La Fleur des absents

La vie de Damian est bouleversée. Son père ne veut plus de lui, sa mère est décédée, il est le nouveau du lycée… Alors quand il peut s’offrir une fleur des absents, il décide d’aller se recueillir sur la stèle de sa mère. Mais cette fleur aux pouvoirs si particulier risque de bouleverser encore plus la vie de Damian. John Moore et Neetols signent La fleur des absents, aux éditions Casterman.

La fleur des absents John Moore et Neetols Casterman

Deuil et floraison

Peut-on seulement faire revenir les morts, le temps de la vie d’une fleur ? Telle est la question de ce récit plein de contraste. Dans ce récit young adult, John Moore et Neetols nous livrent leur première bande dessinée. Le récit est sensible, évoquant tantôt les difficultés d’intégration de Damian, tantôt le deuil et les secrets familiaux. Car la stèle qu’il pensait être celle de sa mère est en réalité celle de Saskia. Et tous ignore qui est cette enfant qui ne veut rien dire de son passé.

La fleur des absents John Moore et Neetols Casterman

Le scénario offre une réflexion sur les souvenirs et comment ils évoluent avec le temps. Dans quelle mesure manipule-t-on inconsciemment les représentations que l’on se fait de ses proches disparus ? L’image de la mère de Damian évolue au fil de l’album, au point de devenir double : celle qui hante certains des souvenirs dont il ne veut pas se rappeler ; et celle qu’il invente au fur et à mesure, sous la pression sociale. Au-delà de la question du deuil, l’album évoque en filigrane, de façon assez superficielle, la question du rapport à la mort dans la société, de comment on doit le vivre ou non.

Un premier album ambitieux

La fleur des absents John Moore et Neetols Casterman

Par bien des aspects, La fleur des absents reste un premier album ambitieux. Le choix du thème, qui aurait pu être lourd, est ici traité avec une forme de légèreté, à travers le personnage de Saskia. Et ce, malgré ce qu’elle cache dans son passé. Cependant, l’intrigue souffre encore d’un côté un peu jeune : la fin est un peu abrupte, les thèmes auraient gagné à être plus exploités et approfondis. En somme, l’histoire reste encore en surface malgré tout.

La fleur des absents John Moore et Neetols Casterman

On ressent la même jeunesse dans les dessins et la mise en pages. Les personnages sont comme posés sur les décors, tandis que certaines bulles ne sont pas calibrées pour les textes qu’elles abritent, parfois trop grande, donnant une impression de déséquilibre. La fleur des absents reste un premier album pour ses deux auteurs et cela se sent dans la construction et le dessin. Sans être déplaisant, on y sent la jeunesse du trait et les envies derrière le scénario. Ce premier album (qui nous relate une histoire complète) est un bon début même si on aurait aimé plus de profondeur dans les dessins et dans les thèmes abordés.

La fleur des absents John Moore et Neetols Casterman

Avec La fleur des absents, Casterman nous permet de découvrir le travail de John Moore et Neetols. Cette bande dessinée évoque à la fois les thèmes de l’adolescence et du deuil. Mais aussi de la place que l’on se cherche dans la société ou de celle que l’on essaie de prendre dans sa propre famille. L’équilibre est précaire, manque par moment de basculer, mais évoque avec beaucoup de douceur ces relations que l’on tisse tout au long de notre scolarité.

Article posté le vendredi 05 septembre 2025 par Bénédicte Coudière

La fleur des absents John Moore et Neetols Casterman
  • La Fleur des absents
  • Auteur : John Moore
  • Dessinateur : Neetols
  • Editeur : Casterman
  • Prix : 21 €
  • Parution : 27 août 2025
  • Nombre de pages : 192 pages
  • ISBN :  9782203293380

Résumé de l’éditeur : Depuis le décès de sa mère, la vie de Damian est complexe : son père a refait sa vie et le jeune homme n’est pas le bienvenu dans sa nouvelle famille. Recueilli par Lou, son grand-père, il doit assumer le statut de « nouveau » au lycée. Pas simple quand on est déjà un grand timide… Mais l’acquisition d’une fleur des absents va bousculer ce nouvel ordre. Cette fleur doit lui permettre d’invoquer le fantôme de sa mère, mais contre toute attente, Damian se retrouve avec celui de Saskia sur les bras, une jeune gamine au caractère bien trempé et à la mort chargée de mystère. Débute alors une cohabitation forcée haute en couleurs pour ces deux êtres que tout oppose. Obligés de démêler mensonges et non-dits, ils découvriront que leur trajectoire n’est finalement pas si éloignée, tous deux cherchant à clarifier le passé, l’un pour se forger un avenir, l’autre pour peut-être, enfin, trouver la paix.

À propos de l'auteur de cet article

Bénédicte Coudière

Journaliste spécialisée en bande dessinée mais aussi en jeux vidéo depuis près de 15 ans, conférencière, autrice et plein d'autre chose encore ! Membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée), elle est passionnée d'art et de narration, d'exploration de papier et de pleins d'autres choses encore.

En savoir