Julio Biscoto, tomes 1 et 2

Julio Biscoto fait partie d’une famille de lutteurs mexicains. Il vit des aventures sympathiques et drôles dans une série portant son nom, signée Tony Emeriau et Mickaël Roux aux éditions Monsieur Pop Corn.

Dans le premier volume paru en avril dernier, les jeunes lecteurs (à partir de 7 ans), faisaient la connaissance avec Julio, amateur de lucha libre, catch mexicain. Ce matin-là est particulier puisque c’est le Jour des morts, fête populaire mexicaine. A peine le petit déjeuner avalé qu’il quitte précipitamment sa roulotte pour rejoindre Pablito, son ami-squelette. Le pauvre a perdu Ablito, son petit chat. Ni une ni deux, Julio fonce chercher Fernando, le chien pour utiliser son flair…

Dans le tome 2 « En avant pour la course cactus », Julio, Pablito, Rosita, Chiquito et « les méchants dans leur tank qui fait peur » participent à une course de caisse à savon. Tout est permis pour remporter la victoire !

Belle surprise que cette série jeunesse Julio Biscoto ! Nous connaissions déjà Mickaël Roux, un auteur aux histoires très drôles; le voici dans un univers qui fonctionne à merveille. Aventures, fantastique, humour, camaraderie et quêtes insensées sont au cœur de ses deux albums très réussis !

Si dans le tome 1, c’est Fernando qui tient la vedette en cumulant les bêtises avec son flair et en ajoutant son goût immodéré pour les os de Pablito, le deuxième volume ressemble à un très bel hommage à la série animée Les fous du volant (Satanas et Diabolo) créée par Hanna et Barbera. Un peu aussi à la manière de la course-poursuite de Anakin dans le premier volet de la saga Star Wars, tout est là pour faire rire. Le trait tout en rondeur de Mickaël Roux est idéal pour restituer les récits agréables de Tony Emeriau.

  • Julio Biscoto, tome 2 : En avant pour la course cactus
  • Scénariste : Tony Emeriau
  • Dessinateur : Mickaël Roux
  • Editeur : Monsieur Pop Corn
  • Prix : 1€
  • Sortie : 25 octobre 2018
  • IBAN : 979-1090962422

Résumé de l’éditeur : C’est une course de plusieurs kilomètres où l’on va voir du paysage et croiser des animaux ! C’est une course chacun pour soi où les amitiés vont se défaire pour mieux se retrouver ! Et surtout … nous avons un pilote mystère qui mène la vie dure a tous les concurrents !

La malédiction du crapaud

Lorsqu’un crapaud jette un sort à un nouveau né parce que sa mère n’aime pas les batraciens, cela donne La malédiction du crapaud, un bel album illustré de Bernard Chouvier et Emile Seto.

La femme d’un riche marchand attend un enfant. Alors que son époux est loin du foyer familial, elle se morfond. Un jour dans le parc, elle chasse un crapaud car sa vue l’effraie. Le batracien jette alors un sort à son futur bébé : il aura la forme d’un crapaud pendant quatorze ans puis deviendra un jeune adolescent. En attendant, la mère chasse son nourrisson…

Après l’hypnotique et très beau Melancholia, les éditions Lapin proposent La malédiction du crapaud, une belle histoire de Bernard Chouvier et Emilie Seto dans leur collection Les contes du lièvre blanc.

Véritable fable jeunesse avec un morale, cette histoire est dans la plus pure des traditions des légendes contées en France. Nous apprécions toujours les récits faisant interagir les animaux et les êtres humains. Ces derniers qui maltraitent la nature en sont  pour leurs frais. Une thématique ô combien majeure actuellement. Magie noire, relation mère/fils, mensonges et rejet d’un être différent sont excellemment mis en lumière.

Jeune illustratrice, Emilie Seto nous étonne agréablement avec une partie graphique dans la veine de Singeon. Le rouge, l’orange, l’ocre et le jaune accentuent la tension dramatique du texte.

  • Les contes du lièvre blanc : La malédiction du crapaud
  • Scénariste : Bernard Chouvier
  • Dessinatrice : Emilie Seto
  • Editeur : Lapin
  • Prix : 14€
  • Sortie : 12 juillet 2018

Résumé de l’éditeur : Il était une fois un marchand qui laissa sa femme enceinte en compagnie de la servante pour des affaires. Un soir, elle chassa un énorme crapaud de son jardin, ce qui lui vaudra de donner vit à un crapaud. Ce n’est que dans deux fois sept ans qu’elle pourra retrouver son fils dans sa forme humaine

Une nuit avec Lovecraft

Quand Mary rencontre Lovecraft, le père du fantastique, cela donne Une nuit avec Lovecraft, une étonnante fiction de Rodolphe et Philippe Marcelé.

