La couleur tombée du ciel

Après le succès des montagnes hallucinées  et de Dans l’abîme du temps qui a remporté le prix de la série 2020 à Angoulème, Gou Tanabe continue ses adaptations des chefs-d’oeuvre de H.P. Lovecraft avec La couleur tombée du ciel  toujours éditée chez Ki-oon.

Un projet de barrage va mettre sous l’eau toute une vallée américaine. Le responsable du projet est chargé d’effectuer les derniers relevés dans cette vallée maudite et désertée. Plus personne n’ose vivre ici. Plus personne sauf Mr Pierce le dernier habitant de cette zone où rien ne pousse et où le sol est orné d’une fine poussière de cendre grise.

Étrangement Mr Pierce se réjouit que cette vallée et que son habitation soient englouties à jamais par les eaux. Il commence alors à raconter l’histoire de cette terre et de cette mystérieuse météorite.

Un jour.. une mystérieuse météorite s’abat sur ce secteur où vivent les Pierce et les Gardner. Cette nouvelle génère une grande effervescence dans cette zone généralement calme. De nombreux scientifiques s’y précipitent et mènent des analyses mais au bout de plusieurs jours, la météorite implose…

Que s’est-il passé? Et que va-t-il se passer?

A partir de ce jour, la faune et la flore commencent à s’altérer. Des phénomènes étranges se multiplient et la famille Gardner sombre de manière inquiétante…

Cette lecture est passionnante. Gou Tanabe adapte avec brio les œuvres de Howard Phillips Lovecraft connu et reconnu comme un des maîtres du fantastique et de l’horreur.

Le lecteur est happé par le récit de plus en plus sombre et inquiétant. Gou Tanabe, avec son dessin réaliste et très sombre, nous implique profondément dans cette histoire où les forces de l’univers nous envoient un message lumineux de destruction.

  • La couleur tombée du ciel
  • Auteur : Gou Tanabe d’après l’œuvre de Lovecraft
  • Editeur : Ki Oon
  • Parution : 05 mars 2020
  • Prix : 15 €
  • ISBN : 9791032705940

Résumé de l’éditeur : C’est la chute d’une météorite qui serait à l’origine des étranges phénomènes qui agitent la Lande Foudroyée dans la région d’Arkham. Depuis, c’est la nuit que cette énigmatique couleur se propage lentement, souillant tout ce qui l’entoure : d’abord la flore, puis la faune jusqu’à l’homme, ne laissant derrière elle qu’abomination et putréfaction…

Tous les albums

Les anges d’Auschwitz

Et si le commandant nazi d’Auschwitz était déstabilisé par une histoire d’anges ? C’est le coeur d’album Les anges d’Auschwitz, un récit poignant de Stephen Desberg et Emilio van der Zuiden.

Varsovie, Pologne. David grandit dans une famille bienveillante. Son père aime à lui raconter des histoires d’anges. A 18 ans, il rencontre Hanna. Ils veulent se marier mais un drame va les séparer. Les Allemands ont envahi la Pologne et mettent en place des lois raciales. Des soldats viennent les arrêter. Le père de David est abattu. Ils sont emmenés dans le Ghetto de la ville puis transférés par les trains à bestiaux vers Auschwitz et son camp de la mort.

Séparé des siens et d’Hanna, il espère grâce à sa croyance aux anges. L’Oberstumpführer Karsten dirige d’une main de fer le camp de concentration. Les humiliations et les morts se multiplient de jour en jour. Mais David semble intéresser le commandant. Il est intrigué par la vision du jeune juif sur les anges…

Des milliers d’albums de bande dessinée ont déjà abordé le thème de la Seconde guerre mondiale et des centaines, les camps de concentration. Il est donc toujours extrêmement délicat de s’y pencher. Mais, voilà, il s’agit de Stephen Desberg, le très grand scénariste ! Et pour cela, il a choisi de le raconter de manière subtile par la thématique des anges gardiens.

