Le scandale Stopsénil

Le Stopsénil ? Un médicament miracle qui guérit la maladie d’Alzheimer, depuis la première guerre mondiale. Mais voilà, à force d’être en bonne santé, les petits vieux se rebellent. Lionel Koechlin imagine Le scandale Stopsénil, un joli album très drôle aux éditions Cornélius.

Le récit de Lionel Koechlin est construit comme une pièce de théâtre illustrée où les protagonistes revisitent l’Histoire à leur sauce. Entre Soeur Rita, Vieuxtoto, Catchaquatre et Omar – les anti-héros du Scandale Stopsénil – cette farce très drôle revient sur un étrange fait : la guérison de la maladie d’Alzheimer. Longtemps, très longtemps après la Première guerre mondiale, des laboratoires ont eu raison de cette maladie jusqu’ici incurable et qui faisait chavirer plus d’une tête.

En envahissant le pays de ce médicament miracle, les petits vieux n’en sont plus atteints. Nous pourrions dire : «  »très bien » mais c’était sans compter sur le pouvoir de rébellion de ces derniers, qui sont maintenant en pleine capacité intellectuelle, prêts à relever tous les défis. Ils font la révolution, poussés par un cerveau encore plus puissant qu’auparavant. Les autorités confrontées à ce vent de révolte n’ont pas trouvé mieux que d’éliminer les récalcitrants.

Quel petit bonheur que de lire Le scandale Stopsénil ! Cette pièce de théâtre va en désarçonner plus d’un ! Avec beaucoup d’intelligence l’auteur de plus d’une centaine d’ouvrages pour la jeunesse mais aussi pour les adultes imagine des dialogues ciselés amusants à souhait. A travers cet OVNI de 96 pages, il parle ainsi de la vieillesse, de la maladie, de la guérison et de la place des personnes âgées dans nos sociétés occidentales. Le scandale Stopsénil révèle le grand talent de conteur de Lionel Koechlin.

  • Le scandale Stopsénil
  • Auteur : Lionel Koechlin
  • Editeur : Cornélius
  • Prix : 19.50€
  • Sortie : 11 octobre 2018
  • IBAN : 9782360811557

Résumé de l’éditeur : Un roman théâtral qui traite du paradoxe de guérir l’oubli tout en éliminant les gardiens de la mémoire.

Longtemps après l’armistice de 1918, l’industrie pharmaceutique a vaincu la maladie d’Alzheimer grâce au révolutionnaire médicament Stopsénil. Les vieux sont désormais en pleine possession de leurs capacités mentales et ils ne sont plus dupes. Cette insatisfaction croissante inquiète le gouvernement qui réagit avec autorité en embrigadant de pauvres bougres afin d’éliminer les anciens trop perspicaces.

Yondaime oyamato tatsuyuki

Yondaime oyamato tatsuyuki est un sympathique yaoi de Scarlet Beriko chez Taifu Comics, se déroulant dans un clan de yakuzas au Japon.

Clan Oyamato. Tatsuyuki ne sait plus trop où il en est depuis la rupture d’avec son dernier compagnon. Il se laisse aller. Pour lui faire retrouver le goût de la vie et accessoirement celui des affaires, il est envoyé à Fukuoka. Il doit remplacer son père dans cette mystérieuse entreprise.

Le soir venu et alors qu’il a beaucoup bu, il s’effondre sur un banc public. Il est récupéré par Koga avec qui il a une relation sexuelle. Le lendemain, il ne se rappelle de rien, pire, cet inconnu lui explique qu’ils se connaissent depuis longtemps et qu’il est heureux de le revoir….

Edité par Shinshokan au Japon en 2015, Yondaime oyamato tatsuyuki est un très joli yaoi de Scarlet Beriko. On est loin des romances simplistes des yaoi et l’on est plus proche des comédies dramatiques. Parce que oui, ce manga est fort, dur et parfois violent dans les rapports entre humains. Koga et Tatsuyuki ont un passé en commun mystérieux qui les rapprochent inexorablement. C’est cela aussi qui tient en haleine le lecteur. On veut connaître le fin mot de l’histoire. Pour contrebalancer cette violence, la mangaka (Jackass !) glisse de l’humour assez loufoque dans son récit.