Dans une grande ville américaine, Mary ne sait plus où elle est. Elle s’assoit sur un banc, fouille une poubelle et découvre un numéro de The Providence Sentinel datant de 1935. Journal local, il parle notamment de H.P Lovecraft, le célèbre romancier qui vit dans la ville.

Il faut dire que la jeune femme venait de tenter une expérience surprenante : elle, en 2022, transférée à Providence en 1935. Pas peureuse pour un sou, Mary décide alors d’aller frapper à la porte de chez son auteur préféré et de discuter avec lui…

Bel album fantastique, Une nuit avec Lovecraft est signé Rodolphe, prolifique scénariste aux plus de 150 albums. Classique dans sa narration, il reste néanmoins redoutablement efficace. Bel hommage à Lovecraft, le maître du fantastique, Rodolphe imagine une rencontre fictive entre le romancier et une admiratrice venue du futur.

Casque virtuel sur la tête tel un personnage de Sword Art Online, elle peut ainsi déplacer son corps de 2022 à 1935. Le suspense et les mystères sont au rendez-vous de ce récit maîtrisé.

Pour accompagner Rodolphe au dessin, Philippe Marcelé donne entière satisfaction. Son trait en noir et blanc convient parfaitement à l’ambiance fantastique et mystérieuse de l’histoire. Un beau duo d’auteurs pour un beau récit fantastique !

  • Une nuit avec Lovecraft
  • Scénariste : Rodolphe
  • Dessinateur : Philippe Marcelé
  • Editeur : Mosquito
  • Prix : 14€
  • Sortie : octobre 2018
  • IBAN : 9782352835066

Résumé de l’éditeur : Demain, nos jeux seront peut-être dangereux ! Pour s’être perdue dans un parcours de « D-Time », Mary, étudiante en littérature, se retrouve soudainement projetée dans la ville de Providence des années trente ! Une occasion inespérée de rencontrer son idole, le maître du fantastique, H.P. Lovecraft et de sillonner à ses côtés l’antique cité, parmi goules et fantômes ! Cauchemar halluciné ou rêve merveilleux ?

Jheronimus & Bosch

Lorsqu’un pauvre manant devient le souffre-douleur des créatures maléfiques des Enfers, cela donne Jheronimus & Bosch, une satire très drôle de Paul Kirchner !

Chassé d’une église où il s’était enfilé tout le vin de messe, Jheronimus erre dans la ville. Après avoir récupéré un canard blanc à roulettes, il glisse sur un excrément, se mange un mur et trépasse. Au lieu d’arriver au Paradis, ce sont les portes des l’Enfer qui lui sont ouvertes. Pour le pire mais pas le meilleur !

Après En attendant l’Apocalypse et Dope Rider, Paul Kirchner revient fort avec Jheronimus & Bosch, un excellent recueil de gags à l’humour décalé, noir et absurde. Dans la même veine que son autre formidable série Le bus (nommé en sélection officielle à Angoulême), il joue avec les peurs et les superstitions pour les tourner en ridicule. Le pauvre Jheronimus en prend plein la vue. Tout le monde est ligué contre lui pour qu’il vive un enfer ! Les diablotins font parfois face aux Anges du Paradis, Satan joue les guest-star et Jheronimus, le malaimé. Rien ne lui est épargné. A chaque fois qu’il entrevoir le bonheur, il est stoppé dans son élan par une désillusion qui peut parfois faire très mal.

C’est frais, c’est drôle et c’est quasi sans texte. Peut-être l’album le plus accessible de Paul Kirchner pour les néophytes, il régalera les amateurs d’humour noir, scatologique et parfois enfantin. Le trait de l’auteur américain est sobre et lisible, rehaussé de couleurs pâles pour signifier au mieux les Enfers !

