L’esprit du 11 janvier

Eté 2015. Il ne reste plus rien de L’esprit du 11 janvier… En à peine 6 mois, le deuil est terminé, les pancartes Je suis Charlie rangées et l’enquête se poursuit. Qui sont ces grands malades qui ont assassinés les membres de Charlie Hebdo, deux policiers et des juifs de l’Hyper Casher ? Quelles étaient leurs motivations ? Pourtant Serge Lehman dans L’esprit du 11 janvier est loin de ces considérations. Lui pense qu’il y a des coïncidences troublantes survenues lors de ces tragédies.

DE TRÈS BEAUX PORTRAITS DES VICTIMES

Il s’installe face à la mer et écrit. Sa femme et sa fille continuent leurs vacances, lui continue de réfléchir. Il invoque les penseurs et les hommes politiques, notamment Jean-Marie Rouart, Jean-Pierre Raffarin, Pierre Nora (historien), Bernard-Henry Levy, Michel Houellebecq, Anthony Daniels (écrivain britannique) ou encore Michael Den Tandt (éditorialiste canadien).

Il revient aussi sur le numéro de Charlie, post-attentats mais surtout sur les vies de quelques uns des anonymes assassinés : Ahmed Merabet, policier 40 ans ou Clarissa Jean-Philippe, policière municipale dont les dernières paroles rassurantes témoignent de son professionnalisme : « Personne n’a rien. Vous êtes tous sains et saufs ». Ces deux phrases résonnent dans la tête de la conductrice rescapée. A chaque fois, il dresse un mini-portrait positif et porte un regard bienveillant comme sur Lassana Bathily qui cacha des personnes dans les frigos de l’Hyper Casher.

COÏNCIDENCES ÉTRANGES

Il décrit aussi l’émotion de ce dimanche 11 janvier 2015, où toute la France s’est arrêtée pour communier pour ses enfants morts et répétée qu’elle n’a pas peur.

Il montre aussi que des petits faits étranges (thèmes, coïncidences ou signes du ciel) ont émaillé les parcours des uns et des autres , ainsi que pendant les moments tragiques de ces quelques jours terribles.

Pour tout cela, il s’appuie sur des écrits ou des paroles prononcées par les protagonistes (notes en fin d’album).

UNE PARTIE GRAPHIQUE SOBRE

De son côté Gess, le dessinateur de Carmen McCallum (avec Vatine et Duval, Delcourt), dévoile des planches en noir et blanc d’une grande sobriété, juste et simple où les regards des protagonistes sont empreints de belles émotions.

L’esprit du 11 janvier :  un album touchant pour ne pas oublier les victimes.

Article posté le mercredi 06 janvier 2016 par Damien Canteau

  • L’esprit du 11 janvier, une enquête mythologique
  • Scénariste : Serge Lehman
  • Dessinateur : Gess
  • Editeur : Delcourt
  • Prix : 9.95€
  • Sortie : 06 janvier 2016

Résumé de l’éditeur : C’est à une rêverie que nous convient Serge Lehman et Gess dans ce retour sur les attentats qui ont frappé la France. Mais aussi une enquête sur les petits faits étranges qui ont scandé la tragédie : coïncidences, thèmes qui se répondent, personnages dédoublés, signes du ciel, etc. Les auteurs explorent, par jeu autant que par refus de céder au désespoir, la possibilité d’un miracle que personne n’aurait vu.

 

À propos de l'auteur de cet article

Damien Canteau

Damien Canteau

Damien Canteau est passionné par la bande dessinée depuis une vingtaine d’années. Après avoir organisé des festivals, fondé des fanzines, écrit de nombreux articles, il est toujours à la recherche de petites merveilles qu’il prend plaisir à vous faire découvrir. Il est aussi membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée).

En savoir