Alors qu’officiellement le régime nazi honnissait la religion, l’Eglise catholique et l’Eglise protestante ne se sont jamais mises en travers de la folie destructrice d’Hitler. Parfois même pour imposer sa stature de chef, il n’hésitera pas à utiliser des méthodes et des symboles chrétiens (ils sont détournés mais le fond est là). Donc les anges, qui sont avant tout issus de rites païens puis récupérés par la christianisme, sont une ouverture intelligente pour parler de camps de la mort.

Cette croyance déstabilise au plus haut point Karsten. A cause de David, le camp bruisse et cette lueur d’espoir est intolérable aux yeux du commandant. Il y a donc une connotation spirituelle voire philosophique dans le récit du scénariste de Billy the cat.

L’horreur, les morts et la souffrance sont superbement mis en image par Emilio van der Zuiden. Les visages de ses personnages sont d’une grande expressivité. Le trait est sobre et le découpage efficace, pour laisser un maximum d’espace au récit et à l’émotion.

Les anges d’Auschwitz : un album fort, dur et interrogateur. Une belle surprise !

  • Les anges d’Auschwitz
  • Scénariste : Stephen Desberg
  • Dessinateur : Emilio van der Zuiden
  • Éditeur : Paquet
  • Prix : 17 €
  • Parution : 12 février 2020
  • ISBN : 9782888909781

Résumé de l’éditeur : La vie s’écoulait paisiblement à Varsovie en cet hiver 1929. Une famille heureuse, loin de se douter que cette paix ne durera pas longtemps. 1939, l’invasion allemande. Les juifs sont conduits dans le ghetto, première étape avant les camps… Auschwitz, l’horreur. Alors si un ange se présente à vous, il ne faut pas le laisser s’envoler. Elle s’appelait Hannah, et ce fut mon ange. Mais que peut un ange face à la barbarie, à l’indicible, au pire… Auschwitz aujourd’hui, c’est un silence qui hurle. Un silence pour nous laisser imaginer l’écho de l’horreur, la mémoire des cris et des prières. Parmi les portraits du souvenir, celui de David. Le regard de la douleur, mais aussi de l’espoir. La volonté de ne pas avoir été abandonné, de ne pas lâcher prise. Car même au coeur de l’inhumanité, les anges ne peuvent jamais être loin. Et celui qui pleure n’est pas toujours celui qui souffre le plus…

Les enfants de la résistance, tome 6 : Désobéir

Le Service du travail obligatoire est au cœur du nouvel opus de la série Les enfants de la résistance signée Vincent Dugomier et Benoît Ers. Encore un merveilleux tome ! Passionnant et accrocheur !

Que dire de plus que nous n’ayons dit sur Les enfants de la résistance ? Nous n’avons plus d’adjectifs pour qualifier ce qui restera dans le monde du 9e art comme la série jeunesse référence sur la Seconde guerre mondiale.

Beau, trop faible. Intelligent, un euphémisme. D’une grande justesse historique, trop lisse. Nous pensions avoir atteint le summum avec les cinq précédents volumes, c’était sans compter sur l’imagination fertile du duo Ers et Dugomier.

Si les journalistes et la critique saluent Les enfants de la résistance, le public plébiscite la série (Prix des collégiens à Angoulême en 2016 notamment). Le succès est mérité et se compte par milliers d’albums vendus : 500 000 exemplaires depuis la sortie du premier tome en 2015. Pour la seule année 2019, 230 000 albums vendus (dont 60 000 du premier volume !). Attention, c’est vertigineux, il s’en vend 5 000 en moyenne chaque semaine ! Cela pourrait faire tourner la tête des auteurs mais non, ils ne se reposent jamais sur leurs lauriers.

Il faut souligner que Dugomier et Ers se connaissent depuis très longtemps. Ils ont œuvré sur la merveilleuse série Muriel et Boulon (6 albums entre 1995 et 2001) mais également sur Les démons d’Alexia (7 albums de 2004 à 2011) et Hell School (3 albums de 2013 à 2014). Bref, un duo qui s’apprécie et cela se ressent dans leur travail.

