Holmes (1854/†1891?), livre III

En 2006 sortait le 1er tome de Holmes (1854/†1891?). 9 ans après, arrive le 4e opus de cette série qui se démarque par tant de points comparée à moult adaptations sur le plus célèbre des détectives privés. Chaque épisode mérite tellement qu’on s’y attarde, qu’une petite piqûre de rappel s’impose avant de parler du Livre IV : la Dame de Scutari.

Livre III : L’ombre du doute (2012)

L’ultime vignette du second tome laissait comme souvenir l’inscription de « Holmes » sur sa sépulture. La première illustration de L’ombre du doute retentit astucieusement avec le visage cadavérique du détective. Associée à la couverture de cet album, on comprend vite que ces premières pages décrivent un Dr Watson terrifié, désemparé et dont les questions angoissantes ne cessent de croître. Une situation cauchemardesque qui est en totale opposition avec l’acte de bravoure dont il sera l’acteur à la fin de cet opus.  De nombreuses péripéties vont s’imbriquer pour faire ressortir la force de ce personnage si fragile au demeurant.

« PRÉCÉDEMMENT DANS HOLMES (1854/†1891?) ?… »

« Il aura fallu quatre années pour arriver au terme de ce nouvel épisodes Holmes. » Cette phrase introductive du superbe making of présent dans la première édition de l’album explique pour beaucoup la qualité du travail rendu tant par le scénario que par sa mise en image. En revanche, il aurait peut-être été autant justifié de donner un bref résumé des tomes précédents pour peu que lecteur se soit égaré.

Car, même si le lien dont on a parlé plus haut se fait, L’ombre du doute débute de manière aussi perturbante que son prédécesseur. Sans être dénué de sens pour autant, seul une lecture consécutive de ces trois tomes permettra de rester attentif aux intentions des auteurs. Ainsi lorsque dans deux ou trois ans (?) sortira l’avant dernier album, il faudra vraisemblablement se réimprégner de la série depuis son commencement pour ne pas rester à quai.

VOYAGE EN FRANCE

Et c’est sur l’un de ceux qui longent la Garonne que se dessine cette nouvelle aventure. Cécil nous en met plein la vue avec une splendide case qui, pour la petite histoire, aurait pu ne pas être choisie. L. Brunschwig l’ayant préférée à un premier essai qui vaut tout autant le détour mais qui ne le satisfaisait pas en raison de la monotonie narrative ressentie pour la planche concernée.

Watson et Mary font une courte escale à Bordeaux pour y rejoindre Pau. Avec cette même motivation : démêler les nœuds qui se forment à chaque découverte du passé de Holmes. Beaucoup d’éléments de réponse les amèneront jusqu’à la nourrice de Sherlock. C’est à ce stade précis qu’ils s’apercevront avoir été suivis par une bien mauvaise compagnie…

UNE PAUVRETÉ CLAIREMENT AFFICHÉE

Quant à Wiggins, il ne fait pas partie du voyage. Ce dernier est resté en Angleterre pour mener à bien une autre piste décelée judicieusement via un nom gravé sur le pommeau de la canne de l’infirmière qui s’occupe de Siger Holmes. En s’immisçant dans la misère et la pauvreté des quartiers de l’époque, on constate que lui-même en était issu dans sa jeunesse. Seul la rencontre salvatrice avec Holmes lui permettra de sortir de cette miteuse existence. Cet éclatant face-à-face relaté par Wiggins, histoire de gagner confiance auprès des enfants détenteurs de précieuses informations, n’est étonnamment pas mis en scène de la même façon par laquelle les auteurs ont pour habitude de marquer le passé. En effet, jusqu’alors la couleur sépia illustrait brillamment les souvenirs ou flashback. Or cette scène est retranscrite avec les tons en niveau de gris représentant habituellement le moment présent… Un choix probablement assumé mais quelque peu déroutant.

DEUX HOMMES : UN MÊME COMBAT

Ce troisième tome de Holmes (1854/†1891?) prend de la vitesse. L’histoire précédente se présentait sous forme d’une équipe soudée dans un seul et même lieu. Les informations retenues amènent Wiggins & Watson à se séparer pour mener à bien deux enquêtes primordiales. Aucun échange épistolaire, télégraphique ou verbal n’est à noter entre eux. Leurs probants résultats seront vraisemblablement partagés lors du prochain épisode.

Les auteurs utilisent ce troisième chapitre comme un grand terrain de jeu. Avec deux personnages perspicaces comme investigateurs, les divulgations foisonnent. Et, encore une fois, tout en fluidité. L’intérêt indéniable de cet album étant de se rapprocher un peu plus de la personnalité de ces deux hommes unis pour un même but : sauver la réputation de leur inspirateur.

Article posté le dimanche 15 novembre 2015 par Mikey Martin

  • Holmes (1854/†1891?), livre III : L’ombre d’un doute
  • Scénariste : Luc Brunschwig
  • Dessinateur : Cécil
  • Editeur : Futuropolis
  • Prix : 12,50€
  • Sortie : novembre 2012 (réédition)

À propos de l'auteur de cet article

Mikey Martin

Mikey Martin

Mikey, dont les géniteurs ont tout de suite compris qu'il était sensé (!) a toujours été bercé par la bande dessinée. Passionné par le talent de ces scénaristes, dessinateur.ice.s ou coloristes, il n'a qu'une envie, vous parler de leurs créations. Et quand il a la chance de les rencontrer, il vous dit tout !

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