Michel Fils des âges farouches

Pierre Maurel nous offre de nouvelles histoires de Michel son héros fétiche toujours édité chez l’employé du moi.

Michel c’est le anti-héros du quotidien, il est reporter radio freelance. Il a une quarantaine d’années et n’a pas un physique avantageux.

Depuis quelques temps rien n’est simple pour Michel. Il a des problèmes d’argent, ça ne se passe pas bien avec ses parents qu’il voit vieillir mais dont il se sent incapable de s’occuper car il a déjà du mal à gérer sa propre existence.

Michel essaye pourtant de vivre simplement en profitant des moments importants de la vie.

Il y a beaucoup d’humour, d’amour et de tendresse dans ce livre. Michel est parfois désabusé mais c’est aussi ça la vie non?

Pierre Maurel fait vivre son personnage à travers des petites histoires de trois ou quatre pages. Elles sont criantes de vérité, on a l’impression parfois de se retrouver à la place de ce anti-héros qu’on aime et auquel on s’attache.

Le dessin en noir et blanc permet à Pierre Maurel de ne garder que l’essentiel : la simplicité.

Ce livre fait partie de la Sélection officielle Angoulême 2020.

  • Michel fils des âges farouches
  • Auteur : Pierre Maurel
  • Editeur : L’employé du moi
  • Parution :  Mars 2019
  • Prix : 14,00 €
  • ISBN : 9782390040521

Résumé de l’éditeur : Michel est un reporter radio freelance d’une quarantaine d’années. Cela fait quelque temps déjà qu’il tente de concilier sans grand succès ses aspirations politiques et artistiques avec les galères que lui envoie le destin. Pas facile de garder de l’enthousiasme et du mordant à l’ombre de la startup nation des années Macron.

Mais Michel sait aussi profiter des bons moments de la vie, comme d’annoncer, entre deux reportages sur les cheminots en grève, la naissance de sa petite-fille à un vieil ami, ou profiter d’un bout de fromage devant un paysage au couchant.

Cependant, trop occupé par ses propres tracas, il n’a pas vu vieillir ses parents. Et il doit se rendre à l’évidence : leurs disputes incessantes sur les petits riens du quotidien masquent mal leur inéluctable perte d’autonomie. Et il semble bien contre toute attente qu’il est la personne désignée pour trouver des solutions, alors qu’il arrive à peine à s’occuper de lui-même. « La vieillesse est un naufrage » écrivit Chateaubriand, « et mon canot de sauvetage est minuscule », maugrée Michel.

Pierre Maurel n’hésite pas, dans ce nouvel opus des aventures de Michel, à malmener son héros au grand coeur et au physique rondouillard, en le plongeant dans des situations grinçantes et burlesques. Mais c’est pour mieux nous rappeler qu’au final, la seule chose qui donne la force de tenir, c’est l’attention qu’on porte aux autres dans toutes ses déclinaisons : l’amitié, l’entraide, la lutte et puis évidemment, l’amour.

Les entrailles de New York

Après avoir partagé une belle tranche de vie aux éditions L’Agrume avec Whiskey and New York, Julia Wertz revient avec Les entrailles de New York, un ouvrage atypique qui vous fera découvrir cette ville comme jamais cela n’a été fait auparavant.

Ce livre est un vrai puits de savoir, le lecteur ne trouvera pas ce qui fait la renommée des guides de voyages mais plutôt ce qui fait l’intérêt de la ville.

Julia Wertz croque les façades des bâtiments pour montrer l’évolution de la vie dans les quartiers qui font le New York des new-yorkais. Elle explique les évolutions de l’architecture et des quartiers.  On y découvre des cinémas qui sont devenus des églises, des échoppes qui ont gardé leur identité et d’autres qui ont évolué avec la ville et les habitants.

Mais l’autrice qui a passé de nombreuses années à dessiner les bâtiments ne s’arrête pas à cette description visuelle, elle y a ajoute toute la richesse du vrai New-York sans jamais se perdre dans une description historique.  Elle nous donne envie de flâner, de découvrir, d’être curieux. Elle nous donne envie de pousser les portes des bâtiments pour s’imprégner de l’âme des lieux.

Ce livre n’est pas une bande dessinée, ce n’est pas un guide de voyage, ce n’est pas un livre historique mais c’est un peu tout ça en même temps. C’est un OLNI (Ouvrage Livresque Non Identifié).

Cette lecture vous donnera envie de connaître New-York et pas seulement de voir New-York.

Ce livre fait partie de la Sélection officielle Angoulême 2020.

