Raven et l’ours

Notre avis : Que faire quand on a perdu le chemin de sa maison ? Faire confiance à un ours ? Raven arrivera-t-elle a revenir chez elle ? Toutes ces questions et bien plus encore dans Raven et l’ours, un merveilleux album jeunesse de Bianca Pinheiro.

Jeune fille à lunettes et bonnet bleu, Raven s’aventure seule dans la grotte d’un ours sans aucune crainte. Elle lui demande s’il n’a pas vu ses parents. Devant la naïveté de l’enfant, il décide même de l’accompagner pour retrouver son chemin.

Dessins explicatifs et boussole sous le bras, ils débutent leur route. Pour parer à toute éventualité, Dimas – le gros animal –  confectionne un énorme sac où il met des tas de choses. Ils croisent alors un homme qui leur dit de ne pas manger les fruits d’un arbre et se retrouvent même dans une ville fortifiée étrange…

Raven et l’ours est une petite merveille ! L’histoire imaginée par Bianca Pinheiro est construite comme un conte initiatique. En empruntant les routes, ils découvrent tous les deux le chemin de la vie. Cet étrange duo – une petite fille valeureuse et un ours sympathique – nous charme et nous enchante. Dimas a des fulgurances dans ses dialogues, très drôles. Raven est insouciante et légère, tandis que l’ours est pragmatique et bougon.

Pour pimenter son récit, l’auteure brésilienne les emmène dans une étrange cité où les règles édictées par un roi, sont des plus farfelues. Elle glisse aussi de nombreux clins d’œil aux contes enfantins, mais aussi aux séries comme Harry Potter ou Sherlock Holmes. De plus, Bianca Pinheiro réalise de magnifiques planches aux couleurs numériques.

  • Raven et l’ours
  • Auteure : Bianca Pinheiro
  • Editeur : La Boîte à Bulles, collection La malle aux images
  • Prix : 14€
  • Parution : 07 juin 2017
  • ISBN : 9782849532843

Résumé de l’éditeur : La petite Raven a un souci et il est de taille : elle a perdu sa maison et ses parents. Heureusement pour elle, elle trouve un précieux allié en la personne de Dimas, un gros ours un peu ronchon qui, malgré ses tendances pantouflardes, n’a pas le coeur de la laisser seule. Sac à dos chargé sur les épaules, ils s’engagent donc tous les deux dans une folle recherche. Leur point de départ ? Un portrait – pas vraiment ressemblant – des parents de Raven, dessiné au crayon de couleur sur du papier machine. Leur chemin les mènera jusqu’aux portes d’une étrange ville fortifiée où chaque question posée implique une énigme à résoudre. Comme s’ils n’avaient pas déjà assez d’un problème à régler ! Par chance, Raven et Dimas ont plus d’un tour dans leur sac et ne comptent pas se laisser duper par les absurdités de la ville. Leurs trépidantes aventures ne font que commencer ! Une aventure pleine d’humour, où l’extravagance côtoie le bon-sens et l’intelligence.

Tante Wussi

Notre avis : La famille Wussi en fuyant l’Allemagne dans les années 30, pensait qu’elle serait en sécurité en Espagne. Pas de chance, la Guerre Civile faisait aussi rage. Katrin Bacher et Tyto Alba dévoilent Tante Wussi aux éditions Steinkis.

Majorque de nos jours. Katrin rend visite à sa grand-mère. Autour d’un thé, elles discutent et la vieille femme lui raconte son histoire personnelle dans l’Allemagne nazie des années 30.

La famille Wussi était juive, pas simple dans ce contexte du début de règne par la terreur de Hitler. Passionné de photographie, son père découvre l’île de Majorque et décide d’aller s’y installer. Dans un premier temps, il s’y rend seul pour faire des repérages. En même temps, cela lui permettait de la photographier en long et en large. Il avait même ouvert un studio qui n’était pas très rentable.

