Junker

Deux frères que tout oppose, c’est très classique. Mais là où l’originalité s’installe c’est lorsque Simon Spruyt en fait des prussiens, envoyés dans une école militaire, du début du 20e siècle. Prêts à servir le roi Guillaume II, ils avancent dans des directions différentes dans Junker, publié par Cambourakis.

LES VON SCHLITT, UNE FAMILLE PRUSSIENNE RICHE

Etre né dans la famille Von Schlitt implique de grands sacrifices liés à de grandes responsabilités. Si le père fut un grand soldat qui perdit une jambe lors d’une bataille et ses deux enfants devaient absolument suivre ses pas. Oswald, frondeur et admirateur d’armes de guerre, tandis que Ludwig est un garçon effacé, plutôt loin de l’armée et sous le joug de son frère. La mère, quant à elle, se trouvait à Davos, dans un sanatorium car très malade.
Pour parfaire leur éducation, les deux jeunes adolescents sont envoyés dans une école militaire à Köslin, précédés par la réputation flatteuse de leur père. Entre l’exotisme des coutumes et les autres cadets, l’apprentissage n’est pas des plus simples.

LES RELATIONS FRATERNELLES AU CŒUR DE L’ALBUM

Dans cet album, Simon Spruyt propose une vision très personnelle des relations fraternelles à travers une histoire très originale. La toile de fond se situe en Prusse, le pays vainqueur de la Guerre contre la France en 1871. Dans ce pays heureux de l’issue du conflit, tout réussit aux habitants. Si l’esprit revanchard est du côté français, les prussiens, qui ont annexé l’Alsace et la Lorraine, sont bercés par une drôle d’euphorie. Le dessin de l’auteur Belge (SGF, éditions Même pas mal, 2014) est composé de traits très ligne claire et de teintes bleu-gris à l’aquarelle. Entre semi-réalisme et abstraction, les planches sont d’une belle qualité.

Article posté le vendredi 20 février 2015 par Damien Canteau

  • Junker
  • Auteur : Simon Spruyt
  • Editeur : Cambourakis
  • Prix : 26€
  • Sortie : 18 février 2015

Résumé de l’éditeur : Début du XXe siècle, quelque part en Prusse. Ludwig et Oswald von Schlitt sont deux frères au destin tout tracé. Désormais seuls garants de l’honneur de leur nom – leur père a laissé sa jambe et son prestige au combat lors de la guerre franco-prussienne de 1870 – Ludwig et Oswald sont envoyés à l’école des cadets où ils apprendront à servir leur roi, l’impopulaire Guillaume II, et où Ludwig se prendra de passion pour la fameuse mitrailleuse Maxim, arme diabolique qu’il apprendra à maîtriser parfaitement, jusqu’à succomber à sa fascination et déclencher d’un coup de feu fatal la Première Guerre mondiale.

À propos de l'auteur de cet article

Damien Canteau

Damien Canteau

Damien Canteau est passionné par la bande dessinée depuis une vingtaine d’années. Après avoir organisé des festivals, fondé des fanzines, écrit de nombreux articles, il est toujours à la recherche de petites merveilles qu’il prend plaisir à vous faire découvrir. Il est aussi membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée).

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