  • Les entrailles de New York
  • Auteur : Julia Wertz
  • Editeur : Julia Wertz
  • Parution :  Avril 2019
  • Prix : 29,00 €
  • ISBN :9791090743922

Résumé de l’éditeur :New York comme vous ne l’avez jamais vu ! Loin d’un guide touristique, Julia Wertz nous raconte une histoire illustrée des blocs, des édifices et des entrailles de cette ville qui ne dort jamais. Dans cette bande dessinée originale et très documentée, elle montre l’architecture de la ville et son évolution – les boutiques historiques, les changements des façades et des enseignes –, et nous régale d’anecdotes méconnues de New York, comme celle de l’avorteuse légendaire de la cinquième Avenue, Madame Restell, celle de la tueuse en série Lizzie Halliday, la grande prohibition des flippers, ou l’histoire du système de tubes pneumatiques. Porté par le regard, le ton et l’humour de Julia Wertz, cet ouvrage atypique –entre documentaire illustré et bande dessiné –, propose une déambulation unique dans l’histoire et les rues de New York.

Dans l’abîme du temps

Après le succès des montagnes hallucinées Gou Tanabe continue ses adaptations des chefs-d’oeuvre de H.P. Lovecraft avec Dans l’abîme du temps toujours édité chez Ki-oon.

Le professeur Nathaniel Peaslee est un homme comblé. Il est marié, a 3 enfants et un poste de professeur émérite d’économie à l’université de Miskatonic. Cette vie est sans encombre jusqu’au jour où il perd le contrôle de son corps et s’effondre en plein cours.

Cinq ans et demi plus tard il se réveille et tout a changé. Il vit seul avec son fils, le seul à être resté auprès de lui. Il n’a aucun souvenir des cinq années passées. Comment est-ce possible? Que s’est-il passé ? Où et pourquoi sa famille est partie?

Loin de s’être endormi et de n’avoir rien vécu pendant cette période, il a  vécu des aventures qu’il n’aurait pu imaginer.

Cherchant à savoir ce qui lui est arrivé, il explore son passé avec son fils et plonge dans un univers occulte aux frontières du temps et de l’esprit.

Cette lecture est passionnante. Gou Tanabe adapte avec brio les œuvres de Howard Phillips Lovecraft connu et reconnu comme un des maîtres du fantastique et de l’horreur.

Le lecteur est happé par le récit et n’a qu’une envie tourner les pages pour connaître, comprendre et avoir le fin mot de cette histoire quitte à se perdre lui même dans l’abîme du temps.

Ce manga fait partie de la Sélection officielle Angoulême 2020.

  • Dans l’abîme du temps
  • Auteur : Gou Tanabe d’après l’oeuvre de Lovecraft
  • Editeur : Ki Oon
  • Parution : 19 septembre 2019
  • Prix : 17 €
  • ISBN : 9791032704899

Résumé de l’éditeur : En 1935, au fin fond de l’Australie, le Pr Nathaniel Peaslee recherche avec frénésie les traces d’une civilisation inconnue. Il ne comprend pas pourquoi, mais il connaît ces lieux, comme si un autre avait implanté des souvenirs en lui. Il sait que quelque chose d’aussi mystérieux que terrifiant se tapit, là, dans les profondeurs du sable du désert…

Son monde a été chamboulé près de 30 ans plus tôt. À l’époque, il enseigne à la prestigieuse université de Miskatonic. Il mène une vie paisible, entouré de sa femme et de ses enfants… jusqu’au jour où il s’effondre en plein cours. À son réveil, personne ne le reconnaît. Il a toujours la même apparence, mais semble avoir perdu la raison ! Il parle un dialecte inconnu et se comporte comme un étranger. Pire, il se prend de passion pour les sciences occultes, allant même jusqu’à se plonger dans l’étude du Necronomicon, ouvrage maudit entre tous…

Blueberry : Amertume Apache

Après 28 tomes de la série Blueberry (dont 5 par Giraud, seul), le lieutenant Mike Steve Donovan est de retour. Créé en 1963 par le dessinateur et Jean-Michel Charlier, le dernier opus datait de 2007.

Après mûre réflexion, il fallait un tandem de choc pour relever le défi de proposer un nouvel album après ceux de Corteggiani et Michel Blanc-Dumont dont le dessin ne pouvait rattraper les scénarios très moyens. Entre temps, le maître Gir avait repris les histoires.

Joann Sfar, auteur ultra prolifique, créateur des géniales séries Le chat du rabbin, Petit Vampire ou Donjon, s’associe au non moins génial Christophe Blain, auteur de Gus, Quai d’Orsay ou Isaac le pirate.

Afin de ne choquer personne et de ne pas trop bousculer les amateurs de Blueberry, le duo a choisi… de ne pas trop choisir, justement. Le scénario de Sfar est efficace, sans révolutionner ni la série ni le genre western. C’est simple mais en refermant l’album, le lecteur n’a pas eu trop l’impression d’avancer.

Bimhal, Arad et Simeon se retrouvent au cœur d’une histoire de vengeance après que l’un des garçons a voulu violer une indienne et que la jeune femme a tué la victime et sa sœur.