A la fin de l’été 1933, le reste de la famille monte dans un train puis utilise un paquebot pour le rejoindre. La vie est plutôt douce malgré le manque d’argent et les repas identiques. Mais une autre menace guettait : la volonté de Franco de prendre le pouvoir par les armes et la Guerre Civile Espagnole qui allait scinder le pays en deux camps…

Tante Wussi est un très beau roman graphique signé Katrin Bacher, qui semblerait être un récit autobiographique de l’auteure. En se mettant en scène en train de discuter avec sa grand-mère, elle peut dévoiler les pans de la vie de la vieille femme. Sa famille ayant connu deux régimes dictatoriaux, cette richesse lui permet de conter l’Histoire de l’Europe des années 30 : la petite histoire qui raconte la grande Histoire.

La première partie semble douce sur l’île de Majorque, la seconde avec le retour en Allemagne, l’enfermement, les camps et les morts dans la famille proche rend l’album plus sombre.

La partie graphique nous a beaucoup marqué. Le trait de Tyto Alba chaleureux et doux tranche avec les scènes sombres du récit. Son dessin à l’aquarelle s’inscrit dans la veine de Jean-Jacques Sempé et peut aussi nous faire penser aux illustrations de François Ravard. L’auteur espagnol livre des planches très belles et envoutantes.

  • Tante Wussi
  • Scénariste : Katrin Bacher
  • Dessinateur : Tyto Alba
  • Editeur : Steinkis
  • Prix : 16€
  • Parution : 31 mai 2017
  • IBAN : 9782368460733

Résumé de l’éditeur : Au début des années 1930, la petite Wussi et sa famille quittent Fribourg pour Majorque. Leur bonheur paisible est malheureusement rattrapé par la guerre civile espagnole. Les parents décident que les plus jeunes enfants et leur mère seront plus en sécurité en Allemagne. Wussi retrouve alors sa famille allemande, découvre les lois de Nuremberg et prend conscience de l’épée de Damoclès que représente l’origine juive de sa mère.

Le chant des souliers rouges, volume 1

Notre avis : Deux lycéens aux passions contrariées vont réussir à s’épanouir dans le domaine qui leur tient à cœur. Mizu Sahara dévoile le premier volume de sa série Le chant des souliers rouges, aux éditions Kazé.

Kimitaka est un lycéen très particulier. Malgré une grande distance et deux heures de transport par jour pour rejoindre son établissement, il préférè cela à un plus proche de chez lui.

Son grand-père lui offre une paire de chaussures de sport rouges pour qu’il puisse pratiquer son sport favori, le basket. Mais un jour qu’il est défié par un autre lycéen, il le bouscule fortement et ce dernier doit être hospitaliser.

Enervé, il décide de jeter par dessus le pont ses baskets toutes neuves. A ce moment-là, il croise la route d’une jeune fille qui elle aussi tente de jeter ses souliers rouges de flamenco par-dessus le pont…

Quelques années plus tard, Kimitaka découvre qu’elle pratique le basket, qu’elle aime ce sport, lui qui lui avait offert sa paire de chaussures de sport. Dans le même temps, elle lui avait échangé ses souliers de flamenco. Malgré une envie de s’entrainer à cette danse, il n’avait jusqu’alors jamais franchi le pas…

Prépublié dans la revue Gessan des éditions Shôgakukan au Japon depuis 2011, Le chant des souliers rouges est un très bon petit seinen. Mizu Sahara a imaginé un récit d’une très grande originalité, peu entrevue en manga. Elle met en scène deux lycéens – Kimitaka et Takahara – qui malgré quelques différences, se ressemblent. Ils sont mal dans leur peau, ne pouvant pas vraiment faire ce qu’ils veulent de leur vie. Chacun de son côté, ils ne peuvent pas pratiquer leur passion.

Le jeune lycéen est introverti et se referme sur lui depuis l’incident au basket. Il ne veut plus rien faire, ni sport ni activité. De l’autre, Takahara, très grande, avec de grands pieds et qui ne veut plus danser le flamenco. Sans le vouloir, l’adolescent bouleverse sa vie en lui donnant sa paire de baskets.

