Si nous vous proposons cette critique de Lazarus tome 9, de Greg Rucka et Michael Lark, chez Urban Comics, c’est parce que nous pensons cet album très bon. Mais quand on parle d’une série dont la publication a commencé en 2015, c’est aussi et surtout… pour vous donner envie de la découvrir. Du post-apo qui mélange efficacement action, géopolitique et humanité, ça ne doit pas se refuser.
Lazarus tome 9 : le retour d’une excellente série « maudite »
Forever, la Lazare de la famille Carlyle, a découvert le terrible secret de son existence. Elle a pu délivrer sa « petite sœur » de l’emprise de sa famille et elle a profité des tensions géopolitiques pour les cacher toutes les deux auprès de la résistance parisienne. Mais Malcolm Carlyle n’a pas l’intention de se passer d’un Lazare. Alors puisque Forever a trahi, il est temps de relancer le programme qui a servi à la créer.
Péripéties éditoriales
Deux mots concernant l’éditorial d’abord. Lazarus a connu une publication compliquée, en France comme aux États-Unis.
Sur notre territoire, d’abord. La série a donc d’abord intégré le catalogue de Glénat Comics, porté par Olivier Jalabert. Mais suite à son départ chez Dupuis, la traduction de bandes dessinées américaines de genre s’est délitée chez l’éditeur grenoblois. La série a donc retrouvé les librairies grâce à Urban Comics, qui a non seulement repris la publication en albums, mais aussi proposé une intégrale pour permettre à de nouveaux lecteurs de reprendre le train en marche.
Il faut bien reconnaître que les éditeurs français n’ont pas été aidés par la production étasunienne. Suite à des soucis pour les auteurs, il a fallu «clore» artificiellement la série. Une seconde a été produite, Lazarus Fallen, qui n’est que la continuité du récit, mais qui permet à des lecteurs de repérer une fin intermédiaire, dans le récit. Et donc de s’arrêter si tel était leur désir. En décembre dernier, Michael Lark a souffert de sérieux problèmes de santé. Il est bien difficile de prédire quand un tome 10 pourra être publié en France.
Mais si vous avez le 8, alors vous achèterez le 9. Et si vous ne connaissez pas encore Lazarus, vous pouvez découvrir les intégrales.
Lazarus tome 9 cultive un excellent worldbuilding
Car malgré les déboires créatifs, Lazarus est encore et toujours une bonne série ambitieuse.
Greg Rucka est un artiste dont les qualités d’écriture ne sont plus à prouver.
Il est parvenu à créer un futur alternatif crédible, dans lequel il peut s’amuser à cultiver de très nombreux genres littéraires, thriller, action, anticipation, famille ou romance. Rucka est parvenu à un excellent worldbuilding tout en s’appuyant sur de vraies bonnes intrigues. Ce mélange entre capitalisme et féodalisme n’en finit pas de se révéler de plus en plus pertinent au fil des années. Pas sûr que ce soit une bonne nouvelle.
Mais donc, quel est donc le programme de ce Lazarus tome 9 ?
C’est un nouveau statu quo qui se lance. Les affrontements entre Carlyle et Hock aux États-Unis sont terminés, même si reste la question de la gestion des territoires. Là encore, un sujet qui prend un écho différent au vu de l’actualité géopolitique. Forever pense avoir marqué des points face à son « père », mais elle doit pourtant s’exiler pour tenter d’échapper aux autres Lazares des familles alliées des Carlyle. À ses côtés, sa « sœur », Infinity. Forever découvre qu’élever une enfant, qui plus est génétiquement modifiée pour la guerre, n’a rien de simple. Et dans le même temps, les brebis galeuses de la famille Carlyle se rassemblent, essayant de trouver un semblant de normalité familiale dans cette époque de résistance et de fuite.
Ce qui place la question de l’héritage au cœur du recueil. L’héritage de Forever se traduit à la fois dans son rôle de grande sœur, et à la fois dans la reproduction du dispositif qui fit d’elle une Lazare. Choisir ou non ses parents, sa famille, Rucka ne tranche pas tout à fait.
À noter qu’une grande partie de l’histoire se déroule en France et que l’on sent que les auteurs ont bien fait leurs devoirs. Et pour une fois que nous ne nous rendons pas, apprécions cette bienveillance.
Un dessinateur en difficulté mais qui ne lâche rien
Michael Lark conserve malgré tout l’ensemble des qualités qu’il démontre depuis le premier épisode. Son dessin semi-réaliste donne une réelle crédibilité à ce monde en ruine qui nous en donne à voir. De même que ses personnages pourraient prendre vie dans une série télé, sans que nous ne soyons décontenancés. Pourtant, il ne se bloque jamais dans l’immobilisme. Ses scènes de combats sont intenses et brutales, à la hauteur des personnages que sont les Lazares. Les couleurs de Santiago Arcas, lui aussi fidèle membre du trio créatif, sont toujours aussi adaptées au style du dessinateur.
Lazarus tome 9, une série à défendre encore et toujours
Lazarus tome 9, de Greg Rucka et Michael Lark, conserve toute la qualité développée par les artistes depuis le premier épisode. Les fans n’ont pas de raison de passer leur tour. Quant à celles et ceux qui ne connaissaient pas cette série, qu’ils n’hésitent pas à franchir le pas. C’est de l’excellent feuilleton moderne.
- Lazarus tome 9 – Relève
- Scénariste : Greg Rucka
- Dessinateur : Michael Lark
- Coloriste : Santiago Arcas
- Traducteur : Alex Nikolavitch
- Éditeur USA : Image Comics
- Éditeur France : Urban Comics
- Date de publication France : 6 mars 2026
- Nombre de pages : 168
- Prix : 18€50
- ISBN : 9782365778374
Résumé de l’éditeur : Trois ans ont passé depuis la trahison de Forever Carlyle contre sa famille. Toujours en fuite et enfin libérée de l’emprise de son Père Malcolm, elle parvient à rejoindre Paris avec ses alliés pour tenter d’échapper aux Lazares des autres familles à ses trousses. Et alors qu’au QG de Sequoia, Malcolm cherche à relancer le projet Lazarus, Forever, elle, est prête à tout pour réduire en cendres le système qui l’a vu naître… et veut le regarder brûler.