Blueberry, en bon samaritain, tente par tous les moyens de préserver la paix entre la tribu d’Amertume Apache et les soldats blancs.

C’est classique, c’est bien mené mais ce n’est pas aussi fort que les histoires contées par l’excellent Jean-Michel Charlier. Restent les sublimes planches de Christophe Blain. Son trait épais fait des merveilles. Le découpage est intelligent et les cadrages bien sentis.

Album nommé dans la Sélection officielle 2020 à Angoulême, ce nouveau Blueberry est bon. En espérant que Joann Sfar lâche les chevaux pour le deuxième volume du diptyque, honnête mais qui peine à nous enthousiasmer.

  • Une aventure du lieutenant Blueberry : Amertume Apache, tome 1
  • Scénariste : Joann Sfar, d’après l’œuvre de Giraud et Charlier
  • Dessinateur : Christophe Blain
  • Éditeur : Dargaud
  • Prix : 15 €
  • Parution : 06 décembre 2019
  • ISBN : 9782205077988

Résumé de l’éditeur : Alors qu’il patrouille aux abords d’une réserve indienne, le lieutenant Blueberry assiste au meurtre de deux femmes de la tribu apache tuées par trois jeunes Blancs. Les deux victimes sont la femme et la fille d’un guerrier, Amertume : un double meurtre qui risque d’embraser la région en déclenchant une nouvelle guerre… Un récit à la fois fascinant et crépusculaire, une forme d’ hommage à ce western culte.

Les animaux marins en bande dessinée #5

Voici le cinquième volume de la série Les animaux marins en bande dessinée de Christophe Cazenove et Jytéry chez Bamboo.

La maison d’édition Bamboo a créé une collection pour les enfants ayant pour thème : les animaux en BD. Celle-ci compte parmi ses publications, des albums sur les Insectes, les Dinosaures, Les toutous des sisters, ou encore La vie chez mon chat.

Les animaux marins en BD de Christophe Cazenove et Jytéry est un album didactique et humoristique qui permettra aux plus jeunes d’appréhender la vie des animaux marins de manière amusante : de la gélification des océans au Poisson-lapin, en passant par la pêche accidentelle, la création du dauphin, le silure, les itinéraires de migrations, les noms latins, les limules ou la vie cachée des mollusques, tout est là pour faire rire.

Par ces gags en une planche, les deux auteurs distillent des éléments sur les modes de vie des espèces, leurs couleurs ou encore leurs formes.

Selon les auteurs, cet outil ludo-pédagogique permet de démocratiser les savoirs car certaines notions scientifiques ne sont pas les plus simples à expliquer au plus grand nombre. Cet album veut aussi sensibiliser les enfants à l’écologie marine grâce à un cahier pédagogique à la fin de l’album. Les gags de Cazenove atteignent leur but : apprendre en s’amusant, les plus jeunes seront ravis par les scénettes. Le dessin humoristique de Jytéry, classique dans son approche, est efficace.

  • Les animaux marins en bande dessinée, tome 5
  • Scénariste : Cazenove
  • Dessinateur : Jytéry
  • Éditeur : Bamboo
  • Prix : 10.60 €
  • Parution : 22 janvier 2020
  • ISBN : 9782818969489

Résumé de l’éditeur : À la découverte du monde du silence… pas si silencieux que ça ! Si vous vivez au-dessous du niveau de la mer, vous savez certainement les problèmes que posent la surpêche ou la pollution des eaux par les plastiques, vous connaissez aussi certainement les dauphins et les méduses. Vous savez aussi que les méduses sont en surpopulation, n’est-ce pas ? Et vous connaissez à coup sûr les chitons, ces mollusques brouteurs ? Mais si vous n’avez pas la chance de vivre sous l’eau, alors un masque et un tuba vous seront utiles pour découvrir ce monde fascinant en compagnie des Animaux marins en BD !

 

Clyde Fans

Clyde Fans est une entreprise de ventilateurs qui dévisse. Abe Matchcard voit sa société péricliter devant ses yeux. Seth raconte son histoire dans Clyde Fans, une saga familiale de grande valeur chez Delcourt.

Vingt ans, il aura fallu vingt ans à Seth pour réaliser Clyde Fans. A travers près de 500 pages, il raconte l’histoire de deux frères, Abe et Simon, à la tête d’une entreprise de ventilateurs.

Sous le titre Commis voyageur, les lecteurs français avaient pu goûter tout le sel de cette excellente histoire à travers deux chapitres édités chez Casterman. Quelques années et cinq chapitres plus tard, ils peuvent enfin découvrir l’ensemble de ce récit intimiste, cette saga familiale étonnante.

Il faut s’accrocher bien fort pour entrer dans Clyde Fans ! Le premier chapitre qui raconte l’histoire d’Abe n’est pas des plus engageant. Alors très âgé, l’homme habite toujours l’immeuble qui a vu naître l’entreprise. D’ailleurs, la boutique est toujours là, au rez-de-chaussée. Le narrateur raconte les désillusions et la faillite de sa société; un long monologue dans toutes les pièces de son appartement.

