Les Schtroumpfs noirs

Les premières aventures de Schtroumpfs sont de nouveau disponibles en petit format. Les éditions Dupuis annoncent six mini-récits dont Les Schtroumpfs noirs l’une des rares histoires entièrement dessinées par Peyo. Une très belle manière de fêter les 60 ans des célèbres petits lutins bleus !

La flûte à six Schtroumpfs : naissance de héros

C’est le 23 octobre 1958 dans le journal de Spirou que les lecteurs firent la connaissance des Schtroumpfs. Ils donnèrent la réplique à Johan et Pirlouit, célèbre duo de chevaliers inventé par le génial Pierre Culliford dit Peyo.

Personnages secondaires mais ô combien importants de La flute à six trous (rebaptisé ensuite La flûte à six Schtroumpfs), ils séduisirent immédiatement les jeunes lecteurs de la revue, au point que l’auteur de Benoît Brisefer développa leur monde en réalisant des albums concentrés uniquement sur eux.

Les lecteurs découvrirent de petits lutins bleus à bonnet blanc vivant dans un village de champignon et parlant le langage Schtroumpfs. Leur société idéale était fondée sur l’entraide et la solidarité, mise en musique par leur chef, le Grand Schtroumpf.

Tout le monde connait l’anecdote sur l’origine du nom de ces minuscules êtres bleus entre Peyo et Franquin, et le non moins célèbre : « Passe-moi le Schtroumpfs » à la place de « Passe-moi le sel », ce qui augura une belle entrée en matière. De la poésie, de l’aventure et des sujets de société firent de suite des Schtroumpfs une superbe série jeunesse.

Peyo signa 16 albums des Schtroumpfs de son nom (même s’il pouvait être aidé par François Waltéry dans son studio) puis à son décès en 1992, la série fut reprise par Thierry Culliford son fils au scénario, Alain Maury, Pascal Garay, Jeroen de Coninck ou Ludo Boreki au dessin, ainsi que Nine, son épouse aux couleurs (décédée en 2016).

Les schtroumpfs noirs : épidémie au village

C’est l’effervescence au village des Schtroumpfs : on construit un pont pour enjamber le bras d’une rivière. Tout le monde s’affaire sauf un Schtroumpf qui ne veut pas participer aux travaux, préférant dormir. Repris par le Grand Schtroumpf, il se rend dans la forêt pour couper du bois. Il est alors attaqué par une mouche qui le transforme en Schtroumpf noir.

Féroce et marmonnant « Gnap ! Gnap ! Gnap ! », il tente de s’en prendre à ses autres camarades. Il est capturé, se délivre et mord un autre Schtroumpf. Pendant ce temps, le Grand Schtroumpf ne trouve aucune formule pour guérir les intoxiqués…

Six mini-récits réédités

C’est en janvier 1959 que Peyo sur un scénario de Yvan Delporte – alors rédacteur en chef du journal Spirou – imagine Les Schtroumpfs noirs. A l’époque, l’histoire de 48 pages était insérée au centre du magazine et devait être montée par soi-même.

C’est le début des aventures des Schtroumpfs en leur nom propre. Par la suite, Peyo publia Le Voleur de Schtroumpfs (1959), L’Œuf et les Schtroumpfs (1960), Le Faux Schtroumpf (1961), La Faim des Schtroumpfs (1961), Le Centième Schtroumpf (1962), et Le Schtroumpf volant (1963). A noter que seuls les 6 premiers sont réédités par Dupuis aujourd’hui (auparavant les éditions Niffle avaient publié 3 coffrets de 2 récits en 2004 sous une couverture rigide et ce pour la première fois).

Dans Les Schtroumpfs noirs, le lecteur ne peut pas distinguer les lutins bleus entre eux car ils sont identiques (sauf le Grand Schtroumpfs déjà vêtu de rouge). C’est seulement par la suite qu’ils seront différenciés (physiquement et psychologiquement) : Schtroumpf à lunettes, grognon, farceur, bricoleur, gourmand, costaud… et la Schtroumpfette qui apparut en 1967.