Titre court de 6 volumes, Le chant des souliers rouges dépeint avec justesse ces deux mondes qui s’opposent : celui du lycéen qui s’éteint et de l’autre celui de la lycéenne qui s’illumine. Même s’il faut attendre la fin du premier volume pour voir enfin Kimitaka chausser les souliers rouges, le manga se lit avec grand plaisir.

Le trait de la mangaka (A l’unisson chez Taifu ou Un bus passe) est d’une grande délicatesse et élégance, tout en retenue et pudeur.

  • Le chant des souliers rouges, volume 1
  • Auteure : Mizu Sahara
  • Editeur : Kazé
  • Prix : 8.30€
  • Parution : 08 mai 2017
  • ISBN :9782820328403

Résumé de l’éditeur : Deux collégiens aux passions contrariées. Le hasard d’une rencontre. Des chaussures rouges échangées. Devenu lycéen, Kimitaka découvre que suite à ses encouragements, Takara, la fille à qui il a confié ses baskets, s’épanouit le ballon à la main. Inspiré, il décide à son tour de ressortir les souliers rouges pour se lancer dans le flamenco… et, peut-être, se trouver lui-même.

Poppy et le lagon perdu

Notre avis : Partie à la recherche d’un poisson exotique, Poppy Pepperton va découvrir les traces d’une civilisation ancienne. Matt Kindt et Brian Hurtt dévoilent Poppy et le lagon perdu, une aventure jeunesse Gallimard.

Colt Winchester et Poppy Pepperton survolent la ville en tapis magique. Ils se posent alors chez Ramsès dans son immense demeure riche en objets de toutes sortes. Il faut dire qu’en 4000 ans, le jeune garçon a pu en accumuler des objets magiques en tout genre. De son côté, la jeune fille est l’héritière d’une lignée d’explorateurs très connue.

Ils sont chez le petit prince d’Egypte pour attendre la prophétie d’une tête de momie. Elle ne parle qu’une seule fois par an, donc il faut être attentif à ses paroles.

Colt et Poppy regagnent leur bateau pour tenter de percer le mystère de la momie. A bord, la petite fille s’appuie sur les écrits de son grand-père pour arriver à ses fins…

Bien connu des amateurs de comics indépendants (The Valiant, XO – Manowar, Raï, Divinity ou Ninjak; tous chez Bliss Comics), Matt Kindt quitte momentanément l’univers des super-héros pour imaginer une très belle aventure jeunesse. Il met en scène Poppy, une jeune fille, très beau mélange de Adèle Blanc-Sec, Tintin ou Indiana Jones. Fougueuse, curieuse et vaillante, elle n’a pas froid aux yeux. Accompagnée de son fidèle Colt – un vieil aventurier qui a connu son grand-père – elle rivalise d’intelligence pour se sortir de mauvaises passes. A grand coup d’objets insolites, tels ceux de James Bond, elle tente de percer le mystère d’une civilisation antique mais aussi celui de son aïeul.

Cette aventure simple et fantastique mais accrocheuse est mise en image par Brian Hurtt, le dessinateur entre autre de The six guns ou Queen and Country. Il réalise de magnifiques planches à l’aquarelle. Son trait vif bénéficie de couleurs très modernes.