Son affaire a coulé au début des  années 1980 mais la devanture est toujours intacte, regorgeant de vieux objets encore présents. Ayant pris la suite de son père, Abe prospère quelques temps mais n’anticipe pas l’arrivée des climatiseurs.

Il fait vivre son magasin avec Simon, son frère. Timide, il est poussé par son aîné à la vente, alors qu’il n’a ni l’envie ni le talent pour cela. Lorsque sa mère devient sénile, c’est le cadet qui se retrouve à son chevet.

Cette première partie se situe en 1997, tandis que la deuxième fait un bon dans le passé en 1957, le moment où Simon est poussé par Abe. La troisième partie voit le cadet arrêter son métier de vendeur. La quatrième, en 1975, où Abe doit faire face à la décision de fermer l’entreprise et la cinquième centrée sur Simon qui plonge dans ses rêves.

Avec Clyde Fans, Seth peut parler de la famille, des relations entre les membres d’une même famille, de rapprochements, d’éloignements, d’entreprise, de réussite, d’échecs, de temps qui passe mais aussi de regrets et de déchirements. L’auteur de La vie est belle malgré toutWimbledon Green, Georges Sprott et La confrérie des cartoonists du Grand Nord a eu l’idée de cet imposant album dans les rues de Toronto. Il a pu observer un magasin abandonné du nom de Clyde Fans et ainsi laisser son esprit vagabonder pour en créer l’histoire du lieu.

Proches de Joe Matt ou Chester Brown, Seth fait partie de cette génération d’auteurs indépendants américains de grand talent. Clyde Fans évite tous les artifices grandiloquents et les effusions pour se concentrer sur le récit des protagonistes, d’où ce sentiment parfois que l’histoire n’avance pas. Inclassable et insaisissable, cette bande dessinée est une éloge de la lenteur, notamment le premier chapitre où l’action (ou la non-action) se tient uniquement dans les dialogues. Abe bouge mais l’essentiel est dans ses paroles.

Néanmoins Clyde Fans est précis, hyper construit et magnifiquement raconté. D’ailleurs Chris Ware dit que «Seth est l’un des meilleurs auteurs de bande dessinée […] et Clyde fans est l’un des meilleurs romans graphiques jamais écrits.» C’est sûrement vrai, venant d’un grand maître du 9e art.

Le lecteur est aussi impressionné par la qualité graphique de l’album. Les couleurs en bichromie noir et bleu sont magnifiques.

  • Clyde Fans
  • Auteur : Seth
  • Editeur : Delcourt
  • Prix : 49.90 €
  • Parution : 13 novembre 2019
  • IBAN : 9782413011248

Résumé de l’éditeur : L’action se déroule dans un immeuble de Toronto, dans les années 1950, et dans les années 1970, au moment où l’entreprise fait faillite. Le récit mélange le parcours familial des frères Matchcard, abandonnés par leur père lorsqu’ils étaient enfants et dont la mère est sur le point de décéder, ainsi que le déclin de leur entreprise de ventilateurs devant l’avènement de l’air conditionné.

L’oisiveraie

Publié initialement aux éditions Charrette, L’oisiveraie a été redessiné et recomposé par son auteur, David Prudhomme pour les éditions L’Association.

Roland est un petit vieux sympathique surnommé le Shériff. L’Oisiveraie, c’est sa maison et celle de sa sœur un peu dérangée, un endroit où de nombreuses personnes aiment à se retrouver. Ce lieu est rempli de retraités, de chômeurs ou de gars du coin. L’ambiance est bonne et les histoires que l’on se raconte souvent drôles.

Pourtant Roland est fragile, depuis qu’un homme a pris le cœur de sa bien aimée. Il divague et souvent n’a plus toute sa tête. Pour lui remonter le moral, il y a bien sûr sa sœur, ses copains mais aussi ses animaux, notamment des poules.

Les potes, le Shériff les rencontre aussi au troquet du coin, un lieu de sociabilisation où l’on refait le monde. Sa vie est réglée comme du papier à musique, avec ses petites habitude qui rythment son quotidien…

L’oisiveraie, ça rappelle l’oisiveté, ce concept où la personne ne produit rien, n’a pas d’activité professionnelle, et laisse couler la vie. Ce très joli album de 132 pages est avant tout un éloge à la vie, à la lenteur et aux plaisirs fait de petits riens.

L’auteur de Sumographie met en scène des personnages lambda, ceux que l’on apprécie et ceux qui se laissent porter par la vie. Il a de l’amour pour ses protagonistes, ça se sent à chacune de ses pages. Un amour tendre et sincère. Il n’y a pas de méchanceté dans leur caractère, tout juste sont-ils un peu filous. Il faut souligner que les dialogues sont savoureux et que les planches en noir et blanc sont très belles.