  • Jheronimus & Bosch
  • Auteur : Paul Kirchner
  • Editeur : Tanibis
  • Parution : 09 novembre 2018
  • Prix : 20€
  • ISBN : 9782848410487

Résumé de l’éditeur : Voici Jheronimus, pauvre hère condamné à subir tous les outrages en Enfer accompagné de Bosch, son stoïque canard en bois. Depuis leur trépas, ils endurent brimades et humiliations de la part de démons facétieux et leurs tentatives pour gagner le paradis se soldent toutes par de fumants échecs. Dans cette centaine de pages de gags muets, blasphématoires et scatologiques, Paul Kirchner s’inspire autant d’une certaine imagerie médiévale de l’au-delà, telle qu’illustrée dans les vers de Dante ou les triptyques de Jérôme Bosch, que de la mécanique absurde des cartoons de la Warner. Il met en scène avec un malin plaisir le sadisme de diablotins malicieux auquel répond l’entêtement masochiste du pauvre Jheronimus. L’Enfer décrit par Kirchner obéit à des lois bizarres, source d’un humour absurde qui n’est pas sans rappeler celui de sa série Le bus. Mais si le passager du bus sortait le plus souvent indemne, quoique déboussolé de ses aventures, on ne peut pas en dire autant de nos infortunés anti-héros. A la fois fosse septique pour les anges du paradis et terrain de jeux pour des démons en manque de torture, l’enfer dans lequel ils sont coincés est source de brimades aussi drôles que cruelles. Le boss en personne, Satan, fait que lques apparitions remarquées et dévoile une facette comique inédite. Il signe aussi la postface de l’ouvrage.

Lou, tome 8

Lou vole de ses propres ailes dans le tome 8 de ses aventures. Elle part seule sur les routes pour passer un été de rencontres. Encore un super-mega-génial-formidable-intelligent volume signé Julien Neel !

Lou n’est plus une toute petite fille. Maintenant adolescente débrouillarde, elle a eu l’autorisation de sa mère pour partir seule sur les routes. Elle s’arrête dans un petit village du Sud de la France. Elle cherche un endroit pour dormir et tombe sur Violette et Pyjama, un couple sympathique qui accueille toujours beaucoup de monde chez eux : une très belle auberge espagnole ! Tout de suite bien intégrée au groupe, Lou fait de superbes rencontres…

Nous avions découvert les premières pages de ce huitième excellent opus dans SuperTchô. Tout de suite, nous étions emballé par cette quête, cette envie de rencontres de Lou.

Que de temps a passé depuis le premier tome de cette magistrale série aux accents hyper réalistes ! De petite fille de huit ans, nous découvrons Lou, jeune femme. Julien Neel est un très grand auteur (on le dit rarement pour un auteur jeunesse/grand public, mais c’est vrai !). Il a réussi à évoquer dans sa série des sujets sociétaux contemporains toujours avec une infinie justesse. Tout sonne vrai dans Lou ! Il a réussi le pari de faire grandir son héroïne (c’est rare en bande dessinée) sans jamais perdre son lectorat, touchant d’autres lecteurs au fil des ans. Les fidèles de Lou ont grandi en même temps qu’elle; et ça c’est fort !

Dans ce huitième tome, amour, vacances estivales, ouverture aux autres, nostalgie et rencontres en tout genre, sont au cœur de cette belle conclusion de premier cycle.

On envie la simplicité et le naturel dont fait preuve Julien Neel dans sa narration ! En 15 ans, Lou est devenue l’amie des petits comme des grands : 3 millions d’exemplaires vendus en 7 albums, un film, une série animée, 20 traductions dans des langues étrangères, des goodies et deux prix à Angoulême ! Une sacré performance !

On attend avec impatience l’ouverture d’un nouveau cycle ! Lou : une série chouchou de la rédaction Comixtrip !!!

  • Lou, tome 8 : En route vers de nouvelles aventures
  • Auteur : Julien Neel
  • Editeur : Glénat
  • Parution : 21 novembre 2018
  • Prix : 10.50€
  • ISBN : 9782344023594