  • Poppy et le lagon perdu
  • Scénariste : Matt Kindt
  • Dessinateur : Brian Hurtt
  • Editeur : Gallimard
  • Prix : 19€
  • Parution : 08 juin 2017
  • ISBN :9782075078481

Résumé de l’éditeur :  Le goût de l’aventure, c’est de famille ! À l’âge de dix ans, Poppy Pepperton est bien l’héritière de son grand-père : c’est une super exploratrice ! Il suffit qu’une tête de momie fripée lui délivre un mystérieux message pour qu’elle parte illico autour du monde, accompagnée de son vieux tuteur, Colt Winchester… à la recherche d’un poisson exotique au pouvoir légendaire ! Un voyage aussi excitant qu’imprévisible qui la mènera sur les traces d’une ancienne civilisation. Et à la découverte du passé secret de son grand-père…

Happy Birds

Notre avis : Hugo Piette (Varulf) et Lewis Trondheim (Mildiou) signent le sympathique recueil de petits gags Happy Birds qui raconte l’histoire du pauvre Pekko malmené par le feu des projecteurs et par une bande d’oiseaux et de cochons.

Vous avez sûrement entendu parler d’Angry Birds le jeu développé par Rovio où des oiseaux aux couleurs simples sont en colère (là je vous surprends) contre une bande de Bad Piggies, les cochons verts, car ils ont volés leurs œufs. Cela se présente sous forme de casse-tête où l’on doit envoyer les oiseaux contre des structures érigées par les Bad Piggies à l’aide d’un lance-pierre afin de les détruire. A chaque niveau la difficulté est renforcée pour rendre accrocs les joueurs et développer des capacités de réflexion. Un jeu particulièrement addictif.

Et c’est dans cet univers de joueurs que l’on retrouve Pekko un jeune de 26 ans au look hipster qui se détend devant son jeu après une dure journée de… rien. Pekko ne fait que jouer toute la journée jusqu’à ce qu’un jour, il remarque une offre d’emploi pour travailler chez Rovio. S’en suit une série de gags où le pauvre Pekko est malmené dans des situations loufoques au plus grand plaisir de ses patrons.

Le recueil est publié sous le format cartonné à l’italienne (230×120) de 104 pages que l’on peut lire d’une seule traite (l’histoire se suit) même si on peut aussi l’ouvrir au hasard et s’amuser aux dépens de notre jeune ornithophile 2.0. Les pages de Happy Birds ont été pré-publiées dans Spirou durant deux ans avant de faire son apparition le 14 juin dans ce format. Un sympathique moment à passer dans l’univers si familier de Red, Chuck et les autres Angry Birds, publié chez Delcourt.

  • Happy Birds
  • Auteurs : Hugo Piette et Lewis Trondheim
  • Editeur : Delcourt, collection Shampooing
  • Prix : 14.95€
  • Parution : 14 juin 2017
  • ISBN :9782756094908

Résumé de l’éditeur :

Pekko est un ornithophile 2.0, fan d’Angry Birds. Il passe ses journées à dégommer du cochon vert et il est temps pour lui de trouver un boulot, même payé au lance-pierre.

Chez Rovio, développeur du jeu, Pekko va gravir les échelons d’une hiérarchie à l’image de leur jeu : haute en couleurs. Avec un format à l’italienne, les gags s’enchainent avec moult rebondissements : il n’en faut pas plus pour que nous devenions tous des « happy birds ».

 

Le livre de Piik, tome 3 Le serment du bourreau

Notre avis : Dernier volume des magnifiques aventures du petit garçon qui voulait apprendre à lire dans Le livre de Piik, un album merveilleux de Cécile et Christophe Cazenove chez Bamboo.

Le père de Piik est toujours à sa recherche. Il interroge Flavien, le vieil herboriste qui a aidé le petit garçon dans sa quête d’apprendre à lire. Il lui explique qu’une nuit, Piik fut enlevé par deux hommes qui l’ont conduit dans un prison. Après avoir récupéré des informations de Sallertaine, le bourreau, l’herboriste et le curé se mettent en route.

De son côté le petit garçon ne fait que peu d’efforts pour sortir de sa geôle. Dans le château de Hérald, il découvre une belle tapisserie autour des dons de magie. En effet, il apprend qu’il n’était pas prisonnier et retrouve Olaf, son renard de compagnie.

