Churubusco

En 1847, lors de la phase finale du conflit armé entre le Mexique et les Etats-Unis, la bataille de Churubusco est le point ultime de la confrontation. D’un côté les américains sur-armés et bien préparés, de l’autre, des mexicains rejoints par des soldats irlandais déserteurs du camp d’en face. Andrea Ferraris conte les derniers instants de ce couvent retranché dans Churubusco, un album Rackham.

CHURUBUSCO : COUVENT FORTIFIÉ

Comme le souligne Andrea Ferraris dans la post-face de son album : « Churubusco fut la bataille qui décida de l’issue de la guerre ». En effet, appâté par la richesse des territoires du Texas, de la Californie, du Nevada, de l’Utah, de l’Arizona, de Wyoming et du Nouveau-Mexique, les Etats-Unis trouvèrent un prétexte religieux fallacieux pour partir en guerre contre le Mexique.

Pendant cette longue guerre, 13 000 américains sont décédés dont seulement 1700 au combat, le reste est décimé par les maladies ou le climat désertique. Du côté mexicain, les pertes sont estimées à 25000.

Alors que les forces mexicaines sont en déroute à San Antonio et à la bataille de Contreras, elles doivent se retrancher à Churubusco, un couvent fortifié, protégé par des canons et 1300 hommes prêts à en découdre contre 6000 américains, face à eux.

RIZZO ET LES SAN PATRICIO

Rizzo est un soldat américain, hanté par des visions nocturnes de loups qui lui parlent. Son bataillon est en route vers Churubusco pour exterminer tous les mexicains retranchés dans le couvent. Il faut dire que le lieu est secret, indiqué sur aucune carte. De plus, le capitaine doit faire face à des désertions en masse dans ses rangs : des Irlandais et des catholiques ont décidé de changer de camp et de rejoindre les soldats sud-américains, appelés les San Patricio (en l’honneur de Saint-Patrick, symbole de l’Irlande). Rattrapé par les doutes et la peur, Rizzo glisse de plus en plus vers la désertion…

COMBATS ET CONTEMPLATION

Méconnue des européens, cette bataille finale est admirablement mise en image par Andrea Ferraris. Son album d’une grande force narrative est portée par un personnage principal intrigant, empli d’angoisses et de questions, mais aussi par le capitaine, dur au mal mais qui peut faire preuve de sensibilité.

Chaque chapitre (au nombre de 8) s’ouvre toujours par au minimum deux planches muettes, quasi contemplatives. Il faut souligner que Andrea Ferraris utilise avec une grande agilité la mine de plomb qui lui permet de proposer des planches en noir et blanc poignantes et fortes. Le lecteur peut même voir le grain de la feuille.

Diplômé de l’école secondaire à l’Académie des Beaux-Arts, l’artiste italien s’inscrit pour des cours de dessin à l’école Nuova Eloisa de Bologne où il reçoit les précieux conseils de Vittorio Giardino. En 1989, il intègre les Studios Disney où il propose une première histoire Topolino e il quarto Beatles (scénarisée par Bruno Sarda). Il travaille alors sur des récits ayant pour héros Mickey ou Donald. En 2005, il est le lauréat du Topolino d’Oro du meilleur dessinateur pour l’histoire Topolino, Gamba e il furto di Natale. En 2008, il débute des histoires pour des albums en dehors de l’univers Disney.

Article posté le vendredi 19 février 2016 par Damien Canteau

Couverture de l'album Churubusco de Andrea Ferraris
  • Churubusco
  • Auteur : Andrea Ferraris
  • Editeur : Rackham
  • Prix : 20€
  • Parution : 09 février 2016

Résumé de l’éditeur : 1847. Alors que les Etats-Unis occupent la Californie, un bataillon de soldats immigrés, victimes de discrimination de la part de leurs officiers, déserte pour rejoindre les Mexicains. Ils se font désormais appeler les San Patricios. Parmi les soldats lancés à leur poursuite, Rizzo, qui s’est engagé en échange de la citoyenneté et d’un lopin de terre, devra choisir son camp.

À propos de l'auteur de cet article

Damien Canteau

Damien Canteau

Damien Canteau est passionné par la bande dessinée depuis une vingtaine d’années. Après avoir organisé des festivals, fondé des fanzines, écrit de nombreux articles, il est toujours à la recherche de petites merveilles qu’il prend plaisir à vous faire découvrir. Il est aussi membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée).

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