Dans les comic-book Marvel, il y a toujours les séries de premier plan et d’autres plus secondaires. L’Omnibus Wolverine & The X-Men, publié par Panini Comics, nous propose de découvrir une de ces séries X-Men moins importante et pourtant dotée d’une réelle belle personnalité. Présentation.
Omnibus Wolverine & The X-Men : Dans le tourbillon des émotions adolescentes
Un schisme a séparé les X-Men. Tandis que Cyclope se durcit et s’isole de l’Humanité, Wolverine a choisi un autre chemin. Il crée l’école Jean Grey pour accueillir, former et protéger les jeunes mutants, comme l’avait fait Charles Xavier avant lui. Mais cette initiative attire l’attention des nouveaux dirigeants du Club des Damnés, une bande de gamins richissimes, surdoués et totalement maléfiques. La chasse aux mutants commence, et ce n’est que le premier jour d’ouverture de l’école…
Qui veut s’offrir un beau pavé ?
Rappelons le concept de la collection Omnibus. Ici, ce sont près de 900 pages de bande dessinée qui vous sont proposées en UN ouvrage. L’objectif, c’est de rassembler l’entièreté d’une série pour en faire un objet de collection, de garde longue. C’est l’idée de mettre en valeur une série pour sa qualité globale, plutôt que de la séparer en petites entités parcellaires.
Et donc, ici, la volonté de Panini Comics est de mettre en avant une série de second plan qui a su marquer les lecteurs par la qualité de son écriture.
Omnibus Wolverine & The X-Men : offrir de la légèreté dans des temps obscurs
Wolverine & The X-Men n’est pas la série principale de son époque, même si X-Men figure dans le titre. La série principale met en avant, elle, le personnage de Cyclope et de ses alliés.
C’est à Jason Aaron, scénariste réputé tant sur la scène indé que mainstream, qu’a été confiée cette série, sur laquelle il est resté plus de 40 épisodes.
Une page de postface dans l’ouvrage, éclaire ses intentions. Après avoir noirci l’univers des X-Men au travers de l’événement par l’entremise de l’événement SCHISME, il voulait apporter un peu plus de légèreté. Et pour cela, il a choisi de s’appuyer sur l’adolescence, sa frivolité, son inconstance et ses remises en question. Ce qui a fait la force de cette série.
Les ados, ces créatures insupportablement délicieuses
Car pour soutenir ces intentions, Aaron a dû établir un casting de personnages très étudié. Et c’est bien ce casting, qui fait le succès de la série. Les lecteurs se sont attachés aux différents étudiants mis en scène. Quentin Quire, télépathe extrêmement puissant, incarne le sale gosse qui casse tout pour signifier son mal-être. Idie, la bonne élève qui se met la pression plus que de raison pour tenir des ambitions démesurées. Broo est ce petit intello tellement sympa qu’il est impossible de lui résister… Oui, ils ont tous des super-pouvoirs. Mais fondamentalement, Jason Aaron nous raconte des histoires de gamins qui grandissent et avec lesquels nous créons des connexions émotionnelles.
Omnibus Wolverine & The X-Men : ne pas se prendre au sérieux, ne pas tout ridiculiser
L’autre force de cette écriture, c’est le second degré qui la parcourt. Dès le premier épisode, l’école censée protéger les mutants est attaquée. Cela deviendra un running gag, avec des étudiants plus ou moins blasés qui laissent les adultes gérer les attaques dehors pendant qu’eux, étudient. Aaron assume d’avoir mis à la tête de l’établissement un personnage plus souvent utilisé pour ses capacités de meurtre que pour ses qualités pédagogiques (même si les notion de protection et de transmission sont souvent utilisées chez Wolverine). Les professeurs, tous des X-Men, assurent des cours pour lesquels ils ne sont pas réellement compétents, ou pour des matières complètement décalées. Cette école, c’est un joyeux bazar et Jason Aaron s’en amuse.
Sans pour autant priver la série de tout enjeu sérieux. Le sous-texte quant aux choix que font les jeunes pour leur avenir, reste très présent. La légèreté n’interdit pas un peu de profondeur.
Comment se tient le dessin sur la longueur ?
Côté dessins, évidemment, sur 40 épisodes, de nombreux artistes sont à l’œuvre. Mais les deux plus réguliers ont une belle personnalité, quoique très différente. Chris Bachalo est l’artiste initial. Son trait est connu pour sa noirceur autant que pour un certain effet cartoony grotesque. Entre dureté et humour, il réussit pleinement à composer un style très personnel qui fonctionne toujours. Nick Bradshaw, l’autre dessinateur principal, a lui un style opposé, beaucoup plus rond, beaucoup plus lumineux. Pour autant la transition se fait sans mal et chacun joue avec cette notion de second degré évoqué plus haut.
A noter aussi, une chouette identité graphique dans ce recueil, où tout le matériel descriptif est présenté dans des visuels liés à la scolarité. L’immersion est complète.
Omnibus Wolverine & The X-Men : un pavé réjouissant à intégrer à sa bibliothèque
Wolverine & The X-Men de Jason Aaron, Chris Bachalo et Nick Bradshaw vérifie un adage souvent exprimé en comic-book. Les séries de second plan permettent souvent une plus grande liberté à leurs auteurs. Ici, une très belle empathie se crée au fil des épisodes avec l’ensemble des personnages. Parce qu’au final, au-delà des explosions, des intrigues cosmiques, c’est d’humanité qu’il s’agit.
- Wolverine & The X-Men
- Collection : Marvel Omnibus
- Scénariste : Jason Aaron
- Dessinateurs : Chris Bachalo, Nick Bradshaw et collectif
- Coloristes : Collectif
- Traducteurs : Nicole Duclos, Jérémy Manesse
- Nombre de pages : 928
- Prix : 80€
- Date de publication : 13 novembre 2025
- ISBN : 9791039138901
Résumé de l’éditeur : Wolverine est le meilleur dans sa partie, mais sa partie, c’est… directeur d’école ? Logan devient le nouveau responsable de l’école pour jeunes mutants surdoués, chargée de leur apprendre à maîtriser leurs pouvoirs. Parmi les professeurs : le Fauve, Kitty Pryde, Tornade, ou encore Doop. Côté élèves, on retrouve Quentin Quire, Broo ou Kid Gladiator. Wolverine survivra-t-il à cette expérience ?