Il quitte la demeure pour retourner à la ville. Accompagné des deux hommes qui l’ont enlevé, il prend aussi le temps de déchiffrer la lettre de sa mère. Stupéfait, il comprend que son père – le bourreau – n’est pas son père biologique…

On ne vous le cache pas, Le livre de Piik est un vrai coup de cœur de la rédaction de Comixtrip ! Dans cet ultime tome, tous les secrets sont levés. Cette dernière aventure imaginée par Christophe Cazenove se mue en vraie quête d’identité après la découverte de Piik. Comme nous vous l’expliquions dans le tome 1 mais aussi dans le tome 2, la magie et le fantastique sont aussi au rendez-vous de ce 3e volume.

Avec parfois une certaine forme d’hommage aux albums de Johan et Pirlouit, la merveilleuse série de Peyo (les chateaux, les aventures, les méchants un peu crétins, la magie, pas de mort…) l’auteur des Sisters (avec William) ou Tizombi est très inspiré. C’est d’ailleurs sa meilleure série et de loin.

Pour accompagner Cazenove, Cécile est au sommet de son art. Là encore, nous ne pouvons vous cacher que nous sommes amateurs de son travail. La dessinatrice de la belle série Lulu et Fred (avec Jean-Jacques Thibaud et Nicolas Robin, on aimerait d’ailleurs un nouvel opus !) nous charme par des planches idéales pour les plus jeunes.

Le livre de Piik : un cadeau à offrir aux plus petits pour un bel été !

  • Le livre de Piik, tome 3/3 : Le serment du bourreau
  • Scénariste : Christophe Cazenove
  • Dessinatrice : Cécile
  • Editeur : Bamboo
  • Prix : 10.90€
  • Parution : 31 mai 2017
  • IBAN : 9782818941539

Résumé de l’éditeur : Dans le Moyen Âge de la guerre de Cent Ans, avoir dix ans et vouloir apprendre à lire est une vrai bataille ! Maintenant que Piik possède les bases de la lecture, il va pouvoir déchiffrer la lettre laissée par sa maman avant de mourir et comprendre que si lire peut changer la vie, la sienne en sera bouleversée à tout jamais ! Quand la magie, la sorcellerie, la guerre, les joies et les trahisons investissent votre existence, il est difficile de rester soi-même. Piik grandit, peut-être un peu plus vite que prévu …

Madgermanes

Notre avis : Madgermanes est un très beau portrait de Mozambicains arrachés à leur terre et envoyés en RDA dans les années 80. A travers 3 personnages fictifs, Birgit Weyhe met en en scène une histoire douloureuse encore pour les Allemands et méconnue en France.

Fuyant la misère du Mozambique, ex-colonie portugaise et indépendante depuis 1975, 20 000 Mozambicains se retrouvèrent en RDA (Allemagne est-allemande) déracinés mais surtout loin de l’eldorado présenté au départ. C’est ainsi que trois d’entre eux – José, Basilio et Anabella – arrivent dans ce pays inconnu pourtant « frère socialiste ».

Birgit Weyhe imagine leur destin – personnages fictifs qui sont le fruit d’un mélange de plusieurs témoignages – en RDA pendant plusieurs années. Placés dans des foyers collectifs, ils ne trouvent pourtant pas leur place, renvoyés systématiquement à leurs origines ou leur couleur.

Ainsi Madgermanes est donc un très bel album sur l’immigration non-choisie par les migrants, leur délicat quotidien – beaucoup repartiront rapidement au Mozambique mais considérés alors comme étrangers – spoliés, volés et ruinés. Les archives est-allemandes s’ouvrent avec leurs surprises, leurs parts d’ombres comme ces vies brisées, un pan méconnu de l’Histoire de l’Allemagne.

C’est souvent dur, c’est fort et poignant mais Madgermanes est un excellent roman graphique au dessin original et moderne.