Pour ce sixième opus des Enfants de la résistance, les jeunes lecteurs retrouvent François, Lisa et Eusèbe, le cerveau du réseau Le lynx à Pontain-L’écluse. La jeune adolescente est paniquée : l’Allemagne a déclaré la Guerre totale, une guerre éclair et dévastatrice. Avec cette annonce, le conflit entre dans une phase encore plus terrible. Il faut dire que les Nazis ont subi un lourd revers à Stalingrad en 1943. Les Russes les ont fait plié, aux prix d’un très grand nombre de morts.

Pire, le village est secoué par le recensement pour le Service du travail obligatoire. Le trio ne laissera pas partir les jeunes hommes pour l’Allemagne…

Les enfants de la résistance : une magnifique série grand public sur la période de l’Occupation allemande en France pendant la Seconde guerre mondiale. Six albums à posséder dans sa bédéthèque !

  • Les enfants de la résistance, tome 6 : Désobéir
  • Scénariste : Vincent Dugomier
  • Dessinateur : Benoit Ers
  • Éditeur : Le Lombard
  • Prix : 10.95 €
  • Parution : 24 janvier 2020
  • ISBN : 9782803675579

Résumé de l’éditeur : L’Allemagne a décidé de faire venir de force des travailleurs français pour faire tourner ses usines. Le STO est instauré. François, Lisa et Eusèbe décident d’aider les récalcitrants à fuir. Mais les autorités ont aussi créé la Milice française et c’est une menace supplémentaire qui se profile pour tous les résistants…

 

Stop Work

Cadre à l’ancienne, Fabrice adore son métier mais l’arrivée d’une nouvelle cheffe de service le rend fou. Jacky Schwartzmann et Morgan Navarro dévoilent Stop Work, un album incisif sur le monde de l’entreprise aux éditons Dargaud.

Rondelles SA. Comme tous les jours, Fabrice Couturier s’y rend pour y travailler. Cadre aux services des achats, il adore son entreprise et aime plaire à Guillaume, le grand patron, ce qui agace ses collègues. A peine arrivé, il se voit confié Hugo, stagiaire de 3e.

Il lui présente Pierre et Sarah, une angoissée de la vie, avec qui il travaille. Il poursuit la visite au local CGT. Fabrice donne la mission à Hugo de photocopier des archives.

Chez lui ce n’est pas mieux, sa femme s’éloigne de lui. Il préfère regarder des vidéos porno sur son ordinateur. Sa fille Lili est une adolescente en rébellion qui adore taguer les murs de son lycée. Il a aussi un autre enfant : Thibault.

Son métier change du tout au tout depuis quelques temps. Lui qui n’aime que négocier avec les fournisseurs se voit chaperonner par une nouvelle cheffe de service. Il aurait aimé avoir le poste, il faudra qu’il attende encore un peu. Mais, ce qui l’énerve le plus ce sont les nouvelles normes d’hygiène et de sécurité…

Ce portrait caustique et cynique de l’entreprise des années 2010 est assez drôle. Jacky Schwartzmann imagine le quotidien de ce cadre quinquagénaire dans un monde professionnel en pleine évolution. Cadre à l’ancienne, il est dépassé par les nouvelles normes, mais aussi les nouvelles formes de management. Le scénariste s’en donne à cœur joie pour fustiger tout cela. Des « presque accidents » aux formations pour descendre un escalier, tout y est.

Habile observateur, Jacky Schwartzmann possède un œil aiguisé sur l’entreprise. L’open-space n’a plus de secret pour lui. L’absurdité des taches et des nouvelles normes font son bonheur. Il invente une galerie de personnages très typés mais bien campés. Et si la révolution venait de l’ancien monde ?

Pour l’accompagner sur Stop Work, l’auteur a fait appel à Morgan Navarro pour le dessin. Découvert par son blog Ma vie de réac hébergé par Le Monde (adapté en bande dessinée par Dargaud), le dessinateur réalise des planches d’une belle lisibilité par un trait ligne-claire et des grands aplats pour les couleurs.