A noter que l’histoire des Schtroumpfs noirs sera redessinée et publiée dans un format classique en 1963. L’album comportera alors Le Schtroumpf volant et Le voleur de Schtroumpfs.

Pour fêter les 60 ans de la création des Schtroumpfs, quelle riche idée ont eu les éditions Dupuis de publier de nouveau Les Schtroumpfs noirs (en attendant les 5 autres récits) en petit format (11.7 x 16.3) et au prix de seulement 5.90€ ! On se plonge avec délectation dans l’univers schtroumpfien.

  • Une exposition Peyo est actuellement visible au Centre Wallonie-Bruxelles à Paris (127-129 Rue Saint-Martin, 75004 Paris) jusqu’au 28 octobre 2018. Le visiteur pourra y contempler 150 planches des Schtroumpfs mais aussi de Johan & Pirlouit, de Benoît Brisefer ou de Capitaine Coky.
Article posté le dimanche 27 mai 2018 par Damien Canteau

Les Schtroumpfs noirs de Peyo (Dupuis) décrypté par Comixtrip
  • Les Schtroumpfs noirs
  • Auteur : Peyo et Yvan Delporte
  • Editeur : Dupuis
  • Parution : 02 mai 2018
  • Prix : 5.90€
  • ISBN : 9782390340355

Résumé de l’éditeur : Nés en 1958 dans le journal Spirou pour accompagner une aventure de Johan et Pirlouit, les Schtroumpfs reviennent dans leur mini-format d’origine. Petit comme eux, léger comme eux, certes pas aussi bleu qu’eux, mais c’est tout comme. Et surtout, aussi authentique qu’ils l’étaient à la parution de leur propre série, en 1959, sous la forme de mini-récits encartés publiés dans le journal.

Les 5 autres mini-récits Schtroumpfs

  • Le Voleur de Schtroumpfs (Peyo/Delporte, Spirou n°1130, 1959)

L’infâme Gargamel (dont c’est la première apparition) apprend l’existence des Schtroumpfs en lisant la formule de la Pierre philosophale. Il décide de capturer un des lutins bleus pour l’incorporer dans sa préparation…

  • L’oeuf des Schtroumpfs (Peyo/Delporte, Spirou n°1147, 1960)

C’est la fête dans le village, le Grand Schtroumpfs demande au Schtroumpfs Grognon et un camarade d’aller chercher un oeuf pour confectionner un gâteau. Il en récupère un qui exauce les voeux…

  • Le faux Schtroumpf (Peyo/Delporte, Spirou n°1221, 1961)

Alors qu’il a soif de vengeance après l’épisode du Voleur de Schtroumpfs, Gargamel réussit à confectionner une potion qui peut le changer en petit lutin bleu. Il croise alors un vrai Schtroumpf qui l’emmène dans son village…

  • La faim des Schtroumpfs (Peyo/Delporte, Spirou n°1235, 1961)

Comme avant chaque hiver, le village fait des réserves de nourriture. La neige tombe et un incendie se déclare. Impossible de l’éteindre. Les Schtroumpfs n’ont qu’une solution : abandonner leurs maisons pour la montagne…

  • Le centième Schtroumpf (Peyo/Delporte, Spirou n°1244, 1962)

Pour que la Fête de la lune se déroule sous les meilleurs hospices, il faut que 100 Schtroumpfs s’en occupent. Or après un décompte, le village n’aurait que 99 lutins bleus…

 

À propos de l'auteur de cet article

Damien Canteau

Damien Canteau

Damien Canteau est passionné par la bande dessinée depuis une vingtaine d’années. Après avoir organisé des festivals, fondé des fanzines, écrit de nombreux articles, il est toujours à la recherche de petites merveilles qu’il prend plaisir à vous faire découvrir. Il est aussi membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée).

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