La physique pour les chats

Il y a plusieurs formes d’humour. On peut rire de tout, mais pas nécessairement de la même chose. Toute bande dessinée d’humour est forcément clivante. La physique pour les chats, de Tom Gauld, publié par les éditions 2042 n’échappe pas à cette tendance. Mais qui faut-il être pour rire avec cet album de comic-strips ?

La physique pour les chats Tom GauldLa physique pour les chats : le rire est une science

Biologie, physique, géologie, mécanique, philosophie… Avez-vous l’esprit scientifique ? Vous esclaffez-vous lorsque quelqu’un affirme que la réciproque d’Izisnocrate ne s’applique pas dans le cadre d’un modèle non-euclidien ? Tom Gauld, oui. Enfin, il est possible qu’il se moque quelque peu de ceux qui riraient de ce genre de propos. Si vous avez l’esprit scientifique et un peu d’auto-dérision, La physique pour les chats a tout pour vous faire rire.

Vas-y, chronique une bd d’humour…

Difficile de résumer un recueil de gags en strips (en bandes)… Ce n’est pas sur ce genre d’exercice qu’il y a, à proprement parlé, une histoire.

La physique pour les chats est donc un condensé des productions publiées par Tom Gauld dans le journal New Scientist. Notez que vous retrouvez l’auteur notamment sur Bluesky et qu’il y diffuse de nombreux strips au fil des semaines (en anglais, il faut être bilingue un minimum pour suivre). La physique pour les chats Tom Gauld extrait 5

La physique pour les chats : quel est le sujet ?

Après s’être moqué des littéraires, il s’attaque aux scientifiques. Il rit de leurs petits travers, de leurs incohérences ou au contraire de leurs caractéristiques professionnelles. En quelques cases, il croque avec beaucoup d’amour les grosses têtes du monde occidental. 

Outre un œil acéré porté sur les milieux qu’il observe, la grande force de Tom Gauld se situe dans sa maîtrise de la grammaire de la bande dessinée. En près de 150 saynètes, il ne lasse jamais. Il s’appuie sur le nombre de cases, sur la place des phylactères ou sur des effets de symétrie pour nourrir les effets de décalage qui provoquent l’humour.

Tom Gauld n’est pas Michel-Ange

Ce n’est pas par le trait qu’il est drôle. Gauld n’est pas un caricaturiste, ni un humoriste visuel. Son dessin est sommaire mais d’une très grande lisibilité. C’est donc dans l’architecture de la page, le rythme du dessin et la force des textes, qu’il parvient à nous faire rire. 

La physique pour les chats : qu’est-ce que cela dit ?

La physique pour les chats Tom Gauld extrait 4Alors certes, il n’y a pas d’histoire. Oui, on est là pour rire. Mais est-ce à dire qu’il n’y a pas de propos ? Évidemment, non. Tom Gauld trace, au fil de ses gags, une vision engagée de la Science. Une Science qui devrait émanciper les esprits et qui se perd entre égos humains, technocratisme et concurrences entre chercheurs. On peut dire sans prendre de risque que la Science au service de la production, ne semble pas sa tasse de thé

La physique pour les chats, c’est drôle

Avec son beau format à l’italienne, son humour intelligent et inspiré, La physique pour les chats, de Tom Gauld, publié chez 2042, fait partie des œuvres à lire en cette rentrée littéraire. Et rassurez-vous, pas besoin d’un bac+9 pour rire des grands savants. Gauld sait se mettre à la hauteur de toutes et tous. Après, si Hanouna vous fait rire, là, par contre…

Article posté le mardi 16 septembre 2025 par Yaneck Chareyre

La physique pour les chats Tom Gauld
  •  La physique pour les chats
  • Auteur : Tom Gauld
  • Éditeur Canada : Drawn & Quaterly
  • Éditeur France : Éditions 2042
  • Traducteur : Éric Fontaine
  • Nombre de pages : 160
  • Prix : 17€
  • Date de publication : 12 septembre 2025
  • ISBN : 9782487849099

Résumé de l’éditeur : Voilà quelques années que Tom Gauld alterne entre chroniques hebdomadaires du marigot littéraire, dans les pages du « Guardian », et portrait affectueux du monde des sciences, dans la revue « New Scientist ». Si les deux univers se croisent parfois, notamment grâce à l’intervention inopinée de jetpacks facétieux et autres robots bibliothécaires, saluons l’arrivée dans ce petit monde d’un animal qui devrait mettre tout le monde d’accord : le chat.
Indispensable compère de tout lecteur qui se respecte, le chat n’en est pas moins le parfait compagnon de rêverie des scientifiques : parfait réceptacle des hypothèses les plus hardies, il prête toujours l’oreille la plus attentive à leurs théories insolites. Toujours patient (ou légèrement engourdi par la sieste), il est sans aucun doute le meilleur des camarades pour ces brillants cerveaux en perpétuelle ébullition.

À propos de l'auteur de cet article

Yaneck Chareyre

Journaliste , critique et essayiste BD depuis 2006.

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