  • Stop Work
  • Scénariste : Jacky Schwartzmann
  • Dessinateur : Morgan Navarro
  • Éditeur : Dargaud
  • Prix : 18 €
  • Parution : 20 mars 2020
  • ISBN : 9782205082005

Résumé de l’éditeur : Acheteur et cadre « à l’ancienne », Fabrice adore son travail. Il attend impatiemment une promotion, qui, patatras, lui passe sous le nez. Aigri, il est de plus en plus insupporté par les nouvelles règles de conduite dans l’entreprise, dictées par l’EHS : Environnement, Hygiène et Sécurité, le service qui forme les employés à descendre des escaliers sans se casser le sacrum ou encore à manipuler des feuilles de papiers sans s’ouvrir les veines. Mais dans cette absurdité, Fabrice voit soudain une manière de se venger et de sabrer le fonctionnement de son entreprise…

La vague gelée

Surfeur, Nicolas tente de maîtriser ses démons lors d’une manche de championnat. EMG dévoile son récit dans La vague gelée, un album Tanibis.

San Telmo. Nicolas Marlin est en lice pour un ride de championnat de surf. Orphelin, il n’a plus de famille depuis une brouille avec son grand-père, Robert. Peu importe, ce qui le motive se sont les vagues, la glisse et se retrouver devant Alexei, son rival au classement.

Mais, comme souvent lors de cette manche, Nicolas n’aime pas surfer à San Telmo. C’est à cette endroit que son père, lui aussi surfeur, serait décédé. Après un ride catastrophique, il découvre son grand-père sur la plage…

Voilà, une bande dessinée surprenante d’un point de vue graphique. Énormément pixelisée comme les jeux vidéo d’arcade des années 90, elle peut rebuter certains lecteurs plus classiques. Tout est carré dans La vague gelée : les personnages, les décors jusqu’aux dialogues. D’ailleurs, c’est peut être l’un des reproches que l’on peut lui faire : ce manque de clarté dans la lecture des textes. Sinon, ce parti-pris graphique fort est plutôt plaisant.

Né en 1983 à Paris, EMG suit des études d’architecture avant de se lancer dans la bande dessinée. En 2009, il crée le fanzine Néant horizon et trois ans plus tard édite son premier album Tremblez enfance Z46. Passionné de mondes virtuels, il imagine La vague gelée dans cet univers.

L’histoire est simple. C’est celle d’un tout jeune majeur, surfeur, qui tente de se construire seul par son sport. S’il a une petite amie, il n’a plus de famille. Cette vague est une allégorie de sa vie : haute, dure à contourner mais avec toujours une envie de se dépasser. L’arrivée de Robert, son grand-père, va bouleverser sa vie.

Si l’on est conquis par une première partie très familiale et très humaine, la fin est moins accrocheuse. La faute à un récit qui glisse vers du fantastique et de la science-fiction moins maîtrisé et maladroitement amené dans l’histoire.

  • La vague gelée
  • Auteur : EMG
  • Éditeur : Tanibis
  • Prix : 18 €
  • Parution : 06 mars 2020
  • ISBN : 9782848410555

Résumé de l’éditeur : La participation de Nicolas Marlin, un surfeur professionnel, au concours de San Telmo a été catastrophique. Non seulement les conditions étaient désastreuses, mais en plus ce grand-père autoritaire qu’il déteste tant a reparu après des années d’absence. Une vague hors du commun lui donne cependant l’occasion de se replonger dans sa mémoire et d’affronter les angoisses qu’il cachait.

Ratafia Délirium, tome 1

Quand l’équipage du Kouklamou se retrouve envoyé aux confins de l’espace, cela donne Ratafia délirium, un nouveau arc narratif de la série humoristique de Nicolas Pothier et Frédérik Salsedo. Enthousiasmant !

Après huit tomes à voguer sur les mers, Ratafia s’offre une navigation interplanétaire avec ce Ratafia Délirium. Aussi dingue et drôle que la série-mère, elle embarque les lecteurs dans un space opéra déjanté et fou. Pour ce spin-off, Nicolas Pothier retrouve son comparse des débuts de Ratafia, Frédérik Salsedo – c’est Johan Pilet qui dessine désormais la série – et cela fait des étincelles.

