Natsu est une enfant du soleil, vivant sur l’île du jour. De son côté, Taro est un enfant de la lune, habitant l’île de la nuit. Là-bas, Yama veille sur sa vie, mais sa santé décline. Sur l’île du jour, Natsu voit arriver d’étranges créatures, venues de la nuit. A l’aube des cerisiers, d’Hélène Canac et Agnès Domergue chez Jungle, nous raconte la rencontre de ces deux enfants.

A l’aube d’une histoire
A l’aube des cerisiers est un récit adorable. On y suit Natsu et Taro, qui se découvrent l’un l’autre. L’une découvre la nuit, l’autre ce qu’est le jour. Mais c’est aussi le récit de leurs origines, empreint de folklore japonais, qui nous est livré ici. Le jour face à la nuit, les rancœurs scindant le monde en deux. Et au milieu de tout ça, se trouvent deux enfants, deux tous petits enfants, hauts comme trois pommes, Natsu et Taro.

L’histoire est assez simple, au fond : de la rencontre de ces deux enfants, de la collision entre le jour et la nuit, va naître une grande aventure. Natsu est accompagnée de ses Monis, des petits lapins adorables et plein d’humour. Natsu est plus solitaire, veillant seulement sur la vieille Yama. Chacun à sa façon, ils vivent la tête pleine de rêve et d’espoir, cherchant à trouver ce que l’autre possède sans s’en rendre compte. Ils sont réellement les deux facettes d’une même pièce, vouée à se retrouver.
Au crépuscule d’une rencontre
A l’aube des cerisiers est un conte tout en dualité. Le jour et la nuit. Mais aussi la multitude des Monis face à la solitude de Taro. C’est aussi un récit possédant plusieurs niveaux de lecture. L’aventure jeunesse est douce, touchante et pleine d’humour. Mais les références adultes sont nombreuses : le Moni Ornicar que toute l’équipe passe son temps à chercher (Mais où est donc Ornicar ?), les références à plusieurs memes d’internet dans les actions des petits Monis, d’autres via les chauve-souris qui accompagnent Taro… Ces clins d’œil ajoutent un niveau de lecture, parlant à un autre public que celui visé initialement par l’album.

Le trait rond d’Hélène Canac donne un côté encore plus adorable aux petites créatures qui le sont déjà. L’exploration graphique des différents sujets, notamment liée à l’anxiété, est particulièrement intéressante. Les deux autrices parviennent à faire passer des émotions à travers la mise en scènes, la mise en couleurs et la mise en pages. Le rendu est d’autant plus intéressant qu’il mélange habilement littérature jeunesse et quête initiatique.

Après D’ambre et de feu, qui fait partie de la même série, A l’aube des cerisiers est un titre drôle et touchant chez Jungle.
- A l’aube des cerisiers
- Scénario : Agnès Domergue
- Dessin : Hélène Canac
- Éditeur : Jungle
- Prix : 19,00 €
- Parution : 27 aout 2026
- Nombre de pages : 100 pages
- ISBN : 9782822245302
Résumé de l’éditeur : Sur l’île du jour, Natsu, enfant du soleil, vit paisiblement parmi les Moni. Sur l’île de la nuit, Taro, enfant de la lune, veille sur Yama au soir de sa vie. Aussi différents que le jour et la nuit, ces deux enfants minuscules devront faire preuve de courage pour grandir…
À propos de l'auteur de cet article
Bénédicte Coudière
Journaliste spécialisée en bande dessinée mais aussi en jeux vidéo depuis près de 15 ans, conférencière, autrice et plein d'autre chose encore ! Membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée), elle est passionnée d'art et de narration, d'exploration de papier et de pleins d'autres choses encore.
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