Les scènes de sexe sont explicites et nombreuses dans Yondaime oyamato tatsuyuki. Le dessin de Scarlet Beriko est assez original, lui aussi loin des stéréotypes du genre. Une belle surprise !

  • Yondaime oyamato tatsuyuki
  • Autrice : Scarlet Beriko
  • Editeur : Taifu comics
  • Prix : 8.99€
  • Sortie : 25 octobre 2018

Résumé de l’éditeur : Sôgorô est l’héritier d’une des familles les plus connues du monde Jeune chef d’un puissant clan de yakuza, Tatsuyuki a le coeur brisé après s’être fait rejeté par son premier amour. Totalement désespéré, il est envoyé à Fukuoka pour y régler certaines affaires. Tout juste arrivé, il décide de profiter de cette escapade pour s’amuser, mais le lendemain matin, à son réveil, il découvre qu’il a passé la nuit avec un jeune inconnu qui semble le connaître. Tatsuyuki ne le sait pas encore, mais cette rencontre ne restera pas sans conséquence.

Ariol, tome 14

S’il ne fallait garder qu’une seule série bande dessinée jeunesse ce serait vraisemblablement Ariol de Emmanuel Guibert et Marc Boutavant !

Comme à son habitude en novembre de chaque année et depuis 14 ans, les éditions BD Kids proposent leur recueil d’histoires de Ariol, prépubliées dans J’aime Lire. Pour ce quatorzième volume – Ce nigaud d’agneauMarc Boutavant et Emmanuel Guibert ont de nouveau fixé la barre très haut pour livrer aux jeunes lecteurs des récits courts – au nombre de 12 – de très grande qualité.

De la flemmingite aiguë de Pharamousse à une visite avec mamie à l’hôpital, en passant par la perte des lunettes d’Ariol dans les toilettes, le théâtre de marionnettes commenté en direct par mamie, l’anniversaire du petit âne (il a 10 ans), ou encore le dessin à deux mains, tout est formidable et sympathique dans ce recueil.

Depuis 2000, Emmanuel Guibert régale son jeune lectorat des péripéties d’Ariol et ses amis, entre fiction et anecdotes de son enfance.

« Emmanuel qui cherchait un illustrateur pour ses histoires de Ariol – ses souvenirs d’enfance – après avoir tenté lui même de les dessiner, a pensé à moi ! Mon trait était beaucoup moins rond que sur ses essais. Dans les premières planches Ariol et Ramono sont des adolescents de 13 ans. J’hésite une semaine avant de dire oui » nous a confié Marc Boutavant dans un superbe entretien en janvier 2018. Le duo fonctionne très bien : Guibert au scénario, Boutavant au dessin, auquel on ajoutera Rémi Chaurand aux couleurs.

D’ailleurs l’auteur de Mouk ajouta dans la même interview : « Lorsqu’il (Emmanuel] a terminé un scénario, il n’y a rien à changer, tout est excellent ! » En effet, entre tendresse, poésie, et vie quotidienne réaliste, tout est formidable dans ce monde anthropomorphique ! Plus étonnant – mais cela est du à la qualité des récits : « Ariol plaît aux enfants, aux parents et aux grand-parents. C’est très rare ! »

Ariol 14 : c’est de la bombe !!!

  • Ariol, tome 14 : Ce nigaud d’agneau
  • Scénariste : Emmanuel Guibert
  • Dessinateur : Marc Boutavant
  • Coloriste : Rémi Chaurand
  • Editeur : BD Kids
  • Prix : 11.50€
  • Sortie : 07 novembre 2018

Résumé de l’éditeur : Pharamousse est un des copains d’Ariol. Un agneau, vous vous souvenez ? Sans doute pas le plus vaillant des petits garçons. De constitution et de santé fragiles, il se fait porter pâle à chaque fois qu’il en a l’occasion. Gentiment hypocondriaque, il préfère se faire oublier dans la classe de monsieur Le Blount. Mais, au contact des facéties d’Ariol et Ramono, le pauvre Pharamousse risque bien de se casser une côtelette…

Melancholia ou une autre mort

Quand la Mort tente une analyse psychologique pour aller mieux, cela donne un somptueux conte sans texte de Nicholas Gurewitch, Melancholia ou une autre mort.