Le capitaine du Kouklamoon demande à son équipage de trouver l’eau de jouvence. Pour cela, ils font escale sur une planète. Là, Gaspard est sommé de boire dans un calice. Et l’on peut dire qu’il le boit tout de go et jusqu’à la lie, puisqu’il contracte alors une étrange maladie qui le rend tout blanc, tel un zombie…

Nous sommes toujours enthousiastes à la lecture d’un Ratafia. Nicolas Pothier sait y faire pour embarquer son lectorat sur les chemins de l’humour et de l’aventure. C’est toujours aussi tordant et jouissif. La faute à son imagination débordante et son esprit tortueux. Tels de bons albums d’Astérix ou de Trolls de Troy, le scénariste ne s’interdit rien et c’est pour cela qu’on l’aime. Il n’hésite pas à faire de grands détours juste pour un bon jeu de mots ni mettre ses personnages dans une panade interstellaire. Tout y est : les références, les clins d’œil et autres hommages aux maîtres de la bande dessinée (Moebius, Leji Matsumoto…), à la littérature, au cinéma (Robocop, Star Wars…) ou aux séries (Walking Dead). Oui, cet album est pop et il fait « pop » !

Et en plus, ce diable de Nicolas Pothier avait anticipé le coronavirus, puisque dans Ratafia Délirium, il parle de pandémie ou de laboratoires privés qui se gavent. Aidé aux couleurs par Sylvain Lauprêtre, Frédérik Salsedo se régale. Il réalise des planches sympathiques grâce à son trait humoristique qui convient parfaitement à la folie du récit.

Ratafia Délirium : vous reprendrez bien un peu de folie en ces temps de confinement ! On aime, on recommande !

  • Ratafia Délirium, tome 1 : Le mal blanc
  • Scénariste : Nicolas Pothier
  • Dessinateur : Frédérik Salsedo
  • Coloriste : Sylvain Lauprêtre
  • Éditeur : Vents d’Ouest
  • Prix : 11.50 €
  • Parution : 08 janvier 2020
  • ISBN : 9782749308661

Résumé de l’éditeur : Dans l’espace, tout le monde vous entendra rire… Après un sidérant voyage intersidéral, l’équipage du Kouklamoon se retrouve sur une petite planète sans nom, mystérieuse, sauvage et entièrement recouverte d’océans, d’où émerge un petit archipel sans nom au milieu duquel une petite île sans nom cache une petite source sans nom. L’eau qui coule de cette petite source sans nom aurait en revanche un petit nom : l’eau de jouvence. En effet, selon certaines sources (qu’on se gardera ici de nommer), cette eau donnerait, à celui qui la boit, la jeunesse éternelle ! Bien entendu, cette petite planète sans nom est aussi une planète sans visiteurs, car qui, dans toute la galaxie, serait assez stupide pour croire à ces gnoleries ? Les pirates fétiches de Nicolas Pothier et Frédérik Salsedo partent pour une nouvelle aventure hilarante… aux confins de la galaxie ! Pour l’occasion, c’est Frédérik Salsedo, le dessinateur originel de la série régulière Ratafia (désormais dessinée par Johan Pilet), qui reprend les commandes de ce spin-off. Ratafia Delirium, ou quand l’humour d’Astérix rencontre le monde sans limite de Star Wars

 

Y a pas photo !

Les éditions Les échappés dévoilent Y a pas photo ! un recueil de dessins de presse de l’immense Philippe Vuillemin. Amusant !

Né en 1958 à Marseille, Philippe Vuillemin est sans aucun doute l’un des meilleurs dessinateurs de presse français. Après L’écho des savanes – qu’il rejoint dès 1977 – Hara Kiri ou Charlie Mensuel, il est de retour dans les pages du journal Charlie Hebdo depuis 2015. C’est là qu’il peut faire briller son talent en illustrant « Les entretiens » une rubrique de l’hebdomadaire. Y a pas photo ! regroupe ainsi les dessins de celle-ci réalisés entre son arrivée et 2018.

Sans bouger de son canapé, il met en image tous les sujets de société abordés dans Les entretiens : la politique, la géopolitique, l’écologie, la santé, la religion ou la presse. Il illustre aussi la rubrique Ils ont marqué l’Histoire avec une grande H contant les pires bouchers à travers les époques, tel Tchapaïev, Gengis Kahn, Hernan Cortès, Turreau, ou Thomas-Robert Bugeaud. Il fait de même avec Les classiques de la littérature comme Moby Dick, Guerre et Paix, Le petit prince ou A la recherche du temps perdu.

