Les Rivières du Passé 1/2

Avec Les Rivières du Passé plongez dans deux univers parallèles où Histoire, Polar et Fantasy se mêlent sous le regard de la belle Linn…

Deux univers parallèles

Aux portes du château de Chaumont, l’étrange Seigneur Worn, dernier Maître de la peur contemple son œuvre, le charnier laissé aux hordes Shayks. Malgré la proximité de ces terribles monstres, Worn ne craint rien. Il vient passer un deal avec leur commandant, Rouge Sanglant pour leur livrer Paris !

Dans notre monde, Linn, une jeune femme athlétique saute d’un toit et atterrit avec souplesse dans une cours intérieure. Gracieusement, elle s’introduit dans la demeure en évitant adroitement les lasers qui balayent l’espace. Au centre d’une immense collection, elle est venue voler un médaillon égyptien qui appartient au sulfureux Argonovitch. Dès qu’elle l’a en sa possession, Linn s’évapore… mais elle est attendue à son domicile par le propriétaire du bijoux. Ce n’était qu’un test et il est là pour louer ses services…

Les Rivières du Passé, un duo d’enfer

Ce premier tome des Rivières du Passé assure le spectacle avec classe. Aux commandes, le vieux briscard du scénario Stephen Desberg propose un scénario bien différent de ses séries à succès et à rallonge (I.R.S., Le Scorpion, L’Étoile du Désert, Les Immortels, Black Op…). Virage amorcé avec Les Anges d’Auschwitz, moins formaté, plus ramassé (seulement 2 épisodes annoncés) et plus axé sur l’émotion, il sort aussi du traditionnel 48 pages en s’associant pour la première fois avec le talentueux dessinateur Yannick Corboz (L’assassin qu’elle mérite, Célestin Gobe la Lune avec Lupano,  les adaptations de La Brigade Verhoeven de Pierre Lemaitre). Un changement qui se matérialise par une histoire-double, dans notre Paris contemporain et sa version “alternative” médiévale et peuplée de monstres…

On m’appelle Enfer,
On m’appelle Stacey,
On m’appelle Elle,
ou encore Jane
Ce n’est pas mon nom

Les rivières du passé : Conflits et personnages charismatiques

Deux femmes sont au centre de l’histoire. D’un côté la belle et athlétique Linn, jeune femme rousse, paumée et solitaire, mais surtout voleuse surdouée. Engagée pour le vol d’un exceptionnel médaillon égyptien, notre Catwoman locale va croiser Lamia, une brune pulpeuse et classieuse, véritable charnière entre les 2 mondes…

En face de ces deux femmes, nous retrouvons des méchants charismatiques. Dans notre Paris, il y a le vieux collectionneur Argonovitch qui ne s’arrête pas aux limites de la légalité pour obtenir ce qu’il a désire. Dans l’univers parallèle, dans une ambiance plus manichéenne (la lutte entre forces du bien et du mal incarnées par les monstrueux Shayks), deux hauts dignitaires s’opposent. D’un côté, Worn, le Maître de la Peur qui commande aux Shayks, de l’autre le Chevalier Cerf, qui défend Paris de l’invasion monstrueuse…

Quels sont vraiment les buts de ces personnages ? Quel est le rôle de l’étrange médaillon d’Aton, (premier dieu monothéiste et dont le nom a été effacé) dans le passage entre les mondes ? Que deviendra Linn dans la bataille ? Stephen Desberg dispose ses pièces sur l’échiquier, mais ne nous dévoile pas toutes les règles… Nul doute qu’il va nous emmener dans de nouvelles aventures ésotériques dans des contrées reculées dans un second tome que j’attends (déjà !) avec impatience.

Un dessin de haute volée

Si vous connaissez les albums précédents de Yannick Corboz, vous avez dû remarquer l’élégance de son dessin. Sous son trait, les corps dansent, les femmes sont sublimes. Avec ce premier tome des Rivières du passé, ce “jeune” prodige du dessin ne boude pas son plaisir, mais ses femmes sexy ne se dénudent pas sans raison. Il nous livre un album très réussi où les couleurs explosent et habillent un trait nerveux et expressif. Ses compositions dynamiques et cinématographiques jouent sur une belle variété de cadrages. De grandes plages de décors à débord nous immergent dans les deux univers. Il passe avec facilité de l’un à l’autre des univers.

Pour compléter la première édition, un supplément graphique de 8 pages est consacré aux recherches graphiques des sensuelles dames que maîtrise tellement bien Yannick Corboz.

Un Grand Desberg, Un Grand Corboz !

Article posté le mercredi 10 février 2021 par jacques

Les Rivières du passé de Stephen Desberg et Yannick Corboz
  • Les Rivières du passé – T1 La Voleuse
  • Scénariste : Stephen Desberg
  • Dessinateur : Yannick Corboz
  • Editeur : Daniel Maghen
  • Prix : 16 €
  • Parution : 11 février 2021
  • ISBN : 9782356740960

Résumé de l’éditeur : Lynn, jeune paumée et voleuse surdouée, s’empare d’un médaillon égyptien et bascule dans un Paris médiéval. Même endroit, mais une autre époque et autre Histoire… À Paris de nos jours, on suit les pas d’une jeune femme solitaire et sauvage. Elle pratique la seule activité pour laquelle elle est incroyablement douée : Lynn est une voleuse ! Son dernier coup de maître : dérober pour le compte du sulfureux Argonivitch un médaillon du Dieu Aton dont aucune représentation n’existait à ce jour. En essayant d’échapper à la propriétaire du joyau, Lynn traverse une porte et se trouve projetée dans un Paris parallèle, moyenâgeux, dans lequel l’Histoire ne s’est pas déroulée de la même façon…

À propos de l'auteur de cet article

jacques

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Designer Digital, je lis et collectionne les BD depuis belle lurette. Ex Rédacteur en chef d’Un Amour de BD, j’aime partager ma passion pour ce média, et faire découvrir les pépites que je croise. Passionné par la narration sous toutes ses formes, je suis persuadé qu’une bonne BD a autant de qualités qu’un autre produit culturel (film, livre, disque…) et me fais fort de vous l’expliquer.

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