Petite structure villeurbannaise mais grande par la qualité de ses ouvrages publiés, les éditions Lapin dévoilent « un livre bizarre » mais ô combien fascinant, Melancholia, ou comment la Mort tente de faire venir à elle – dans son monde – un psychanalyste. Pas de chance, l’homme qui guérit les âmes s’en sort, lui propose de l’analyser et ainsi se déroule un théâtre de papier devant les lecteurs subjugués.

Nicholas Gurewitch est un auteur très prolifique sur les internets. Très suivi sur ses réseaux sociaux, il a aussi reçu quatre prestigieux prix : 2 Ignatz awards, un Eisner et un Harvey ! C’est vous dire qu’il est apprécié de la critique et de ses pairs. En observant Melancholia et ses somptueuses planches, on les comprend !

Il lui a fallu près de 10 ans pour réaliser cet album magistral ! Pour cela, il a puisé dans les 250 dessins qu’il a produit pour n’en garder que 48 et dévoiler ainsi un superbe conte sans texte époustouflant !

Ses illustrations en noir et blanc ont été réalisées sur des cartes à gratter. Il faut scruter de près toute la minutie dans les hachures pour en goûter tout le sel  et comprendre le temps important qu’il lui a fallu pour tout produire.

Pour cela, il fut inspiré par les dessins de Edward Gorey  dont nous vous parlions dans la chronique de Les Jumblies (éditions Le Tripode). On pourrait aussi voir dans Melancholia une belle parenté avec Nicolas Arispe (Le Livre & La mère et la mort / Le départ) ou avec Pedro Stoïchita (Polybius).

Petit par sa taille (28 x 20) mais énorme par sa partie graphique, Melancholia bénéficie d’une édition à l’italienne pour mettre en lumière les merveilleuses illustrations de Nicholas Gurewitch. Hypnotisant !

  • Melancholia ou une autre mort
  • Auteur : Nicholas Gurewitch
  • Editeur : Lapin
  • Prix : 17€
  • Sortie : 12 juillet 2018

Résumé de l’éditeur : La Mort est inquiète : sa fille batifole dans les prés sans sembler se soucier de reprendre le business familial. Mais après une bonne psychanalyse interrompue, tout pourrait s’arranger.

Kivu

Jean Van Hamme et Christophe Simon proposent Kivu, un album fort et bouleversant dans cette région de la République démocratique du Congo entre travail humanitaire, corruption et massacres impunis.

Sud Kivu. Le colonel Malumba harangue les soldats de sa milice, qui fait régner la terreur dans cette région. Quiconque s’interpose, meurt. Ils s’attaquent à un village de brousse. Alors que Jérémie et Violette tentent de fuir, l’officier les arrête et commence à violer la jeune adolescente. Son frère le tue.

Quelques jours plus tard au siège de la Metalurco. François Daans est embauché pour trouver un successeur à Malumba. Il faut dire qu’avec les bakchichs, le colonel et ses hommes aidaient aux affaires de la société.

A peine arrivé dans le pays, Daans percute Violette, la soigne, l’emmène dans son hôtel et découvre son histoire…

Après trois albums dans la collection Signé – Histoire sans héros & Vingt ans après (avec Dany) ainsi que Western (avec Rosinski) – Jean Van Hamme signe son retour dans ce prestigieux label du Lombard avec un récit dur, fort et poignant se déroulant à l’ouest du Rwanda.

