Absolute Wonder Woman tome 1 – La dernière Amazone

En 2024, DC Comics décide de créer une nouvelle gamme, l’ « Absolute Universe «  au sein de laquelle la marque donne à lire une vision moderne des débuts de ses principaux héros. Absolute Batman, Absolute Wonder Woman et Absolute Superman voient le jour. Un même univers, une même constante, que donnent ces grands héros quand on leur enlève une de leurs dimensions fondatrices. Ici nous parlons d’Absolute Wonder Woman tome 1, de Kelly Thompson et Hayden Sherman.

Absolute Wonder Woman tome 1 : Même dans l’obscurité, l’espoir brille encore

Absolute Wonder Woman tome 1Gateway City, ville californienne, est attaquée par une étrange pyramide volante de laquelle s’échappent des créatures ailées attaquant les humains. Mais une combattante se dresse contre cette meute. Une femme masquée, armée d’une énorme épée et chevauchant un pégase squelette. Cette femme se prénomme Diana. Enfant, elle a été exilée par Apollon, au nom de Zeus, sur l’île sauvage des enfers. Elle a été confiée à la sorcière Circé avec l’obligation que son passée lui demeure inconnu. Car Diana est la dernière des amazones, un peuple qui a courroucé le roi des Dieux. Mais contrairement à ce que les olympiens pensaient, l’enfant a bel et bien survécu et la nature de sorcière de sa mère adoptive a fait d’elle une femme réellement puissante.

Urban Comics proposant les trois séries Absolute Batman tome 1, Absolute Superman tome 1 et Absolute Wonder Woman tome 1 le même mois, retrouvez sur Comixtrip les critiques de chacun de ces albums pour vous faire une idée de la (bonne) qualité de la proposition éditoriale.

Adieu le Paradis !

La grande différence de cette Wonder Woman, c’est donc l’absence de Paradise Island et des amazones. Dans l’histoire originelle, c’est cet environnement qui apporte l’amour et la grandeur d’âme qui fera de Diana la Wonder Woman que nous connaissons. La scénariste Kelly Thompson envoie donc l’enfant Diana en enfer, aux côtés d’un personnage qui était son ennemie dans de nombreuses aventures, la sorcière Circé. On notera qu’elle y est envoyée par Zeus et Apollon, dans leurs versions la plus énervée, manifestement. La naissance de Diana cache des faits encore cachés, mais qui présagent d’un rapport plus que tendu entre les dieux grecs et les amazones.

Absolute Wonder Woman tome 1 : That’s the power of Love !

Absolute Wonder Woman tome 1 extrait 1Mais on sent chez Kelly Thompson un véritable amour pour son personnage et surtout pour ce qu’elle représente. Diana vivra entourée de monstres au cœur des enfers, brimée par les dieux, pourtant, plus que jamais, elle incarnera l’amour. Un amour inconditionnel qui se veut absolument sincère. Un amour filial et maternel, entre elle et Circé, famille recomposée qui s’accepte alors que rien ne les destinait à créer cette relation.

Et cet amour, on le ressent, en tant que lecteur. Diana rayonne comme jamais. Sa bienveillance, son attention aux autres, nous marquent autant qu’ils marquent les personnages qui l’entourent. Et comme son amour va jusqu’au sacrifice, autant dire que les cœurs chavirent et que le personnage recueille toutes les adhésions.

De la générosité dans la distribution de pains

Soit, Absolute Wonder Woman apporte beaucoup d’amour. Mais cette histoire reste racontée dans l’univers Absolute et donc, évidemment, la violence y est bien présente.

Et Diana, toute amour qu’elle soit, fait dans le résolument badass. Nous avons déjà parlé de son Pégase squelettique, mais il y a aussi son épée gigantesque à la Berserk et son bras magique remplacé par un bras robotique…

Face à elle, une horde de créatures démoniaques ailées mais surtout un gigantesque monstre attirant à lui les humains et capable de ravager une ville entière…

Autrement dit, ça castagne, ça cogne, ça poutre, et ça prend des coups dans la tronche. Aucune raison de douter de la puissance de cette Diana-là.

Absolute Wonder Woman tome 1 extrait 3Hayden Sherman, la bonne découverte d’Absolute Wonder Woman tome 1 

Les amateurs de comic-books connaissent Kelly Thompson et le fait qu’elle soit une bonne scénariste ne constitue pas une surprise. En revanche, seuls les plus éclairés avaient repéré le dessinateur Hayden Sherman, dans sa mini-série The Few ou dans quelques épisodes épars chez Marvel et DC. Pour le coup, sur cette série, il s’épanouit pleinement.

Son trait apparaît comme une synthèse entre les cultures américaine et européenne du 9e art. Et pour mettre en scène des personnages issus de la culture grecque ancienne, au milieu de personnages typiquement américains, l’association est idéale.

Du réalisme dans le coup de crayon

Ses pages sont riches en détails. Il y a beaucoup de matière tant dans ses crayonnés que dans ses encrages. Les bétons, les boiseries, les chevelures… Chaque matière a son effet, sa transcription et ses particularités dans le trait. On notera que l’artiste est secondé à la couleur par la multi-primée Jordie Bellaire et que la coloriste n’est pas pour rien dans l’atmosphère unique qui se dégage des planches. Et comme Sherman a gardé de la culture américaine le sens de la narration et l’énergie du découpage, Absolute Wonder Woman tome 1 constitue une expérience autant intellectuelle que visuelle.

Absolute Wonder Woman tome 1, la bonne surprise du trio Absolute

Félicitons encore Kelly Thompson, Hayden Sherman et Jordie Bellaire. À eux trois, ils offrent une expérience de lecture réellement marquante et d’un niveau tout à fait surprenant. Nous avons ici parmi ce qui se fait de mieux en comic-book mainstream de super-héros. Parce qu’il est encore possible de jouer avec les codes classiques du genre, pour leur apporter une véritable personnalité artistique. Bonne nouvelle, non ?

Article posté le mercredi 28 mai 2025 par Yaneck Chareyre

Absolute Wonder Woman tome 1
  • Absolute Wonder Woman tome 1 – La dernière amazone
  • Scénariste : Kelly Thompson
  • Dessinateur : Hayden Sherman
  • Coloriste : Jordie Bellaire
  • Éditeur USA : DC Comics
  • Éditeur France : Urban Comics
  • Nombre de pages : 150
  • Prix : 20€
  • Date de publication : 30 mai 2025
  • ISBN : 9791026823407

Résumé éditeur : Depuis des millénaires, les Amazones ont protégé l’humanité dans l’ombre au fil de son développement, empêchant les incursions de monstres venus d’ailleurs. Mais quand les dieux leur tournent le dos, la Princesse des Amazones, Diana, est exilée aux Enfers et le nom même des Amazones est rayé de l’histoire… Sans île du Paradis, sans la sororité qui l’a forgée en tant qu’héroïne, et sans même son rôle d’émissaire de paix… Diana reste Wonder Woman !

À propos de l'auteur de cet article

Yaneck Chareyre

Journaliste , critique et essayiste BD depuis 2006.

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