Plastok tome 3 – La métamorphose

Parle-t-on des séries qui se terminent ? Rarement. Et pourtant, c’est une bonne occasion de faire le bilan d’une lecture. Plastok tome 3, de Maud Michel et Nicolas Signarbieux, clôt donc la série de « science-fiction » publiée par Glénat. Ami des insectes il est l’heure de ranger les jouets (en plastok, évidemment) !

Plastok tome 3 : il est venu le temps des révélations

Plastok tome 3La capitaine Blackwings est parvenu à fédérer les insectes « nuisibles » contre les autres, notamment menés par les Fourmis, qui ont quelques difficultés à se coordonner face à la menace. Dans l’Empire, la générale fourmis et la ronin abeille pensent avancer pour comprendre la mort de la Grande Prêtresse Anasta CXV. Mais il est possible que la vérité se cache sous les faux-semblants et que seule une illumination divine puisse apporter toutes les réponses. Le petit puceron accusé du meurtre pourrait-il revenir du continent de Plastok avec les solutions ?

Je n’ai pas lu les deux premiers tomes, ça raconte quoi Plastok ?

Rappelons rapidement le concept de Plastok. On se trouve sur Terre, dans un futur dans lequel les humains ont disparu et les insectes ont évolué. Ces derniers considèrent les disparus comme des dieux ayant laissé un don unique derrière eux, le Plastok. Les différentes sociétés insectoïdes se sont connectées de sortes à créer un monde unifié bien que pas forcément allié.

Plastok tome 3 démontre la cohérence de l’univers

Le concept de départ de Maud Michel était très malin. Il consistait à imaginer comment nous pourrions nous auto-détruire et à la trace que nous aurions laissée derrière nous. Sans spoiler, c’est sur cette note que se termine la série. L’autrice a bâti tout un monde cohérent, qu’elle ne cherche pas à explorer pleinement.

Nous avons les réponses aux questions posées par la mort de la Grande Prêtresse, quelques révélations plus globales sur les dieux, mais de manière limitée. Il y aurait matière à explorer plus loin cet univers, mais aucun indice n’indique que cela sera le cas dans un futur proche.

Un monde plus terre-à-terre qu’on ne le croit

Plastok tome 3 page 6Même si l’on suit les aventures d’insectes parlant et civilisés, point de fantastique dans Plastok tome 3. C’est du réel que viennent les réponses. Ça parle de politique, de manipulation, d’émancipation et sûrement pas de Deus Ex Machina. Plastok, c’est l’histoire d’un monde qui change et qui évolue vers plus d’égalité. Ce que nous avons initié par le passé et que nous n’avons pas su faire aboutir. Mine de rien, Maud Michel nous offre une petite leçon que nous ferions bien de retenir.

Plastok tome 3 offre des réponses nuancées

On apprécie d’avoir toutes les réponses quant à la mort de la Grande Prêtresse. On apprécie aussi que toutes les personnes impliquées ne répondent pas à des impératifs mauvais. Il y a de mauvaises décisions de prises, mais des décisions logiques pour les personnages concernés. Et ils ne sont pas forcément détestables, quand bien même ils incarnent une opposition au héros.

La découverte d’un dessinateur

Puisque la série se termine, disons qu’on aura apprécié de découvrir le dessinateur Nicolas Signarbieux. Son dessin, fortement marqué par une culture d’animation, se montre tout à fait solide. Sa mise en scène est efficace, dynamique et le tout aura permis de donner vie à cet univers de manière tout à fait crédible.

Plastok tome 3, on aurait bien pris un tome 4

Trois tomes donc à acheter pour lire la série Plastok. Une série tous publics, intelligente et bien construite qui n’a qu’un défaut : elle se serait encore bonifiée avec un tome ou deux en plus. Mais au moins, les éditions Glénat ont-elles permis de lire la conclusion de cette histoire. Bonne chance à Maud Michel et Nicolas Signarbieux pour la suite, ils mériteraient de signer un nouveau projet.

Article posté le vendredi 30 mai 2025 par Yaneck Chareyre

Plastok tome 3 de Maud Michel et Nicolas Signarbieux (éditions Glénat)
  • Plastok tome 3 – La métamorphose
  • Scénariste : Maud Michel
  • Dessinateur : Nicolas Signarbieux
  • Nombre de pages : 72
  • Prix : 15€95
  • Date de publication : 21 mai 2025

Résumé éditeur : Après que le monde des hommes a disparu, les insectes ont pris le pouvoir et érigé une nouvelle civilisation ! Dans ce monde, Bug le puceron est l’ennemi public numéro un depuis l’assassinat de la grande prêtresse Anasta ! Chassé de la cité d’Hexapoda, il s’est lancé dans une cavale effrénée en rejoignant l’équipage de la pirate Blackwings. Car en plus d’être accusé du meurtre de sa prêtresse, Bug est jugé inférieur, comme tous les « nuisibles ». Mais depuis peu, la révolte gronde parmi tous ces insectes opprimés par les « justes » :  les coccinelles, les abeilles et les fourmis. Les « nuisibles » ont désormais soif de liberté, une liberté revendiquée par Blackwings. La pirate veut marcher sur Hexapoda et aura besoin de renfort pour renverser le vieux monde. Maintenant qu’elle a trouvé le légendaire continent de Plastok, elle compte bien marchander ce trésor contre une armée de guêpes ou de criquets. Pendant que les esprits s’échauffent, en interne, une enquête plus approfondie sur la mort de la prêtresse est ouverte… Bug va-t-il enfin être innocenté ? Pendant ce temps, à Hexapoda, la nouvelle prêtresse qui a succédé à Anasta rassemble ses forces pour faire face à l’armée des « nuisibles » ! Bientôt, la grande guerre aura lieu et le sang va couler. À moins qu’un miracle ne vienne mettre un terme à la haine…

À propos de l'auteur de cet article

Yaneck Chareyre

Journaliste , critique et essayiste BD depuis 2006.

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