Comme à son habitude, son histoire est solidement documentée et accrocheuse. Pour l’incarner, il met en scène François, un belge qui sur place ouvre les yeux sur les agissements, méfaits et trafics en tout genre : humains et financiers. La corruption est reine et les milices se chargent des bases besognes pour les multinationales ou les politiciens. Région instable depuis le génocide rwandais, elle est néanmoins méconnue des Européens. Alors que les gouvernements français et belges sembleraient plus qu’impliqués dans les massacres au Rwanda (voir La fantaisie des dieux), cet album tombe donc à point nommé. De plus, il met en lumière le formidable travail du docteur Mukwenge – prix Nobel de la paix 2018 – qui répare les femmes mutilées et ou violentées.

Classique dans sa narration, parfois un peu trop bavard, Kivu est plaisant à la lecture. Tout est bien explicité dans cet album, notamment les rôles étonnants des humanitaires.

Pour accompagner Jean Van Hamme au dessin, c’est Christophe Simon qui a été choisi. Le dessinateur de la reprise de Corentin (déjà avec le même scénariste) convainc avec un style hyper-réaliste, même si cela enlève beaucoup de mouvements à ses personnages. Leurs postures semblent ainsi très figées.

  • Kivu
  • Scénariste : Jean Van Hamme
  • Dessinateur : Christophe Simon
  • Editeur : Le Lombard, collection Signé
  • Prix : 14.99€
  • Sortie : 14 septembre 2018

Résumé de l’éditeur : Ingénieur fraîchement diplômé, Stéphane travaille pour un puissant consortium industriel. Il se voit confier la négociation d’un important contrat au Congo. Sur place il découvre le règne du cynisme et de la corruption, dans des proportions qu’il n’aurait jamais pu imaginer. Son destin bascule définitivement quand sa route croise celle de Violette, une enfant congolaise traquée par un puissant chef rebelle.

Le champignon de fer

Lorsqu’un petit homme trouve une vis, il la prend pour un champignon argenté. Rune Markhus dévoile Le champignon de fer, une sympathique histoire sans texte à La joie de lire.

Un tout-petit homme se rend dans la forêt pour y ramasser des champignons, son plat favori. Alors que son sac est rempli, il aperçoit au loin un champignon brillant. Il s’en approche, le trouve beau, le cache comme un trésor et part chercher une brouette pour le ramener.

Dans le même temps, un robot géant a perdu une de ses vis. En effet, le petit-homme ne le sait pas mais son champignon argenté est sa vis…

Après les merveilleux Au pays des lignes & Chemin des souvenirs (Victor Hussenot), Alcibiade & Le monde des végétanimaux (Rémi Farnos) ou encore Tyrannosia (Adrien Thiot-Rader), la collection Somnambule de La joie de lire s’enrichit de ce sympathique album signé Rune Markhus.

Comme pour les précédents albums de ce label, le récit est sans texte et le découpage original car explosé. L’histoire de ce petit-homme s’entremêle avec celle du robot, en parallèle, même s’ils ne se rencontrent jamais.

L’auteur norvégien  – primé lors de la cérémonie norvégienne des Plus beaux albums de l’année 2012 – rend un somptueux hommage au Géant de fer, le long métrage animé de Brad Bird (1996). Son découpage est hyper cinématographique – il a travaillé dans le monde de l’animation –  comme le veut son histoire. Ses couleurs ocres et bleues sont magnifiques.

  • Le champignon de fer
  • Auteur : Rune Markhus
  • Editeur : La joie de lire, collection Somnambule
  • Prix : 10€
  • Parution : octobre 2018
  • IBAN : 9782889084425

Résumé de l’éditeur : Un drôle de petit personnage, passionné de champignons, trouve un jour dans la forêt une vis. Vis qu’il prend pour un champignon doré magnifique, un trésor inestimable. Cependant ce champignon est bien lourd. Il court chercher une brouette pour le transporter plus facilement. Mais dans cette forêt vit également un immense robot bien mal en point depuis qu’il a perdu une vis… Il part à sa recherche et surprend alors le petit bonhomme qui lui a « volé » son boulon. Une course-poursuite s’engage, mais bien vite le robot est distancé… Le trait humoristique et très cinématographique de Markhus Rune, les couleurs dans les tons ocre et bleu, feront voyager avec gourmandise les plus petits au coeur de cette forêt de bout du monde, sur les traces d’un petit personnage malicieux et très attachant.