Album nommé dans la Sélection officielle à Angoulême, L’oisiveraie est une petite douceur agréable, un moment singulier de lecture.

  • L’oisiveraie
  • Auteur : David Prudhomme
  • Editeur : L’Association, collection Hors Collection
  • Prix : 22 €
  • Parution : 18 octobre 2019
  • IBAN : 9782844147615

Résumé de l’éditeur : Roland, dans le quartier, tout le monde le connaît. C’est un drôle de bonhomme, ce petit vieux-là. On l’a surnommé Le Shérif à cause de son chapeau de cow-boy. Sa vie, elle est réglée comme du papier à musique : levé avant le soleil, une petite visite au poulailler, son «harem», et puis il dépose sa soeur, folle et handicapée, sous la grange, et enfin il enfourche Pégase, sa fidèle bicyclette, direction le bistrot avec ses oeufs frais. C’est là qu’on le retrouve, pour boire quelques petits cafés bien mouillés avant de poursuivre la journée, ponctuée de ripailles, de ballons de blanc, et surtout de bons copains, comme lui des retraités et des chômeurs, qui fanfaronnent et débattent sur des sujets aussi fondamentaux que l’omelette, les tomates, ou le rythme des pigeons.

Mécanique céleste

Un match de Mécanique céleste bouleverse la vie de Wallis et Aster. Ce jeu et leur existence sont racontés dans cet très bel album de Merwan chez Dargaud.

Février 2068, forêt de Fontainebleau. Aster se réveille encore complètement déboussolée : elle a cauchemardé. Au centre de Pan (un lieu à part), elle a rêvé qu’elle était là, immobile.

Elle raconte ce songe à Wallis, un jeune homme proche de la nature – il lit Thoreau – timide et secrètement amoureux d’elle. Ils partent ensemble dans la ville abandonnée d’à côté pour trouver à manger. Là, Aster récupère un obus qu’elle ira vendre dans la cité agricole de Pan.

Alors que le futur représentant des lieux doit être désigné par les autres membres de la communauté, un drone survole l’amphithéâtre. Arrive alors l’ambassadeur avec une cohorte de soldats. Il veut rétablir l’ordre. Les habitants de Pan répondent par un défi, la Mécanique céleste, un jeu ressemblant à la balle aux prisonniers…

Mécanique céleste, l’album de Merwan est multiple et met en lumière de nombreuses thématiques contemporaines. Cette excellente aventure post-apocalyptique est accrocheuse. Le dessinateur de Jeu d’ombres choisit un futur proche pour raconter son histoire. La région parisienne est sous les eaux. Les villes ont été abandonnées – la nature a repris son bien – et les survivants se sont constitués en clan. Ainsi Wallis et Aster vivent à Pan, une cité agricole, proche de la terre où la vie des habitants est auto-gérée. Leur existence semble douce malgré les recherches fréquentes de nourriture.

Ces habitants doivent néanmoins subir les foudres de l’ambassadeur, qui veut remettre de l’ordre et ne supporte pas l’idée que Pan soit si autonome. Pour départager leurs dissensions, un match de Mécanique céleste est organisé. Ce jeu proche de la balle aux prisonniers rassemble les meilleurs. Ce qui n’est pas le cas de Pan, les joueurs ne semblent pas très doués. C’est donc un mélange de DodgeBall et de Hunger Games mais dans un contexte plus doux.

En effet, la nature est au centre de l’album et les Hommes s’y accommodent et non l’inverse. Les scènes de Mécanique céleste, celles du jeu, sont superbes. Il y a du mouvement dans les postures des joueurs. Les aquarelles de Merwan apportent de la vivacité mais aussi de la chaleur au récit. Cette belle dystopie est nommée en Sélection jeunes adultes à Angoulême 2020.

  • Mécanique céleste
  • Auteur : Merwan
  • Editeur : Dargaud
  • Prix : 25 €
  • Parution : 27 septembre 2019
  • IBAN : 9782205078183

Résumé de l’éditeur : Dans un monde post-apocalyptique – non loin de la ville de Fontainebleau (!) – Aster survit en marge de la cité agricole de Pan, avec l’aide de son ami Wallis. L’équilibre fragile de la communauté bascule à l’arrivée d’un émissaire de la puissante république militaire de Fortuna, qui exige le rattachement de Pan à Fortuna ainsi qu’un tribut de nourriture sous peine d’envahir leur cité par la force. Dos au mur, les habitants de Pan s’en remettent à la mystérieuse Mécanique Céleste pour arbitrer leur destin… Leur surprise sera de taille lorsqu’ils découvriront que l’avenir de leur cité va se jouer à… la balle au prisonnier !

L’amour dominical

Rencontre au sommet entre deux artistes inclassables, L’amour dominical est un album singulier et enchanteur sur un trio amoureux étonnant. Publié par Frémok, ce récit est signé Dominique Théate et Dominique Goblet.