Résumé de l’éditeur :  Partez sur les routes avec Lou ! Pour Lou, il s’en est passé des choses depuis sa rencontre avec Tristan au tome 1 ! Après tous ces événements, toutes ces rencontre, Lou s’est émancipée, elle a grandi. Il est maintenant temps qu’elle apprenne à se connaître vraiment. Elle décide donc de partir seule, en road trip à l’aventure ! Car quoi de mieux que s’ouvrir au monde pour se découvrir soi-même ? Découvrez la conclusion de Lou ! – ou du moins, de sa saison 1 – dans un voyage initiatique doux et sensible où Lou prend son envol et se retrouve face à ses choix. Entre quotidien décalé, évocation des problématiques adolescentes et références à la popculture, Lou ! est une série attachante, mystérieuse, fascinante par sa créativité, à la fois atypique et pour autant l’une des BD les plus en phase avec son époque. Car les lecteurs ont grandi, ils ont évolué avec son héroïne et son créateur. En l’espace de 13 ans, Julien Neel s’y est affirmé comme un véritable auteur, capable de se surprendre et de surprendre ses lecteurs en se renouvelant constamment. Résultat : un succès mérité avec 8 tomes, près de 3 millions d’exemplaires vendus, deux prix au festival d’Angoulême, une série animée, un film au cinéma et des traductions dans près de 20 vingt langues ! Succès qui n’est pas prêt de s’arrêter puisque, comme le titre de cet album le suggère, Lou nous invite bientôt vers de nouvelles aventures…

Oscar et la baleine carrée

Une fois n’est pas coutume, Comixtrip vous parle d’un album jeunesse : Oscar et la baleine carrée, un récit de Florent Bénard et Jacques de Loustal.

Station balnéaire colorée au bord de l’océan. Oscar est étonné. Il vient de voir aux jumelles, une superbe baleine blanche carrée. Il en parle à son père qui ne le croit pas, à sa maîtresse pareil et une camarade d’école qui pense la même chose. Pourtant, il en est sûr, il n’a pas rêvé !

Très grand illustrateur (romans, albums ou bandes dessinées), Jacques de Loustal nous charme encore avec Oscar et la baleine carrée. Ses dessins colorés et son style reconnaissable au premier coup d’œil lui permettent de réaliser une partie graphique de premier ordre. Après Clichés d’amour, Kid Congo ou Les amours insolentes en bande dessinée, il régale les plus jeunes lecteurs avec des illustrations sur double-page sublimes. On aime Jacques de Loustal pour cela : une élégance, une poésie, un exotisme et une grande qualité dans son dessin.

Cette belle histoire de Florent Bénard joue sur les croyances enfantines, sur les rêves et sur les relations enfant/adulte. Comment ne pas être frustré lorsque les adultes ne nous croient pas ? Comment les convaincre ?

A la frontière de la poésie et du fantastique, Oscar et la baleine carrée, ravira les plus jeunes lecteurs !

  • Oscar et la baleine carrée
  • Scénariste : Florent Bénard
  • Dessinateur : Jacques de Loustal
  • Editeur : Les Arènes
  • Prix : 18€
  • Sortie : 03 octobre 2018
  • IBAN : 978-2352048800

Résumé de l’éditeur : Non Oscar n’a pas rêvé. Oui Oscar a bien vu un animal étrange, une baleine blanche et carrée. Personne ne le croit, alors il garde son secret jusqu’au jour où…

Les femmes dans le monde de Tintin

Rares, Les femmes dans le monde de Tintin peuvent pourtant avoir un rôle important dans les albums du reporter à la houppe. Renaud Nattiez s’est penché sur l’œuvre de Hergé pour brosser le portraits de ces personnages hergéens.

Après Le mystère Tintin les raisons d’un succès universel (Les impressions nouvelles) et Le dictionnaire Tintin (Slatkine-Honoré), Renaud Nattiez scrute l’univers du reporter d’Hergé pour définir au mieux les femmes qui y sont visibles.

Dès le début de ce petit ouvrage de 70 pages, le lecteur découvre un tableau reprenant quelques personnages féminins selon les titres des albums, viennent ensuite une préface de Philippe Goddin, archiviste attitré de Moulinsart et un avant-propos de l’auteur.

Il faut souligner que 70 pages suffisent parfaitement à recenser ces figures illustres tellement elles sont rares. La plus célèbre Bianca Castafiore joue un rôle non négligeable dès Le sceptre d’Ottokar. Elle aide même Haddock et Tintin lorsqu’ils sont en passe d’être découverts par Sponz dans L’affaire Tournesol. Il y aussi Peggy, la femme de Alcazar ou encore Mme Lampion, l’épouse du « casse-pieds ».

Souvent taxé de misogyne, Renaud Nattiez tente de réhabiliter Hergé en contextualisant son œuvre. Très caricaturales (Peggy qui tient la « culotte », les discrètes concierges, la mystérieuse Irma ou l’extravagante Castafiore), elles marquent néanmoins Tintin et ses amis.

