Azil chez Gaëtan Becpincé

Notre avis : Echoué sur une plage, un gentil petit ourson en peluche est recueilli par Monsieur Lepillier, instituteur. Il lui donne alors le prénom de Azil. Cette gentille mascotte trouve alors refuge tous les week-ends dans la famille d’un élève. Jean-Marie Omont, Charlotte Girard et Tanja Wenisch dévoilent la première aventure de Azil, Azil chez Gaëtan Becpincé, aux éditions La Gouttière.

AZIL RECUEILLI TOUS LES WEEK-ENDS

Quelle chance Azil a eu de tomber sur ce gentil professeur ! Chouchouté la semaine dans la classe par les élèves, il l’est aussi le samedi-dimanche par sa famille d’accueil – enfin, le croit-il. Cette fois-ci, il atterrit chez les Becpincé et comme leur patronyme l’indique, la mère de Gaëtan n’est pas des plus commodes : elle le lave et le laisse même sécher la nuit dans le jardin. Fâché par la situation, l’enfant décide de s’enfuir avec l’ours en peluche…

« FAIRE PASSER DES MESSAGES »

Le récit de Jean-Marie Omont et de Charlotte Girard est idéal pour le tout-petits. Cette nouvelle série, comme le souligne la scénariste, aura comme toile de fond des thématiques contemporaines fortes qui parlent aux enfants (Alzheimer, la différence physique pour les deux prochains albums, déjà écrits) afin d’engager intelligemment la discussion avec les tout-petits. Pour elle, il est « indispensable de trouver les mots pour faire passer des messages ».

AZIL ET LES ROMS

Si Azil est une peluche réfugiée, son bel accueil par le professeur est une belle preuve de solidarité. En le faisant voyager tous les week-ends dans une famille différente, il pourra vivre des aventures variées. Au-delà d’une mère stricte, l’histoire met en lumière la perception des Hommes envers les Roms. Nino, le petit rom, ami avec Gaëtan et l’ourson pourra ainsi faire découvrir sa vie, sa famille et ses coutumes, ainsi que les difficultés qu’ils éprouvent face au rejet des autres habitants.

Si nous, les adultes, mettons beaucoup de barrières entre les Hommes, « les enfants prennent ça avec plus de légèreté » confie l’auteure.

UN TRAIT CHALEUREUX

La partie graphique de Tanja Wenisch restitue admirablement l’ambiance chaleureuse du récit. Son trait aux crayons de couleurs lui permet de proposer des planches d’une grande douceur malgré le propos parfois fort. Des illustrations pleine-page entrecoupent les pages aux grandes vignettes (de 2 à 4 cases maximum) qui mettent bien en valeur ses personnages tout en rondeur.

Après les éditions Des ronds dans l’o qui proposent Koko au pays des Toutous de Jean-Benoît Meybeck sur le thème des migrants, saluons l’initiative des éditions La gouttière qui dévoilent le premier album d’Azil, une belle série prometteuse pour le jeune lectorat.

Article posté le mardi 22 mars 2016 par Damien Canteau

Azil chez Gaëtan Becpincé, belle aventure pour les tout-petits de Jean-Marie Omont, Charlotte Girard et Tanja Wenisch aux éditions La Gouttière, décrypté par Comixtrip le site BD de référence
  • Azil, tome 1 : Azil chez Gaëtan Becpincé
  • Scénaristes : Jean-Marie Omont et Charlotte Girard
  • Dessinatrice : Tanja Wenisch
  • Editeur : La Gouttière
  • Parution : 18 mars 2016
  • Prix : 10.70 €

Résumé de l’éditeur : Azil, c’est le nom d’un ours, un ours en peluche pas comme les autres. Cet ours a une histoire singulière, c’est un ours trouvé et il va vivre de nombreuses aventures grâce aux enfants d’une classe de maternelle.
Simple peluche au regard des humains qui l’entourent, Azil est pourtant doté d’une conscience qu’il utilise pour partager avec le lecteur ses impressions, humeurs et sentiments.

À propos de l'auteur de cet article

Damien Canteau

Damien Canteau

Damien Canteau est passionné par la bande dessinée depuis une vingtaine d’années. Après avoir organisé des festivals, fondé des fanzines, écrit de nombreux articles, il est toujours à la recherche de petites merveilles qu’il prend plaisir à vous faire découvrir. Il est aussi membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée).

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