Love me please

En seulement quatre ans et quatre disques, Janis Joplin est devenue une star de la musique. Pour honorer sa mémoire – elle est décédée il y a 50 ans – Nicolas Finet et Christopher retracent sa courte existence dans Love me please, une biographique rythmée, musicale et addictive.

Janis Joplin, membre malgré elle du club des 27

Janis Joplin a consumé et consommé sa vie à 1000 à l’heure ! Né en 1943, elle n’a vécu que 27 petites années, faisant d’elle une icône mais également l’une des membres du sombre Club des 27. Avec Amy Winehouse, Curt Cobain, Brian Jones, Jim Morrison et Jimi Hendrix, ils forment le cercle particulier de chanteuses et chanteurs décédés dans leur 27e année.

Si ce concept est apparu à la mort du leader de Nirvana, deux contemporains et amis de Janis Joplin y figurent. Avec Morrison et Hendrix, ils firent lever les foules dans les concerts et notamment le plus mythique : Woodstock.

Comment cette surdouée de la musique et du chant a-t-elle vécu si peu de temps ?

Love me please : une biographie attendrissante et musicale

Il n’est jamais aisé de mettre en image des biographies de personnalités. Beaucoup s’y sont essayés, peu ont réussi à captiver leur lectorat. C’est pourtant le pari réussi par Love me please et Nicolas Finet. Grand amateur de musique – il a réalisé un documentaire autour du merveilleux album Love in Vain de Mezzo et Dupont – et spécialiste de la bande dessinée – il dirige actuellement la collection BD des éditions Rue de l’échiquier – il conte la vie tumultueuse de Janis Joplin avec habileté. Pas de faits trop lourds à digérer, le scénariste a su rendre un hommage simple et d’une belle justesse à la Mama Cosmique.

Nicolas Finet livre ainsi une biographie attendrissante – on s’attache à Janis Joplin malgré ses défauts – et très musicale.

Janis Joplin : une voix d’ange, une vie de libertés et une addiction aux drogues

Port Arthur au Texas. Dans la famille Joplin, on aime les arts et particulièrement la musique : la mère et la fille sont des mélomanes. Si Janis est attirée par le dessin, rapidement on lui fait remarquer son talent pour le chant.

Au lycée, elle fait partie du club de théâtre et commence à s’émanciper. Elle n’a pas peur de recadrer les garçons un peu lourds. Elle fume, boit et n’attend qu’une chose : aller à la Nouvelle-Orléans pour y écouter du jazz.

Ses parents lui trouvent un chemin tout tracé : perforatrice informatique. Elle, ne rêve que de Los Angeles. Elle part alors pour la côte est des États-Unis. Là, elle commence à écumer les bars pour chanter. Elle est repérée, son auditoire grandit. C’est le début de sa carrière, entre chansons, reprises, albums, producteurs, le groupe Big Brother and the Holding Company, l’alcool, les hommes et les femmes dans son lit, la drogues et toutes sortes de rencontres.

En à peine quatre ans et quatre albums, Janis Joplin laisse une trace indélébile dans l’univers musical…

Janis Joplin : toutes les couleurs de la musique

En 160 pages, les lecteurs découvrent une femme très libre dans sa tête, ses choix et son corps. Bienveillante sur scène et avec les autres, Janis Joplin néglige sa santé par ses addictions. Figure féministe des années 1960 et de la Beat Generation chère à Jack Kerouac, elle est des combats pour les libertés.

Dans Love me please, la chanteuse croise aussi deux grands auteurs de la bande dessinée underground américaine : Robert Crumb qui illustra des pochettes de ses albums et Gilbert Shelton qui lui rend hommage dans la préface de cet ouvrage.

Pour accompagner Nicolas Finet, Christopher met en image la vie trépidante de Janis Joplin. L’auteur de A boire et à manger est aussi féru de musique. Guitariste, il a notamment publié des albums autour de cette thématique : Bob Dylan Revisited, Forever Woodstock ou Love Song.

Accompagné de Degreff aux couleurs, le dessinateur donne la pleine mesure de son talent. Ses planches sont d’une belle lisibilité et très équilibrées. Les personnages arborent toutes les gammes des expressions. On apprécie aussi les pages dans les concerts, autour des groupes et des couvertures des pochettes d’albums mais également la typographie très Seventies.

Love me please : pour découvrir la courte carrière de Janis Joplin. Un album très agréable à la lecture, facile d’accès porté par un très beau dessin. Une excellente biographie !

Article posté le jeudi 24 septembre 2020 par Damien Canteau

Love me please Une histoire de Janis Joplin de Nicolas Finet, Christopher et Degreff (Marabulles)
  • Love me please. Une histoire de Janis Joplin (1943-1970)
  • Scénariste : Nicolas Finet
  • Dessinateur : Christopher
  • Coloriste : Degreff
  • Éditeur : Marabulles
  • Prix : 17,95 €
  • Parution : 4 octobre 2020
  • ISBN : 9782501146739

Résumé de l’éditeur : Love Me Please est un biopic consacré à Janis Joplin qui retrace, en respectant la chronologie, les moments forts de son parcours depuis l’enfance, au sortir de la seconde Guerre Mondiale, jusqu’à sa mort abrupte fin 1970. C’est l’une des plus fabuleuses aventures musicales qu’ait produites l’Amérique de la seconde moitié du vingtième siècle. Pourtant elle a duré à peine plus de cinq ans. Comment une très jeune femme complexée, toxicomane et pleine de doutes, est devenue en quelques années une icône planétaire de la musique rock ? De l’ombre à la lumière en quatre disques seulement (dont le dernier publié un mois et demi après sa mort tragique), à la faveur d’un mouvement d’émancipation lui aussi planétaire, qui allait consacrer pour longtemps les idéaux et les modes de vie alternatifs issu de la contre-culture et de la génération du flower power. Janis, le vilain petit canard a laissé libre cours à ses impulsions. Nourrie de la soif de liberté de la Beat Generation et de l’aspiration à l’émancipation qui s’exprime au sein de la jeunesse américaine du début des années 60, Janis Joplin part pour San Francisco, alors épicentre de l’innovation culturelle. Elle va y vivre une liberté dont elle aurait à peine osé rêver, s’abandonnant à tous les élans qui la traversent, dépassant sans hésiter tous les tabous de l’époque : bisexualité, alcool, drogues. Non seulement avec délices, mais avec le goût de l’excès auquel l’incite naturellement son caractère spontané et entier.

À propos de l'auteur de cet article

Damien Canteau

Damien Canteau

Damien Canteau est passionné par la bande dessinée depuis une vingtaine d’années. Après avoir organisé des festivals, fondé des fanzines, écrit de nombreux articles, il est toujours à la recherche de petites merveilles qu’il prend plaisir à vous faire découvrir. Il est aussi membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée).

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