Lost Gods, Maxa la sorcière aux yeux de chat

Après un premier titre, Lost Gods, aux éditions Patayo, Evergreen Yeh revient nous conter l’histoire de Maxa, la sorcière aux yeux de chat. De son voyage de Taïwan jusqu’en Espagne, de ses rencontres et de sa vie là-bas, l’auteur nous fait voyager et découvrir les yokais du folklore taïwanais.

Evergreen Yeh Maxa Lost Gods édition Patayo

Mo Yu est peintre et passeuse d’esprits. Après une première mission auprès de Shen Mu, l’esprit de l’arbre, Mo Yu doit aider Maxa, la sorcière aux yeux de chat. Cela fait bien longtemps que la sorcière est loin de son île taïwanaise. En Espagne, Maxa est en proie à la peine, à la douleur, à la rage. Mo Yu pourra-t-elle faire quelque chose pour aider la yokai ?

A la recherche de Maxa

Evergreen Yeh Maxa Lost Gods édition Patayo

Le premier opus de Lost Gods, aux éditions Patayo, raconte le voyage de l’esprit de l’arbre, emprisonné dans une chaise, à la recherche de sa forêt originelle. Même si ce second opus suit une nouvelle fois la peintre Mo Yu, les deux tomes peuvent se lire complètement indépendamment l’un de l’autre. Maxa entame un nouveau voyage, à la découverte d’un autre continent. De Taïwan à l’Espagne, la route est longue pour Mo Yu. Elle l’est d’ailleurs aussi pour l’auteur, Evergreen Yeh ayant réalisé Maxa lors de sa résidence artistique en Espagne, justement !

Maxa a traversé les époques : arrivée en Espagne peu avant l’Inquisition, elle s’attache à cette terre qu’elle découvre mais aussi à celles qui y vivent. Là-bas, elle y trouve l’amour, l’attachement, la perte aussi. Maxa nous raconte la rage de vivre et d’être, la volonté d’exister pour ce que l’on est, avec ses différences, son amour, sa force. Le dessin, tout en noir, blanc et gris, met en avant les liens qui se tissent entre les deux femmes, les transformations de Maxa de femmes ordinaires à sorcière aux yeux de chat. Plusieurs planches jouent avec les codes de la bande dessinée : ajoutant des cases, ou sortant du cadre, donnant alors des impressions tantôt de puissance, tantôt accentuant le désespoir des personnages.

Evergreen Yeh Maxa Lost Gods édition Patayo

En quelques aplats noirs et coups de crayon, Evergreen Yeh donne à Maxa et à son histoire un écrin où se mêlent les légendes de Taïwan et des récits bien actuels.

Voyage

Entre colère et mélancolie, entre mélange des genres et des cultures, Lost Gods tire sa force de la puissance de ses dessins, qui se suffisent à eux-mêmes. Le thème du voyage est une fois encore bien présent dans l’album, tout comme dans les autres titres d’Evergreen Yeh (que ce soit le premier Lost Gods chez Patayo ou Les Chroniques de l’île de l’éphémère, avec Li Shang-Chiao chez Nazca), motif de prédilection de l’artiste. Il est ici pluriel, à travers la quête de Mo Yu, le parcours de Maxa, ou l’ultime conclusion, sorte de respiration fascinante dans le dessin comme dans l’intrigue.

Evergreen Yeh Maxa Lost Gods édition Patayo

L’ouvrage se présente sous un format bien spécifique, propre à la collection des Petits Patayo. Dans un petit format à l’italienne, chaque page est composée d’une illustration et d’une ou deux lignes de textes juste en dessous, racontant les actions, les paroles, soulignant un élément. Lost Gods double d’ailleurs cette narration d’une traduction en chinois, en plus de celle en français. Un format intéressant qui fait écho aux origines de l’auteur puisqu’il s’agit d’un type de mise en pages utilisé à Taïwan.

Lost Gods, et l’œuvre d’Evergreen Yeh en général, sont des titres à suivre, à parcourir, à explorer !

Article posté le jeudi 16 janvier 2025 par Bénédicte Coudière

  • Lost Gods – Maxa la sorcière aux yeux de chat
  • Auteur : Evergreen Yeh
  • Editeur : Patayo
  • Prix : 11 €
  • Parution : 17 janvier 2025
  • Nombre de pages : 92
  • ISBN : 9782491177727

Résumé de l’éditeur : Lost gods, la suite. Maxa, est la nouvelle mission de Mo yu, la passeuse d’esprit. La sorcière aux yeux de chat est bien loin de son île taïwanaise. Que vient-elle faire en Espagne au temps de l’inquisition ? Cette femme, sorcière, pourra-t-elle se libérer de ses tourments ? Cette histoire est aussi une rencontre entre les yokai orientaux et les monstres occidentaux, un véritable festin de créatures démoniaques. C’est un petit livre dense , dense par une certaine noirceur historique, dense par ses références culturelles, dense par son émotion. Mais léger finalement comme les ondes sous les pieds des 2 femmes lors de leur rencontre finale…

À propos de l'auteur de cet article

Bénédicte Coudière

Journaliste spécialisée en bande dessinée mais aussi en jeux vidéo depuis près de 15 ans, conférencière, autrice et plein d'autre chose encore ! Membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée), elle est passionnée d'art et de narration, d'exploration de papier et de pleins d'autres choses encore.

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