Cet OVNI dans le milieu du 9e art ravira les amateurs de sensations nouvelles mais aussi d’expériences narratives. Les deux Dominique – Théate et Goblet – se sont rencontrés à la S Grand Atelier, un lieu belge de création artistique pour personnes en situation de handicap mental. Fréquemment, les auteurs de Frémok viennent participer à des ateliers créatifs avec les résidents. C’est ainsi notamment que Marcel Schmitz et Thierry Van Hasselt ont crée Vivre à Frandisco, un album décliné aussi en exposition à Angoulême en 2017.

Ils ont les même âge, les deux Dominique. Théate est victime d’un accident de moto lorsqu’il est plus jeune. Il est dans le coma, perd l’usage de certains de ses membres et des capacités cérébrales. C’est dans l’Atelier qu’il peut alors s’exprimer. Il y rencontre Dominique Goblet (Souvenir d’une journée parfaite et Faire semblant, c’est mentir). Ensemble, ils créent un premier album, Match de Catch à Vielsam, publié par Frémok.

L’amour dominical est un mélange d’histoire fictionnelle et de journal intime de Dominique Théate. Il laisse son esprit vagabonder dans des pages en prose qui appellent à la contemplation. Des réminiscences de son accident de moto qu’il a inlassablement compilées sur ordinateur depuis des années. Les deux artistes croisent leur regard, les deux écrivent et les deux dessinent.

Et il y a aussi ce triangle amoureux improbable, entre Hulk Hogan le catcheur, la Femme à barbe bleue et orthodontiste criminel. Les uns s’aiment, se retrouvent dans l’espace, les autres ensuite. Il y a de la poésie dans cette fable originale. C’est fou et c’est beau. Cet album est nommé dans la Sélection officielle à Angoulême 2020.

  • L’amour dominical
  • Auteurs : Dominique Théate et Dominique Goblet
  • Editeur : Frmk, collection Knock Outside
  • Prix : 34€
  • Parution : 14 février 2019
  • IBAN : 9782390220152

Résumé de l’éditeur : Cela aurait pu n’être qu’un récit burlesque, romanesque certes, mais loufoque voire foutraque. Cela aurait pu aussi être l’ouvrage d’une auteure (D. Goblet), talentueuse et reconnue, qui, dans une démarche empreinte de bons sentiments judéo-chrétiens, se serait mise au service d’un artiste brut (D. Théate) dont la jeunesse s’est fracassée dans un accident de moto… L’Amour Dominical n’est rien de cela. Récit d’aventure épique et relation d’un improbable triangle amoureux entre Hulk Hogan, la femme à barbe bleue et un orthodontiste criminel, cette création à quatre mains conjugue tout ce qui fait la singularité de Dominique Goblet avec les obsessions de Domi- nique Théâte : réinvention langagière, combats de catch et quête de l’amour absolu. Les aventures du célèbre catcheur et de sa charmante épouse barbu sont rythmées par les nombreuses pages issues du journal de Théate, rédigé au jour le jour sur ordinateur, où il décrit inlassablement son quotidien prosaïque mais aussi ce fatidique accident qui l’a privé d’une réussite conformée dont il projette les fantasmes dans son récit. La « magnifique Dominique » (surnom officiel attribué par Théate à sa comparse) se confronte ici à une poétique nouvelle, une déconstruction de la fiction dont elle s’empare avec autant de virtuosité graphique que de subjectivité et de profondeur. C’est elle qui, par-delà le plaisir de la lecture d’une histoire rocambolesque, nous invite à la méditation et nous aide à envisager nos propres fragilités et notre finitude. L’Amour Dominical est l’aboutissement d’une véritable rencontre au long cours, d’une déflagration artistique entre deux mondes (l’art et l’altérité) et du cheminement de deux êtres qui, ensemble, font acte de résilience.

Maudit sois-tu #1

Nous sommes en 2019.  Les égouts de Londres dépeignent l’atmosphère lugubre qui ne quittera jamais ce premier tome de Maudit-sois tu. Dedans s’y déroule une chasse à l’homme dont Nicholas Zaroff est l’instigateur. La pauvre future victime n’a aucune chance de s’en sortir. Accompagné d’une créature tout droit sorti de nos pires cauchemars, Zaroff prend un plaisir diabolique à traquer l’homme dont les dernières heures ont sonné.

Le ton est ainsi donné. Cette première scène annonce une histoire qui va nous glacer le sang jusqu’à la fin de cette première partie du triptyque qu’est Maudit sois-tu. Et ce n’est pas le sinistre et malfaisant protagoniste qui va se priver d’afficher ses intentions de cruelle vengeance. Auprès de qui ? Et pourquoi ? Deux hommes et deux femmes qui n’ont apparemment aucun lien entre eux, ont pourtant la malchance de posséder un point commun qui les conduira à être la cible du Comte oligarque russe Zaroff.