L’humour est  caustique, grinçant et cynique comme sait si bien le manier Vuillemin. On aime toujours autant son trait gras et brouillon dans les pas de Reiser.

Y a pas photo ! pour revenir sur des moments importants de ces cinq dernières années sous le prisme de Vuillemin !

  • Y a pas photo
  • Auteur : Philippe Vuillemin
  • Éditeur : Les échappés
  • Prix : 19.50 €
  • Parution : 19 septembre 2019
  • ISBN : 9782357661646

Résumé de l’éditeur :  Après plusieurs années d’absence en librairie, Vuillemin revient pour notre plus grand plaisir. Dans ce recueil, on trouvera plus de 100 dessins pleine-page du plus incorrigible des dessinateurs de la «bande à Charlie». L’humour dévasteur et le mauvais goût le plus jouissif sont à portée de main !

La voie du tablier 3

Après un tome 2 enchanteur, Kousuke Oono dévoile le troisième opus de La voie du tablier, l’excellent manga aux éditions Kana.

Les lecteurs continuent de suivre les aventures très drôles de Tatsu, l’ex-yakusa devenu homme au foyer. Celui qui se faisait appeler l’Immortel, ne l’est plus aux yeux de la mafia mais l’est aujourd’hui à ceux de sa compagne. Il est le roi de petits plats et des desserts.

Kousuke Oono sait y faire pour nous faire passer un excellent moment. Tout est génialement drôle dans les petites saynètes. Chaque chapitre est un petit moment de bonheur et de rigolade. Il faut souligner que le mangaka imagine des situations cocasses et très décalées pour l’ancien yakuza.

On le retrouve à quatre pattes essayant de terrasser un cafard, déguisé en père noël pour les enfants du quartier, en amant attentionnée pour le bien-être de sa petite amie, en serveur zélé ou en sauveur de four pour son copain. Tout est là pour nous faire rire. On y ajoute des chiens et un ex-mafiosa et l’on obtient encore un excellent opus.

S’il n’y avait que les histoires, mais il y a aussi la partie graphique. Le dessin de La voie du tablier est extrêmement bien maîtrisé. Les élans de folie de Tatsu sont aussi très forts. Le trait apporte aussi son lot d’humour.

Encore un volume épatant et drôle de La voie du tablier !

  • La voie du tablier, volume
  • Auteur : Kousuke Oono
  • Éditeur : Kana, collection Big Kana
  • Prix : 7.45 €
  • Parution : 14 février 2020
  • ISBN : 9782505076711

Résumé de l’éditeur : Depuis son mariage, Tatsu l’immortel mène une vie d’homme au foyer. Il était le plus terrible des yakuzas. Afin d’offrir un cadeau à son épouse, il va travailler à mi-temps pour la première fois dans sa vie !!

Vent mongol

L’auteur chinois Lu Ming se dévoile dans Vent mongol, un très bel artbook de ses illustrations et autres planches de bande dessinée édité par Mosquito.

Né en 1984, Lu Ming est un illustrateur talentueux. Après avoir suivi des cours à l’Académie centrale des beaux-arts de Chine, il débute sa carrière professionnelle en 1999 avec la publication Mélodie d’enfer (édité en France par Mosuito en 2014). Peintre amateur, il travaille aussi sur des films de son ami Tsui Hark (il fera l’adaptation dessinée du long métrage Seven Swords). Grapheur, il réalise aussi des films d’animation indépendants et travaille aussi dans la publicité.

Dans Vent mongol, les lecteurs découvrent toute la force et la maîtrise graphique de son dessin. Il produit tour à tour des illustrations de soldats, des scènes de science-fiction ou de foule dans un concert (pour Mélodie d’enfer), mais également des décors pour des histoires narrant des légendes chinoises. Il crée aussi des planches avec Bruce Lee pour son album L’âme du dragon. On le découvre aussi sculpteur. Son soldat ira jusqu’au festival de Burning Man dans le Nevada en 2018. Il devient ainsi le premier artiste chinois à s’y produire.

