Berlin 61

Les Aventures de Kathleen sont de retour. Après Sourire 58, Léopoldville 60, Bruxelles 43, Innovation 23, notre hôtesse de l’air belge poursuit ses voyages, cette fois en Allemagne avec Berlin 61. Ou plus exactement en ce qui était la République fédérale d’Allemagne (BDR ou Allemagne de l’Ouest) et la République Démocratique d’Allemagne (DDR ou Allemagne de l’Est).

Une plongée dans une période où la Guerre Froide est à son paroxysme avec la construction de ce qui restera le « Mur de la honte ». Un nouveau tome, signé Baudouin Deville (dessin), Bérengère Marquebreucq (mise en lumière) et Patrick Weber (scénario) chez Anspach, pour cette série représentative de cette période d’après-guerre et du rôle que les femmes y tenaient.

Berlin 61 de Patrick Weber , Baudouin Deville et Bérengère Marcquebreucq chez Anspach

Kathleen Van Overstraeten, une héroïne à l’affût

Berlin 1961, Kathleen Van Overstraeten, hôtesse de l’air à la Sabena (compagnie aérienne belge) rentre d’un séjour dans le Sud de la France en compagnie de son époux Gérard. Pour retourner dans leur pays, ils vont prendre le train de nuit auto-couchette et mettre leur Simca sur le train, afin de profiter pleinement de la fin de leurs vacances.

Alors que Kathleen se promène dans les couloirs du train, elle fait la connaissance d’une jeune femme qui semble apeurée. Celle-ci se présente, Annelore Schmidt, violoniste allemande. Cette dernière lui explique qu’elle rêve de participer au concours musical Reine Elisabeth (reine des Belges de 1909 à 1934).

Kathleen lui propose donc de la rejoindre au wagon restaurant, afin de prolonger leur conversation. Elle pourra ainsi donner à Annelore les informations dont qu’elle recherche pour passer les auditions de ce prestigieux et réputé concours ce musique classique.

Berlin 61 de Patrick Weber , Baudouin Deville et Bérengère Marcquebreucq chez Anspach

Une disparition étonnante

Alors que le premier service est sonné et que les voyageurs se sont vêtus pour aller diner au wagon-restaurant, le train s’arrête brutalement, le signal d’alarme ayant été activé. Kathleen, réalisant que son invitée ne les a toujours pas rejoints, décide de partir à sa recherche. C’est alors qu’elle s’aperçoit que la jeune Allemande a disparu, laissant dans son compartiment ce qu’elle a de plus précieux, son violon.

Ni une ni deux, elle s’empare de l’instrument de musique, qui n’aurait jamais dû quitter sa propriétaire. Elle en profite pour interroger le contrôleur qui l’informe qu’aucune personne de ce nom n’avait réservé de billet dans ce train. N’écoutant que son instinct, et surtout sa détermination, Kathleen décide de se rendre rapidement à l’adresse mentionnée à l’intérieur de l’étui de l’instrument : Prenzlauer Allee 7, Berlin.

Berlin 61 de Patrick Weber , Baudouin Deville et Bérengère Marcquebreucq chez Anspach

Un séjour dans un Berlin 61

Ce que Kathleen ne sait pas encore au moment où elle prend la décision de se rendre en Allemagne, c’est que ce lieu est situé à Berlin-Est. Depuis peu de temps, la nuit du 12 au 13 août 1961, le Mur empêche dorénavant les passages entre les deux côtés de la ville. En effet, depuis la partition de Berlin en quatre zones après la guerre, de trop nombreux habitants de l’Est prenaient quotidiennement le chemin de l’Ouest via les points de passage obligatoires.

Cette nouvelle donne aurait pu freiner notre intrépide héroïne. Mais, il faut toujours se méfier de l’eau qui dort et en particulier d’une jeune hôtesse de l’air, a priori inoffensive, toujours tirée à quatre épingles. Celle-ci pourrait se révéler être une intrépide espionne prête à tout pour mener à bien sa mission. Même si la police est-allemande, la Stasi, la surveille de très près.

Un récit sous le signe de l’espionnage

Avec cet album Berlin 61, signé Patrick Weber et Baudouin (un prénom de roi) Deville, c’est une plongée dans un univers où le statut de la femme n’a plus rien à voir avec celui d’aujourd’hui. Mais c’est également le retour dans un contexte historique politiquement très chargé. Ainsi, le récit montre les techniques élaborées par les deux blocs pour acquérir un avantage sur son ennemi juré.

Un dossier documentaire complet en fin d’album nous en apporte de plus amples explications de cette période de la Guerre Froide. Un exemple, l’opération Romeo mise en place par la RDA et basée sur la séduction de jeunes femmes de l’Ouest par des agents de l’Est.

Tous les coups étaient en effet permis, sur cet échiquier politique, afin que les États situés de chaque côté du Rideau de fer puissent prendre le dessus sur les autres.

Article posté le jeudi 22 février 2024 par Claire Karius

Berlin 61 de Patrick Weber , Baudouin Deville et Bérengère Marcquebreucq chez Anspach
  • Berlin 61
  • Scénariste : Patrick Weber
  • Dessinateur : Baudouin Deville
  • Mise en lumière : Bérengère Marquebreucq
  • Editeur : Anspach
  • Prix : 15,50 €
  • Sortie : 08 novembre 2023
  • Pagination : 64 pages
  • ISBN : 9782931105191

Résumé de l’éditeur : Kathleen rencontre Annelore, une violoniste allemande lors d’un voyage en train. Les deux femmes sympathisent. Peu de temps après, le train s’arrête brusquement. Kathleen a un pressentiment et part à la recherche de Annelore. Elle est introuvable, et a laissé son précieux violon dans sa cabine. Que cache la disparition de l’Allemande ?
Kathleen va mener l’enquête à Berlin, alors que l’on y érige le mur séparant l’Est et l’Ouest. Mais pourquoi la Stasi épie-elle ses moindres faits et gestes ?

À propos de l'auteur de cet article

Claire Karius

Passionnée d'Histoire, Claire affectionne tout particulièrement les albums qui abordent cette thématique, mais pas seulement. Elle aime également les lectures qui savent l'émouvoir et lui donnent espoir en l'Homme et en la vie. Elle partage sa passion de la bande dessinée dans l'émission Bulles Zégomm sur Radio Tou'Caen et sur sa page Instagram @fillefan2bd.

En savoir