Sangsues

Des personnes mortes s’invitent chez les gens lorsqu’elles ne sont pas là. Sakura découvre qu’elle n’est pas la seule dans ce cas. Autour d’elle, il y a de nombreuses Sangsues, tel le titre de cet excellent manga, signé Daisuke Imai et publié par Casterman.

UN RÉCIT A TENSION

Voilà un manga intelligent, intéressant, surprenant et emplit de suspens ! Il faut souligner que le récit de Daisuke Imai est fondé sur un univers fantastique avec beaucoup de tension. A l’époque actuel, certaines personnes décédées sont proches de nous, tellement proches qu’elles squattent nos appartements et nos maisons. Alors que les propriétaires sont partis, elles se glissent dans leurs draps, prennent des douches dans leur salle de bain, utilisent leurs vêtements, mangent et regardent leur télévision. Parmi ces âmes, il y a Sakura qui s’est installée chez un étudiant et peut parfois squatter les appartements voisins. Etant morte, personne ne peut la voir. Elle continue sa vie d’avant sa mort (elle décéda dans l’incendie d’un car) sauf qu’elle est libre de ses mouvements et peut aller où elle veut. Cette existence est bouleversée lorsqu’elle découvre qu’elle n’est pas seule dans son cas. Tsukinuma, un ancien camarade de classe qui s’est suicidé en classe de troisième, la croise et lui fait comprendre qu’elle est une Sangsue et qu’il en existe beaucoup.

D’UNE CERTAINE LÉGÈRETÉ A UN DESTIN PLUS SOMBRE

L’atmosphère de tension de ce seinen monte petit à petit au fil des pages, passant de l’insouciance de la jeune fille à son angoisse. De plus, ce premier volume laisse le lecteur sur une série de questions : Pourquoi les sangsues sont-elles encore sur Terre ? Sont-elles nombreuses ? Pourquoi empruntent-elles les logements occupés ? Qui sont ces SDF d’un nouveau monde ? Le manga est porté par la psychologie des personnages et notamment par celle de Sakura : adolescente décédée, ingénue et insouciante, dans sa nouvelle vie est faite de légèreté et dont la personnalité va évoluer vers un destin plus sombre.

UN DESSINATEUR EN DEVENIR

Le dessin de Daisuke Imai est d’une grande force graphique. L’auteur japonais est un jeune talent en devenir, tel Atsuchi Kaneko (Wet Moon, Casterman) et qui commence à être reconnu dans son pays. Il faut dire que sont trait est d’une grande élégance et qu’il dompte facilement les effets d’ombre et de lumière. Les grands aplats noirs tranchent avec les blancs éclatants. Efficace tant pour le scénario que pour le dessin !

Article posté le mercredi 13 mai 2015 par Damien Canteau

  • Sangsues, volume 1/5
  • Auteur: Daisuke Imai
  • Editeur: Casterman, collection Sakka
  • Prix: 7.95€
  • Parution: 13 mai 2015

Résumé de l’éditeur : Yoko, une fille à première vue ordinaire, s’est évaporée. Nous ne la voyons pas, mais elle est là, juste sous nos yeux : Yoko vit chez nous pendant notre absence, allant d’un appartement à un autre selon ses besoins et ses envies. Yoko est une sangsue : elle a cessé d’exister aux yeux de  la société et vit désormais, invisible, dans ses replis, dans l’angle mort de nos consciences. Elle se croit seule dans son cas, elle va découvrir toute une société parallèle, un amas d’électrons libres qui coexistent sans que nous les voyions alors que la violence y est omniprésente. Car les sangsues se disputent nos domiciles, qu’elles appellent des nids, s’affrontent dans de sanglantes guerres de territoire et se livrent à des vendettas qui tournent volontiers au massacre.

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À propos de l'auteur de cet article

Damien Canteau

Damien Canteau

Damien Canteau est passionné par la bande dessinée depuis une vingtaine d’années. Après avoir organisé des festivals, fondé des fanzines, écrit de nombreux articles, il est toujours à la recherche de petites merveilles qu’il prend plaisir à vous faire découvrir. Il est aussi membre de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée).

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