  • Madgermanes
  • Auteure : Birgit Weyhe
  • Éditer : Cambourakis
  • Prix : 24€
  • Parution : 05 avril  2017

Résumé de l’éditeur : Ce nouvel ouvrage de l’auteur de La Ronde et Kermesse au Paradis dévoile un pan méconnu de l’histoire de l’ex-RDA et du Mozambique. Suivant les trajectoires de 3 personnages fictifs, elle met en lumière le parcours de de ces 20.000 Mozambicains qui, au début des années 1980, ont été envoyés chez leurs « frères communistes » dans une RDA alors en quête de main-d’oeuvre. Leur situation, difficile, s’est rapidement dégradée à la chute du Mur de Berlin. Certains sont restés en Allemagne, d’autres sont retournés en Afrique, se retrouvant comme étrangers dans leurs terres dans les deux cas. Un témoignage sensible et éclairant qui met en perspective les questions des migrations, toujours plus d’actualité.

Objectif : père

Notre avis : Francisco de la Vega raconte l’attente de son enfant et son quotidien de nouveau papa dans Objectif : père, un album Hachette Famille.

Parisiens, Francisco et Ofélia sont les plus heureux : ils vont devenir parents. Geek, hyper-connecté, enfant de la génération Y, le futur père découvre un nouveau monde : celui de la paternité. Pour s’y préparer, il navigue sur le net, remplit des tests et se souvient de ses années d’enfance, celles du Club Dorothée.

Il somatise, est persuadé qu’il est lui aussi enceinte et a peur lorsqu’il découvre le cliché de la première échographie. Son parcours du combattant débute lorsqu’il faut emmener Ofélia à la clinique (les fameux labyrinthes de l’hôpital).

Nombre de bandes dessinées sur la thématique de la paternité fleurit depuis moins de 10 ans. Si Papa pas prêt de Sess (Vraoum), Le père des étoiles de Seb Piquet (Delcourt) ou l’excellent Guide du mauvais père de Guy Delisle (Delcourt) nous ont charmé, il est donc difficile d’être accroché par un énième album sur cet thème. Restent l’auto-dérision et l’humour de l’auteur.

Objectif : père peut être offert à un futur papa s’il n’a pas déjà lu des ouvrages humoristiques sur cette thématiques. Un moment simple, plaisant et amusant mais sans plus.

  • Objectif : père
  • Auteur : Francisco de la Vega
  • Éditer : Hachette Famille
  • Prix : 14.95€
  • Parution :  mai 2017
  • IBAN : 9782013964951

Résumé de l’éditeur : Francisco est un jeune homme geek rêveur et un brin flemmard. Il fait partie de cette génération Y qui a grandi dans les années quatre-vingt, regardait les mangas du Club Dorothée en jouant à la Game Boy…
Un beau jour, sans s’y attendre, Francisco apprend qu’il va devenir père. S’ensuit alors une série de gags truculents menant le héros sur des chemins insoupçonnés semés de découvertes et de questionnements en tout genre.

  • Une BD humoristique sur l’expérience de la paternité
  • Des quiz et des jeux pour s’amuser
  • Des pages d’éclairages et de conseils écrites par une psychologue

Toi et moi, jamais : volume 1

Notre avis : Loin d’être un prince charmant et plutôt désagréable, Arata tente de faire la cour à Subaru qui lui résiste. Les éditions Panini dévoilent le premier volume de Toi et moi, jamais un manga de Mayu Sakai.

C’est le grand jour pour Subaru : elle entre au lycée. Mais cela va se compliquer parce qu’elle est surveillée de près par ses deux grands frères Tooru et Wataru, qui l’élèvent très durement depuis son plus jeune âge. Par exemple, elle n’a l’autorisation de sortie que jusqu’à 18h30 et doit toujours réviser.

Dans sa nouvelle classe, elle croise Arata, un adolescent, ex-caïd et coureur de jupons. Il travaille peu et préfère collectionner les conquêtes féminines.

