

Raowl : un premier volet drôle et accrocheur ! ça pulse et ça dézingue à tout va !

  • Raowl, tome 1 : La Belle et l’Affreux
  • Auteur : Tébo
  • Editeur : Dupuis
  • Parution : 07 juin 2019
  • Prix : 12.50€
  • ISBN : 9791034730384

Résumé de l’éditeur : Raowl ne fait pas dans la dentelle : il tranche, il découpe, il raccourcit, il décapite tout ce qui peut se mettre entre lui et le bisou d’une princesse. La première qu’il croise ne le trouve définitivement pas à son goût et s’en va avec quelqu’un d’autre. Lorsqu’il en sauve une seconde, il décide de ne pas la lâcher, d’autant qu’ils ont finalement plein de points communs ! Alors quand elle est kidnappée dans un château plein de cannibales, il ne va pas hésiter à plonger dans la gueule du loup ! Tebo réécrit les contes de fées avec un plaisir évident. En détournant les codes classiques du genre, il invente une bande dessinée truculente, pleine de tripes, de bons mots et de personnages hauts en couleur.

Picasso s’en va-t-en guerre

Quel bonheur, mais quel bonheur de retrouver le grand Daniel Torres ! Il imagine la rencontre entre Picasso et un auteur de bande dessinée dans Picasso s’en va-t-en-guerre.

Tout jeune dessinateur de bande dessinée, Francisco Torres se rend à Vallauris à quelques kilomètres de Cannes. Il doit rencontrer Ruiz qui aimerait réaliser un album BD. Lorsqu’il découvre Ruiz, il est surpris : il est en face de Pablo Picasso ! L’artiste lui demande d’imaginer un récit où il se serait engagé dans les Brigades internationales et où il aurait tiré sur Franco…

Maître de la ligne claire des années avec Chaland, Petit-Roulet ou François Avril, Daniel Torres nous surprend par une récit fictif où le grand Picasso joue son propre rôle. Il se met en scène dans le rôle de Francisco, auteur de bande dessinée. Ainsi cette rencontre au sommet est délicieuse et très bien menée. D’une belle justesse, elle aurait très bien pu avoir lieu, tant le réalisme est là.

La confrontation fait des étincelles. Il faut souligner que l’artiste espagnol avait un sacré caractère, il avait le sang chaud et était bouillonnant.

Le trait de Daniel Torres est toujours aussi élégant, fort et dynamique. Un bel album, une belle rencontre, un petit bijou !

  • Picasso s’en va-t-en guerre
  • Auteur : Daniel Torres
  • Editeur : Delcourt, collection Mirages
  • Parution : 02 mai 2019
  • Prix : 23.95€
  • ISBN : 9782413017424

Résumé de l’éditeur : En 1953, Picasso, le peintre génial de « Guernica », est hanté par le fait de n’avoir pas tiré un coup de feu contre Franco. Alors, il imagine un pied de nez artistique en passant commande à Torres, un jeune dessinateur qui va réaliser une BD : comment Picasso se serait battu, à coups de dessin, sur le front de l’Erbe. Quand le génie appelle à l’aide la fiction…