Erased #6

Réparer les tragédies du passé, réécrire le présent, tel est le cœur du formidable Erased, le manga thriller temporel de Kei Sanbe aux éditions Ki-oon.

ERASED TOUCHERAIT-IL A SA FIN ?

Enfin le lecteur va découvrir le vrai tueur de Erased ! Cette formidable série, que Comixtrip vous avez présenté, toucherait-elle à sa fin ? Afin de ne pas trop dévoiler qui est derrière les enlèvements et les assassinats de ce thriller haletant, nous n’en dirons pas plus. Juste quelques petits éléments.

Tout d’abord, c’est bien le Satoru de 1988 qui découvre l’identité du meurtrier, sans réelle volonté d’ailleurs, inopinément. L’homme dans un corps d’enfant n’a pourtant pas peur de ce qui lui arrive, d’être si proche de celui qui effraya toute la ville. L’homme – puisque c’est un homme – va remonter le fil du temps et expliquer toute sa démarche : son enfance terrible où il est le souffre-douleur de son frère, parce que lui est plus intelligent que lui, la mort de sa mère et son père quasi absent.

PULSION MALSAINE

Cette irrésistible attirance malsaine pour les petites filles viendrait de sa relation fraternelle. L’aîné lui demandant de séduire ses camarades de classe puis de les faire venir au domicile familial et la suite terrible se terminant par des attouchements voire plus. De cette expérience, il conservera des techniques pour attirer les filles. D’ailleurs il soulignera avec désinvolture : « J’avais en moi une pulsion longtemps refoulée… »

UNE PLONGÉE VERS LES ABIMES

Alors que l’homme dévoile son lourd secret, il décide d’en finir avec Satoru afin qu’il ne puisse pas aller le dénoncer à la police. Le trentenaire fait plonger la voiture dans un lac gelé de la ville et le petit garçon est bloqué par sa ceinture de sécurité. Avec une eau de quelques degrés, le véhicule s’enfonce, emprisonnant le petit garçon qui voit sa vie défiler devant lui.

La mort le guète, il sombre vers les abîmes, inexorablement… C’est la fin…

ERASED OU LE THRILLER PARFAIT

Que dire de plus que nous n’ayons dit sur Erased. Le récit de Kei Sanbe est à son paroxysme dans ce sixième volume. Alors qu’il avait arrêté le précédent tome sur un cliffhanger étonnant, l’imagination du mangaka est encore très fertile. Cette fois-ci, en plus de l’identité du tueur, l’auteur use habilement des retours dans le passé de ce dernier et le lecteur découvre alors la froideur de cet être abominable, son enfance qui le hante et sa pulsion malsaine. Sachant que la deuxième partie de l’histoire – si elle semble plus classique – comporte de nouveau un rebondissement de folie !

Le mangaka originaire de Hokkaïdo avait jusqu’à la publication de Erased plutôt imaginé des histoires d’heroic-fantasy (Testarotho en 2001) ou des récits post-apocalyptiques (Kamiyadori en 2004) avant de donner une tournant à sa carrière en inventant des thrillers (L’île de Hôzuki en 2008 ou Le berceau des esprits en 2010, manga publié par Ki-oon) et devenant ainsi l’un des meilleurs auteurs de ce genre.

Article posté le lundi 07 mars 2016 par Damien Canteau

Couverture de Erased 6 de Kei Sanbe (Ki oon)
  • Erased, volume 6
  • Auteur: Kei Sanbe
  • Editeur: Ki oon
  • Prix: 7.65€
  • Parution: 11 février 2016

Résumé de l’éditeur : Satoru décide de cacher Kayo pour la mettre à l’abri et alerter les autorités sur la maltraitance dont elle est victime. Avec l’aide de son ami Kenya, il installe la fillette dans un bus désaffecté. Mais voilà qu’un inquiétant visiteur fait son apparition, les forçant à déménager ! Grâce à leurs efforts, ainsi qu’à l’intervention de M. Yashiro et de la mère de Satoru, Kayo est confiée à la garde de sa grand-mère. À présent que sa camarade est sauvée, le jeune garçon relâche un peu sa vigilance, cependant le tueur en série court toujours…

À propos de l'auteur de cet article

Damien Canteau

Damien Canteau

Damien Canteau est passionné par la bande dessinée depuis une vingtaine d’années. Après avoir organisé des festivals, fondé des fanzines, écrit de nombreux articles, il est toujours à la recherche de petites merveilles qu’il prend plaisir à vous faire découvrir. Il est aussi membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée).

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