Clair, simple et rapide à lire, cet essai ravira les amateurs d’Hergé et de Tintin. A noter, la sublime couverture signée Stanislas, un auteur trop méconnu du grand public mais ô combien talentueux !

  • Les femmes dans le monde de Tintin
  • Auteur : Renaud Nattiez
  • Editeur : Sépia
  • Parution : 24 octobre 2018
  • Prix : 15€
  • ISBN : 9782747098427

Résumé de l’éditeur : « Curieusement, alors que tout a été dit sur Hergé et Tintin, peu d analyses ont été consacrées aux femmes dans une oeuvre pourtant universelle. Cela signifie-t-il que cette moitié de l humanité est si peu présente dans les 24 albums qu il n y a rien à en dire ? L univers du petit reporter serait-il uniquement masculin ? Les héros qui le peuplent seraient-ils machistes au point de ne laisser aucune place à leurs homologues féminins ? Ce livre a pour ambition de combler cette lacune, en s interrogeant sur cette rareté, et de faire le point sur la pertinence de la critique la plus répandue à l encontre d Hergé (en concurrence avec le racisme !) : la misogynie du monde de Tintin… »

Simone, tome 1

Simone est l’amie d’une créature extra-terrestre, Maurice. Ils vivent des aventures humoristiques dans Simone, une très belle série jeunesse de Rémy Simard.

Premier tome de Simone est première belle réussite ! Nous avions découvert Rémy Simard par sa formidable série Boris, des albums sans texte à La Pastèque. Nous retrouvons l’auteur québécois dans un univers différent mais toujours aussi efficace et de grande qualité.

Deux amis : Simone humaine et Maurice extra-terrestre. Les gags en une planche s’enchaînent, c’est mignon et surtout très drôle (il faut le souligner car cela est rare en BD pour les tout-petits). Simone semble être la seule être humain de ce monde, tandis que l’on voir les parents et les amis de Maurice mais aussi tout un tas de créatures fantastiques.  Ce duo fonctionne parfaitement bien dans les bêtises comme dans les situations loufoques.

L’auteur de Mes Dinky (La Pastèque) met tout cela en musique par un dessin joyeux et coloré.

Simone : un début de saga prometteur et réussi ! La suite, vite !

  • Simone, tome 1 : Joli monstre
  • Auteur : Rémy Simard
  • Editeur : BD Kids
  • Parution : 03 octobre 2018
  • Prix : 8.95€
  • ISBN : 9782747098427

Résumé de l’éditeur : Dans l’univers extravagant de Maurice, les gens normaux sont des monstres, les brocolis sont vivants et Simone, avec ses cheveux blonds et son amour des fleurs, fait trembler de peur les habitants… Bienvenue dans les aventures hilarantes de deux amis vraiment très différents !

Madame, grand reporter

Madame grand reporter. Madame, féline espiègle de Nancy Pena, devient grand reporter. Ses (mes)aventures sont contées dans ce recueil de l’autrice française aux éditions La Boîte à Bulles.

C’est décidé, Madame veut entrer dans la congrégation des journalistes. Ni une, ni deux, elle se penche sur tous les sujets de société qui se sont déroulés entre l’été 2017 et l’été 2018 : fusillade dans une école américaine, Brexit, les grèves contre le changement de statut de la SNCF ou l’assassinat d’une journaliste maltaise, tout est l’objet d’un bon mot et d’humour.

Comme sa propriétaire, les portes du monde.fr lui sont grandes ouvertes par un blog Le chat Madame créé en 2015, à l’image de ses collègues Zep ou Martin Vidberg. Le ton est toujours enjoué, drôle et taquin. Il y a de l’amour et de la complicité entre Madame et Nancy.

Madame, grand reporter : un moment badin et rigolo pour se remémorer les actus plus ou moins essentielles de l’année écoulée. Drôle et tendre.