Un soir, Subaru désobéit à ses deux frères et se rend au karaoké pour chanter avec ses amis. En rentrant, elle se fait agresser mais Arata lui vient en aide. Il lui demande alors de sortir avec lui. Elle refuse…

Prépublié dans la revue Ribon des éditions Shueisha au Japon depuis 2015, Toi et moi, jamais est un petit shôjo sans prétention mais plutôt accrocheur. Mayu Sakai imagine une romance entre deux êtres opposés dont l’un ne veut pas de cette histoire d’amour. Comme tout bon shôjô, la jeune fille est calme, ingénue mais pas si naïve que cela puisqu’elle commence à se rebeller du diktat de ses frères et de l’autre un adolescent, gros dur au cœur tendre.

Les efforts sont immenses de la part de Arata pour réussir son pari. Subaru  n’a pas de pression alors que de nombreuses lycéennes rêveraient d’être à sa place. Le trait de la mangaka est élégant, agrémenté de trames bien à propos.

  • Toi et moi, jamais, volume 1
  • Auteure : Mayu Sakai
  • Éditer : Panini Manga
  • Prix : 6.99€
  • Parution : 10 mai 2017
  • IBAN : 9782809463620

Résumé de l’éditeur : Subaru fait son entrée au lycée après avoir été couvée par sa famille durant toute son enfance. Sa rencontre avec Arata, un camarade de classe, la laisse de marbre. Insouciant, fainéant et plutôt voyou, il n’a rien du prince charmant ! À moins que cette attitude ne soit qu’une carapace…

Le point du I

Notre avis : Accompagnée de Stéphane Barroux, Mélanie Richoz ose tout ! Dans Le point du I, elle parle avec une totale liberté de ses envies en osant s’affirmer telle qu’elle est.

Sans aucun interdit, la jeune femme – ergothérapeute en pédiatrie  et auteure de notamment J’ai tué papa – livre des petites fulgurances écrites autour de ses envies. Très intimes, parfois philosophiques ou métaphysiques, ces souhaits sont simples, beaux et tendres. Femmes ou hommes peuvent complètement se retrouver dans ces désirs.

Avec de la force, de la bienveillance, de l’amour et de l’humour, Mélanie Richoz nous charme, nous berce et nous fait sourire.

Pour mettre en images ces soifs immenses, l’auteure suisse a fait appel à Stéphane Barroux. Né en 1965, cet artiste français  est connu et reconnu dans le monde de l’illustration. En bande dessinée, il a notamment réalisé le poignant Alpha-Gare du Nord (avec Bessora, Gallimard). Pour Le point du I, il met son talent au service des désirs de la scénariste. Construits toujours sous forme de double-page, ces mini-récits bénéficient du dessin à l’aquarelle forte de Barroux. Très géométrique, son trait laisse aussi la place à les toutes petites phrases de l’auteure.

  • Le point du I
  • Scénariste : Mélanie Richoz
  • Dessinateur : Stéphane Barroux
  • Editeur : Des ronds dans l’o
  • Prix : 17€
  • Parution : 24 mai 2017
  • IBAN : 9782374180281

Résumé de l’éditeur : Suite de pensées intimes de l’auteure mises en images par Barroux sous forme de gaufriers de quatre cases sans cadre, aux couleurs vives, colorées et éclatantes exprimant le côté vivant et lumineux du quotidien : les rires, les absurdités, la profondeur, la pudeur, l’impudeur, les coquineries, la poésie. Chaque pensée se termine par un « J’aime… »

Hearty

Notre avis : Alors qu’il a fait du mensonge son principal atout pour séduire les hommes, Honma tente la même approche sur Ikai mais cela ne se déroule pas comme il le voudrait. Yuko Yoshida imagine Hearty, un beau yaoi des éditions Taifu Comics.

Après un repas au restaurant, Ikai et Honma se retrouvent dans le même taxi pour rentrer chez eux. Le premier est introverti, célibataire, sage, calme et travailleur, tandis que le second est extraverti, multiplie les conquêtes et imbu de lui même. D’ailleurs, il pense qu’il va pouvoir le séduire. Pour cela, il a une excellente technique : il ment sur tout !

