Fojo

Les éditions FamiliaR nous proposent la première publication en France de l’auteur portugais Osvaldo Medina. Plongée dans un huis-clos angoissant au coeur des montagnes portugaises de l’entre-deux-guerres.

 

 

Une chasse au monstre

Lorsqu’une jeune bergère est retrouvée morte dans la montagne, tout semble accuser les loups. Jusqu’à ce que le médecin livre son verdict : « Ce n’est ni un loup, ni un animal qui a fait ça ! » Un assassin se cache parmi la communauté et il n’a pas fini de frapper. La panique s’empare du village. Entre les secrets et les traditions, la chasse au monstre peut commencer…

 

Fojo: Un piège à loups

 

 

Fojo, c’est le mot portugais pour désigner un ancien dispositif en pierres plutôt courant dans le nord du pays. En forme d’entonnoir, il avait pour but d‘acculer les loups après la traque pour les piéger et les mettre à mort.

Mais c’est une traque d’un autre ordre qui nous est contée ici.

 

 

 

 

Qui se cache sous le masque ?

C’est de la traque d’une figure masquée inspirée du Careto qu’il s’agit.

Le Careto, personnage traditionnel du carnaval de Tra-os-Montes au Portugal, court et saute dans les rues pendant les festivités.

Il est source de fertilité dans les rituels agraires mais il est aussi celui qui purifie tous les maux.

Quelle meilleure figure pour celui qui règle ses comptes dans un village de l’entre-deux-guerres  encore marqué par le passé et ses coutumes ?

 

 

Entre supersitions et religion

 

C’est surtout l’ambiance, prégnante dès la première page, qui marque à la lecture de Fojo. Osvaldo Medina place parfaitement les ingrédients du huis clos montagneux. L’isolement et l’entre-soi, les secrets et les non-dits, la tension grandit tout au long du récit.

Dans cet entre-deux-guerres tendu, le village hésite encore. On sent le poids du passé, ses traditions et ses superstitions. On constate aussi que la religion tente de s’imposer dans un Portugal mené de main de fer par Salazar.

 

En rouge et noir

 

À l’image de cette couverture, le dessin d’Osvaldo Medina s’avère particulièrement incarné et impactant.

Incarné par quelques personnages forts et un environnement dur et froid. Impactant par ce noir et blanc rugueux teinté parfois de ce rouge sang vibrant.

Une belle découverte graphique !

 

 

 

Un auteur jamais publié en France

 

Les éditions Familiar proposent la première traduction française d’Osvaldo Medina avec ce récit publié au Portugal en 2024. Il a déjà quatorze albums à son actif dans son pays. Son travail a plusieurs fois été récompensé. Il a reçu le Prix du meilleur dessin au Festival Amadora BD. Il a aussi été élu dessinateur de l’année en 2013 aux Prix professionnels de la bande dessinée portugaise.

Avec ce projet, financé sur Ulule, les éditions FamilaR permettent donc aux lecteurs français de découvrir un auteur confirmé.

 

 

Fojo: Un récit impossible à lâcher !

Avec Fojo, les éditions Familiar fêtent leur deux années d’existence. Elles signent aussi leur premier achat de droits à l’étranger. Ce thriller noir saura glacer le sang des lecteurs français qui oseront s’y frotter !

Article posté le mercredi 21 octobre 2026 par Jean-François Mariet

  • Fojo
  • Auteur : Osvaldo Medina
  • Éditeur : FamiliaR
  • Prix : 24€
  • Parution : 14 octobre 2026
  • Nombre de pages : 160
  • ISBN : 9782959723452

Résumé de l’album :

Dans un village perdu des montagnes portugaises, la neige étouffe à peine les hurlements des loups. Echos prémonitoires d’un sombre passé qui s’apprête à ressurgir.
Quand un corps est découvert au bord de la rivière, le loup est le coupable tout désigné.
Mais est-il le seul monstre qui rôde ?

À propos de l'auteur de cet article

Jean-François Mariet

De mes premières lectures avec Tif et Tondu à aujourd'hui, j'ai toujours lu de la bande dessinée. Très attiré par le noir et le polar, je lisde tout et je tente d'élargir mes horizons de lecteur avec de plus en plus de comics.

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