Le démon de l’hiver. Tout changement dans la vie peut avoir une signification, d’autant plus lorsqu’on est une enfant, que l’on part pour l’endroit le plus reculé du monde, sous un froid qui vous transperce jusqu’aux os, et que l’on fait la rencontre d’un visiteur des plus inattendus.

UN HIVER RIGOUREUX… ET UN DÉMON ?
Que ferais-tu si, en arrivant dans ta nouvelle maison avec ta mère, tu ranges tes affaires, sors jouer dans la neige et que, soudain, tu croises un groupe de démons venus se reposer, l’hiver touchant à sa fin, et que le fils de l’un d’eux s’intéresse à toi, se détache du groupe et reste à tes côtés ?
C’est ainsi que débute l’aventure de ces deux amis, en quête de leur place dans la vie, de leurs motivations, de leurs inquiétudes et, surtout, du plaisir de partager et d’apprendre l’un de l’autre. Le petit démon n’arrive pas à faire claquer ses doigts pour créer du feu, ce qui surprend l’héroïne ; désireuse de lui montrer comment s’y prendre et de l’aider à y parvenir, elle l’emmène alors chez elle.

Les saisons vont alors se succéder. Le printemps, avec ses allergies et ses éternuements de feu. L’été, fait de chaleur, de plage et de glaces . L’automne, avec ses pluies et Halloween. Puis, de nouveau, le rude hiver, annonçant le moment le plus triste pour tous les deux — non seulement parce que le petit démon n’a toujours pas appris à faire claquer ses doigts, mais aussi parce que l’heure de la séparation approche. Mais qui sait ? Le prochain hiver pourrait bien réserver une ou deux surprises… pleines de feu.

L’APPRENTISSAGE COMME DIVERTISSEMENT
La tendance dans l’album jeunesse consiste à marquer durablement les lecteurs, à orienter leurs lectures vers un message positif et, si l’on parvient en plus à leur laisser cette impression d’avoir découvert une œuvre belle et divertissante, la satisfaction est au rendez-vous. Énoncé ainsi, cela peut sembler simple ; il n’en est pourtant rien, car il s’agit d’un exercice exigeant, d’autant plus lorsqu’il faut à la fois l’écrire et le dessiner.

On peut facilement tomber dans des maniérismes convenus, dans les clichés ou dans la facilité consistant à savoir d’avance comment et où toucher le lecteur ; c’est là la voie la plus simple. Or Toni Galmés démontre ici, avec une grande subtilité, tout le contraire. A partir d’une rencontre fortuite, naît de rien une amitié indéfectible ; entre rires et expériences partagées se construit quelque chose que l’on garde à jamais en soi — l’apprentissage de la vie.

TONI GALMÉS ET SON EXCELLENT TRAVAIL sur Le démon de l’hiver
Telle est la prémisse de l’album Le démon de l’hiver, signé par Toni Galmés (Molly Wind, Quand la nuit tombe) en tant qu’auteur complet. Il nous propose une œuvre tendre et douce, réunissant toutes les caractéristiques de la bande dessinée jeunesse, tout en y insufflant cette touche si personnelle et charismatique qui marque l’ensemble de son travail.
À cela s’ajoute un dessin à la ligne claire, porté par des aplats et des pinceaux de couleur qui donnent corps à l’univers du récit, au point que l’on a parfois l’impression d’assister à un véritable film d’animation.

- Le démon de l’hiver
- Scénariste, dessinateur et coloriste : Toni Galmés
- Éditeur : Delcourt
- Parution : 22 janvier 2026
- Nombre de pages : 48
- Prix : 11,50€
- ISBN : 9782413092803
Résumé de l’éditeur : Une petite fille et sa maman, toutes les deux réfugiées d’un pays lointain, viennent vivre » de l’autre côté du monde « , un autre côté qui ressemble à la France. Elles débarquent en plein hiver et vont habiter chez une vieille dame qui les accueille et leur dit de rentrer » car il fait un froid de démons, dehors « . Il n’en faudra pas plus pour que notre petite héroïne en croise un pour de bon.
À propos de l'auteur de cet article
Daniel Custer
Vulgarisateur, chroniqueur, scénariste et membre de l'ACDComic espagnol. Lecteur passionné et consommateur avide de tout ce qui touche au monde de la bande dessinée. Le neuvième art, c'est la vie.
En savoir