Avec le non moins terrifiant Docteur Moreau, spécialiste de la xénotransplantation, le plan machiavélique du chasseur d’hommes est minutieusement préparé pour dresser le piège aux quatre descendants de l’aïeul du Comte. Il ne reste plus qu’à les convoquer un à un. La toile se tisse inexorablement autour d’eux…

2019, 1848, et 1816. Trois dates choisies pour raconter les trois tomes de Maudit sois-tu. Le scénariste Philippe Pelaez a choisi une narration à rebours pour s’approprier le personnage de fiction né de la plume de l’écrivain Richard Connell. Zaroff revit grâce à l’auteur mais à notre époque. Ceux qui ont vu Les Chasses du Comte Zaroff, le film de Ernest B. Schoedsack trouveront plus de références et de similitudes à l’adaptation libre de Pelaez qu’à la suite imaginée par Runberg & Miville-Deschênes sortie quelques mois auparavant. Philippe Pelaez s’amuse à confronter personnages de fiction et réels avec une aisance qui font de ce Maudit sois-tu un récit captivant dès Zaroff, titre de ce premier tome.

Au-delà de l’histoire prenante et pesante à souhait, la réussite de ce premier épisode réside incontestablement par le rendu graphique de Carlos Puerta. Habitué à dessiner des créatures venue de nulle part dans Adamson, le dessinateur de Jules Verne et l’Astrolabe d’Uranie, prouve qu’il est à l’aise dans cette ambiance fantastique voire horrifique. Pour cette nouvelle aventure, Carlos Puerta délivre, une nouvelle fois, une partition graphique de haute volée. Même s’il fait partie de ces artistes de la bande dessinée où l’on doit réellement rester avec lui pour ne pas perdre le fil de ses personnages aux traits parfois déstabilisants, le jeu en vaut toujours la chandelle.  Si, au détour de ses décors somptueusement glauques, vos yeux associent certains visages à des noms célèbres tels Joel McCrea ou peut-être Michelle Pfeiffer, ce n’est pas anodin. Puerta ne fait jamais rien par hasard.

Zaroff, le premier tome de Maudit sois-tu est impressionnant dans la tension palpable retranscrite par leurs auteurs. L’originalité de cette histoire veut que l’on commence par la fin. Ce qui augure moult questions. Gageons que le deuxième tome permettra d’en apporter quelques réponses.

 

  • Maudit sois-tu #1 : Zaroff
  • Scénariste : Philippe Pelaez
  • Dessinateur : Carlos Puerta
  • Éditeur : Ankama
  • Prix : 15,90 €
  • Parution : septembre 2019
  • ISBN : 979-1033509783

Résumé de l’éditeur : 2019, un homme est retrouvé mort dans les égouts de Londres. L’enquête se dirige rapidement vers la petite amie du défunt, car leur liaison a été arrangée par leur employeur commun, Nicholas Zaroft Ce mystérieux oligarque russe n’a en fait qu’un seul but : se venger de ceux qui, 170 ans auparavant, ont causé la perte de son aïeul. Pour y parvenir, il va réunir leurs quatre descendants et les traquer dans une vaste chasse à l’homme… La trilogie Maudit sois-tu, Zaroff – Moreau – Shelley mêle personnages fictifs et réels, avec une pointe de fantastique. Grâce à une narration à rebours (2019, 1848 et 1816), chaque récit apporte des réponses au précédent.

Moi Mikko et Annikki

Un couple décide d’emménager à Annikki, un quartier historique de Tempere en Finlande. Tiitu Takalo raconte son histoire dans Moi Mikko et Annikki, une récit autobiographique entre histoire, revendications fortes et racines chez Rue de l’Echiquier.

En 2006, Tiiki, une autrice de bande dessinée finlandaise connue, se rend dans un festival de musique à Annikki, un quartier de Tempere, la seconde agglomération de Finlande.

L’année suivante, Mikko lui achète un de ses albums. C’est le début du rapprochement. Trois ans plus tard, ils sont sur le point d’emménager dans cet îlot de la ville. Alors que les alentours de ce quartier fait de maisons de bois sont menacés par des promoteurs immobiliers voraces, la résistance se met en place. Les habitants s’entraident pour préserver et protéger ces lieux uniques, au charme fou…

A travers 248 pages, Tiiki Takalo raconte cette tranche de vie où elle tomba amoureuse de Mikki mais également d’Annikki. Cette jeune autrice de BD – elle a publié plusieurs albums depuis 2004 – se met en scène pour raconter sa relation avec son compagnon faite de hauts et de bas avec la lutte pour la préservation de cet environnement original et unique.

Pour cela, elle fait des bons dans le temps pour raconter l’histoire de ce quartier typique finlandais. Et c’est parfois cela qui est le plus compliqué à lire. Ces digressions semblent parfois un peu longues.

