Avec The Painted Crime, le dessinateur italien Stefano Martino nous embarque dans une enquête policière à Los Angeles dans les années 1940. Un hommage en noir et blanc au cinéma et au roman policier de ces années-là.

La promesse d’une trompette
Amateurs de polars et de suspense, arrêtez-vous un moment à la lecture de cet album, The Painted Crime, écrit et dessiné par l’auteur italien Stefano Martino, un one-shot publié début 2026 chez Glénat. Dès la couverture, directement inspirée d’une affiche de cinéma des années quarante, le décor est planté. Une jolie femme, un héros ténébreux au chapeau mou, une grosse berline qui fonce dans la nuit. Dans le faisceau de ses phares puissants, des palmiers apparaissent…

Vous voilà transporté dans le Los Angeles de 1947. C’est là que vit désormais Peter Graham, vétéran désabusé de la seconde guerre. Devenu détective privé, il traque en filature les amours interdites (c’est ainsi qu’il paye ses factures) et peint à ses heures perdues.
Mais la guerre est un traumatisme dont on ne guérit pas aussi facilement. Ce héros tourmenté traîne avec lui le souvenir d’un compagnon d’armes, Edward, mort dans ses bras… Avant de rendre son dernier soupir, celui-ci lui avait fait promettre une chose : remettre sa trompette à son frère, Clark Brown, un musicien de jazz noir renommé de la côte Ouest.
Du côté d’Hollywood
Commence alors pour Peter un long chemin qui le mènera plus loin qu’il ne le pensait. Avec l’aide et le soutien bienveillant de son seul ami, Jonathan, journaliste au Los Angeles Times, il va devoir démêler les fils d’une enquête sensible dans les coulisses d’Hollywood. Un Hollywood plus noir que noir, loin des paillettes et des strass. Les producteurs y sont véreux et sans scrupules, plus enclins à blanchir leur argent qu’à découvrir de nouveaux talents…

Un hommage appuyé au polar
Noir c’est noir ! Peter Graham a tous les attributs du héros tourmenté, torturé par l’alcool et les cauchemars récurrents liés à son passé de soldat. Il n’est plus en guerre mais il va devoir tuer encore. Le prix à payer pour découvrir une vérité cruelle…
Stefano Martino brosse ici le portrait d’un Los Angeles crépusculaire, poisseux, assombri par la pluie et la neige. Décor idéal en tout cas pour y placer un trait en noir et blanc puissant, réhaussé çà et là par quelques touches de couleur ( N’oublions pas que Graham est aussi peintre).

Mais surtout, ce qui transparaît dans cette histoire somme toute classique, réunissant tous les ingrédients du polar à l’américaine, ce sont ces cadrages serrés et ses gros plans sur les visages de ses personnages.
Loin de ses productions précédentes, le dessinateur transalpin propose ici un bel hommage au cinéma noir des années quarante. On s’y plonge avec délices, entre frissons et compassion pour ces héros malgré eux…
- The Painted Crime
- Scénario et dessin : Stefano Martino
- Editeur : Glénat
- Prix : 17, 50 €
- Pagination : 88
- Parution : 11 février 2026
- ISBN : 9782344067246
Résumé de l’éditeur. Los Angeles, hiver 1947. Peter Graham, vétéran désabusé devenu détective privé et peintre à ses heures perdues, pensait n’enquêter que sur des adultères et des fraudes à l’assurance. Mais en décidant de retrouver le frère d’un ancien camarade tombé au combat, les choses se compliquent. Peter veut honorer une promesse faite sur le front et remettre une trompette à Clark Brown, musicien de jazz noir. Avec l’aide de Jonathan, un ami journaliste, Peter va plonger dans une sombre affaire liée aux coulisses d’Hollywood les plus sordides… S’il veut résoudre cette affaire, Peter devra affronter ses démons, ses souvenirs de guerre mais aussi une vérité qu’il préférerait ignorer.
Stefano Martino démontre tout son talent dans un one shot qui résonne comme un pur hommage au polar noir des années 1940. Avec un trait réaliste et précis, son noir et blanc puissant reconstitue un Los Angeles hivernal plus vrai que nature sur fond d’enquête criminelle épineuse, où la tension dramatique monte crescendo.
À propos de l'auteur de cet article
Jean-Michel Gouin
Passionné par l'écrit, notamment l'histoire, la littérature policière et la bande dessinée, Jean-Michel Gouin a été journaliste radio et presse écrite pendant une trentaine d'années à Poitiers.
En savoir