Violette Morris, première comparution

Soupçonnée de collaboration avec les Allemands pendant la 2e Guerre mondiale, Violette Morris a été exécutée en avril 1944 à bord de son automobile. A-t-elle vraiment fait preuve d’intelligence avec l’ennemi ou est-ce pour autre chose qu’elle fut assassinée ? Kris, Bertrand Galic et Javi Rey dévoilent le premier volume de cette excellente série chez Futuropolis.

A peine la 2e guerre mondiale terminée que Lucie Blumenthal tente de comprendre pourquoi Violette Morris fut exécutée. Pour cela, elle se rend sur place à Evreux, assiste à l’excavation des corps et découvre médusée que c’est bien sa meilleure amie qui a été enterrée là sans artifice. Elle aurait subi l’assaut de résistants alors qu’elle conduisait sa voiture. A ses côtés, dans la fausse commune, on retrouve les corps de deux adolescents et d’un adulte.

Lucie se remémore alors ses années de pensionnat avec Violette, qui deviendra son aimée et surtout un grande championne de boxe. Ce vedettariat lui ouvrira les portes de l’occupant…

Après le formidable Un maillot pour l’Algérie, Kris et Bertrand Galic élaborent un nouveau scénario aussi intense et prenant que leur précédent ouvrage. Ils ont choisi de raconter le parcours étonnant de Violette Morris, une femme aux mille vies. Championne dans de nombreuses disciplines sportives (athlétisme, football, boxe ou course automobile), elle sera aussi chanteuse et amie de Joséphine Baker ou Jean Cocteau. Avec son apparence d’homme, elle ne passait pas inaperçue.

Dans cet excellent premier tome sur 4, ils mettent en scène Lucie – un personnage fictif – l’ancienne amante de Violette qui tente de démêler le vrai du faux. De suite, le lecteur connait leur liaison, laissant toute la place à l’histoire de Violette. C’est cet amour qui donne l’envie à Lucie de comprendre. L’adolescence et le début de la carrière dans la boxe sont ainsi dévoilés aux lecteurs. Son vedettariat ressemble en de nombreux points à Al Brown (homosexualité, boxe, danse, musique et Cocteau).

Le récit du duo de scénaristes est enlevé et prenant tel un excellent polar. Ce passionnant premier volet bénéficie de l’excellent travail de Javi Rey. Le dessinateur  de Un maillot pour l’Algérie et Intempérie nous charme par des planches lumineuses. Un découpage classique mais redoutablement efficace et un trait semi-réaliste achèvent de nous convaincre.

Violette Morris : le début prometteur d’une grande saga historique. Le portrait d’une femme hors-norme ! Passionnant !

  • Violette Morris à abattre par tous les moyens, Première comparution
  • Scénaristes : Kris et Bertrand Galic
  • Dessinateur : Javi Rey
  • Editeur : Futuropolis
  • Prix : 16€
  • Sortie : 11 octobre 2018

Résumé de l’éditeur : Violette Morris est l’une des sportives françaises les plus titrées de l’histoire. Une championne toutes catégories : boxe, natation, football, athlétisme, course automobile. Elle devint chanteuse de cabaret et égérie des années 30, amie de Jean Cocteau, de Joséphine Baker, de Brassaï… Voilà pour la légende. Une légende noire. Mais la réalité, quelle est-elle ? L’assassinat de cette  » femme à abattre par tous moyens  » ne cache-t-il pas autre chose ? Hors norme, sa personnalité est celle d’une femme impossible à enfermer en cases, son histoire est inouïe, son destin forcément tragique !

Le temps des amours

Le cycle « Les souvenirs d’enfance » de Marcel Pagnol s’achève avec Le temps des amours, une très jolie adaptation du livre du romancier provençal par Serge Scotto, Eric Stoffel et Morgann Tanco.

Encore tout jeune, Marcel est happé par la beauté et la prestance de Isabelle, une jeune adolescente croisée sur le chemin des Bellons après un acte héroïque contre des araignées.