Pour les scènes contemporaines, tout est là : la rénovation, l’entraide, la solidarité, les tracas administratifs, le manque d’argent, les politiciens ou le classement en zone historique.

En choisissant de partager son combat, Tiiki Takalo peut aussi aborder des thèmes modernes : la nature, la place de la ville dans un pays, la place des habitants dans une ville, les pressions politiques et financières.

Moi Mikko et Annikki : plongez dans un monde méconnu des Français.es., celui de la Finlande et de ses traditions. Avec Tove Jansson, Ville Ranta ou Kati Kovacs (voir notre Top), Tiiki Takalo est une autrice finlandaise à suivre.

  • Moi, Mikko et Annikki
  • Autrice : Tiiki Takalo
  • Editeur : Rue de l’échiquier
  • Prix : 21.90€
  • Parution : 16 janvier 2020
  • IBAN : 9782374251943

Résumé de l’éditeur : D’inspiration autobiographique, cette bande dessinée relate l’installation d’un jeune couple dans le quartier d’Annikki, l’un des très rares îlots historiques encore préservés de la ville de Tampere, en Finlande. Tiitu Takalo relate le combat acharné que mènent ensemble les habitants de ces maisons de bois face à la voracité des promoteurs immobiliers, souvent de mèche avec les édiles locaux. Cette chronique sensible est rythmée par le récit des moments forts de l’histoire de Tampere, depuis sa fondation à la fin XVIIIe siècle, et notamment son riche passé industriel et ouvrier. Ce choix narratif permet de montrer que la richesse d’un quartier ou d’une ville réside dans son patrimoine, et que sa préservation est la clé de nos identités collectives comme de nos avenirs possibles.

Le patron est une copine

Nagabe, l’auteur de L’enfant et le maudit, dévoile Le patron est une copine, une fiction fantastique humoristique autour de la différence.

Vincent Failnail est un homme surprenant. La journée il est le chef respecté d’un service d’une grande entreprise, la nuit, il se travestit dans un club privé.

Si le titre de ce manga n’est pas très heureux, l’histoire de Nagabe est formidable ! Cette comédie fantastique repose sur un personnage charismatique à la double-vie.

Failnail est un dinosaure massif, intelligent et plaisant à la gente féminine. Sérieux dans son travail de chef de service, il ne l’est plus le soir lorsqu’il revêt des habits de femmes pour devenir Fal, une sublime travestie.

L’on connaissait Nagabe pour sa merveilleuse série L’enfant et le maudit, son dessin brillant, précis et fouillé; il met de nouveau son style graphique à contribution pour livrer un one-shot de haut-vol. Pour cela, il met en scène des animaux anthropomorphes, élégants et d’une grande vivacité.

Il invente une triangle amoureux, proche des vaudevilles. Failnail est tiraillé entre deux hommes diamétralement opposés. Qui choisira-t-il ? Dans Le patron est un copine, il est question d’homosexualité, de séduction, de repères d’identité, d’affirmation de soi, de rejet, d’acceptation, de solidarité mais avant tout d’amour.

Le patron est une copine est un excellent titre manga, un seinen fort, subtil et intelligent !

  • Le patron est une copine
  • Auteur : Nagabe
  • Editeur : Komikku
  • Prix : 8.50 €
  • Parution : 28 novembre 2019
  • IBAN : 9782372874823

Résumé de l’éditeur : On va suivre les aventures de Vincent, un chef de département d’une grande compagnie japonaise. Il est respecté et admiré de tous et son avis compte beaucoup. Mais au-delà ce de statut prestigieux, il cache un secret pour le moins étonnant : le soir, il se transforme en hôtesse de bar dans les quartiers chauds ! Il abandonne son costume pour une robe moulante et sexy, et il en fait des tonnes pour le plus grand plaisir des clients ! Vous l’aurez compris, nagabe bouscule les codes et nous emporte une nouvelle fois dans un univers singulier. Mais contrairement à la noirceur de L’Enfant et le Maudit, on est ici dans une comédie déjantée et hilarante sur une double vie pas comme les autres. Nagabe nous éblouit par son talent et la force avec laquelle il sait créer et raconter des histoires. J’attire votre attention sur un autre élément clé de la série : le dessin. Les personnages de la série sont des animaux et nagabe les a réalisés avec un brio qui laisse bouche bée. Les couvertures et les visuels intérieurs sont des oeuvres d’art. Le tracé et les pages couleur sont vraiment impressionnants. Avant d’être un mangaka à succès, nagabe était un artiste qui publiait ses dessins en ligne. Il a été remarqué par ce talent visuel et de nombreux croquis d’animaux de l’époque sont des prototypes des personnages du PATRON EST UNE COPINE. On est devant un hit en puissance, à la fois drôle et sublime. Nagabe montre avec ce one shot qu’il faudra définitivement compté avec lui dans l’univers manga.