  • Vent mongol
  • Auteur : Lu Ming
  • Éditeur : Mosquito
  • Prix : 20 €
  • Parution : 07 février 2020
  • ISBN : 9782352835349

Résumé de l’éditeur : Lu Ming dessinateur virtuose ouvre ses archives, bande dessinée, illustration, publicité, cinéma…

Lune & Merlin

A la recherche d’une chèvre disparue, Lune & Merlin se retrouvent dans un monde magique. Johan Troïanowski dévoile leur histoire dans un bel album aux éditions Makaka.

Après Rouge, l’île des gribouilleurs, Johan Troïanowski poursuit son petit bonhomme de chemin dans l’univers fantastique jeunesse avec Lune & Merlin. Comme pour son précédent album, il met en scène une petite fille forte, curieuse et brave. Dès la première planche, Lune rencontre Merlin, un petit berger ayant perdu Biquette, sa chèvre. La fillette lui explique qu’elle va l’aider car elle est détective, comme son papa.

Mais voilà, Biquette n’est pas une chèvre comme les autres, elle est invisible. Peu importe, Lune tient une piste qui mène dans Le trou du diable. Si le petit garçon a un peur, ce n’est pas le cas de la jeune fille. Elle fonce et entraine son compagnon vers un monde magique…

Tout de suite, le jeune lecteur est absorbé par la beauté des planches de Johan Troïanowski. Dans la même veine que ses précédentes publications, il enchante nos pupilles. C’est très coloré, c’est très vivant et c’est beau ! Ses personnages sont agréables à l’œil, très expressifs et attachants.

Il imagine un très jolie quête initiatique où l’amitié se mêle à la magie. Même les créatures fantastiques méchantes ne sont jamais très effrayantes. Les champignons qui poussent sur le corps ou les eaux – nombreuses dans l’album – nous ravissent.

En quatre albums de bande dessiné et plusieurs livres illustrés, Johan Troïanowski s’est inventé un univers singulier, très plaisant et fort intéressant. C’est indéniablement un auteur à suivre.

  • Lune & Merlin, détectives des collines
  • Auteur : Johan Troïanowski
  • Éditeur : Makaka
  • Prix : 17 €
  • Parution : 16 mars 2020
  • ISBN : 9782367961095

Résumé de l’éditeur : Lune et Merlin, parés dun bâton magique et de leur apparat de détectives, partent à la recherche dune petite chèvre invisible, disparue au coeur des collines chatoyantes. Mais bientôt, nos amis devront aider les habitants de contrées fabuleuses… De grandes peurs en belles rencontres, ils vivront des aventures fantastiques, peuplées de sorcières, de gobelins, de mandragores, et de créatures extraordinaires.

Le vieux docteur

Les éditions Soleil dévoilent Le vieux docteur, la biographie dessinée de A.T Still, le père de l’ostéopathie, signée Stéphane Piatzszek et Benoît Blary.

Tout d’abord, lorsque le lecteur ouvre l’album, il est impressionné par les planches de Benoît Blary. Elles sont toutes somptueuses. Le dessinateur réalise des pages à l’aquarelle d’une telle intensité que cela subjugue. Il suffit de se pencher sur les visages de ses personnages pour en être convaincu. Les regards sont forts et d’une grande expressivité. Toutes les émotions passent par ce canal. Il est dans la même veine que ses dernières parutions Le bruit de la machine à écrire ou Legio Nostra. Depuis 2010 et en une quinzaine d’albums, il a su développer un univers propre, un petit monde de couleurs éclatant.

Quant à l’histoire, si parfois elle manque de rythme et peut sembler longue, elle est néanmoins passionnante. Stéphane Piatzszek raconte l’histoire méconnue d’Andrew Taylor Still, considéré comme le père de l’ostéopathie. Le scénariste d’Une famille en guerre nous emmène au fin fond du Missouri en 1830. Ce docteur iconoclaste, en dehors de la médecine de l’époque traditionnelle – mal vu de ses pairs – se fait rapidement une réputation – qui ira au-delà de cet état – par un mélange de techniques. Il touche, il n’utilise aucun instrument, sent le squelette sous ses doigts et replace les os par pression. Il impose ses mains pour ressentir les flux internes. C’est surprenant et complétement hors du temps à l’époque. Le parcours est long et semé d’embûches mais il fait rapidement des adeptes et forme des disciples dans son école. Éclairant !