Il découvre alors l’amour mais aussi une famille bourgeoise très libre et à l’esprit décalé. Cette fille lui fera vraiment faire n’importe quoi aux détriments de ses amis…

Si La gloire de mon père, Le château de ma mère, Topaze et Cigalon nous avaient plu, Le temps des amours semblerait être le plus sympathique et le plus drôle ! L’adaptation du roman de Marcel Pagnol paru en 1977 à titre posthume est très réussie. Serge Scotto et Eric Stoffel nous embarquent dans une histoire romanesque, une vraie romance chaleureuse et amusante. Même si le livre du romancier est inachevé, le duo de scénaristes parvient à nous tenir en haleine jusqu’à la fin. L’innocence et la servilité du jeune Marcel apportent énormément d’humour auxquelles on ajoutera les moqueries de Lili et son frère.

Comme les précédentes publications (3 des 4 albums du cycle Souvenirs d’enfance), le trait de Morgann Tanco est idéal pour restituer l’ambiance provençale et agréable du récit.

  • Le temps des amours
  • Scénaristes : Serge Scotto et Eric Stoffel, d’après le roman de Marcel Pagnol
  • Dessinateur : Morgann Tanco
  • Editeur : Grand Angle
  • Prix : 18.90€
  • Sortie : 14 novembre 2018

Résumé de l’éditeur : Le dernier tome des « Souvenirs d’enfance » de Marcel Pagnol adapté en BD. Marcel a déjà découvert les belles amitiés. Celle avec Lilli des Bellons dans ses chères collines et celles avec ses camarades du lycée Thiers de Marseille. Il lui reste à faire l’apprentissage de l’amour. D’abord avec Isabelle, la fille d’un poète fantasque et raté, une gamine à qui il cède tout et pour qui il est prêt à se ridiculiser. Puis avec la belle Clémentine, une jeune danseuse. Mais c’est aussi le moment pour Pagnol de faire la découverte de ce qui sera l’amour de sa vie : l’écriture.

Conquêtes : Islandia, colonisation glaciale

Notre avis : une bande dessinée d’anticipation très bien scénarisé avec des graphismes époustouflant, une série qui nous a déjà conquis avec ce premier tome, Islandia.

Dans la série Conquêtes, les lecteurs peuvent suivre 5 armadas de vaisseaux qui n’ont qu’un objectif, conquérir une exoplanète habitable rapidement. Ce besoin est urgent, car la Terre ne peut plus accueillir l’Humanité, qui doit se rabattre sur d’autres systèmes. Chaque album nous plonge sur chacune de ses exoplanètes, pas toujours accueillantes. Pour être bien accueilli, il faut cependant être un bon invité, ce que n’est pas l’Homme. Déjà peuplés de vies intelligentes, au lieu de cohabiter, les soldats envoyés en reconnaissance n’ont qu’une idée en tête, conquérir. Tous ? Non, car certains irréductibles tentent à combattre cette pratique.

Conquêtes : Islandia, se base sur une réalité. La Terre se meure et ne pourra pas accueillir beaucoup d’êtres humains encore très longtemps. La réponse au problème se trouve certainement dans les étoiles. Mais est-ce réellement le problème, ou le problème est-il plutôt un bipède qui se prétend intelligent ? C’est une ébauche de réponse qui est proposé dans cet album de Jean-Luc Istin (Orcs et Gobelins, Androïdes) et Zivorad Radivojevic (Alice Matheson, Cyber) aux éditions Soleil.

  • Conquêtes : Islandia
  • Scénariste : Jean-Luc Istin
  • Dessinateur : Zivorad Radivojevic
  • Editeur : Soleil
  • Parution : 12 septembre 2018
  • Prix : 16,95 €
  • ISBN : 9782302071308

Résumé de l’éditeur : L’Humanité est désormais composée de 5 colonies disposant d’une armada de vaisseaux qui sillonne l’espace vers 5 exoplanètes. Ces mondes, peuplés par des formes de vies intelligentes, impliquent un seul choix dicté par la survie : conquérir.