  • Madame grand reporter
  • Autrice : Nancy Pena
  • Editeur : La Boîte à Bulles
  •  Parution : 7 novembre 2018
  • Prix : 9.90€
  • ISBN : 9782849533215

Résumé de l’éditeur : L’appartement de Nancy, c’est bien, mais Le Monde c’est mieux ! Après avoir exprimé sa créativité féline dans les pattes de sa maîtresse, Madame revient dans un troisième tome en lien avec l’actualité, tout en humour et en jeux de mots. La verve toujours aussi vive, Madame décrypte et commente les grands titres avec lucidité, poésie et une logique aussi implacable que désopilante. Grève des cheminots, affaire du lait contaminé, réchauffement climatique, rien n’échappe à son oeil aguerri ni à ses griffes affûtées ! Toute l’actualité, même la rubrique des chiens écrasés !

Si Uté approuve, tome 1

Travailler sur un chantier ne suffit plus à nourrir la famille d’Ob. Il décide alors d’entrer dans les combines illégales de Luiss et c’est l’engrenage. Flush dévoile le premier volume de Si Uté approuve, un étonnant album d’anticipation.

Comme depuis plusieurs mois, Luiss tente de convaincre Ob de l’aider dans ses petits plans pour gagner un peu plus d’argent. Travaillant sur des chantiers en plein cagnard, le jeune homme décide de se laisser d’accepter. Une aubaine, depuis que sa copine lui a annoncé la très bonne nouvelle : ils vont être parents.

Futé et débrouillard, il est accepté par K-Loss, une organisation mafieuse du nom d’un grand bandit local Klos. Après avoir tatoué son allégeance sur son dos, il commence le boulot de petite main du caïd et à rapporter beaucoup d’argent. Sa copine se méfie. Surtout, il ne l’a pas prévenu qu’il a démissionné de son ancien travail…

Ancien élève au LISAA Paris Design graphic, Clément Thimonnier alias Flush signe ici sa premier bande dessinée. Il est indéniable que le récit et le dessin frappent fort. C’est prometteur et il y a du potentiel. Il avait deux histoires en tête, a beaucoup réfléchi et a réussi à en former qu’une seule. Il faudra trois ans pour la murir. Après un financement participatif, le projet peut enfin voir le jour et être signé par Cerises et Coquelicots dans le label Comics Art Café.

Prévue en deux tomes, cette très bonne série flirte avec l’anticipation, entre le réalisme des cités de nos jours mais aussi la mafia. Si parfois les enchaînements ne sont pas toujours fluides et certains plans moins lisibles, l’histoire est agréable et l’on passe un bon moment de lecture.

Le gros point fort reste le dessin. Toujours graphiste, Flush y imprime un véritable parti-pris audacieux et orignal dans les couleurs. Cela plait beaucoup ! Généreux dans les plans (trop ?), les décors fleurent bon les banlieues des grosses métropoles avec leurs interminables gratte-ciels et leurs caves minables. Les personnages ont de vraies trognes.

Leader avec son frère du groupe de funk Noflipes, ce graphiste a tout pour être un grand auteur demain ! D’ailleurs Patrice Leconte, qui s’y connait en BD, dit de l’album :  « J’ai lu ce matin cette BD si singulière, en tout cas très originale et personnelle. À une époque où beaucoup d’éditeurs et de créateurs se demandent comment renouveler l’univers de la BD, la réponse est en grande partie ici. Car, de façon très culottée, l’album s’écarte de tout ce qui est convenu, déjà vu, pour mettre en place un « système visuel » nouveau, avec des partis pris de couleurs, de cadres, d’explosion des cases, très gonflés et très efficaces aussi. En tout cas, tous ces partis pris osés donnent
à l’album une personnalité forte et unique ».

  • Si Uté approuve, tome 1 : 111 jours
  • Auteur : Flush
  • Editeur : Cerises et Coquelicots
  • Parution : 05 novembre 2018
  • Prix : 19€
  • ISBN : 978-2914880329

Résumé de l’éditeur :

J’étais plutôt dans mon élément là-haut,
Sauf qu’une fois en bas,
C’est pas ta paie qui te file le vertige.

Ça rapporte pas de construire leurs buildings,
Pas de quoi nourrir ta p’tite famille.

J’aurais jamais dû écouter Luiss,
M’intéresser à ses plans foireux,
Mais j’ai pas vraiment eu le choix.

Au début, je voulais la jouer petit bras,
Juste gagner un peu plus de tune,
Sauf qu’ils ont vu beaucoup plus en moi.

D’abord, l’organisation s’est approprié ma peau,
Pour y encrer ses noirs desseins…
Et après…

Obscurcia, tome 1

Alex tente de retrouver sa sœur happée dans un monde parallèle. David Boriau et Steven Dhondt imaginent Obscurcia, une série jeunesse science-fiction chez Delcourt.