  • Le vieux docteur, A.T. Still, pionnier de l’ostéopathie
  • Scénariste : Stéphane Piatzszek
  • Dessinateur : Benoît Blary
  • Éditeur : Soleil, collection Quadrants
  • Prix : 16.95 €
  • Parution : 11 mars 2020
  • ISBN : 9782302081796

Résumé de l’éditeur : Andrew Taylor Still, intelligent et déterminé, embrasse la même carrière que son père, dans une Amérique frustre où la médecine consiste à soulager le patient avec de l’alcool. À force d’observations et d’études notamment avec les indiens, il imagine une pratique centrée sur le squelette car des os bien en place permettent aux fluides de circuler et ainsi le corps comme l’esprit s’en portent mieux.

Les artilleuses, tome 1

Trois voleuses haute-en-couleur exercent leurs talents dans un Paris alternatif. Leurs exploits sont contés dans Les artilleuses, la nouvelle série Drakoo signée Pierre Pevel et Etienne Willem.

Cette nouveau saga d’aventure se base sur l’univers Le Paris des merveilles, un monde imaginé par Pierre Pevel. Le romancier français a développé Paris au début du XXe siècle, entre steampunk et magie. Si Les artilleuses sont issues de cet univers, elles n’en sont pas une adaptation du roman; c’est une histoire inédite mais en bande dessinée.

Paris, 1911, agence de la Banque de Paris et Brocéliande. La fermeture arrivant, les employés vont pouvoir partir. C’était sans compter sur Les artilleuses – Lady Remington, Mam’zelle Gatling et Miss Winchester – prêtes à cambrioler l’établissement. De la TNT sur la porte de la chambre forte et elles peuvent ensuite y pénétrer. Elles raflent une grande partie du coffre et fuient par l’arrière de la banque.

Pour se faire oublier, elles logent chez Hugo Barillet, un complice. Elles sont contentes de leur butin mais surtout de la  sigillaire emportée dans le vol…

Ce qui nous marque tout de suite dans Les artilleuses, c’est sa partie graphique. On aime le travail d’Etienne Willem. Son trait semi-réaliste, tout en rondeur et un peu humoristique est idéal pour cette série. Comme pour sa précédente publication, La fille de l’exposition universelle, son dessin fait mouche. Son bestiaire et ses créatures magiques sont aussi très beaux. Aidé aux couleurs par Tanja Wenish, il réalise de très jolies planches, pleines de vie et de mouvements. En plus, il a un vrai sens de composition de ses couvertures. L’entremêlement des décors et des trois héroïnes est très agréable à l’œil.

L’histoire, quant à elle, est simple et bien ficelée. Pierre Pevel sait tenir en haleine son lectorat. Ce n’est pas révolutionnaire dans ce genre mais c’est sympathique à lire.

Les artilleuses : très bon premier volume pour cette saga d’aventure grand public.

  • Les artilleuses, tome 1 : Le vol de la sigillaire
  • Scénariste : Pierre Pevel
  • Dessinateur : Etienne Willem
  • Coloriste : Tanja Wenish
  • Éditeur : Drakoo
  • Prix : 14 €
  • Parution : 04 mars 2020
  • ISBN : 9782490735006

Résumé de l’éditeur : Si rien n’explose, c’est qu’elles se sont trompées quelque part. Nous sommes en 1911, dans le Paris des Merveilles où vivent des fées, des enchanteurs, des gnomes et même quelques dragons. Les Artilleuses font peut-être leur dernier coup : le vol d’une mystérieuse relique – la Sigillaire – vaut a Lady Remington, Miss Winchester et Mam’zelle Gatling d’être pourchassées non seulement par les Brigades du Tigre, mais également par les redoutables services secrets du Kaiser…