Green Valley : Sorciers, dragons et chevalerie

Notre avis : Des chevaliers, un monde fantastique et une quête insurmontable, Green Valley est un véritable petit bijou scénarisé par Max Landis et dessiné par Giuseppe Camuncoli.

Les Chevaliers de Kelodia sont réputés pour être les plus valeureux de leur contrée. Remportant mille batailles, ils semblent impossible à battre. Pourtant, un sorcier au cœur de la Vallée d’Emeraude va leur prouver le contraire. Malfaisant et accompagné par des dragons, ce sorcier va mettre en péril, dans bien des situations, nos courageux chevaliers, obligés de faire leur devoir et protéger le monde en anéantissant la menace que représente ce sorcier et ses terribles compagnons.

Max Landis scénarise cette fantastique épopée. Son père, John Landis a réalisé de nombreux films tel que Le Loup Garou de Londres, les Blues Brothers mais aussi le clip de Thriller de Michael Jackson. Né en 1985, Max va écrire très jeune des scénarios, a tel point que son premier script sera adapté à la télévision en 2005 par son père pour la série Les Maîtres de l’horreur.

Giuseppe Camuncoli est un dessinateur italien très productif. Travaillant pour Marvel Comics et DC Comics il a également illustré la série Lone Wolf, mais aussi quelques épisodes de Sam & Twitch.

Green Valley est à retrouver aux éditions Delcourt (Rat et les animaux moches, Mausart).

  • Green Valley
  • Scénariste : Max Landis
  • Dessinateur : Giuseppe Camuncoli
  • Editeur : Delcourt
  • Parution : 5 septembre 2018
  • Prix : 18,95 €
  • ISBN : 9782413002949

Résumé de l’éditeur : Les Chevaliers de Kelodia sont les plus grands et les plus valeureux de leur contrée. Mais avant ce jour, ils n’ont jamais eu à faire face au pouvoir qui réside au coeur de la Vallée d’Émeraude. Ils vont devoir reprendre du service et s’embarquer pour une aventure sans pareille : mettre fin aux agissements d’un sorcier malfaisant et anéantir ses dragons. Mais un instant… En réalité, les sorciers et les dragons, nous sommes bien d’accord que cela n’existe pas, n’est-ce pas ?…

The Lapins Crétins tome 11 : Wanted

Notre avis : Bwah bwah bwaaaah bwah bwaah bwah The Lapins Crétins bwah bwah bwaaaaaah !

Les Lapins Crétins se sont emparés de la rédaction un court instant pour leur arrivée dans les librairies du 11ème tome de leurs aventures : Wanted. Dans cet album, un scientifique diabolique, mais non moins Crétin, construit une machine qui vole les dernières pages des livres, albums de bande dessinée, journaux… Une invention faite par le mal incarné. Très vite, un Lapin détective va enquêter pour retrouver le scientifique, mais il a besoin de votre aide.

Le super-vilain s’est déguisé. Cependant un indice crucial est dissimulé dans les planches de gags qui suivent la péripétie rocambolesque du début de ce tome, et le détective va vous mettre à contribution pour retrouver le professeur avant que sa machine ne prive le monde de la meilleure partie des livres.

Ce nouvel album est très drôle, très bien conçu et ne manque pas d’humour dans toutes les cases pour le plus grand plaisir des jeunes et des moins jeunes. D’un Lapin qui veut boire un océan entier à un autre qui fait sa lessive sur le plateau du Loto, les gags sont multiples et rythment cette bande dessinée publiée par la maison d’édition d’Ubisoft, Les Deux Royaumes (Watch Dogs), scénarisée par Thitaume (tomes 8 et 9 des Lapins crétins & Balez et Malina) et mise en image par Thomas Priou (interview du dessinateur de Trappeurs de Rien).

  • The Lapins Crétins tome 11 : Wanted
  • Scénariste :Thitaume
  • Dessinateur : Thomas Priou
  • Éditeur : Les Deux Royaumes
  • Parution : 31 août 2018
  • Prix : 9,95 €
  • ISBN : 9782918771678

 

La boite à musique, tome 1

Une très jolie boîte à musique héritée de sa maman transporte Nola dans un monde parallèle. Carbone et Gijé imaginent  le premier volet de La boîte à musique, une très jolie saga fantastique jeunesse chez Dupuis.