Les cauchemars, ce n’est jamais agréable en pleine nuit pourtant cela fait partie intégrante des cycles de sommeil. Alex, adolescent de 12 ans, en fait pratiquement toutes les nuits. Un soir, Nina, sa sœur, se retrouve happée dans un monde parallèle. N’écoutant que son cœur, il décide d’aller la récupérer. Il découvre Obscurcia, le monde des cauchemars…

Après Death road et Inferni, David Boriau dévoile le premier volume d’Obscurcia, une belle série de science-fiction ado-adultes. Sans révolutionner le genre ni se démarquer narrativement, le lecteur est néanmoins accroché par ce récit plus profond qu’il n’y parait.

Si La brigade des cauchemars de Dumont et Thilliez reste la plus belle référence dans le monde des cauchemars, Obsurcia plait par la simplicité des propos et des personnages complexes. Alex va forcément grandir dans cette quête insensée. Tout de suite, il est mis à contribution et sa vie est en danger à cause de créatures fantastiques peu avenantes.

Le lecteur est surtout impressionné et charmé par la partie graphique de Steven Dhondt. L’auteur belge (Red Rider, Babyboem) invente un bestiaire SF de premier plan. Ses personnages sont beaux et son découpage d’une belle efficacité.

Obscurcia : une série en trois tomes rapprochés (janvier, avril) assez efficace. On attend plus de surprises et d’audace dans le deuxième volume.

  • Obscurcia, chapitre 1
  • Scénariste : David Boriau
  • Dessinateur : Steven Dhondt
  • Editeur : Delcourt, Hors collection
  • Prix : 15.95€
  • Sortie : 12 septembre 2018
  • IBAN : 9782413000143

Résumé de l’éditeur : Alex a 12 ans. Il fait beaucoup de cauchemars. Peut-être parce que sa mère est partie. Peut-être parce que son père est souvent absent. Il doit aussi s’occuper et prendre soin de sa petite soeur, Nina. Tout se passait bien jusqu’à cette nuit où l’esprit de Nina se retrouve alors piégé au pays d’Obscurcia, la terre des cauchemars. Pour tenter de la sauver, Alex va devoir passer de l’autre côté du miroir.

Stand still stay silent, tome 1

Après un fléau mortel qui a duré 90 ans, la Terre panse ses plaies. Les rares survivants tentent de rejoindre le Nord pour y vivre en communauté. Stand still stay silent conte le périple d’habitants différents, un album de Minna Sundberg.

Après 90 ans, la Rouille n’a pas réellement disparu mais il existe un traitement pour en guérir. Quelques survivants sont là alors que la maladie a décimé la majeure partie de la population mondiale. Le fléau a muté et la Terre a vu apparaître des créatures mythologiques.

Un groupe de personnes ne parlant pas la même langue tente de rejoindre les terre du Nord de l’Europe et plus particulièrement l’Islande qui a fermé ses frontières dès le premier jour de l’épidémie…

Très dense (voire parfois un peu trop), Stand still stay silent est un bel album d’aventure fantastique d’anticipation. Minna Sundberg a dans un premier temps publié son histoire sur Hiveworks Comics, une plateforme pour BD numérique (Blindspring, Robinson).

L’univers post-apocalyptique de l’autrice américaine est sympathique. Très réalistes, les décors nous semblent contemporains, comme si l’album se situait de nos jours. Elle a pris un grand soin à définir ses personnages par une personnalité riche. L’atmosphère est mystérieuse et tendue. Le gros point fort de ce récit de 328 pages est la partie graphique. Minna Sundberg livre de superbes planches aux couleurs froides de circonstance.

  • Stand still stay silent, tome 1
  • Autrice : Minna Sundberg
  • Editeur : Akileos
  • Parution : 24 octobre 2018
  • Prix : 32.50€
  • ISBN : 9782355743535

Résumé de l’éditeur :

90 ans ont passé depuis la grande maladie, et la plus grande partie du vieux monde a été oubliée et laissée à la merci des trolls, des bêtes et des géants. Une petite équipe d’explorateurs nordiques se lance dans la première mission de recherche officielle. Ce premier tome est une aventure post-apocalyptique pleine d’insouciance et d’amitié, de magie, de drame et d’un peu d’horreur, le tout imprégné d’éléments de la mythologie nordique