Shit is real

Notre avis : Après l’excellent Brigitte et la perle cachée, Aisha Franz imagine Shit is real, une histoire entre science-fiction, réalité et rêve, publiée par L’employé du moi.

Selma ne sait plus du tout où elle en est : elle déprime depuis qu’elle a perdu son travail et que Max, son compagnon, l’a larguée. Après quelques temps troublés, elle se dit que c’est peut être un moment pour se relancer. Surtout que Yumi, sa meilleure amie, ne l’écoute pas vraiment lorsqu’elle se confie, plus empressée à vivre son nouvel amour naissant.

Elle découvre alors une carte magnétique qui lui permet d’ouvrir la porte de chez sa voisine. Une aubaine pour Selma qui jusqu’à présent l’observait à trouver le trou dans son mur. Elle peut maintenant découvrir encore mieux la vie de cette jeune femme très fashion qui passe son temps à faire le tour du monde.

Elle se rapproche aussi de Anders, un vendeur d’animalerie dont elle tombe amoureuse. Mais, il disparaît mystérieusement. A-t-il vraiment existé ?

Dans un Berlin du futur hyper-connecté, le personnage principal de Aisha Franz se fourvoie, bouge et se perd. Son très bon récit de science-fiction est un mélange subtil de romance (parfois évanescente), le rêve et la réalité. Ses cauchemars se confondent alors avec ses rêves, quitte à angoisser le lecteur. Il faut souligner que Selma est dans un état psychologique très troublé, en quasi dépression. Afin de ménager des espaces de respiration, l’auteure de Petite terrienne (çà et là), apporte néanmoins un peu d’humour.

A travers ses 188 pages, Aisha Franz dévoile une histoire originale mais parfois troublante. Son dessin à la mine de plomb est d’une belle force graphique.

Article posté le vendredi 07 avril 2017 par Damien Canteau

Shit is real de Aisha Franz (L'employé du moi) décrypté par Comxitrip le site BD de référence
  • Shit is real
  • Auteure : Aisha Franz
  • Editeur : L’employé du moi
  • Prix : 21.50€
  • Parution : 07 février 2017

Résumé de l’éditeur : Tout commence lorsque Selma se fait mettre à la porte par Max, son compagnon. Elle se retrouve alors seule, sans emploi, aux prises avec son quotidien dans son nouvel appartement. C’est peut-être pour elle l’occasion de prendre un nouveau départ. L’intrigue se déroule dans un Berlin futuriste, excentrique et absurde où la technologie et les phénomènes de mode ostentatoires et excessifs mènent la danse. Son entourage ne déroge pas à la règle ; même Yumi, sa meilleure amie, la snobe et lui préfère les frivolités de la vie mondaine. Cette superficialité l’oppresse, elle se sent aliénée par la civilisation et finit donc par être gagnée par la mélancolie. Machinalement, dans ses rêves, elle s’échappe vers un mystérieux désert. Tout devient prétexte à l’évasion : un poisson dans un aquarium ou bien le trou dans le mur qui donne chez le voisin. Par la suite, Selma s’entiche d’Anders, le gérant d’une animalerie pour le moins ennuyeux. Mais ce dernier disparaît inexplicablement après leur premier rendez-vous. A-t-il vraiment existé ? Shit is real est un étrange récit qui mélange romance et science-fiction, fantasmagorie et réalité, imaginaire avant-gardiste et mine de plomb. Aïsha Franz décrit dans ce livre une crise d’identité, un mal contemporain que les habitants des grandes métropoles connaissent bien. Après Petite Terrienne en 2012 et Brigitte en 2013 (aux éditions Çà et Là), Shit is real est le troisième ouvrage traduit en français de l’auteure berlinoise qui avait plus récemment participé au collectif Échos à L’employé du Moi.

 

À propos de l'auteur de cet article

Damien Canteau

Damien Canteau

Damien Canteau est passionné par la bande dessinée depuis une vingtaine d’années. Après avoir organisé des festivals, fondé des fanzines, écrit de nombreux articles, il est toujours à la recherche de petites merveilles qu’il prend plaisir à vous faire découvrir. Il est aussi membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée).

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