C’est un jour particulier pour Nola : elle a 8 ans ! Alors que cela devrait être une journée de fête, la petite fille est triste. Seule avec son papa, elle est nostalgique du temps où sa maman était encore présente avec eux. Décédée d’une grave maladie trois mois auparavant, elle a légué une très jolie boîte à musique à sa fille.

Nola est alors surprise par un petit personnage à l’intérieur de cette boule à neige. Etonnant parce que la petite fille est vivante et qu’elle lui parle ! Pour rejoindre Andréa, Nola doit tourner une clef… La voilà projetée dans un monde parallèle appelé Pendorient. Cette étonnante habitante de cet univers féérique l’emmène chez elle et demande à Nola de soigner les maux de ventre de sa mère. Il faut dire que la propre maman de Nola – qui venait souvent à Pendorient – était une grande connaisseuse des plantes…

Dans la veine de Harry Potter, Narnia, A la croisée des mondes ou encore Alice au pays des merveilles, La boîte à musique séduit les jeunes lecteurs par un dynamisme, une fraicheur et un fond intelligent. Le récit fantastique de Carbone repose sur un monde féérique, délicat et poétique. Il y a de la douceur et beaucoup de chaleur dans cette jolie histoire. Professeur des écoles, la scénariste de Le pass’temps (avec Ariane Delrieu) imagine de nombreux personnages sympathiques (les Percecoeurs, Octopodus…) qui enrichissent à merveille ce monde parallèle.

Quelques secrets et rebondissements sont distillés dans ce premier volume très prometteur. de plus, les dangers sont proches de la petite humaine. Les questions autour de la maman de Nola sont nombreuses : Comment a-t-elle découvert Pendorient ? Pourquoi aidait-elle ses habitants ?

Le lecteur est charmé par la superbe partie graphique de Gijé. Le jeune auteur belge, dont c’est la première série en bande dessinée, réalise de magnifiques planches aux couleurs chatoyantes. Venu de l’univers de l’illustration et du jeu vidéo, cela se ressent dans le dynamisme de ses personnages. Il laisse libre cours à son imagination sur le bestiaire et les personnages inventés par Carbone.

Ce premier volume de La boîte à musique est enthousiasmant. En espérant qu’il en soit de même pour le deuxième volet de cette belle saga fantastique.

  • La boîte à musique, tome 1 : Bienvenue à Pendorient
  • Scénariste : Carbone
  • Dessinateur : Gijé
  • Editeur : Dunod
  • Prix : 12.50€
  • Parution : 28 janvier 2018
  • IBAN : 9782800173191

Résumé de l’éditeur : Pour son huitième anniversaire, Nola, petite fille espiègle, reçoit de la part de son père Martin la boîte à musique de sa mère, Annah, récemment décédée. Cette boîte est un symbole pour la petite fille, mais très vite, la fillette croit voir des signes de vie à l’intérieur. Oui, elle ne rêve pas : quelqu’un lui fait signe et lui demande de l’aide. Dès lors, en suivant les instructions d’Andréa, la fille de la boîte à musique, Nola rapetisse, entre dans la boîte et découvre le monde de Pandorient, un monde incroyable… Le temps presse cependant, car Mathilda, la mère d’Andréa et de son frère Igor, est gravement malade… Que lui arrive-t-il ? Aurait-elle été empoisonnée ? L’eau serait-elle contaminée ? Rapidement, les soupçons se confirment. En urgence, les enfants vont s’occuper de Mathilda puis remonter la piste du pollueur sans vergogne… avant que Nola ne regagne sa vie dans son monde, aux côtés de son père. À moins que tout cela ne fût qu’un rêve… ou pas ! Magie, mystères et merveilleux : la boîte à musique de Carbone et Gijé recèle mille mélodies ! Suivez Nola dans ce nouveau monde fantastique et plongez avec elle dans un univers tout en poésie et en aventures. Pandorient vous attend…