En descendant du taxi, Ikai oublie son portefeuille. Un bon moyen pour revoir le jeune homme se dit Honma. Pour cela, dans un premier temps, il l’appelle puis lui donne rendez-vous à la gare pour lui rendre l’objet. Ils vont alors dîner ensemble. C’est le début de son plan machiavélique : séduire le jeune garçon, l’emmener dans son lit et le laisser tomber. Mais ce dernier est très résistant…

Prépublié dans la revue HertZ en 2014 au Japon, Hearty est un yaoi agréable à lire. Ce one-shot imaginé par Yuko Yoshida met en scène deux jeunes majeurs très opposés – comme dans tout bon yaoi – l’un timide et semblant ne pas chercher l’amour et l’autre coureur. Pour pimenter son récit, elle met le mensonge au cœur de Hearty. Ainsi cette histoire qui pourrait être transposée dans un couple hétérosexuel, fait de Honma un homme que l’on aime détester. Beau et intelligent, il utilise toujours la même tactique pour faire tomber les gays. C’est ce côté kleenex – il jette après avoir consommé – qui est détestable mais pourtant, son charme et la proximité d’avec Ikai qui le fera changer, sont hypnotiques. Son dessin chaleureux est élégant.

  • Hearty
  • Auteure : Yuko Yoshida
  • Éditer : Taifu Comics
  • Prix : 8.99€
  • Parution : 17 mai 2017
  • IBAN : 9782375060513

Résumé de l’éditeur : Le mensonge… C’est de cette façon qu’Honma, un jeune salaryman gay, se rapproche des personnes qui l’entourent. Ce moyen lui permet de faire face à n’importe quelle situation et d’enchaîner les histoires sans lendemain. Un jour, lors d’une réunion de groupe universitaire, il fait la rencontre d’un étudiant du nom d’Ikai. Attiré par celui-ci, Honma décide de mettre à profit ses talents de menteur pour se rapprocher du jeune homme et le mettre dans son lit. Cependant, sous ses airs timides et innocents, Ikai semble s’apercevoir de ses réelles intentions. Un mois… c’est le temps qu’il laisse à Honma pour montrer que ses sentiments sont sincères. Notre salaryman se laissera-t-il prendre à son propre jeu ?

Papa Zoglu

Notre avis : Après l’excellent Junker (en 2015), Simon Spruyt est enfin de retour avec Papa Zoglu, un conte drôle et absurde aux éditions Même pas mal.

Riche grâce à sa fortune amassée dans l’élevage de bétail, un prince attendait depuis des lustres un héritier. Malgré deux épouses, rien n’y fit.

Il entendit parler d’une vieille femme capable de faire naître 77 veaux en même temps avec une seule vache. Il la fit chercher mais son épouse mit au monde un veau. Pris de colère, il tua l’animal. De son côté, chez elle, une vache mit au monde un bébé humain…

Loin de la Première guerre mondiale de son précédent ouvrage, Simon Spruyt met de nouveau en scène une histoire autour de la filiation. Si Junker contait le récit de deux frères qui s’engageaient dans l’armée, ici c’est plutôt l’enfantement qui est présenté. Construit comme un conte populaire (tous les codes y apparaissent) faisant intervenir le merveilleux, de la magie et du fantastique, Papa Zoglu est néanmoins absurde et drôle.

L’auteur belge confirme son immense talent de conteur par un récit soigné, précis et captivant. Sa partie graphique n’est pas en reste. Il réalise des planches à l’aquarelle légères et aériennes malgré le propos sombre de l’histoire.

  • Papa Zoglu
  • Auteur : Simon Spruyt
  • Éditer : Même pas mal
  • Prix : 22€
  • Parution : 12 mai 2017

Résumé de l’éditeur : Un récit entre conte initiatique et farce sociale, dans lequel se mêlent les questions de l’identité sexuelle et de la condition humaine, la superstition, l’érudition, le loufoque et la tragédie.